Retranscription – « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique », le 10 août 2014

« Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique », le 10 août 2014, le 3 août 2014. Merci à Marianne Oppitz !

« Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »

… mais ce sont les « Luddites », c’est à dire qu’effectivement, ils avaient bien perçu que celui qui est remplacé par la machine n’en bénéficie pas. Continuer la lecture de Retranscription – « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique », le 10 août 2014

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Taxe Sismondi sur les robots : « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort… »

Ah ! Ça fait du bien de se sentir moins seul…

La proposition originale se trouvait ici :

Le Monde, LA GRANDE TRANSFORMATION DU TRAVAIL, lundi 21 – mardi 22 avril 2014

Reproduite dans Se débarrasser du capitalisme est une question de SURVIE (Fayard, le 1er mars 2017) : pages 249 à 252

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Piqûre de rappel : Le Monde : LA GRANDE TRANSFORMATION DU TRAVAIL, lundi 21 – mardi 22 avril 2014

La grande transformation du travail, originellement paru dans Le Monde le 21 avril 2014.

La grande transformation du travail

Il est demandé à chacun de se trouver un emploi et aux entreprises de créer les emplois que chacun occupera. Voilà la manière classique dont on envisage les choses. Mais l’évolution du marché du travail ne devrait-elle pas nous conduire à modifier drastiquement notre manière de voir ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XIII), La taxation des opérations financières, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Le terme de gratuité est générique. De quelle manière serait-elle prise en charge ? Jugez-vous qu’il faille créer des caisses sur le modèle de la Sécurité Sociale ? Serait-elle purement et simplement à part du circuit économique ?

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Trends – Tendances, Le robot a gagné, jeudi 12 février 2015

A paru le 12 février dans la version imprimée du magazine Trends-Tendances.

Le robot a gagné

La « science » économique souscrit à un mythe dont l’auteur est Joseph Schumpeter (1883 – 1950), que s’il existe bien une « loi tendancielle de baisse du profit » comme l’imaginait Adam Smith (1723 – 1790), une marge de profit substantielle est périodiquement reconstituée par les inventions technologiques. Celles-ci non seulement recréent le profit mais créent aussi des emplois.

L’innovation technologique a créé bien davantage d’emplois qu’elle n’en a détruits mais depuis l’apparition du robot industriel en 1961 et du logiciel de microinformatique au début des années 1980, la question d’un renversement de tendance est posée. Le cabinet Roland Berger considère que si l’informatisation créera 300.000 emplois en France dans les années à venir, ce sont trois millions d’emplois qui seront parallèlement détruits.

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Le capitalisme : un bref résumé, par Zébu

Billet invité.

1- Marx avait prédit que la machinisation ferait disparaître le travail et que ce faisant, le travail étant le moteur de la création de la ‘valeur’ et la création de ‘valeur’ étant le cœur du capitalisme, celui-ci s’effondrerait

2- effet collatéral, la propriété privée se dissoudrait par la nécessité de socialiser les plus-values issues de la production machinisée, afin de perpétuer une cohésion sociale minimale

3- ce processus permettrait donc d’accéder à une société post-capitaliste, où le travail de production est assuré par les machines et où les hommes peuvent enfin se libérer (du travail, du capitalisme)

4- néanmoins, Marx s’est trompé et la réalité le démontre : si le travail disparaît (ou se transforme) par la machinisation, cela n’a pas entrainé la dissolution du capitalisme, pour la bonne et simple raison que contrairement à son interprétation, la création de ‘valeur’ ne dépend pas du travail, la ‘valeur’ étant elle-même un artefact. Le capitalisme ne s’est donc même pas ‘adapté’ à la disparition du travail, il a simplement continué son évolution, qui est de créer du capital à partir du capital.

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La Grande Dissolution ou la Grande Refondation ?, par Zébu

Billet invité.

Dans un article récent, un blog cite quelques chiffres issus d’une des études[1] du fameux cabinet conseil McKinsey & Co. concernant les gains de productivité et les processus d’automatisation en cours, dont certains auteurs ont pu récemment lors d’une interview évoquer la teneur : une ‘Grande Dissociation’.

Ces chiffres sont d’autant plus intéressants qu’il n’existe aucune étude sur les gains de productivité liés à ces processus, lesquels sont ‘insérés’ dans l’évaluation globale des gains de productivité.

Des chiffres d’autant plus intéressants que ces mêmes gains, du moins en Europe, sont en constante baisse pour tendre vers 0 ces dernières années, rendant incompréhensible une lecture de la productivité alliée à une disparition du travail : comment effectivement est-il possible que le travail disparaisse alors même que les gains de productivité eux aussi disparaissent ?

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rtbf, La chronique économique d’Amid Faljaoui : « Penser l’économie autrement », le 18 septembre 2014 à 7h55 et 19h

Couverture choisie

 
 
 
 
Le podcast de La chronique économique d’Amid Faljaoui.
 
 
Et sa retranscription dans Trends.be.
 
 
 
 
 

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Penser l’économie autrement, Paul Jorion et Bruno Colmant, à paraître mercredi, le 10 septembre

Couverture choisiePenser l’économie autrement

(à paraître mercredi, le 10 septembre)

Paul Jorion : […] il existe une alternative qui avait été proposée par le philosophe économiste suisse Jean Charles Léonard de Sismondi (1773-1842). Ce qu’il avait proposé, c’est que tout individu qui est remplacé par une machine reçoive à vie une rente perçue sur la richesse que cette machine crée désormais à la place de celui qu’elle a remplacé.

C’est assez révolutionnaire. Mais qui va payer cette rente chère à Sismondi?

Paul Jorion : Il serait logique qu’en tenant compte de l’amortissement du robot, une partie du profit réalisé par l’entreprise irait, en sus d’aller aux actionnaires et à multiplier jusqu’à l’infini la rémunération des dirigeants comme c’est le cas aujourd’hui, à ceux qui ont été remplacés par la machine.

Bruno Colmant : C’est effectivement assez révolutionnaire. Cela signifie que les gains de productivité devraient être exclusivement versés aux travailleurs.
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La taxe « Sismondi » sur les gains de productivité est l’une des propositions phare de cet ouvrage. Je recopie ici les notes que j’avais prises durant ma lecture de « Sismondi et les origines de l’école critique », par Charles Rist dans le livre de Charles Gide & Charles Rist, Histoire des doctrines économiques depuis les Physiocrates jusqu’à nos jours, Paris : Sirey, 1909, pp. 197 à 229

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Aux sources du revenu d’existence pour tous : Speenhamland, 1795, par Michel Loetscher

Billet invité.

« Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue » écrivait Victor Hugo (1802-1885). La phrase a fait son chemin. Mais l’idée n’a pas attendu Hugo – celle d’un revenu d’existence pour tous, versé inconditionnellement à tout citoyen, tout au long de sa vie, au nom de l’égalité des droits et en vertu de son appartenance à l’humanité.

 Durant l’été 1795, le quaker Thomas Paine (1737-1809), inspirateur de la révolution américaine et française, élu député de la Convention dans la circonscription de Calais en France (1792), monte à la tribune de cette assemblée et fait cette déclaration… révolutionnaire : « Liberté, égalité, fraternité ne peuvent se réaliser, associées, si inconditionnellement, le minimum de ressources n’est pas garanti à chaque citoyen ».

L’activiste et « publiciste » né sujet de Sa Gracieuse Majesté britannique et ancien marchand de corsets dans le comté de Sandwich, est déjà l’auteur d’opuscules qui font autorité – dont les Droits de l’homme (1791) qui défend le droit aux secours pour les plus démunis.

Le député de Calais, proche des Girondins, connaît l’expérience tentée cette année-là à Speenhamland, une bourgade du comté de Berkshire, dans le « première patrie du capitalisme » où la montée de l’économie marchande se traduit par la destruction des formes d’auto-production et la « croissance » de… la misère. Souhaiterait-il la transposer d’urgence à la France encore « révolutionnaire » ?

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »
(III) « Les machines pourraient financer une allocation universelle »
(IV) « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée »
(V) « Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ? »

Cette question du travail est ouverte aux commentaires.

Sur le site VentsContraires.net

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Les machines pourraient financer une allocation universelle »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »

Le Monde : Arithmétique et responsabilité, lundi 10 février 2014

Le Figaro rappelle aujourd’hui ma position sur la disparition du travail : Pourquoi il faudrait travailler seulement 3 jours par semaine, par Quentin Périnel

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Parti de Gauche : Colloque sur le coût du capital, le 23 novembre 2013

En novembre dernier, j’intervenais sur le coût du capital à l’invitation du Parti de Gauche. La vidéo se trouve ici.

Le Parti de Gauche a eu la bonne idée de vouloir faire un livre de toutes nos interventions. J’ai reçu du coup la transcription de la mienne, qui servira à rédiger un texte, plus proche de la forme écrite.

Une vidéo, c’est bien pour ceux qui ont la patience de passer 37m51s devant leur poste. Si vous préférez quelque chose à lire, le voici.

 

Le 23 novembre 2013

Merci, merci. Bien, je vais embrayer directement sur les questions qui ont été posées. Par exemple, sur le capital et la rémunération du capital : est-ce qu’elle doit être minimale ?

Il faut d’abord faire un retour en arrière : cette question-là est une question qui est centrale aux débats qui ont déchiré la Première Internationale (1864 – 1872 ; qui réunissait socialistes, anarchistes, et communistes marxistes), de savoir quels sont véritablement les facteurs qui sont impliqués dans la production et la distribution, et comment les rémunérer.

Et là, vous le savez sans doute, il y a deux options : il y a deux courants qui sont deux courants distincts et qui aboutissent à des conclusions différentes.

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Le robot n’est pas celui qu’on croit…, par Un Belge

Billet invité

Ce mercredi matin, sur la première chaine radio de la RTBF en Belgique, petite causerie interactive sur le thème suivant : une étude de l’université d’Oxford prétend que dans 20 ans, près de la moitié des emplois seront automatisés. Craignez-vous de perdre votre emploi ? Un journaliste et un docteur en sociologie bavardent au coin du feu et répondent paresseusement à l’une ou l’autre question des auditeurs.

L’émission est intéressante non par ce qui s’y dit mais par ce qui ne s’y dit pas. L’auditeur est censé se contenter de quelques phrases convenues sur Henry Ford, la concurrence féroce, la Chine, le chômage à venir, etc. Pendant ce temps-là, deux questions de fond ne seront pas posées (c’est cette absence de profondeur qui fait à mon avis le charme discret de la RTBF, mais passons…).

Première question : la richesse supplémentaire générée par les nouvelles technologies ne doit-elle profiter qu’aux actionnaires de l’entreprise qui les utilise ? La conséquence naturelle du progrès technique doit-elle être, encore et toujours, la mise au rebut des travailleurs que les robots ont remplacés ? On peut renvoyer ici à de nombreuses interventions de Paul Jorion, aux thèses de Sismondi discutées sur ce blog, etc.

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LE MONDE, Arithmétique et responsabilité, lundi 10 février 2014

Arithmétique et responsabilité

Le pacte de responsabilité vise la création d’emplois. Le gouvernement va réduire les cotisations sociales des entreprises et, « en contrepartie », celles-ci vont créer des emplois. L’expression « en contrepartie », chacun l’a compris lors de la conférence de presse du Président de la République, est essentielle au pacte. À ce point qu’un élément clé du nouveau dispositif est la création d’un Observatoire des contreparties dont l’objectif sera, on l’imagine, de compter le nombre d’emplois qui auront été créés en échange des exonérations consenties.

Combien d’emplois seront-ils créés ? Au nom du Medef, Pierre Gattaz, son président, a proposé les chiffres suivants : sur la base d’une baisse de prélèvements de 100 milliards d’euros se décomposant en 50 milliards sur le coût du travail et 50 milliards sur les impôts, « nous […] avons dit […] que nous étions capables de créer un million d’emplois ». Le calcul aurait donc été fait sur la base suivante : prix d’un emploi à créer, 100.000 euros, que multiplie 1 million = 100 milliards d’euros.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a proposé un autre chiffre : 1,8 million d’emplois créés, pour le même montant d’abattements. Son calcul à lui se fonde sur une tout autre base : « Pour ramener le taux de chômage à 7% d’ici à 2018 [comme l’Allemagne et les États-Unis], il faudrait créer 1,8 million d’emplois au cours des cinq prochaines années ».

100.000 euros par emploi, selon la proposition du Medef, c’est cher, surtout si l’on en croit les experts selon qui ce sont essentiellement des emplois peu qualifiés qui seront créés et si l’on suit la sagesse populaire qui suppose que le travail crée de la richesse et non qu’il en pompe, surtout en telle quantité.

Mais la proposition d’1 million d’emplois pour 100 milliards d’euros a-t-elle bien été fondée sur le calcul que j’ai supposé, ou selon une autre logique, celle qui s’applique par exemple au montant d’une rançon ? « Ils feront tout pour 1 million d’emplois. Mais combien de milliards sont-ils prêts à cracher ? » Le calcul de M. Montebourg, lui, se situe clairement dans cette logique de rançon à verser, non pas du côté de ceux qui détiennent les otages, mais de ceux qui cherchent à les libérer : « Pour les 100 milliards qu’on vous file, on veut 1,8 millions d’emplois. C’est à prendre ou à laisser ! »

Le fait que le pacte de responsabilité puisse être paraphrasé ainsi est en soi significatif, il souligne qu’on ne postule ni du côté des patrons ni de celui du gouvernement qu’il existerait un mécanisme par lequel des exonérations de charges pourraient être transformées en emplois. Il s’agit bien d’une négociation où l’on échange des hommes et des femmes contre de l’argent, où c’est le rapport de force entre les parties en présence qui décide de l’issue. Au passage, l’hypothèse que les emplois créés pourraient servir à quelque chose est tout autant écartée : les 100.000 euros « pièce » sont là pour en témoigner. La loi de Say – « l’offre crée la demande » –, opportunément extraite de la naphtaline, n’a d’autre finalité, on l’aura compris, que de confier à un sophisme le soin de nous assurer que les marchandises ou les services produits par les 1 ou les 1,8 millions de salariés en sus trouveront preneurs.

Ceci étant dit, il doit bien exister un mécanisme qui transformera les 100 milliards offerts aux entreprises en quelque chose, à défaut d’emplois. Quel est-il ?

Le bénéfice, la différence entre les coûts et le prix de vente des services offerts ou des objets manufacturés, est redistribuée en fonction du rapport de force existant entre trois parties en présence : ceux qui font les avances en capital – les créanciers rémunérés en flux d’intérêts et les actionnaires rémunérés en dividendes ; ceux qui font les avances sous forme de supervision et de gestion – les dirigeants d’entreprise rémunérés en bonus et salaires élevés ; ceux qui font les avances en travail – les salariés rémunérés en salaires. Une part de ces bénéfices peut être réinvestie dans la firme, en recherche et développement par exemple. Si l’expansion paraît un rêve hors d’atteinte, une part de bénéfices peut être consacrée par la firme à racheter ses propres actions, raréfiant l’offre de celles-ci et poussant leur prix à la hausse, à la grande joie des actionnaires. Rien dans ce mécanisme ne débouche de manière évidente sur la création de nouveaux emplois.

Cessons donc de nous voiler la face : à moins de rêver que l’offre ne crée la demande par l’opération du Saint-Esprit, nul ne veut des marchandises ou des services que les 1 ou 1,8 million de salariés supplémentaires auraient à offrir. La question est ailleurs : faire disparaître cette main d’œuvre en surplus des registres de Pôle Emploi et leur épargner la soupe populaire.

L’emploi disparaît parce que nous avons voulu que la machine nous remplace au travail, et nous y sommes parvenus par-delà nos rêves les plus fous. Et nous avions raison : une trop grande part de ce travail était dangereuse, avilissante, abrutissante. Mais il nous faut découvrir maintenant, à partir de là, un modus vivendi : les gains de productivité, autrement dit la richesse créée par la machine, ne servent aujourd’hui qu’à enrichir encore davantage ceux qui le sont déjà. Le moment est venu de reprendre la proposition de Sismondi (1773 – 1842) : celui qui est remplacé par une machine (et nous ajouterions aujourd’hui, par un robot ou un logiciel), obtiendra à vie une rente à partir de la richesse que cette machine va créer. C’est sur ce principe implicite que s’étaient bâties nos visions radieuses de l’An 2000. Cet An 2000, il n’est pas trop tard pour le faire advenir.

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SISMONDI, OU L’INVITATION AU PARTAGE, par Un Belge

Billet invité.

Dans Misère de la pensée économique (2012 : 142), Paul Jorion rappelle la proposition de l’historien et économiste suisse Sismondi (1773-1842) : que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d’une rente, indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci.  Cette proposition a le mérite d’interroger les effets de l’innovation technologique sur le partage de la richesse créée, sujet crucial aujourd’hui.

La question resurgit sans doute à chaque époque d’innovation majeure. Par exemple, le premier moulin, à qui appartient-il ? Au meunier ou au village ? Le meunier lui-même appartient-il au village ? Le moulin hérite-t-il du meunier ou du village ? Je suis convaincu que les questions posées par la robotique au niveau planétaire sont du même ordre que celles posées par telle ou telle innovation remarquable dans les communautés restreintes du passé. (Encore du grain à moudre pour les juristes et les historiens…)

La particularité de notre époque, anticipée par Sismondi, tient à l’ampleur de l’automatisation : celle-ci est telle que  « le travail disparaît », laissant de plus en plus de personnes sans projet et sans ressources. Est-ce une loi naturelle et inéluctable ? Il me semble plutôt que cela relève d’un problème plus général, celui d’un processus d’enrichissement dirigé contre le travail ET contre la terre. Selon moi, concentration croissante des richesses, crise de l’emploi et crise écologique sont les conséquences d’un seul et même processus séculaire. Je m’explique…

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Alliance française de la vallée d’Aoste, Italie, Le grand tournant des sociétés humaines, le 2 mai 2012

Ma conférence est maintenant visible ici : Le grand tournant des sociétés humaines.

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