Archives de catégorie : Littérature

David Cornwell (John Le Carré) 1931-2020

1979, j’habite l’Angleterre et je regarde fasciné sur la BBC Tinker Tailor Soldier Spy : 315 minutes de dialogues entre deux personnages masculins bavardant sans jamais se presser et sur un ton désinvolte. La seule règle du jeu pour eux, on le comprend rapidement, est de ne jamais prononcer une phrase qui exprimerait ce qu’ils pensent vraiment. Je me suis convaincu sans difficulté qu’il s’agissait d’un quasi documentaire sur le véritable métier d’espion.

J’ai souvent pensé à John Le Carré quand j’écrivais La chute de la météorite Trump. Si ça se voit, j’en suis très fier.

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Jacques De Decker (1945-2020)

© Corinne Hoex
Ouvert, cette fois-ci pas aux commentaires, mais aux hommages.

Jacques De Decker, qui fut longtemps Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, fut un personnage unique dans l’Histoire : il entendait faire de moi un Académicien.

Non pas que je l’aie jamais encouragé dans cette voie (j’ai des témoins !), à ce point qu’un jour il me brandit sous le nez un exemplaire d’un de mes livres aux pages profusément surlignées en s’écriant : « Et ça ? Ce n’est pas vous qui l’avez écrit ? » Je n’en étais pas entièrement sûr : nous étions encore à l’époque où Claude Durand, qui m’avait pris sous son aile protectrice chez Fayard, modifiait libéralement des passages de mes manuscrits sans trop m’en aviser !

Quoi qu’il en soit, De Decker échoua dans sa croisade, non pas faute d’enthousiasme puisque les lignes les plus louangeuses sur ce que j’ai pu écrire, c’est sous sa plume qu’on les trouve, mais probablement face à la coalition ordinaire des bien-pensants de toutes confessions.

C’est vrai : nous, les don Quichottes de la pensée, essuyons à l’occasion quelques revers. Mais le mot « découragement » nous est inconnu car, Jacques, nous ne l’ignorons pas toi et moi : la victoire est au bout du chemin !

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Quinzaines – « C’est la Nature, qui rend les coups », le 1er février 2020

Ouvert aux commentaires. « C’est la Nature, qui rend les coups » Squier : Je ne sais absolument rien. Voyez-vous…

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Quinzaines, Ishiguro : Le sens de la vie ne vient pas tout cuit tout rôti, le 31 décembre 2019

Le film à partir du roman

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Ishiguro : Le sens de la vie ne vient pas tout cuit tout rôti

Contrairement à Woody Allen décrétant que « la vie n’a aucun sens », Ishiguro répète inlassablement que le sens de notre vie, c’est à chacun de nous de la lui donner : une vie s’y prête, car elle nous parvient tout équipée pour le meilleur des usages.

Quel exploit que récolter en 2017 un prix Nobel de littérature en ayant écrit plusieurs romans maladroitement d’intention délibérée, afin de mettre en scène des innocents racontant leur propre histoire, des personnages à qui a échappé entièrement ce qu’il aurait fallu faire d’une vie. Dans The Remains of the Day, c’est Stevens, le head butler, s’identifiant jusqu’au bout des ongles avec le rôle qui est le sien à l’un des bas échelons d’un système à castes de Maîtres et de domestiques, et qui s’y étiole. Dans Never Let Me Go, ce sont les adolescents Kathy H., Ruth et Tommy, ayant préféré ne pas se rebeller contre un système où ils ne sont que les doubles jetables de citoyens à part entière, grandissant dans l’acceptation de la cruelle et inhumaine prédation dont ils seront les victimes, du premier don d’organe jusqu’au dernier, quand le corps à bout de force « complète » habituellement. Kathy H. aide-soignante, rapporte : « Mes donneurs ont toujours eu tendance à répondre bien mieux qu’espéré. Leur temps de récupération était impressionnant, et il n’y en a pratiquement pas eu qui aient été classés ‘agité’, même avant le quatrième don ».

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Le cadeau idéal pour Noël !

« … Mes Vacances à Morro Bay constitue une belle surprise littéraire de la part de Paul Jorion. Lui qui a l’habitude de nous raconter le présent et le futur dans un langage des plus pragmatiques, nous révèle un passé d’une romance douce et sincère. » Matthieu Matthys dans Le Suricate Magazine : Mes vacances à Morro Bay, du portrait à l’autoportrait, le 29 mai 2019

Par pitié, n’offrez pas à votre entourage le premier tome de La chute de la météorite Trump : Noël est un temps de réjouissances !

Par contre, si vous voulez voir le sourire fleurir (voire renaître…) sur des visages renfrognés, si vous êtes convaincu qu’il y a des histoires d’amour qui ne sont pas cul-cul-la-praline – même quand elles se passent sur des plages californiennes – et qu’il ne faut pas être deux (ou à peine) pour les inventer, j’ai ce qu’il vous faut, à vous, à vos proches et à vos (meilleurs) amis et amies !

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De l’eau, ou de l’or ?

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Vous aurez vu cette photo qui tourne en boucle sur l’internet en raison de la ressemblance étonnante en effet entre la jeune fille  et Greta Thunberg.

Vous aurez noté que la photo nous est présentée comme « three children extracting water from a well in the Yukon Territory in Canada in 1898 » : trois enfants puisant de l’eau d’un puits dans le Yukon au Canada en 1898. Vous aurez noté aussi que quelqu’un – j’imagine à l’époque – a écrit dans le coin en bas à droite de la photo : « Youths operating gold mines […] Klondyke […] », ce qui signifie « Des jeunes travaillant dans les mines d’or […] Klondyke ». Le Klondike est effectivement dans le Yukon, mais chercher de l’or et puiser de l’eau, ce n’est pas exactement la même chose, même si la première activité implique certainement la seconde.

Une dernière observation : 1898, c’est l’année où Jack London se trouvait là lui aussi, dont il nous ramena de merveilleuses et terrifiantes aventures comme L’appel de la forêt ou Faire un feu. Ne serait-il pas formidable que Greta Thunberg (en l’occurrence, nouvelle instance du comte de Saint-Germain 😉 ) et Jack London aient eu l’occasion d’échanger quelques mots, cherchant l’un et l’autre… de l’or ?

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Quinzaines, Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation », le 1er septembre 2019

Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation »

En janvier 1946, Louis Carette, plus connu ultérieurement sous son nom de plume de « Félicien Marceau », est condamné par un tribunal belge à quinze ans de travaux forcés pour faits de collaboration avec l’occupant. Carette se cache en France à cette époque. Il échappera à cette peine.

J’ai entendu parler de cette affaire durant mon enfance parce que mon père, sous-officier des grenadiers comme lui, a été appelé à la barre comme témoin à décharge. Durant mon adolescence, j’ai découvert dans la bibliothèque familiale un exemplaire d’un roman de Carette datant de cette époque : Le péché de complication, paru en 1942 aux Éditions de la Toison d’Or, une émanation du ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne nazie, qui publierait en Belgique la fine fleur de la collaboration : Léon Degrelle, führer du mouvement fasciste pronazi Rex, le politicien Henri de Man, théoricien avant-guerre d’une variété originale du fascisme : le « planisme », et Premier ministre durant la première année de l’occupation quand il prônera un monarchisme autoritaire . Continuer la lecture de Quinzaines, Félicien Marceau : « Le péché de dissimulation », le 1er septembre 2019

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Des hasards du calendrier … qui n’en sont pas vraIment…

Je viens de mentionner dans mon dernier billet « les hasards du calendrier » à propos de deux événements que nul autre que moi sans doute n’aurait songé à rapprocher : les débordements tragiques ayant accompagné les funérailles du chanteur ivoirien DJ Arafat et la déclaration du syndicat patronal américain Business Roundtable récusant le pouvoir (impérialiste depuis les années 70) des actionnaires des grandes entreprises sur notre vie économique à tous.

Aujourd’hui 31 août, l’affaire Yann Moix est partout sur vos sites d’actualité : Moix, lauréat de la littérature francophone, se trouve être aussi l’auteur autrefois (à notre insu, ou au bénéfice de notre amnésie sélective, c’est selon) de propos et de caricatures antisémites délirants.

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Le Monde – Le jour où Agatha Christie disparut… et attendit qu’on la retrouve, le 8 août 2019

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Le jour où Agatha Christie disparut… et attendit qu’on la retrouve

Le 4 décembre 1926, Agatha Christie, fille de Frederick Miller, riche agent de change new-yorkais, épouse du colonel Archibald Christie, autrice déjà célèbre de romans policiers âgée de 36 ans, disparaîtrait pendant onze jours de son domicile à Sunningdale dans le Berkshire, à une quarantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Londres. Quand elle réapparaîtrait le 14 décembre, dans le Yorkshire, à plusieurs centaines de kilomètres de là, il serait question d’amnésie : la malheureuse ne se souvenait de rien, et ignorait en particulier pourquoi elle s’était enregistrée dans l’hôtel où elle était descendue sous le nom de Teresa Neele. L’interrogation demeure aujourd’hui : comment expliquer ces onze jours d’absence ?

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Quinzaines, Que trouve-t-on dans Kerouac quand on l’ouvre ?, le 15 juillet 2019

Que trouve-t-on dans Kerouac quand on l’ouvre ?

Carolyn Robinson – « Camille » dans Sur la route de Jack Kerouac

Jack Kerouac, que rendrait célèbre la publication en 1957 de On the Road (Sur la route), un récit qu’il avait terminé d’écrire six ans auparavant, était déjà depuis une dizaine d’années un excellent écrivain, s’étant essayé avec brio, dès son adolescence, à différents styles d’écriture. Seul handicap dans son jeune âge, qu’il ait pris pour modèles qu’il entendait égaler, des auteurs dont le talent de romancier s’identifiait au récit autobiographique.

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