Archives de catégorie : Littérature

Quinzaines, Que trouve-t-on dans Kerouac quand on l’ouvre ?, le 30 avril 2022

Quinzaines me fait l’honneur de republier un article que j’avais consacré à Jack Kerouac en 2019.

Carolyn Robinson (1923-2013) – « Camille » dans Sur la route de Jack Kerouac

Jack Kerouac, que rendrait célèbre la publication en 1957 de On the Road (Sur la route), un récit qu’il avait terminé d’écrire six ans auparavant, était déjà depuis une dizaine d’années un excellent écrivain, s’étant essayé avec brio, dès son adolescence, à différents styles d’écriture. Seul handicap dans son jeune âge, qu’il ait pris pour modèles qu’il entendait égaler, des auteurs dont le talent de romancier s’identifiait au récit autobiographique.

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L’essor de la psychanalyse, et sa chute

Ils – notez le « ils » – payaient le Dr Stone pour qu’il découvre ce qui avait détruit le patient entré dans son service. Dans chacun des cas, une balle avait été tirée sur lui, en un certain lieu, à un moment donné, de sa vie. La balle l’avait pénétré et la douleur s’était mise à se propager. Insidieusement, la douleur l’avait rempli jusqu’à ce qu’il se fende en deux, coupé bien au milieu. La tâche du personnel, et même des autres patients, était de reconstituer la personne, mais cela ne pouvait se faire tant que la balle n’avait pas été extraite. Tout ce que des thérapeutes moins doués arrivaient à faire, c’était de constater que la personne était fendue en deux et se mettre à la recoller, mais sans avoir trouvé la balle et l’avoir extraite. La balle fatale tirée sur la personne, c’est là que Freud avait lancé son offensive originelle de sauvetage de la personne psychologiquement blessée ; Freud avait compris : il avait appelé la balle « traumatisme ». Par la suite, tout le monde se lassa de rechercher la balle fatale, cela prenait trop de temps. Il y avait trop à apprendre sur le patient.

Philip K. Dick, VALIS (en français SIVA), 1981 : 66

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Jack Kerouac, interviewé dans sa langue maternelle (pas celle que vous croyez)

Si vous utilisez la fonction Recherche ici sur le blog avec le mot « Kerouac », vous ramènerez dans vos filets pas mal de choses sur l’auteur qui définit ce que c’était que la « beat generation », et le mot « beatnik » que je m’entendis encore appliquer pour signifier « vaurien ». Même des informations assez obscures que je m’en suis allé dénicher.

Je ne connaissais pas cet entretien où Jack Kerouac s’explique dans sa langue maternelle : le français acadien.

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L’homme invisible est nécessairement déprimé

L’homme invisible est nécessairement déprimé

À propos de Patricia De Pas, Figures littéraires de la dépression, Paris : Serge Safran éditeur 2021, 151 pages

Le contrat social, conçu par l’Anglais Thomas Hobbes, et mis au point par le citoyen de la République de Genève qu’était Jean-Jacques Rousseau, suppose qu’un petit groupe de nos aïeux se soient un jour concertés puis mis d’accord pour sacrifier une part de la liberté dont été faite leur périlleuse vie solitaire pour gagner en sécurité dans un pacte commun qui unirait leurs efforts.

Il s’agit d’une légende bien entendu : un tel événement n’a jamais eu lieu. Le mythe est cependant puissant puisqu’un scientiste aussi militant que Sigmund Freud allait encore le répétant. Et pourtant, deux millénaires auparavant, Aristote le Stagirite, disait déjà de l’animal Homo sapiens  : « zoon politikon », à entendre comme « animal vivant en société ».

Un animal vivant à ce point en société qu’isolé durant de longues périodes, il perd tout repère. Tout lecteur de Defoe aura compris que s’il n’avait rencontré Vendredi, Robinson Crusoé aurait sombré dans la folie. Le confinement solitaire est d’ailleurs un supplice bien connu.
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« Dix sept portraits de femmes » : le making of – Retranscription, le 2 août 2021

Retranscription de « Dix sept portraits de femmes » : le making of.

Bonjour, nous sommes le lundi 2 août 2021 et je vous avais promis une série de quatre vidéos dont j’ai déjà produit les deux premières : la première, le point sur le Covid-19, la seconde sur ce que j’appelais « les deux deuils », c’est-à-dire le deuil qu’une personne qui a atteint comme moi l’âge de 75 ans doit faire dans sa représentation de la personne qu’elle est par rapport au monde parce que le sentiment s’installe que le nombre de jours devient limité même si on est en bonne santé – touchons du bois ! – et le second deuil étant celui malheureusement que nous devons faire de l’humanité – j’y repensais encore ce matin en cherchant un coton-tige, en me disant : « Mais non, ils sont bannis » [rires] alors que les magasins qui vendaient les cotons-tiges, je ne sais pas, dans chacun de ces magasins, il y a des tonnes de plastique par ailleurs. C’est un bon échantillon de ce que nous arrivons à faire ! Nous bannissons les chalumeaux pour les enfants et les cotons-tiges pour les bébés [rires] et pour le reste, voilà… c’est-à-dire que nous nous attaquons à un milliardième du problème en disant que nous faisons un effort, et les gens font ça individuellement aussi. Bon, mais je ne vais pas revenir sur celle-là. La quatrième à venir, c’est le point de ce qu’on sait maintenant sur le coup d’État manqué de M. Trump mais il me manque encore, j’attends encore au courrier des livres qui viennent de paraître et où il y a des révélations. Ces révélations, on les connaît déjà un petit peu par les résumés qu’a fait la presse mais j’aimerais bien voir le texte moi-même. 
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« … les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline » : une remarque

Le quotidien Le Monde titre : Des milliers de feuillets inédits : les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, par Jérôme Dupuis.

Mon statut d’abonné m’autorise à mettre des commentaires. Voici celui que je viens de mettre en ligne :

Les manuscrits perdus d’une canaille méritent-ils le nom de « trésors » ? Trésors de quoi ? De l’art d’écrire, coupé de toute réalité humaine ? À quoi sert d’écrire de belles phrases si c’est pour faire apparaître en surface l’horreur la plus abjecte tapie en certains d’entre nous, dont l’espèce ferait volontiers l’économie ?

Céline, « grand écrivain » ? Heidegger « grand philosophe », malgré sa militance – pas juste une carte d’adhésion – au sein du Parti national-socialiste ? Combien de temps rangerons-nous encore l’éthique au magasin des accessoires, sous prétexte qu’existent pour voiler l’infamie, des phrases bien faites ?

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Le temps qu’il fait le 18 juin 2021 (II) : Éloge de la psychanalyse – Retranscription

Retranscription de la seconde partie de Le temps qu’il fait le 18 juin 2021 à 21m51s.

J’arrive toujours quand même à faire mes transitions. Je ne sais pas comment ça marche, ça doit être « freudien » [Je ris : je viens en effet de parler de Freud, accompagné de Ferenczi et de Jung, arrivant par paquebot dans le port de New York le 29 août 1909, leur disant « Ils ne se doutent pas que nous leur apportons la peste ! », disant que j’ai fait la même chose avec la théorie financière]. Je voulais vous parler de psychanalyse pour terminer. Je suis tombé … j’ai fait une vidéo il n’y a pas tellement longtemps [le 28 avril 2021] sur la conscience, sur la représentation que je me fais de la conscience et là, on n’est plus dans les mathématiques financières, on est dans la théorie psychanalytique, et je suis tombé, et j’en ai parlé, j’ai fait un petit billet là-dessus [Le modèle que je propose pour la conscience a déjà été décrit par…], je suis tombé chez Nabokov sur quelque chose de très intéressant que je vais commencer par vous relire, c’est court.
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Philip K. Dick : le prophète qui se fit passer pour romancier (II)

Suite et fin.

Il y a donc dans VALIS (« Vast Active Living Intelligence System » – 1981) un très étonnant dédoublement de la personnalité : un personnage correspondant en tout point au véritable Philip K. Dick, dont ses compagnes successives et amis de l’époque affirment avec un bel ensemble qu’il était fou et, en retrait, l’auteur de cette quasi autobiographie, maître de ses moyens, faisant preuve d’une stupéfiante lucidité, disséquant avec la froideur clinique d’un médecin-légiste le comportement de ce fou, dont rien ne suggère qu’il soit autre que le même Philip K. Dick. 

Dans une lettre datée de 1981, Dick prolongeait l’exercice : « Tous ceux qui ont lu mon récent roman VALIS savent que j’ai un alter ego nommé Horselover Fat, qui reçoit des révélations divines (du moins le croit-il : il pourrait s’agir de simples hallucinations, comme le pensent les amis de Fat). […] Eh bien, Fat a eu une autre vision : celle qu’il attendait. […] Pauvre Fat ! Sa folie est maintenant achevée car il suppose que dans sa vision il a vu le nouveau sauveur. J’ai demandé à Fat s’il était sûr de vouloir parler de cela car il ne ferait que corroborer le caractère pathologique de son état. Il m’a répondu : « Non, Phil, ils vont penser que c’est toi ». Maudit sois-tu, Fat ! de m’avoir conduit dans ce double bind (double contrainte anxiogène car combinant deux exigences contradictoires) » (1995 : 314).

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Philip K. Dick : le prophète qui se fit passer pour romancier (I)

En deux parties.

Lorsqu’ils assistèrent le 24 septembre 1977 à une conférence qui deviendrait fameuse, intitulée « Si vous jugez ce monde mauvais, vous devriez voir certains des autres » (1995 : 233-258), les auditeurs présents dans une salle comble de l’hôtel de ville de Metz imaginaient entendre un auteur de science-fiction évoquer ses livres. Au lieu de cela, ils furent confrontés à un gourou leur expliquant ce que Jésus de Nazareth entendait dire quand il avait affirmé : « Mon royaume n’est pas de ce monde », à savoir qu’il existe un monde parallèle au nôtre où nous pouvons rejoindre Dieu par un simple glissement latéral, à condition bien sûr que nous en exprimions le désir, et que Dieu réponde à notre souhait par un geste charitable de sa part. Il n’y avait en ce temps-là que les initiés à connaître Philip Kindred Dick (1928-1982), peut-être le plus fameux aujourd’hui des auteurs de science-fiction, mais fêté à cette époque par les seuls aficionados de ce genre littéraire. 

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Si vous avez besoin d’une religion… j’ai ce qu’il vous faut, le 3 avril 2021 – Retranscription

Retranscription de Si vous avez besoin d’une religion… j’ai ce qu’il vous faut, le 3 avril 2021. Bonsoir, nous sommes…

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