Archives de catégorie : monnaie

« Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019 – Retranscription

Retranscription de « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 août 2019 et aujourd’hui, ma petite vidéo s’intitulera « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) ».

Qu’est-ce qui m’a fait penser à vous faire un petit exposé de ce type-là ? C’est un ensemble de choses. J’ai en particulier réfléchi hier. Il s’est fait que j’ai appris la mort, comme nous tous, de Jean-Pierre Mocky quelques minutes avant de devoir sortir. Et donc, j’ai mis deux lignes, je suis revenu un peu plus tard et j’ai complété avec les idées qui m’étaient venues par la suite. Et, Jean-Pierre Mocky, vous le savez, c’est quelqu’un qui a fait de l’excellent cinéma. On a dit souvent à propos de ses films que c’était fait par un fou et, à ce moment-là, tout le monde pouvait dire : « Non, regardez, c’est Jean-Pierre Mocky. Regardez ce qu’il a déjà fait. Ce n’est pas un fou ! C’est quelqu’un de très raisonnable mais qui choisit, à certains moments, de parler de certaines choses de telle et telle manière ». Parce que, vous le savez, il y a toujours un message. C’est un message toujours d’une grande humanité. Il emploie tous les moyens qui sont à la disposition des gens qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, c’est-à-dire la dérision, l’ironie, se moquer des imbéciles comme ce monsieur, vous avez dû le voir, qui est devenu viral. C’est-à-dire qu’il y a 2 cinglés de partisans de Trump dans une réunion et ce monsieur habillé en vert ne peut pas s’empêcher d’éclater d’un fou-rire qu’il n’arrive pas à arrêter. On voit bien que c’est de bon cœur. Il se dit : « J’ai affaire à des cinglés », mais là, de vrais cinglés. Il suffit de les voir avec leur casquette « Make America Great Again ». Manifestement, des suprémacistes blancs qui n’osent pas s’appeler de cette manière-là, en particulier.

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L’ÉCHO, L’histoire du plan monétaire de Chicago, le 12 août 2019

À propos de Bruno Colmant, L’histoire du plan monétaire de Chicago, Académie Royale de Belgique, 2019. Ouvert aux commentaires.

Bruno Colmant vient de publier, avec la complicité de l’Académie Royale de Belgique, un petit livre très intelligent (les siens le sont toujours) sur L’histoire du plan monétaire de Chicago.

Le « plan monétaire de Chicago » est ce que l’on appelle aussi la « monnaie pleine », une proposition faite en 1936 par l’économiste américain Irving Fisher. Cette proposition qui réduirait le rôle des banques commerciales à celui d’antennes de la Banque centrale d’une zone monétaire (en général, un pays unique), n’a jamais connu d’application. Elle est cependant ressuscitée de temps à autre et a ainsi fait l’objet d’un referendum en Suisse, une « votation », le 10 juin 2018, où elle a été rejetée par la population par 75,7% des voix, et par chacun des cantons. Dans un article publié en 2012, deux chercheurs du Fonds monétaire international ont cependant émis un avis favorable sur la proposition de Fisher.

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L’Écho, La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ? le 9 juillet 2019

La libra, une fausse bonne affaire pour l’usager ?

En 1844 la Cour suprême des États-Unis affirma qu’une entreprise « a la capacité d’être traitée comme un citoyen [de l’État où elle a été fondée], au même titre qu’une personne naturelle ».

À dater de ce jour, les entreprises avaient acquis une qualité qui faisait défaut aux « personnes naturelles » : une immortalité potentielle. L’intention était louable : était ainsi mis fin à un scandale préjudiciable aux entreprises en tant que telles ainsi qu’à l’économie en général : qu’elles soient automatiquement dissoutes à la mort de leur propriétaire, plongeant leurs employés dans la précarité et lésant leurs clients.

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Trends-Tendances, Actualité d’Ernest Solvay, homme pour demain, le 27 juin 2019

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Une source d’inspiration pour demain

Ernest Solvay a laissé le souvenir d’un grand industriel, rapidement à la tête d’un empire toujours en place. S’il n’a pas été l’inventeur d’un procédé de fabrication de la soude caustique à partir d’ammoniaque et d’eau salée, découverte qu’il avait cru un moment être le premier à faire, il a su mobiliser son environnement familial pour devenir en quelques années le producteur de 90% d’un ingrédient essentiel à la fabrication du verre et des détergents.

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Le temps qu’il fait le 21 juin 2019 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 21 juin 2019.

Bonjour, nous sommes le vendredi 21 juin 2019. C’est l’été. Il y a une époque où je faisais une vidéo par semaine pendant de très nombreuses années. J’appelais cela « Le temps qu’il fait » et puis je vous donnais la date. Ma raison de procéder était la suivante : d’abord, il y avait énormément d’actualité. Je parlais essentiellement de la crise des subprimes quand j’ai commencé à faire ces vidéos et, s’il l’avait fallu, pour être logique, il fallait faire une vidéo par jour ou plusieurs par jour alors j’avais trouvé la formule d’en faire une par semaine. C’était plus difficile aussi de faire des vidéos. La technique que vous proposait YouTube était moins sophistiquée. Ça allait beaucoup moins vite aussi sur les machines. Il fallait des heures et des heures pour que ça télécharge. Ce n’était pas très facile.

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Libra : beaucoup à dire – et s’interroger, par Alexis Toulet

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1. Le libra ne sera pas une monnaie souveraine comme l’euro ou le yen – ce que dit craindre Bruno Lemaire. Il lui manquerait pour cela d’avoir cours légal sur un certain territoire, de même que l’euro a cours légal sur le territoire des Etats qui l’ont adopté comme monnaie, c’est-à-dire qu’il existe une obligation légale pour les débiteurs de l’accepter en paiement. En revanche, nul ne sera obligé d’accepter d’être payé en libras, dans aucun pays. Il n’est cependant pas acquis que cela fasse une vraie différence, tant sont populaires les médias sociaux.

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La temps qu’il fait le 21 juin 2019

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Bruits de bottes
On avait déjà Trump, on risque d’avoir Boris Johnson
La Libra
Andrew Feenberg

P.S. Ci-dessous, remplacement de la vidéo initialement téléchargée sur YouTube (qui était pleine de trous).

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L’argent-dette n’est pas une monnaie mais une marchandise

L’argent, mode d’emploi (Fayard) aura dix ans au mois d’octobre. Je l’ai eu en main ces jours-ci en raison d’une discussion pointue avec un lecteur, sceptique au départ. Je rappelle que ce livre a été l’oeuvre commune des lecteurs du blog ici-présent.

Le recul des dix ans écoulés me conduit à dire ceci (et je sais que je cours le risque d’un prix Nobel d’économie en le disant, mais je prends mes responsabilités 😀 ) : L’argent, mode d’emploi est à ma connaissance le seul ouvrage décrivant correctement la monnaie et ses mécanismes.

Certains me rétorquent : « Mais M. Jorion, il y a des rapports émanant de banques centrales disant le contraire de ce que vous affirmez ! » À quoi je leur réponds : « Vous voyez ! On ne peut pas continuer comme ça : il faut que ça change ! » Et j’ajoute : « J’ai passé 18 ans dans les banques, et pas n’importe où : dans la soute, dans la salle des machines, à la chaudière. Je n’étais pas particulièrement content de me trouver là et donc déterminé à ne pas perdre le temps que j’y passais : je voulais comprendre avant d’en sortir comment fonctionne le monstre ! »

« Une reconnaissance de dette ne peut pas être une monnaie puisque son prix – c’est-à-dire son équivalent en monnaie – est constamment redéfini par le rapport de force entre acheteurs et vendeurs, comme pour toute autre marchandise. »

P.S. Ce serait une oeuvre de salubrité publique que ce livre soit maintenant publié dans d’autres langues que le français, si vous avez des contacts, soyez gentils de me les signaler.

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Deux questions à Paul Jorion sur « Nous sommes cuits. Que faire ? » et « Deux grands classiques du complotisme ou conspirationnisme », par Matthieu Galey

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Cher Monsieur,

Je vous adresse deux questions que m’ont inspiré vos posts.

1) La première concerne votre post « Nous sommes cuits que faire ? » (j’ai un peu l’esprit d’escalier), où vous évoquiez pour finir les tentations individualistes du survivalisme, comme quelque chose à venir.

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DEUX GRANDS CLASSIQUES DU COMPLOTISME OU CONSPIRATIONNISME, le 31 août 2018 – RETRANSCRIPTION

Retranscription de Deux grands classiques du complotisme ou conspirationnisme. Merci à Éric Muller et Olivier Brouwer.

Bonjour, nous sommes le vendredi 31 août 2018. Et aujourd’hui, le thème de ma causerie : Deux grands classiques du conspirationnisme ou complotisme.

Voilà. Le premier, je vais vous le dire tout de suite, parce que c’est de ça que je vais parler, mais le second, je vais le laisser apparaître en conclusion, mais vous le reconnaîtrez à ce moment-là.

Alors, le premier, c’est : « Les sondages d’opinions se trompent toujours. » Voilà. Vous allez voir, c’est assez systématique, il y a des gens qui répètent ça – j’allais dire, qui expliquent ça. Non, il ne peuvent pas l’expliquer parce que ce n’est manifestement pas vrai, mais ça se répète. Et le plus remarquable, c’est que même à la suite de grandes victoires dans les sondages d’opinions, la légende se reconstitue peu de temps après – voilà, elle se remet en marche – que même dans ce cas-là, eh bien, en fait, les sondages s’étaient trompés.

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Trends-Tendances, Où en est le bitcoin ? le 30 août 2018

Où en est le bitcoin ?

Qu’en est-il des « crypto-monnaies », dont la plus connue est le bitcoin ?

L’anglais dit couramment à leur propos, « crypto-currencies », c’est-à-dire « devises codées », tandis que les spécialistes préfèrent parler de « tradable tokens », de jetons commercialisables.

Pourquoi « jeton » plutôt que « monnaie » ? Parce que le bitcoin et ses cousins ne présentent pas toutes les caractéristiques d’une monnaie proprement dite.

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Inculpation de 12 fonctionnaires russes par la justice américaine

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Je suis en train de lire les documents et en particulier bien entendu le texte de l’inculpation qui fait que cette affaire est en train de changer de nature du tout au tout. L’image qui est en train de se dessiner est en effet absolument inédite : l’élection de Trump en tant qu’acte de guerre de la Russie contre les États-Unis, dans ce nouveau type de guerre qu’est la guerre numérique.

Point remarquable : si les opérations de déstabilisation de l’élection présidentielle de 2016 sont le fait de fonctionnaires russes – comme l’affirme l’inculpation, il s’agit bien d’un acte de guerre entre deux nations, et la question d’une collusion ou non de Trump et/ou de son équipe devient subsidiaire (de l’ordre de la collaboration ou non d’une cinquième colonne).

Ce nouveau développement est tout particulièrement intéressant alors que les deux présidents, américain et russe, se rencontrent lundi : tout mot aimable de Trump envers Poutine apparaîtrait alors comme collusion de Trump et son équipe, non pas simplement avec une puissance étrangère mais avec une puissance étrangère ayant posé un véritable acte de guerre contre les États-Unis.

1° L’inculpation de vendredi soir pour nous vient parfaitement s’articuler avec ce que j’écrivais ici dans la matinée :

Aujourd’hui nous avons à la tête des États-Unis, un président porte-parole servile mais déterminé de Moscou. Rien qu’il ne dise ou décrète qui ne corresponde à la ligne définie au Kremlin en vue d’affaiblir l’influence de l’Europe, en plus de celle de son propre pays bien entendu.

Et aussi avec ce qu’affirmait hier The Guardian dans son éditorial :

Mais M. Trump […] n’est pas notre allié. Il est hostile à nos intérêts et à nos valeurs. Il peut même, si cela continue, devenir une sérieuse menace.

2° Le recours au bitcoin

La direction générale des renseignements (GRU) de l’État-Major des Forces Armées de la Fédération de Russie, à laquelle appartiennent les douze inculpés, aurait utilisé le jeton numérique bitcoin pour le paiement de ses opérations en raison de sa quasi non-traçabilité ; d’autres jetons numériques auraient été utilisés pour des transferts de fonds. Les opérations auraient été financées par l’extraction (« mining ») de bitcoins ; elles se seraient faites par l’intermédiaire de compagnies américaines.

3° Le rôle joué par WikiLeaks

Si WikiLeaks est bien l’organisme auquel renvoie l’étiquette « Organization 1 » de l’inculpation, comme tout semble le suggérer, et si l’échange suivant est avéré (WikiLeaks affirmant au truchement russe Guccifer 2.0 : « envoyez-nous tout matériau pour que nous l’évaluions et cela aura bien plus d’impact que ce que vous faites ») : « Nous pensons que trump a seulement 25% de chances de l’emporter contre hillary … du coup un conflit entre hillary et bernie est intéressant », il est alors clair que WikiLeaks ne diffusait pas les documents hackés dommageables à Hillary Clinton en vue de favoriser Bernie Sanders, mais en vue de favoriser Donald Trump.

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