Archives de catégorie : Science politique

Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 6, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

VI – Vengeance et Réciprocité négative

Pour relier la situation actuelle de l’humanité débordée par les passions et emportée dans le torrent de conflits inépuisables, et l’avènement d’une humanité heureuse grâce à la raison qui lui permettrait d’associer ses passions de façon complémentaire au bénéfice de tous, Frédéric Lordon et Baruch Spinoza en appellent à la réciprocité négative, dont ils accordent la puissance à la société, de sorte à pouvoir en faire un moyen décisif pour donner l’avantage à la raison sur les passions. Mais la vengeance n’est-elle qu’un instrument ? Nous voudrions ici préciser en quoi elle contribue directement à la genèse du Tiers, c’est-à-dire de l’imperium, car elle est en réalité une forme de réciprocité.

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 5, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

V – la Raison et le Tiers

Frédéric Lordon semble ignorer jusqu’ici que lorsqu’un système évolue dans une direction donnée sous l’emprise d’une passion particulière, il échappe progressivement à l’emprise du Tiers, c’est-à-dire à l’emprise de l’antagonisme qui le retenait à son contraire. Continuer la lecture de Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 5, par Dominique Temple

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 4, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

IV – Détresse et Révélation

On a compris que l’imperium de la multitude manifeste un affect collectif dont le caractère absolu s’impose à tous et détermine une unité de comportement qui s’institutionnalise dans les corps constitués de la famille, de la commune, de la nation, et qui s’exprime sous forme de valeurs de référence emmagasinées dans la mémoire que l’intelligence peut à tout instant mobiliser lorsque les conditions deviennent propices à leur usage. Et l’on peut même dire que le sentiment familial ou le sentiment communal ou le sentiment national peut osciller entre deux extrêmes, dits métaphoriquement l’amour et la haine, l’un lié à l’autre puisque selon ce schéma si l’on aime les siens on est sensé détester les autres.

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 3, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

III – Ambivalence et Antagonisme

Résumons notre réserve : l’affect est Un, et s’il émergeait de la multitude par effet d’accumulation des affects individuels de peur, d’envie, de désir ou d’amour… pourquoi n’émergerait-il que de leur similitude et pourquoi pas de leur différenciation, plus précisément de la corrélation des différences (qui est une autre expression pour dire la divergence[1]) ou encore d’un juste milieu entre la divergence et la convergence, “Tiers” qui soit le produit de leur relativisation mutuelle au sein de la réciprocité ?

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 2, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

II – Binarisme affectif et Ambivalence

Lorsque l’on dit que “les hommes en réunion offrent un rassemblement de puissance collective qui aura tout pouvoir morphogénétique sur l’ensemble qu’ils forment”, à moins de définir la puissance comme excluant l’intérêt propre des uns ou des autres, ou encore de préciser que la puissance en question est la raison qui appartiendrait à tous a priori et dont la mise en commun érigerait la liberté commune, on peut et doit craindre que selon son organisation, comme on disait autrefois, la multitude donne naissance à des puissances de nature différente…[1].

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Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 1, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

La thèse de Frédéric Lordon bouleverse les données traditionnelles parce qu’elle étaye l’intuition des nouvelles générations, qu’au-delà des rapports de force auxquels les révolutionnaires des générations précédentes ont accordé le plus grand prix, l’affectivité témoigne au sein de son hermétisme d’une puissance supérieure.

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Au-delà de la démocratie représentative et du referendum : la démocratie continue, par Mathieu Van Vyve

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La vie publique dans nos démocraties européennes est largement régie par les partis politiques, qui contrôlent le gouvernement et le parlement. Ces partis politiques sont en général en nombre limité (de 2 à 5 d’une certaine importance). La question principale posée à l’électeur est celle du choix de l’un de ces partis politiques, ce qui détermine le rapport de force entre eux.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 6 NOVEMBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 6 novembre 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 6 novembre 2015, et je pars ce soir pour une petite tournée de conférences. Il y en aura trois à Bruxelles et puis une à Nantes. Et ensuite, le week-end suivant (pas celui qui vient là tout de suite mais le suivant), je me retrouverai à Paris pour discuter du plan B avec pas mal de gens, dont Monsieur Oskar Lafontaine, Monsieur Varoufakis,… Vous avez vu, j’ai fait une annonce pour ça. Pour ce qui est de Bruxelles, demain, on se retrouve au café « Le Vicomte » (je mettrai une notice avec tout ça), demain au Vicomte à 18h ; dimanche 8 [novembre], je serai à la Quincaillerie des Temps Présents, à la rue du Viaduc [n° 66] à Bruxelles, pour bavarder avec les gens qui viendront là. Je n’ai pas encore fait d’annonce pour ça. Lundi, je donnerai cours à l’Université Libre de Bruxelles, francophone, de 18h à 20h, aux anthropologues – mais vous pouvez venir écouter, parce que ce sera dans une grande salle – et je parlerai de ce qui rend spécifique le regard de l’anthropologue sur la crise dans laquelle nous nous trouvons. Ça, c’est donc le lundi, et puis, le mardi, là je suis à Nantes, et à Nantes, je parlerai à l’école de gestion, à l’école de commerce Audencia, à 20h. Et là, vous pouvez venir nous écouter. J’ai déjà fait une annonce, mais je remettrai tout ça en ligne tout à l’heure.

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NOSTALGIE QUAND TU NOUS TIENS ! par François Leclerc

Billet invité.

Du temps de la splendeur de l’Union soviétique et de l’opacité de son système politique – ce dernier point n’a pas changé – une science faisait fureur : la kremlinologie. Ses pratiquants essayaient de déceler les rapports de force au sein du Kremlin en interprétant le peu qui transparaissait le reflétant, comme par exemple la place occupée par un hiérarque lors des funérailles d’un autre. Et les enterrements se succédaient à cadence rapprochée… Le pli a ensuite été pris, d’autres collègues appliquèrent la même méthodologie à Pékin avec toujours aussi peu de résultats probants. Au royaume des aveugles…

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Le confucianisme distingue l’homme des autres animaux, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans un article récent (en anglais), titré « Pourquoi la Chine retourne-t-elle au confucianisme ? », le Wall Street Journal analyse les raisons qui poussent le Président chinois Xi Jinping à utiliser les anciennes traditions, pour asseoir la nouvelle puissance chinoise. Un retournement paradoxal, pour qui se souvient de la révolution culturelle et de ses slogans visant à abattre « la boutique de Confucius ».

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 15 MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 15 mai. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi – jour de l’Ascension – 15 mai 2015. Et cette fois-ci encore, je voudrais vous parler, non pas de ce comité en tant que tel, ce Haut-comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique, mais des leçons que je peux en tirer par rapport à mon action, et en particulier mon action ici sur le blog.

Il y a un certain nombre de choses qui m’apparaissent. Nous avons des réunions plénières – il y en a eu une, c’était avant-hier – nous avons des réunions en sous-groupes, et ainsi de suite, et ce qui m’apparaît, ce sont deux choses.

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Scientifique ou Prophète ?, par Léopard Blanc

Billet invité. À propos de « La crise des subprimes, c’est bien simple… »

Vous dites « […] une explication simple, même si elle est grossièrement simpliste, a beaucoup plus de chance de l’emporter aux yeux du public qu’une explication complexe […] ». Je pense que ce n’est pas là que se situe le problème.

Il est possible d’aboutir à une conclusion fausse à partir d’une démonstration juste, par exemple : (2=1) donc (2-1=1-1) donc (1=0). 1 n’est pas égal à 0, mais la démonstration tient la route.

De même, je peux arriver avec des prémisses justes à une conclusion juste, via une démonstration fausse. En mathématiques, une démonstration n’est pas plus ou moins juste, elle est correcte ou incorrecte, on peut au mieux discuter de son élégance.

J’ai l’habitude d’élaborer de savants raisonnements que je tente d’exposer à l’innocente victime qui me passe sous la main, qui souvent manque de l’expertise technique nécessaire à la complète compréhension de l’explication, mais capable d’en saisir la finalité. Il m’est dès lors arrivé d’exposer une conclusion, que je suppose être vraie, à l’aide d’une démonstration simplifiée. La plupart du temps mon interlocuteur sera convaincu : est-ce parce que ma conclusion s’aligne correctement avec ses croyances personnelles ? par l’argument d’autorité qu’il/elle me reconnait ? par lassitude ? toujours est-il que sur le plan mathématique, ma démonstration raccourcie est tout simplement devenue fausse, elle ne passerait pas mon propre examen : « halte là, comment passes-tu du point A au point C, coquin ? il manque clairement quelque chose ! ».

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Écosse : Un concentré de contradictions, par Michel Leis

Billet invité.

Le référendum sur l’Écosse se termine sur une sensation d’inachevé, il laisse une sensation mitigée entre le regret de ne pas avoir vu les lignes bouger et le soulagement de ne pas avoir à donner du grain à moudre aux revendications nationalistes de tout poil.

Inachevée, cette défaite du « oui » face à un « non » qui portait haut toutes les certitudes du « TINA ». Certes, le score du « oui » est honorable, bien supérieur à celui que lui donnaient les sondages il y a encore 3 mois. Il n’empêche, les électeurs ont encore une fois illustré cette peur de l’avenir qui constituait la trame d’une polémique ancienne sur ce blog entre Al et moi : « Craintifs invétérés vs Créatifs vertébrés». Pour rester dans cette discussion, il me semble que le flou qui régnait sur une partie du programme des indépendantistes écossais n’a pas aidé à construire une alternative crédible, indispensable pour obtenir un basculement par les urnes. Il ne s’agit pas ici de dire qu’un « TINA » doit s’opposer à un autre « TINA », juste de montrer au travers d’une construction suffisamment précise qu’il existe d’autres alternatives tout aussi crédibles.

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Le gouvernement Valls démissionne

Ouvert aux commentaires.

Dans la mesure où Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont répété hier à Frangy-en-Bresse ce qu’ils avaient déjà dit, le premier au Monde samedi, le second au Parisien dimanche, le choix se réduisait à les virer ce matin ou pour Manuel Valls à démissionner. Geste prémédité de la part du premier ministre, en accord avec les deux premiers ? Difficile à imaginer vu la manière dont il était monté au créneau derrière la bannière du « On ne change pas de cap ! » malgré les lamentables chiffres économiques récents. À moins que Machiavel ne soit de retour en politique, ce qui, au point où on en est et, au vu de la qualité du « vrai Machiavel », ne pourrait être qu’un progrès !

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