Le confucianisme distingue l’homme des autres animaux, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans un article récent (en anglais), titré « Pourquoi la Chine retourne-t-elle au confucianisme ? », le Wall Street Journal analyse les raisons qui poussent le Président chinois Xi Jinping à utiliser les anciennes traditions, pour asseoir la nouvelle puissance chinoise. Un retournement paradoxal, pour qui se souvient de la révolution culturelle et de ses slogans visant à abattre « la boutique de Confucius ».

Mais le paradoxe n’est qu’apparent, et il se dissipe rapidement si l’on prend en compte la situation complexe à laquelle doivent faire face les autorités chinoises. En effet, entre les krachs boursiers, le ralentissement de la croissance économique, les nombreux mouvements sociaux, la corruption endémique, – sans même parler de la province « rebelle » du Xinjiang ou des « séparatistes » tibétains -, il est clair que le pacte tacite entre le parti-état et le peuple, devient de plus en plus difficile à tenir. Car si, comme prévu, les libertés individuelles brillent toujours par leur absence, l’enrichissement personnel qui était promis en compensation, commence à donner de sérieux signe d’essoufflement.

Sous ces conditions, les dirigeants chinois, étant bien plus pragmatiques qu’idéologues, un savant mélange entre nationalisme et retour aux traditions politiques et sociales du Confucianisme, peut apparaitre comme une partie de la solution. Après tout, ça ne serait pas la première fois qu’un pouvoir fort (peu démocratique), s’appuierait sur la fierté d’un passé national plus ou moins fantasmé, plus ou moins bricolé, pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Pourquoi se priver d’un levier si efficace ? Et d’ailleurs, n’est-ce pas sous nos latitudes autrement plus démocratiques, qu’un Président de la république parlait il y peu, de réintroduire le « roman national » à l’école ?

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Parle-t-on simplement de politiciens dévoyés et de manipulation des foules ? Ou bien, n’y-a-t-il pas là quelque chose de bien plus profond ? Une chose qui nous définirait comme êtres humains, en tant qu’elle décrirait ce qui fait notre spécificité.

Pourtant, nous ne sommes pas le sommet de l’évolution, concept absurde s’il en est. Il n’y a aucun déterminisme dans la théorie néo-darwinienne. Nous ne sommes, avec les autres grands singes, qu’une des innombrables ramifications du buisson du vivant sur cette planète. Et pourtant, à l’heure où les géologues discutent de la pertinence de nommer anthropocène un nouveau chapitre de l’histoire de la Terre (poubellocène est également proposé), nous ne savons toujours pas nous définir. Ou par défaut, en disant que l’homme a su développer des capacités (langage articulé, outils, cultures) qui existent à l’état plus ou moins latent chez bon nombre d’autres espèces.

Alors ?

Alors, la spécificité de notre espèce, ce qui nous différencie des autres formes de vie sur cette planète, réside dans notre fantastique capacité à pouvoir partager un même imaginaire. C’est l’émergence de cette capacité qui nous sépare réellement de nos frères primates. Et pour prendre les espèces que nous considérons comme intelligentes, il ne viendra à l’idée d’aucun dauphin, poulpe, corneille ou autre chimpanzé de coordonner ses agissements avec ses semblables, en fonction d’artefacts intellectuels (sol sacrée de la patrie, confucianisme, droits de l’homme, etc.). Essayez donc de convaincre l’un d’entre-eux, de se faire sauter avec une ceinture d’explosifs pour aller au « paradis » !
C’est donc, – au moins autant que la maitrise du feu ou de l’outil -, cette incroyable capacité que nous avons à partager un même imaginaire, qui explique notre actuel succès évolutif. Capacité aux résultats catastrophiques lorsque les masses marchent au pas ou que la Religion Féroce s’impose à tous, mais formidables lorsque le but est la recherche désintéressée du savoir et du bien commun.

Un dernier point, mais d’importance : cette émergence propre à notre espèce, est impossible à prédire en observant le monde animal. Elle est irréductible, en ce sens qu’elle ne peut pas être déduite de l’observation de son substrat. Si les animaux (voir différentes espèces), peuvent partager un objectif et coopérer pour son atteinte, aucun d’entre eux n’est capable de partager comme nous le faisons, son univers mental, ses rêves… et ses cauchemars. Cette radicale nouveauté, s’appelle une émergence. Impossible à prédire. Irréductible à l’observation.

Vous aurez déjà compris que nous sommes en conséquence, réduits à l’observation de notre nombril , à nos fantasmes et à nos peurs, pour imaginer l’IA. Tels des chimpanzés qui pourraient désirer décupler leur force et leur adresse, mais qui ne sauraient imaginer ce qu’est un homme, nous autres homo-sapiens, sommes bloqués à notre niveau de conscience, et n’avons aucun moyen de savoir ce que sera la très probable émergence d’une IA. Quant à espérer pouvoir la comprendre…

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64 réflexions sur « Le confucianisme distingue l’homme des autres animaux, par Roberto Boulant »

  1. Le constat est fait, bien établi, nous sommes dotés de cette
     » fantastique capacité à pouvoir partager un même imaginaire ».

    …assortie des effets de bord soulignés par Roberto Boulant, dont la capacité de faire pire que les animaux en matière de compétition…

    Il serait peut-être temps de mettre en œuvre le plus universellement possible cette autre capacité de partager: celle de le faire en harmonie, en justice, en écartant toute volonté dominatrice.
    Nous avons les moyens de le faire, il suffit de le décider.

  2. Après Auschwitz et avec la bombe atomique il est difficile d’imaginer quoi que ce soit. Par contre, on peut dire comme le poète Bukowski que c’est un fleuve de merde qui emportera tout.
    ____________________________________________

    « la seule chose qui pourrait nous sauver serait d’inventer un nouveau concept, celui d’une Universelle et Vibratoire Education, qui engloberait de façon constructive le goût du bonheur, le sens de la réalité et la nécessité du changement, mais qui ne profiterait qu’à nos petits-enfants, à condition qu’ils n’aient pas été, dans l’intervalle, assassinés, mais ils le seront, je vous le parie à 25 contre 1, car nul concept nouveau ne saurait être toléré, vu qu’il signifierait la liquidation du gang au pouvoir. »

    Vieux dégueulasse, toi je te garde.

    1. Ce qui est terrible dans votre commentaire c’est que vous avez probablement raison. Mais, je pense quand même, s’il nous reste une toute petite chance de réduire l’ampleur de la disparition de l’Humanité, qu’il ne faut pas baisser les bras.
      Même si de nombreux indices convergent vers cette apocalypse quasi inévitable, afin de garder un soupçon d’espoir, car l’espoir fait vivre, il nous faut continuer à essayer de contrecarrer l’emballement délirant de la société actuelle qui, le nez sur le précipice, ne le voit toujours pas.

      1. maris,
        Je me bats tout les jours en tant qu’homme et en artiste.
        Contre ma bêtise, ma veulerie, mon avachissement psychique et pour pas crever la bouche ouverte.
        Et aussi, pour pas qu’un patron vienne m’entuber.

      2. L’espoir stupide youpi! la fleur au chapeau c’est un pêché disait Brel… Désespéré ne veut pas dire triste…
        Nous avons toujours l’option de cesser de procréer et de s’en payer une bonne grosse dernière tranche, de bien curer la carapace de la dernière langouste et de déforester ce qu’il faudra pour une bonne entrecôte et puis de laisser faire la nature après nous…. bref de s’en aller en éteignant la lumière mais de partir beau… beau et con à la fois…

        J’ai comme une idée du choix de Bukowski….

      3. Tous les jours.
        Car j’ai beaucoup de colère et je ne vois pas toujours la bonne orthographe. Mais la Vie, c’est une autre histoire, et je ne crois pas avoir le moindre ressentiment pour le Don.

  3. IA ? Une IA, l’IA ? Qu’est cela ? Qu’est cela ? dirait Samson, le frère bâtard du narrateur de « Fortune de France ». Intelligence animale ? Allez savoir (ou va savoir, car je suis peut-être le seul à rester perplexe devant ces deux lettres)…
    Il doit y avoir des choses dans l’air : miasmes, connections électromagnétiques inconnues, choses entendues qui à certains moments prennent une taille critique dans notre conscience, parfois sentiments de conspirations généralisées propres à alimenter la théorie du complot. Ainsi, hier dans la « Fabrique de l’histoire » de France Culture, j’ai entendu un certain Yuval Noah Harari, prof d’histoire à l’université de Jérusalem exposer ce même argument de l’imaginaire comme élément vraisemblablement prédominant chez l’être humain : « Toutes les sociétés, y compris les systèmes économiques et les systèmes politiques reposent sur l’imagination ». Cette faculté lui permet de mettre en oeuvre collectivement les projets les plus audacieux : les pyramides ou l’exploration de la lune. La construction d’un récit y joue le rôle principal : Dieu, la Nation, le Marché. Il donne même cet exemple du chimpanzé qui ne saurait être convaincu d’abandonner la banane qu’il est en train d’ingurgiter pour recevoir un régime entier au paradis. Il expose ça dans « Sapiens, une brève histoire de l’humanité », qui est en train de devenir un best-seller.

  4. Mon chat a eu le mauvais goût de mourir avant moi , mais j’avais souvent la sensation que l’on pensait tous les deux la même chose au même moment .
    Mais j’ai du me l’imaginer .
    Sur le recours au confucianisme par le pouvoir chinois pour asseoir ou articuler les transitions politico-économiques , je n’ai pas l’impression que ce soit un phénomène récent et unique .Mais PYD saura beaucoup mieux en parler .

  5. A quoi sert l’Éducation?
    A nous asservir au Système.

    D’ailleurs ses serviteurs ont une Haute éducation. (cela fait partie de la sélection). Et ils en sont fiers.

    On comprend que ce Système soit indestructible, si ce n’est de par son propre poids.

    1.  » On comprend que ce Système soit indestructible, si ce n’est de par son propre poids.  »
      Il me semble de plus en plus évident que ce soit la seule issue… qui nous donne droit à quelque optimisme 😉

  6. Peu à dire à propos de ce bon texte qui me semble néanmoins proposer une évidence. Par contre, il y a peut-être plus à dire si nous ne nous arrêtons pas à l’imaginaire. L’imaginaire me paraît être simplement, comme le texte le donne à penser, une émergence liée à nos mécanismes de défenses et communication. Peur du feu, des serpents, …, « mère patrie sacrée », etc. Par contre, nous pouvons sans doute aller plus loin si nous nous penchons sur l’imagination. En ce sens : oui, nous sommes liés au sol. Les plantes qui nous entourent ont élaborés des ressources, autres mécanismes de défense et communication, qui leur permettent de garder leur homéostasie et combattre divers prédateurs. Lorsque nous sommes enrhumés ou pris par la grippe, nous nous tournons presque inconsciemment vers le sapin, par exemple, qui a « l’expérience » du froid. Le bouleau est connu depuis « la nuit des temps » comme un arbre bouclier et, liés au peuplier notamment, avec qui il partage un même milieu, nous sommes face à un remède des plus efficaces pour contrer les effets de l’humidité et le froid. Ces remèdes nous lient également aux animaux de nos régions qui nous ont comme initiés à leurs usages. Si nous nous en tenons là, à ce qui peuple notre imaginaire, comme malheureusement le font la publicité et la propagande, naît « la mère patrie sacrée ». Avec un peu d’imagination, nous pouvons comprendre qu’il est intéressant de nous soigner avec des plantes d’ici même si nous n’en sommes pas originaires, tout comme nous soigner avec des plantes des lieux que nous visitons. Nous sommes alors plus dans un imaginaire qui serait lié à un lieu mais à des requis du milieu qui ne nous donnent aucune spécificité, ni par rapport aux autres cultures et personnes, ni par rapport aux animaux et plantes. De même, cette imagination nous aide à être plus performants dans l’usage du milieu alors social et environnemental. Pour exemple, nous passerons de l’usage de plantes au quotidien lors de nos repas, ce qui est une forme de prévention, à des formes plus denses telles que l’aromathérapie, connue depuis 7000 ans, plus apte à contrer des maux ponctuels. Cette imagination est aussi liée à nos sens. Lorsque nous partageons un repas, mais aussi, pour l’aromathérapie, par les formes d’administrations du remède : consommation de la substance qui peut être utilisée aussi en diffusion ou en massage (selon la substance utilisée). Nous voyons alors, me semble-t-il, naître des relations de réciprocité qui affirment et renouvellent notre humanité, un-e à un-e et ensemble, et ne peuvent s’arrêter à un groupe, une culture, une frontière. La nécessité des échanges génétiques, culturels, scientifiques et économiques, domaines également liés à nos mécanismes de défenses et communication, ne le permet pas. C’est ce que disent, à mes sens, nombres de mythes, légendes et récits spirituels ainsi que leur symbolique qui, hors du profane malheureusement créé avec le sacré, sont un commun de l’humanité et peuvent être perçu comme une politique de l’entretien (entretenir et échanger). Le tout est peut-être de reconnaître une précarité initiale indépassable, lié à l’interdépendance, à l’ambivalence et l’impermanence, requis de l’univers qui nous abrite et que nous « faisons ».

    Prenons soin de « nous ».

      1. Oui beau texte, mais qui oublie l’essentiel, comme d’habitude.
        Comme si on voulait le faire oublier celui là, alors qu’il est à l’origine de tous nos problèmes, qu’il contrôle nos vies et nos comportements, etc. etc. tout, absolument tout.

        « Celui là » c’est bien sur le Capitalisme des rentiers qui nous fait crever, avec ou sans plantes aromatiques…

        Pour le dire franchement, les beaux textes ça me gonfle.

  7. Je me demande ce qui fait qu’ils choisissent le confucianisme plutôt que le taoïsme ou le chan ou encore une synthèse des trois.
    L’atypique et controversé Nan Huaijin, par son engagement politique et social, aurait-il fait des petits au sein du gouvernement ? Car il s’inscrivait dans la tradition confucéenne et avait une excellente connaissance du bouddhisme Chan et du taoïsme.
    Néanmoins, il enseignait le chan plus que Confucius lorsqu’il est revenu en Chine.

    1. Après leur désastreuse expérience de promotion du Falun Gong, il y a de ça une vingtaine d’années, je serais très surpris de voir les hiérarques du PCC repiquer au truc de quelque façon que ce soit…

    2. Je ne suis pas un spécialiste du monde chinois, mais peut-être peut on imaginer qu’une partie de la réponse à votre interrogation se trouve dans la nature des trois enseignements ? Le taoïsme serait trop libertaire et son implication de tout temps, dans des mouvements d’opposition ne plaiderait pas en sa faveur. Le bouddhisme Chan en tant que religion, serait lui difficilement contrôlable par le PCC. Reste le confucianisme dont on ne garderait que l’aspect ayant contribué au soutien du pouvoir impérial, ainsi que son respect de la hiérarchie.
      Sans doute que PYD pourrait apporter un éclairage plus précis sur ces questions.

  8. C’est un des sports favoris de l’anthropologie d’essayer de classer les différentes cosmologies (les imaginaires communs), c’est à dire les différentes visions que les hommes ont d’eux-mêmes et de ce qui les entoure. Cette comparaison entre nous et le reste porte sur deux points dans la modélisation de Philippe Descola: les intériorités et les physicalités. Nous sommes soit identiques, soit différents des êtres qui nous entourent sur ces deux plans, ce qui donne 4 combinaisons possibles représentant les 4 grandes cosmologies: naturaliste (c’est nous, identique sur le plan des physicalités et différent sur le plan des intériorités, pour ne pas dire supérieur), animiste ( l’opposé de naturaliste), analogiste (différent sur les deux plans de comparaison de l’homme avec les autres êtres), et enfin le totémisme (identique sur les deux plans, mais particularité, cette identité se limite à une tribu dont tous les éléments seraient issus du même rêve).

    Le confucianisme est issu du chamanisme, cad de l’animisme. Il a permis l’organisation de l’empire grâce à une régulation politique/religieux. C’est dans ce texte érudit d’Alain-Marc Rieu:
    https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00397311/document
    Revenir au confucianisme, c’est faire appel à un outil profond de la vie politique en Chine, puisque le confucianisme est encore très présent culturellement et qu’il soutient fermement les comportements respectueux de l’ordre établi.

    1. @Michel Martin
      +1
      « Revenir au confucianisme, c’est faire appel à un outil profond de la vie politique en Chine, puisque le confucianisme est encore très présent culturellement et qu’il soutient fermement les comportements respectueux de l’ordre établie
      EXACT !
      et « La doctrine qui est commune à tous, celle que tous, dans la mesure de leurs moyens, doivent étudier et mettre en pratique, c’est le Confucianisme, qui, embrassant tout ce qui concerne les relations sociales, est pleinement suffisant pour les besoins de la vie ordinaire. Pourtant, puisque le Taoïsme représente la connaissance principielle dont dérive tout le reste, le Confucianisme, en réalité, n’en est en quelque sorte qu’une application dans un ordre contingent, il lui est subordonné en droit par sa nature même »

      En outre le taoïsme qui est une des branches du chamanisme dont le tronc est le chamanisme sibérien, a trés bien survécu et ce malgré la répression en Asie et ailleurs également.

      1. « Revenir au confucianisme, c’est faire appel à un outil profond de la vie politique en Chine, puisque le confucianisme est encore très présent culturellement et qu’il soutient fermement les comportements respectueux de l’ordre établi »

        Oui bien sûr. Néanmoins il est assez curieux que ce « fleuron » de la Chine Impériale renaisse sous un régime communiste. La potion est originale.

    2. Ouais, bof, tout c’qu’on veut savoir c’est c’que Confucius aurait pensé de la dévaluation du Yuan et du soutien de la bourse de Shanghai décidés par le gvt chinois….

      1. Ouais bof , c’est ça….qu’est ce que vous attendez pour y répondre alors ô grand maître vigneron au lieu de râler…votre dévouée Gudule…

      2. Je suppose qu’il aurait tout simplement joué de la guitare.
        Curieux comme tous les imaginaires contemporains se réorientent vers des vieux textes millénaires ou séculaires, on rhabille tout cela ou on se recycle au marketing. Ou encore à défaut d’extra-terrestres on fantasme sur les I.A.
        Si les I.A. sont diversifiées partageront-elles le même imaginaire, sinon se feront elles la guerre sous l’une ou l’autre forme ? Seront-elles soumises à une I.A. centrale, donc totalitaire ?
        Notre imaginaire humain est tellement plastique qu’il engendre des fleuves de m…., c’est vrai, mais aussi de très beaux rêves qui parfois se réalisent.
        Bon je vais écouter du Mozart.

      3. Gudule… Breizh Info… tu sais c’que tu visites là ? Le pape chérit le discernement, en bon jésuite, prends en de la graine.

      4. Han Feizi -280 -234 (+ou-) , sa doctrine s’inspire de Xunzi, celui-ci s’oppose à Mencius pour qui le ciel était une divinité personnelle, dépositaire d’un principe éthique.

        « Le roi gouverne par des noms, des rites et des lois correctes qui unifient le peuple sans qu’il soit nécessaire de donner à celui-ci les raisons qui font que les choses sont ainsi. C’est là le fondement de la doctrine légiste de Li Si *1, doctrine qui devait servir de fondement à l’empire et provoquer la grande destruction des livres en -213.  » *2

        *1 Li Si disciple de Xunzi, avec Han Feizi .
        Han Feizi fut jeté en prison et contraint au suicide par Li Si premier ministre de Qin Shi Huangdi fondateur de l’empire chinois.

        *2 Dictionnaire de la Civilisation chinoise – Albin Michel Paris 1998 – ISBN 2-226-10092-X

  9. « Si les animaux (voir différentes espèces), peuvent partager un objectif et coopérer pour son atteinte, aucun d’entre eux n’est capable de partager comme nous le faisons, son univers mental, ses rêves… et ses cauchemars »

    Je vous trouve bien catégorique, peut être le partagent ils entre eux mais pas avec nous, prenez les abeilles par exemple, il a été démontré qu’elles sont capable de modéliser des concepts abstraits (identique, différent, au dessus, en dessous, à coté etc) et elles les partagent lors de la « danse » qui indique aux autres le chemin vers le champs de fleurs. De même elles se ruent sur les prédateurs de la ruche de façon suicidaire… les fourmis sont tout aussi fascinantes avec leurs soldat croque-mort qui récupérent les ouvrières décédées… il y en a même qui réduisent en esclavage les colonies cousines… et tout ça tout juste avec quelques ganglions nerveux… Quant à partager leurs rêves et cauchemars… psilocybine ou mescaline choisissez et trouvez vous un bon chaman…. (pour ce qui est de mon expérience personnelle tout ce que je peux vous dire c’est qu’une fourmi est très, très, mais alors très pressée ! de faire un max de truc de fourmi… 😉 )

    1. une fourmi est très, très, mais alors très pressée ! de faire un max de truc de fourmi…

      C’est bien l’idée que j’essaye de défendre: la faculté de notre espèce à pouvoir innover, en partageant de pures constructions mentales. Si tel était également le cas pour les fourmis, il y aurait eu apparition et transmission de culture propres à chaque fourmilière, avec à la clé une profusion de style architecturaux, voir un abandon de la fourmilière au profit d’autres formes et structures.

      1. https://www.google.es/search?q=fourmili%C3%A8re&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0CCAQsARqFQoTCITC2qrji8gCFQSNcgodTVwEsg&biw=1920&bih=922

        ce que moi je veux dire c’est que nous ne sommes peut être pas capable de saisir ce qui est une variante architecturale pour une fourmi (une brindille un poil plus redressée, un trou plus ou moins rond que nous continuerons simplement à appeler entrée alors que pour la fourmi ce sera le porche de notre dame). malgré les différences architecturales toutes les maisons sont divisées en pièces ayant plus ou moins le même usage et c’est tout ce que l’on retient de notre point de vue. Tout comme on eu des surprises aprés avoir fournis aux singes un moyen d’accés à notre réalité culturelle on en aurait peut être en permettant aux fourmis de faire de même à travers par exemple un langage de phéromones, je ne crois pas que l’on puisse nier que le doute existe. je vous remet ici le liens que j’ai cité dans un commentaire précédent:

        http://planete.gaia.free.fr/animal/ethologie/chimpanzes.parlent.html

        Non seulement les singes parlent entre eux le langage des signes mais il pensent aussi tout seul « à haute voie » une fois qu’ils le maitrisent et il manipulent des concepts abstraits et temporels et lorsqu’ils inventent de nouveaux mots on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’activité culturelle ou créatrice, tout y est il a suffit d’introduire un langage structuré qui nous soit accessible pour nous en rendre compte.

      2. « C’est bien l’idée que j’essaye de défendre: la faculté de notre espèce à pouvoir innover, en partageant de pures constructions mentales.  »

        C’est ce qui se passe dans une experience de transe chamanique, l’accés à d’autres champs de perception (et de préférence sans psychotropes, si si, ça « fonctionne » ..) permet de voir et de vivre ces autres fréquences dont les champs d’énergie mentale du vivant, plantes , animaux, etc…Les états modifiés de conscience sont trés « concrets » dans le vécu, si vous n’y êtes pas préparés et accompagné, comme en parle bien c sombrun dans ses livres, ça peut être trés trés trés pénible. Perso ce que j’en ai vécu et connais est une véritable « révolution intérieure ». Sans ce vécu ça resterait des concepts intellectuels bons pour des rats de labo mais sans interêt pour moi. Le monde 3d dans lequel nous vivons est trés palot et trés sclérosé et trés déprimant à coté.

        L’humanité est à peine consciente et littéralement endormie , la fin des illusions donne accés à des richesses insoupçonnées. C’est inouï.

        C Sombrun ou M Harner sont ceux qu me semblent le plus honnête sincère et proche de ce que je pense et ressens.

        http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-le-chamanisme-avec-corine-sombrun-2013-01-13

      3. Que dire du « couple corbeaux qui élève ses petits pendant cinq ans avec l’aide d’une nounou ? Et l’on dénombre au moins 19 langages différents pour cette espèce …. D’autres recherches ne nous reservent-elles pas quelqu’autres surprises ?

      4. « C’est bien l’idée que j’essaye de défendre: la faculté de notre espèce à pouvoir innover, en partageant de pures constructions mentales »,
        Tous les êtres sociaux s’appuient sur des facteurs de cohésion, partager un imaginaire commun en fait partie.
        Tous les êtres vivants (même les monocellulaires les plus primitifs) exploitent les informations à leur portée POUR tirer partie de leur environnement et croître. C’est même ce qui distingue le vivant du non vivant.
        Voilà deux facteurs qui nous rattachent fermement au monde vivant. Et je crois qu’aujourd’hui, nous avons besoin de nous sentir DANS ce monde et pas au-dessus (notre cosmologie naturaliste nous place au-dessus, avec nos facultés uniques, comme celle de créer un imaginaire, que nous ne cessons de monter au pinacle).

        Pour ce qui est de la référence au confucianisme, je la lis surtout comme une instrumentalisation de ce vestige culturel par leader chinois actuel pour maintenir l’ordre.

  10. Notre espèce a la capacité de transmettre son savoir, non seulement entre individus, amis de génération en génération.
    Sinon il faudrait à chacune d’elle réinventer la roue, etc., ce qui est un obstacle à l’évolution.
    (D’un autre côté, vu ce qu’on en fait…)

  11. « Je suppose qu’il aurait tout simplement joué de la guitare. »
    ou l’image est pas mal… 🙂

    « mais aussi de très beaux rêves qui parfois se réalisent.
    Bon je vais écouter du Mozart. »
    +1
    cool, ça envoie, bonne idée !

  12. « Et l’on dénombre au moins 19 langages différents pour cette espèce ….  »
    vous connaissez les corbeaux ?

    « D’autres recherches ne nous reservent-elles pas quelqu’autres surprises ? »

    Hooooo voui voui voui…… 😉
    ce n’est qu’un début….d’exploration consciente.

    1. « Vous connaissez les corbeaux « ?
      Ben un peu mieux grâce à un très bon documentaire qui passait il y a deux ou trois ans déjà sur Arte.
      Et figurez-vous que je ne regarde plus du tout ces oiseaux du même œil !
      D’ailleurs, j’ai oublié l’essentiel, (toujours pris dans ce docu) : Ils « honorent » leurs frères défunts. Et si vous en voyez plein se rassembler dans un arbre en silence, c’est que vous assistez à un « au revoir » de corbeau 😉
      Alors là….. ça fait réfléchir !

      1. Merci Dup pour ce beau rappel musical et poétique !

        adoque
        Eh oui, les corbeaux ont de la mémoire, et, une fois effrayés par quelqu’un, ils retiennent les visages et ne s’y reprendra plus jamais, pas même ses petits….
        Qu’est donc  » ce petit rien  » qui nous séparent ? Ici l’idée d’un non choix de l’instant présent semble défendue…. Que reste-t-il à la lumière des études aujourd’hui : choix ? conscience ? Intention ? Imaginaire ? …. et nous avons un gros cerveau 🙂 🙂 En expansion comme l’univers ?

        Quant à la « métamorphose », gudule, les gens plus spécialistes que moi disent qu’elle n’est pas réservée qu’aux animaux. Elle serait possible chez l’homme au niveau du cerveau (autre documentaire que j’avais posté je ne sais plus quand). Ils sont sur cette nouvelle piste.

    2. A propos de corbeaux…
      J’aime beaucoup cette hisoire racontée par l’anthropologue américain Loren Eiseley:

      « Rencontrer un autre monde, dit-il, n’est pas uniquement un fait imaginaire. Cela peut arriver aux hommes. Aux animaux aussi.
      Parfois, les frontières glissent ou s’interpénètrent : il suffit d’être là à ce moment.
      J’ai vu la chose arriver à un corbeau. Ce corbeau-là est mon voisin. Je ne lui ai jamais fait le moindre mal, mais il prend soin de se tenir à la cime des arbres, de voler haut et d’éviter l’humanité.
      Son monde commence là où ma faible vue s’arrête. Or, un matin, toute notre campagne était plongée dans un brouillard extraordinairement épais, et je marchais à tâtons vers la gare.
      Brusquement, à la hauteur de mes yeux, apparurent deux ailes noires immenses, précédées d’un bec géant, et le tout passa comme l’éclair en poussant un cri de terreur tel que je souhaite ne plus jamais rien entendre de semblable.
      Ce cri me hanta tout l’après-midi. Il m’arriva de scruter mon miroir, me demandant ce que j’avais de si révoltant…

      « J’ai fini par comprendre. La frontière entre nos deux mondes avait glissé, à cause du brouillard.
      Ce corbeau, qui croyait voler à son altitude habituelle, avait soudain vu un spectacle bouleversant, contraire pour lui aux lois de la nature.
      Il avait vu un homme marchant en l’air, au coeur même du monde des corbeaux. Il avait rencontré une manifestation de l’étrangeté la plus absolue qu’un corbeau puisse concevoir : un homme volant…
      « Maintenant, quand il m’aperçoit, d’en haut, il pousse des petits cris, et je reconnais dans ces cris l’incertitude d’un esprit dont l’univers a été ébranlé.
      Il n’est plus, il ne sera jamais plus comme les autres corbeaux… »

    3. Mon chat m’a appris sa langue, elle est gestuelle:
      – S’il est content de s’installer sur mes genoux, il me balance sa queue dans la figure,
      – s’ il veut à manger il s’assied et attend près de moi,
      – s’il veut que je le suive, il tourne autour de moi,
      -s’il est bien installé et désire qu’on lui fiche la paix, il cligne des paupières
      – et basic, s’il veut sortir il s’installe près de la porte.
      Non il n’a pas encore réussit à m’apprendre à ronronner.

  13. @ Dup et Michel Martin
    Deux évidences pour éviter tout malentendu :
    – Les animaux pensent et utilisent des outils, des langages, qu’ils peuvent transmettre aux générations suivantes. Les exemples abondent, certains spectaculaires comme les crochetages de serrures par le ratel. Et les pies sont capables du même exploit en utilisant des outils improvisés, tel que clous ou brandilles (désolé, je n’ai pas retrouvé la vidéo).
    – L’homme n’est pas en dehors de la nature ou « supérieur » (concepts absurdes). C’est pourquoi j’utilisais l’image du « buisson du vivant », dont notre famille, celle des primates n’est qu’une des innombrables branches.
    Cependant jusqu’à preuve du contraire, seule notre espèce est capable de partager et de transmettre des cosmologies. Pour prendre l’exemple des chimpanzés qui sont tellement proche de nous, qu’élevés par des humains loin de leurs semblables, ils se considèrent comme des humains, nul doute qu’ils pourraient apprendre les gestes de nos rites funéraires. Mais cependant, ils leur sera impossible de partager l’abstraction conceptuelle (le terme est lourd pardon, mais je n’ai pas trouvé mieux) d’une croyance, disant par exemple que le fils de Dieu est venu sur Terre pour sauver l’âme des hommes.

    1. Il peuvent comprendre que le fils est venu sur terre mais pour le concept de Dieu la je suis plutôt d’accord avec vous, car ils sont exempt du péché originel…. On est loin du sujet du post mais le sujet est fascinant.

      1. Ah oui, à l’école il fallait aussi se taper le catéchisme!
        Je n’ai jamais rien compris à ces histoires de pomme, d’Adam et Eve. Ils fumaient pas un peu, les curés?

        Entre ça, apprendre la moule (le mollusque, hein), et dessiner des ailes de mouches, c’est miraculeux d’en avoir réchappé.

    2. Je ne résiste pas à l’envie d’ajouter que contrairement à nous les animaux sont sain(t)s d’esprit 😉 car d’abstraction conceptuelle à psychose délirante la limite reste ténue…

    3. « élevés (les chimpanzés) par des humains loin de leurs semblables, ils se considèrent comme des humains, nul doute qu’ils pourraient apprendre les gestes de nos rites funéraires. »
      Concernant les corbeaux (j’y reviens), l’étude menée ne laissait pas entendre qu’ils « apprenaient les gestes de nos rites…. « , en d’autres termes, qu’ils imitaient une autre espèce.
      Donc, les animaux ont des émotions, pensent, ont une conscience de la mort et rendent hommage…. l’écart se réduit quand même. Notre imaginaire nous pose problème…. certainement

      Selon Confucius, il n’est pas possible de vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages. Il conseille de vivre en bonne société avec ses semblables dans le but de l’harmonie des relations humaines.

      Soit le gouvernement chinois veut se transformer lui-même (c’est plutôt bizarre) soit ce retour à Confucius est une manière de changer son image vis-à-vis du peuple, soit…. Enfin bref, je ne vois pas très bien. Il faudrait soi-même être chinois pour comprendre sans doute.
      Pour la route : « Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte. » Confucius

      1. « l’écart se réduit quand même »
        Oui, et c’est justement ce que je trouve intéressant: ce « presque rien » qui nous sépare des chimpanzés, et qui pourtant contient toutes les réalisations humaines.

    4. @Roberto,
      « L’homme n’est pas en dehors de la nature ou « supérieur » (concepts absurdes).  »
      Ce n’est pas sur le plan des concepts que je me suis placé, ni sur une prise de position personnelle quand j’ai utilisé les catégories que décrit Descola, mais sur les imaginaires dominants tels qu’ils sont. Notre imaginaire dominant (en France, en Europe) est naturaliste. Il véhicule une image de supériorité de notre intériorité vis à vis des autres êtres, ce qui nous a donné le droit de nous comporter en maîtres et possesseurs (ça doit être quelque part dans la bible). C’est bien ce que nous pouvons constater avec la très grande difficulté que nous avons à développer une culture écologiste, parce que jusqu’ici, l’écologie du cœur (de l’imaginaire en fait) est encore très faible, alors que l’écologie de la raison est très développé, au moins depuis René Dumont. Mais je note un tournant, perceptible ici dans les commentaires sur toutes les qualités des animaux que nous découvrons (lire ou écouter JC Ameisen peut utilement et agréablement compléter cette observation). Avec toutes ces qualités que nous ne pouvons plus ignorer, il devient plus difficile de ne pas leur reconnaître toute leur place dans notre monde imaginaire et donc dans notre monde réel. L’encyclique du pape François confirme cette évolution de notre cosmologie naturaliste, puisqu’elle nous indique de ne plus nous comporter en possesseur (donc au-dessus) de la nature. Le pape s’adresse au cœur, à l’imaginaire, il prend acte et amplifie ce mouvement de fond de notre arrière cuisine imaginaire.
      Voilà, ce que je voulais dire, c’est que cette affaire d’imaginaire collectif a peu à voir avec l’idée de concept, ou l’idée qu’on peut s’en faire. Les imaginaires collectifs sont relativement stables et il me semble que nous assistons à un mouvement digne de la tectonique des plaques avec cette évolution de notre cosmologie naturaliste vers une cosmologie sans doute inédite encore, qui consacrerait, en particulier, l’unité du vivant.

  14. Energie et information :

    Ilya Prigogine dans « Temps à devenir » :

    « On a découvert que quand vous allez loin de l’équilibre, par exemple, en considérant une réaction chimique, que vous empêchez d’arriver à l’équilibre, se produisent des phénomènes extraordinaires que personne n’aurait cru possibles ; par exemple, des horloges chimiques. Une horloge chimique, qu’est-ce que c’est ? Prenons un exemple : vous avez des molécules qui de rouges peuvent devenir bleues. Comment imaginez-vous voir ce phénomène ? Si vous pensez que les molécules vont au hasard, vous allez voir des flashes de bleu, puis de flashes de rouge. Mais il se produit, loin de l’équilibre, dans d’importantes classes de réactions chimiques, des phénomènes rythmiques. Tout devient bleu, puis tout devient rouge, puis tout devient bleu, c’est-à-dire qu’une cohérence naît, qui n’existe que loin de l’équilibre. (…) Donc, loin de l’équilibre, se produisent des phénomènes ordonnés qui n’existent pas près de l’équilibre. Si vous chauffez un liquide par en-dessous, il se produit des tourbillons dans lesquels des milliards de milliards de molécules se suivent l’une l’autre. De même, un être vivant, vous le savez bien, est un ensemble de rythmes, tels le rythme cardiaque, le rythme hormonal, le rythme des ondes cérébrales, de division cellulaire, etc. Tous ces rythmes ne sont possibles que parce que l’être vivant est loin de l’équilibre. Le non-équilibre, ce n’est pas du tout les tasses qui se cassent ; le non-équilibre, c’est la voie la plus extraordinaire que la nature ait inventée pour coordonner les phénomènes, pour rendre possibles des phénomènes complexes.

    Donc, loin d’être simplement un effet du hasard, les phénomènes de non-équilibre sont notre accès vers la complexité. Et des concepts comme l’auto-organisation loin de l’équilibre, ou de structure dissipative, sont aujourd’hui des lieux communs qui sont appliqués dans des domaines nombreux, non seulement de la physique, mais de la sociologie, de l’économie, et jusqu’à l’anthropologie et la linguistique. »

    http://www.matierevolution.fr/spip.php?article446

    1. Héraclite:
      « Il faut savoir que le conflit est universel, que la discorde [le déséquilibre] est la règle et que toutes les choses naissent et meurent selon la discorde et la nécessité. »
      Que le non-équilibre soit la règle n’est donc pas un scoop de Prigogine.

      Quant à l’idée, très en vogue, d’auto-organisation, je ne considère pas qu’il s’agisse d’un lieu commun: j’y vois un côté magique qu’il nous appartient de tenter d’élucider (Jean Zin y consacre le dernier chapitre du bouquin cité par Michel Martin quelques commentaires plus haut).

  15. @Basic

    « Quant à l’idée, très en vogue, d’auto-organisation, je ne considère pas qu’il s’agisse d’un lieu commun: j’y vois un côté magique qu’il nous appartient de tenter d’élucider »

    oui Basic, j’ai le m^me questionnement que vous, peut il être élucidé ? 😉

    1. Je n’en sais rien.
      Mais décréter que l’auto-organisation est un lieu commun permet d’évacuer en le banalisant le problème posé par l’organisation, à savoir celui de l’organisateur (trice) qui se cache alors nécessairement derrière.
      Je ne vois pas ce qui permet d’affirmer, comme le fait Prigogine, que les exemples ci-dessus (cellules de Bénard, réaction de Beloussov-Zabotinsky) relèvent de l’auto-organisation plutôt que de la « simple » organisation.

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