Archives par mot-clé : Crise des subprimes

Arrêt sur images, Gamestop et les autres, le vendredi 5 février 2021 à 12h

Je serai vendredi sur le plateau d’Arrêt sur images, pour une émission sur les petits investisseurs qui chahutent le marché boursier américain. L’autre invité sera Alexandre Delaigue *.

Évoquer l’affaire GameStop et sa perception médiatique, les mécanismes de fixation de valeur des actions dans ce contexte, le poids à la fois encore faible mais potentiellement grandissant des petits porteurs dans le contexte des réseaux sociaux, des plateformes sans frais de courtage et de la très forte croissance des fonds d’investissement passifs, les risques qu’ils prennent (ou pas) en s’enivrant de leur force supposée, entre autres sujets

* Alexandre Delaigue a longtemps été l’animateur du blog Éconoclaste.

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Le krach boursier, c’est pour quand ? Épisode 1 : les prophètes

J’ai remis en ligne tout à l’heure la vidéo de mon passage à France Info le 5 juin 2009. J’en ai extrait le passage où je dis : « Ne dites pas du mal de la Chine : la Chine nous sauvera tous dans dix ans. C’est grâce à la Chine qu’on sortira de cette crise, alors soyez gentils vis-à-vis de la Chine, il ne faut pas la critiquer : c’est l’avenir du monde. »

Je ne craignais donc pas à l’époque d’émettre de nouvelles prophéties.

Nous sommes dix ans plus tard, même onze, et vous avez peut-être vu ça, il y a dix jours exactement, se tenait un colloque intitulé “Crises et nouveaux prophètes”.
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Domination par une élite économique : Pour illustrer ma vidéo d’hier

J’ai dit un certain nombre de choses dans ma vidéo d’hier à propos de notre système politico-économique et de la crise des subprimes, et ceci m’a fait repenser à un billet intitulé “La crise des subprimes pouvait être évitée” publié ici le 10 mai 2008, c’est-à-dire, notez le bien, plus de quatre mois avant ce que le public appellerait lui “la crise des subprimes”, à savoir l’effondrement de la mi-septembre.

Je reprenais hier pour désigner notre système politico-économique, “domination par une élite économique“, l’expression utilisée par Martin Gilens and Benjamin I. Page dans leur fameux article de 2014 intitulé “Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens” (auquel j’avais consacré en 2016 le chapitre intitulé “Nos voix ont cessé d’être entendues” dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière). Je vous rappelle qu’au moment de débuter leur étude, les deux chercheurs avaient retenu quatre hypothèses à tester comme caractérisant le mieux notre système économico-politique : démocratie électorale majoritaire, domination par une élite économique, pluralisme majoritaire et pluralisme biaisé.

Dans ma vidéo d’hier, je partais de la thèse de Johann Chapoutot d’un lien entre théorie du management et nazisme, j’évoquais ensuite un colloque à venir au début du mois de décembre où je suis invité en tant que “prophète” ayant annoncé la crise des subprimes, m’interrogeant sur le terme, et je terminais en évoquant une émission que je suis en train de préparer avec  Hervé Brusini à propos de la crise de 2008.

Ma conclusion en gros hier était que nous vivons bien dans un système de domination par une élite économique – avec une alternance à venir, comme en Allemagne et aux États-Unis, entre  gouvernements libéraux et populistes de droite – où la domination est exercée en arrière-plan contre vents et marées et de manière constante, par des syndicats patronaux.

Dans le billet ci-dessous, datant donc de mai 2008, vous verrez que le syndicat patronal responsable de la crise des subprimes s’appelle Mortgage Bankers Association. Je notais il y a quelques jours – c’était dans une autre vidéo je crois – que quand on m’interrogeait à l’époque, en me demandant : “Qui est responsable de la crise des subprimes ?”, et que je répondais “La Mortgage Bankers Association !”, la personne concluait invariablement l’entretien en disant : “Donc on ne sait pas qui est responsable de la crise des subprimes”. Quand je rappelais cela l’autre jour, je le mentionnais comme une simple curiosité, or, à y bien réfléchir, la raison pour laquelle on m’appelait “prophète” plutôt qu’« expert” ou “complotiste”, elle était bien là :

Vous connaissez manifestement trop bien le dossier pour que j’ose vous qualifier de “complotiste”, mais comme je suis quand même obligé de tenter de vous décrédibiliser vu le caractère sulfureux de votre affirmation, je vous appellerai “prophète”.

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Allocution ce soir du Président de la République française

J’ai déjà dû raconter cela à l’époque. Dans les années qui précédèrent la crise des subprimes, un économiste faisant partie de l’équipe d’Alan Greenspan à la Federal Reserve, la banque centrale américaine, s’était rendu célèbre en expliquant qu’il n’y avait pas de bulle immobilière, que les bulles financières d’ailleurs n’existaient pas, et que rien donc n’aurait pu aller mieux.

Quelques années plus tard, au sortir immédiat de la crise, je suis invité à un événement et on me dit pour me convaincre d’y participer : “Vous verrez, nous aurons un invité de marque, un keynote speaker prestigieux !”, et quand je m’enquiers du nom, vous l’avez deviné, il s’agit de nul autre que cet économiste dont la réputation aurait dû être à terre, à ramasser à la petite cuiller.

Quelqu’un dira : “Oh ! Monsieur Jorion, tout le monde aura compris pourquoi vous rappelez cette histoire : c’est parce que cela vous chagrine qu’on ne vous écoute pas davantage !” Eh bien oui, parfaitement, je l’admets : cela me chagrine qu’on ne m’écoute pas davantage, le monde ne s’en porterait-il pas tellement mieux ?

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La presse : “Axel Miller, ancien PdG de Dexia devient chef de cabinet du MR”

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La nouvelle m’a envahi de nostalgie. J’ai voulu me replonger dans l’atmosphère de cette époque où la population (toujours mal avisée) exprimait une amertume (très déplacée) envers certains banquiers prétendument “responsables” de la crise financière.

Voici ce que j’écrivais par exemple ici, le 26 février 2012, à propos de Dexia  :

À part quelques errements dus à l’hubris personnelle, ces dirigeants ont mené Dexia à sa perte retentissante avec l’aval de tous ceux autour d’eux dont l’avis pouvait compter. Disons-le autrement : le Titanic a sombré dans l’enthousiasme général, non seulement de la classe financière mais aussi de la classe politique dans son ensemble ! Ce qui s’est passé, c’est en effet exactement ce qu’ils voulaient : privatisation à tout crin, dérégulation à toute pompe, pour faire place à une autorégulation dont on a découvert au grand regret de tout le monde qu’elle était morte à un moment difficile à préciser entre l’époque d’Adam Smith et la nôtre, sans qu’on s’en soit malheureusement aperçu en temps utile.

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Namur, Conférences du Samedi, Vers un nouveau monde – Questions de la salle, le 23 mars 2019

Ouvert aux commentaires.

Sylvain Laurens, Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015

François Quesnay, Tableau économique de la France, 1759

La vidéo de mon exposé – avant les questions de la salle – se trouve ici.

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Trends-Tendances, Amnésie ou bon calcul ? le 30 mai 2019

Amnésie ou bon calcul ?

« Des titres complexes jugés coupables lors de la crise sont de retour », « La popularité des prêts ‘intérêts-seuls’ alimente la crainte de défaillances en hausse », « Les banques prêteuses semblent condamnées à refaire les erreurs du passé ». Voilà les titres de trois articles récents du Wall Street Journal et du Financial Times.

Et tous de s’interroger : capacité stupéfiante des hommes à l’oubli ? Incapacité à tirer les leçons du passé ? Inébranlable stupidité de nos semblables ? 

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Espace Éthique/Île-de-France, Prédire les crises financières, demain lundi 4 mars à 18h30

À partir de mon expérience d’avoir prédit la crise des subprimes (2004-05), et de chercheur en Intelligence Artificielle (1987-90), je tenterai de définir les principes d’une IA qui prédirait les crises financières qui ne soient pas de simples phénomènes de bulles (pour celles-là, voir les travaux de Didier Sornette).

Pour s’inscrire.

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Bonsoir à tous.

Vous êtes nombreux ce soir à vouloir savoir comment se débarrasser du capitalisme. Nous remercions M. Paul Jorion d’avoir accepté l’invitation de l’association Aussitôt Dit, et M. Gérard Dubouchet de bien vouloir animer cette rencontre. Nous vous rappelons que ces conférences de l’hôtel de ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber ainsi que La Rotonde École des mines, avec le soutien de la ville de Saint-Étienne et du département de la Loire.

GD : Bonjour à tous. Nous avons le plaisir d’accueillir Paul Jorion. Je serai donc relativement court pour ne pas empiéter sur le temps de Paul Jorion, sa présence qui est, quand même, relativement rare. Continuer la lecture de Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

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Déjà-vu, le 19 janvier 2019 – Retranscription

Retranscription de Déjà vu !, le 19 Janvier 2019. Merci à Eric Muller!

Bonjour, nous sommes au soir du samedi 19 janvier 2019, et cette vidéo-ci est très inhabituelle par rapport à celles que je fais d’habitude. J’en connais le titre, qui est « Déjà-vu », et je ne sais rien d’autre. Je ne sais pas ce que je vais vous dire, je ne sais pas si je vais vous montrer cela – si vous le voyez, bien entendu, c’est que j’aurais pris la décision de le faire, sinon vous n’en saurez jamais rien.

Pourquoi la faire ? Eh bien, c’est à partir justement de ce « déjà vu », c’est à partir de ce sentiment. Je voudrais essayer de, voilà, pour m’éclairer moi-même, je voudrais parler de ce sentiment de « déjà-vu ». Sur quoi porte-t-il ? Il porte sur le fait que je suis (depuis septembre 2015 si j’ai bon souvenir) je vous parle de manière constante (enfin, pas tous les jours, mais de manière constante) à chaque fois que j’ai quelque chose à dire sur le sujet, je vous parle de cette “affaire Trump” aux États-Unis, le fait que Donald Trump a été élu président aux élections de 2016.

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