Archives par mot-clé : Edgar Morin

Écologiser l’homme… Vaste programme ou question d’éthique ? par Jean François Le Bitoux

Billet invité.

Écologiser culture et civilisation est devenu en quelques années un leitmotiv qui, on l’espère, n’est pas qu’une question de mode. Le retour à la terre, à la slow-food et à quelques Amap représentent une minorité d’actions qui participent bien entendu à un « effet colibri », mais, soyons sérieux : « Tout reste à faire ». Par où commencer ?

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XIII) – La nécessité de l’invention, par Francis Arness

Billet invité.

Notre situation n’a pas d’antécédent dans l’histoire de l’humanité. Celle-ci n’a jamais connu une telle crise écologique planétaire, ni une telle globalisation des problèmes, et par là même un risque d’effondrement généralisé, et même de disparition de l’espèce. C’est cette nouveauté radicale de notre situation qui explique aussi le temps que demande l’invention de nouvelles réflexions et de nouvelles pratiques permettant de faire face à cette nouvelle situation. Nous devons inventer, nous inventer – individuellement et collectivement – dans nos réflexions, nos pratiques et nos manières de vivre.

Ce mouvement collectif d’invention a bien lieu, même s’il est difficilement accessible au citoyen qui s’informe auprès des médias les plus courants qui ne parlent que peu de cela. Comme le rappelle François Leclerc [*], la société est entrée dans une phase d’innovation intense. De nouvelles logiques économiques sont élaborées (collaborative, circulaire, contributive…) afin de répondre à la crise. Des pratiques nouvelles apparaissent ainsi : mutualisation de moyens, prêts, échanges, recyclages, circuits courts de distribution, ateliers de production 3D, élargissement de la sphère des rapports non marchands sur Internet. La vie associative et les réseaux sociaux répondent au besoin de recréer un lien social. Un mouvement profond parcourt la société, esquissant les nouveaux paradigmes qui succéderont à la société néolibérale. En parallèle, de nouvelles réflexions surgissent dans tous les domaines (énergie et environnement, urbanisme et éducation, santé et fiscalité, ou encore chômage, retraites et partage du travail en général) pour faire face aux nouveaux problèmes qui se posent, s’appuyant sur les expériences et les connaissances développées au sein de la société civile. Tout ceci va dans le sens de la création d’un mode de vie plus sobre, qui tranche avec la frénésie consumériste et productiviste qui empêche bien des gens d’avoir le temps de se parler et de réfléchir. Notre tâche politique est de rendre visible ce vaste mouvement d’invention, pour en informer la population et les classes dirigeantes et responsables, et de le faire pénétrer dans le monde politique puis dans les structures de gouvernement.

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CHRONIQUE D’UN ÉTÉ (1961)

J’ai écrit une phrase du nouveau livre que je suis en train d’écrire. Cinq minutes plus tard, je l’examinais encore, m’interrogeant sur ce qu’elle pouvait bien vouloir dire. Alors, j’ai décidé de regarder un film.

C’est un des petits luxes que l’on peut se permettre quand on a la grippe : regarder un film en plein jour, sans que vous taraude le sentiment qu’il y a quelque chose d’autre à faire, de beaucoup plus important.

Le film que j’ai regardé m’était arrivé ce matin au courrier : la réédition de « Chronique d’un été » de Jean Rouch et Edgar Morin, Prix de la critique internationale à Cannes en 1961.

Je ne l’ai pas vu au moment où il est sorti, mais je dirais, au pifomètre, cinq ans plus tard. Tout va vite : à l’époque où je le vois, vers 1966, ce qui se passe « loin » et « ailleurs », c’est la guerre du Vietnam, alors que durant l’été 1960, pendant lequel le film est tourné, le « loin » et « ailleurs », pour les protagonistes, c’est l’Algérie et sa guerre d’indépendance, c’est le torpillage de l’indépendance du Congo ex-belge par les milieux d’affaires occidentaux qui n’ont pas l’intention de laisser s’échapper, comme ça, les mines du Katanga.

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« Caminante no hay camino, se hace el camino al andar », par Franck Janura

Billet invité

Le 14 septembre prochain, Edgar Morin et Stéphane Hessel publieront ensemble « les chemins de l’espérance ». Après « indignez-vous ! » véritable  bible des indignés à travers l’Europe c’est donc avec Edgar Morin, lui aussi figure emblématique de la résistance française que Stéphane Hessel a choisi de prolonger son message.

Relisant récemment Edgar Morin et observant les récentes évolutions (ou non-évolutions) de la crise de la zone Euro mais également, outre manche, les secousses sociales (en attendant les répliques) il m’est venue l’idée de revisiter les cinq principes d’espérances du philosophe et sociologue qui figurent en conclusion de son dernier ouvrage « la Voie ».

Le premier principe d’espérance qu’Edgar Morin évoque est : le surgissement de l’inattendu et l’apparition de l’improbable.

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SURVIE DU MONDE OCCIDENTAL, par Nodilor

Billet invité

1/ La France est en faillite avérée. Il est définitivement impossible de rembourser notre dette. Pour la rembourser, il faudrait par exemple 33 années en excédent budgétaire de +3 %. Les schémas les plus optimistes prévoient un retour à un déficit de –3 % au mieux en 2014 en supposant une croissance de 2,5 % que nous n’aurons probablement jamais faute d’argent pour investir en masse et que les taux d’intérêt resteront au niveau actuel ce qui n’est déjà plus vrai avec l’inflation spéculative actuelle et la hausse des taux de la BCE récente.

La dette est aujourd’hui de 1600 milliards d’€ et va s’alourdir de 400 milliards d’€ dans les 5 ans à venir ce qui générera un service de la dette qui dépassera les 60 milliards d’€ au taux de 3 %, de 80 milliards d’€ au taux de 4 % qui est plus probable pour la France.

Cette situation existait déjà en 2002 comme en 2007. Mais les actions lénifiantes de Chirac et catastrophiques de Sarkozy ont amplifié le risque. Les programmes annoncés par tous les candidats actuels ne traitent ni de la dette (le versement de 25 milliards d’€ par an pour rembourser la dette est une rigolade), ni du chômage (les 300.000 emplois jeunes ne sont pas à la hauteur des enjeux).

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LA MEMOIRE DE L’AVENIR, par Crapaud Rouge

Billet invité

Dans une récente interview à Rue89, Edgar Morin explique : « Aujourd’hui, quel est le nouvel improbable ? La vitalité de ce que l’on appelle la société civile, une créativité porteuse d’avenir. En France, l’économie sociale et solidaire prend un nouvel essor, l’agriculture biologique et fermière, des solutions écologiques, des métiers de solidarité… Ce matin, j’ai reçu un document par e-mail sur l’agriculture urbaine. Au Brésil, où je vais souvent, des initiatives formidables transforment actuellement un bidonville voué à la délinquance et à la misère en organisation salvatrice pour les jeunes. Beaucoup de choses se créent. Le monde grouille d’initiatives de vouloir vivre. Faisons en sorte que ces initiatives se connaissent et se croisent ! » Il aurait pu citer quantité d’autres exemples, comme celui des persécutés de Tarnac ou de ces immigrés dans le conte de Noël du Yéti, dont je vous recommande une lecture attentive pour qu’il ne reste pas un cas isolé et oublié mais, tout au contraire, relié dans vos mémoires à beaucoup d’autres qui procèdent des mêmes principes. Avant que toutes « ces initiatives se reconnaissent et se croisent » sur le terrain, il faut qu’elles se rejoignent dans les consciences.

Pour accomplir leur dessein, les pionniers du capitalisme ont suivi une stratégie volontaire. Mon billet précédent suggère qu’ils se sont constitués d’emblée sur quatre plans distincts mais reliés : spirituel, avec la bible comme source d’inspiration et de motivation d’une nouvelle manière de vivre ; individualiste, par l’investissement de soi et l’initiative récompensés par la richesse ; opérationnel, par une nouvelle conception du travail et de l’économie ; collectif, par la diffusion et la pratique d’une nouvelle religion. Il n’en fallait pas moins pour venir à bout des vieilles traditions qui donnaient sa cohérence à la société civile de l’époque. Celle-ci a perdu parce que, ayant pris et conservé l’initiative, les capitalistes proposent à chacun, pris individuellement, des coups qui semblent gagnant-gagnant, (comme il arrive aux échecs d’échanger un pion contre un autre), mais dont ils ressortent les seuls gagnants à long terme. C’est évidemment le cas avec les emplois qu’ils imposent, des emplois qui sont, rappelons-le, des « postes de travail » conçus par eux, donc à leur avantage, et que l’on est contraint d’accepter faute de mieux. Mais quand on examine de plus près ce qu’ils ont dans le ventre, ces emplois, il y a de quoi être consterné, car certains sont si inhumains, en particulier le travail d’enfants réduits en esclavage, ou le travail à la chaîne, (dont les principes valent désormais dans des métiers où on les croyait inapplicables), que c’est comme si l’on demandait à des brebis d’allaiter des louveteaux.

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