LA MEMOIRE DE L’AVENIR, par Crapaud Rouge

Billet invité

Dans une récente interview à Rue89, Edgar Morin explique : « Aujourd’hui, quel est le nouvel improbable ? La vitalité de ce que l’on appelle la société civile, une créativité porteuse d’avenir. En France, l’économie sociale et solidaire prend un nouvel essor, l’agriculture biologique et fermière, des solutions écologiques, des métiers de solidarité… Ce matin, j’ai reçu un document par e-mail sur l’agriculture urbaine. Au Brésil, où je vais souvent, des initiatives formidables transforment actuellement un bidonville voué à la délinquance et à la misère en organisation salvatrice pour les jeunes. Beaucoup de choses se créent. Le monde grouille d’initiatives de vouloir vivre. Faisons en sorte que ces initiatives se connaissent et se croisent ! » Il aurait pu citer quantité d’autres exemples, comme celui des persécutés de Tarnac ou de ces immigrés dans le conte de Noël du Yéti, dont je vous recommande une lecture attentive pour qu’il ne reste pas un cas isolé et oublié mais, tout au contraire, relié dans vos mémoires à beaucoup d’autres qui procèdent des mêmes principes. Avant que toutes « ces initiatives se reconnaissent et se croisent » sur le terrain, il faut qu’elles se rejoignent dans les consciences.

Pour accomplir leur dessein, les pionniers du capitalisme ont suivi une stratégie volontaire. Mon billet précédent suggère qu’ils se sont constitués d’emblée sur quatre plans distincts mais reliés : spirituel, avec la bible comme source d’inspiration et de motivation d’une nouvelle manière de vivre ; individualiste, par l’investissement de soi et l’initiative récompensés par la richesse ; opérationnel, par une nouvelle conception du travail et de l’économie ; collectif, par la diffusion et la pratique d’une nouvelle religion. Il n’en fallait pas moins pour venir à bout des vieilles traditions qui donnaient sa cohérence à la société civile de l’époque. Celle-ci a perdu parce que, ayant pris et conservé l’initiative, les capitalistes proposent à chacun, pris individuellement, des coups qui semblent gagnant-gagnant, (comme il arrive aux échecs d’échanger un pion contre un autre), mais dont ils ressortent les seuls gagnants à long terme. C’est évidemment le cas avec les emplois qu’ils imposent, des emplois qui sont, rappelons-le, des « postes de travail » conçus par eux, donc à leur avantage, et que l’on est contraint d’accepter faute de mieux. Mais quand on examine de plus près ce qu’ils ont dans le ventre, ces emplois, il y a de quoi être consterné, car certains sont si inhumains, en particulier le travail d’enfants réduits en esclavage, ou le travail à la chaîne, (dont les principes valent désormais dans des métiers où on les croyait inapplicables), que c’est comme si l’on demandait à des brebis d’allaiter des louveteaux.

La stratégie capitaliste produit un progrès fulgurant, rationnel à court terme pour ceux qui en bénéficient, mais absurde quand on songe que l’humanité a l’éternité devant elle pour inventer tout ce qu’elle veut. Je me rappelle encore la fin des années 90 où les médias retentissaient du même bruit : « Aller sur Internet » ! L’humanité avait jusqu’alors vécu et survécu des centaines de milliers d’années sans le réseau des réseaux, mais « y aller » vous avait un air de vie ou de mort ! Dans les années 60, quand l’an 2000 semblait encore loin, le progrès avait une autre allure : il faisait encore rêver, l’on se demandait par exemple si un ordinateur parviendrait à battre un joueur aux échecs. Désormais le progrès effraie, il tient davantage du rouleur compresseur qui pousse devant lui les milliards d’êtres humains dont il n’a que faire. C’est tout cela qu’il faut changer bien sûr, et imaginer le progrès sur des bases non plus techniques mais culturelles, donc collectives. Et pour espérer qu’une nouvelle culture prenne le dessus sur celle du capitalisme, au lieu de se contenter, comme aujourd’hui, de poches de résistance, il faut une stratégie pour relier les initiatives à tous les niveaux.

Dans nos sociétés éperdues de progrès, « faire comme les ancêtres » est un précepte ringard et ennuyeux, fortement connoté de religion et de passéisme, péjoratif pour le « repli sur soi » qu’il laisse entendre, inquiétant pour son racisme latent, déconsidéré pour ses références nostalgiques, et impie eu égard aux changements que notre époque exige. Coup de pied de l’âne : il est de toute façon impossible de vivre comme ses ancêtres, même les plus proches. Cette stratégie, (car c’en est une), a tout pour se faire détester et pourtant, quand un aborigène d’Australie parle devant une caméra, il n’a que ce mot à la bouche : « faire comme les ancêtres » ! Ce n’est pas un poids qui entrave sa liberté, c’est son but ! Comment expliquez-vous ça ? Comment expliquer qu’une poignée de ces survivants, mais parmi les plus conscients de leur culture, soient si soucieux de la faire connaître au monde ? Parce qu’ils tiennent de leurs ancêtres, en fait de leur mémoire, cette vérité profonde : le monde est né au « temps du rêve », (l’antithèse du cauchemar où sa mythologie a conduit l’Europe), ce qui signifie que la vie est douce, qu’il n’y a donc pas lieu de la changer. Impossible de les imiter bien sûr, mais il faut retenir l’élément-clef de la leçon : non pas les ancêtres, disparus depuis des millénaires, mais la mémoire qui, reliant le passé, le présent et l’avenir, établit des corrélations et confère sa cohérence à une stratégie, cette dernière étant d’autant plus forte que les premières sont nombreuses et étendues dans le temps et l’espace.

Les pionniers du capitalisme tiraient leur cohérence de leur référence à la bible, où ils puisaient ce qui renforçait leurs convictions. Aujourd’hui, on fait la même chose avec Internet, la stratégie est donc déjà engagée. La première étape, c’est simplement d’y croire car, ce faisant, l’on se corrèle avec ceux et celles qui y croient aussi. Le reste se fait tout seul. Disons que le but pourrait être celui-ci, (belle citation de Jean-Luce Morlie) :

« Le souci de Nietzche visait le remplacement de « l’humilité vengeresse » par une intelligence qui s’assure de nouveaux motifs thymotiques. On le comprend : on ne peut y parvenir sans une culture ouverte de l’ambition. Celle-ci devrait être post-monothéiste en ce qu’elle brise radicalement les fictions de la métaphysique de la vengeance et de ses reflets politiques. Ce que l’on s’efforce d’obtenir, c’est une méritocratie qui au niveau intraculturel et transculturel, crée l’équilibre entre une morale antiautoritaire et détendue, une conscience affirmée des normes et un respect pour les droits inaliénables de la personne. L’aventure de la morale s’accomplit par le parallélogramme des forces élitaires et égalitaires. Ce cadre est le seul dans lequel on puisse penser un changement de centre de gravité remplaçant les pulsions de l’appropriation par les vertus de la prodigalité. »

Il y a énormément de buts à atteindre, comme le remplacement de notre économie concentrationnaire par son antithèse dispersive, selon le circuit de l’argent dans le susdit conte de Noël. Mais au fait, pourquoi manger ensemble serait-il réservé aux pauvres et à la fête de la bière ? Il n’est pas interdit d’imaginer qu’un jour on ira tous, mais avec plaisir, manger à la soupe populaire !

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110 réflexions sur « LA MEMOIRE DE L’AVENIR, par Crapaud Rouge »

  1. je suis le premier et si je dis une bêtise qu’on me jette la 5èm bière.
    merci..
    Voici sortis de son contexte mais tellement vrais…

    le monde est né au « temps du rêve », (l’antithèse du cauchemar où sa mythologie a conduit l’Europe), ce qui signifie que la vie est douce, qu’il n’y a donc pas lieu de la changer

    elle est gratuite et généreuse(la vie) que nous partageons, et aussi nous pouvons la donner, et malheureusement l’anéantir..
    C’est le rêve que la mort éveille .
    Il ne manque RIEN sauf que 5% en profitent. lamentablement.
    Une majorité de gents ne rêvent jamais.
    Merci danseuse rouge

  2. Excellent Crapaud Rouge, qui sort de la résignation pour nous engager à l’action. Tout ne serait-il pas perdu ?

    1. –° Nemo3637
      Tout ne serait-il pas perdu ?

      il reste le RÊVE,pas pour longtemps mais comme ils coupent les raccourcis ..

    2. « Crapaud Rouge, qui sort de la résignation » : oui, tout à fait, mais il me fallait cette idée de « stratégie » pour croire que ce que l’on fait, chacun avec ses moyens, n’est pas vain. Avant, je me disais toujours… à quoi bon ?

      Ca me fait penser à un proverbe, cité cet après-midi même par une humoriste fort rigolote avec son fort accent du midi : ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on n’ose pas, c’est parce qu’on n’ose pas que c’est difficile.

    3. En hommage à l’ami Crapaud, et pour pomper derrière Piotr, voici un proverbe Shadoks :

      « Il vaut mieux pomper, même s’il ne se passe rien,
      que de risquer qu’il se passe quelque chose en ne pompant pas. »

  3. Pas mieux que Pipas: La méritocratie ouvre la porte d’une hiérarchisation des individus. C’est entre autres ce que dénonce Franck Lepage dans son spectacle sur l’éducation en parlant notamment des « inégalités désormais fondées sur les savoirs ».

    Par ailleurs l’idéologie du mérite n’est elle-même pas étrangère à la religion: « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », et autres fariboles qui tendent à faire croire que le droit à la vie se mérite. C’est une conditionnalité à la fois extravagante et obscène. Prise au pied de la lettre, elle atteint immédiatement ses limites dans le paradoxe suivant: Un nouveau-né est par nature incapable de faire la preuve de son mérite. Faut-il alors en conclure qu’aucun nouveau-né n’ait le droit de vivre?

    1. nouveau-né, peut-être pas encore, mais les jeunes parents commencent, après matraquage ad hoc, à se préoccuper de la meilleure « maternelle supérieure » …
      Bref, ya du boulot !

      des amis, ayant vécu un temps en Corée du Sud, m’ont dit que de jeunes enfants de 7-8 ans, se suicidaient parfois quand mauvaise note, tant la pression « sociale »est forte : c’était le cas, il y a déjà une 20 aine d’années, ou plus, au Japon …

      enfant = objet devant réussir pour « faire plaisir » à ses parents, et combler les manques des dit-parents, et leur désir de compétition ?
      ou bien, enfant = sujet, ayant le goût d’apprendre, pour le goût d’apprendre, et de développer un esprit critique, et des compétences à échanger avec d’autres ensuite ? : ce serait un beau projet que celui-là !

    2. le mérite à hauteur de sa mémoire, Dissonnance.

      Pour être-humain, il faut être tissé de rétentions qui deviennent des protentions.

      Il y a un bien un facteur temps là dedans. Les protentions du nouveau-né sont d’abord vitales…

      Sinon, sur ce titre « mémoire de l’avenir », il n’est pas sans rappeler l’expo à Beaubourg (Centre G Pompidou) « MEMOIRES DU FUTUR » en 1987, imaginée par un certain Bernard Stiegler…

      …Le même qui écrit aujourd’hui sur le soin entre les générations…
      (et dont le passage en prison de 1978 à 1983 lui a donné l’occasion de méditer sur ladite mémoire)

    3. @Dissonnance : « le droit à la vie se mérite. C’est une conditionnalité à la fois extravagante et obscène. » : tout à fait d’accord ! Ce droit conditionnel me fait penser aux gladiateurs romains qui n’avaient droit, en fait, qu’à un sursis.

    4. L’idéologie du mérite nous corrompt: partout, notre rang est incompatible avec notre liberté.
      Le pire, c’est que cette ineptie méritoire justifie la hiérarchie aussi bien que le principe de Peter.

    5. @ Dissonance

      Un nouveau-né est par nature incapable de faire la preuve de son mérite. Faut-il alors en conclure qu’aucun nouveau-né n’ait le droit de vivre?

      Attention, plancher glissant ! Vous allez irriter les anti-avortement .

  4. Sympathique article, merci.
    Pour les aborigènes, je pense que s’ils veulent faire comme les ancêtres c’est surtout parce qu’ils ont un choix à faire entre tradition et modernisme, et qu’ils n’aiment pas la société dans laquelle on cherche à les attirer. Leur tradition leur dit qu’ils font partie de la terre et que rien ne doit changer, alors que le blanc chamboule tout et qu’ils n’y peuvent rien.
    Le fait est que l’inactivité forcée par les barrières posées par les éleveurs les tuent plus sûrement que l’alcool qu’on leur paye pour qu’ils se tiennent tranquille…

    Il y a pourtant en effet des réactions constructives, locales en europe, nationale et même continentale, en amérique du sud notamment : les « indiens », après des siècles d’oppression occidentale, veulent revenir à leurs valeurs et dans leur culture traditionnelle, ce qui exclut le capitalisme et l’exploitation. L’exception cubaine pourrait se généraliser.
    Il est déjà écrit que le mode de vie occidental et spécialement nord-américain sera rejeté par les puissances émergentes faute de moyens, l’asiatique constituée autour de la chine, japon et corée inclut, la sud-américaine, « l’arabe » constituée de l’ancien empire ottoman, et espérons-le, un bloc européen, ou russo-européen, regardant s’effondrer lentement le bloc nord-américain.
    De toutes façons, à moyen terme, le coût de l’énergie empêchera toute exploitation capitaliste du fait d’une centralisation devenue impossible. Il faudra produire le nécessaire sur place.

    Ce n’est pas pour tout de suite, ce qui est pour tout de suite c’est une décroissance que l’on sent déjà depuis quelques années. Les gens commencent à s’organiser pour conserver autant que faire se peut leur niveau de vie en mettant en place des systèmes locaux d’entraide.
    C’est ce qu’il faut favoriser puisque les classes moyennes laminées ne reviendront plus (chez nous).

    1. Ce que Crapaud Rouge nous fait entrevoir c’est en réalité l’absence de choix pour une grande majorité qui dans le cadre de la société ne décide en réalité de rien.
      On arrive parfois cependant, dans des moments de rupture, à une conscience où seule la lutte pourrait conjurer une mort annoncée.
      Il est vrai que plus on se sent nantis moins est ressenti le talon de fer.
      Ce n’est pas tellement par jeu intellectuel, désir d’échanger des pensées, d’affirmer une idéologie qui font que l’on s’organise en réseaux ici ou ailleurs. C’est ressenti comme une solution rationnelle, démocratique, une issue absolument nécessaire et indiscutable, et ce en dehors du jeu politicien traditionnel.
      C’est une praxis ô combien nécessaire qui est affirmé: à la fois une action et une pensée. L’un ne va pas sans l’autre. C’est peut-être ce lien avec le quotidien , les vrais besoins, qui manque à nombre de nos brillants penseurs.
      Mon charcutier – je suis plutôt végétarien mais j’ai une fille tendance carnivore ! – est un homme brillant, un spécialiste de la saucisse, qui vous explique et vous démonte la fabrication des chipolatas des supermarchés de telle sorte que vous n’avez plus du tout envie d’y aller pour acheter de la barbaque. Par contre vous branchez notre homme de lard …euh de l’art sur la culture du chou – que je maîtrise assez bien – là il reste coi.
      Vous voyez où je veux en venir…
      On peut ainsi être un brillant analyste économique et être un mauvais historien. Oublier ou ne pas s’intéresser à des période de l’histoire sociale par exemple où des questions débattues aujourd’hui l’ont déjà été alors…
      Et Paul Jorion me traite donc un peu facilement d' »anarcho-capitaliste » encore que je voie assez bien ce qu’il entend par là. Vision personnelle incomplète par ignorance de certains faits, de ma vie et de ma condition par exemple.
      Je disgresse…je disgresse….

  5. L’idéologie du mérite conduit au culte du surhomme.Une forme d’eugénisme mental. Car faire croire que les clés du succès, et de la réussite dépendent de nos ressources intérieures, c’est quelque part occulter les véritables problèmes, les injustices et les abus de nos systèmes productivistes.. De fait, une nouvelle activité marchande a vu le jour depuis quelques années. Toute une équipe de coachs, une armada de conférenciers spécialistes des techniques de développement personnel et autres gourous en tout genre chargés de faire surgir les forces vives enfouies en nous qui nous conduiront vers la voie du succès, l’ amour, la gloire ou la beauté, peut être même les trois ensemble. Il parait qu’il suffirait d’y croire. Le Père Noël a encore de beaux jours devant lui.
    Voici une démarche qui risque d’évincer les véritables questions les injustices et les contradictions de nos systèmes productivismes. On préfère remettre en question l’homme, pour qu’il s’adapte à son environnement, plutôt que de tenter de faire l’inverse. Et cet environnement ne fait pas de place aux perdants. Donc que le meilleur gagne ! Et vive la méritocratie.

    1. On préfère remettre en question l’homme, pour qu’il s’adapte à son environnement, plutôt que de tenter de faire l’inverse.

      oui, démarches « comportementalistes » dans les entreprises, pour ne surtout pas remettre en question l’organisation du travail capitalistique poussée au maximum… »adapte-toi ! gère ton stress! blablabla…  »
      c’est aussi un bizness juteux pour les intervenants extérieurs à l’entreprise (cabinets de conseil) …mais, parfois, il y a des retournements de situations plutôt rassurants sur un certain degré de probité dans la nature humaine !

    2. @M et baraka

      Sur l’idéologie du mérite nous sommes d’accord, pas de problème là dessus. Néanmoins il existe une interprétation différente de votre formulation, aux antipodes, et pourtant tout à fait proche de vos considérations à mon sens:

      On préfère remettre en question l’homme, pour qu’il s’adapte à son environnement, plutôt que de tenter de faire l’inverse.

      En l’occurrence, réfuter la méritocratie revient comme je le disais plus haut à refuser la hiérarchisation des individus: Ainsi, on tend à remettre en question celui qui se croit « supérieur » à ses collègues de travail: Il s’agit encore de remettre l’homme en question au travers de ses conceptions, telles que celle de la hiérarchie.

      Pour tout vous dire c’est votre emploi du terme « environnement » qui m’a chagriné: Celui dont vous parlez est un artifice humain qui sans être totalement déconnecté de la réalité naturelle (voir l’organisation sociale des loups par exemple) ne le résume toutefois pas complètement.

      Encore heureux d’ailleurs. La concurrence n’est pas la seule méthode évolutionniste connue, ni même nécessairement la meilleure, n’en déplaise aux disciples de Herbert Spencer.

  6. Heureusement comme le dit HP, le phénomène de contraction de l’économie, autour de ces grands trous noirs de méga systèmes industriels et financiers finira bien par exploser, par la force des choses, dans un bing bang salvateur comme une expiration trop longtemps retenue, pour ouvrir le champ à l’économie locale avec une multitudes d’acteurs économiques engagés dans une vision citoyenne. L’écocratie, peut être un nouveau nom à inventer ?

    1. Oui, baraka, ça finira pas exploser, parce que toutes les civilisations sont mortelles. La seule différence, entre la nôtre et celles de l’Antiquité, c’est que nos ruines seront repoussantes de laideur. A moins que, comme cela se fait déjà, des artistes s’en emparent pour en restituer ce qu’elles ont de plus humain.

  7. C’est évidemment le cas avec les emplois qu’ils imposent, des emplois qui sont, rappelons-le, des « postes de travail » conçus par eux, donc à leur avantage, et que l’on est contraint d’accepter faute de mieux. Mais quand on examine de plus près ce qu’ils ont dans le ventre, ces emplois, il y a de quoi être consterné, car certains sont si inhumains, en particulier le travail d’enfants réduits en esclavage, ou le travail à la chaîne, (dont les principes valent désormais dans des métiers où on les croyait inapplicables), que c’est comme si l’on demandait à des brebis d’allaiter des louveteaux.

    « Ils » c’est nous. « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » (Étienne de, DSV). Leur avantage c’est le nôtre : être dirigé. Nous confions notre vie à d’autres histoire de n’avoir pas à y penser, en vendant des crédits par exemple : Ô niçois qui mal y pense !, celui qui ressent cet exemple comme une attaque ciblée dont le but serait de faire du mal n’est lui-même pas encore engagé sur un chemin de la prise de conscience.

    Faut être con tout de même pour travailler à la chaîne ! C’est tout comme s’appliquer à huiler ses propres chaînes en marmonnant un appel à la mort des salauds qui nous les ont mises. Mais comme l’autre c’est nous, quelque part, c’est bien un appel à notre propre mort que nous formulons. Faute de mieux, faute d’avoir pris conscience que le chemin c’est la route et que le but de l’autre, dans le fond, on s’en fout un peu. Faute d’avoir pris conscience le temps fait peur.

    Bonne journée

    PS : pardon : merci pour le billet !

    1. Fab, vous savez bien que je ne suis pas d’accord avec les idées du type : « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. qui laissent accroire que « nous », les « peuples », etc. se mettent à genoux de bonne grâce, de bon cœur, qu’ils en redemandent, etc. etc. La réalité est quand même un tantinet plus compliquée, vous ne croyez pas ?

      Il y a un principe terrible que j’ai expérimenté dans mon enfance : si, de deux adversaires, aucun ne veut céder, (sur ses principes et/ou pouvoirs et/ou privilèges et/ou tout ce que vous voulez), alors le conflit ne peut que se terminer par la mort de l’un ou (exclusif) de l’autre. Si donc « nous », « les peuples » etc. cédons, (si facilement semble-t-il à tort), aux tyrans, c’est peut-être bien que nous avons une bonne raison de le faire : ne pas s’engager dans une lutte à mort, parce que : 1) on veut vivre ; 2) on a mieux à faire que de se battre comme des crétins contre un adversaire qui ne pourrait que se révéler plus crétin encore. Il y a donc de l’intelligence dans cette « servitude volontaire »…

    2. Crapaud Rouge,

      À lire vos commentaires depuis un petit moment maintenant, je pense que nous avons les mêmes aspirations pour une autre société. Vérifions.

      Je pense que la démocratie est synonyme de prise de conscience : ce ne peut qu’être une société auto-éclairée dont les membres cherchent tous et constamment la paix, la démocratie. Paul Jorion (vous également, mais dites-moi si je me trompe) pense qu’il faut mettre en place les structures – économique, politique, etc.- pour qu’un changement s’opère au sein de la société, pour le dire vite : que les gens finissent par accepter, contrainte oblige, la nécessité d’une société pacifiée… je ne suis pas d’accord sur ce point, vous l’aurez remarqué. J’ai exposé à plusieurs reprises les raisons de ce désaccord, aussi pour cette fois je me contente des preuves historiques de la non-efficacité de votre méthode.

      Il me semble donc primordial et plus efficace de propager la prise de conscience, cette prise de conscience qui de tout temps a existé, mais qui ne s’est jamais propagée à l’ensemble de nos sociétés. Les possibilités d’échange entre les hommes et femmes de (presque) tous les pays sont aujourd’hui a un stade tellement avancé – l’espace de voisinage– qu’il serait dommage de ne pas en profiter, vous ne croyez pas ? Mieux, ce serait la télépathie, c’est dire !

      Les tyrans sont des hommes comme les autres avant tout. Ils ont été enfant, c’est un signe qui ne trompe pas. S’ils ont pu se frayer un chemin jusqu’à la peur position tyrannique c’est qu’il y avait la place. Et il en va de même pour toute l’équipe hiérarchique, mécanisme que décrit merveilleusement bien (je vous taquine) Étienne de. Cette place c’est notre servitude volontaire. Voyez-vous la subtilité : ce n’est pas le tyran qui impose sa servitude, mais notre servitude qui lui permet de s’imposer. Et j’ai décrit plus d’une fois les causes de cette servitude volontaire, que je résume ainsi : la peur d’affronter sa vie, la peur d’être le découvreur, l’éclaireur, de sa propre vie. C’est cette peur existentielle qui nous (a) fait nous réfugier derrière le groupe : nous avons constitué le groupe sur cette peur. Nous avons même poussé l’hypocrisie jusqu’à parler de démocratie, comme si nous étions arrivés au bout du chemin ! Parlez-en à Étienne Chouard, vous verrez sa réaction !

      Y’a quelque chose qui cloche

    3. à Crapaud Rouge et à Fab,

      Ne devrions nous pas dire : « Les tyrans ne sont grands que parce qu’ils nous ont mis et maintenu à genoux, par force et duplicité » ?

      Et aussi que le progrès dont on nous parle depuis des siècles s’est révélé être avant tout le progrès de l’aliénation.

    4. @Fab

      Faut être con tout de même pour travailler à la chaîne !

      Comme tout le monde n’est pas maso, j’en conclus que ceux qui se sont retrouvés piégés dans un travail à la chaîne n’avaient pas le choix, ils avaient par exemple des gamins à nourrir en urgence ( c’est parfois une nuisance sonore insupportable, un môme qui a faim) et pas de famille pour les aider financièrement .

    5. Fab, nous sommes d’accord sur le fond bien sûr, mais pas sur la « méthode », la manière d’expliquer. Quand vous dites par exemple « qu’il faut être con pour travailler à la chaîne », vous avancez un argument qui gomme bien des réalités. Autre exemple, terrible, avec la mafia : dans une région dominée par celle-ci, par exemple à Naples, il y a sûrement des tas de gens qui voudraient bien de la démocratie : vous les imaginez se rebeller ? Non, moi non plus, mais je n’en conclue pas qu’ils aiment la mafia.

    6. Mianne, Crapaud Rouge,

      Il y a quelque chose qui cloche

      Ce qui manque, c’est la prise de conscience généralisée. Sinon la majorité continuera de se soumettre à la valeur des autres. Quand une faille apparaît dans notre démocratie, une autre forme de domination – la mafia par exemple- investit la place, mais la soumission demeure.

      « … je me contente des preuves historiques de la non-efficacité de votre méthode. »

      Kant au travail à la chaîne : si c’est pas eux c’est nous alors !

      Serait-ce ça la démocratie ? Serait-ce ça le « bout du chemin » ? Allons allons, je suis sûr que nous pouvons faire mieux qu’un système qui impose de n’avoir pas le choix. Le tout c’est de le vouloir, d’arrêter de croire à la création ex nihilo – ou ex une minorité- de systèmes d’organisation tyranniques.

      Oui, le monde est maso : de la conscience.

      Bonne journée

      PS : cela dit je salue vos efforts qui, comme ceux de PJ et des autres, amènent probablement un nombre certain de lecteurs sur le chemin de la prise de conscience. Mais je reste encore avec mes interrogations

    7. @Fab : « Ce qui manque, c’est la prise de conscience généralisée. » : vous êtes imbattable pour choisir vos arguments de façon à ce qu’on n’y puisse rien, à tout généraliser dans le sens de l’impossible. Comprenez que si tout le monde attend cette « prise de conscience généralisée » qui semble faire si cruellement défaut, alors évidemment, il ne se passera qu’une chose : la confirmation de vos théories sur la passivité/soumission généralisée ! Je ne vous en veux pas, notez-le bien, j’ai été comme ça pendant longtemps.

    8. Fab, j’ai récemment apprécié un de vos commentaires synthétique où vous souligniez le rôle de la peur dans l’acceptation des injustices, y compris depuis fort longtemps instituées. Ce rôle est en effet indéniable, l’exemple tunisien vous a donné aison sur ce point de façon magistrale.

      Mais quand vous dites :
      Ce qui manque, c’est la prise de conscience généralisée. Sinon la majorité continuera de se soumettre à la valeur des autres. de même que vous dites qu’il faut « propager la prise de conscience » ou qu’il s’agit d’une question de « méthode » inappropriée quand les « gens finissent par accepter, contrainte oblige », je reste plus que dubitatif.

      Vous regrettez une mauvaise méthode, mais la votre a le défaut ne n’en être pas vraiment une et surtout d’être tautologique.
      Je vous l’ai déjà dit, « propager la prise de conscience » cela revient à compter sur la bonne volonté, la prise de conscience s’obtenant par la ferme volonté de l’obtenir, cette bonne volonté. En d’autres termes : comment obtenir la prise de conscience généralisée, ? eh bien en prenant conscience de la nécessité d’avoir cette prise de conscience. Je regrette mais cela ressemble beaucoup à la méthode Coué et au cercle vicieux où à l’image du baron de Muchauhsen qui se sort de l’eau et monte dans les airs en tirant sur ses propres cheveux.

      De même, pourquoi voir absolument une contrainte à laquelle le gens se soumettraient, là où il s’agit simplement du résultat d’une lente maturation des idées dans l’esprit des individus et conjointement de la collectivité ? Un résultat dont nous ne pouvons connaître la date et les moyens exacts.

      Votre hantise, c’est, je l’ai bien compris, que des décisions seraient imposées d’en haut, sans que nous n’aurions notre mot à dire. D’où votre option unanimiste qui est d’affirmer qu’il serait d’abord souhaitable et nécessaire d’obtenir l’assentiment de tous avant de décider de quoi que ce soit.
      Le processus démocratique est pourtant sensiblement différent. C’est le désaccord, la mésentente, les inégalités, et ce qui en résulte de rapports de forces et de violences réelles ou symboliques, qui est à l’origine de l’invention de la démocratie. Dans la vie démocratique le consensus n’est que l’aboutissement du processus démocratique après échange, discussion et enfin délibération selon diverses procédures.

      Vous revenez souvent sur l’idée que le but c’est le chemin mais vous refusez aux idées d’avoir leur propre cheminement, comme si la prise de conscience universelle n’avait rien à voir avec le cheminement des idées. Pourquoi accorder la prééminence à la conscience plutôt qu’aux idées ?
      Ni l’une ni les autres sont en concurrence mais bien plutôt se fécondent réciproquement.
      Les idées ne sont pas tout, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer sur le blog, par exemple, les formes de la sensibilité ont aussi leur rôle à jouer dans l’émergence du nouveau monde à naître. C’est le coté positif, le versant éthique, du monde qui viendra, mais un monde ne se construit pas sur une pure positivité. C’est ici qu’interviennent les lois, les contraintes qui doivent valoir pour tous, ces bornes qui balisent le terrain en établissant certains interdits, dont ceux dont il est question sur le blog. Je ne pense pas Paul et quelques autres ici assez naïfs pour penser que les mesures préconisées feront un monde à elles-seules, ni qu’elles s’imposeront sans l’assentiment du commun des mortels. Au fil des billets le sentiment qui prédomine est que ces mesures ne s’appliqueront que lorsque les esprits seront mûrs, donc qu’il y aura eu un nouveau consensus, après que tout aura été essayé en pure perte, puisque de l’avis général, ceux qui nous gouvernent ne veulent rien entendre. C’est pourquoi votre quête de l’assentiment général par prise de conscience générale est une fausse question. La réponse sera donnée d’elle même par le cours des évènements sur lesquels nous aurons d’autant plus de prise que nous aurons semé les germes du renouveau. Et pour cela, nous tous qui voyons ce monde finir, avons tous un rôle à jouer. Vous y compris, bien entendu ! 🙂

    9. (suite)
      Je voudrais ajouter pour résumer mon propos que le consensus, la prise de conscience généralisée n’est pas le contraire du conflit, du débat. Le consensus n’annihile pas le conflit, la mésentente, il ne fait que les solutionner de manière transitoire, dans le meilleur des cas en inventant de nouvelles procédures, institutions, règles du jeu, qui permettent à la vie humaine, à l’aventure humaine, simplement de se poursuivre.
      Selon votre position unanimiste il y a au contraire quelque chose comme l’idée que la prise de conscience générale serait en soi la solution aux maux et situations que rencontre l’humanité, comme si les règles du jeu, les institutions n’avaient aucun rôle régulateur des passions humaines, qu’elle seraient comme un simplement prolongement organique de la prise de conscience.

    10. Crapaud,

      Ravi de vous savoir guéri.

      Pierre-Yves D. (et Crapaud, si vous avez du temps en trop pour vous distraire avec les malades),

      Si vous parlez de « tautologie », de « position unanimiste », c’est parce que vous ne voyez que le but et refusez d’admettre que nous puissions et devrions tous être sur le chemin : c’est notre côté bon samaritain non résolu, notre refus d’accepter l’autre comme un individu en chemin, le considérer figé nous rassure et accessoirement donne un sens à l’expression nos idées. Les « mesures préconisées » sont des chemins de la prise de conscience : prise de conscience économique, écologique, politique, agricole, énergétique, artistique, … sont des chemins.

      « Je » prends conscience de ce qu’est la monnaie, de ce que les paris sur les fluctuations des prix ne correspondent pas à la valeur que « je » mets dans la vie, je prends conscience que la monnaie devrait contenir la part de la valeur que je mets dans la vie.

      « Je » prends conscience que le non respect de l’autre – espèce et nature- de la société à laquelle j’appartiens vient du fait que je n’y pense pas, que je ne m’en préoccupe pas.

      « Je » prends conscience qu’en me désintéressant en me déchargeant de la politique c’est de ma vie que je me désintéresse, que je me décharge.

      « Je » prends conscience que dénaturer l’agriculture c’est dénaturer mon humanité.

      « Je » prends conscience que l’énergie que je consomme sans y penser c’est aussi la mienne.

      « Je » prends conscience qu’il n’est pas plus con de créer que d’imiter.

      Alors, pour être (tao)taquin à mon tour, dire que les idées sont prééminentes à la prise de conscience ou le contraire est une tautoconnerie : des idées figées sont des dogmes. L’idée figée c’est la fin (hum…) de la démocratie.

      Merci.

      PS : sur la forme :

      « C’est le désaccord, la mésentente, les inégalités, et ce qui en résulte de rapports de forces et de violences réelles ou symboliques, qui est à l’origine de l’invention de la démocratie. Dans la vie démocratique le consensus n’est que l’aboutissement du processus démocratique après échange, discussion et enfin délibération selon diverses procédures. » :

      Tout y est ! Le processus démocratique a été amorcé avec l’idée de la participation de tous, et s’est poursuivi avec la délégation : un bulletin tous les cinq ans et animation garantie entre deux élections… libre à chacun de parler encore de démocratie.

      « Pourquoi accorder la prééminence à la conscience plutôt qu’aux idées ? » : pourquoi en effet, si ce n’est pour contrebalancer votre position ou pour éviter de laisser à nouveau la place à des dictatures des idées.

      « Ni l’une ni les autres sont en concurrence mais bien plutôt se fécondent réciproquement. » : Oui, c’est la démocratie ! Nous sommes d’accord… J’le savais !

      « ces mesures ne s’appliqueront que lorsque les esprits seront mûrs, donc qu’il y aura eu un nouveau consensus » : Oui. C’est la démocratie. Si vous préférez parler de consensus plutôt que de prose de con-science, aucun problème pour moi, ça nous permettra de sceller notre accord.

      « nous tous qui voyons ce monde finir, avons tous un rôle à jouer » : Accord da ! Jouons-le ! Tous ! Et on verra bien si le capitalisme la ramène encore ! Il n’aura plus la place !

      « Selon votre position unanimiste [hum !] il y a au contraire quelque chose comme l’idée que la prise de conscience générale serait en soi la solution aux maux et situations que rencontre l’humanité, comme si les règles du jeu, les institutions n’avaient aucun rôle régulateur des passions humaines, qu’elle seraient comme un simplement prolongement organique de la prise de conscience. » : Oui ! Les « règles du jeu, les institutions » tenant leur rôle de l' »aboutissement du processus démocratique après échange, discussion et enfin délibération selon diverses procédures » : nous sommes en phase !

      L’éveil des consciences est simple à mettre en oeuvre, je vous entends déjà sourire : il suffit d’en avoir conscience, et d’en parler.

    11. Le 8 février 2011 à 23:59 – Pierre-Yves D. dit :

      « Les idées ne sont pas tout, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer sur le blog, par exemple, les formes de la sensibilité ont aussi leur rôle à jouer dans l’émergence du nouveau monde à naître. »

      Phrase clef du blog : chargée de sens et d’avenir… Mouvements intérieurs dans l’être et sa quête d’absolu. C’est à dire dilatation de la vie. Le souffle poétique ici et là. Un bleu si bleu, et une matière indescriptible jusqu’au noir.

  8. ce Crapaud, c’est de la dynamite !

    voici la bonne écriture du nom : Nietzsche.

    oui mes frères, à la soupe pop, nous mangerons des grenouilles en tombant en quenouille, la revanche de l’anima esclave. Et la vache multicolore regardera passer l’arc en ciel, ainsi tombera la flèche, finalement, au grand Midi.

    1. Pan sur le bec. Julien s’en veut d’avoir laissé passer cela à Crapaud qui l’a recopié de Jean-Luce qui lui même l’avait trouvé dans un mauvais bouquin de sociologie. La chaîne complète des coupables s’engage à écrire 100 fois à la plume sur du papier crépon l’intégrale des 2 tomes de « Humain, trop humain ».

    2. @Julien qui « s’en veut d’avoir laissé passer cela à Crapaud » : ne vous en voulez pas, c’est à cause des notes de bas de page qui ont sauté. La 3ième disait : « Peter Sloterdijk, Colère et Temps, p.317 » Crapaud ne laisse rien au hasard. 🙂

    3. si Crapaud ne laisse rien au hasard, on ne peut pourtant pas en conclure qu’il soit un nécessiteux… n’est-il pas ?

  9. télescopage du temps: une cinquantaine de tribus isolées vivraient dans la forêt amazonienne
    http://www.uncontactedtribes.org/videobresil
    mal à l’aise, tout de même, métaphore amère. faire en sorte de protéger les dernières tribus du contact de ceux, ils nous vous elles qui les donnons à voir, qui les découvrons.
    un méchant souvenir des zoos humains de l’époque coloniale ? l’image constituant cette fois la fragile membrane qui nous en empêcherait?
    quelle saisie Hegel avait de Spinoza?
    dans un cours de 1830, (La Raison dans l’Histoire, trad. Kostas Papaioannou, 10/18, 1981, p. 251) il hésite à reconnaître les Africains comme des hommes :
    « Nous devons faire abstraction de tout esprit de respect et de moralité, de tout ce qui s’appelle sentiment, si nous voulons saisir sa nature. Tout cela, en effet, manque à l’homme qui est au stade de l’immédiateté : on ne peut rien trouver dans son caractère qui s’accorde à l’humain. C’est précisément pour cette raison que nous ne pouvons vraiment pas nous identifier, par le sentiment, à sa nature, de la même façon que nous ne pouvons nous identifier à celle d’un chien ».

    1. roma, vous appelez ça « hésiter » ? Mais c’est un déni pur et simple ! Un déni qui me laisse pantois, du reste. « on ne peut rien trouver dans son caractère qui s’accorde à l’humain. » : elle est terrible cette sentence !

  10. Votre article a le mérite de poser des questions fondamentales, par exemple à propos du travail.
    Un autre de ces mérites est de considérer des attitudes ou des expériences de la vie réelle qui sont en soi des refus du mensonge (l’agriculture biologique, les tentatives de « communes », etc.)
    Tout cela mérite d’être développé.
    Par contre, comme je le pense depuis longtemps, il me semble que le capitalisme n’a pas de stratégie; il se contente d’aller son chemin, détruisant tout sur son passage.
    Pour ceux qui ne veulent plus de ces conditions de survie, et avant même d’avoir une ou des stratégies, il serait bon d’avoir un accord sur les grandes lignes d’une théorie critique.

    marlowe@orange.fr

    1. Une précision s’impose.
      Marlowe définit la stratégie comme « le champ complet du déploiement de la logique des conflits » (Debord)
      La critique de « la stratégie du capitalisme » repose sur le constat que les temps modernes, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, se caractérisent par le fait que l’économie, et ceux qui la « gèrent », est devenue folle.
      Comme cette folie n’a été en aucune sorte soignée, elle n’a cessé d’empirer.
      Il ne faut pas s’étonner que de nos jours, des économistes soient atterés.

    2. Crapaud Rouge est d’accord avec Marlowe et sa citation de Debord. Une logique des conflits qui doit en permanence faire, d’un côté, des perdants et des perdus, de l’autre des gagnants. Ca polarise à 100% le paysage, ça pousse à tout voir de façon manichéenne.

  11. Depuis que de manière indiscutable et irréversible, l’humanité à placé l’échange (par opposition au don) comme l’élément fondateur de son développement, c’est l’économie (discipline qui vise à mesurer quelle est la valeur de ce que l’on échange) qui représente l’atout majeur, l’outil indispensable qu’il faut savoir maîtriser pour se donner toute les chances de réussir à faire évoluer tous les autres systèmes.
    Je me rallie au panache de Crapaud, même s’il est rouge, pour dire qu’il faut redécouvrir et donner petit à petit plus d’importance à des échanges en circuit court qui s’affranchissent de monnaie : Troc, Système d’Echange Locaux, parrainage, échanges de liens sociaux, etc. Qui peuvent représenter une alternative microéconomique intéressante préventive contre les risques « stressogène » de faillite bancaire.
    Je propose que ceux qui en en ressentent la nécessité, s’intéressent à ressencer quelques initiatives locales et à nous faire partager leurs expériences.
    En complément indissociable à nos réflexions, proposons du concret et de l’action…

    1. Les zones de gratuité ne sont pas si inaccessibles… Ceux qui prennent le temps de les chercher ou de les créer le savent bien. La dernière, à Grenoble, a été interdite par la police, avec un motif du genre « ça rameute les pauvres ». Pouah, c’est vraiment dégueulasse et dangereux, les pauvres…

      Ou encore ces pancartes « récupération interdite » dans les déchetteries: heureusement que les employés de la ville eux-mêmes désobéissent aux règles marchandes du gaspillage général, et permettent au don de se développer.

      Du concret? De l’action?
      Freecycle par exemple!

      Le don, le partage, le vol sont les tabous fondateurs de notre modèle économique dominant.

    2. à Pipas,

      A propos des déchets, la principale préoccupation des dirigeants est de gérer l’immense stock de déchets humains que sont devenus tous ceux pour lesquels il n’y a plus de travail productif sur cette terre, soit au bas mots 80 % de la population.
      La tâche est ardue : il faut les nourrir et les loger mais aussi les distraire et éviter qu’ils ne deviennent trop instruits.

      Les temps actuels ne sont rien d’autre qu’une course folle pour éviter la prise de conscience générale et les révoltes qui se transforment en révolutions.

    3. Depuis que de manière indiscutable et irréversible, l’humanité à placé l’échange (par opposition au don) comme l’élément fondateur de son développement, c’est l’économie (discipline qui vise à mesurer quelle est la valeur de ce que l’on échange) (…)

      Le caractère irréversible que vous avancez est à mon avis surfait, le Système d’Echange Local de mon coin organise des « Dimanche des gratuits », vous vous pointer dans une salle, vous apportez quelque chose si vous avez quelque chose à donner, vous repartez avec quelque chose qui vous plait ou dont vous avez besoin, si vous n’apportez rien vous pouvez quand même repartir avec quelque chose si rien ne vous plait vous ne prenez rien, peut être que la prochaine fois vous trouverez quelque chose qui vous plaira…

  12. Faire comme nos ancêtres ? Lesquels ? Ceux qui vivaient jusqu’à 35 ans et finissaient leur vie « magnifiques » et « authentiques » usés et malades dans la souffrance ? Ceux qui étaient exploités comme serfs, esclaves, ouvriers, oui not bon maitre, oui not monsieur, embrigadés par les curés et pourchassés par les gendarmes ? Faire comme ceux qui, voulant changer le monde, ont fini dans la bande à Bonnot ou dans celle à Bader ? Retourner à l’invention des Soviets pour instaurer la dictature du peuple qui deviendra celle des Goulags ? Bof !
    L Amérique du Sud des années 2000 à choisi une autre voie, nouvelle et originale, qui se construit sur le terrain et tâtonne pour élaborer des solutions pragmatiques, démocratiques, solidaires, humaines. Tout n’y est pas parfait, tout n’y est pas achevé … mais ils avancent.
    Ce ne sont pas des philosophes ni des intellos qui mènent ce mouvement, ce sont des travailleurs sociaux, des syndicalistes, des médecins cubains ou des mères de disparus, tous engagés dans les bidonvilles pour y créer des écoles, des centres de soins, des services publics détruits par la politique néolibérale (les restructurations du FMI). Ce sont les inventeurs du slogan « Que se vayan todos ». Ils n’imitent personne, mais ils inventent, parce que le monde d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier et que les solutions en isme du passé n’ont pas montré de grandes réussites.
    Si vous voulez tout de même une référence de philosophe, je vous propose : Sapere Aude : osez penser par vous même, ou bien, ce qui revient au même, celle des Bouddhistes : « Si vous rencontrez le Bouddha, tuez le Bouddha ».

  13. Edgar Morin explique : « Aujourd’hui, quel est le nouvel improbable ? La vitalité de ce que l’on appelle la société civile, une créativité porteuse d’avenir. En France, l’économie sociale et solidaire prend un nouvel essor, l’agriculture biologique et fermière, des solutions écologiques, des métiers de solidarité… Ce matin, j’ai reçu un document par e-mail sur l’agriculture urbaine. Au Brésil, où je vais souvent, des initiatives formidables transforment actuellement un bidonville voué à la délinquance et à la misère en organisation salvatrice pour les jeunes. Beaucoup de choses se créent. Le monde grouille d’initiatives de vouloir vivre. Faisons en sorte que ces initiatives se connaissent et se croisent ! »

    C’est bien en effet d’en faire mention, surtout lorsque les grands ce monde recherchent constamment à nous laver le ciboulo pour faire plus de chiffres et de croissance,

    Je sais pas je m’interroge encore, tout le monde se retrouve en effet si bien piégé partout pour exister, pour faire initiative, quand bien même cela serait pondu par le plus grand esprit social de notre temps, moi en tous cas je constate que personne ne donne réellement beaucoup de choses pour moi en retour, sans doute que je dois être alors beaucoup trop peu créatif, économiste et généreux pour la société civile.

    Comme si la seule priorité pensante des êtres de notre histoire comme de notre temps, c’était toujours l’avenir, le progrès, le social, mais qui en fait fera toujours bien le grand jeu illusoir des premiers marchands de la terre,

    Ah si seulement la vitalité des êtres de notre temps pouvait alors manquer de temps en temps, peut-être alors que les choses pourraient réellement changer, mais non on préfère encore me dire aujourd’hui que la vitalité de ce que l’on appelle la société civile, sera toujours porteuse d’un plus bel avenir et de promesses. Je ne sais pas Mr Morin, peut-être que oui peut-être que pas, j’espère en tous qu’il ne se trompe pas non plus.

    Comme si tout cela devenait aussi une première necessité pour le monde, vouloir mettre en place par exemple une plus grande « économie  » solidaire, oui mais sous quelle condition de plus demain sur terre ? Rappelez-vous aussi de ce que sont bien devenus les plus belles idées religieuses ou pas de l’histoire.

    Hélas notre envie commune de voir toujours plus de choses visibles nous rassurer en société ne m’incite plus guère à honorer mes premiers ancètres bien oubliés du néandertalien.

    Oui tout ce beau monde n’est vraiment pas fait pour moi d’abord,

  14. (comme il arrive aux échecs d’échanger un pion contre un autre)

    Travailler plus pour gagner plus : le gambit fatal!

    1. « Échanger des pions ou des pièces, sans plan précis, ne construit rien. C’est la défaite, qui est au bout des mauvais échanges.
      L’échange de pièce ou de pion doit être fait dans un but précis:
      a) – Pour obtenir un avantage;
      d’espace, de temps, de matériel, de structure, de position, e.t.c.
      b) – Pour soulager la défense, en éliminant un attaquant.
      c) – Dans l’accomplissement d’une combinaison
      ( de mat ; de pat ; d’échec perpétuel )  »
      Les échecs c’est la guerre,pas de gagnant /gagnant sauf cas de nullité qui n’est que partie remise.

    2. Rien n’a jamais été plus cynique que cette expression « travailler plus pour gagner plus » prononcée à un moment où il était devenu visible que la quantité de travail disponible diminuait irrémédiablement.
      Sans parler de la nature ou de la qualité de ce travail !

    3. @AntoineY : c’est aussi à ça que je pensais en écrivant, le fait que les pions, aux échecs, sont les pièces les plus importantes, bien qu’ils ne pèsent pas lourd pris un à un.

  15. Je suis un esclave salarié parce que je ne parviens pas à surmonter ma crainte du dépérissement. Je suis en train d’acquérir le savoir nécessaire pour vivre en pleine nature, mon objectif à terme étant de faire sécession d’avec ce monde.
    Comment se fait-il d’ailleurs qu’au cours de ma scolarité il ne m’ait pas été proposé des cours « d’autonomie » afin que je puisse choisir entre une appartenance contrainte et résignée à la cité ou vivre dans la nature ?
    Est-ce un oubli délibéré ?

    1. Vous n’êtes pas obligé de choisir l’un ou l’autre… ce monde fait partie de la nature. Il y est soumis, comme nous tous. En revanche, rien ne nous oblige à nous soumettre à ce monde.
      Je vous encourage donc de tout coeur à quitter votre servitude volontaire!

    2. « En pleine nature » ?
      Dépéchez vous !
      Les quelques îlots qui subsistent n’en n’ont plus pour longtemps.
      Quant à l’enseignement du survivalisme, ne désespérez pas, vous aurez prochainement des coachs.

    3. Comment se fait-il d’ailleurs qu’au cours de ma scolarité il ne m’ait pas été proposé des cours « d’autonomie » afin que je puisse choisir entre une appartenance contrainte et résignée à la cité ou vivre dans la nature ?
      Est-ce un oubli délibéré ?

      Ce n’est pas un oubli à vrai dire: Le choix que vous évoquez n’est tout simplement pas offert aux individus prétendument libres que nous sommes. La vie hors de la société n’a simplement pas été envisagée comme une possibilité.

      Un exemple trivial: Tout territoire sur la planète est revendiqué au nom de telle ou telle nation, cette unité communautaire parmi tant d’autres, si bien que votre simple présence en un lieu géographique quel qu’il soit vous soumet de fait à toutes les contraintes prévues par les « propriétaires » des lieux.

  16. Conclusion ? Bizarrement je comprends de moins en moins ce blog, sans doute parce que je n’arrive plus à faire taire la musique dans ma tête. j’ai lu 18 messages en 13 s chrono, quelque chose a du m’échapper. …. S S S &, M, M, M

    @Tragicomix. Vos profs doivent être crucifiés après-coup pour fautes grave. On n’enseigne pas non plus le B-a Ba de l’économie à savoir pourquoi l’argent vaut quelque chose plutôt que rien. Vous n’êtes pas censé le savoir ! L’injustice sociale.

    Entendu hier l’émssion « Les petits bateaux » sur Fr int, ou une enfant a demandé pourquoi l’on ne fabrique pas plus d’argent, puisqu’on en manque. Intelligente question n’est-ce pas. L’économiste invité à régurgité le catéchisme sans issue. Omettant de dire qu’il suffit de changer d’économie.

  17. http://www.zerohedge.com/article/guest-post-great-global-debt-prison

    Encore Dickens :

    Understanding Debt

    The Charles Dickens classic ‘Little Dorrit’ is commonly misinterpreted as a “love story”, however, the primary character in the book is not Little Dorrit, or the kindly Arthur Clennam, but the debt system of Britain itself, and its effects on every social class from the street beggar to the elitist socialite.

    ============

    Je souscris :

    Our economy, our culture, our entire world, is built upon debt. No one ever asked us if that’s how we wanted it, it is simply how the system was designed when we came into it.

    La FRAUDE est là, personne ne demande aux générations qui arrivent s’ils sont d’accord avec le système politique, le « contrat social », la république et la constitution. Les institutions se transmettent par héritage comme le pêché originel dans certaines religions, c’est scandaleux. On arrive dans le pacte social en ayant implicitement signé pour lui.

    C’est toujours pareil avec la représentativité, qui est un déni de démocratie en soit puisque sans mandat clair et sans obligation de résultat, en plus avec une liberté ad éternam pendant 5 ans ! Bref la Constitution ne peut pas être revue par le peuple alors que le président peut être élu ou révoqué. Démocratie représentative ou mandataire… ?

    1. Même quand vos contemporains et vous mêmes avez voté contre quelque chose par referendum, ceux qui vous gouvernent font comme si vous aviez voté pour. Alors vous demander votre avis pour les choses signées par d’autres avant votre naissance, pensez donc ! Il paraitrait que c’est ça la démocratie : le plus grand nombre doit subir la volonté d’une minorité .

    2. vous mêmes avez voté contre quelque chose par referendum, ceux qui vous gouvernent font comme si vous aviez voté pour.

      oui, c’est parce que la démocratie est exsangue …pour ne pas dire morte.
      et que le sous-vers-rien n’est pas le moins du monde républicain …
      il est bien quelque chose ?
      oui : neocon., savez : comme l’inénarrable deubeulyou : société de la peur, bouc émissaire montré du doigt, installation d’une société du contrôle …ploutocrate il est : il travaille pour un clan, le sien, sa famille, et celui des trés riches : les gueux, il s’en fout !
      et, il ment comme un arracheur de dents ( meuh non, ça fait pas mal – à l’époque où le seul anesthésique était le coup de massue !)

      Voilà pourquoi il faut remettre en place des contre-pouvoirs, représentants élus, et
      révocables, en cas de manquement à la Loi ( y compris le coup de la main dans le pot de confiture* )…et possibilité de révoquer, avant l’heure, l’exécutif, par exemple par referendum initié par les Représentants du Peuple ( courant eux-même le risque d’être révoqués), ou par un groupement d’associations citoyennes …
      Enfin, ces gens là, qui ne sont plus crédibles, doivent être « tenus » par les citoyens ! et, les citoyens ne doivent pas se laisser envoyer à la misère ( puisque plus de travail pour tout le monde ), sans moyens d’action !
      Il faut revoir la Constitution; laisser plus de place au Parlement et bien séparer les pouvoirs.
      * jusqu’ici, les gourmants pris la main dans le sac, avaient le bon goût de démissionner ( qu’on leur demande ou pas) : maintenant, c’est passé de mode ! c’est ringard ! c’est « aux truands réunis » !

      ou alors, c’est désespoir, « no future » … Or, si nous ne y mettons pas, quelqu’un d’autre s’en chargera …
      voyons le courage des tunisiens et des égyptiens …et soufflons sur nos braises !

  18. Vous verrez un jour ou l’autre ils en finiront bien par exiger autre chose de plus, sans doute pour un plus grand chantage de vie ou de mort en société, histoire quand même d’avoir
    meilleur droit de cité, de raison et de parole que les autres,

    Moi bien sur personne ne m’écoute, ne me considère, parce que je suis pauvre, parce que
    je ne vaut rien, surtout face à tout un monde préférant bien encore courir après l’argent et la sécurité.

    Qu’entendons nous encore de nos jours, ça y est la crise est finie en 2011, tous les problèmes de l’univers sont même définitivement résolus, mensonge, foutaise, la bien triste réalité de
    ce monde et cela malgré que les beaux jours reviennent, c’est que l’économie, le savoir, la richesse, le progrès, le seul souci du social et du sécuritaire en plus, endort bien peu à peu l’esprit des êtres,

    Je suis comme un autre et qui se demande bien encore aujourd’hui à quoi il peut bien servir d’utile pour les gens bien trop affairés de ce monde, faut surtout être bon et productif à tout encore plus s’il est question de refaire le monde, à quoi servent principalement les pauvres gens en société, que l’on préfère en fait bien plus produire à la chaine et en masse.

    J’entends bien dans le même temps des gens qui causent, qui échangent, qui réfléchissent, qui pondent, qui proposent, mais moi qui ne sait toujours pas mieux pondre comment pourrais-je m’en réjouir pour la société civile.

    Oh mon Dieu comme je suis grandement malheureux, mais qui donc pourra vraiment consoler je demande pas grand chose tout juste un peu d’amour, de chaleur et de bonté dans les divers bas enfers bureaucratiques de plus de ce monde.

    Ah comme je le maudit de plus en plus ce monde, qui prend plaisir et ricanement de plus devant l’autre qui boit de plus en plus la tasse.

    Ah si seulement tout le monde était à mes baskets, pour me faire par exemple les beaux ongles des mains et des pieds qui donc irait encore perdre sa vie comme tant de premiers.

    A vrai dire avec Jérémie le premier damné de la terre c’est toujours aussi un peu la même chose plombante avec lui, tant bien sur que cela nous touche pas encore notre bonne humeur.

  19. OK pour la dette.

    Le reste, c’est un délire anarchiste.
    Une référence: L.Spooner, juriste (US: XIXe)
    Le théoricien ultime de cette question en particulier: R. Nozick, Etat, Anarchie, et Utopie (dernier chapitre consacré au « Canevas d’Utopie » et qui propose « autre chose » que ce qui nous est offert).

    Mais…
    C’est l’argument moral ultime de tous les libertariens (c’est aussi un rêve typique d’adulescent  » Moderne, de pouvoir commencer « vierge » de toute civilisation mais avec la civilisation dans ses bagages (ben voyons…), sans contrainte mais tout puissant (« Moi l’Individu, j’exige que vous m’appeliez Dieu… »), d’avoir finalement pour soi le « monde » comme terrain de jeu à sa disposition personnelle éventuelle sans s’interroger plus loin sur ce que signifierait le fait, concrètement, de cohabiter dans un tel monde où évidemment, si tout un chacun disposerait également des mêmes droits d’association et d’occupation il faudrait quand même gérer les nombreux conflits nés d’une telle configuration (la déterritorialisation du monde implique la domination radicale, à terme, du marché!… ou une guerre perpétuelle. Et alors rebelote: pas de paix sans armée, pas d’armée sans solde, pas de solde sans impôt, reterritorialisation).

    De la même façon, on arrive au monde en ayant implicitement signé pour lui…
    Et c’est heureux. Une communauté humaine, et tous les individus qui la composent, ne survivraient pas même à la première génération si ce n’était pas le cas. Ce n’est pas sans inconvénient, mais il n’y a aucune autre solution. Chaque génération est et doit être dans une certaine mesure l’otage des générations qui la précèdent (et de celles à venir). A moins de rêver que nous ne soyons plus des hommes mais telle ou telle espèce d’anges ou d’extra-terrestres…

    Pour ce qui est de la démocratie représentative: n’importe quel système, même le mieux conçu, ne remplacera jamais une éducation attentive et une vigilance de tous les instants. J’aime bien les référendums sur initiative populaire personnellement. Où en est le projet de loi d’ailleurs?

    1. Chaque génération est et doit être dans une certaine mesure l’otage des générations qui la précèdent (et de celles à venir).

      Le problème, c’est que nos princes ne se sentent pas l’otage des générations à venir.

    2. On trouvera toujours des gens plus expérimentaux et moins délirants que soi en société, aller dans le sens par exemple d’une plus grande éducation des êtres vers le sérieux, avec même parfois bien plus de vigilance à la bouche, surtout envers tout ce qui pourrait se dire de trop peu OK, enfin vous voyez ce que je veux dire brrrr ça fait froid dans le tout ça.

      Tiens je vous invite plutôt à lire cet article d’Agoravox que je viens de lire sur julien assange, c’est pas mal à lire je trouve :

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/agoravox-a-rencontre-julian-88443

      S’il est encore possible de ne pas trop se prendre au sérieux de nos jours, permettons-nous encore de rêver alors aux petits hommes verts car c’est déjà assez bien plombant à vivre comme ça pour beaucoup, surtout en matière de changement et de proposition.

      Ah comme je regrette tellement Coluche, lui au moins il ne poussait pas autant les êtres à se prendre au sérieux, allons allons Jérémie un peu de sérieux tout de même faudrait pas non plus que le monde se remette de nouveau tous à fumer un plus grand pétard comme en 68.

      Si encore le délire capitalistique et marchand de plus sur terre n’en poussait pas autant paradoxalement à un plus grand délire révolutionnaire, mais non on ne comprend toujours rien à rien, pour ça d’ailleurs qu’il est très important de bien enseigner correctement les premières choses sérieuses aux petits. Je rêve d’un monde ou tout le monde penserait bien correctement comme moi.

    3. @ Antoine Y,

      Pour ce qui est de la démocratie représentative: n’importe quel système, même le mieux conçu, ne remplacera jamais une éducation attentive et une vigilance de tous les instants.

      =>
      C’est exactement cela : tout est dit.

      Cdt.,

  20. L idée de la soupe populaire me plait beaucoup. Il y a trop d énergie perdue a manger dans SA maison ( energie pour chauffer les casseroles, chacun dans SA voiture ) Il faudrai des resto de rue comme dans beaucoup de pays. C est bon et pas chers. Mais pour cela toute la fiscalité doit être changer pour produire, consommer locale.

    Article tres interessant et assez proche de mes idées ……. merci

  21. Vos restaurants populaires me rappellent une période où l’utopie n’avait pas tourné au cauchemar

    Le système des kibbutzim agricoles de la première heure en Israël , ceux des seuls rescapés des camps nazis, avant l’arrivée massive de personnes qui n’avaient pas souffert comme eux et avant l’occupation débridée des territoires voisins :
    chaque travailleur, homme ou femme du kibbutz ne faisait que ses huit heures de travail par jour, dans les champs, dans les élevages, au restaurant collectif, à la laverie collective, au ménage des habitations individuelles, l’entretien des pelouses individuelles et des espaces publics etc …et RIEN DE PLUS , même pour les mères de famille. Aucun argent ne circulait car tous les services du kibbutz lui étaient fournis gratuitement , même quand il était malade ou trop vieux pour travailler . L’été, à 14H le travail était fini pour tous et les parents retrouvaient les enfants pour jouer sur les pelouses , choisir des activités de loisir, sportives et culturelles, le cinéma , le dancing, lire , discuter ….. car toutes les tâches ménagères et autres avaient déjà été effectuées pendant les heures de travail .
    Le restaurant collectif était le lieu de vie sociale où tous les corps de métier, toutes les générations, se retrouvaient quatre fois par jour, tous ensemble, devant des repas très sains et variés, pour discuter joyeusement sans le souci de préparer ce repas chacun dans son coin . Ceux qui recevaient chez eux des amis, de la famille , pouvaient les amener au restaurant collectif ou emporter les plats pour les partager avec eux dans l’intimité .

    C’est un système de repas collectifs que l’on pourrait recréer au niveau de chaque quartier pour ceux que cela intéresserait, au moins pour le repas du soir, vu la diversité des lieux de travail, et pour le café du matin, disponible par exemple entre telle et telle heure . Ceux qui préfèrent se préparer eux-même des repas dans l’intimité auraient évidemment le choix de le faire .
    Cette convivialité sera possible quand …tout le monde aura jeté à la poubelle sa télé de m… , l’éteignoir du soir de toute vie et de toute réflexion collective.

    1. Il faut aussi ajouter par honnêteté intellectuelle que celui qui voulait quitter le kibbutz pour vivre une autre vie quelle qu’elle soit pouvait le faire mais se retrouvait alors sans rien, ni argent, ni épargne, ni biens. Ce fut un choix pour ceux qui y sont entré à l’âge adulte, pour leurs enfants ce fut nettement moins le cas.
      Ceci dit je trouve le système valable, je le trouve simplement perfectible.

    2. @ Runn
      C’est vrai, ceux qui quittaient le kibbutz redémarraient de zéro, comme la grande majorité des Français qui, de nos jours, ne gagnent pas assez pour pouvoir se constituer une épargne . En revanche, les rares étudiants de Tel Aviv qui n’avaient pas besoin d’exercer un emploi pour vivre pendant la durée de leurs études étaient ceux des kibbutzim , leur kibbutz leur accordant une bourse conséquente.

      Un truc sympa : au moment des récoltes, tout le monde allait prêter main forte aux cultivateurs pendant quelques jours, hommes et femmes , écoliers, professeurs, médecins …tout le monde sans distinction , un bon principe d’éducation pour les jeunes
      Quand le kibbutz avait bien vendu ses produits agricoles , ceux de ses entreprises et disposait de plus d’argent, le conseil se réunissait pour décider de son emploi : de nouveaux équipements pour l’école, l’hôpital, le restaurant collectif, changer les climatiseurs de toutes les maisons, etc …
      En s’installant, un nouveau couple recevait ou aidait à construire sa maison qu’il pouvait garder gratuitement jusqu’à sa mort sans avoir besoin de se soucier de rembourser un emprunt .

  22. Je trouve la mise en perspective de cet article particulièrement intéressante, elle me fait penser à ma propre démarche de simplicité volontaire.

    J’ai une remarque quant à la formulation et à des incompréhensions qui peuvent en découler :

    Pour accomplir leur dessein, les pionniers du capitalisme ont suivi une stratégie volontaire. Mon billet précédent suggère qu’ils se sont constitués d’emblée sur quatre plans distincts mais reliés : spirituel, avec la bible comme source d’inspiration et de motivation d’une nouvelle manière de vivre ; individualiste, par l’investissement de soi et l’initiative récompensés par la richesse ; opérationnel, par une nouvelle conception du travail et de l’économie ; collectif, par la diffusion et la pratique d’une nouvelle religion.

    Faire le parallèle avec le domaine militaire en parlant de stratégie atteint vite une limite : une stratégie est élaborée à priori par des stratèges identifiables afin d’atteindre un objectif précis. Le hic est là, parler en termes militaires amène les questions de savoir qui sont les stratèges et quel est leur objectif. Ce genre de considérations discrédite l’idée véhiculée, à mon avis à tord, ce discrédit venant de phrases comme « la théorie du complot » ou « il n’y a pas de grand chef des capitalistes ».
    Remplacer le terme « stratégie » par « tactique » évacue la question du stratège car la tactique est réservée à de multiples unités distinctes les unes des autres et n’agissant pas toujours avec la meilleur des organisations (l’histoire militaire regorge d’unité d’une même armée qui se sont tirées dessus), on retrouve dans le terme tactique la multitude des capitalistes usant de moyens divers sans coordination mais oeuvrant pour un but commun même si celui ci est flou pour chacun des intervenants. Un autre aspect mis en lumière est qu’une tactique s’adapte aux conditions du terrain quitte à improviser et à s’adapter à de nouvelles conditions, on retrouve alors l’évolution des postures des capitalistes dans le temps là où, pour moi, une stratégie m’apparait comme beaucoup plus figée.
    Là où même le mot tactique a sa limite est que théoriquement une tactique est le moyen pratique de terrain pour atteindre la stratégie définie, or ici il ne semble pas y en avoir.

    1. à Crapaud Rouge,

      « Stratégie n’est pas tout à fai le mot juste ».

      En dehors du fait que le « n’est pas tout à fait » peut être compris de diverses manières, je remarque que vous semblez avoir des doutes sur votre affirmation première.

      Comme vous cherchez d’autres expressions je vous suggère :
      1. Marche triomphante.
      2. Fuite en avant.
      3. Chute.
      4. Course vers l’abîme.
      5. Fin de vie..

      Affirmez que le capitalisme a une stratégie c’est affirmer que le capitalisme est une tête pensante.
      Rien n’est plus faux.
      Le capitalisme est un moment de l’histoire humaine, ou de sa préhistoire.
      Malgré la dernière trouvaille de ses sectateurs, le capitalisme n’est pas durable.

    2. Z’êtes pas détective pour rien, Marlowe, objection acceptée ! En revanche, je dois vous rappeler qu’il n’est pas loyal, dans un débat d’idées sérieux, de chercher à faire rire l’adversaire. 🙂

  23. @ Julien Alexandre : même en recopiant d’excellents ouvrages, j’estropie volontiers les noms propres, il s’agit d’un symptôme idiosyncrasique.

    @ « Crapaud »

    Deux remarques:

    vous m’attribuez une citation que j’avais bien précisé être de Peter Sloterdijk (par omission sans doute -je ne crois pas l’avoir « copié collé » dans un autre commentaire) ; voir ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=20559 .

    Par ailleurs, – l’économie sociale – n’est peut être pas aussi émancipatrice qu’on ne le pense, voyez mon interrogation ici http://www.pauljorion.com/blog/?p=3421#comment-29613 (1) et plus récemment ici (lors de ma critique d’Arnsperger) http://www.pauljorion.com/blog/?p=20368#comment-142808 .

    §

    Fondamentalement, il me semble que si nous ne voyons pas clairement l’organisation sociale que nous pourrions mettre en oeuvre après le capitalisme, et cela mettra du temps, nous pouvons ensemble dénoncer « ce qui grouille dans le ventre de la bête en décomposition ».
    Le « conte de Noël » du Yeti est une « formidable exception qui confirme la règle », là nous sommes dans l’autogestion complète, personne ne gagne sa vie, comme cadre de l’économie sociale, à s’occuper de l’emploi des autres … une nouvelle forme de domination se met en place, – repassage de proximité – , les décroissants ne la dénoncent guère, la décroissance serait-elle une forme d’euthanasie pour classes moyennes ?

    A+

    1. Jean-Luce, vous dites toujours des choses très intéressantes, mais votre questionnement est beaucoup trop avancé par rapport au mien et mes connaissances sur les sujets qui vous préoccupent le plus. Je regrette vraiment de ne pas pouvoir vous répondre, pas dans l’immédiat en tout cas, je suis en train de cogiter plein d’autres « trucs ». 🙂

    2. Une des manières de voir l’organisation sociale que nous pourrions mettre en oeuvre après le capitalisme est de la définir négativement, à la lumière de ce que nous ne voulons pas : le travail aliéné, le fétichisme de la marchandise, le maintien organisé des humains dans le stade narcissique, l’économie fonctionnant pour elle-même, etc..

    3. Jean-Luce,

      Fondamentalement, il me semble que si nous ne voyons pas clairement l’organisation sociale que nous pourrions mettre en oeuvre après le capitalisme, et cela mettra du temps, nous pouvons ensemble dénoncer « ce qui grouille dans le ventre de la bête en décomposition ».

      La dernière fois vous n’aviez pas donné suite : http://www.pauljorion.com/blog/?p=20368#comment-143084

      Le but c’est le chemin : « l’organisation sociale que nous pourrions mettre en oeuvre après le capitalisme », c’est un but, « et cela mettra du temps » ! L’organisation sociale que nous allons mettre en oeuvre, c’est le chemin, et ça commence maintenant.

      Crapaud,

      Si vous voulez dire que les autres « trucs » que vous cogitez sont différents : à d’autres !

    4. « Fab »

      Je ne savais quoi vous répondre du fait que le sens de votre message ne me paraissait pas clair en raison des deux premières vidéos que vous présentiez en illustration. Je ne comprends pas les paroles de ces « clips », aussi, leur procédé de montage par collage d’images binaires -bien/mal- me paraissait susceptible de porter n’importe quel discours. Par ailleurs, je ne lis pas la « servitude volontaire » dans le sens que vous lui donnez (de même pour  » crapaud »). J’entend par servitude volontaire le plaisir que chacun prend à asservir celui qui se trouve en dessous de lui, en compensation d’obéir aux ordres qu’il reçoit du dessus . – la servitude volontaire, dans la lecure que j’en fait, a pour cause, non pas le plaisir de se soumettre ( l’oxymore apparent) , mais le plaisir que chacun trouve à dominer les plus petits que soi en le forçant à devenir «… les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines ».

      Deuxièmement, vous posez la question »que faire  » ? Personnellement, je ne perçois aucun courant politique actuel qui éclairerait ma lanterne. Je pense toutefois que la gauche, la gauche de la gauche, l’ultragauche sont ,chacune dans leur style, uniquement préoccupées « d’elles-mêmes » en tant qu’organisation, mais pas du tout en prise sur les rapports de forces sociaux fondamentaux, lesquels n’ont, à mon avis, plus grand-chose à voir avec l’opposition capitalistes/prolétaires. Je pense, »ça comme ça et de chic » : que à côté de la division tripratite dans la répartition du surplus, entre propriétaires, entrepreneurs , et travailleurs ) il y a une classe transversale de redistributeurs d’une partie du surplus au travers de la redistribution par les finances publiques ( travaux publics et redistribution sociale). C’est-à-dire, qu’il existe une classe qui vit de la redistribution de l’argent public et accessoirement encourage la dette publique avec l’assentiment des banquiers et la complicités des politiques, lesquels tiennent leur position sociale de cette redistribution. Comme cette classe traverse » verticalement » tous les niveaux hiérarchiques (et de plus « en croque  » à tous les étages), ni les entrepreneurs actifs hors marchés publics, ni la classe moyenne, ni les prolétaires, ni les exclus n’ont de prise sur cette classe de « redistributeurs ». En conséquence, méfions nous des municipalistes redistributeurs ( l’arrogance nauséeuse au guichet – là est le néo pouvoir sur l’exclusion et la pauvreté et « j’ t’accorde – si je veux bien -, les petits boulots complémentaires et nécessaires à ton « revenu de citoyenneté » ). Redistribuer dans l’abondance ou dans la pénurie, c’est du pareil au même; de plus, la « sobriété » fait aujourdhui sérieux. « Fab », Je vous ai donné en trois lignes ma position, mais ne comptez pas sur moi pour argumenter davantage, sauf par bouffées épisodiques , (entre trois prises électriques et dix mètres de plomberie – un homme construit sa maison, puis il meure; j’en ai repris une bien grande ! ).

      En résumé, je crois que nous n’avons pas de sujet politique soit : un groupe organisé en fonction d’une vision correcte du monde tel qu’il est et agissant pour émanciper notre humanité. De plus, je crains qu’il suffise d’une seule soirée de réunion entre trois révolutionnaires pour constituer les bases d’une dictature à venir. Par contre, je crois à « l’individualisme révolutionnaire », dès lors, je pense qu’un vaste réseau d’individus révolutionnaires peut contrer toute tentative de renaissance de dictatures révolutionnaires. Le monde tel qu’il est ne fera pas l’économie de la mégamachine par le repli sur les jardins collectifs, cette voie de la simplicité volontaire ne ferait qu’accentuer la dépendance aux producteurs de technicités (par exemple médicales), etc. Dans leur diversité, un réseau d’individus révolutionnaires peut, je crois, s’entendre sur un certain nombre de principes comme évoqués par Marlowe « le travail aliéné, le fétichisme de la marchandise, le maintien organisé des humains dans le stade narcissique, l’économie fonctionnant pour elle-même, etc.. » c’est, je crois, en élaborant ces principes qu’il serait possible d’ajouter quelques correctifs économiques à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

      J’ajoute que, visiblement, l’envie de « constituante » en chatouille plus d’un . Je trouve très bien l’expérience islandaise ( quatre cent mille habitants et une forte tradition), mais pour de plus vastes ensembles « faut pas charrier » une constituante ne vient pas que de la volonté du peuple, mais de la volonté du peuple s’appuyant sur des principes constitutionnels, et, concernant l’économie ces principes sont encore à établir. Il y a un ordre logique :

      – Maturation de principes constitutionnels renouvelés, le prix comme rapport de force et son dépassement, l’approche de Pierre Sarton du Jonchay (expliquée à ma grand-mère – ca viendra, ça vient, puisque c’est nécessaire)

      – Constituante ( assemblé démocratique ) rédigeant la loi générale

      – Législation particulière ( l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ou l’adoption du  » Bancor  » etc.)

      Rien n’empêche, dans l’urgence, de faire passer l’interdiction sur les paris et l’adoption du Bancor, quitte à revenir après sur les principes, il convient seulement de le savoir et le dire. je ne sais plus lequel d’entre nous à produit un ensemble très cohérent de mesures à prendre (il y a environ un mois)

      A+

    5. Jean-Luce,

      Oubliez les clips : la plupart du temps ils ne sont là que pour vous donner une idée de ce qui me passe par la tête. Mais le reste, tout de même : c’est vous qui parliez de cloportes !

      Kant aux deux sens que vous proposez pour la servitude volontaire : l’un ne va pas sans l’autre. Et la classe de redistributeurs fait également partie de ce mécanisme.

      Va pour vos « bouffées épisodiques » d’oxygène. Va pour « l’individualisme révolutionnaire ». Une « simplicité volontaire imposée », ça existe ? D’accord avec Marlowe : « définir négativement », ça aide. Pour la suite : http://www.pauljorion.com/blog/?p=20943#comment-147463

      Quand vous aurez fini de refaire votre installation électrique (si j’ai bien tout compris !), nul doute que les procédés binaires ne vous bloqueront plus mais vous feront sourire j’espère.

      Bonne journée

    6. @Fab : « Si vous voulez dire que les autres « trucs » que vous cogitez sont différents : à d’autres ! » : ça veut dire quoi ce « à d’autres ! » ? Permettez que je note l’adresse de votre post, elle me servira peut-être un jour pour vous rafraîchir la mémoire, car je serais navré que vous vous comportassiez comme les hommes politiques qui l’ont si courte.

    7. Crapounet,

      C’est pas ceusses qui ont les plus grandes oreilles qui entendent le mieux. Vous avez chaussé vos lunettes du mauvais côté de la force ou bien ? Ou c’est de reprendre le taf qui vous met dans de tels états ?

      Jean-Luce : « Fondamentalement, il me semble que si nous ne voyons pas clairement l’organisation sociale que nous pourrions mettre en oeuvre après le capitalisme, et cela mettra du temps, nous pouvons ensemble dénoncer « ce qui grouille dans le ventre de la bête en décomposition ». »

      Crapaud : « Je regrette vraiment de ne pas pouvoir vous répondre, pas dans l’immédiat en tout cas, je suis en train de cogiter plein d’autres « trucs ». »

      Fab : je pensais que les autres « trucs » auxquels vous gambergiez étaient les billets que vous produisez ici… auquel cas je ne vois pas en quoi cette réflexion peut être différente de celle de Jean-Luce suce citée.

      Om

      PS : ne passez pas malgré tout à côté des choses importantes : http://www.pauljorion.com/blog/?p=20943#comment-147463 et http://www.pauljorion.com/blog/?p=21122#comment-147585

    8. @Jean-Luce : « J’entend par servitude volontaire le plaisir que chacun prend à asservir celui qui se trouve en dessous de lui, en compensation d’obéir aux ordres qu’il reçoit du dessus » : ah oui, comme ça, tout à fait d’accord ! Cette servitude-là n’a même pas besoin de recevoir explicitement des ordres : elle se fait un devoir d’être la courroie de transmission du pouvoir qu’elle idéalise pour trois raisons : 1) ne pas souffrir de sa propre sujétion ; 2) avoir une « bonne raison » de soumettre les autres, et ainsi trouver effectivement une compensation ; 3) ne pas avoir de problème de conscience concernant, en particulier, le sort réservé aux rebelles : ils n’ont que ce qu’ils méritent ! Merci infiniment pour vos précisions, Jean-Luce, je voyais notre désaccord avec une bonne part d’étonnement.

  24. @ M

    enfant = objet devant réussir pour « faire plaisir » à ses parents, et combler les manques des dit-parents, et leur désir de compétition ?

    Trop beau, trop énorme !… Diagnostic exact de la « civilisation »!
    Excusez – moi, M, je percute…

    Parents = objets ayant dû réussir pour  » faire plaisir  » à leurs enfants, et combler les manques des dits enfants, et leurs désirs de consommation.

    Ouvriers = objets n’ayant pas réussi et devant travailler pour  » faire plaisir  » à leurs patrons, et combler les manques des dits patrons, et leurs désirs de situations.

    Patrons = objets ayant moyennement réussi pour  » faire plaisir  » à leurs investisseurs, et combler les manques des dits investisseurs, et leurs désirs de ploutocrates.

    Investisseurs = objets occultes, donc réussis pour  » faire envie  » aux précédents, et sublimer les manques des dits précédents, et leurs désirs d’illusions.

    Aaaah… l’éducation contemporaine: tout un programme !

    En ce qui me concerne, l’éducation fût couplée avec le dressage et ce couple imposait d’autres valeurs que pour  » faire plaisir  » ou  » faire envie  »

    … mais que reste-t-il … du dépassement de soi ?.. Par hasard …

    Cordialement…

  25. mais que reste-t-il … du dépassement de soi ?.. Par hasard

    oui, pour qu’il y ait dépassement, faut-il que des limites (d’une douce fermeté / à opposer au dressage ..) aient été posées dans le petit âge …
    sinon, dépasser quoi ? soi-même ? mais qui est soi-même, puisque tout est flou, et indifférencié , donc que les places ne sont pas clairement définies : qui est le parent ? qui est l’enfant ?
    C’est un poids trés lourd pour les enfants, dans la réalité.

    il y a eu passage d’une éducation trop rigide, à plus d’éducation du tout …il serait temps de remettre un juste milieu dans tout cela …
    le juste milieu, si difficilement atteignable …

    1. L’éducation consiste à faire dépasser à l’enfant ses pulsions et attitudes narcissiques et, pour prendre l’exemple de la cuisine, à lui apprendre, à ses dépens, qu’il existe autre chose que le sucré et le salé.
      L’apprentissage de l’amer est la condition indispensable pour apprécier le vin, le thé, les fromages, etc.
      On conçoit bien que c’est à des fins marchandes que l’éducation n’existe plus.

  26. Jukurpa, le temps du rêve…..

    Pour ceux que ça intéresse, c’est le premier tome d’une série BD qui donne à voir ce que pourrait devenir notre monde.

    Quand j’ai lu ce billet ça a fait tilt.

    Et puis, j’ai une grande tendresse pour son héroïne Carmen Mac Callum.

    Merci à tous, ceux qui écrivent et ceux qui commentent ce blog. L’intelligence qui ruisselle ici me donne chaque jour la conviction que ça vaut la peine d’y croire encore.

  27. @Crapaud rouge:
    Pour trouver une solution a nos problèmes , il faut voir ou nous avons bifurqué, ou nous nous sommes « dénaturé ».
    Notre « problème  » n’est ni moral , ni politique ….il est uniquement structurel.
    Aucun système vivant sur cette planète ne tente le gigantisme ( a dynamique centralisatrice) comme modèle de gestion .
    Tous les systèmes sont parcellisés , voire fractales ..et la scissiparité est LE SEUL moyen d’augmenter la taille d’un groupe.
    Les défauts humains sont les memes ds un groupe restreint que ds un groupe hypertrophiés …MAIS ils ne deviennent pervers que ds le second cas . Dans le premier , non seulement ils sont contraints par la possibilité du relationnel (affect), mais en participant a la structuration du groupe , ils restent vertueux (Hierarchisation).
    Notre problème provient du fait que la parcellisation est difficilement compatible avec un « gain de productivité ».

  28. le 9 février 2011 à 00:44 – Jean-Luce Morlie dit :

    (entre trois prises électriques et dix mètres de plomberie – un homme construit sa maison, puis il meure; j’en ai repris une bien grande ! ).

    Mince, je n’en crois pas mes yeux. Je trouve ça pathétique, bouleversant, beau et vibrant comme une étincelle de vie à haute intensité.

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