148 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 21 JANVIER 2011 »

  1. J’ai le sentiment que la profondeur des gens qui ont vécu la guerre comme eux, c’est un peu comme le mécanicien qui connait son moteur sur le bout des doigts. Ils ont vu la pâte humaine dans ce qu’elle a de pire et de meilleur, ils n’en sont pas devenus prophètes pour autant.

    Mais ils voient vers quels attracteurs elle vire, cette pâte humaine, et quand on a réparé un moteur jusqu’au tréfonds, on est indigné de voir que les gens ne veulent pas prendre le temps de regarder dans le moteur.

    Et il faut les évènements tunisiens pour montrer qu’on peut aller encore activement en 2010 vers l’attracteur démocratique, qu’on peut crever l’abcès des accapareurs.
    (sous réserve toutefois, en attendant que le “making of” de Tunisie soit mieux connu, le cas de Timisoara m’a laissé précautionneux sur le sujet.)

    Ce qu’ils nous demandent, c’est un peu la métaphore des nains sur les épaules des géants (B de Chartres, vers 1230 je crois, rapporté par Jean de Salisbury), ce n’est pas parce que notre vue est plus perçante que nous verrions mieux que, mais seulement parce que nous sommes juchés sur leur épaules. Ce qu’ils nous disent est “encore faut-il voir”.
    Et ce que le débat sur l’internet ci-dessus me fait penser, c’est le changement de “ce que nous voyons” , et c’est ce qui nous rend la lecture façon CNR impossible telle quelle, mais c’est un blocage dépassable.

    (Bon, je pense à B. Stiegler et à son “double redoublement”, mais Hessel et Morin méritent qu’on s’arrêtent d’abord à eux)

    1. Combien sont-ils dans le monde à se sentir de plus en plus mal à l’aise quelque part ?

      Pour certains il aura préféré plutôt fuir les premières valeurs de réussite ou en ruine de Babylone, pour d’autres quelqu’un au contraire de bien plus courageux spirituellement,
      dans le fait de n’avoir pas voulu plus longtemps cautionner tout cela, dans la peur de perdre
      sa place, un poste, un faveur, un cadeau, surtout lorsque tout devient quand même de plus en plus insupportable.

      Et moi bien sur comme personne ne me donne la pièce, je serais donc bien plus à la merci
      de tous ces méchants et méchantes oui c’est vraiment pô juste, de vouloir continuellement faire le bien des premiers idéologues marchands ou socialistes sur la terre,

    2. extrait de l’article cité ci-dessus : ( mieux vaut tard que jamais …)

      …” Mon livre ne prétend pas révolutionner l’analyse économique. Le constat que je fais, tout le monde peut le faire aujourd’hui. Je me fonde sur des données issues de rapports officiels, accessibles à tous. La vraie question est surtout : comment est-on parvenu à créer du consentement à un système qui n’a aucun fondement économique ? Comment on arrive à convaincre les gens de la nécessité de baisser le coût du travail ? Il faudrait sur ce point revenir à l’analyse de Chomsky de la fabrique du consentement. La crise nous a appris une chose : le roi est nu. Le monde n’est pas tel qu’on nous le décrit.

      Pour ce qui concerne l’ENA… Tout le monde sait qu’elle est une école de la pensée unique. Je me souviens d’un camarade durablement stigmatisé parce qu’il avait osé demandé s’il était possible de défendre un euro faible.

      La crise de 2008 signe l’échec du pari rawlsien – selon lequel un système aristocratique est favorable, in fine, à l’ensemble de la société. Cette crise a aussi montré que notre système n’est plus capable de se pérenniser autrement que par la dette. Mais la facture va tôt ou tard nous être présentée. Il faudra alors qu’on ait des explications et notamment la liste de tous ceux qui ont tiré parti de cet endettement qui est peu ou prou celle des bénéficiaires du bouclier fiscal…”

  2. Dans ce monde l’impasse idéologique est si grande et si attachante, que plus grand nombre n’ose véritablement sortir de son libéralisme ou socialisme marchand à la fois,

    Même en y mettant davantage les pieds à plusieurs dans le plat, quelle bien sombre époque en vérité.

    Encore plus pour tous ceux et toutes celles qui ont bien plus d’intérêts en jeu que les autres pour exister,

    Car si demain le monde devait véritablement changer qui pourrait encore parler de nos idées, de nos mêmes livres d’hier et de progrès pour construire pareillement le futur de l’homme,

    Nous bien sur la meilleur élite intellectuelle des êtres de notre histoire, hélas tout devient si prévisible même lorsque j’entends un peu plus de papis et de mamis idéologues me faire la leçon de travail et d’esclavage avant tout en société surtout pour plus de médicaments encore,

    Un passant d’octobre, de novembre ou de décembre n’en ferait pas moins la même constatation chez lui comme ailleurs,

    Il n’y a bien sur pas plus de rigueur intellectuelle et d’idéologie cartésienne dans notre temps que celui qui ne pense et fonctionne pas intégralement comme ma tête, votez pour moi,

    La bonne nouvelle des gens et oui si cela ne marche plus trop qu’à cela ne tienne alors basculons même tous davantage en avant pour plus de socialisme mondial,

    C’est aussi très important d’être bien qualifié pour ça de nos jours, c’est dans le vent,

    Pas un seul un homme de droite ou de gauche dans ce monde qui me surprendra réllement dans un commentaire, pas même les plus socialistes et attachés aux choses de la terre,

    Même les premiers renards de la religion, celle surtout des grands prêtres de l’histoire
    des êtres, du commerce en perdent souvent bien plus leur latin que d’autres,

    à celui qui ouvrira on lui ouvrira la porte, mais à tous ceux et celles qui préfèreront jusqu’au bout fermer la porte et faire taire la parole des prophètes alors tant pis pour eux,

    Car moi ça va encore je suis bien gentil et naif comme ça,

  3. Je vois tout de méme des lueurs à l’horizon…………..

    Des jeunes tunisiens qu’on a envie d’étre à nos ages
    Des “vieux” du CNR qu’on souhaite devenir à leur age.
    Des dinausores atteints par la limite d’àge.

    De la bonne musique dans un concert de bétise,
    Du beau temps qui vient toujours apres la pluie, dit la grenouille philosophe.

    Tant fait pas mon popaul, elle est pas si moche ta chambre d’hotel, t’as pas des gouts de luxe.

    Tiens !, Louis Ferdinand, je lui pardonne d’avoir eu du talent, il y a laches sans talent qui font semblant de n’étre pas racistes, car ce n’est pas à la mode, mais qui pourraient étre pires si le vent tournait.. On les connait et on les a déja vu à l’oeuvre…………

    J’aurais pas aimé étre à la place d’un ministre de la culture de Sarko coincé entre le CRIF et la littérature!

    1. Merci pour cet article…Les agences de notations sont juge et partie voilà bien un élément juridique essentiel à mettre en lumière pour réformer notre système fiscale et rapatrier le capital sous la démocratie.

  4. Les suicidés en effets se multiplient et ne s’offrent guère le choix de leurs obsèques …Aussi peut-être que leurs valeurs et leurs espérances en un avenir meilleur ne leurs permettaient pas de faire le bon choix…Any way…pour avoir fait partie de la catégorie des suicidés rescapés ou ratés au choix selon les valeurs accordées des différents milieux sociaux-culturelles participants…Je dois bien reconnaître que le temps qu’il fait reste un bon baromètre…Suicidés en chute pour 2010…Je remarque votre capacité à l’empathie et votre grande humilité à travers vos propos et cela vous honore…

  5. …D’ailleurs voici mon temps qu’il fait…Non seulement l’action de la société s’exerce partout en nous, mais encore c’est à elle que revient la première place parmi les influences que les mentalités humaines sont appeler à subir.
    “Dans l’homme isolé, soustrait, par hypothèse, au contact d’autrui, les causes naturelles qui pousse à la destruction de soi continueraient d’agir, mais en vain. Elles prendraient un autre cours. Si faible que soit l’action sociale, comparée aux actions physiques ou physiologiques, elle est déterminante parce qu’elle est immédiate”. Par conséquent, en ce qui concerne le suicide, Tarde peut avoir eu tort, ainsi que le veut Durkheim, de l’attribuer avant tout à limitation, qui d’ailleurs n’est pas pour lui en cause, car il croit à l’accroissement du nombre des suicides dû à la multiplicité des relations sociales qui favorise la contagion des exemples.
    En tout cas, il ne s’encorde pas moins avec Durkheim pour proclamer que le suicide est de cause sociale et, plus généralement, que, dans la détermination des affections, des pensées et des actions humaines, les causes sociales priment toutes les autres, qui sans leur intervention, resteraient, sans doute, impuissantes.

    1. “le suicide est de cause sociale” , entièrement d’accord avec vous Idle … l’impression de ne pas pouvoir réaliser les désirs des malades qui en veulent toujours plus, je l’ai vécu !
      Au moment des suicides de france télécom, j’avais lu ce post ” Ne vous suicidez pas pour eux, ils n’en valent pas la peine” …et je me disais, ( pour l’avoir expérimenté ici en belgique avec un patron flamand épouvantable qui ne ” voyait que par les 15% cijfers ( chiffre) supplémentaires chaque mois”… et pour avoir réussi seule à lui tenir tête sans ” m’enfoncer ” ni me remettre en cause) …ce que j’ai fini par payer par un préavis pour restructuration bien sur …Je me disais, si seulement, je pouvais être auprès de chacun de ces désespérés se sentant coupable de ne pas pouvoir réaliser les objectifs débiles que leur imposent ces malades…pour les réconforter et leur dire que NON ! c’est eux qui allaient bien …

  6. J’aime bien ce sujet que je traduis en c’est bien de réfléchir, mais faut l’appliquer et mettre les mains dans le cambouis

  7. Jérimie !
    Mais c’est ça la décadence, quant on crois que BHL est un penseur, qu’eric woertz est présumé innocent et MAM ministre des affaires étranges. Pendant que Marine Le Pen se frotte les mains en écoutant les sondages..

  8. @ Alain A

    En vérifiant sur Internet, vous auriez du également prendre le temps de constater autre chose
    de votre coté, car vos soupçons à mon égard n’empêchera pas moins les êtres de retomber dans les mêmes ornières comportementales en société, j’en viens d’ailleurs d’en faire une autre constatation de plus ces derniers temps et selon ma propre manière de l’exprimer,
    mais vous savez je n’en suis plus du tout surpris depuis le temps.

    Quand vous me dites que je suis le digne successeur de cet illustre ancêtre qu’était Jérémie, non je ne crois pas, voyez-vous il était en réalité un véritable Prophète bien plus sage et lucide
    que la plupart des êtres les mieux en vus et qualifiés de notre époque, moi à coté je ne suis bien sur que du petit lait sans doute encore bien trop gentil et naïf comme ça.

    Sinon vous avez raison de me dire que le salut de l’homme n’est point de ce monde, car
    en réalité lorsque nous observons et écoutons bien attentivement le meilleur des mondes,
    c’est-à-dire celui de notre époque, de notre naissance, de notre éducation, de notre enseignement en fait principalement marchand et mercantil, quelles sont surtout les
    plaintes médiatiques les plus nombreuses qui reviennent à nos oreilles, les miennes peut-être ?

    Pensez donc vous avez beau écrire de temps en temps pour les gens les plus touchés par
    la crise en serez-vous vraiment bien reçu autrement par le plus grand nombre ? Allons mon cher Monsieur vous n’allez pas non plus me faire croire et penser plus longtemps que tout ce beau monde vous y compris, moi y compris, pourront réellement empêcher les choses quand bien même par le biais d’un plus grand nombre d’écrans, de chaises, de blogs, de claviers et bureaux de plus partout aussi sur terre.

    Je comprends bien naturellement votre propos et je le respecte, mais vous savez si j’exprime cela plus ou moins maladroitement selon vos propres criètres de lecture et d’acceptation des choses, c’est parce que je pense qu’il ne serait pas forcément plus sage et plus prudent pour les gens de les laisser davantage s’épuiser corps et veuves pour toutes ces choses encore et encore, surtout si demain les choses se gâtent davantage, les gens en trouveront-ils toujours bien encore la santé et le moral de surpasser tout cela ? Enfin bref oublions tout de suite aussi le propos du jour de Jérémie, sans réelle importance non plus pour les grands décideurs politiques bien avisés de notre temps.

    Vous savez pour moi les grandes idées du socialisme contre le grand capital ne pourront enrayer le mal du système qui gangrène de plus en plus le monde, toute ma vie j’ai recherché en fait à être le plus honnête et sincère qui soit envers mon prochain, au risque même de passer pour le plus grand idiot du village encore aujourd’hui sur le blog communautaire de paul, et même si je fais parfois pas mal de fautes de langage et mon propos pourrait paraître simpliste pour les plus intellectuels et lettrés socialistes d’entre vous, j’aurais au moins tenté de faire comprendre aux concitoyens de mon temps que même le pauvre et modeste Jérémie n’y changera rien non plus dans ses autres et pauvres lamentations de plus.

    Vous devriez voir aussi ce que je vois lorsque je me mets davantage à acheter des kleenex pour me consoler, pourquoi les gens préfèrent plutôt me faire du mal ?

    C’est vrai on m’y souhaite parfois la bienvenu sur le blog quand j’y passe de temps en temps, mais sur le fond est-ce qu’on me console vraiment ? Enfin bref c’était juste pour vous faire un petit coucou, j’existe moi aussi vous savez, pourquoi la crise devrait-elle toujours appartenir aux mêmes aussi en société, qui donc serait réellement prêt pour me faire plaisir, à jeter par exemple tous les livres de Karl Marx au feu pour me suivre là où je vais, faudrait-il toujours
    se conduirent pareillement comme les gens d’en face pour plus de commerce des êtres encore et encore ? Qui ne sont en fait que l’autre visage de notre moitié littéraire en société .

    Non les ami(e)s vous ne réussirez pas à me faire rentrer de nouveau dans l’enclos,
    ça me fait encore trop mal voyez-vous d’être pauvre, je crois d’ailleurs avoir tout dit.

    Tiens mon ami(e) je préfère plutôt écrire cela pour toi aujourd’hui ?
    http://livredejeremie.unblog.fr/

    1. Jérémie,

      êtes-vous si isolé, en pensée du moins, que vous le dites ?

      Vous et Fab ne partagez-vous pas une conception similaire de l’individu et de son rapport à la société ?
      Je retrouve dans les propos de l’un et l’autre un même soupçon à l’égard de toute tentative de conception et de mise en place des solutions collectives. Vos sensibilités diffèrent quant à l’attitude qu’il faut alors adopter pour s’en sortir. Fab pense que par la prise de conscience individuelle, de proche en proche, et par un vrai dialogue qui concernerait le corps social dans son entier, il pourrait se produire une transformation globale et individuelle, les nouvelle solutions s’imposant d’elles-même à travers le dialogue, pourvu qu’il soit élargi.

      Vous êtes plus pessimiste que Fab. Pour vous l’approche des solutions collectives ne vaut rien parce qu’elle lèse toujours la personne humaine singulière. Quelque soit le système mis en place l’individu demeurerait le jouet des rapports de force. Votre préoccupation est donc la recherche du réconfort moral, puisé à la source religieuse. Pour vous, il faut élever le niveau du réconfort moral puisque toute tentative de réformer la société par voie politique est d’avance voué à l’échec.

      .
      Une question.
      Etre à l’écoute de l’autre, le reconnaître, même et surtout s’il est le dernier des dernier du point de vue de la hiérarchie sociale, est-ce suffisant, même si j’entends bien que c’est un premier pas indispensable, la base de toute éthique.

      Vous dites vous-même qu’il est dur d’être pauvre, c’est donc que la condition économique, objective de pauvreté n’est pas tolérable. Mais d’un autre coté vous nous dites aussi que l’on peut trouver un réconfort dans le religieux. N’y a-t-il pas un risque que votre viatique religieux comme solution unique fasse le jeu de ceux qui mettent en place les mauvaises solutions et qui continent de le faire, cela d’autant plus que les gens ne considèrent pas les solutions alternatives ? Si l’on ne cherche pas des solutions collectives pour réduire le pouvoir de nuisance des rapports de force, ce qui est le but de ce blog il me semble, on est bien certain que les pauvres resteront pauvres.

      D’une certaine façon votre position est plus proche de celle de Paul que celle de Fab car vous reconnaissez l’existence des rapports de force. Fab pense pouvoir les transcender par la prise de conscience individuelle et collective.
      Alors une deuxième question : pourquoi, a minima n’adhérez-vous pas à certaines propositions évoquées sur le blog — même si bien entendu elles ne résolvent pas tout — qui consistent à réduire l’emprise du rapport de force ? Est-ce votre désir de pureté, du refus de toute compromission en pensée et en actes ? Si c’est le cas, ce désir de pureté, ne risque-t-il pas de laisser le champ libre aux pouvoir économique, financier, politique, culturel, lesquels ne s’encombrent pas de certains états d’âmes pour continuer son programme d’assujettissement de l’humain à l’ordre du tout économique ? En d’autres termes, prendre soin d’autrui, des plus humbles, ne doit-il pas passer, aussi , par l’élaboration de solutions collectives. Est-ce vraiment aider l’autre que de ne pas prendre soin de la société ?

    2. Après enquête, le détective en vient à la conclusion que vous avez besoin du blog, tout comme il a besoin de vous.

    3. Bonsoir,

      Nous sommes entrés en société par peur, et l’avons masquée avec la hiérarchie. Cette peur, toujours présente, toujours masquée, venait de la non-résolution des questions existentielles. Nous n’avons pas pu, pas su, pas voulu les affronter. Et nous nous trimbalons depuis ces casseroles.

      La hiérarchie a pris plusieurs formes au cours de notre histoire, mais s’est toujours appuyée sur notre servitude volontaire : “je ne veux surtout pas me retrouver face à moi, face à ma peur, alors je choisis de suivre le système”. L’armée en est un des exemples les plus visibles (pour les civils) : du lever au coucher on te dit ce que tu as à faire. Il en va de même pour le reste de la société, qui réagit à l’impulsion du groupe sous la coupe du salariat. Ce salariat qui lui prend son temps pour fabriquer des choses qu’il va lui vendre, c’est prouvé ! Ce salariat qui à chaque fois qu’il lui vend du confort de vie lui prend du temps ! Trop fort.

      Et on continuerait à se battre contre les élites !? Laissons-les faire peuchère, si ça leur fait du bien, et battons-nous contre nous-mêmes, contre nos peurs.

      Non Jérémie, vous n’êtes pas seuls. Si vous le croyez c’est que les autres ne le crient pas encore assez fort. Il y a des millions de gens qui pensent comme vous, comme nous si je peux me permettre, mais ils ne s’entendent pas entre eux. Ils se regroupent de temps à autres pour une lutte précise, se donnant le sentiment d’être entendus, ça les rassure pour un moment…jusqu’à la prochaine fois. Mais le vrai mal-être lui reste inaudible. La peur étant toujours présente, la sécurité passe par l’acceptation de la hiérarchie en place, et du système de compétition qu’elle s’est choisi : le mal-être est synonyme de dysfonctionnement, de folie. Mais ça ne durera pas. Regardez ce qui s’est passé en Tunisie : qui oserait dire après ça que l’augmentation des prix des matières premières n’a pas du bon ?

      Quelques exemples :

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=20033#comment-142738
      http://www.ad-oc.be/doc/journee21fev09/actes.htm
      http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?static/publications (je viens de le découvrir : Pour une insurrection des consciences qu’il titre son blog !)
      http://users.cybernet.be/Michel.Lambotte/

      … la liste est longue et réunit en fait tous ceux qui croient en l’homme, tous ceux qui prennent ou ont le temps d’y croire. Nous sommes très nombreux. Peu audibles, mais très nombreux. La majorité. La totalité en puissance. Il faut continuer à crier, il faut continuer à vivre au mieux son quotidien, à montrer que le temps peut être utilisé agréablement à faire autre chose qu’à se laisser contraindre. À montrer que se laisser contraindre contribue à ce que les autres, et nos enfants, le soient. Continuer à montrer que participer à ce système c’est l’accepter et renforcer davantage la servitude pour un plus grand nombre, que travailler plus pour gagner plus pour consommer plus – pour polluer plus- pour que plus encore aient plus à produire, et donc à travailler plus pour gagner plus…, et bien qu’il serait temps que nous arrêtions de ne nous prendre que pour des cons.

      Arrêtons d’nous prendre pour des cons !

    4. @Fab

      en fait tous ceux qui croient en l’homme, tous ceux qui prennent ou ont le temps d’y croire. Nous sommes très nombreux. Peu audibles, mais très nombreux. La majorité. La totalité en puissance. Il faut continuer à crier, il faut continuer à vivre au mieux son quotidien, à montrer que le temps peut être utilisé agréablement à faire autre chose qu’à se laisser contraindre. À montrer que se laisser contraindre contribue à ce que les autres, et nos enfants, le soient.

      Je ne peux que soutenir vos propos
      C’est effectivement nos peurs qui nous dirigent, c’est mon osthéopate qui m’en a fait prendre conscience, lui aussi a fait un pas de côté.
      http://www.fiammetti.com/
      Nous sommes des créatifs culturels
      http://www.creatifsculturels.be/Presentation%20YM.htm

    5. Fab,

      Regardez ce qui s’est passé en Tunisie : qui oserait dire après ça que l’augmentation des prix des matières premières n’a pas du bon ?

      Si vous voulez dire par cette formule provocatrice que l’insoumission ne doit pas attendre la refonte du système des prix je ne peux être que d’accord. L’exemple tunisien est en effet un exemple de révolte pacifique qui a d’abord consisté à briser les chaînes de la peur. Pourquoi en effet ce qui a été possible en Tunisie, pays dont on disait les habitats peu mûrs pour la démocratie, ne pourrait pas s’appliquer dans nos pays occidentaux que l’on prétendait jusqu’ici plus démocrates ?!!

      Le fait est que cela arrangeait bien nos pseudo démocrates ( y compris dans les rangs du PS, l’internationale socialiste vient tout juste de radier de sa liste le parti de l’ex dictateur Ben Ali) que la liberté soit une idée étrangère hors les frontières de l’Europe.
      Plus de liberté de l’autre coté de la Méditerranée c’était le risque de devoir réviser à la hausse l’exigence démocratique chez nous.

      Cette révolte inattendue remet en selle l’idée de révolution ou du moins dans un premier temps de révolte collective, puisqu’une “révolution” peut se faire par des voies relativement pacifiques. Pour moi cet évènement tunisien est la meilleure nouvelle depuis le début de la crise et sans doute depuis la chute du mur de Berlin.
      Sous-estimer sa portée serait une grave erreur. Tous ceux qui prônent une refonte globale du système ont tord de ne pas prendre en compte la capacité des peuples de renverser un ordre devenu intolérable.

      Ceci dit ce constat ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux solutions globales. Au contraire, parce qu’en y réfléchissant sérieusement nous prenons la pleine mesure du caractère inique du régime capitaliste en vigueur. De même, sans vision claire, sans perspectives autres que celle du simple renversement ou du rétablissement de certaines libertés, il est à craindre que ce ne soit le retour du même sous d’autres formes. Le dialogue collectif des insoumis ne produit pas spontanément un régime plus satisfaisant. Les tunisiens qui se sont révoltés n’ont pas seulement fait une insurrection des consciences. Ils avaient d’abord une idée de ce qu’est une démocratie et de ce qu’elle pourrait être.

    6. (suite)

      Pourquoi ne pas considérer que ce qu’est parvenue à faire la Tunisie à savoir passer d’un état de dictature à un état républicain et démocratique inédit chez eux, nos démocraties pourraient tout aussi bien le réaliser en prenant pour objectif d’accomplir elles aussi un acte inédit ? Il s’agirait cette fois pour nos démocraties de rien de moins que de se libérer de la dictature des marchés en régime capitaliste. Puisqu’il s’agit d’une dictature, pourquoi n’y a-t-il pas révolte ? Notre problème principal ne serait-il pas finalement que l’idée de démocratie dont nous disposons aujourd’hui est une idée affadie de la démocratie, problème que n’auraient pas des peuples moins chanceux car n’ayant jamais connu une quelconque démocratie ?
      Dans cette perspective l’idée de constitution actant la nécessité de domestiquer l’économie me semble une excellente idée car précisément elle relève le niveau d’exigence démocratique requis pour mériter le nom de démocratie. Sur le blog il est beaucoup question des solutions techniques, c’est important mais l’objectif démocratique me semble aussi important, sinon plus, car sans lui, les solutions techniques ne pourront aboutir.

    7. Dans cette perspective l’idée de constitution actant la nécessité de domestiquer l’économie me semble une excellente idée car précisément elle relève le niveau d’exigence démocratique requis pour mériter le nom de démocratie. Sur le blog il est beaucoup question des solutions techniques, c’est important mais l’objectif démocratique me semble aussi important, sinon plus, car sans lui, les solutions techniques ne pourront aboutir.

      Je suis tout à fait d’accord, et bien modestement j’en parle autour de moi.
      La principale réaction des citoyens de base est de dire: cela nous dépasse de toute manière on ne peut rien y faire, c’est la finance qui dirige. Quand je sens que je les agace, je change de sujet.
      Je pense que les solutions techniques peuvent aider à la réflexion, mais il faut un suivi démocratique et politique, sans cela elles resteront méconnues et donc marginales.
      On peut tout aussi bien partir du bas de l’échelle en partant du technique que de faire le chemin inverse, l’un aidant l’autre. Je pense également que les masses média joue un grand rôle dans la difusion de toutes ces idées, et on sera peut-être étonné de la rapidité avec laquelle cela va se propager. Je pense que cette vitesse est exponentielle.
      Vous dites également:

      Pour vous (en parlant de Jérémie) l’approche des solutions collectives ne vaut rien parce qu’elle lèse toujours la personne humaine singulière.

      Nous sommes un groupe de jardiniers dans un jardin collectif, notre objectif est de faire vivre le jardin, bien entendu, nous avons tous des sensibilités différentes et des objectifs différents.
      Mais c’est cela qui fait la richesse du groupe ( comme la richesse de ce blog) .
      Si tout le monde voulait la même chose on en viendrait aux mains.
      Le groupe doit élever la personne, la faire évoluer, lui permettre de réaliser ses aspirations pour autant qu’elles ne nuisent pas à l’ensemble, de toutes façons si c’était le cas il serait vite rappeler à l’ordre.
      Bien modestement, il me semble que c’est cela que nous devons essayer de construire là où nous sommes avec nos propres moyens.
      Les solutions collectives ne lèsent en rien l’individu pour autant que l’objectif soit l’amélioration du bien être en consommant moins de sressources, mais comme le dit Fab, c’est une crise de civilisation et il faut tout repenser, c’est cela la difficulté.

  9. Le langage est une chose sociale. Il est donc le fait, non de l’individu, mais des individus pris en groupe. Sans lui, aucun système conceptuel ne serait véritablement ni possible, ni même imaginable. Par conséquent, aucun système conceptuel n’est réalisable en dehors d’une collectivité. Aucun individu, de lui-même et à lui seul, n’est capable de se faire ni un langage, ni un ensemble cohérent de notions. Langage et idées générales sont indépendants de chaque individu pris à part. Ils existaient avant lui, existent autour de lui, existeront après lui. Mais quelque chose qui existait avant nous, qui existe autour de nous et qui existera après nous, nous est bien, en quelque manière, extérieur, et ce qui est reconnu successivement extérieur à chacun, se trouve, en fin de compte, extérieur à tous. Si les idées générales relèvent du langage et le langage de la société, il faut que le langage et les idées générales possèdent une objectivité d’un certain ordre.

    1. Ben, idle; ce que vous présentez, ce sont les rétentions (secondaires et tertiaires) chez Stiegler (/ Simondon),
      ça fait partie des tenants et aboutissants de “l’individuation psychique et collective” …

      Mmm

  10. Timioto, bonjour vous voulez dire que les idées que j’expose sont proche de l’auteur et l’ouvrage cité ci-dessus, probablement, sachez au passage qu’ il n’est pas le seul à avoir écrit des ouvrages sur de la psychologie collective, mais si ce que j’écris s’approche d’auteur connu vous m’en voyez flattée.

  11. D’ailleurs, cher Timiota il ne saurait suffire d’avoir fixé la place provisoire ou définitive de la psychologie collective dans l’ordre du savoir ou de la recherche. Il nous importe en premier lieu de connaître comment elle remplira, en effet, cette place.

  12. Bonjour pardon de vous embeter avec mes petits soucis techniques, mais je n’arrive plus a lire la vidéo du vendredi et même via Daily motion, je viens de déménager et de passer du Pc au Mac, j’ai droit a un écran noir ! je ne comprends pas d’autant plus que la semaine précédente j’ai pu lire la vidéo alors que j’étais déja passé au mac, mais il se trouve qu’entretemps une personne à priori bien intentionnée est venu mettre à jour mon ordinateur… j’arrive toujours par ailleurs à lire d’autres vidéos ici ou là, je pensais que ca allait passer tout seul, mais après 3 jours pas de changement. Ceci est un SOS parce que moi aussi sauf erreur je les ai toutes regardées chaque semaine depuis le départ. Par avance merci et sinon tant pis reste l’essentiel.

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