Archives par mot-clé : élections municipales en France

Élections municipales et Convention citoyenne : vert à moitié vide ou à moitié plein ? par Vincent Burnand-Galpin

Avec la supposée « vague verte » du second tour des élections municipales et les annonces du Président Macron aujourd’hui sur la Convention citoyenne, sommes-nous en train de prendre enfin le bon chemin pour sauver le genre humain (du moins en France…) ?

Les faits sont là. Hier, le second tour des élections municipales a été marqué par la conquête de nombreuses grandes villes par les forces écologistes. A Lyon, malgré un accord entre LREM et LR, l’écologiste, Grégory Doucet, remporte l’élection haut la main avec plus de 52,4% des voix, alors que le candidat était encore inconnu au bataillon avant ces élections. A Bordeaux, bastion historique de la droite, c’est Pierre Hurmic de EELV qui remporte l’élection. Encore à Marseille, l’écologiste Michèle Rubirola arrive en tête avec 39,9% des voix. Il faut encore citer Strasbourg, Besançon, Poitiers, Annecy ou encore Tours… en tout, une trentaine de grandes villes ont maintenant à leur tête un maire écologiste.  

Chacun aura son explication, mais cette poussée verte est certainement une conséquence de la crise sanitaire. Comme (j’en proposais l’hypothèse) le 24 mars 2020 sur ce blog, la crise sanitaire a agi comme révélateur de notre fragilité et de l’interconnexion entre biodiversité, climat, santé et économie. La crise sanitaire aurait agi comme dernier avertissement de la Planète et il aurait été enfin entendu. La crise sanitaire actuelle est un exercice grandeur nature du type de crises qui nous attend dans les décennies à venir et les électeurs se rendent bien compte que ce n’est pas le monde qu’ils souhaitent pour l’avenir.

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L’allocution d’Emmanuel Macron, Président de la République française, le 12 mars 2020 – Retranscription

Retranscription de L’allocution d’Emmanuel Macron, Président de la République française, le 12 mars 2020. Bonjour, nous sommes le 12 mars…

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Les dirigeants chinois auront-ils été les seuls à se conduire humainement ?

Ouvert aux commentaires.

Avertissement. À ceux qui prennent leur plume pour s’indigner, en n’ayant encore lu que le titre du billet. Et à ceux qui, n’ayant lu qu’en diagonale, croient que j’affirme exactement le contraire de ce que je dis, et m’opposent alors comme « objections », une longue redite de ce que je viens d’expliquer, soyez gentils : lisez ce qui est écrit et ne marquez votre désaccord qu’une fois certains d’avoir compris. Car l’heure est grave.

La brutalité des propos d’un enfant gâté de la haute, tel M. Boris Johnson, ainsi que ceux sibyllins de l’Élysée, assurant que la décision de maintenir les élections municipales a été prise sur le conseil de scientifiques et non de politiques, et qu’elle n’est donc pas la bourde monumentale qu’elle semble être, mais une décision délibérée, ne nous conduiront-ils pas à dire un jour (ceux d’entre nous qui serons toujours là) que les seuls dirigeants à s’être conduits humainement au cours de cette crise, auront été les chinois ?

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Macron sera rapidement obligé de durcir la stratégie, par Alexis Toulet

Ouvert aux commentaires.

A moyen/long terme, Emmanuel Macron a ouvert quelques pistes intéressantes hier soir – reste bien sûr à voir ce qu’il en sortira dans six mois ou un an.

A très court terme, pour faire face au coronavirus, si je veux voir le verre à moitié plein je vois un président qui commence à bouger – fermeture des écoles, recommandation aux personnes âgées de sortir moins, aux entreprises de faire davantage de télétravail.
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Municipales : il reste encore un peu de temps pour faire prévaloir la raison !

Le Monde :

« De toute façon, on n’a que des mauvaises solutions, résumait un proche de M. Macron, avant l’allocution du chef de l’Etat. Si on reporte l’élection, on nous accusera de vouloir gagner du temps car on nous prédit une défaite ; si on maintient, on nous accusera de ne pas avoir pris la mesure de la gravité de l’épidémie… »

1° « vouloir gagner du temps » = être accusé d’un calcul politique.

2° « gravité de l’épidémie » = disposer avec légèreté de dizaines ? centaines ? milliers ? de vies humaines

Moralité : le cynisme tue.

P.S. M. le Président, il reste encore un peu de temps pour faire prévaloir la raison

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Petite chronique des siècles de plomb : France, élections municipales, 2014, par Jacques Seignan

Billet invité.

De la Patagonie à la Sibérie, de la Californie à la Somalie, dans le monde entier, tout était suspendu à la décision que prendrait le deuxième Président socialiste, élu par la patrie des Droits de l’Homme et le pays de la Révolution de 1789 – et, en 2014, c’était une nation très riche, 5ème puissance mondiale par son PIB.

La situation était grave. Les forces obscures montaient. Le désarroi frappait tous les Français : il devenait terriblement difficile pour les jeunes de trouver du travail ou pour les vieux d’en retrouver ; pour tous, l’avenir s’assombrissait. Nul, à part quelques-uns dans leurs univers protégés – qui donnaient heureusement du travail aux artisanats de luxe ou à des agences de voyages spéciales (1) –, n’était à l’abri. Les inégalités augmentaient inexorablement. En un mot, l’activité économique était atone et risquait de s’enfoncer davantage par l’euthanasie programmée du consommateur, conséquence d’une politique d’austérité inflexible – toutefois après en avoir acceptée les règles dogmatiques et ineptes, il était question de marchander des délais. De plus la société souffrait devant un niveau de corruption jamais atteint avec l’impunité arrogante des coupables. Un voleur de scooter était rapidement emprisonné ; un fraudeur du fisc, un politicien véreux, un banquier escroc ou un concussionnaire voyaient leur jugement final indéfiniment reporté et les peines encourues étaient faibles. En conséquence de tous ces dysfonctionnements intolérables, le fameux « peuple de gauche » avait fait une grève massive aux élections municipales ; il s’était comme volatilisé. Les résultats furent catastrophiques y compris pour des mairies de gauche sortantes qui avaient pourtant fait un travail honnête.

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L’INTERVENTION DU PRÉSIDENT FRANÇOIS HOLLANDE LE 31 MARS À 21h

Que peut-on dire de l’intervention du Président de la République française au lendemain d’élections municipales calamiteuses pour son parti ? Rien, parce qu’il a pris la précaution de dire : « Je vous ai compris ! » et qu’à cela, il est impossible de répondre quoi que ce soit : « Oui, vous m’avez compris ! » n’aurait aucun sens puisque rien ne s’est encore passé qui puisse confirmer que ce soit vrai, et de même : « Non ce n’est pas le cas : vous ne m’avez pas compris ! » serait de mauvaise foi, et pour la même raison : rien ne permet encore de le dire.

Il faudra donc juger aux actes : vérifier que le cap est maintenu, non pas par rapport à ce qui a été fait depuis vingt-deux mois, qui exige lui une inflexion de l’aveu même du Président (sans quoi son « Je vous ai compris ! » serait sans objet), mais par rapport à ce qui avait été dit qui serait fait et sur la foi de quoi le peuple l’avait élu. Le premier acte sera la composition de l’équipe ministérielle : en soi déjà elle signalera la vraisemblance ou non d’une rectification du tir. Il faut donc commencer par attendre de connaître celle-ci. Attendons, cela ne saurait trop tarder.

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Peut-être après tout que c’est très simple, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité

Selon la presse, le FN monte, mais pas vraiment ou pas tant que ça ; la droite ne perd pas vraiment, ou pas tant que ça, il se pourrait même qu’elle enregistre de gros bénéfices. Dès lors, ce qui se passe, en tout et pour tout, c’est la disparition de la gauche. Du moins, comme force politique. Car les gens qui se situent à gauche, nous par exemple, ne disparaissent pas. C’est pourquoi nous avons tant de mal à nous représenter la situation : vivants, mais inexistants, invisibles et paralysés.

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DÉCEPTION, par Jacques Seignan

Billet invité.

Le mot DECEPTION écrit en majuscule éviterait de préciser si l’on va parler du mot français déception ou du mot anglais deception. Du latin « decipere », décevoir signifiait en français « tromper » (XIIème) et le substantif, déception, jusqu’au XVIème siècle, « tromperie » (1).

On connait les emprunts massifs de l’anglais au français – et les allers-retours (cf. tunnel, flirter…) mais il faut se souvenir qu’il y a parfois un effet conservateur dans les emprunts qui sont à la source de ce que l’on appelle les faux-amis. L’anglais a pu ainsi garder le sens original de mots français importés dans les siècles passés. Par exemple dans un texte français du XVIIème, actuel, actuellement, signifient «effectif, vraiment» tout comme dans l’anglais actualactually ; un événement qui peut être incertain quant à son avenir sera dit éventuel en français mais en anglaiseventual se traduit par final et jamais par éventuel. Il est amusant de savoir que faux-ami se traduit par false friend mais aussi par « deceptive cognate »… en employant l’adjectif dérivé du mot déception dans son vieux sens, tromperie.

Donc il y aurait bien un lien profond entre un résultat et son origine … actuelle et sans doute pas éventuelle.

Une tromperie, une « deception » entraine une déception de la victime. Ce mot est sans doute trop faible pour exprimer ce qu’a ressenti le peuple de gauche, grandement trahi et profondément déçu, et qui vient de le manifester avec force par son vote d’hier – ou son abstention massive. Un dernier avertissement.

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(1) – Dauzat et al ; Nouveau dictionnaire étymologique et historique, Larousse,1971

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1er tour des Municipales en France

Vous me l’avez peut-être entendu dire ce matin, sur la radio suisse : quand les partis dits « raisonnables » ignorent délibérément les enjeux de société, la nature – qui a horreur du vide – permet aux partis dits « populistes » de s’en emparer. L’attachement du peuple à ce que les problèmes qui se posent à lui soient résolus, va se nicher où il le peut. Et Dieu merci, puisqu’on reste ainsi dans le cadre démocratique. Tant, du moins, que ces partis populistes demeurent légaux parce qu’ils respectent les règles du fonctionnement démocratique. Il faut louer le peuple de faire preuve de tant de sang-froid quand on voit la manière dont on le traite !

Ceci est-il susceptible de rendre un peu de jugeote aux partis dits « raisonnables » ? On aimerait bien, mais vu leur incapacité constatée au cours des six dernières années à secouer le joug de la finance sur les enjeux de société, et leur entêtement à adopter – quand ils prennent des mesures – celles qui ne font encore qu’aggraver la situation, on a toutes les raisons d’être inquiet !

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