Élections municipales et Convention citoyenne : vert à moitié vide ou à moitié plein ? par Vincent Burnand-Galpin

Avec la supposée « vague verte » du second tour des élections municipales et les annonces du Président Macron aujourd’hui sur la Convention citoyenne, sommes-nous en train de prendre enfin le bon chemin pour sauver le genre humain (du moins en France…) ?

Les faits sont là. Hier, le second tour des élections municipales a été marqué par la conquête de nombreuses grandes villes par les forces écologistes. A Lyon, malgré un accord entre LREM et LR, l’écologiste, Grégory Doucet, remporte l’élection haut la main avec plus de 52,4% des voix, alors que le candidat était encore inconnu au bataillon avant ces élections. A Bordeaux, bastion historique de la droite, c’est Pierre Hurmic de EELV qui remporte l’élection. Encore à Marseille, l’écologiste Michèle Rubirola arrive en tête avec 39,9% des voix. Il faut encore citer Strasbourg, Besançon, Poitiers, Annecy ou encore Tours… en tout, une trentaine de grandes villes ont maintenant à leur tête un maire écologiste.  

Chacun aura son explication, mais cette poussée verte est certainement une conséquence de la crise sanitaire. Comme (j’en proposais l’hypothèse) le 24 mars 2020 sur ce blog, la crise sanitaire a agi comme révélateur de notre fragilité et de l’interconnexion entre biodiversité, climat, santé et économie. La crise sanitaire aurait agi comme dernier avertissement de la Planète et il aurait été enfin entendu. La crise sanitaire actuelle est un exercice grandeur nature du type de crises qui nous attend dans les décennies à venir et les électeurs se rendent bien compte que ce n’est pas le monde qu’ils souhaitent pour l’avenir.

Mais est-ce donc une vague verte qui déferle en France ? Pas tout à fait. Il faut noter d’abord que cela ne concerne qu’une trentaine de villes sur environ 300 villes de plus de 30 000 habitants en France (on ne considère pas ici les plus petites villes et villages où les enjeux des municipales sont très différents). Ces élections municipales restent avant tout marquées par le statu quo : les villes anciennement PS le demeurent, les villes anciennement LR le restent également (de même pour le RN qui conserve 8 des 10 villes remportées en 2014, et le PCF, malgré la défaite à Saint-Denis).

Ensuite, il ne faut pas se faire d’illusions : le grand vainqueur de ces élections est l’abstention. Près de deux électeurs sur trois ne se sont pas déplacés pour ces élections. La peur du coronavirus ? Peut-être. Mais pour près de deux électeurs sur trois qui vont quand même faire leurs courses pour pouvoir se nourrir, un bulletin de vote ne valait pas plus qu’une baguette de pain.

Enfin, la vague verte de ces élections est d’abord un phénomène citadin. Ce sont 30 villes qui ont été conquises par les écologistes ce qui ne reflète en rien les préoccupations de la population dans sa globalité. Les électeurs écolos en ville ont un profil particulier qui n’est aucunement représentatif de la population dans son ensemble.

Un signe encourageant néanmoins de ces victoires écologistes est de constater qu’elles ont été permises par de larges alliances entre les écologistes et les différents mouvements de gauche. A Bordeaux, le candidat EELV l’a remporté avec le soutien du PS et du PCF. A Marseille, Michèle Rubirola arrive en tête grâce à une large alliance des écologistes avec le PS, le PCF, LFI et plusieurs mouvements citoyens. Idem pour d’autres villes comme Tours. Ces alliances marchent aussi dans l’autre sens : à Paris, Anne Hidalgo arrive largement en tête avec le soutien notamment des écologistes et du PCF.

Contrairement au niveau national, au niveau local les mouvements de gauche et écologistes savent se parler et s’unir quand il le faut. Aujourd’hui, on le sait, l’économie de guerre climatique ne peut se faire sans un Etat-Providence fort et ces alliances sont de bon augure. C’est en s’unissant que la gauche et les écologistes ont gagné des victoires à ces municipales. C’est donc en s’unissant que la gauche et les écologistes peuvent espérer gagner en 2022 pour enfin se mettre sur le bon chemin pour sauver le genre humain !

Et si Emmanuel Macron a raté le coche des élections municipales, il semble vouloir se rattraper avec ses dernières déclarations au sujet de la Convention citoyenne. Alors que les mesures adoptées par la Convention étaient réputées très encourageantes par les ONG écologistes, il compte intégrer les 149 propositions (sauf trois) dans la législation française. Mais comme dit l’adage, le diable se cache dans les détails… il faudra rester vigilant sur le fait que ces textes ne soient pas vidés de leur sens au moment de la traduction juridique des propositions.

Il reste néanmoins intéressant de constater qu’Emmanuel Macron ne compte aucunement entériner les propositions de la Convention citoyenne et souhaite plutôt s’en servir pour relancer sa politique climatique. Le risque demeure que cela reste des annonces sans lendemain. Macron souhaite notamment réaliser un référendum pour intégrer la protection de l’environnement dans l’article 1er de la Constitution. Or tout bon juriste sait que la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement fait déjà partie du « bloc de constitutionnalité », selon la décision fondatrice du 16 juillet 1971 du Conseil Constitutionnel, par l’intermédiaire de la Charte de l’environnement de 2004. Donc affaire à suivre !

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52 réflexions sur « Élections municipales et Convention citoyenne : vert à moitié vide ou à moitié plein ? par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Macron a lâché un os à ronger. Pour gagner du temps, pour faire diversion. Et la raison en est limpide : pas de compromis avec les dividendes. Or pour faire une politique ambitieuse il faut un financement.
    IL n’y aura pas de référendum, car tout référendum se transforme automatiquement dans le cadre de la 5ème république en référendum pour ou contre la politique du président. IL ne prendra donc pas ce risque. Seul un De Gaulle pourrait le faire. Mais Macron n’a pas le sens de l’Etat et de l’intérêt général de De Gaulle.
    Un référendum n’aurait de sens que pour entériner un programme cohérent qu’il aurait été décidé au préalable. Autrement dit il faudrait que Macron annonce et décide une autre politique AVANT le référendum. Un catalogue de mesures ne fait pas un programme. Quant à la intégration de la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution cela apparaîtra comme un énième vœux pieu. Il n’est plus temps pour les citoyens de croire aux promesses, il faut des actes, maintenant, car il y a urgence.

  2. Si la crise sanitaire peut être appelée comme  » agent motivant » pour faire murir et croitre la préoccupation  » écologie » , il ne me semble ni juste ni exact d’en faire la raison clé du succès électoral évident de cette « idée » ( ou paradigme , ça fait plus savant et impressionnant ) à ce deuxième tour . Je remarque d’ailleurs que ce bond en avant était déjà inscrit dans les résultats du 1er tour .

    Je note aussi que la recomposition des idées sur le terrain , a donné lieu , via 3 mois de délai de discussion inattendus , à des compromis locaux et « rapprochements » impensables ( cf Lille où LR appelle à voter Aubry , ou à Annecy la fusion d’une liste écolo avec une liste de droite d’une députée LREM dissidente pour battre un maire sortant droite – centre droit ! )

    Sinon avec Paris ( ou Hidalgo a bien senti la bonne tendance ) , Strasbourg , Lyon , Bordeaux , quasiment Marseille … excusez du peu , quand on connait l’importance des grandes métropoles dans la marche du pays ( et dans les politiques ….. « régionales » …) , on peut dire sans se tromper que le pays « moteur » vient d’annoncer sinon la couleur , mais la direction lourde qui le tente .

    J’ai beaucoup moins d’attente sur l’impact de la convention citoyenne et sur la valorisation que Macron voudra et pourra en faire ( d’autre que l’aider à survivre ) . J’avais applaudi le 110 km/h comme une action pratique et psychologique majeure pour lancer vraiment le changement de comportement salutaire d’une société vis à vis de la drogue vénéneuse qu’est la bagnole . C’est loupé .

    Les inscriptions de grands mots dans la constitution me font rigoler dans cette situation où l’on renonce d’entrée à se soulager petitement d’un engin absolument écocide ! La seule bonne raison de mettre la Constitution sur le billard , c’est d’autopsier la propriété .

    Sur l’abstention , j’ai donné mes pistes de fond ( rénovation électorale , rôle du parlement , statut du président et du premier ministre , décentralisation / déconcentration , proportionnelle , instillation d’occasions de démocratie directe …) Mais j’avoue que je ne crois plus à la faculté de notre peuple de dépasser ses humeurs et plaisirs égoïstes . Ça pourrait être néanmoins la deuxième seule bonne raison de s’intéresser à la Constitution , pour autant que notre nation sache repérer et recevoir sa vraie souveraineté par une Europe enfin présente au monde .

    Même pour un virus , ça semble un chantier ardu .

    Prions .

    1. Prions sans maladie de Creutzfled Jakob, s’il vous plait.
      Le déport du boeuf est obligatoire, même si le boeuf est masqué, voire musqué

    2. @juanessy
      Oui, pas la grosse vague, mais quand même pas rien !
      Et on peut espérer que ces villes ( et même la métropole dans le cas de Lyon), soient comme des ‘têtes de pont’ pour la suite…

    3. Techniquement je suis d’accord avec vous concernant les 110 km, c’est nécessaire, mais politiquement c’est peu pertinent de se focaliser sur cette mesure. Si cette mesure passe mal ce n’est pas tant que les gens ne veulent rien comprendre, sont conservateurs à tous crins, c’est parce qu’elle n’est pas englobée par un programme complet où celle-ci prendrait tout son sens. C’est la même erreur qui fut commise  avec les Gilets jaunes.
      Heu, en fait d’erreur, il s’agit plutôt d’une tactique consistant à noyer le poisson coté gouvernemental en donnant du foin aux ânes. Et effectivement, les ânes sont au rendez-vous. La veille de l’annonce officielle des mesures retenues par le convention citoyenne, parmi les informations qui avaient filtré, il y avait les 110 km. Et en avant, les chaînes d’info en continu n’ont parlé que de ça.

      1. Po po po po .… Dès que les 150 (alors ) mesures mises au net apr les  » conventionnels  » ont été connues , les commentaires ( et pas seulement ceux des médias ) se sont emparés des 110km/h , et tous les sondages petits ou grands ont rapidement donné des réponses de l’ordre de près de 80 % de contre ! Je ne crois pas du tout à l’argument  » oui mais il faudrait que ça fasse un tout  » comme motivation recevable . Comme prétexte a posteriori par contre ….

        Je ne me souviens pas non plus que nos ténors de tous bords se soient précipités sur les micros et les caméras pour prêcher la bonne parole autoroutière .

        Au passage , je trouve un peu ….facile , dans le propos de Paul Jorion d’avancer que ce sont les 1% qui veulent faire du 130 km/h ( et plus ), quand 75 % au moins le veulent ! Mais c’est vrai qu’il reconnait n’être sur les autoroutes que une à deux fois par an .

      2. Ce que j’ai dit, c’est que ce n’est pas pour la même raison que les gens s’opposent d’une part à une baisse de la limitation de 90 à 80, et de 130 à 110. Pour commencer, ce ne sont pas les mêmes routes. Je conçois évidemment qu’il y ait des gens qui soient contre les deux mesures mais je dis alors que le refus du 90 à 80, c’est pour rentrer plus vite chez soi le soir, et du 130 à 110, c’est sur la route des vacances. J’habite la Bretagne où il n’y a pas de route à 130 (sauf le tronçon d’A84 de Rennes en direction de Caen) et un Breton qui est contre le 130 à 110, ça ne s’applique donc pour lui ou elle qu’aux mois de juillet et août.

      3. Po po po po … à réécouter à partir de minute 7, 55 . ….

        Par ailleurs , je serais curieux de savoir ce qu’aurait donné le sondage réduit aux seuls bretons !

        Au passage , c’est à De Gaulle que les bretons doivent un réseau assez bien foutu de routes nationales express ( sans péage ) . On appelait ça le plan breton . Ça a couté une blinde au budget national :

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_routier_breton

      4. Juannessy
        Ts’sss t’sss …
        Le ver était dans le fruit lors du lancement de cette convention citoyenne, qui a certes le mérite d’exister mais qui d’emblée n’avait pas de vocation politique. Elle ne pouvait donc pas nous concocter un programme cohérent.
        Comme Jorion l’avait prédit d’ailleurs dans un tweet, elle a accouché d’une souris parce qu’en dernier ressort c’est le président qui decide ce qu’il faut en retenir.
        Donc il en est ressorti un catalogue de mesures, dont certaines ont une portée systémique, et d’autres non. Et c’est là que le bât blesse.
        Passer de 130 et 110 du point du vue quantitatif ce n’est pas négligeable mais cela n’a aucune portée explicative et programmatique. C’est traiter le symptôme de l’automobilo-centrisme, pas sa cause. Comment voulez-vous que les gens adhèrent à ça dans ces conditions ?
        Si la convention citoyenne avait proposé une reconversion de l’industrie automobile accompagnée d’une refonte de l’aménagement du territoire, avec cartes à l’appui, modélisation de la chute de la pollution atmosphérique qui en résulterait, on serait passer à autre chose. Un vrai débat se serait engagé, au lieu de quoi, avec ces 110 Km la contestation se focalise sur cette mesure-symtôme. , le sage montre la lune, mais l’idiot regarde le doigt. Les gens ne sont pas idiots dans leur majorité, mais nos dirigeants font tout pour faire diversion. Faut pas être dupe.

      5. @PYD complément :

        Je note au passage qu’avec  » le ver était dans le fruit » vous tenez la dragée haute à Vincent Burnand-Galpin qui avec son » vert à moitié plein ou vide » , nous montre que ses participations aux manifs comme guide honoraire de Green Peace lui ont émoustillé les neurones .

      6. @juannessy (30/6 à 14h42&15h39)
        A mes yeux votre  » Po po po po  » est une grande première (= jamais lu écrit par vous).
        Par contre , je connais sans l’employer en français.

        Vraie question… : Est-ce pour vous un hasard d’écriture… ou est-ce inspiré d’ailleurs? et d’où?
        ((Nous comparerons les réponses…^!^…))

      7. En Grèce d’aujourd’hui…en début de phrase (souvent 3 répétitions) quand l’intention est de contester/contredire un interlocuteur qui vient d’affirmer que…
        Voilà , c’est constaté…vous parlez grec… ^!^…

  3. Je sais bien que c’est la loi de la démocratie, et il faut la respecter.
    Il n’empêche qu’ avec 60% d’abstention, dire l’avenir ou même déceler une tendance de fond, est hasardeux.
    Les bétonneurs-à-tout-va et voituriers ont encore un bel avenir.

  4. Bravo à cette analyse extrêmement lucide et intéressante. Oui, 60 % de l’électorat reste hors d’atteinte des offres électorales et il devra se laisser convaincre par la force d’entrainement et par les catastrophes récurrentes. Ou par le populisme. (!)
    Il faut dire aussi que les victoires vertes se maintiennent (Grenoble…) pour d’autres mandats. La prochaine échéance est territoriale (les Régionales) et c’est une occasion à saisir.
    Macron a définitivement raté sa présidence (pas d’ancrage local) mais il garde un pouvoir de nuisance. Le référendum en fait partie. Il ne faut pas s’enfermer dans cet agenda, tout en y participant…

    1. @glmee (29/6 à 22h40)
      …  » Macron a définitivement raté sa présidence ( pas d’ancrage local) mais il garde un pouvoir de nuisance  » …
      pas d’ancrage local … Il ne pouvait en être autrement . Un rassemblement , pour ne pas dire un ramassis ..d’égos locaux discordants.
      il garde un pouvoir de nuisance … Absolument noter (et faire passer le message) que Macron n’aurait RIEN été sans la stupidité des « clusters » indépendants pressés , chacun dans la confusion le plus totale , par leur « dégagisme » de désigner même un chien portant une pancarte « réforme » dans les Législatives qui ont suivi.. !! Là , et UNIQUEMENT là , est LA faute à ne plus jamais reproduire.

  5. …  »  » Enfin, la vague verte de ces élections est d’abord un phénomène citadin. Ce sont 30 villes qui ont été conquises par les écologistes ce qui ne reflète en rien les préoccupations de la population dans sa globalité . Les électeurs écolos en ville ont un profil particulier qui n’est aucunement représentatif de la population dans son ensemble  »  » …
    C’est aussi mon avis (= ma certitude) . L’ « écologie par défaut » est la pire des choses.

  6. Aucune surprise, les écolos font toujours d’excellents résultats lorsque la majorité de l’électorat reste à la maison… Leurs électeurs sont manifestement les derniers à se faire des illusions quant au processus électif.

      1. On ne peut pas être déçu d’un processus sur lequel on ne fonde strictement aucun espoir. Nos maires écolos seront cantonnés (sans jeu de mots) à faire comme madame Hidalgo et comme chacun de leurs collègues de toutes obédiences, de la gestion de voirie et de l’inauguration de chrysanthèmes. Voici un petit texte qui résume assez bien le fond de ma pensée.

      2. Vous n’êtes pas capable de la résumer vous même ?

        Mais relisez votre commentaire de 10h 45 . Il n’y a rien qui vous choque ?

      3. @juannessy

        Bien sur que je peux vous le résumer, et de manière très simple, lapidaire même, en empruntant un fameux slogan de mai 68: « Élections, piège à cons ». Ce fut singulièrement vrai au premier tour de ce scrutin, mais reste par ailleurs une vérité tout à fait générale.

        Quant à ce qui devrait me choquer, pourriez-vous être explicite?

    1. Ne pas se faire d’illusion sur le processus électoral c’est une chose, mais passer complètement aux oubliettes une institution qui malgré ses défauts fut acquise de haute lutte demeure incontournable car c’est définir les politiques locales, voire plus, n’est-ce pas un peu casse-cou ? Je préfère que la citoyenneté avec toutes les limites qui sont les siennes dans le système actuel soit prise au sérieux par des écolos que par des électeurs du RN.
      Arithmétiquement les écolos n’ont pas obtenu une victoire, mais il y a une dynamique dans les grandes villes. C’est important pour la suite, car ainsi on ne pourra plus dire que les écolos ne sont pas capables de gérer de grands ensembles de population. Une grande ville c’est un peu, toutes proportions gardées, un pays en modèle réduit. Sécurité, aménagement du territoire, logistique en matière d’approvisionnement, pollution, éducation, tout y passe ou presque.

      1. @PYD

        Concernant les « hautes luttes », un extrait du texte proposé précédemment en guise de réponse:

        « Que lui importe que ce soit Emmanuel, Edouard, Jean-Luc, Marine ou un quelconque écolo qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »

        Vous et moi ne donnons probablement pas le même sens à la dynamique que vous évoquez. Selon moi elle n’est que la continuation d’un mouvement qui nous conduit à la ruine, car en définitive dans un régime où l’État et ses subdivisions sont complètement inféodés aux marchés, la couleur de la veste du factotum fraichement élu n’a strictement aucune importance, d’autant moins qu’il peut la retourner à son gré.

    2. Explicite : comment les écolos peuvent ils faire de bons scores aux élections alors que leurs électeurs n’ont aucune illusion sur les élections ?

      Pour les cons , ils savent heureusement se piéger tous seuls à l’usage , sans avoir besoin d’élections . Sauf quand on élit le roi des cons .

      1. @juannessy

        Vous m’aurez mal lu: Je ne dis pas que les électeurs écolos n’ont aucune illusion sur les élections mais bien au contraire que ce sont les derniers à y croire. Ceux qui n’ont plus d’illusion, ce sont les abstentionnistes, le parti majoritaire en France (comme quoi il y a peut-être moins de cons que ce qu’on veut bien dire).

      2. Dans toutes ces illusions , il y avait matière à faire effectivement une traduction contraire à l’intention de départ .

        Mais , après tant d’illusions perdues , s’il y en a bien une que je garderai absolument pour parer autant que possible aux gros bonimenteurs et à la guerre de tous contre tous , c’est bien l’élection .

        Touche pas à mon bulletin de vote , c’est moi et moi parmi les autres !

        Et ça , je n’ai pas besoin « d’y croire » . J’en suis viscéralement , d’inné et d’acquis , certain .

        Mort à la bagnole ! Aux chiottes les abstentionnistes !

  7. 36,68% de taux de participation ! Il est difficile de tirer de conclusions.
    Compte tenu du contexte sanitaire, on ne sait même pas pourquoi les gens n’ont pas voté.
    Défiance, crainte, lassitude. ??
    Une chose est sûre, les macronistes sont cuits, la droite bouge encore , les socialistes dissous dans la menthe à l’eau , le reste de la gauche pedale dans la choucroute de la division, et l’extrême droite hésite entre le bleu et le brun voire bien noir.
    Sans oublier les jaunes qui n’ont plus de gilet, et se retrouvent à poil et sont encore une fois les dindons de la farce.

    Par contre l’écologie cosmétique, gagne de la visibilité et la confiance de la population aisée, jeune, urbaine, perméable aux prêches d’une gamine de 15 ans et des conseils de quelques acteurs et actrices qui du fond de leur piscine à plusieurs millions conseillent aux gueux de vivre plus simplement en se débarrassant du superflus pour sauver la planète.

    1. C’est assez désagréable de lire que la percée écologique aux municipales (réelle dans les grandes villes) s’expliquera notamment par les prêches d’une gamine de 15 ans. On croirait entendre le commentaire d’un éditorialiste de LCI, BFM ou Cnews, au choix.
      Je me fous de savoir quelle est la composition sociologique de ceux qui ont voté écolo, si ce vote permet de faire avancer la cause.
      Bien sûr il faudra une assise bien plus solide pour qu’on puisse dire qu’il y a un tournant écololgique, mai de là à cracher dans la soupe …
      Greta n’a pas démérité, c’était juste une lanceuse d’alerte, on dirait que ça dérange encore beaucoup de monde.

      1. Vous avez omis de lire le mot « cosmétique mes remarques concernent uniquement « l’écologie cosmetique » .
        Ecologie doit rimer avec fin ou au moins correction radicale du mode de production capitaliste.
        Disons pour être clair ,Macron ne peut pas faire une politique écologique. Point.
        Les citoyens donc présents dans son jardin pour écouter son discours , font de l’écologie cosmétique

    2. Votre dernier paragraphe est d’une absolue mauvaise foi et stupide .

      L’écologie confrontée à l’économie s’ancrera dans le pays par les villes et métropoles d’abord , et c’est méconnaitre complètement les mécanismes qui font bouger un territoire sur la durée que de ne pas le noter .

      Par contre j’espère bien que les citadins resteront dans leurs villes petites et moyennes , car il n’y a pas plus écologiques , et que les habitants des métropoles y resteront aussi car leur migration  » en milieu rural » ( remarque faite que l’INSEE a de plus en plus de difficulté à qualifier objectivement ce qu’est le milieu rural ,) serait une catastrophe . De ce dernier point de vue un article dont je partage assez largement l’analyse et les conclusions à l’expérience de quelques décennies de  » territoriale  » de tous calibres :

      https://theconversation.com/tous-au-vert-scenario-retro-prospectif-dun-exode-urbain-137800

      1. @Juannessy
        Article très intéressant. Merci.
        Je compatis avec l’INSEE pour ce qui est de la qualification du milieu rural. Entre l’agro-industrie d’un coté et les villages-dortoirs de l’autre, on s’éloigne des vieux schémas hérités du siècle dernier.
        Quant à la montagne, on le classe dans quoi le complexe de La Plagne ?
        https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plagne
        Mon petit doigt me dit que le critère nombre d’habitant n’est pas opérationnel à lui seul.

      2. Oui vous avez raison de vous méfier du « milieu rural », il vote à 30% pour le RN.
        Au passage, la « poussée » ou la « victoire » des verts lors de ces municipales s’appuie sur 100 000 ( Lyon bordeaux strasbourg reunis) citoyens clairvoyants et une abstention record.

    3. 36,68% de taux de participation ! Il est difficile de tirer de conclusions.
      La seule qui vaille c’est que rien est impossible ducoup

      1. D’ailleurs l’aptitude des français à ne pas faire naturellement ce qui ne leurs semblent pas bon est formidable! Et rassurant d’un côté.

  8. « L’inscription sur les listes électorales est obligatoire en vertu de l’article L9 du code électoral16, mais aucune sanction n’est prévue. L’inscription est automatique si l’on est en âge de voter. En revanche, le droit de vote est considéré par les institutions comme un devoir moral pour les citoyens, comme le rappelle l’inscription figurant sur les cartes électorales : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique », mais cette qualité de « devoir moral » ne s’appuie sur aucun texte légal ou réglementaire. Malgré l’émission de 53 propositions de loi sur le sujet depuis les débuts de la Troisième République, le vote obligatoire n’a jamais été instauré. Toutefois le vote est obligatoire pour les grands électeurs (environ 144 400 personnes), à l’occasion de l’élection des sénateurs. En effet, l’article L 318 du code électoral21 prévoit la condamnation à une amende de 100 euros par le tribunal de grande instance du chef-lieu tout membre du collège électoral qui, sans cause légitime, n’aura pas pris part au scrutin. Avant la modification par l’article 11 de la loi no 2004-404 du 10 mai 2004, l’amende était de 4,50 euros.

    Le débat sur le vote obligatoire revient très souvent sur le devant de la scène en France »

    Obligatoire et en version éléctronique pour qui veut, le minimum pour notre démocratie!

    1. Hmm… Il me paraît malheureusement indéniable que Zemmour a raison : « Vert, c’est vert ! (il n’y a plus d’experts !) », et malgré l’existence insistante de toutes les nuances de vert, vert restera vert !

      Maintenant, pour être sérieux. La responsabilité engagée n’est pas celle de Zemmour : le malheureux déraille, il a complètement basculé dans la déraison. La responsabilité qui est engagée est celle de C News qui l’invite à parler et le laisse parler, probablement dans un but de lucre, en dépit de sa déchirante déchéance psychique.

      Une partie pourrait invoquer dans ce cas-ci la « non-assistance à personne en danger » de la part de C News. Mais qui ? Je m’adresse là directement aux juristes.

    2. Il faudrait quelque chose pour marquer clairement la différence entre l’intérêt général, et la recherche d’audimat. Parce que c’est comme ça qu’il se défend le bougre.

  9. La troisième mesure à être rejetée concerne la modification de la Constitution. Les citoyens de la Convention proposaient de réécrire le préambule de la Constitution en y ajoutant la phrase suivante : « La conciliation des droits, libertés et principes qui en résulte ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité ». Selon le Président, « une telle rédaction risque de placer l’environnement au-dessus des autres valeurs. Il ne faut pas mettre le droit de la nature au-dessus des droits humains »
    https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-climat-macron-35744.php4

    Voilà bien une décision mortifère qui devrait faire la Une, provoquer une opposition totale et tourner en boucle sur les écrans, plutôt que la limitation de vitesse. (ici même ! )

    Que peuvent bien devenir les « droits humains » si l’équilibre naturel de notre unique écosystème n’est pas mis au dessus de tout autre considération ?

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