VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Champ de cohérence de la théorie

Aliena fait au fil de ses interventions sur le blog une présentation instructive de la Modern Monetary Theory (MMT). Elle explicite les réalités que cette théorie considère et celles qu’elle ne reconnaît pas. Cette théorie dominante aux États-Unis si l’on en croit la politique monétaire actuellement suivie pose la monnaie comme la production spécifique de l’État dans l’économie. Le signe monétaire est une matière sui generis qui n’a pas d’autre cause que la décision souveraine de l’autorité publique d’émettre telle quantité plutôt que telle autre et de faire appliquer la loi à tous les signes émis. Quelles que soient les quantités émises, les signes monétaires sont d’autorité libératoires de toute dette et résolvent toute obligation d’un débiteur qui a remis le nombre de signes correspondant au prix contractuel légal négocié.

Dans cette théorie, la quantité de monnaie mise en circulation n’a pas de cause rationnelle. Elle n’a pas d’autre explication que la science infuse de l’autorité monétaire politique qui est réputée savoir entretenir la croissance sans inflation et sans chômage. Cette théorie est indiscutable sur son volet juridique et pratique. La monnaie est bien le signe légal et efficient de la libération d’une dette. Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. Soit la monnaie n’a rien à voir avec tous ces phénomènes économiques, soit elle les dirige d’une certaine manière qu’il appartient aux seuls tenants de la MMT et aux autorités monétaires étasuniennes de connaître et de comprendre. Comme l’avait déclaré John Connally au monde « the dollar is our currency and your problem ».

Inefficacité de l’étalon or

Vraie ou fausse, notons que cette théorie de la monnaie est très pratique quand on est étasunien, représentant du pouvoir politique fédéral, doté d’une fortune personnelle et sollicité par les journalistes pour expliquer la politique monétaire en vigueur. Les étrangers qui utilisent le dollar dans leurs transactions internationales le font librement et n’ont par conséquent aucune légitimité à émettre des critiques sur l’empire monétaire mondial des États-Unis. L’État étasunien en manque de ressources fiscales trouve une solution à son problème de financement grâce au rachat massif de titres de dette publique contre émission monétaire. Comme par hasard, l’émission monétaire fait monter le prix des actifs boursiers mais pas les salaires qui pèsent sur la rentabilité du capital nécessaire à la croissance officiellement souhaitée. Enfin, la MMT permet d’expliquer à l’opinion publique comment la planche à billets permet miraculeusement de stimuler la demande qui fait monter les prix, qui ferait repartir la croissance, qui va donc stimuler l’offre et faire embaucher les chômeurs. Si cette politique pratiquée depuis 1945 grâce à la sage domination du dollar sur l’économie mondiale ne porte pas tous les fruits attendus, c’est sûrement lié à l’inculture ou à la mauvaise foi des salariés étasuniens, des Européens et des Chinois qui s’effraient de l’accumulation de dettes forcément remboursables et de la cupidité des salariés des pays en développement qui réclament trop tôt le prix de leurs efforts.

La MMT repose sur une idéalisation matérialiste de l’État que la théorie suppose porté par une minorité dirigeante éclairée par définition de sa nature dirigeante. La démonstration de pertinence de la MMT est réputée évidente puisqu’elle ne contient que de bonnes intentions de croissance économique, de plein emploi et de stabilité des prix. Si jamais il reste des doutes, la MMT est une religion du bon sens qui comme d’autres ne serait efficace que si l’on y croit. Examinons donc les raisons d’y croire qui en révèleront le champs des hypothèses en quoi il faut avoir la foi. Commençons par convenir que l’indexation de l’émission monétaire sur un stock d’or ou sur n’importe quelle matière première a pour conséquence d’induire une rigidité du prix de la matière de référence et de limiter la création monétaire par le volume de matière étalon disponible et inégalement distribuée. Parce que le prix de l’or ne pouvait pas varier en 1929 et parce que les emprunteurs défaillants n’avaient pas d’or, il a fallu laisser l’économie mondiale s’effondrer pour ramener le stock d’or disponible dans une proportion rassurante de la production. Le réajustement du crédit à l’or et de l’économie au crédit ont convergé par le bas. Le monde de 2007 a évité le désastre des années trente grâce à des monnaies non convertibles à un prix fixe d’une quelconque matière physique.

Despotisme éclairé de la planche à billets

Une fois scellé le sort de l’étalon or, que dit la MMT ? Que la Réserve Fédérale des États-Unis sait par définition la quantité de monnaie qu’il faut émettre pour remettre le monde sur le chemin de la croissance. Et si la croissance ne revient pas ? C’est que le monde ne fait pas confiance à la Fed. So what ? Si nous revenons au réel qui a le sens que nous lui donnons, faire tourner la planche à billets signifie émettre de la monnaie au-delà de ce que le marché achète par l’équilibre de l’offre et de la demande de liquidité. Jusqu’en 2007, les banques centrales avaient appris à ne fixer unilatéralement que le taux d’intérêt de leurs concours en monnaie centrale ; depuis, elles ont aussi repris le contrôle unilatéral du volume de la liquidité centrale en circulation. Concrètement, la Fed, comme la BCE et la Bank of England, achète plus de titres de dette que ne lui en proposent effectivement les acheteurs de liquidité : les banques centrales émettent plus de liquidité monétaire que n’en demande effectivement le marché. Cela signifie que des banques se retrouvent avec plus de monnaie sur leur compte de dépôt à la banque centrale qu’elles n’en n’ont effectivement besoin pour refinancer les crédits qu’elles ont déjà accordés à des débiteurs solvables ; des débiteurs raisonnablement capables selon leurs calculs de rembourser avec une probabilité proche de 100%.

La planche à billets est un marché de la liquidité doublement administré par le prix et par le volume. La banque centrale ne demande aucune information à l’économie réelle, ni sur le volume de transactions qu’elle opère réellement par ses ventes et ses achats de biens et services, ni sur le moment où les agents économiques comptent régler leurs transactions. Le prix du futur dans le présent s’exprime normalement dans le loyer de l’argent qui établit l’équilibre entre les emprunteurs de monnaie qui doivent régler immédiatement leurs achats et les prêteurs de monnaie qui peuvent ou veulent les différer à plus ou moins long terme. La fixation du loyer de l’argent par la banque centrale vise à inciter les agents économiques à distribuer leurs règlements sur la durée entre l’immédiat et le long terme. Le banquier central dirige la liquidité par le prix du court terme en le baissant pour inciter l’économie à anticiper ses paiements ou en le montant pour inciter à retarder les dépenses. La planche à billets consiste à administrer toute la courbe des taux sur toutes les échéances indépendamment des besoins naturellement exprimés par le marché. Le prix de la disponibilité effective des biens et service ainsi que le prix du temps sont dissimulés par la banque centrale.

Production masquée de risque par la liquidité

Que font les banques avec la liquidité que la banque centrale leur remet sans qu’elles l’aient demandée ? Elles spéculent ; elles jouent avec les règles. Comme elles ont déjà satisfait toutes les demandes de crédit qui leur paraissaient raisonnablement remboursables, elles sont obligées de chercher des emplois à la liquidité non demandée dont elles disposent. Spéculer avec la liquidité revient à imaginer des prix offerts qui ne sont pas demandés ou des prix demandés qui ne sont pas offerts. Les prix doivent être imaginés et non pas négociés car personne n’exprime de besoin réel sous-jacent au prix. C’est l’origine du foisonnement des produits dérivés qui servent à attribuer un prix non pas à l’objet d’une transaction entre un acheteur et un vendeur mais à la cause possible d’une transaction si l’on parvient à convaincre un acheteur ou un vendeur à s’y engager. L’immense intérêt du produit dérivé est d’être en soi-même un objet, un prix, la négociation du prix, la variabilité du prix et le bénéfice assuré de son vendeur quel que soit son acheteur. Le dérivé négocié hors d’un marché organisé où l’offre et la demande de l’objet sous-jacent soit visible et mesurable transfert le prix de la volatilité indéfinie de la valeur de ce qui n’existe pas de l’acheteur du dérivé à son concepteur financier.

La théorie moderne de la monnaie est un paravent pseudo scientifique à la politique de stimulation monétaire de la croissance sans marché, sans régulation et sans économie réelle. Pseudo scientifique car ne demandant aucune vérification par les faits et organisé dans une dissimulation complète d’une possibilité de réalité des prix, indépendante des intermédiaires financiers qui en profitent. L’abandon définitif de l’étalon-or lors des accords de la Jamaïque en 1976 a supprimé tout critère international partagé de régulation de la liquidité monétaire. La Fed a pu adopté une politique de facilité monétaire unilatérale qui a financé à bon compte les déficits du budget et de la balance des paiements étasuniens par l’augmentation de la volatilité financière dans l’ensemble du monde. Le système financier international en a profité pour accroître son prélèvement dans la valeur ajoutée mondiale en vendant des produits dérivés permettant d’absorber l’excès de liquidité manifesté par l’accroissement continu de la volatilité des prix. La crise des subprimes a éclaté à cause de la trop grande complexité des produits dérivés génératrice de doute sur la réalité du crédit de ses acheteurs. La prolifération des dérivés hors de toute confrontation de l’offre et de la demande réelles empêche toute mesure objective du crédit et des actifs financiers. Elle stimule la production de nouveaux dérivés achetés désormais directement par les États pour cacher l’insolvabilité publique résultant de l’insolvabilité bancaire.

Impossibilité d’existence de la responsabilité du risque de la liberté

Tous les États qui avaient essayé de résister à la dérégulation et à l’inflation de dollars sont obligés de vendre des garanties de crédit aux pays en difficulté pour éviter d’afficher l’effondrement de tout le système financier. Bien sûr pour la MMT, tout effort de régulation de la dette publique et bancaire pour éviter une trop grande divergence entre le réel et le financier est un délire de défiance envers la grande sagesse de conception étasunienne de la monnaie. Cette sagesse est nominalement valable parce que supposée vraie par définition dans la loi des États-Unis. Il n’est pas légalement envisageable qu’elle ignore la faculté et la volonté même des agents économiques à produire ce qu’ils veulent dépenser. Le crédit n’exige du coup aucun calcul, aucune règle ni aucun engagement ; il n’est que la réponse d’une injonction centrale à produire et dépenser. Les banques appliquent mécaniquement une transformation de la liquidité centrale en crédits à des emprunteurs qui les transforment mécaniquement en ventes auprès d’acheteurs qui consomment mécaniquement à proportion des prêts qu’on leur consent. Et pour que les consommateurs emprunteurs soient obéissants, on comprime les salaires pour qu’ils ne connaissent pas le prix de ce qu’ils consomment par le prix de ce qu’ils produisent.

Le monétarisme quantitatif a pour autre conséquence méconnue d’annuler la réglementation du crédit et la prudence financière. L’accumulation de liquidités dans les banques les obligent à fabriquer du risque réel non nommé pour consommer les surplus de liquidité. Elles versent des bonus et stock-options à leurs dirigeants et gérants pour masquer toute perception de la réalité objective. Toute intériorisation de la règle de prudence est neutralisée, qui engage le calcul du risque de crédit à son prix raisonnable. La capacité d’anticipation de l’incertitude réelle du futur est remplacée par le calcul abstrait d’un capital nominal systématiquement sous-estimé afin d’augmenter fictivement la rentabilité. La production artificielle de liquidité par la banque centrale stimule l’innovation financière pour acheter du risque non-comptabilisable ou vendre du risque comptabilisé en crédit. La MMT repose sur le nominalisme juridique qui voit la valeur dans le prix et non dans un objet négocié et consommé dans le respect du droit. Le bénéfice réel et concret de cette conception est d’attribuer la richesse aux minorités qui contrôlent économiquement le droit.

Intérêt et faisabilité du bancor

L’opposition de la MMT à tout étalon objectif de valeur vise à ne pas poser les conditions d’une discussion ouverte et transparente des prix. Si les États démocratiques adoptent le bancor fondé sur un marché d’égalité de droit entre tout acteur public ou privé, étasunien ou non étasunien, individuel ou social, alors les prix ne sont plus manipulables ni des biens réels, ni de la liquidité, ni du crédit ni du capital. Le bancor de Keynes est devenu totalement viable et efficace grâce aux techniques des produits dérivés ; à la condition d’instaurer un marché de négociation transparente des primes de risque par le crédit sous-jacent, du crédit par le prix des objets réels sous-jacent, des objets réels par le capital sous-jacent et du capital par la liquidité sous-jacente à la négociation équitable et objective entre une offre et une demande identifiables et quantifiables. La MMT a raison sur la valeur publique intrinsèque de l’État de droit dans la liquidité. Mais cette théorie est une escroquerie si elle ne pose pas les conditions d’une négociation marchande équitable entre tout acheteur et tout vendeur de tout objet auquel les hommes attribuent de la valeur quelle que soit leur nationalité et leur statut social.

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142 réflexions sur « VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. @ FAB

    Moi non plus je ne suis pas pour la lutte des classes, mais pour que chaque individu révolutionnaire lutte avec classe ! Pour l’instant nous n’en somme qu’au stade des « pseudo » révolutionnaire.

    Au point ou les choses en sont, si à l’exemple de Julian Assange, Cantonna, nous n’agissons pas chacun en notre nom, c’est que nous sommes d’accord pour aller collectivement vers un entubage de première classe ; l’alliance de la ploutocratie mondiale et de bureaucratie carriériste sociale-démocrate enfumera « de care » les hommes sincères, autant parmi le populo du ballon rond, la classe très moyennement éclairée et la foultitude des technocrates déboussolés: leurs enfants, à tous, finiront le demi-siècle tondus et prisonniers de satrapies.

  2. re bonjour monsieur.

    « Parce que le prix de l’or ne pouvait pas varier en 1929 et parce que les emprunteurs défaillants n’avaient pas d’or, il a fallu laisser l’économie mondiale s’effondrer pour ramener le stock d’or disponible dans une proportion rassurante de la production. Le réajustement du crédit à l’or et de l’économie au crédit ont convergé par le bas. Le monde de 2007 a évité le désastre des années trente grâce à des monnaies non convertibles à un prix fixe d’une quelconque matière physique »

    je voudrais revenir sur votre afirmation sus jacente. Le monde a évité le désastre de 29 effectivement pour le moment. Le désastre de 29 était bien évidemment un désastre financier qui s’est propagé au monde économique. Sur ce point je suis en accord avec vous. En revanche je ne comprends pas pourquoi vous en rendez responsable le lien entre l’or et la monnaie.

    Si on regarde l’histoire l’or n’a pas disparu. Le président Roosevelt a racheté l’or dans son pays pour ensuite dévaluer le dollar. Le prix de l’or en dollar est fonction de la quantité de dollar émis et de son pouvoir évocateur dans l’esprit de chacun. Il s’agit d’un rapport qualité prix. L’avantage de l’abondance de monnaie réside dans la possibilité de réaliser n’importe quel projet matériel. La quantité de monnaie est un marqueur de l’accélération des projets.

    Ne faut-il pas dans un monde limité matériellement contraindre l’économie mondiale à un rythme satisfaisant. N’est ce pas le bon moment actuellement?

    Certes le prix de l’or devrait monter très haut afin de résorber les exces passés. Et alors? faut-il dépouiller le paysan plein de bon sens gardant quelques coq dans son champ?

    1. « En revanche je ne comprends pas pourquoi vous en rendez responsable le lien entre l’or et la monnaie. »

      Fixer la monnaie a une commodité n’empêche pas les banques de créer trop de crédit et de spéculer.
      Et ces banques occupent une place névralgique: le système de payement et de financement.
      Quand les banques meurt, les économies meurt avec.
      Par définition, les banques n’émettent pas de monnaie, elles émettent du crédit. Et quand tout ce crédit (notamment spéculatif) cherche a se transformer en monnaie au même moment, c’est l’effondrement.
      La monnaie a été décroché de l’or pour pouvoir augmenter la masse monétaire. Sinon, le manque de monnaie aurait continuer d’entrainer la faillite en série de tous les acteurs économiques, pas seulement les banques.
      Vous devez comprendre qu’une économie en expansion a besoin d’une masse monétaire en expansion. C’est le rôle des banques de fournir cette monnaie mais aussi celui du gouvernement.
      En fait, il n’y a que le gouvernement qui émet la monnaie. Il l’émetteur en monopole et de ce fait il fixe les prix et la valeur. C’est le pouvoir du monopoliste.
      Fixer la monnaie a l’or est beaucoup trop contraignant, pour gérer la masse monétaire mais aussi en logistique!
      Ça n’est pas concevable dans notre monde aujourd’hui (6 milliards d’individus).

      « Ne faut-il pas dans un monde limité matériellement contraindre l’économie mondiale à un rythme satisfaisant. N’est ce pas le bon moment actuellement? »

      Oui, tout a fait. Mais c’est un problème politique.
      Condamner une partie de la population a la pauvreté est-elle une façon acceptable de régler le problème de croissance insoutenable? Je ne le pense pas.

    2. @ Aliena,

      … une économie en expansion a besoin d’une masse monétaire en expansion.

      =>
      On peut en déduire, a contrario, qu’une économie en régression (comme le sont toutes les économies occidentales) a besoin d’une masse monétaire en régression ; or nous assistons au mouvement exactement inverse : économie en régression et masse monétaire en expansion continue (même si est ici fait l’amalgame entre monnaie et création de crédit : de toutes façons les 2 versants sont en expansion tendant à l’infini).
      Ceci étant, comme vous le dites, il n’est pas question de résoudre nos problèmes, essentiellement économiques et politiques, par des théories monétaires : ce serait confondre les causes et les effets d’un problème.

      Cdt.,

    3. @ Aliéna

      Je vous cite « Par définition, les banques n’émettent pas de monnaie, elles émettent du crédit. »

      veuillez m’excuser par avance de ma grande ignorance et surtout de ma mal compréhension de la définition du mot « monnaie. » Selon vous seul l’état peut emettre de la monnaie.
      Ainsi un compte courant bancaire n’est pas de la monnaie.

      Ainsi si je dépose un billet de 10 euro sur mon compte courant bancaire, mon compte courant sera accrédité de 10 euro. Mon crédit bancaire sera augmenté par le dépot de monnaie. La banque transforme donc de la monnaie en crédit n’est ce pas?

      Mais mais mais le billet n’est qu’une feuille de papier avec une belle image. Dans un cas je fait crédit à l’emetteur du billet dans l’autre cas à l’émetteur de mon relevé de banque.

      Quelle différence pour moi puisque je peux régler une transaction soit avec de la monnaie soit avec un virement bancaire. Il est d’ailleurs assez étonnant de constater il faille régler les grosses sommes par l’intermédiaire des banques ( virement ou chèque ) donc sans monnaie. L’état n’aurait donc pas confiance dans les citoyens mais plus dans le « système bancaire ».

      Comment faire pour rendre riche un pauvre?
      Ben il suffit de lui donner de l’argent. Comme c’est simple dans un monde virtuel, faisons crédit à tout le monde augmentons le crédit ( oups la monnaie )

      Mais où diable me suis- je trompé?

    4. @francois2

      Un gouvernement vous donne la monnaie en faisant du déficit. C’est la façon dont la monnaie est émise.
      Une banque prend la monnaie du gouvernement et vous le prête. C’est pourquoi les banques détestent le déficit budgétaire.

      Il s’agit d’une organisation et d’un contrat social entre un peuple et son gouvernement.

      Vouloir instaurer une monnaie en dehors de la juridiction d’un État-nation équivaut a séparer un peuple de sa monnaie.

    5. @francois2

      Vos 10 euro viennent du gouvernement de toute façon in fine. Vous n’êtes pas le créditeur du gouvernement.
      Le but du numéraire (cash) dans l’économie est de permettre le règlement direct et immédiat d’une transaction, sans passer par le système interbancaire, comme cela est nécessaire avec les chèques.
      Les réserves servent au règlement des transactions dans le système interbancaire.

      L’émission de crédit se fait comme suit:
      Vous décidez d’acheter une maison ou une voiture mais ne possédez pas les fonds, vous allez donc a la banque qui vous accorde le crédit.
      Au moment de l’achat, la banque crédite votre compte avec les fonds qui seront ensuite crédité au vendeur et la banque enregistre la dette (passif) que vous avez auprès d’elle.
      La monnaie-crédit émise a pour collatéral le bien que vous avez acheté. Cette monnaie sera détruite quand votre dette sera remboursée, il n’y a pas de création monétaire nette (sans passif), c’est du crédit.
      Le règlement de toutes ces transactions se fait par les réserves du système bancaire, qui sont fournit par le gouvernement via la banque centrale (les banques ont des comptes a la banque centrale).
      La création monétaire nette (sans passif) se fait par le déficit budgétaire.

      Quand vous déposez votre billet de 10 euro, ce n’est pas votre crédit qui augmente mais votre compte bancaire (valeur nette).
      Votre compte courant est de la monnaie, même si cette monnaie vient de la vente de votre voiture a un acheteur qui a du prendre un crédit.
      Vous ne pouvez pas distinguer vous-même ce qui est de la monnaie de base (gouvernement) ou monnaie-crédit (banques).
      Cela se voit au niveau comptable, le crédit émis par les banques a une reconnaissance de dette correspondante.

      Cela se voit quand le secteur privé est saturé de dette et qu’il n’y a plus d’émission de crédit possible.
      Cela se voit quand les banques ont émis un paquet de dette servant a la spéculation et a l’inflation des biens immobiliers et boursiers et non pas a la création de richesse réelle.
      Quand les marches s’effondrent, elles deviennent insolvables, personne ne les remboursera, leurs actifs (dettes) ne valent plus rien.
      La masse monétaire se contracte, les prix et les salaires baissent, la déflation s’installe et frappe de plein fouet les débiteurs parce que les prêts qu’ils ont contractés deviennent plus chers à rembourser en termes réels, et que la monnaie est plus difficile à trouver.
      Ensuite, il y a une dépression.

      Mais où diable me suis- je trompé?

      Vous ne vous trompez pas, pas vraiment.
      Réduire les taxes sur les salaires (contribution sociales incluses) permet d’augmenter la richesse des salaries et la demande solvable. Cela augmente le déficit budgétaire et la masse monétaire nette (parce qu’il couvrira ces depenses avec un deficit et non pas par des taxes).
      Un État souverain ne se finance pas par la dette ou l’impôt. Il émet la monnaie pour se financer et utilise l’impôt pour retirer l’excès de monnaie en circulation.
      Il émet de la dette pour réguler les taux inter-bancaires et fournir une épargne 100% sure.
      Un État souverain a absolument toujours les moyens de payer les retraites et l’assurance maladie pour autant que les Français sont productifs. Et ils le sont.

    6. @ Alièna

      merci de vos éclaircissements et de votre patience.

      Si je vous comprends bien la monnaie est émise par déficit budgetaire. Aussi un état peut émettre autant de monnaie qu’il le veut et le distribuer comme il l’entend.

      L’état n’existe que par ces représentants. La philosophie morale de ces représentant va donc influencer leur politique budgetaire. Ne croyez vous pas que le déficit risque d’être utilisé comme un impot rendant la monnaie déconnectée de l’économie.

      La monnaie ne devient-elle pas une arme politique plutôt qu’un outil impartial reflet des prix.

      Ne convient-il pas de limiter le pouvoir politique sur la masse monétaire et restreindre la possibilité de redistribution uniquement par l’impôt.

      La valeur d’une monnaie n’est-elle pas fonction de la valeur des représentants politiques gérant le budget????

  3. @ PSJ,

    Je voudrai revenir un peu sur nos différends de compréhension du monde, et accessoirement, excuser le ton un peu sec que j’emploie parfois : il est dû à la contrariété profonde que me cause vos théories et ne s’adresse bien évidemment pas à votre personne.
    J’ai le sentiment, en lisant vos écrits, que vous tenez pour quantité négligeables les notions de droit et de politique. Je m’explique : vous parlez de droit non en personne qui en connaît les concepts, l’histoire et les contraintes humaines mais comme quelqu’un qui veut faire entrer le droit dans le paradigme économique, et même, plus précisément financier. Cette idée est pour moi, peut-être la pire de toutes en ce qu’elle tend à nier la valeur humaine et sociétale (au sens du vivre ensemble) du Droit pour ne lui reconnaître qu’une valeur utilitariste tournée vers les contraintes exclusivement financières. Cette conception des choses, dans la droite ligne de ce que nous connaissons depuis 30 ou 40 ans, est certainement l’idée contre laquelle doit le plus s’insurger un juriste ayant conservé un minimum de conscience.
    Sur le fond, je crois aujourd’hui commencer à percevoir que votre objectif n’est pas celui-là. C’est la raison pour laquelle je m’excuse du ton cassant parfois employé à votre égard. Mais, si votre volonté n’est pas celle-là par contre les effets de ce que vous développez sont bien de l’ordre de l’exclusivement financier.
    Il pourrait y avoir un moyen de rapprocher nos points de vue mais ce moyen passe, selon moi, impérativement par le fait qu’il vous faudrait alors prendre en considération la dominante humaniste du droit et la nécessité de la démocratie vraie, laquelle passe nécessairement par l’existence d’un Droit qui n’est point entièrement dédié au et collé au paradigme financier ; ce droit est malheureusement actuellement en voie de disparition totale : si vous n’y êtes pour rien, il importe, à mon sens, que vous en preniez conscience.

    Au plaisir,

    Bien cordialement,

    1. @ VB

      Posons l’équation différemment, voulez-vous.
      Nous avons donc le droit, la démocratie et la finance. Okay ? Bien.
      Que constatons-nous actuellement : que le droit est  » collé au paradigme financier  » selon votre assertion ou bien plutôt que la finance échappe au droit ? La nuance est évidemment cruciale.

      Si nous partons du principe que le droit humaniste disparait au profit d’un droit dédié à la finance, vos conclusions s’imposent. Nous sommes d’accord. En revanche, si nous établissons que la finance échappe au droit selon la formule de Paul J.  » d’extraterritorialité de la finance « , vous voyez tout de suite que les conclusions divergent.

      Si nos établissons par exemple que l’extraterritorialité de la finance contribue à pervertir le Droit, nous en venons tout à fait logiquement à considérer que c’est à partir de la question de la finance rendue au Droit que nous donnerons une chance au Droit de renouer avec ses fondamentaux humanistes – et, de ce point de vue, je dois dire le travail entrepris par Zébu et vous-même me semble aller parfaitement dans ce sens. De même, si nous considérons que c’est l’extraterritorialité de la finance qui contribue à pervertir la démocratie, nous pouvons tout aussi logiquement penser qu’une Constitution pour l’économie permettra peut-être de revitaliser la démocratie.

    2. @ Martine Mounier,

      La finance échappe au droit mais surtout parce qu’elle l’ignore, elle en ignore les contraintes réelles, elle en ignore la terminologie et les concepts. La finance prétend réinventer le droit mais avec ses propres contraintes exclusives. Elle a pervertit les concepts juridiques pour ne plus voir que ses propres contraintes à elle. Un des exemples flagrant de capillarité et de phagocytose de la finance sur le droit est très précisément le concept de « propriété économique », que nous rencontrons souvent sous la plume des économistes et des financiers, et qui risque de ne pas tarder à entrer dans notre droit positif, assurant par là un meilleur retour aux conditions de vie féodales que nous avons déjà connu au Moyen-Age.
      Il ne suffit pas de raisonner en hors sol, in abstracto, il faut connaître le droit de l’intérieur pour pouvoir apprécier le degré de sa dégradation et surtout le degré de sa contamination par les principes économiques ; lesquels ont, je ne suis pas loin de le penser, fini par remplacer la religion dans le besoin de magie et de croyance inhérent à l’humain.
      Par ailleurs, il faut connaître le sens classiquement donné par le droit au mot Constitution : une constitution ne saurait concerner un sujet en particulier, c’est un mode général d’organisation de la vie en société : il n’y a pas de raison pour que la finance et l’économie lui échappe mais il y a encore moins de raison de la limiter à de tels sujets.

      Cdt.,

    3. @ Martine Mounier :

      Suite et fin :
      Et puis, je conteste la présentation selon laquelle il y aurait « le droit, la démocratie et la finance ».
      Tous les rapports sociaux sont régis par le droit, dans un Etat de droit : vous avez les règles de droit public qui organisent la séparation des pouvoirs et la représentation nationale (dans une démocratie dite représentative), et les règles de droit privé qui organisent les relations entre les acteurs privés entre eux. Vous avez des matières qui sont à cheval entre règles d’organisation institutionnelles et règles privées : le droit fiscal, le droit pénal en sont des exemples.
      Savoir si la finance appartient au droit privé ou au droit public dépend du fait de savoir si les banques sont des acteurs de droit public (rôle d’organisation de la société) ou de simples acteurs de droit privé (une entreprise comme une autre, qui rend un service à des particuliers) : cette question avait un temps été résolu par la différence entre banque centrale, acteur public (souveraineté monétaire) et banques privées, sujets de droit privé => au vu de l’excroissance du secteur des banques privées et de la perte de souveraineté monétaire des banques centrales allié au fait qu’elles ne sont plus sous contrôle politique (autonomie de la CCE), les choses sont beaucoup moins nettes aujourd’hui. Toutes les distinctions classiques sont battues en brèche sans que quiconque ne l’ait jamais mentionné et surtout dans le sens d’une perte de pouvoir du politique, censé représenter le citoyen (ce qui, grâce à la confiscation des pouvoirs par quelques partis tout puissants n’est plus vrai non plus : toujours à la faveur du règne de l’argent notez bien).
      Toutes ces distinctions, simples au demeurant, deviennent de plus en plus flou, en raison du cumul de différents facteurs :
      – l’invasion de la loi prolifique et non régulatrice à l’anglo saxonne : le délayage logorrhéique tenant lieu de science et de savoir ;
      – l’invasion du droit mou européen (les chartes, codes de conduites et autres lignes directrices)
      – la prééminence de plus en plus explicites de certains acteurs privés (banques, multinationales) sur les acteurs publics par le biais de l’invasion du lobbyisme.

      Tous ces éléments concourent pour faire perdre au droit sa teneur humaniste et pour le muer en un instrument de domination ; utilisant au passage, comme il se doit (toute domination a besoin de s’appuyer sur du merveilleux rassurant), toute une batterie de croyance plus ou moins rationnelles que sont les différentes théories économiques et financières etc.

      Bonne soirée,

    4. @ VB

      Par ailleurs, il faut connaître le sens classiquement donné par le droit au mot Constitution : une constitution ne saurait concerner un sujet en particulier, c’est un mode général d’organisation de la vie en société : il n’y a pas de raison pour que la finance et l’économie lui échappe mais il y a encore moins de raison de la limiter à de tels sujets.

      Considérer la finance et l’économie comme des « sujets » revient à les extraire de la vie politique. Nous adoptons ainsi le point de vue de la finance et de l’économie. Or, si la finance et l’économie prétendent être des domaines à part entière, c’est en leur refusant ce statut de lois dans la Loi que nous serons à mon avis le mieux à même de lutter contre les abstractions.

      Tous ces éléments concourent pour faire perdre au droit sa teneur humaniste et pour le muer en un instrument de domination ; utilisant au passage, comme il se doit (toute domination a besoin de s’appuyer sur du merveilleux rassurant), toute une batterie de croyance plus ou moins rationnelles que sont les différentes théories économiques et financières etc.

      Encore une fois nous divergeons moins sur le constat que sur l’analyse…
      Ce qui m’amène à vous poser une question toute bête : que resterait-il à votre avis de cette croyance dans les lois dites « rationnelles » de l’économique si chacun pouvait se rendre compte, comme vous même au quotidien dans votre pratique, que ces lois passent par la modification du droit – vous en énumérez quelques points très intéressants dans votre commentaire –, autrement dit que toute économie est toujours fondamentalement politique ?

    5. @ Martine Mounier,

      Il ne s’agit pas de mon analyse mais d’une analyse juridique.

      Considérer la finance et l’économie comme des « sujets » revient à les extraire de la vie politique.

      =>
      Où avez-vous lu cela ? Les banques sont des sujets de droit. La finance et l’économie sont des matières soumises au droit, comme toute matière. Des matières soumises au droit ne sauraient, par construction, échapper au politique puisque c’est le politique qui définit le droit.
      En effet, l’économie est politique au même titre que toutes les manières d’organiser la vie en société sont, par essence, politiques.
      La croyance en la rationalité est, à mon avis, indépendant de la politique : elle est croyance. Toute politique s’appuie sur des croyances : les gens ont toujours besoin à la fois de rêver et de se sentir en sécurité. Le jour où les gens découvrirons que leur croyance en l’invulnérabilité et l’infaillibilité économique était un leurre politique : ils seront déçus et se chercheront, à mon avis, de nouvelles croyances (peut-être un retour vers Dieu, mais ce n’est pas sûr, toutes les pistes sont ouvertes = qui eu cru que les lois économiques deviendraient un jour source de croyance ?).

      Cdt.,

    6. Addendum : pour répondre à votre première question : j’employais, dans mon commentaire, le terme « sujet » au sens de matière, autrement dit de « thème » et non de sujet de droit (il y a donc un malentendu entre ce que je disais, ce que vous avez compris et ce que j’ai cru que vous aviez compris : ouf => réparé !)

  4. Pierre,
    Je n’avais pas vu que vous aviez publier votre papier. Je voulais laissez tomber un peu les discussions sur les blogs par manque de temps, mais je ne crois pas que cela va être possible.

    Je poste donc tous les liens que je vous avais fait parvenir.
    Vous deformez completement MMT comme je vous l’ai deja dit!
    MMT est juste l’etude du systeme monetaire moderne (fiat). Cela n’a rien a voir avec le Monetarisme de Friedman.

    Warning, giant post!
    ——————
    Concernant MMT, il y a la partie qui s’appuie sur des recherches précises et décrit le fonctionnement opérationnel du système monétaire fiat et qui est neutre politiquement. C’est juste la description du fonctionnement du système.

    Il y a ensuite la partie théorique qui explique comment utiliser ce système monétaire fiat dans lequel nous sommes (a part l’Europe).
    Dans tout les cas, la politique monétaire est totalement impuissante a nous sortir de la dépression économique.
    Les banques sont en faillite, le secteur privé est plombé de dette et la reprise économique ne viendra pas de la reprise du crédit. Il n’y a que la politique fiscale qui est au main des gouvernements qui peut le faire. Ce sont les Etats qui emettent la monnaie en faisant du deficit.

    Mais mon pressentiment est que c’est volontaire de la part des dirigeants et des élites financières. Elles ont étés renflouées et attendent la destruction de l’économie réelle pour tout s’approprier.
    Et nous nous laissons faire, enfermé dans l’idée fausse que la dette publique et le déficit sont insoutenable pour l’État alors que c’est complètement faux et cette croyance nous mènera a notre perte.
    Je ne sais pas si je m’explique clairement mais il y a urgence a le comprendre.
    Lordon je crois, commence a le réaliser. Il faut nationaliser les banques et utiliser la politique fiscale pour conserver et protéger l’économie productive.
    Est-ce que vous comprenez?
    Il y a la même guerre contre les gens aux US, l’hystérie sur les déficits et la dette publique est a son comble, Obama veut supprimer la Social Security, Medicare, etc..parce que soit disant « l’etat n’a plus d’argent ».
    C’est désespérant 🙁

    ————————–
    Donc reprenons:
    Le « quantitative easing » n’est pas de la création monétaire (attendez avant de crier!).
    Le QE ne fait qu’échanger des obligations (qui ont déjà été acheté auparavant) auprès du public contre du liquide. C’est comme un transfert d’un compte épargne a compte courant.
    C’est juste un échange d’actif financier, il n’y a aucune création monétaire nette.
    Ce n’est pas inflationniste, c’est même déflationniste parce que l’obligation, elle, rapportait des intérêts et c’était la seule création monétaire nette.
    C’est basé sur l’idée fausse que les banques privées ont besoin de réserves avant de pouvoir faire du crédit quand c’est l’émission de ce même crédit qui fournit ces réserves.
    Les banques n’ont pas besoin de réserves pour faire du crédit, elles ont besoin de clients solvables ce qui dans une économie ou les commerces et entreprises ferment et licencient est difficile a trouver.

    L’émission d’obligation a une fonction de maintenance du taux d’intérêt.
    En fournissant aux investisseurs un actif financier qui rapporte des intérêts, la banque centrale retire l’excès de réserve du système bancaire et maintient un taux d’intérêt positif.
    Le rachat d’obligation est le processus inverse, les réserves sont maintenue dans le système bancaire et permettent la baisse du taux d’intérêt du a la compétition des banques qui essaient de se débarrasser de leur réserves non rentable.
    Dans un système monétaire fiat, l’emprunt du gouvernement ne finance pas ses dépenses.
    L’emprunt sert simplement a arrêter la compétition inter-bancaire qui permet a la banque centrale de défendre son objectif de taux d’intérêt.
    La BCE qui rachète les obligations des états membres fait du QE, ça ne fait que baisser les taux d’intérêts. Ça ne règle pas le problème de debt-deflation dans lequel nous sommes.
    C’est le fonctionnement réel.

    ———————
    « I believe that’s where we are now – right on the verge of debt deflation taking hold via a housing double dip and negative equity. Commodity prices may be rising and passing through in a regressive way into food, energy and clothing. Healthcare and education costs are rising too. But core inflation as measured by the government is declining due to a lack of pricing power. Companies have combated this by trying to prevent cost pressures from feeding through by keeping headcount down. This has effectively meant that lower income households get the bad side of both commodity price inflation and debt/income deflation. »

    « It is entirely possible that Dr. Bernanke does not know what QE actually does and how it works. If it did, he would know that to influence the yield curve, the Fed should announce its targeted rate (price) and stand ready to deliver whatever amount (quantity) would be necessary to achieve it. Instead, the Fed announced a quantity that it would purchase (600B) and left price ambiguous. Under these circumstances, QE is a sort of magic wand that the Fed chairman can claim accomplished its « goal. » Since no goal was stated, who’s to know. It’s BS, not monetary policy.

    Printing money implies in most people’s minds increasing currency in circulation. Tsys are in effect a government liability, while that pays some interest, while reserves are a government liability that generally either pays no interest or lower interest. By driving up the price of a bond to effect a sale that might not have occurred otherwise, the Fed increase reserves . This increases reserves accounts of banks that are bond sellers and deposit account of seller that are not banks. These funds are simply converted to savings in another form.

    QE also transfers interest paying bonds to the Fed’s balance sheet, so that the government is paid the interest instead of nongovernment. This withdrawal of interest from nongovernment is a decrease in net financial assets entering the economy, potentially decreasing currency in circulation.

    Moreover, an increase in reserves has no direct affect on inflation as QE 1 shows. The Fed increased the monetary base exponentially and many people seeing the quantity curve were sure that the US was going into hyperinflation. So they naturally shorted tsys. Surprise, tsys rose in price as yields drops in response to persistent disinflation. Now the Fed is engaged in QE2 and alluding to QE3 if needed. But yields are not budging and disinflation is threatening to turn into deflation.

    There is no money multiplier. QE does not lead to increased consumption, and it does not lead to an increase in credit extension. The reserves it creates in exchange for tsys simply sit or are saved in another asset form, either in the US or abroad, perhaps driving those assets higher than they would have been otherwise.
    QE has no evidential effect on the real economy and is a non-event for Main Street. Much ado about nothing. All it shows is the inability to the Fed to do anything of significance to extricate itself from a liquidity trap.  »
    The government has a printing press to produce U.S. dollars at essentially no cost

    ———————-
    Autres articles importants:
    Abba P. Lerner, 1903-1982.

    « Perhaps of greater lasting impact was his development of the principles of « functional finance » (1941, 1943, 1944, 1948, 1951, 1961, 1973), which argued that government policy should be designed to obtain full employment ouptut and price stability regardless of whether it increased or decreased public debt. He was an effective debunker of the the idea of the « burden of the debt » and « crowding out » arguments commonly used against deficit spending. Lerner’s propositions initially shocked even John Maynard Keynes himself – although he eventually embraced them fully. As Keynes wrote, « [Lerner’s] argument is impeccable, but heaven help anyone who tries [to] put it across to the plain man at this stage of the evolution of our ideas. » (Keynes to Meade, April 1943). »

    Functional finance and modern monetary theory

    Deficit spending 101 – Part 1

    Deficit spending 101 – Part 2

    Deficit spending 101 – Part 3

    Asset bubbles and the conduct of banks

    « Operational guidelines for banks:

    First, they should only be permitted to lend directly to borrowers. All loans would have to be shown and kept on their balance sheets. This would stop all third-party commission deals which might involve banks acting as “brokers” and on-selling loans or other financial assets for profit. It is in this area of banking that the current financial crisis has emerged and it is costly and difficult to regulate. Banks should go back to what they were.

    Second, banks should not be allowed to accept any financial asset as collateral to support loans. The collateral should be the estimated value of the income stream on the asset for which the loan is being advanced. This will force banks to appraise the credit risk more fully.
    Third, banks should be prevented from having “off-balance sheet” assets, such as finance company arms which can evade regulation.

    Fourth, banks should never be allowed to trade in credit default insurance. This is related to whom should price risk.

    Fifth, banks should be restricted to the facilitation of loans and not engage in any other commercial activity.
    There is also some more detail we are discussing about whether banks should be allowed to contract in foreign interest rates. There is no public sense in them being allowed to do this but I am still working it out. »


    The origins of the economic crisis

    « In the second graph you can see that real wages have failed to track GDP per hour worked (in the market sector) – that is, labour productivity.
    Real wages fell under the Hawke Accord era which was a stunt to redistribute national income back to profits in the vein hope that the private sector would increase investment. It was based on flawed logic at the time and by its centralised nature only reinforced the bargaining position of firms by effectively undermining the traditional trade union movement skills – those practised by shop stewards at the coalface.

    Under the Howard years, some modest growth in real wages occurred overall but nothing like that which would have justified by the growth in productivity. In March 1996, the real wage index was 101.5 while the labour productivity index was 139.0 (Index = 100 at Sept-1978).
    By September 2008, the real wage index had climbed to 116.7 (that is, around 15 per cent growth in just over 12 years) but the labour productivity index was 179.1. »

    « The question then arises: if the output per unit of labour input (labour productivity) is rising so strongly yet the capacity to purchase (the real wage) is lagging badly behind – how does economic growth which relies on growth in spending sustain itself? This is especially significant in the context of the increasing fiscal drag coming from the public surpluses which squeezed purchasing power in the private sector since around 1997.

    In the past, the dilemma of capitalism was that the firms had to keep real wages growing in line with productivity to ensure that the consumptions goods produced were sold. But in the recent period, capital has found a new way to accomplish this which allowed them to suppress real wages growth and pocket increasing shares of the national income produced as profits. Along the way, this munificence also manifested as the ridiculous executive pay deals that we have read about constantly over the last decade or so.

    The trick was found in the rise of “financial engineering” which pushed ever increasing debt onto the household sector. The capitalists found that they could sustain purchasing power and receive a bonus along the way in the form of interest payments. This seemed to be a much better strategy than paying higher real wages.

    The household sector, already squeezed for liquidity by the move to build increasing federal surpluses were enticed by the lower interest rates and the vehement marketing strategies of the financial engineers. The financial planning industry fell prey to the urgency of capital to push as much debt as possible to as many people as possible to ensure the “profit gap” grew and the output was sold. And greed got the better of the industry as they sought to broaden the debt base. Riskier loans were created and eventually the relationship between capacity to pay and the size of the loan was stretched beyond any reasonable limit. This is the origins of the sub-prime crisis. »

    ——————
    Meme Bernanke commence a comprendre MMT

    ——————

    L. Randall Wray (MMT)

    Just What is Bernanke Up To?

    QE2 Won’t Save Our Sinking Ship

    What is quantitative easing?

    ——————
    La Modern Money Theory se base sur des recherches précise sur le fonctionnement opérationnelle des banques centrales et du système monétaire fiat et s’inspire de:
    Keynes (comptabilite nationale, theorie generale), Kalecki, Chartalism, Abba Lerner’s functional finance, Irving Fisher’s debt-deflation theory of depressions, Hyman Minsky’s work, and Wynne Godley’s stock-flow consistent macroeconomic models.

    Le seul point positif qu’ils accordent a Friedman est d’avoir encourage Nixon a abandonner l’étalon or. C’est le point de départ du système monetaire moderne fiat. Et il n’y a pas de débat a ce sujet, c’est un fait.

    Bill Mitchell:
    « Le changement pour une monnaie fiat a fondamentalement changé la façon dont le système monétaire fonctionne bien que la monnaie était toujours la même, disons le dollar Australien.

    Ce système a deux caractéristique qui le définit: a) inconvertibilité et b) taux de change flexible (flottant).

    Vous devez reconnaitre ce changement majeur dans l’histoire avant de pouvoir comprendre pourquoi les idées des politiques économiques appliquées dans les précédents systèmes monétaires ne sont plus applicable.
    Vous ne pouvez pas assumer que la logique valable dans un système de change fixe/convertibilité-or est aussi valable dans un système de monnaie fiat. Les faits sont que cette logique ne s’applique pas.
    Ce que j’appelle le raisonnement macro-économiques néo-libérale est la sorte de raisonnement qui s’appliquait avant la monnaie fiat.

    Même s’il y avait des débats a l’époque sur la conduite des politiques macro-économiques, il y avait des contraintes clés évidentes que j’ai mentionné plus haut.
    C’est indépendant du fait que vous soyez Keynésien ou Monétariste. Ce changement historique rend aussi la plupart des livres économiques périmés et faux, dans la façon dont ils décrivent les opérations d’un système monétaire fiat. »
    Etalon-or et taux de change fixes — des mythes toujours présent.

    Ce lien est relativement synthetique, mais il faut aussi lire tous les liens qui sont cites (Bill Mitchell associe les neo-liberals avec les post-keynesiens):
    Oh to be truly brilliant

    —————–
    Money multiplier and other myths By Bill Mitchell

    Understanding central bank operations

    Money neutrality – another ideological contrivance by the conservatives

    The myth of rational expectations

    The Great Moderation myth

    The government is the last borrower left standing

    Stock-flow consistent macro models

    ————–
    Bill Mitchell:
    « Les deux systèmes monétaires sont très différent. Vous ne pouvez pas appliquer la logique économique de l’étalon-or (ou de la convertibilité dollar) a un système monétaire moderne.
    Malheureusement, la plupart des commentateurs et politiciens continuent d’utiliser la vieille logique quand ils débâtent des options de politique économique actuelle.

    C’est une erreur de raisonnement élémentaire qui nous empêche d’avoir un débat sensé concernant ce que le gouvernement devrait faire.
    L’incitation a la peur concernant la taille des déficits et la taille de la dette publique (et la logique de l’emprunt en premier lieu) est basé sur un vieux paradigme qui est totalement inapplicable dans un système monétaire fiat.  »
    Etalon-or et taux de change fixes — des mythes toujours présent.
    ——————————-
    Concernant le Bancor, je reposte d’ancien commetaires:

    « Pourquoi cette obsession avec le bancor? Vous n’en avez pas eu assez avec le système de change fixe qu’est l’euro?
    Dans un système de change flottant, si un pays importe trop par rapport a ses exportations, sa monnaie se dévalue et la la balance commerciale se rétablit de cette façon, sans devoir imposer la déflation interne a l’économie domestique. Dans un tel système, les pays mercantiliste en sont pour leur frais.

    L’eurosysteme est un système de change fixe et les pays en déficit doivent endurer l’austérité et la déflation interne avec les conséquence sociale et économique désastreuse.
    Et les faillites des gouvernements et l’explosion du système de change fixe. Comme ce fut le cas en 1971 avec l’étalon de change-or. »

    Le meme probleme auquel l’Europe fait face en ce moment se posera au niveau international, le besoin d’union fiscal. Vous ne ferez pas abandonner son surplus commercial a l’Allemagne!

    An international currency? Hopefully not!

    « While I will write more about this in the future the solution to the financial instability that has brought the real production systems in our nations to their knees is not to surrender national currency sovereignty. The capacity of a national government to issue its own currency under monopoly conditions should not be surrendered to maintain an exchange rate system which is incapable of sustaining full employment across all sovereign spaces.

    While the ICU plan was designed to overcome the forced deflationary forces which an external deficit it actually cannot do that without considerable loss of sovereignty. Unless you could have one treasury and one central bank then national units are always forced to sacrifice domestic policy to maintain the value of its currency against the supra-national settlement unit.
    The political point is also not to be understated. Why should a sovereign national government (and its citizens) allow an international body (which might be unelected – in the case of the IMF) to implement policy that will affect its electoral appeal?

    It is bad enough that we allow central bank boards who are unelected to motivate the direction of interest rates. It would be unthinkable to devolve the total fiscal and monetary authority to a supra-national body.
    The other point is that the idea of a fixed exchange rate is rather illusory – speculative flows can break the peg very quickly anyway. Only countries such as China with enormous stockpiles of foreign reserves can resist these speculative attacks and run a peg against say the US dollar. But remember they have been able to build that stockpile by denying its citizens access to resources and thus keeping them poorer than they would otherwise have to be.

    Finally, a deficit nation under a Bancor will still face deflationary prospects to maintain the value of its currency against the Bancor. No real change there. »

    Ouf!

  5. « Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. »

    Je precise que MMT n’est absolument pas dominante aux US. S’il y a un endroit ou elle est dominante, c’est le Japon, et encore, pas d’une facon qui ameliore le bien etre de la population.
    MMT decrit le fonctionnement du systeme monetaire fiat, qui est celui du monde entier (meme l’euro flotte a l’exterieur de la zone).

    MMT est très clair sur ces points:

    –les banques centrales n’émettent pas la monnaie, les gouvernements émettent la monnaie par le déficit budgétaire.
    –les banques centrales n’ont aucun contrôle sur l’émission de crédit faite par les banques commerciales faute de regulation.
    –Il n’est absolument pas soutenable de laisser le financement de la croissance économique aux banques privées et la monnaie nécessaire a la production et aux échanges commerciaux doit être fournit directement par le gouvernement. D’où la nécessité d’avoir de large déficit.
    –Plus le gouvernement est en surplus budgétaire plus le secteur privé est en déficit et endettes auprès des banques privées. C’est un fait comptable.

    La « planche a billet » ne fonctionne pas a plein régime dans les pays développés, vous voyez bien les politiques d’austérité qui sont menés. Traduction: la création monétaire est limitée par la réduction de déficit.
    Au sujet des subprimes, c’est le résultat de la politique monétaire qui est toujours favorisée en lieu et place de la politique fiscale. C’est a dire que le financement de la croissance économique par les banques.

    La masse monétaire est endogène (ce qui veut dire que la banque centrale ne la contrôle pas mais fournit toujours les réserves nécessaire) et dépend des demandes de crédit du secteur privé et de la réponse des banques commerciales a cette demande.

    L’idée qu’il y a un multiplicateur monétaire qui augmente proportionnellement la création monétaire de la banque centrale est complètement fausse.
    En exemple, le « quantitative easing », (qui ne fonctionne pas), est basé sur l’idée fausse que les banques privées ont besoin de réserves avant de pouvoir faire du crédit quand c’est l’émission de ce même crédit qui fournit ces réserves.
    Les banques ont besoin de clients solvable.
    Les subprimes, c’est de la fraude tout simplement. Les banques ont fait crédit a des clients insolvables en toute connaissance de cause.
    Et insolvable, non pas parce que pauvre, mais parce que l’émission incontrôlée de crédit a créer des distorsions de prix tellement importante que toute la classe moyenne s’est retrouvée insolvable.

    Je reposte ici un commentaire adressé a François Leclerc qui avait été censuré:

    « Vous devriez cessez d’amalgamer politique monétaire et politique fiscale.
    Elles sont toutes deux basées sur la « planche a billet » comme vous dites, avec de nettes différences dans les résultats toutefois.
    (Et l’État « n’imprime pas la monnaie », il l’émet sous forme électronique.)

    La politique monétaire et politique fiscale sont décidées par deux institutions gouvernementales différentes (pour les US, mais c’est valable pour le Japon, le Canada, l’Australie, l’Angleterre, etc…tous système monétaire fiat):
    La Fed décide de la politique monétaire.
    La politique fiscale est le domaine réservé du Congrès.

    La politique monétaire qui consiste a injecter des réserves dans les banques et maintenir les taux d’intérêt a zéro en espérant que les banques se remettent a prêter au secteur privé ne fonctionne pas tout simplement parce que le niveau d’endettement du secteur privé est a saturation (ou que les gens ne souhaitent pas s’endetter (ex. Japon)).

    Le seul conduit qu’il reste est la politique fiscale.
    Les gouvernements en faisant du déficit, injectent des fonds directement dans l’économie productive (secteur public et privé).
    Cela prend la forme de baisse drastique d’impôt, de programme d’emploi et de projets publiques et privés, financés par l’état (santé, énergie, technologies vertes, transports,…).

    Aux US, le Congrès est endormi et Obama persiste a dire que le gouvernement « n’a plus d’argent » et rien est fait en terme de stimulus fiscal.
    La Fed elle, est impuissante. Tout ce qu’elle peut faire, c’est créer une autre bulle en poussant le crédit facile et fournir un soutien fiscal aux zombies banques qui auraient du être fermées ou nationalisées.
    Et toute cette « hot money » s’engouffre dans la spéculation, créant la hausse des prix que l’on voit.
    Ce n’est pas de l’inflation techniquement parlant (demande qui dépasse l’offre) mais de la spéculation faite par les banques.

    Et en attendant, l’économie réelle se détériore.
    Il y a une possibilité toutefois pour la Fed de faire de la politique fiscale: l’achat des obligations émise par les états US, les municipalités, villes, etc…
    A voir.

    En tout les cas, votre référence constante a « la planche a billet » entretient la confusion entre ce qui la solution et ce qui ne l’est pas.
    La doctrine néo-libérale est viscéralement opposée a la politique fiscale et sa capacité a faire avancer le bien être public, et sa principale arme est de marteler dans les esprits que la dette et le déficit sont « insoutenable ».
    Et il est très étrange de voir que vous avez la même position. »

    1. @ Aliena,

      En fait, politique fiscale peut aussi être pris dans son sens d’incitation fiscale : c’est dans ce sens là que je disais que la politique fiscale serait insuffisante.
      Par ailleurs, je pense que la situation en France diffère de celle des Etats-Unis : nous ne sommes pas dans le même contexte politique et économique.

      Ce sont les ressources réelles qui sont importantes, la monnaie est juste le moyen d’échange de ces ressources réelles et n’a aucune valeur intrinsèquement.
      Et la ressource la plus rare est la main d’œuvre qualifiée. Penser au temps qu’il faut pour éduquer et former tous ces gens. Le travail, les biens produits et ressources SONT la seule valeur.

      =>
      Absolument d’accord, aussi, de ce côté là aussi il y a un sérieux travail à faire en France. Quant aux ressources, n’en parlons même pas.

      Pour ce qui concerne l’Europe dire que le gouvernement émet la monnaie est faux car justement il n’y a pas de gouvernement, et encore moins de gouvernement démocratique : ce qui est tout le problème justement.

      Cordialement,

    2. @Aliena,

      « Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. »

      Mea culpa sur cette affirmation à propos de la MMT. Compte tenu des précisions que vous apportez, je réduit abusivement la MMT à un monétarisme. Cela dit, nous retombons sur le fait objectif d’une perte de contrôle des équilibres économiques par la politique monétaire et la politique budgétaire et pire une destruction des équilibres économiques, monétaires et budgétaires par un système financier incontrôlable emporté dans sa spéculation sur sa propre destruction.

      Je ne trouve pas dans la MMT d’explication au phénomène en cours pas plus que dans les théories économiques qui s’expriment jusqu’à présent. La crise que nous vivons est systémique : les systèmes par lesquels nous analysons les équilibres de la production de richesses n’expriment aucune causalité à l’effondrement de la croissance économique et à la paupérisation des pays développés. Dire que l’État est maître de la création monétaire par le budget et par la dette sur laquelle s’appuie l’émission monétaire n’apporte aucune solution à la perte de contrôle public du système financier. Comme cela est constaté dans la citation que vous faites, le système financier mondial est insolvable. Cela signifie qu’il ne produit pas et ne produira pas la valeur réelle qu’il affiche comptablement.

      La valeur réelle du système financier est visiblement inférieure à la somme du prix des actifs nominaux inscrits dans les comptes financiers. Le système financier est en faillite mais il est impossible de le dire car il faut alors évaluer ses pertes et les répartir afin de rétablir la vérité des comptes et faire disparaître les institutions en valeur nette négative. La crise du système est l’absence d’efficience à produire des prix qui signifient quelque chose et l’absence d’efficience à imputer les pertes éventuelles aux acteurs qui en sont à l’origine. Le système financier est un TGV à pleine vitesse sur sa voie qui n’a plus de frein et dont le conducteur est évanoui incapable de signaler le problème dont il est affecté. Peut-être que des ingénieurs ont des solutions au problème ; mais il faudrait qu’ils en soient informés pour proposer des réponses pertinentes.

      La crise des subprimes a déconnecté le système financier de l’économie réelle. En vertu des théories économiques en vigueur les banques centrales sont venues au secours des banques puis les Etats au secours de tout le système bancaire. La théorie économique, financière et monétaire ne sait pas distinguer une crise de solvabilité d’une crise de liquidité. Comme on sait traiter la liquidité du système mais pas sa solvabilité, on dissimule le problème de solvabilité par une inondation de liquidité. Les pompes à incendie fonctionnent à plein régime mais le foyer de l’incendie est invisible et reste quelque part de plus en plus actif. Le foyer de l’incendie, c’est la division du pouvoir politique en nationalités concurrentes sur un système financier mondial unique qui subvertit toute tentative des gouvernements et des banques centrales de réguler la finance par l’économie réelle.

      Ce qu’aucune théorie économique ne semble capable d’analyser c’est l’absurdité politique et financière de monnaies nationales utilisées comme monnaies internationales. L’utilisation internationale du dollar et de l’euro, c’est le TGV sans frein par l’absence de conducteur : les banques centrales sont incapables de voir ce que les banques font en dehors de leur juridiction avec la monnaie qu’elles émettent. Elles ne peuvent pas contrôler la transformation de leurs liquidités en crédits à des débiteurs macro-économiquement solvables, qui soient collectivement capables de produire la richesse correspondant à la totalité de leurs emprunts. Les Etats sont réduits à la même cécité à devoir garantir des institutions dont ils ne contrôlent que la partie localisée sous leur juridiction.

      Le quantitative easing est la seule politique que les banques centrales puissent adopter pour dissimuler l’insolvabilité croissante du système financier qu’elle ne peuvent pas contrôler ni encore moins résoudre. La liquidité absorbée par le système financier va alimenter les bulles spéculatives partout où il n’existe aucun principe d’évaluation réaliste des prix. Les bulles qui ont le plus de potentiel spéculatif sont maintenant les dettes publiques nécessaires à la production de liquidité centrale. Laquelle liquidité est nécessaire pour dissimuler les ravages de la spéculation contre les dettes publiques. Pour spéculer contre les dettes publiques étatsuniennes et européennes, il suffit de se placer en monnaie des pays émergents pour faire baisser le dollar et l’euro et accélérer mécaniquement une catastrophe de plus en plus certaine dans la suspension des paiements extérieurs de la zone dollar et de la zone euro.

      L’utilisation libre des monnaies nationales dans les paiements internationaux permet au système financier d’acheter gratuitement des liquidités aux banques centrales pour dégager des plus-values sur l’accélération de l’effondrement du système. Le TGV fonce et personne ne pense à couper le courant. Couper le courant, c’est convertir dans une monnaie internationale commune toutes les positions internationales en monnaie nationale. A partir du moment où l’euro et le dollar peuvent être dévalués en tant que monnaie domestique par rapport à une monnaie internationale, il devient dangereux d’exporter de la liquidité sans l’investir dans l’économie réelle car le mouvement même de liquidité entre deux monnaies provoque une variation de change qui renchérit le mouvement inverse. Avec une monnaie internationale, vendre du dollar pour acheter du real provoque instantanément la dévaluation du dollar par rapport au bancor ce qui nécessite d’en payer le prix si l’on fait le mouvement inverse trop rapidement. La monnaie internationale rétablit la responsabilité des Etats et banques centrales sur leur monnaie et mutualise l’équilibre international de la liquidité et des changes. Aucune théorie économique n’a jusqu’à présent fait ces propositions ni démontré qu’elles sont absurdes ou non conformes à la réalité présente objective.

    3. @VB
      « Pour ce qui concerne l’Europe dire que le gouvernement émet la monnaie est faux car justement il n’y a pas de gouvernement, et encore moins de gouvernement démocratique : ce qui est tout le problème justement. »

      Les gouvernements membres émettent toujours la monnaie en faisant du déficit budgétaire.
      Leurs Trésors respectifs émettent les bonds pour chaque euro émis par le déficit. Les bonds sont offert au marches financier ou transmis a leur banque centrale nationales qui transmet les fonds a la BCE.
      //www.ecb.int/ecb/orga/capital/html/index.en.html

      Le pacte de stabilité limite cette création monétaire a 3% et 60% de dette/PNB. Ce pacte stupide est ce qui crée l’euro fort (par la rarete) et un état de semi-dépression en Europe depuis longtemps (avant l’euro, les monnaie étaient accrochees au DM et revient au même).

      Et le Pacte de stabilité et ses 3% n’a AUCUN sens économique.
      C’est un chiffre complètement inventé!
      « Guy Abeille était chargé de mission au ministère des Finances sous Giscard puis au début de l’ère Mitterrand.
      Il révèle pour La Tribune comment est né, en France et non en Allemagne, le sacro-saint ratio de 3% du PIB pour les déficits publics.
      A l’origine, il s’agissait d’imposer la rigueur aux ministres socialistes. Puis cette référence cardinale a fait école, bien qu’elle fut dépourvue du moindre sens économique. »

      Pourquoi le déficit à 3% du PIB est une invention 100%… française
      http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20101001trib000554871/pourquoi-le-deficit-a-3-du-pib-est-une-invention-100-francaise.html

      Tant que ce pacte sera en place, il y aura le risque de defaut des etats membres. Et c’est meme plus qu’un risque a l’heure actuelle.
      L’union fiscale est la seule solution.

    4. Pierre,

      Pierre,

      Juste une petite série de questions:

      Comment allez vous forcer une nation en surplus commercial (Allemagne, Japon, Chine) d’adhérer a votre système de bancor?
      Comment ça se passe en Europe actuellement? Est-ce que l’Allemagne montre le moindre signe de coopération?
      Est-ce qu’il y a une seule chance qu’une union fiscale se produise?Que l’Allemagne accepte le transfert?
      (Sans union fiscale, l’euro est défunt, le taux de change fixe garantissant la faillite des états membres.)
      Qu’elle va être le résultat des politiques d’austérité?
      Toujours une idée génial l’euro ou est-il possible que vous réalisiez les problèmes de conception?
      Vous voulez vraiment imposer ce système au niveau mondial?

      Une monnaie internationale? Espèrons que non!

      fully translated

    5. @ Aliena,

      Une union fiscale sans union politique (sous entendue démocratique, cela va de soi) est un leurre de plus, un pas plus loin sans résoudre le problème démocratique auquel nous sommes confrontés.
      Dans un contexte anti-démocratique une soit-disant union fiscale ne pourra que renforcer et pérenniser le manque fondamental de démocratie de cet ensemble soit-disant démocratique qui a battu en brèche toutes les garanties démocratiques des peuples conquises de haute lutte = ce n’est clairement pas une solution.

      Cdt.,

    6. aliena, merci : une pièce au dossier^^

      décidément, giscard… mr 3% et mr 1973 et mr constitution européenne et mr agence fitch…et mr serpent monétaire, et mr emprunt giscard (je crois^^), et mr loi informatique et libertés, et…

       » * 10 octobre : Début de l’affaire des diamants. Le Canard enchaîné accuse le président de la République d’avoir reçu de Bokassa 1er, Empereur déchu de Centre Afrique des diamants en cadeaux lors de visites officielles. Le Canard enchaîné estime la valeur de ces diamants à un million de francs. La défense maladroite de Giscard va accréditer les informations du journal satirique et va avoir une influence négative sur sa campagne de réélection.
      * 30 octobre : Le ministre du travail Robert Boulin, accusé par des lettres anonymes, publiées par Le Canard enchaîné, d’avoir acquis de manière illégale, une garrigue, est retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet. L’enquête n’a toujours pas permis d’aboutir à des conclusions définitives.
      1980 :
      * 2 février : l’ancien ministre Joseph Fontanet est assassiné. Le meurtre reste non élucidé.
      * Le pays compte à la fin de l’année plus de 1,5 million de chômeurs. La dette publique de la France est de 20,8 % du PIB. » au voleur!^^

      « les merdes volent en escadrilles » disait chirac par mauvais temps… giscard est un escadron à lui tout seul!

      j’aime bien : « La défense maladroite de Giscard va accréditer les informations du journal satirique et va avoir une influence négative sur sa campagne de réélection. »

      y en a qui save la jouer safe avec le capital…pour l’abolition de la peine de mort…pas fou valy valo! l' »inestainguible » destin…
      tant que je gagne, je joue, dit la blague…en plus nos impôts lui paye des gardes du corps 🙂
      c’est limite de l’art qd même…

    7. @VB le 13 décembre 2010 à 09:08

      Oui, l’union fiscale implique un gouvernement européen, avec un trésor et une banque centrale sous la juridiction du parlement européen.
      Faire de l’Europe une nation souveraine en fait.
      Il n’y a pas vraiment d’autre moyen de faire une union fiscale.

  6. @ Aliena,

    Pour les USA, sincèrement, je ne sais pas ; mais pour ce qui concerne la France : au point de déliquescence où nous en sommes arrivés tout ne se résoudra évidemment pas par la politique fiscale.
    Il faudrait déjà retrouver notre souveraineté (notamment monétaire), il faudrait ensuite revoir le contrat social, rétablir un droit équilibré, réorganiser la vie sociale autour de la notion de contrepouvoirs, avoir du courage (le courage de voir où nous en sommes vraiment) et éventuellement, en dernier lieu, penser à l’incitation fiscale, ce qui ne sera techniquement efficace qu’une fois résolu le grave et lancinant problème de l’évasion fiscale (ce qui suppose un renouvellement spectaculaire de toutes les personnalités en place à tous les niveaux politiques et économiques) ! Rien que ça !

    Cdt.,

    1. « tout ne se résoudra évidemment pas par la politique fiscale. »

      La politique fiscale, ça veut juste dire que la croissance économique est financée directement par le gouvernement et se passe de l’émission de crédit par les banques.
      C’est tout ce que ça veut dire. Et croyez moi, il y a de quoi faire.

      Les gouvernements en faisant du déficit, injectent des fonds directement dans l’économie productive (secteur public et privé).
      Cela prend la forme de baisse drastique d’impôt, de programme d’emploi et de projets publiques et privés, financés par l’état (santé, énergie, technologies vertes, transports,…).

      Les services a la personne, la maintenance de l’environnement, l’agriculture et l’élevage biologique, le développement d’une infrastructure énergétique basée sur du renouvelable (vent, solaire), la recherche et développement dans ces énergies renouvelable, adapter nos villes, habitations, infrastructures au changement de climat, etc…y a du boulot c’est sur.

      Ce sont les ressources réelles qui sont importantes, la monnaie est juste le moyen d’échange de ces ressources réelles et n’a aucune valeur intrinsèquement.
      Et la ressource la plus rare est la main d’œuvre qualifiée. Penser au temps qu’il faut pour éduquer et former tous ces gens. Le travail, les biens produits et ressources SONT la seule valeur. Reduire le budget de l’education aujourd’hui veut dire que l’on se prive du veritable investissement pour le futur.

      Ce n’est pas compliqué, si vous restez assis toute la journée et ne faites rien, vous vous appauvrissez. C’est ce qu’une dépression économique provoque – elle force les gens a restez assis. Se lever et allez travailler est la solution et c’est ce que les politiques fiscales Keynésienne/New Deal/MMT offrent.
      Il n’y a pas besoin des marchés financiers pour emprunter ou même de taxer les riches, le gouvernement ÉMET la monnaie.

      Le stock de monnaie changera le montant de richesse produites s’il remet les gens au travail et leur permet de consommer leur production.
      Souvenez vous de la grande dépression des années 30: d’un cote, des agriculteurs qui jette leur lait et leur production et d’un autre cote des gens qui meurent de faim.
      Pourquoi? Pas assez de monnaie en circulation pour faire les échanges commerciaux et le manque de demande solvable.

      Pensez la monnaie comme token, c’est juste des jetons.

  7. Merci VB de votre mise au point qui permet de renouer un dialogue nécessaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le constat du phénomène en cours de dévoiement du Droit. Remettre le Droit au service de l’homme est la priorité pour sortir de la crise de civilisation dans laquelle nous sombrons. Vous doutez à juste titre que la démocratie existe encore pour discuter le Droit, l’appliquer et rendre justice à tous les citoyens. L’une des causes du démantèlement en cours de la démocratie est la mondialisation économique et le libre échange. Il faut expliquer ce phénomène pour constater l’imbrication réciproque de l’économie dans l’État de droit et concevoir les moyens de rétablissement de la force du Droit à protéger la valeur humaine dans les limites objectives de la rareté économique.

    La mondialisation disperse dans le monde les causes de production économique de la valeur finale pour le consommateur. Le libre échange passe sous silence que tout objet échangé contient le travail et la vie des gens qui l’on produit. En négociant sans contrôle les objets de consommation d’un espace juridique à l’autre, on met en concurrence les droits inégaux entre des États inégalement mûrs à protéger la valeur de la personne humaine. Le libre-échangisme argue d’un état juridique de fait qui n’aurait pas de signification économique pour passer outre en proclamant que les pauvres sans droit peuvent au moins vendre leur travail à des riches protégés par leur système de droits. La crise actuelle montre l’inanité de ce raisonnement et la destruction de valeur auquel il conduit.

    La destruction économique de l’État de droit et de la valeur humaine sous-jacente au Droit passe passe par la monnaie et la fiscalité. L’État de droit a un coût économique qui est le prix de toutes les institutions nécessaires à la discussion de la Loi, à son application et à la justice. Je pose l’hypothèse que la monnaie est l’unité de compte des objets économiques en droit ; hypothèse implicitement commune quand la monnaie est présentée comme attribut de la souveraineté des nations sur leur droit et l’économie qui en résulte. A partir de cette hypothèse, la fiscalité peut se définir en langage financier comme prime de légalité souveraine des ressortissants d’un État de droit sur l’économie qu’ils développent par leur respect d’une loi commune.

    Vous avez bien compris que je cherche à construire une relation entre État de droit et économie par la finance. Vous semblez également réaliser que la subordination que j’évoque de l’État de droit à l’économie est strictement matérielle (d’où la fiscalité) et qu’elle dépend de la subordination finale de l’économie à l’État de droit. Je cherche à montrer que l’économie disparaît purement et simplement (ce qui est en train de se réaliser actuellement) si elle n’est pas structurée par le Droit qui place l’homme comme fin de l’activité économique. J’ai bien conscience que mon expression n’est pas toujours transparente quant à l’objectif que je poursuis. Voudriez-vous proposer une reformulation juridique rigoureuse de mes propositions si vous en approuvez le but ?
    La crise irlandaise montre le mécanisme à l’oeuvre qui passe par la monnaie non régulée par le Droit. développé

    1. @ Bonjour PSJ,

      Je vous renvoie avant tout à mon dernier commentaire :
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=19304#comment-132670
      La lecture de ce commentaire devrait vous permettre de comprendre que ce que vous me demandez est impossible = le système démocratique et juridique est à reprendre de fond en comble, la monnaie n’intervenant, dans ce processus, qu’en phase ultime. Le contexte dans lequel s’inscrit votre théorie en serait tellement modifié que cette dernière devrait très probablement être complètement retravaillée, revue pour s’intégrer dans ce nouveau contexte.

      Bien cordialement,

    2. bonjour mr du jonchay!

      vous faites plaisir à lire^^! VB en parle assez bien , je ne vais pas (trop)compliquer :

      « la subordination que j’évoque de l’État de droit à l’économie est strictement matérielle (d’où la fiscalité) et qu’elle dépend de la subordination finale de l’économie à l’État de droit » (dernier $)

      pardonnez mes éventuelles véhémences, mais c’est justement là qu’à mon sens, le bât blesse :
      si le droit est un subordonné de l’économie (les flux de matières monnayables) dans l’ordre matériel, où voulez vous qu’il subordonne l’économie?et surtout avec quoi?

      exemple extrême : privatisation totale, sauf des assemblées et du gouvernement : la subordination de l’éco au droit, ici, c’est dans les têtes, au propre comme au figuré.

      un peu de complication qd même (pardonnez moi…en plus, je me répète, mais cela « approfondi » le propos de VB
      { (de plus in fine, pour un matérialiste, une économie mondiale et scientifique (dans les sens modernes), c’est juste du bon sens : « comment voulez vous lutter contre les lois de la nature?!? » )du coup de telles têtes à la tête, prennent les décisions qui s’imposent. de fait.
      le mythe du progrès matériel (de fait), les « pulsions » électoralistes (permises par le système de crédit(quel gouvernement reste assez longtemps en place pour rembourser ses prêts?), suffisent à nous entraîner très loin après. ajoutez à cela une démocratie qui se formalise au point de s’évanouir (pas de force de rappel donc), et vous avez à peu près la situation des pays développés actuels (les autres suivent ). les matérialistes font d’excellents ingénieurs, mais l’ingénierie humaine est hors de leurs compétences de base : même les croyants ne font plus vraiment le lien (cf vatican II qui n’est qu’explicitation) (sans généraliser : c’est pour grossir le trait^^)).

      P.S :
      par ex, un médecin ne se préoccupe plus que du corps (critique et clinique, Foucault, ou la « fin de l’homme » : car l’homme est destiné par certains à devenir autre chose (mais qui sont ils pour juger!?!)).
      pour simplifier : homme=matière+esprit . ce n’est pas une fantaisie : c’est la condition sine qua non de la liberté (responsabilité, respect probité etc), condition en droit (dans l’ordre des principes ou causes premières). évidemment, cela est de l’ordre du discours : si la foi n’est pas là la légitimité de ce discours pourra être contestée…mais par qui? des matérialistes. avec quels arguments? des preuves matérielles.
      de même que l’ordre métaphysique présent (mainstream^^), ou tout autre ordre, c’est dans le temps et par ses réalisations qu’il se légitimera. c’est la seule réponse audibles par tout le partis métaphysiques : le temps (pas celui uniquement de l’horloge, qui par nature est mécanique).
      (dans l’ordre de la preuve, matière et esprit relève de la foi : ce sont toutes deux des illusions de l’Être : réduire le Tout à l’un ou à l’autre, c’est choisir une illusion contre une autre : en plus ce choix annihile la possibilité de penser la liberté (l’homme n’est ni libre dans son corps, ni libre dans son esprit (hormis la volonté) : c’est à la conjonction des deux que se réalise cette liberté, celle de choisir sa loi).
      pour être exhaustif et honnête, le communisme, bien qu’amoral, est plus scientifique et logique que le (néo*)libéralisme : comme marx le dit, il en est une conclusion logique et (donc) historique.
      les « néo » sont les libéraux aux doctrines matérialistes (autre nom des physiciens) : une telle perspective sur le monde ne peut penser la liberté que comme une illusion et de fait la « vivre » telle et la voir telle chez les autres voire la souhaiter pour les autres. l’erreur n’est pour eux qu’ignorance (« responsable mais pas coupable » (fabius et d’autres), « entre la malhonnêteté et l’incompétence, je choisis l’incompétence » (lagardère qui à décidément perdu du panache de l’ancêtre…)). cette doctrine, du point de vue métaphysique est quasi identique (je n’en suis pas spécialiste^^) au nazisme et au stallinisme (avec le fordisme entre les deux^^). le racisme et le nationalisme constipé sont en germes dans ces doctrines, attendant un coup de pouce du destin…
      }

      bien à vous

    3. à VB : peut être pas entièrement…je ne connais pas suffisamment Keynes et sa théorie, mais il me semble qu’elle est assez formelle, c’est à dire fourre tout. la difficulté consistera surtout qt aux choix des procédés d’évaluation de la valeur : si la valeur se réalise bien dans l’échange (ou la perte^^), la mesure et les domaines de la valeur (des valeurs?) sont problématiques à définir. la mesure par l’offre et la demande est genre démocratique en cas d’homogénéité de la distribution du capital, et peut à la limite se faire par le nombre (quantitatif). en cas d’hétérogénéité trop « dérangeante » (car cela déstabilise la circulation des valeurs) : il y a la redistribution, la contrainte de la plus value, la garanti d’un capital minimum (en biens, pour vivre et en connaissances pour agir : deux conditions de la liberté humaine), la guerre. ce n’est pas encore de l’humain vraiment, mais cela le possibilise. à la limite, bien fait dans la durée (éducation et vertu par l’ex (ce qui implique de renouveler à peu près toutes les têtes politiques^^; mais ce n’est pas de notre faute qd même^^)), les contraintes matérielles se desserrant, cela peut ramener l’humanisme à reprendre son rôle central et pivot de point d’équilibre. cela ferait du bien au sciences dures comme aux religions.
      une réflexion (un début de) d’andré orléan, mieux qualifié que moi : Réflexions sur le rôle des croyances financières : http://www.youtube.com/watch?v=eyibaRcw9eQ&feature=related
      contrairement à lordon (cf lien en dessous sur spinoza), il pose juste des questions.

      pour mr du jonchay : post 27 http://www.pauljorion.com/blog/?p=19274#comment-132754
      ex : antoiney « Quand je dis « Le spinozisme est une religion parmi d’autres », je veux dire par là que c’est une métaphysique cohérente pour les matérialistes/monistes authentiques » : c’est la position à peu près de Keynes, cela pourra peut être vous éclairer

      cordialement

    4. @ PSJ et Sylla,

      Lorsque je dis que

      le système démocratique et juridique est à reprendre de fond en comble, la monnaie n’intervenant, dans ce processus,

      , je veux dire que les valeurs fondatrices de la Société sont à rééquilibrer, qu’il faut revoir le schéma d’ensemble et surtout la hiérarchie des valeurs.
      Cela ne passe pas, à mon sens, par une suppression de tout ce qui existe mais bien par un rééquilibrage des principes qui tiendrait compte d’un renouveau des valeurs morales et communes.

      Cdt.,

    5. erratum : lire « …par un rééquilibrage des principes… » au lieu et place de « …par un rééquilibrage des principe… » ; toutes mes excuses

  8. à vb :
    tout le monde est un peu d’accord sur le principe, je peux discuter de ces valeurs et mr du jonchay de celles de l’économie, par contre la mise en place, ou ne serait ce que la formulation juridique, moi çà me dépasse^^
    on peut rendre la justice selon l’ordre, 1spirituel, ou 2humain, ou 3matériel, au nom de Dieu, l’Homme, ou les lois de la nature. dans l’histoire, même récente, il doit y avoir des ex…(?)
    en laïcité, on fait avec 2 et 3… quelle serait la définition d' »Homme » dans le droit? si c’est celle des sciences humaines, c’est mal parti…

    ou formellement, il y a la redistribution, la contrainte de la plus value, la garantie d’un capital minimum (en biens, pour vivre et en connaissances pour agir : deux conditions de la liberté humaine cf Locke)

    N.B. : mr du jonchay, j’y pense… je m’avance peut être, mais il n’est bien sûr pas question d’imaginer un état doté des pouvoirs magiques de s’affranchir des contraintes des lois de la nature. mais simplement qu’en droit et dans le droit, l’ordre des flux de matières monnayables non nécessaires n’ait pas la légitimité finale. ou qu’ils soient répartis de manière moins hétérogène. sinon, comme le dit Shakespeare, le monde n’est qu’un immense théâtre (sir Bacon, soupçonné d’être le vrai nom du dramaturge, était un éminent physicien, métaphysicien et logicien : il parlait en connaissance de cause).

    1. Mélenchon nous a fait remarquer que Drucker, le metteur en scène, lui avait présenté le personnel des coulisses……. 🙂

  9. @ Aliena,

    Oui, l’union fiscale implique un gouvernement européen, avec un trésor et une banque centrale sous la juridiction du parlement européen. Faire de l’Europe une nation souveraine en fait. Il n’y a pas vraiment d’autre moyen de faire une union fiscale.

    =>
    On peut comprendre que votre préoccupation d’américain réside dans le renforcement de l’Union Européenne, mais vous pouvez aussi vraisemblablement comprendre que, de l’autre côté de l’Atlantique, la préoccupation soit davantage tournée vers le retour de la démocratie, je veux dire de la souveraineté populaire. Les gens aujourd’hui sont gouvernés, en Europe, par des règles formelles maquillées en lois qui ni ne les concernent ni ne les représentent ni ne correspondent à aucune de leurs aspirations. La démocratie a été confisquée par une catégorie de gens non élus qui ne représentent qu’eux même et par les lobbies, eux-mêmes largement importés d’outre-atlantique justement.
    Alors l’avènement de la souveraineté OUI, mais de la SOUVERAINETE POPULAIRE.

    Cdt.,

    1. J’emprunte régulièrement la route de Cognac à Limoges. Sur chaque bornes kilométrique on peut lire : Route Jean MONNET, « les chemins de la liberté »
      On passe par Jarnac-sur-Charente….. ça vaut le coup !!!

    2. @ Pierre,

      Les bornes kilométriques en questions ont juste oublié de préciser de quels chemins de la liberté il s’agissait : la liberté du grand commerce et du grand capital 🙁

      Cdt.,

    3. la via appia…c’était eux! 🙂

      sur charente? c’est étranche^^
      une cagnotte à cognac, un pied à terre aisé en charente…en cas de limogeages^^

      en dessous de limoges, chez les corréziens, il y a jarnac la poste comme un coup de trafalgar chez chichi non loin de bitty 🙂 en même temps…en privé…c’est tout public^^ on peut pas dire qu’on est pas prévenu… encore un coup du comte de Jarnac ^^

      « Je ne trouve pas de trace de cette opération officielle sur Gogol…… » 🙂 😉 🙂
      logo G : opération sous faut drapeau… z’ont p’têt envoyé un pneu^^ à clous pour pas déparer^^

      « Les bornes kilométriques en questions ont juste oublié de préciser de quels chemins de la liberté il s’agissait : la liberté du grand commerce et du grand capital » tout les chemins mènent à Roma. les bornes sont claires pour moi.
      bien à vous
      P.S. : Pierre
      concernant ces sephirots Pierre, je dirais les deux. la dernière historique joue un rôle qui modifie l’équilibre…

    4. regardez moi çà! : « Nicholas Georgescu-Roegen (ConstanÅ£a, Roumanie, 4 février 1906 – Nashville, Tennessee, 30 octobre 1994) est un mathématicien et économiste hétérodoxe roumain dont les travaux ont abouti au concept de décroissance. » révolution verte! … j’en rougis ^^, c’est…mathématique^^

  10. vb :
    pardonnez moi mais « On peut comprendre que votre préoccupation d’américain réside dans le renforcement de l’Union Européenne, mais vous pouvez aussi vraisemblablement comprendre que, de l’autre côté de l’Atlantique, la préoccupation soit davantage tournée vers le retour de la démocratie »
    n’y aurait il pas comme un lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Monnet …c’est un peu long, mais la lecture de ceci interroge très svt un démocrate
    j’ai qq versions de bio et de compléments de bio provenant aussi bien de la gauche que de la droite, si besoin, j’essayerais de vous trouver qq liens

    bien à vous

    1. Bonjour Sylla,

      Oui, il y a en effet un grand rapport.
      Je suis preneuse de vos biographie complémentaires,

      Bien cordialement,

    2. uzefu »è »‘§érfâzeiazefnlazefç!à azefnqz n o azefo!iyé »‘ é »r)ç!sdfg az »‘r!yu p iuhazef azeikfbyiazeorèytéèrkjéhvbaozèftyaozerb zekbàyé »è!’rhn « !
      : ((

    3. http://www.youtube.com/watch?v=wDg2MJInSCc

      la nouvelle pomme^^ c’est jûteux^^

      j’aime bien Jacques Brel – Le Diable (Ca va) http://www.youtube.com/watch?v=oI0Q3dFnJ5o
      La foire


      Another Brick in the Wall ^^ quality street^^ … tiens? http://fr.wikipedia.org/wiki/Magn%C3%A9tophone si çà peut aider à imprimer 🙂
      Je vous jurendt que je vais bien, regardez : 1+1=2, en quantité, mais pas en qualité^^
      Nietzsche se demandait déjà si les « grecs n’étaient pas superficiels, par profondeur » . à trop vilipender la mauvaise digestion historique de ses contemporains, çà lui est resté aussi sur l’estomac^^.
      à ce sujet, en survolant, j’ai cru comprendre chez vous un intérêt pour P Legendre. pour ma part , je n’ai lu entièrement que le dieu au miroir, et l’affaire du parlement par un soldat (avec un texte de Foucault). à part l’outil psychanalytique, mais peut être pensez vous qu’il faut combattre le mal par le mal (loi du talion « sauce » chrétienne), je trouve son travail fondamental.
      sur Legendre, je me souviens qu’il nomme l’ange qui veille sur la constitution, l’index droit barrant sa bouche à la verticale dans un chuintement contenu, mais j’en ai oublié le nom. pas le secret… ^^ un nom?

      Pierre, vous pensez que la formation est rompue? on est partis en vrille? sos st ex upery^^
      sans rire, c’est tragique… pour les bd vous ne m’avez pas répondu… : wiki :  » * Mac Buttle : Mac est un costaud au grand cœur. Il est le protecteur farouche de ses amis.

      * Tony : il est cynique et paresseux, antisémite mais juif sans le savoir et homosexuel refoulé.

      * Tim : nabot rouquin, le plus étrange du trio et peut-être une parodie de personnages comme Tintin ou Spirou dont l’âge et le statut restent mystérieux. Quoique moustachu et militaire au début de la saga, il connait une puberté accélérée au cours de l’histoire et devient une bête sexuelle. Tim s’entend mieux avec les enfants et les animaux qu’avec les adultes, mais est capable d’une violence inouïe. Toujours armé d’une batte de base-ball qui semble repousser quand on la lui confisque.

      * Alix Yin Fu : jolie agent communiste dont la mère a été brûlée vive dans la chaudière d’une locomotive par le colonel nippon Masanobu Tsuji, à la place d’un haut dignitaire du Parti. Pleine de ressource et experte en close combat, elle est tiraillée entre sa loyauté au parti et son amour pour Mac »… en passant, mac est mac^^ Tutle? nom, Butle. oui, Tutle 🙂 manque d’r ^^

      Bien cordialement

  11. C’est la première fois que j’entends parler de tout ce jolie monde, P Legendre ….. Je me renseigne. Merci Sylla, je stock sur mon Revox 🙂

  12. Cher Pierre Sarton du Jonchay,

    La Modern Monetary Theory ou néochartalisme vous a été très mal expliquée : elle n’est pas en vigueur à la Fed ni même dominante aux États-Unis. Des spécialistes de la régulation bancaire aussi pointu que William K. Black (un des rares régulateurs conscients de sa mission lors de la bulle des Savings and Loans, son livre résumant cela, The Best Way to Rob a Bank Is to Own One fait autorité sur le sujet, bien que les financiers préfèrent le taire.) sont néochartalistes. Pour nous autres, néochartalistes, il n’y a pas de secret : il faut massivement réguler les banques, Glass-Steagal Act, organismes de supervisions convaincus de leur mission, criminalisation sans pitié des activités nocives…

    La bulle des subprimes est facilement expliqué par cette théorie : en l’absence de régulation, de supervision, une bulle de crédit pourri se forme spontanément, alimentée par des banquiers véreux. Comme l’État a artificiellement restreint son budget (source de monnaie publique), le secteur privé ne peut alimenter sa croissance que par de l’endettement (monnaie privée), mais cela fragilise encore plus l’économie, gonfle encore plus les bulles de crédit, et rend la catastrophe encore plus grande. Le déficit budgétaire est alors encore plus nécessaire pour apurer les comptes de toutes leurs dettes.

    Pour l’inflation, le néochartalisme explique que ce n’est pas l’équilibre budgétaire qui la contrôle, mais les stabilisateurs automatiques. Il faut laisser les stabilisateurs automatiques créer des déficits pour financer la croissance et l’épargne, et les laisser les résorber lorsque le secteur privée accroît sa consommation en surenchérissant sur les prix. Mieux, pour assurer le plein emploi et la stabilité des prix (à l’inverse de la courbe de Phillips prétendant à un compromis inévitable entre les deux), elle prône l’Employeur en Dernier Ressort, à salaire fixe, faisant du travail de base un bien-tampon.

    Vous trouverez beaucoup plus d’informations sur mon blog, qui est dédié à ces questions…

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