Archives par mot-clé : Federal Reserve

L’actualité de la crise : LA MARCHE DES CRABES, par François Leclerc.

Billet invité.

Hier lundi, les banquiers centraux se sont réunis à Bâle, en Suisse, mais nous ne saurons rien de leurs discussions et encore moins de leurs décisions. Jean-Claude Trichet, qui a ensuite tenu une conférence de presse, a été encore moins disert que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire. Faisant pour le moins contraste avec la manière dont la Fed étale ces derniers jours ses divergences internes, après avoir reçu dans le monde entier une volée de bois vert. Cela est impressionnant et en dit long sur le désarroi qui y règne, permettant de comprendre la décision des banquiers centraux de serrer les coudes, l’objectif non avoué de leur réunion, car que leur reste-t-il d’autre à faire ?

Ces derniers temps à l’offensive contre le gouvernement chinois à propos des déséquilibres mondiaux et de la sous-évaluation du yuan, l’administration américaine a du rapidement se replier sur des positions préparées à l’avance, selon la célèbre périphrase utilisé par les militaires pour ne pas dire retraite. Le seul consensus qu’ils sont parvenus à réunir s’est fait contre eux, les amenant sur la défensive et ne pouvant s’y résoudre, comme on va probablement le constater.

Contribuant à la confusion déjà largement entretenue sur le dossier de la réforme monétaire, le républicain Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, vient de jeter un pavé dans la mare en publiant une tribune dans le Financial Times. Il préconise le retour à l’utilisation de l’or, non pas comme étalon mais “comme un point de référence international lié aux prévisions du marché pour l’inflation, la déflation et la valeur future des monnaies”. Un mécanisme qui reste à ce stade particulièrement obscur et qui n’a été commenté par Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet que du bout des doigts, pour l’en laisser glisser. Il n’empêche, le ver est dans le fruit et va très lentement le grignoter.

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L’actualité de la crise : CE N’EST QU’UN DÉBUT…, par François Leclerc

Billet invité.

Rarement une décision de la Fed aura suscité dans le monde entier un tel tollé des gouvernements, ainsi qu’autant de réactions favorables des marchés en sens opposé.

Canal habituel de réaction du gouvernement chinois vers l’étranger, l’éditorial du China Daily a commenté l’annonce du plan de 600 milliards de dollars avec une sévérité inaccoutumée : “Il est irresponsable pour le pays ayant la principale monnaie de réserve mondiale de maintenir la devise notre argent, votre problème“, poursuivant “…il est injuste pour une économie riche de diluer ses dettes aux dépens de la stabilité de l’économie mondiale et de son système financier”.

Alors que nous sommes à une semaine de l’ouverture du G20 de Séoul, qui promet d’être animé, Cui Tiankai, vice-ministre des Affaires étrangères et négociateur en chef de la préparation de celui-ci a déclaré que « les Etats-Unis nous doivent une explication ». Sous entendu : avant que le G20 ne commence.

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L’actualité de la crise : LA MACHINE A FAIRE DES BULLES, par François Leclerc

Billet invité.

Ces tous derniers jours, le monde financier était et reste suspendu aux décisions que la Fed va prendre mercredi prochain. Jamais une réunion de celle-ci n’aura suscité autant d’attente et des annonces de la Fed, autant d’expectations et de commentaires avant qu’elles ne soient rendues publiques. Mais le paradoxe est que c’est moins en raison des bienfaits qui en sont attendues, en faveur de la relance économique, que des dangers qu’elles recèlent pour les marchés des capitaux.

S’il est acquis que la planche à billet devrait être remise en marche, les spéculations fleurissent sur le volume initial du programme ainsi que sur les conditions qui vont l’assortir. Une fois lancé, selon quels critères la Fed annoncera qu’elle décidera ultérieurement de l’arrêter : un volume final d’achat de bons du Trésor, un taux d’inflation déterminé, une diminution donnée du chômage et une amélioration de la croissance ? Prendre cette décision semble rien moins qu’évident, étant donné le nœud de contradictions dans lequel la Fed se trouve et la totale nouveauté de la situation qu’elle affronte.

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L’actualité de la crise : LES BANQUES CENTRALES, DERNIERS RECOURS A CONTRE-CÅ’UR, par François Leclerc

Billet invité.

En adoptant le principe d’une révision du traité de Lisbonne afin de pérenniser un dispositif collectif de sauvetage financier d’un Etat en difficulté, les 27 de l’Union européenne se sont engagés dans un tournant dont il ne voient pas la fin.

Ce premier coup de canif dans le contrat de mariage pourrait en effet être suivi d’autres. Reconnaître l’hypothèse que certains pays ne seraient pas en mesure de respecter le contrat d’austérité qu’il leur est exigé de suivre pourrait impliquer que, pour d’autres, du mou devrait être donné à la laisse. Mais n’anticipons pas…

Dans l’immédiat, à peine engagé, ce tournant a suscité une passe d’arme entre Jean-Claude Trichet et Nicolas Sarkozy, rapportée de plusieurs sources. « J’ai l’impression que certains ne se rendent pas compte de la gravité de la situation » a tonné le premier, en pure perte.

Non seulement le président de la BCE n’a pas obtenu gain de cause sur un sujet à propos duquel il s’était exprimé sans ambages – l’automaticité des sanctions pour les pays allant hors des clous – mais il n’a pu empêcher que soit adopté un mécanisme anti-crise qui pourrait selon lui susciter sans tarder une réaction des marchés, furieux devant la perspective de devoir participer demain à d’éventuelles restructurations de dette. Ou, pour le dire sans détours, craignant que les banques européennes ne causent une nouvelle hausse des taux obligataires de pays comme la Grèce et l’Irlande. Pour commencer.

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L’actualité de la crise : DÉMONSTRATIONS PAR L’ABSURDE, par François Leclerc

Billet invité

Faut-il ou non s’engager dans une révision du traité de Lisbonne s’interroge-t-on à Bruxelles ? Présenté sous ce seul angle, il est difficile à ceux qui le préconisent de justifier de repartir dans une procédure, même allégée, qui a tout de même duré dix ans pour être bouclée… C’est pourquoi Angela Merkel, tout en restant ferme sur le principe, s’efforce de présenter sous un jour plus avenant sa proposition, en parlant de « deux phrases » à changer, et en suggérant des modalités d’amendement qui ne passeraient pas par des référendums populaires, hautement hasardeux dans certains pays alors que l’unanimité est requise.

L’actualité de ces deux jours est dominée par la réunion des chefs d’Etats et de gouvernements et par ce thème qui les oppose, reléguant au second plan une nouvelle qui éclaire pourtant leurs discussions. La Grèce s’enfonce et prend un mauvais chemin. Le coût de l’assurance contre son défaut de remboursement de sa dette – le taux des fameux CDS – grimpe sur le marché tandis qu’il apparaît que les objectifs de réduction du déficit grec ne seront pas tenus : les recettes fiscales diminuent, la croissance n’étant pas au niveau attendu, alors que le trou de la dette est plus profond que prévu. L’écart croît en conséquence, au lieu de diminuer.

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L’actualité de la crise : LE GRAND ÉCART, par François Leclerc

Billet invité.

Deux stratégies si radicalement opposées l’une à l’autre sont adoptées aux Etats-Unis et en Europe que l’on en vient à se demander si c’est bien la même crise mondiale qui y est vécue. D’un côté on étudie les mesures permettant de relancer de l’économie, de l’autre celles qui la dirigent tout droit vers la récession.

Aux Etats-Unis, les débats au sein de la Fed sont quasiment sur la place publique, les gouverneurs multipliant les prises de parole pour défendre leur point de vue. Une minorité de toujours voudrait que la Fed s’oriente vers la hausse de ses taux directeurs, afin de prévenir l’inflation. Tout à l’opposé, ce qui semble être une forte majorité oscille entre deux voies, qui pourraient être complémentaires. Relancer la planche à billet et donner l’assurance que les objectifs d’inflation sont relevés pour une longue période.

Tout cela a l’allure d’un conciliabule entre alchimistes tâtonnants à la recherche d’une pierre philosophale nommée relance. Sans se préoccuper des répercussions monétaires internationales de cette tentative incertaine et de dernier ressort

Les débats européens ne sont pas moins caricaturaux et hasardeux. La future succession à la tête de la BCE de Jean-Claude Trichet – qui oppose dans les coulisses Alex Weber à Mario Draghi – symbolise un débat de portée générale qui a peiné à déboucher dans les méandres diplomatiques de Bruxelles, face aux intérêts contradictoires des Etats.

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L’actualité de la crise : LES AFFRES DE LA FED, par François Leclerc

Billet invité

Les guerres sont faites de phases de préparation et d’offensives. Elles sont aussi psychologiques. Les réunions de Washington s’étant terminées sur des appels pressants à la coopération de Dominique Strauss-Kahn sans effets notables à ce jour, la voie est donc toute tracée pour que la guerre monétaire se poursuive.

Bien que Jean-Claude Trichet se soit prononcé « très, très contre une guerre des monnaies », et que d’autres en aient nié l’existence. Timothy Geithner venant tout juste de déclarer qu’il ne voit « aucun risque » d’éclatement de celle-ci.

Que les marchés monétaires – contrairement aux attentes, dit-on dans ce cas – soient restés imperturbables depuis le début de la semaine, de marbre même, doit-il être considéré comme signal d’une trêve ? Un grand silence précède et suit les batailles, il ne faut donc pas trop s’y fier. D’autant qu’ils avaient anticipé le fiasco de Washington.

L’attente domine, non pas en raison de la prochaine tenue d’un G20, mais de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) de début novembre. Ce qui confirme bien que les Américains vont tirer les premiers. En utilisant quelles armes ? toute la question est là…

On se croirait revenu du temps de ces kremlinologues qui scrutaient tous les indices possibles des changements au sein du Politburo soviétique. Ou de ces sinologues qui faisaient de même à propos des Chinois depuis le bar du Foreign Correspondant Club de Hong Kong.

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L’actualité de la crise : les États-Unis montrent encore une fois le chemin, par François Leclerc

Billet invité

LES ÉTATS-UNIS MONTRENT ENCORE UNE FOIS LE CHEMIN

Branle-bas de combat, le comité de politique monétaire de la Fed se réunit aujourd’hui à Washington en conclave ! En avant-première, les commentaires vont bon train dans les médias afin de lever le voile sur la teneur des discussions que les gouverneurs vont avoir. Un consensus s’est fait : elles devraient déboucher, en guise de nouvelle décision… sur rien ou pas grand chose !

L’agence Reuters citait hier les « sceptiques », qui résumaient à leur façon la situation en expliquant que la Fed ne déciderait rien pour ne pas atteindre sa crédibilité ; de peur que ce qu’elle pourrait mettre en œuvre se révèle inefficace… On ne peut mieux transcrire l’impuissance de la banque centrale de la première puissance économique et financière mondiale.

Les sempiternelles interventions du quarteron de gouverneurs de la Fed annonçant depuis des mois le danger de l’inflation, et la nécessité de remonter en conséquence et sans tarder les taux directeurs de la Fed, sont passés au second plan devant des interrogations moins hors de propos et plus en phase avec la situation économique américaine, laquelle a fait l’objet d’une diminution de ses prévisions de croissance par l’OCDE. D’un taux de 3,2% pour 2010 et 2011, elles dégringolent à 1,5 et 2,3%. Il est toujours facile de prévoir une forte amélioration pour plus tard, quitte à revenir dessus ensuite…

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BFM Radio, lundi 1er février à 10h46

Un pouvoir véritablement exorbitant

À y bien réfléchir, est-ce que le pouvoir des agences de notation n’est pas étonnant ? Après tout, ce sont des compagnies privées, et l’on n’attache en général de l’attention qu’aux trois principales d’entre elles : Standard & Poor’s, une filiale du groupe américain McGraw-Hill, Moody’s, dont le milliardaire Warren Buffett est l’un des principaux actionnaires et Fitch, une filiale du groupe français Fimalac. Aux États-Unis on qualifie le pouvoir dont disposent ces agences de « quasi-gouvernemental », et ceci en particulier parce que ce sont leurs notations qui déterminent si un produit financier est considéré « investment-grade », c’est-à-dire digne d’être acheté par les firmes ou institutions sous haute surveillance : essentiellement les compagnies d’assurance et les fonds de pension.

Que font exactement ces agences de notation ? Elles évaluent le risque de crédit : le risque de non-remboursement que court celui qui met son capital à la disposition d’un emprunteur. Elles attribuent une note à ce risque de crédit et le marché déterminera en fonction de ce risque, la prime – exprimée comme un taux d’intérêt – qui devra être intégrée au « coupon », au taux des intérêts qui seront versés au prêteur par l’emprunteur.

Ces agences de notation furent une première fois sur la sellette à l’époque de la fin d’Enron, dont elles n’avaient pas vu venir la chute, et qu’elles précipitèrent involontairement, chacune considérant une dégradation d’Enron par l’une des autres comme significative d’une nouvelle détérioration. Mais on parle beaucoup d’elles – et leurs oreilles doivent en siffler – à propos des mésaventures actuelles de la Grèce et du rôle qu’elles ont joué à l’automne 2008 dans le sauvetage de la compagnie d’assurance AIG par la Federal Reserve de New York. Une audition devant une commission du Congrès américain a eu lieu mercredi dernier où il est apparu que Goldman Sachs et la banque française Société Générale durent leur chance extraordinaire de voir honorer rubis sur l’ongle leurs swaps de défaut de crédit sur Lehman Brothers au fait qu’une dégradation de leur note par les agences de notation était imminente. L’urgence a fait le reste. Pensons aussi à la baisse de l’euro la semaine dernière, due à la dégradation de la dette grecque. Les agences de notation sont sur le point de mettre la zone euro à feu et à sang.

Ces agences de notation – dont chacun s’accordait à reconnaître il y a à peine deux ans que leur capacité de jugement était bien médiocre, ne disposent-elles pas d’un pouvoir disproportionné ? Et on n’a peut-être encore rien vu ! Les principes réglant la dette publique vont bientôt être revus en France – dans un sens très prévisible : parfaire les « réformes » de la révolution ultralibérale, alors que la crise a offert un cinglant démenti à la validité de cette philosophie – et la justification en sera que, sans ça, les agences de notation risquent de dégrader la notation de la France. Le pouvoir des agences de notation – des firmes privées, dont la réputation a cessé d’être sans tache – n’est-il pas devenu véritablement exorbitant ?

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Escroquerie à la Réserve fédérale : de Bernanke à Bernankoff ?, par Onubre Einz

Billet invité. Vous avez été plusieurs à me signaler ce billet. Je me suis adressé à son auteur, Onubre Einz, lui demandant le droit de le reproduire ici, ce qu’il m’a très aimablement autorisé de faire. Comme il le dit sans ambiguïté : il ne s’agit que d’une hypothèse.

Dans un post récent, nous émettions des doutes sur la politique financière des USA ; les achats de bon du Trésor des USA nous servaient à exprimer de lourdes interrogations sur les acheteurs des bons émis, la thèse de l’achat en sous-main des titres nous paraissait plausible. La démarche que nous avons initiée est poursuivie ici en prenant pour base un examen serré des comptes de la Réserve fédérale (Fed).

Ces comptes donnent lieu à de sérieuses interrogations sur la politique menée par la Fed. Ces doutes concernent deux éléments : d’une part la sincérité des émissions de titres de dette par le gouvernement américain – qui est sujette à caution -, d’autre part un possible soutien au secteur immobilier via les opérations de rachat de créances titrisées des GSE Fannie Mae et Freddie Mac. Si notre lecture est vraie, la Fed sortirait de ses domaines d’attribution depuis l’arrivée de l’administration Obama avec des risques colossaux pour l’économie mondiale.

L’examen qui suit ne doit surtout pas être pris pour « argent comptant ». Nous formulons des hypothèses de lecture en les étayant pas un examen précis des comptes de la Fed. Nous ne prétendons en aucune manière dire le fin du fin de la politique financière des USA. Il ne faut pas plus voir dans les suppositions que nous formulons une énième expression de la théorie du complot ; les USA sont au cœur d’une tourmente pouvant laisser libre cours à des collusions entre acteurs financiers – privés et publics – afin de mettre en place des opérations douteuses de sauvegarde de l’économie américaine. On formulera simplement les raisons pour lesquelles la politique de la Fed pourrait avoir pris une direction inusitée dans un contexte historique exceptionnel.

Pour construire notre argumentation, nous avons utilisé deux documents : Les “Flow of Funds account Z.1” de la Fed, tableau F. 108 et L. 108, Monetary Authority et les “Factors Affecting Reserve Balances H 4.1” de la Fed, December 17 2009. Les données du quatrième trimestre qui figurent plus haut dans les graphiques sont extraites et compilées à partir du document H 41 de la Fed. Tous les chiffres des tableaux sont en Md de $.

L’examen des comptes de la Fed peut se diviser en deux : le passif de la Fed correspondant à la couverture financière de ses opérations, ces opérations elles-mêmes qui constituent ses actifs. Le plan que nous suivrons est donc simple, l’examen des couvertures sera suivi de celui des actifs de la F.E.D. Ce sont les actifs qui constitueront la matière de nos investigations. Au final, nous replacerons notre lecture des comptes de la Fed dans le cadre de la politique générale de l’administration Obama.

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Le Congrès se rebiffe !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On aurait tort de bouder son plaisir : les élus démocrates semblent s’être souvenus à point nommé que pour être réélus il faudrait qu’ils aient autre chose à présenter à leurs électeurs que leur sourire coincé et la bonne volonté maladroite dont ils font preuve depuis janvier. Les voilà donc émergeant soudain du tombeau.

Depuis que le Président nouvellement intronisé les avait laissés en plan, otage pitoyable d’un gouvernement et d’une équipe de conseillers recrutés dans la chambre aux horreurs qui s’étaient empressés de le bâillonner, ils étaient là, vacillant sur leurs jambes flageolantes et complètement sonnés.

Les voilà donc qui reviennent à la vie sous l’impulsion d’une équipe de super-héros bizarroïde composée du libertarien Ron Paul et du démocrate de choc Alan-Où sont passés les ronds ?-Grayson, lesquels sont donc parvenus à obtenir le principe d’un audit de la Federal Reserve, et ceci par un vote de 43 voix contre 26 à la Commission des Services Financiers du Congrès.

Le challenger en KO technique s’est donc remis sur ses pieds et en a profité pour décocher un crochet du droit fulgurant à la mâchoire de Mr. Bernanke, lequel n’en revient pas : son visage décomposé reflète sa prise de conscience soudaine de deux dures vérités : primo, qu’il faudra peut-être expliquer un jour quelle proportion exacte des 182 milliards de dollars dégagés sans piper mot lors du sauvetage d’AIG sont allés droit dans l’escarcelle de Goldman Sachs et secundo, que sa nomination pour un second mandat à la présidence de la Fed n’aura sans doute pas lieu dans un fauteuil. La foule exulte !

D’accord, il reste encore onze rounds à assurer ! Comme le disait Laetitia Bonaparte : « Pourvou que ça doure ! »

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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