L’actualité de la crise : LES AFFRES DE LA FED, par François Leclerc

Billet invité

Les guerres sont faites de phases de préparation et d’offensives. Elles sont aussi psychologiques. Les réunions de Washington s’étant terminées sur des appels pressants à la coopération de Dominique Strauss-Kahn sans effets notables à ce jour, la voie est donc toute tracée pour que la guerre monétaire se poursuive.

Bien que Jean-Claude Trichet se soit prononcé « très, très contre une guerre des monnaies », et que d’autres en aient nié l’existence. Timothy Geithner venant tout juste de déclarer qu’il ne voit « aucun risque » d’éclatement de celle-ci.

Que les marchés monétaires – contrairement aux attentes, dit-on dans ce cas – soient restés imperturbables depuis le début de la semaine, de marbre même, doit-il être considéré comme signal d’une trêve ? Un grand silence précède et suit les batailles, il ne faut donc pas trop s’y fier. D’autant qu’ils avaient anticipé le fiasco de Washington.

L’attente domine, non pas en raison de la prochaine tenue d’un G20, mais de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) de début novembre. Ce qui confirme bien que les Américains vont tirer les premiers. En utilisant quelles armes ? toute la question est là…

On se croirait revenu du temps de ces kremlinologues qui scrutaient tous les indices possibles des changements au sein du Politburo soviétique. Ou de ces sinologues qui faisaient de même à propos des Chinois depuis le bar du Foreign Correspondant Club de Hong Kong.

Plusieurs hypothèses circulent, à propos de ce que pourraient décider les membres du FOMC, qui pour l’instant étalent leurs divisions en multipliant les interventions publiques. Un seul objectif est poursuivi, mais les discussions portent sur la meilleure manière de l’atteindre : relancer une économie américaine au bord d’une dangereuse récession et d’une trappe dans laquelle les flots de liquidités de la Fed se sont jusqu’à maintenant déversés en pure perte.

Car le débat sur le danger que représenterait l’ouverture de cette trappe est tout aussi dépassé que celui qui consiste à savoir si la guerre des monnaies a oui ou non commencé. C’est chose faite dans les deux cas.

Sur quoi porte-t-il dans les cercles du pouvoir américain ? Non pas sur l’opportunité d’un nouveau round d’émission monétaire par la Fed – il semble acquis – ni sur son ampleur, mais sur son efficacité. Les opposants minoritaires bien connus de la Fed n’ont cessé d’agiter le spectre du retour de l’inflation. Sans être très clair sur la nature de celle-ci : inflation des prix à la consommation, ou des actifs ?

Ils ont trouvé un renfort en la personne de ceux qui craignent qu’un phénomène déjà enregistré ne se reproduise : que les nouvelles liquidités soient précieusement mises de côté par les banques, au cas où, et qu’elles ne soient pas utilisées pour relancer l’économie. Sans impact sur le chômage, cette douloureuse et tangible manifestation de la fin du rêve américain, comme l’est la poursuite à un rythme très soutenu – provisoirement interrompue pour vices de forme – des expulsions immobilières.

Une pression générale sur les taux d’intérêt et sur la valeur du dollar, conséquence de la mise en marche de la planche à billet, aurait par contre un effet garanti : les tensions sur le marché monétaire grimperaient sans tarder. Sans que des effets positifs soient nécessairement ressentis à l’intérieur du pays.

Les exportations chinoises seraient atteintes, mais la production américaine en profiterait-t-elle pour redémarrer ? Car même si les produits made in USA redevenaient plus compétitifs sur le marché intérieur, leur substitution aux produits chinois impliquerait pour les consommateurs des prix plus élevés.

Alternativement à cette option, ou de manière combinée, la Fed envisage d’afficher un objectif accommodant d’inflation pour une longue période, afin de donner au système bancaire l’assurance qu’il peut utiliser les liquidités déjà en sa possession pour enfin développer le crédit, sans risquer d’être pris par surprise par une remontée des taux directeurs qui détruirait ses marges. Mais cette option reviendra également, si elle est choisie et fonctionne, à déverser des flots de liquidité dans l’économie, avec à l’arrivée d’identiques conséquences sur le dollar et donc sur le marché monétaire.

Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, avait il y a plusieurs mois proposé de relever à 4% le taux d’objectif de l’inflation, suscitant alors un tollé chez les banquiers centraux. Sous un autre habillage et de manière plus mesurée, on en vient à une solution de même nature.

Afin d’arrêter pendant qu’il est temps la guerre, la paix est-elle possible ? Une coopération peut-elle s’engager, afin d’entamer un processus négocié d’appréciation du yuan par rapport au dollar (ainsi qu’aux autres monnaies) ? La chance de voir cette solution de la sagesse adoptée renvoie à deux questions sans réponse.

Les dirigeants chinois ont-ils les moyens de s’engager dans cette voie, le rythme d’appréciation du yuan qu’ils pourraient consentir risquant d’être beaucoup trop lent par rapport aux attentes américaines. Que pourraient-ils obtenir en contrepartie, sur le terrain qui leur est cher de la réforme progressive du système monétaire international ? L’option de la négociation est dans la pratique incertaine, car elle touche des deux côtés à des œuvres vives. Elle supposerait aussi que la Fed n’engage pas de nouvelles hostilités.

En tout état de cause, il n’y aura pas de solution monétaire pure. Car derrière les monnaies se cachent des réalités économiques et sociales, et ce sont celles-ci qu’il faut faire évoluer. Ce qui est paradoxalement plus concevable – mais à terme – en Chine qu’aux Etats-Unis. Si les obstacles à un changement de modèle de développement dans les pays émergents sont élevés, les pays développés ne peuvent le trouver qu’à la faveur d’une redistribution de la richesse et du pouvoir d’achat. “- Mais c’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une révolution !”

Les obstacles que rencontreront les pays émergents pour faire évoluer leur modèle de développement ne sont pas et de loin exclusivement intérieurs. Les capitaux étrangers qui affluent en volume croissant dans ces pays, à la recherche de forts rendements, induisent la poursuite du développement inégal qui a été engagé.

S’y opposer implique une maîtrise des flux financiers. Qui ne pourra résulter que de la réduction drastique de la taille d’un monde qui n’en fait qu’à sa tête et dont la capacité de nuisance est restée intacte, ainsi qu’en interdisant les leviers de la spéculation. Nous n’y sommes pas.

Le rééquilibrage du monde ne se heurte donc pas uniquement au bon ou au mauvais vouloir des dirigeants des pays émergents. Car son déséquilibre est le produit de la mondialisation financière, qui s’accélère.

Dans une allocution un peu surprenante prononcée à New York, Jean-Claude Trichet a expliqué hier mardi que « nous sommes loin d’en avoir fini avec la réforme financière », remarquant que « le système financier n’est pas seulement constitué des banques réglementées » et précisant les « six autres points où des progrès doivent être faits » : « la comptabilité, la notation, les ventes à découvert, la rémunération, les dérivés de gré à gré et les véhicules d’investissements alternatifs ». Si c’est lui qui le dit !

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115 réflexions sur « L’actualité de la crise : LES AFFRES DE LA FED, par François Leclerc »

  1. @Verywell

    Bon là, ok, il est vrai que c’est mieux lorsqu’on déplie sa pensée et je peux comprendre votre intérêt d’aller sur ce blog. Je ne nie pas que l’homme est intelligent , évidemment qu’il l’est, mais on sent le type enferré dans un monde qui n’est pas celui des 3/4 de l’humanité. Il pense en bulle. Il va pourtant falloir tenter de composer avec ces 3/ 4 de l’humanité et entendre. Je n’exclue pas les autres mais ils sont si sourds et si gavés d’argent qu’ils ne savent décidément plus ce qu’ils disent. Nous savons par contre ce que leurs semblables n’ont pas hésité à accomplir dans le passé. Un autre petit conflit mondial n’est pas au dessus de leurs moyens. Je conviens que l’auteur du blog tente un effort vers la fin de l’article mais si je comprends ce que nous dit Paul Jorion et tous les contributeurs du blog, c’est que nous sommes historiquement parlant dans l’inédit.

    Ce blog doit être pris comme faisant corps avec le temps. Il fait parti de l’évènement qui naît.
    L’inédit ne se pense pas avec les œillères du passé. C’est ce que j’apprécie ici. J’apprends beaucoup.

    Je m’excuse donc pour le ton employé auparavant. L’intelligence doit avoir ses ombres pour penser son éclat. Je ne m’interdit rien en ce qui concerne la lecture d’un tel ou d’un tel. Je vous ai fait un mauvais procès. J’espère que vous l’entendrez. A force d’écouter des arracheurs de dents sur toutes les ondes, on ne maitrise pas toujours ses vues et il arrive que l’on se crispe.

    1. Je vous entends et vous remercie également pour ces éclaircissements. Je partage votre sentiment sur la situation inédite que nous traversons et sur la nécessité de s’extraire de schémas de pensée caducs afin d’élaborer les outils à même de mieux l’appréhender. Pour finalement – le chemin est encore long – en sortir par le haut. Je partage aussi votre agacement à l’écoute des arracheurs de dents sur les ondes qui nous fredonnent inlassablement le même refrain sans puissance – peut-être me trompé-je mais sur France Inter, chaîne de service public, entre Maris et Seux existe maintenant l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette…tous les vendredis a lieu un débat artificiel qui ne fait honneur ni au service public ni à l’économie. Enfin, la pensée molle dominera toujours le champ médiatique…

  2. @ M.Leclerc.

    J’ai beaucoup apprécié votre article. Permettez-moi de vous dire qu’ au niveau du style alerte et cinglant, il entre me semble t-il dans un nouveau registre. J’ai bien compris que ce blog ne chroniquait pas la littérature, mais un certain style d’écriture permet une meilleur réception et aide à la compréhension du côté du lecteur, ce qui ne gâche rien, vous en conviendrez.

  3. En matière de faillite bancaire, pas si vieille, à Monaco, il y a eu la BIM dans la fin des années 90, tout avoir au dessus de 500 000 francs n’a pas été garanti, ni remboursé.

  4. Les nouvelles à la radio ce matin ont annoncé le retrait de Ryan Air de sa plate-forme de Marseille. Devant l’obligation qui leur étéit demandé de respecter les lois sociales française et leur probable passage devant un tribunal, les dirigeants de yan Air ont préféré plier leurs valises, laissant sur le carreau les employés et les sous-traitants français ainsi que l’ensembles des activités annexes d’hôtèlerie ou de commerce de proximité que leur installation dans la région de Marseille avait créé.

    Ceci est un exemple flagrant de la collusion entre les états et le capitalisme, en l’occurence Irlandais, permettant à une entreprise de fonctionner avec des taxes et des cotisations sociales proches de zéro. Ce qui leur permettatit de concurrencer de manière totalement déloyale les entreprises françaises du même secteur (transports aériens)

    Ce qui est tout de même fort, c’est que les idéologues de l’économie de marché à la Direction Générale Marché intérieur et Concurrence de la Commission Européenne continuent de soutenir ce genre de pratiques qui ne sont rien d’autre que des intervention étatistes pourtant tellement décriées en d’autres occasions… et provoquant des distortions de la concurence . La seule raison du succès de Ryan Air en France était fondée sur une fiscalité Irlandaise et une réglementation sociale Irlandaise moins contraignante que celles applicables en France où cette compagnie exerçait pourtant son activité. Leur succès n’était en aucun cas le résultat d’une réelle compétitivité ou d’un meilleur management de Ryan Air ou de meilleures pratiques organisationnelles. La preuve en est que dès qu’on a demandé à Ryan Air de se plier aux même règles que ses concurrents français, ses dirigeants on fermé boutique, n’étant plus alors assez compétitifs…

    Ce qui est catastrophique c’est que malgré les évidences de cette situations certains hommes politiques de la majorité actuelle viennent se plaindre que la région de Marseille ait ainsi perdu de nombreux emplois. Aurait-il fallu que l’on tolère que Ryan Air use de méthodes de gestion du personnel en contradiction avec celles applicables en France? Ces hommes politiques de la majorité voudraient ils que les droits sociaux français permettent aux entreprises françaises de devenir compétitives avec les entreprises Irlandaises en détruisant le droit social français?

    Ce message d’humeur est aussi destiné à montrer que les réglementations purement financières ne suffiront pas à résoudre les problèmes de fond d’une économie de marché en bien piteuse situation , même pas capable de s’appliquer à elle même les règles d’une concurrence loyale, sans l’intervention de politiques étatiques pratiquant un dumping social éhonté. Les problèmes d’harmonisation fiscale et sociale rendront toute politique financière sans effet.

    Même si je suis loin d’être un défenseur de l’économie de marché, je pense qu’une économie de marché fondée sur des conditions déloyales de concurrence est encore pire qu’une simple économie de marché.

    Paul

    1. Je vais vous dire une chose j’ai cité plus haut un exemple vrai et tout frais de personnes qui tout en étant pas Liliane B, mais tout de me riches 1me de revenus net d’impôt par an ce n’est pas rien n’est pas ? qui n’arrive pas à faire refinancer en amortissable leur prêt relais qui va se terminer. Ils vont perdre dans l’opération 1 me d’euros c’est pour ainsi dire acté.
      Croyez vous que cela va leur faire prendre conscience que ce sont justement les déséquilibres de richesses qui sont responsables de la crise actuelle ? Croyez vous que demain Monsieur Chef d’entreprise va augmenter les salaires de ses employés ?
      Pour la petite histoire Madame est de plus banquière mais de ces petits employés de banque au smic, elle serait plutôt dans le niveau de madame Woerth.

      Alors on ne prête qu’aux riches ? ça ne marche même plus aujourd’hui … où allons nous ???

    2. Ce que j’aurais tendance à penser de tout cela :
      Je me souviens d’une émission de D.Mermet, où, étant au Japon, il avait pu s’entretenir avec un ancien Yakusa.
      Celui-ci lui disait, entre autre, que entre eux, les mafieux japonais, s’appelaient “le monde de l’envers” .

      Voilà où nous en sommes arrivés, le monde est dirigé par “le monde de l’envers” …
      Ils” en sont”, du groupe où, pour appartenir au clan, bénificier de sa protection et des avantages y afférents, il faut faire ses preuves …[ gageons que si chez les Yakusai, il s’agit de “crime de sang”, dans les oligarchies du monde, il s’agit de délits de col blanc ]…=) entrainant une catastrophe pour ceux qui préfèrent un “monde de l’endroit”, pas idéal certes, mais où la question de l’honnêteté de telle ou telle pratique, commerciale ou autre( cela touche les différents domaines de la vie) doit se poser à toute personne.
      Pour cela, la vision de la vie ne doit pas être court-termiste, mais à moyen et long terme : quelles vont être les conséquences pour les autres de la décision que je prends ? ce qui sous-tend une idée de responsabilité individuelle. Mais aussi de regroupement , avec une responsabilité collective.
      Certains, ici ou là, parlent d’un Armageddon . Je n’aime pas cette idée, même si elle peut être
      proférée avec ironie ou innocence …
      Car cette idée, trés proclamée et répandue par les soutiens indéfectibles à l’inénarrable deubelyou …
      est basée sur la haine, et l’espoir de l’extinction de l’autre ( l’autre est le mal ), et a mené le monde à de “belles busheries” qui sont loin d’être finies .
      Si l’on doit remonter au déluge, n’oublions pas que toutes les civilisations se sont copiées,
      et que l’histoire du déluge nous vient en droite ligne de” l’épopée de Gilgamesh” . où il est aussi question d’un roi tyrannique, qui aurait été “humanisé” par la rencontre d’une femme, et aussi de l’amitié, ainsi que de la découverte par la mort de son ami, de sa propre finitude .
      A partir de cela, tout peut se remettre à l’endroit !

    3. post-scriptum:
      quand je vois deublelyou, je ne suis plus du tout d’accord avec l’idée de Rennaissance ….

      Ah bon, c’est pas pareil ?

  5. http://www.obliginfos.fr/2010/09/06/baisse-surprise-de-lindice-sentix/

    Baisse surprise de l’indice Sentix
    06/09/2010 10:55

    (obliginfos) – L’indice Sentix de confiance des investisseurs européens recule,en septembre, contre toute attente, de 0,9 point à 7,6 points, selon les derniers chiffres publiés par l’institut allemand Sentix. En août, il avait nettement rebondi à 8,5 points par rapport au niveau de -1,3 point où il était tombé en juillet. Il reste donc à un niveau encore élevé.

    D’après ce blog :

    http://economicedge.blogspot.com/

    I can tell you that I have enough experience in the market place to know what’s real and what’s not. The markets are broken, our economy is broken, and yet sentiment is at an extreme. Don’t shoot the messenger,

    ======================

    Contre toute attente.

  6. “La Fed réussira surtout à générer une crise encore plus grave.

    Pour de l’argent imprimé — de l’argent créé à partir de rien –, il est impossible de générer de la richesse réelle. Ce n’est que du papier. Ou même moins. Ces jours-ci, ce n’est rien de plus qu’une bribe de l’imagination d’internet. Un guichetier tape un chiffre sur son clavier. Et hop ! Une banque à des milliers de kilomètres de là reçoit un milliard de dollars. Le monde en est-il un centime plus riche ? Bien sûr que non. Même immeubles. Mêmes entreprises. Même production. Même pouvoir d’achat. Mais attendez… dans ce cas, que font vraiment ces milliards de dollars ? Ah, ça… Eh bien, ils ressemblent à du vrai argent. Ils agissent comme du vrai argent. Et ils achètent des choses — comme du vrai argent. Et, incroyable mais vrai, les gens pensent que c’est du vrai argent. Ils se sentent plus riches. Ils dépensent. Ils investissent. Ils spéculent. Exactement comme s’ils avaient plus d’argent réel. Si cet argent bidon parvenait à créer un authentique boom, ce serait un miracle. Mais on dirait que c’est exactement ce sur quoi les investisseurs parient. Le Dow est passé au-dessus des 11 000 points la semaine dernière. Le S&P 500 se vend à un PER 50% plus élevé que sa moyenne de long terme. Les investisseurs doivent penser que les entreprises vont se développer 50% plus rapidement que durant la majeure partie du 20ème siècle. Quoi ? Voyons voir…
    … Nous sommes dans les premières phases d’une Grande correction…
    … on trouve encore l’équivalent de 20 000 milliards de dollars de créances pourries à éliminer…
    … le chômage est à des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis la Grande dépression…
    … tant de maisons américaines risquent la saisie que les banques doivent cesser de les reprendre…
    … le peu de “croissance” qu’on enregistre semble provenir uniquement du gouvernement. Et le gouvernement lui-même est en bonne voie pour une crise de dette…

    Les choses ne vont pas en s’améliorant. Le gouvernement américain est dans le rouge à tel point qu’il ne pourra peut-être jamais en sortir. Il emprunte un dollar pour chaque dollar d’impôt qu’il encaisse. Il continue donc de creuser son trou.
    Et début novembre, la Fed devrait annoncer qu’elle se joint à la fête de l’assouplissement quantitatif. C’est ce qui retient l’attention des investisseurs. C’est ce sur quoi ils parient — toujours plus d’argent brûlant de la part de la Fed. “Le travail de la Fed, c’est de retirer le bol à punch” lorsque la fête devient trop folle, disait William McChesney Martin, ancien chef de la Fed. Au lieu de ça, elle verse encore plus d’alcool et offre les clés de la voiture. Les investisseurs sont convaincus qu’elle annoncera une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif en novembre. Ils pensent que les chiffres devraient se situer entre 100 et 1 500 milliards de dollars. Une grosse somme, en d’autres termes. Pourquoi ? Parce que l’économie ne s’améliore pas. Parce que c’est une Grande correction. Parce que la Fed est persuadée qu’elle peut injecter de l’argent et stimuler “l’instinct animal” des Américains. Et parce que ce sont tous des benêts, en réalité…

    Bill Bonner

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20101014-3102.html

    1. D’où la ruée sur les actifs et sur l’or car il faut mieux posséder quelque chose de concret que du papier toilette quand la musique sifflera la fin de la partie.
      En plus pourquoi en définitive les actions sont elle si chères en général ? certains pensent que cela vient des performances de ces entreprises géantes, en fait non, si c’est si cher c’est uniquement parce qu’en définitive il y a peu d’entreprises côtées par rapport à la demande des investisseurs d’où ces prix délirant quand on regarde le rendement. Quand aux gros riches, ils le sont mais sans l’être tant qu’on nous le proclame sans cesse, car s’ils venaient en masse à vendre leurs titres pour réaliser en cash leurs fortunes, ils y laisseraient combien au passage ??? Là aussi, c’est une belle construction de l’illusion, ces fortunes existent mais ne sont pas réalisables sans atteindre de plein fouet la richesse.

    2. Trés franchement, les trrrrés riches, si j’osais je dirais que” je m’en tamponne le coquillard avec la patte droite d’un alligator femelle”, mais c’est pas poli ! quoique cela vienne d’un auteur célèbre.

  7. “On trouve encore 20 000 milliards de dollars de créances pourries”
    Les sources d’Agora sont-elles fiables ?
    Le PIB Mondial 2009 selon wikipédia est de 57 937 milliards de dollars. La comparaison des deux montants donne le vertige….

    1. Dans ces 20 000 milliards, vous pouvez compter par exemple les 1500 milliards de dette publique française : qui peut croire sérieusement que nous nous en acquitterons ? “Ces dettes souveraines ne seront jamais remboursées”, disait Michel Rocard lors de la crise de l’automne 2008.
      Depuis, nous faisons tous semblant de faire des efforts, de pratiquer un semblant d’austérité en attendant le clash…
      Bill Bonner ne peut plaire à beaucoup de lecteurs de ce blog (il est libéral), mais il écrit de façon très rigolote.

    1. J’aime nos poêtes maudits – dont François Villon – mais, aussi nos poêtes bien tempérés …
      dont ce cher Joachim …
      Merci !

  8. “Une économie américaine au bord d’une dangereuse récession” : L’objectif annoncé de QE2 est de retourner à des taux de croissance plus élevés, compatibles avec un retour au plein emploi. Pas de sauver l’économie américaine. La récession est belle et bien terminée, et rien n’indique que le “double-dip” dont on nous rabat les oreilles depuis plus d’un an puisse se matérialiser.

    “La Fed envisage d’afficher un objectif accommodant d’inflation” : j’aimerais lire la phrase d’origine, puisque je me rappelle uniquement d’un débat concernant la manière d’ancrer plus profondément les attentes d’inflation à 2% pour s’écarter du risque de déflation, mais pas d’un objectif d’inflation plus élevé. Ce serait une première !

  9. Une belle crise de larmes. Comme au plus beau temps du mythique cinéma hollywoodien. H2O s’il vous plaît !

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