Archives par mot-clé : Finance

Veille effondrement #105 – Votre finance, nos vies

Le dernier qui s’en va éteint la lumière (Fayard 2016), pages 25-26 :

En 1933 déjà, Keynes dénonçait dans National Self-Sufficiency, une allocution prononcée à Dublin, notre incapacité à traiter les problèmes de société fondamentaux auxquels nous sommes confrontés autrement qu’en fonction du « combien cela rapporte » :

Le XIXe siècle a promu jusqu’à la caricature le critère que l’on appellera pour faire bref, « les résultats financiers », comme test permettant de déterminer si une politique doit être recommandée et entreprise dans le cadre d’une initiative d’ordre privé ou public. Le destin personnel s’est transformé en une parodie du cauchemar d’un comptable. Au lieu d’utiliser leurs ressources techniques et matérielles désormais beaucoup plus vastes pour construire une cité idéale, les hommes du XIXe siècle construisirent des taudis, et ils pensèrent que bâtir des taudis était la chose juste et recommandable, parce que les taudis, à l’aune de l’entreprise privée, « cela rapporte », alors que la cité idéale aurait été selon eux un acte fou d’extravagance, qui aurait, dans le vocabulaire imbécile du monde financier, « hypothéqué l’avenir ».

La peste de la marchandisation se manifeste dans tous les domaines : éducation, politique médicale, recherche scientifique, rien n’échappe désormais à la logique commerciale de maximisation du profit. Nos dirigeants, alignant leurs comportements sur ceux du monde marchand, n’envisagent d’assurer la survie de notre espèce que dans une perspective purement commerciale : en termes de « droit à polluer » ou de « droit à détruire », chacun de ceux-ci ayant un prix que le marché se fera un plaisir de déterminer. Un dirigeant d’entreprise quittant sa firme exigera lui des millions en compensation du fait qu’il ne cherchera pas à saboter l’activité de celle-ci en travaillant pour la concurrence, comme si la décence ordinaire dont parlait George Orwell ne suffisait pas à définir un cadre à son comportement futur. La malhonnêteté étant la voie du profit, elle est devenue la norme, et un dirigeant d’entreprise exige en conséquence d’être rémunéré pour se conduire honnêtement.

Nos systèmes de valeur ont été évacués et remplacés par une logique pure de profit. Mais celle-ci peut-elle garantir la survie de notre espèce, confrontée à des défis considérables en matière environnementale, ou comme conséquences de la fragilisation croissante de notre système financier en proie aux paris démesurés sur la variation des prix, ou de la disparition de l’emploi devant l’avancée des systèmes informatiques, robots et logiciels ?

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E-Lucid – FINANCE et autres FLÉAUX : face à l’EFFONDREMENT, quel avenir pour l’HUMANITÉ ? – Retranscription

Paul JORION, dissident de la finance et « prophète » de la crise de 2008, nous dresse son bilan à l’heure où des crises de toute nature s’enchainent et se multiplient dangereusement.
De la finance devenue folle, aux catastrophes climatiques à venir, l’humanité a-t-elle encore une chance de sortir du déni, pour créer un avenir meilleur ?

L’article, avec la documentation : c’est ici.

La retranscription par Romain Vitorge (merci à lui !) se trouve ici :
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E-Lucid – FINANCE et autres FLÉAUX : face à l’EFFONDREMENT, quel avenir pour l’HUMANITÉ ?

Paul JORION, dissident de la finance et « prophète » de la crise de 2008, nous dresse son bilan à l’heure où des crises de toute nature s’enchainent et se multiplient dangereusement.
De la finance devenue folle, aux catastrophes climatiques à venir, l’humanité a-t-elle encore une chance de sortir du déni, pour créer un avenir meilleur ?

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Pendant le Covid, la concentration de la richesse se poursuit. Explication

1 – Comment expliquer la flambée des patrimoines, par temps de crise sanitaire  ? La détention d’actions permet en ce…

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L’argent, la dette et la Gauche : Faut-il avoir peur de la dette publique ?

L’intervention que je ferai demain au Colloque organisé par le groupe socialiste, écologiste et républicain du Sénat : L’argent, la dette et la Gauche. Faut-il avoir peur de la dette publique ? Pour les personnes qui souhaitent suivre le colloque, voici le lien vers l’évènement facebook sur la page du groupe socialiste et un « live » sera diffusé à partir de 9h00.

Pour fonctionner, pour rendre les services attendus de lui, comme l’éducation, la police et la justice, la défense des frontières, pour pallier partiellement les inégalités dues au hasard, pour venir en aide aux plus démunis,  l’État a besoin d’un budget, d’un Trésor. Alimentent celui-ci les revenus des biens nationaux et l’impôt.

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« L’argent, la dette et la Gauche : Faut-il avoir peur de la dette publique ? » – Premières considérations

Je vous avais annoncé une série sur la Théorie moderne de la monnaie qui a connu un début de réalisation (La théorie moderne de la monnaie (TMM) ne tient pas debout) : j’ai en effet expliqué en quelques mots que ses défenseurs extrapolent abusivement à l’ensemble des nations quelques propositions qui ne valent en réalité que pour les seuls États-Unis du fait que leur dollar est monnaie de référence et qu’ils peuvent en conséquence exporter au plan international le souci de leur dette (qui sera de facto géré par les nations amatrices d’« eurodollars », le nom sous lequel circulent les dollars qui servent dans des transactions internationales).

J’ai ensuite consacré à la TMM l’une de mes chroniques dans Trends-Tendances (La « Théorie Moderne de la Monnaie » n’en est pas une), où j’ai rappelé que ce que l’on appelle TMM est un ensemble hétéroclite de propositions empruntées à divers économistes de différentes époques, aux vues d’ailleurs inconciliables. Keynes a été recruté dans leurs rangs pour un modèle du crédit qu’il avait cependant abandonné au bout de quelques années (au grand dam de Schumpeter). Les plus récents parmi ces économistes se proclament « post-keynésiens » alors que leur pensée n’a qu’un très lointain rapport avec quoi que ce soit qu’ait pu dire Keynes.

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Crises financières : pourquoi l’inéluctable retour du même ?

Un exercice intéressant aura lieu demain : je serai interrogé par la revue Savoir/Agir sur mon article intitulé La compréhension des crises financières et de leur répétition qui parut en juin 2008 dans le numéro 4 de la revue (pages 11–18). Je vous en avais proposé ici le texte complet, le 20 juin 2008.

« Juin 2008, pour la publication de l’article ? », me direz-vous, « n’est-ce pas en septembre, trois mois plus tard, que la crise a eu lieu ? » Si ! Les prophètes, voyez-vous, c’est comme ça ! Et jugez vous-même si, avec trois mois d’avance, il y avait quoi que ce soit qui manquait.

Le pdf, c’est ici. Texte complet : Continuer la lecture de Crises financières : pourquoi l’inéluctable retour du même ?

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Drame à la Bourse !

Un ami m’envoie le lien d’un article intitulé « Les jeunes banquiers de Goldman Sachs se révoltent contre les semaines de 100 heures », La Libre, le 28 mars 2021. Et il commente

… peut-être la conclusion de Goldman Sachs est qu’il faut remplacer ces humains défaillants par des IA non susceptibles de burn-out, ce qui augmentera encore… le taux de profit ?

Je lui réponds ceci :

Ce n’est pas ça : ces jeunes réagissent au fait qu’ils sont la première génération de gens issus d’écoles de commerce, ou avec des doctorats universitaires en maths ou en physique, qui est entièrement SUBORDONNÉE à l’IA : ils ont DÉJÀ été remplacés par elle. Ils sont désormais comme ces quelques rares ouvriers qu’on voit encore sur les lignes d’assemblage, à vérifier simplement qu’il n’y pas de robot qui merde quelque part. Crois-moi, quand les jeunes gens qui les ont précédés dans les salles de marché pouvaient faire tout ce qui leur passait par la tête, il n’y en avait pas un qui se serait plaint des 100 heures de boulot, c’est eux qui les voulaient : ils étaient shootés à leur propre adrénaline (+ amphés + coke). On quittait le bureau à 20h, on allait dans le bar qu’il y a là en face, à la Madeleine, et à une heure du mat’ on regardait comment ouvrait Tokyo, pour passer quelques ordres si ça pouvait être rentable ou si ça s’avérait indispensable. Des journées comme ça, en sensations, ça valait la chasse au lion : « Top of the World! », en français = c’était fun ! Mais c’est fini : à la Bourse, il y a maintenant plus malin que nous.

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La gestion du risque dans le secteur de la banque – Le point de vue pratique

« To over-rule risk managers » = « outrepasser l’avis des gestionnaires du risque.

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La Tribune, « La fronde des petits porteurs à Wall Street est un combat perdu d’avance » (Paul Jorion, anthropologue), par Éric Benhamou, le 4 février 2021

« La fronde des petits porteurs à Wall Street est un combat perdu d’avance » (Paul Jorion, anthropologue)

L’affaire GameStop et son retentissement médiatique renvoient à des questions de fond, comme les mécanismes de fixation des prix ou les rapports de force sur les marchés. Le poids des petits porteurs, à la fois faible mais potentiellement grandissant avec les réseaux sociaux et les plateformes de courtage sans frais, semble s’entrechoquer avec les fonds d’investissement passifs et alternatifs, en très forte croissance, chacun étant persuadé de sa force respective. Paul Jorion, ancien banquier aux Etats-Unis, et auteur de nombreux ouvrages sur la crise financière de 2008, analyse pour La Tribune ces nouveaux rapports de force et leurs conséquences sur le fonctionnement sur les marchés.

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« C’est encore pire que ce que vous imaginez ! », le 8 octobre 2020 – Retranscription

Retranscription de « C’est encore pire que ce que vous imaginez ! », le 8 octobre 2020. Bonjour, nous sommes le jeudi 8…

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