Archives par mot-clé : Finance

« La chute de la Bourse hier fait craindre une crise obligataire ! » C’est quoi ?

Tous vos journaux parlent à propos du plongeon hier des Bourses de « crise obligataire ». De quoi s’agit-il ?

Je vous l’ai déjà expliqué dans une vidéo l’année dernière : Grandes prophéties : Fin du capitalisme (2009), le 11 octobre 2018, je vous recopie la partie qui répond à la question.

« On va avoir [on a] des obligations en quantité, ces obligations auront [ont] un prix, et ce prix baissera si les taux augmentent. Alors, en général, on vous dit, quand vous demandez une explication – « Pourquoi est-ce que, quand les taux augmentent, le prix des obligations baisse ? » – on dit : « Ben, c’est comme ça, voilà, et au contraire, si le prix des obligations augmente, eh bien, les taux d’intérêt baissent. » On ne vous explique pas pourquoi. Alors moi, je vous ai expliqué ça un million de fois, mais bon, je le répète encore aujourd’hui parce qu’il y a des gens qui verront ça pour la première fois.

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« Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019 – Retranscription

Retranscription de « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 août 2019 et aujourd’hui, ma petite vidéo s’intitulera « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) ».

Qu’est-ce qui m’a fait penser à vous faire un petit exposé de ce type-là ? C’est un ensemble de choses. J’ai en particulier réfléchi hier. Il s’est fait que j’ai appris la mort, comme nous tous, de Jean-Pierre Mocky quelques minutes avant de devoir sortir. Et donc, j’ai mis deux lignes, je suis revenu un peu plus tard et j’ai complété avec les idées qui m’étaient venues par la suite. Et, Jean-Pierre Mocky, vous le savez, c’est quelqu’un qui a fait de l’excellent cinéma. On a dit souvent à propos de ses films que c’était fait par un fou et, à ce moment-là, tout le monde pouvait dire : « Non, regardez, c’est Jean-Pierre Mocky. Regardez ce qu’il a déjà fait. Ce n’est pas un fou ! C’est quelqu’un de très raisonnable mais qui choisit, à certains moments, de parler de certaines choses de telle et telle manière ». Parce que, vous le savez, il y a toujours un message. C’est un message toujours d’une grande humanité. Il emploie tous les moyens qui sont à la disposition des gens qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, c’est-à-dire la dérision, l’ironie, se moquer des imbéciles comme ce monsieur, vous avez dû le voir, qui est devenu viral. C’est-à-dire qu’il y a 2 cinglés de partisans de Trump dans une réunion et ce monsieur habillé en vert ne peut pas s’empêcher d’éclater d’un fou-rire qu’il n’arrive pas à arrêter. On voit bien que c’est de bon cœur. Il se dit : « J’ai affaire à des cinglés », mais là, de vrais cinglés. Il suffit de les voir avec leur casquette « Make America Great Again ». Manifestement, des suprémacistes blancs qui n’osent pas s’appeler de cette manière-là, en particulier.

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Compte-rendu du livre de Patrick Artus Discipliner la finance, par Vincent Burnand-Galpin

À propos de Patrick Artus, Discipliner la finance, Paris : Odile Jacob, 2019. Ouvert aux commentaires.

L’idée centrale de ce livre est que l’accroissement du poids de la finance par rapport à l’économie réelle accroît fortement le risque de crise. Alors que dans le passé, c’étaient les chocs de l’économie réelle qui influençaient la sphère financière, ce sont aujourd’hui les chocs financiers qui conduisent au dérèglement de l’économie réelle. 

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Trends-Tendances : Peut-on prévoir les crises financières ? le 7 mars 2019

Peut-on prévoir les crises financières ?

Didier Sornette, physicien français dirigeant un département à l’Institut polytechnique de Zürich, s’est fait une spécialité de prévoir quand les bulles financières éclatent.

Une bulle se développe quand une majorité d’intervenants sur un marché se convainquent à juste titre que le prochain prix sera supérieur au prix actuel. Alors un ask, un prix réclamé par un vendeur, plus élevé que le prix actuel, trouvera un bid, un prix offert par un acheteur, prêt à le suivre à la hausse. Et la bulle enflera aussi longtemps qu’il restera des acheteurs prêts à embrayer pour des prix plus élevés.

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Espace Éthique/Île-de-France, Prédire les crises financières, demain lundi 4 mars à 18h30

À partir de mon expérience d’avoir prédit la crise des subprimes (2004-05), et de chercheur en Intelligence Artificielle (1987-90), je tenterai de définir les principes d’une IA qui prédirait les crises financières qui ne soient pas de simples phénomènes de bulles (pour celles-là, voir les travaux de Didier Sornette).

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Le peuple étrange des déçus et les « ventriloques de la Banque »

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Le Monde : Ces fidèles historiques déçus par l’an I du quinquennat, le 9 juin 2018

Je vous épargne la liste complète. En voici toutefois un échantillon :

Les économistes Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, Thierry Pech et Lionel Zinsou, directeur général et président de Terra Nova, Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde, le Prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio, Jean-Paul Huchon, l’ex-président de la région Ile-de-France, ou Pierre Pringuet, ancien responsable de l’association patronale AFEP, l’écologiste Corinne Lepage, etc.

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REFONDER LA FINANCE ? Paul Jorion : « Le monde universitaire ignore ce qui se passe au sein des banques », 25 MAI 2018

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Mon intervention à la Cité Internationale Universitaire de Paris, le 25 mai : « Le monde universitaire ignore ce qui se passe au sein des banques ».

J’étais « Grand témoin » de la Table-ronde 1 : Retour critique sur l’évolution de la finance contemporaine et sur le corpus académique

L’ensemble des interventions se trouve ici.

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La Bourse à la peine : deux questions à ne surtout pas poser !

-1,64% pour le CAC40 à Paris, -1,68% pour le Dax à Francfort. Pire encore, à New York, -1,96% pour les firmes technologiques du Nasdaq, et -2,54% pour les grosses firmes industrielles du DJIA. Source de l’inquiétude aux États-Unis ? Les salaires (gaspation !) en progression !

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La démocratie est-elle enchaînée face à la finance ?

Ma communication au Colloque international LA DÉMOCRATIE ENRAYÉE ? à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, le 31 mai 2013.

L’anthropologie sociale britannique dont j’ai eu l’honneur à une époque d’être l’un des représentants, et dont je défends toujours les valeurs méthodologiques faites d’une combinaison équilibrée de rigueur et de bon sens aristotélicien, demande que quand il est question des phénomènes relevant de l’humain, une explication, pour mériter ce nom, doit pouvoir rendre compte des faits observés aussi bien en termes de personnes, d’acteurs humains composant les sociétés auxquelles nous appartenons, qu’en termes d’institutions procurant à ces sociétés humaines le cadre au sein duquel elles peuvent fonctionner, en assurant autant que faire se peut le bonheur de leurs membres.

De même que le comportement des abeilles explique la structure hexagonale des alvéoles composant les rayons en raison de la manière dont elles les ont construits, assemblées en grand nombre et battant simultanément des ailes, et explique ensuite celle de la ruche toute entière, c’est celle-ci qui en vient à expliquer, par un effet en retour, ce que sont précisément les abeilles. L’activité des hommes, qu’elle soit routinière, d’ordre réflexe, ou bien délibérée, déterminée par un calcul mené à son aboutissement, explique la forme qu’ont prises les institutions humaines. Le comportement des êtres humains s’explique ici aussi, en retour, par la manière dont sont faites ces institutions. Le rapport entre les deux est dialectique : sous la forme d’une détermination réciproque où les individus vivent leurs institutions comme un sentiment qu’ils éprouvent, et ce sont ces sentiments qui, en réaction à la manière dont les institutions les modèlent, remontent ensuite, de l’individu à la structure, en s’agrégeant pour définir la dynamique qui exercera sur ces institutions une contrainte et les fera évoluer de manière à ce que s’efface toute pression inacceptable qui se sera exprimée comme insatisfaction éprouvée ou comme ressentiment, c’est-à-dire en tant que « sentiment ».

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SORTIR LA FINANCE DE LA NUIT CONCEPTUELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Zebu a témoigné de son adoption du concept d’option comme matrice du prix juste. Cedric Mas lui a emboité le pas en définissant le nominal de l’option d’économie juste. Pour parfaire cet édifice de la valeur réelle de la démocratie, il faut poser la règle d’évaluation de la prime d’option d’économie juste. Cette règle est le produit de la démocratie à la condition de différencier par la discussion la réalité conceptuelle de la réalité physique. La discussion de la réalité est un choix moral, c’est à dire une option, et non un fait donné indiscutable en soi.

L’effondrement en cours du système financier mondialisé est la conséquence d’une commode illusion conceptuelle construite sur les insuffisances de la démocratie. La finance hors la loi nationale convainc la démocratie de sa dépendance à une loi qui ne lui appartient pas. Or la réalité physique d’une nation souveraine est bien reliée et distincte de sa réalité conceptuelle à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. La démocratie nationale peut être conservée dans une réalité financière internationale par la prime d’une option de change en monnaie internationale commune aux démocraties.

Il n’est qu’une seule possibilité de rendre la finance compatible avec la démocratie : instaurer un marché international transparent d’options pour calculer le prix variable de traduction incertaine de la réalité physique par les réalités conceptuelles nationales. A défaut d’unité de compte mondiale, la démocratie disparaîtra dans la spéculation financière et l’homme sera devenu esclave pauvre des propriétaires du calcul financier.

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La démocratie concrétisée dans la finance, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Hypothèse de la démocratie réelle

La proposition d’une Monnaie Universelle (MU) suscite deux positions métaphysiques de contestation. La première pose que les finalités humaines ne sont pas réelles. Tout est déterminé par la matière, par des forces physiques dont la logique est indépendante de l’intelligence humaine. La deuxième pose que les finalités humaines ne sont pas discutables. L’intelligence échappe à la majorité du genre humain. La liberté humaine est parfaitement manipulable et il vaut mieux qu’elle le soit par quelques intelligences éclairées. La finance est la science de la direction rationnelle des consciences. Soit la démocratie est matérialiste ; soit elle est formelle. Elle ne peut pas être réelle.

Le matérialisme et l’idéalisme conduisent à la même conclusion sous deux formulations différentes. La démocratie en acte y exprime toute la démocratie en puissance. Soit la monnaie n’a rien à voir avec la démocratie ; soit c’est elle qui dirige la démocratie et il ne serait pas sain qu’il en fût autrement. La MU est au mieux une belle rêverie. Imaginons alors que les démocraties admettent dans leur espace physique de souveraineté concrète un espace juridique d’extranationalité où la seule loi nationale qui ne s’y applique pas soit celle de la valeur libératoire de la monnaie nationale. Tous les contrats explicitement conclus en MU à l’intérieur de l’espace juridique national sont exclusivement réglés en MU dont l’autorité d’émission et de régulation est un système bancaire commun aux démocraties adhérentes.

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La démocratie est-elle soluble dans la finance ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Toxicité financière

La crise des subprimes s’est déclarée par des problèmes de liquidité. Il est devenu impossible à l’été 2007 de calculer le prix de certains actifs financiers, en l’occurrence les actifs subprimes à haut risque. Les actifs subprimes se sont révélés toxiques parce qu’ils sont mutants et matériellement imprévisibles, comme les virus. Ils contiennent en eux-mêmes la cause invisible de leur transformation. Techniquement, un actif toxique est un nominal d’option dont la composition est indéchiffrable et la prime vendue par un opérateur financier de solvabilité inconnue. Une option financière est la promesse de réaliser quelque chose à un certain prix sous certaines conditions. L’acheteur de l’option est celui qui veut avoir le quelque chose au prix à terme annoncé et qui paie une prime au vendeur qui s’engage à le lui réaliser. La prime de l’option représente ce que le vendeur est susceptible de décaisser en monnaie à l’échéance de l’option si la promesse ne se réalise pas au prix annoncé.

La fabrication d’un actif toxique vise à prélever une commission sur la construction d’une option dont le risque est polymorphe ; dont le risque peut être présenté différemment à son acheteur et à son vendeur. L’intermédiaire de toxicité vend le nominal à quelqu’un qui trouve la promesse bien belle pour la prime faible qu’il a à régler. Et il vend la prime à quelqu’un qui la trouve bien élevée pour le faible prix réel du nominal qu’il est censé garantir. L’un achète un risque dont le prix paraît faible tandis que l’autre vend le même risque dont le prix paraît élevé pour ce qu’il semble réellement. Acheteur et vendeur du même actif toxique ne se voient pas et ne se parlent pas : ainsi le fabricant peut présenter son produit sous deux formes différentes qui ne sont pas comparées explicitement. L’agent de toxicité financière est indétectable parce qu’il tient le marché étroit de ce qu’il vend ou parce parce qu’il est trop gros pour que l’acheteur exposé à la toxicité identifie séparément la responsabilité du vendeur de la prime et de son fabricant.

Acheter un risque revient à vendre une assurance. Si l’assureur inspire confiance, il n’est pas imaginable qu’il puisse assurer des événements qui n’arrivent pas aussi fréquemment qu’il l’annonce ; ou qu’il ne soit qu’assureur d’événements qui n’arrivent jamais ; ou encore qu’il soit l’assuré d’un assureur d’événements qu’il provoque lui-même. Un producteur de toxicité financière est l’agent invisible d’actifs transformables à l’insu de l’acheteur qui se croit protégé de la variabilité du prix réel. A partir de l’été 2007, il est apparu progressivement que ces actifs sans prix vraiment rationalisable étaient diffusés dans le monde entier. Toute institution financière d’une quelconque importance avait dans ses comptes une proportion inconnue d’actifs toxiques, soit que ces actifs fussent des primes sans prix rationnel, soit que leur prix fût garanti par un propriétaire de la prime potentiellement insolvable.

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