Archives par mot-clé : gratuité

De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XIII), La taxation des opérations financières, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Le terme de gratuité est générique. De quelle manière serait-elle prise en charge ? Jugez-vous qu’il faille créer des caisses sur le modèle de la Sécurité Sociale ? Serait-elle purement et simplement à part du circuit économique ?

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De la trahison de la science et du moyen de la retrouver, par Ioana-Noemy Toma

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Jean de La Fontaine,
L’AVANTAGE DE LA SCIENCE,  Livre VIII, fable 19 

Entre deux Bourgeois d’une Ville
S’émut (1) jadis un différend.
L’un était pauvre, mais habile,
L’autre riche, mais ignorant.
Celui-ci sur son concurrent
Voulait emporter l’avantage :
Prétendait que tout homme sage
Etait tenu de l’honorer.
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Transfusés : pourquoi le revenu universel n’est pas la solution, par Zébu

Billet invité.

Les deux reportages d’hier soir, « Cash investigation » et celui qui suivait sur la « lignée » Wendel (sans doute le plus pointu) d’infrarouge ont permis de mieux comprendre dans quel contexte nous vivons et d’où celui-ci vient.

Très clairement, nous sommes dans une situation de transfusés : nous dépendons des liquidités pour notre survie.

Et nous devons tout faire pour que ce lien vital soit maintenu.

C’est en ce sens que l’intervention d’Emmanuel Macron doit être comprise dans le magazine « Cash Investigation », lorsqu’il est interrogé sur la situation de Sanofi : son partage des bénéfices au bénéfice des actionnaires (« objectif 50 % »), sa « rationalisation’ des coûts » (que sont les chercheurs), ses plans stratégiques à venir et les aides publiques que cette entreprise reçoit (136 millions en 2013), notamment le Crédit d’impôts recherche (sic) et le CICE.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XVII) – De quoi l’avenir devrait-il être fait ?, par Francis Arness

Billet invité.

Esquissons les mesures assurant d’abord la stabilisation de la situation économique, puis le grand tournant. Partons des propositions développées par Paul Jorion dans Misère de la pensée économique [1] ainsi que dans l’ensemble des contributions au blog (particulièrement dans le cadre du projet d’Encyclopédie au XXIème siècle [2]).

Pour stabiliser la situation économique et éviter tout effondrement à court ou moyen terme, il faut :

1. Au niveau européen : régler le problème de l’euro, mutualiser les dettes à l’échelle européenne après avoir organisé un défaut généralisé. Cela ouvrira à une restructuration qui conduira à une refonte de l’architecture de la monnaie unique et à sa transformation en un espace financier, bancaire et fiscal unique (euro numérique, comme le propose Pierre Sarton du Jonchay [3]), avec tout ce que cela comporte d’« euthanasie du rentier ».

2. Au niveau mondial : encadrer strictement les banques par leur nationalisation dans la perspective d’une finance remise au service de la communauté, ce qui implique en particulier la ré-interdiction de la spéculation, mais aussi la création d’une chambre de compensation multilatérale planétaire fondée sur le bancor en étayant ce système sur le réel par la monnaie numérique [4].

3. Au niveau local et plus général, créer des espaces économiques autonomes par rapport aux Etats-Unis – et cela vaut en premier lieu pour l’Europe [5].

4. Dans ce cadre, en Europe (et ailleurs), refonder le partage des richesses.

5. La mise en place d’une chambre de compensation multilatérale planétaire fondée sur le bancor, signifiant automatiquement la fin de la libre circulation des capitaux et la disparition des paradis fiscaux.

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L’actualité de demain : LA RÉVÉLATION DE NOUVELLES ASPIRATIONS, par François Leclerc

Billet invité.

Ce n’est aujourd’hui qu’une petite musique mais elle est insistante : ici, des livres sont échangés, ou des vélos et des ordinateurs récupérés et retapés, là des jouets et vêtements pour enfants sont remis à neuf; des boutiques de produits de « seconde main » s’ouvrent et des circuits courts de produits alimentaires se développent, le covoiturage progresse lentement, tandis que la colocation s’impose.

Une économie naissante de la débrouille et du partage est en train de se développer, à la rencontre de la rigueur des temps, mais aussi du besoin de s’affranchir de l’hyperconsommation, et de créer du « lien social » comme disent les sociologues. Disparues à la ville, d’anciennes solidarités campagnardes réapparaissent ; aux structures familiales disloquées se substituent le voisinage ou le relationnel des réseaux sociaux. La politique sous ses formes traditionnelles et la protestation ne font plus recette, le passage à l’acte s’impose, modeste et sans autre prétention que de vivre dans l’être et non plus dans l’avoir. Puisque changer cette société semble hors de portée, autant en modifier collectivement les règles là où l’on vit.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 3 FÉVRIER 2012

Un monde qui craque à chacune de ses coutures

Profit vs. Gratuité / Don
Le MAUSS
Marcel Mauss (1872-1950)
Le capitalisme à l’agonie (2011)
La guerre civile numérique (2011)

La même sur YouTube

Illustration de Sébastien Marcy

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LE MONDE ÉCONOMIE, « e-G8 : un monde nouveau, sosie de l’ancien », lundi 6 juin 2011

« Sans les réseaux, Internet n’est rien … Internet n’est pas qu’une question de libertés, c’est une question d’argent ». Quand ces paroles sans ambiguïté furent prononcées par Stéphane Richard, patron d’Orange, l’un des principaux sponsors de l’e-G8 qui s’est tenu à Paris les 24 et 25 mai, un soupir d’aise s’exhala des chaumières de France et de Navarre : le débat relatif aux libertés sur l’Internet, dont Bernard Kouchner aurait voulu faire le thème central de cet e-G8, était bien remis à plus tard, tandis que le cours inexorable de sa marchandisation se poursuivait lui sans encombre.

Lawrence Lessig, professeur de droit à Harvard, l’un des rares invités à cet événement appartenant à la société civile, ironisa sur la philosophie sous-jacente à la tenue de l’e-G8 : « Je n’ai que de vagues souvenirs de la philosophie, dit-il, mais j’imagine mal un philosophe français affirmant : « Demandons au monde des affaires de définir la politique de l’État » », et d’ajouter cruellement : « Nous avons récemment tenté l’expérience aux États-Unis en matière de finance, et l’on ne peut pas parler d’un franc succès ».

Une chape de plomb est tombée sur l’Internet lors de ces comices agricoles que fut l’e-G8. Sa première composante est celle de la marchandisation. La seconde, se lisait dans le rapport final du G8 qui – pour respecter la tradition – circulait avant même que les festivités ne commencent : la chape de plomb du maintien de l’ordre, déjà lisible en clair ou en filigrane dans certains législations nationales, et en France en particulier, dans LOPPSI et HADOPI 2. Aucun des prétextes invoqués ne manque bien entendu de dimension éthique et ce sont les mêmes qui justifient partout la mise en place d’une surveillance globale : la lutte contre le terrorisme et la protection de l’enfance, comme si celles-ci justifiaient en soi la mise en place d’un système d’espionnage généralisé des citoyens par leurs gouvernements.

John Perry Barlow, l’un des fondateurs en 1990 de l’EFF, l’Electronic Frontier Foundation, le syndicat américain des utilisateurs de l’internet, l’une des rares personnalités présentes à l’e-G8 à défendre des valeurs qui ne se traduisent pas immédiatement par un prix, évoqua une autre justification à l’appareil répressif proposé : la propriété intellectuelle, qu’il caractérisa à juste titre comme une notion distincte de celle du « droit d’auteur » : comme un brevet pris par une société commerciale sur la pensée de quelqu’un qui ne récoltera, lui ou elle, in fine que des miettes des sommes récoltées.

Point commun entre ces volontés diverses d’enserrer l’internet dans un carcan juridique destiné à maintenir l’ordre commercial des marges bénéficiaires substantielles et l’ordre plus prosaïquement policier : la peur devant ce que l’Internet représente désormais. Ses capacités, d’une part, à imposer la gratuité et le don comme les formes par défaut du rapport social, et d’autre part, à balayer en quelques semaines des régimes politiques où, comme l’e-G8 l’illustre si bien, la direction de l’État a été confiée au monde des affaires, licites ou illicites.

La communauté des internautes n’est heureusement pas désarmée devant de tels diktats, du moins sa composante que la programmation n’intimide pas. Ici aussi, c’est Barlow – on n’en attend pas moins du parolier du groupe The Grateful Dead – qui a le dernier mot, lui qui eut un jour l’occasion de dire : « La communauté Internet traite toute tentative de mise au pas comme une simple avarie qu’il s’agit banalement de contourner ».

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Bénédicte a traduit cette chronique sur le blog en anglais.

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Hors série : D’ÉTRANGES BIBLIOTHEQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Signe de leur prochaine disparition annoncée, ou au contraire de leur valeur renouvelée, les livres connaissent ces temps-ci d’étranges aventures. A Varsovie, un bouquiniste a créé un « Cimetière des livres oubliés », tandis qu’à Vienne, en Autriche, un artiste vient d’implanter en pleine ville des « armoires à livres ».

Le premier, Waldemar Szatanek, a puisé son inspiration – en l’adaptant – dans un époustouflant roman de Carlos Ruiz, « L’ombre du vent ». Dans sa boutique, on peut contre un droit d’entrée de 30 zlotys (environ 7 euros) venir choisir et emporter autant de livres que l’on peut en emporter. Les étudiants et les retraités ont un tarif réduit. Un grand et solide sac est remis à l’entrée à cet effet, mais il n’est pas interdit d’apporter ses cartons.

L’idée est de sauver les livres jetés ou laissés pour compte d’une fin atroce à la décharge publique. A Varsovie, plus de 100.000 livres par an sont recyclés en papier ou envoyés à la décharge. Plus de 2.000 livres, tous genres confondus, trouveraient ainsi quotidiennement de nouveaux lecteurs, on n’ose pas dire propriétaires.

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A PROPOS DE « LE PRIX » : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE / GRATUITE, par Jean-Luce Morlie

Billet invité.

– Liberté-Egalité-Fraternité – cette utopie, pourtant structurante, échoue à pacifier les rapports sociaux et plus encore, les notions qui y sont évoquées s’opposent les unes aux autres, s’annulent par la séparation de leurs usages ! La solution d’Attali (1) consistait à réécrire « Libertés–Egalités… » , leur pluriel résultant de la multiplication de chacune par l’opérateur moral de fraternité. De fait, l’emploi unilatéral, de « LA liberté » ou de « Légalité », aligne souvent les claquements de bottes et couvre le sable de sang au seul profit d’un renouveau des hiérarchies ; « La fraternité » seule, livrée à elle-même, conduit, sans forcer, au pourrissement des phalanstères.

§

Les temps sont durs, devant la sauvagerie qui vient, Paul Jorion propose d’élargir le mouvement constitutionnaliste des 17e et 18e à la sphère économique. Son dernier ouvrage – Le Prix (2) – permet de comprendre la stérilisation de la devise de la République par l’économie. Reprenons Le Prix à la volée. Pour rendre compte des prix, la science économique refoule l’explication du prix établie empiriquement par Aristote laquelle a pourtant été, de nos jours, vérifiée par l’auteur, non seulement sur les marchés de pêcheries traditionnelles en France comme en Afrique, mais aussi au travers de dispositifs « informatisés » de trading sophistiqués. La redécouverte est simple : les modernes ne tiennent pas compte de l’inégalité des statuts des groupes sociaux auxquels appartiennent les partenaires de l’échange établissant le prix, or ce sont précisément ces rapports statutaires qui règlent, de fait, la formation des prix à proportion de leur différence de positionnement dans l’échelle sociale. Pour Aristote déjà, l’« heure de savetier » ne vaut pas l’« heure de l’avocat », la quantité fixée par « le prix à l’heure » renvoie à la qualité des échangistes. En Grèce antique, les groupes sociaux sont fixés dans la Loi, le rapport de force est stable, connu de tous. Pour nos sociétés modernes, le rapport de force entre groupes fluctue quelque peu certes, mais le fait est que le prix ne s’établit pas sur la rencontre de quantités d’offre et de demande de marchandise. Tout au contraire, l’ajustement du prix se fait à partir d’un calcul sous-jacent des risques de marchés liés aux positions sociales des parties, chacune évaluant la position sociale de l’autre. Dès lors, tout est dit : la science économique (comme le blabla qui y est associé au vingt-heures), sert de faux nez aux jeux de la domination entre groupes. Nous le savions déjà, mais le démontage précis du réveil peut aider à remonter une meilleure mécanique. Que propose Jorion ? D’abord, quelques mesures radicales, destinées à calmer la machine entrée en phase de « déglingue explosive ». Soit, et selon les niveaux de structure, le déplacement massif des revenus vers le travail, l’interdiction totale des paris sur les fluctuations des prix, et, entre nations, l’utilisation d’un équivalent du Bancor de Keynes, ces mesures n’étant à attendre que d’un reste de philia dont l’humanité serait encore pourvue. Déjà que ce n’est pas « gagné », alors au-delà ?

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