Les services de base universels pourraient être plus efficaces que le revenu de base pour lutter contre la « montée de la robotisation »

Mes propositions de réformes profondes (interdiction de la spéculation, « taxe-robot », etc.) ont généralement l’effet connu sous le nom pittoresque de « trou dans l’eau » jusqu’à ce que … quelqu’un d’autre les reprenne (ainsi Bill Gates, Benoît Hamon, pour la « taxe-robot »). C’est ce matin-même le cas pour la gratuité, l’idée-phare de mon livre Vers un nouveau monde (et de ma conférence TEDx). Je m’en réjouis et m’engage à faire tout le bruit possible autour de l’étude britannique. Ouvert aux commentaires.

Ben Chapman, Universal basic services could work better than basic income to combat ‘rise of the robots’, say experts, The Independent

Merci pour la traduction à Jean-Philippe Goborieau et Tristan Buard.

Selon une équipe de l’UCL (University College London), l’État devrait mettre gratuitement à la disposition de tous des logements, de la nourriture, des services de transport et des services informatiques au lieu de mettre l’accent sur la redistribution de sommes d’argent.

De nouvelles études suggèrent que pour contrer une « montée de la robotisation » qui menace d’éradiquer des millions d’emplois, les citoyens britanniques devraient bénéficier d’un accès gratuit au logement, à la nourriture, au transport et à Internet.

Les experts travaillant pour l’Institute for Global Prosperity (IGP) du University College de Londres affirment que l’éthique d’universalité du National Health Service (l’assurance-maladie britannique) devrait être étendue à d’autres domaines de la vie afin d’atténuer les perturbations causées par les changements technologiques.

Leurs propositions radicales incluent la construction de 1,5 millions de nouveaux logements sociaux sans loyer à destination de ceux qui en ont le plus besoin et la fourniture d’un tiers de tous leurs repas aux 2,2 millions de ménages qui connaissent l’épreuve de l’insécurité alimentaire chaque année.

L’IGP préconise que le passe Freedom qui donne accès aux transports locaux aux personnes handicapées et à celles qui ont plus de 60 ans soit étendu à tous. L’accès de base à internet et au téléphone serait également pris en charge par l’État, permettant à tous, y compris à ceux qui ont un revenu faible ou nul, d’accéder aux opportunités d’emploi « tout en participant à notre démocratie en tant que citoyens informés ».

L’Institut a proposé un ensemble d’idées baptisées « services de base universels » (SBU) qu’il présente comme une alternative plus réaliste et plus souhaitable au revenu de base universel.

Le concept de revenu de base universel (consistant à payer à chaque personne un revenu garanti, qu’elle travaille ou non) a suscité récemment beaucoup d’intérêt. Mais les auteurs du rapport de l’IGP soutiennent que, même si les objectifs du revenu de base universel peuvent être louables, le débat devrait cibler des objectifs plus réalisables sur le plan politique.

Les auteurs du rapport défendent l’idée selon laquelle, au lieu d’essayer de réduire la pauvreté au moyen d’allocations redistributives et de salaires minimum, l’État devrait plutôt offrir à chacun les services dont il a besoin pour se sentir en sécurité dans la société.

D’après eux, le revenu de base universel coûte cher. Distribuer à tous les citoyens du Royaume-Uni le montant actuel de l’allocation de demandeur d’emploi de 73,10 livres sterling par semaine coûterait près de 250 milliards de livres par an, soit 13 % du PIB du Royaume-Uni.

En revanche, selon l’analyse de l’IGP, l’élargissement de la protection sociale au moyen de services plus étendus coûterait environ 42 milliards de livres sterling, qui peuvent être financés en réduisant l’abattement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques de 11 800 à 4 300 livres.

Les experts estiment qu’une extension des services de base à tout le monde a un caractère très progressif parce que ceux qui en auront besoin seront de manière disproportionnée les moins riches de la société.

Selon un récent rapport de McKinsey, près de la moitié des emplois dans le monde, ce qui correspond à près de 16 000 milliards de dollars de salaire, pourraient être automatisés par la simple mise en place des technologies existantes en robotique, en apprentissage automatique et en intelligence artificielle.

Le professeur Henrietta Moore, directrice de l’Institut pour la prospérité mondiale de l’UCL, a déclaré : « Faute de nouvelles idées radicales remettant en question le statu quo, nous serons confrontés à un avenir où l’évolution de notre société et de notre marché du travail conduira de plus en plus de gens à devoir se battre pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires – sans parler d’avoir les ressources et l’énergie mentale nécessaires pour se permettre à eux-mêmes ainsi qu’à leurs familles de s’épanouir ».

Le SBU est selon elle, une prolongation logique du principe communément accepté selon lequel la santé et l’éducation devraient être gratuites pour tous.

Commentant le rapport, John McDonnell, chancelier du cabinet fantôme travailliste, a déclaré que les changements technologiques rapides constituent un « défi majeur » pour l’économie et la société.

« Ce rapport offre une nouvelle réflexion audacieuse sur la façon dont nous pouvons surmonter ces défis et créer une économie radicalement plus équitable en offrant des opportunités pour tous », a-t-il dit.

Il apporte une contribution importante au débat sur le revenu universel de base et aidera à orienter la réflexion du Labour sur la façon dont nous pouvons bâtir une économie qui fonctionne vraiment pour le grand nombre et non pour quelques-uns seulement.

Les auteurs du rapport, le professeur Jonathan Portes, Howard Reed de Landman Economics et Andrew Percy de l’IGP, ont déclaré mardi que leurs propositions devaient constituer un point de départ pour un nouveau débat sur la question.

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79 réflexions au sujet de « Les services de base universels pourraient être plus efficaces que le revenu de base pour lutter contre la « montée de la robotisation » »

  1. Certains argumenteraient alors que la flexibilité du marché du travail s’en trouverait bien améliorée : un moyen pour justifier la disparition du CDI, de l’emploi à vie des fonctionnaires, etc… (puisque vous ne risquez rien, vous aurez toujours de quoi survivre).

    Est-ce un moyen de faire passer le morceau auprès de la gente capitaliste ? Après tout, pourquoi pas ?

  2. Très bien.
    Je ne trouve rien de critiquable à l’idée de la gratuité les besoins vitaux ainsi énoncés, de plus, sa mise en route devrait même générer plus de souplesse dans les rapports humains.
    Il est dit que pour ce qui est de l’aventure du voyage, le plus difficile c’est de se rendre à la gare… ensuite ça roule.
    Il faut donc trouver l’équivalent du ticket d’embarquement.

      1. @Hervey :

        Réponse partielle mais correcte .

        Un peu restrictif pourtant car c’est une mesure « ex post » .

        Une idée pour une mesure  » ex ante » ou même  » in itinere » ?

    1. @Arkao :

      J’ai une idée personnelle des rapports humains , mais , en fait, je posais la question de la « mesure » à Hervey parce qu’il se dit capable de détecter un « plus » dans la souplesse des rapports humains .

      Ce qui n’est pas sans importance , car le « sens de la mesure » est le plus précieux héritage philosophique grec qui nous ait été transmis .

  3. Ah oui quelle idée formidable.. non parce que leur donner du fric à ces abrutis de pauvres ils vont sûrement le boire. Alors que construire des quartiers lowcost on a jamais essayé. Bon les mauvaises langues appelleront ça des ghettos mais on trouve toujours des rabat-joie.

    1. C’est vrai que votre commentaire est parfaitement justifié avec le risque de création de ghettos, de zones entre ceux qui peuvent se payer un logement (et tout ce qui va avec) et ceux qui ne peuvent pas.
      On pourrait ainsi imaginer que les ghettos deviendraient des zones d’exclusion pour des citoyens de seconde rang, avec tous les troubles qui accompagnent généralement ceux-ci.

      Que l’on offre un revenu universel ou que l’on choisisse de fournir la gratuité des services de base, cela risque d’être un sacré casse-tête pratique.

    2. Pour information , le « phénomène  » existe déjà en économie libérale ou pas , lié à un autre phénomène , la ville et l’urbanisation .

      Je ne vois guère que certaines sociétés rurales qui ont pu éviter au mieux la ségrégation par les richesses , ou les compétences ,ou la capacité guerrière , ou la désignation de paria , ou les dieux , ou …

      Le mieux passe sans doute par un ensemble d’actions tendant à améliorer les rapports humains , dont la souplesse intéresse à juste titre Hervey .

      Quelque soit ces actions , elles n’ont de chance d’être  » dans la plaque » que si elles émergent de contacts humains entre « donneurs » et  » receveurs » .

      La difficulté de l’exercice est que , si ces contacts sont forcément du niveau de la démocratie locale aussi participative qu’il est possible , les conditions de leur efficacité est devenue de plus en plus sous contrainte du marché international , lui même sous trajectoire capitalo-libérale , tant que le monde ( ou une partie significative de celui-ci) n’aura pas au moins deux utopies différentes au feu .

  4. Je ne peux imaginer qu’un gouvernement libéral et pro-business soit ouvert à ce genre d’initiative. Une utopie qui fluctuerait selon le parti aau pouvoir ne peut se réaliser.

    1. C’est une utopie qui est avancée apparemment par « la gauche » , mais qui peut être reprise par « la droite » si c’est la solution pour faire cohabiter riches et pauvres . C’est donc une utopie possiblement de LREM !

      A mon goût , elle est encore trop mal cernée pour emporter les suffrages , et surtout , politique étant choix , elle a besoin d’être confrontée à d’autres utopies en capacité de résoudre le problème posé , pour que ce soit le choix possible qui fasse sens .

      1. Ce qui est évident par contre , c’est que « le problème posé » , est vraiment digne de la Politique , plus surement que le sort de la Catalogne .

  5. En trois commentaires , on vient d’avoir une première idée des avantages -inconvénients de la proposition , dont je me bornerai ,à chaud, à relever que lorsqu’une idée présentée comme innovante nait à peu près au même moment , dans des termes pas très différents ( mais encore bien simplistes ), dans des têts qui ne se connaissaient pas , c’est qu’elle a de fortes chances d’être au menu des sujets d’actualité .

      1. Elle vous a donc bien inspiré .( et toc ! )

        Rendons à Henrietta ce qui n’appartient pas qu’à Paul , et à celles et ceux qui les ont faits , formés et informés ce qui n’appartient à aucun des deux …

      2. On n’a jamais parlé de ce genre de choses. À l’époque nous étions des anthropologues et nous parlions d’anthropologie. Henrietta Moore était une amie de la mère d’un de mes enfants. Disons que nous faisions partie du même milieu. Je ne sais plus où elle avait fait ses études (pas à Cambridge dans mon souvenir), elle arrivait à Cambridge à l’époque où j’en partais.

      3. Si ça se trouve , Sherlock en déduirait que c’est « la mère de l’un de mes enfants » qui a soufflé l’idée à Paul et à Henrietta !

        On essaiera d’avoir la déposition de « l’un de mes enfants « .

        Provisoirement, on consignera que l’anthropologie est favorable aux idées neuves .

        (PS : en cherchant le pedigree de Henrietta Moore , j’ai trouvé un exemplaire sensiblement plus jeune qui ne semble pas avoir besoin de services universels de base ) .

  6. Effectivement, aucune de ses bonnes idées n’est compatible avec L’UE qui, via les GOPE (Grandes Orientations de Politique Économique), fixe à chaque État Membre, les grands objectifs.

    https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/2017-european-semester-country-specific-recommendations-commission-recommendations_-_france-fr.pdf

    Monter la TVA sur les produits de bases, Privatisation de la santé, l’éducation, la police, gestion de l’eau…( vente des plus gros barrages à l’international !), les routes, gares et aéroports, industrie stratégique…

      1. haaa, Si seulement ses GOPE nous ‘ recommandaient ‘ les propositions de ce texte, la sonnerie du réveils matin serait tellement plus agréable et motivant..

    1. A lire, en effet… comme l’a récemment dit publiquement à une radio (dont je ne me souviens plus le nom) notre cher Moscovici de passage en France, « la Commission fixe les objectifs, au gouvernement de les mettre en œuvre »….(disons que le boulot du gouvernement, c’est juste de trouver l’assaisonnement pour mieux faire passer la pilule….). Très grave.

  7. C’est beau sur le papier, et les auteurs font appel à l’Etat pour rendre ces services de base universels gratuits. Le dit Etat devra déjà régler le cas des institutions humaines quand :
    – La durée moyenne de vie dure jusqu’à 120 ans.
    – Que l’homme augmenté est forcément riche.
    – Pourquoi notre surhomme (et comme par hasard proche des idées de l’Etat) offrirait-il tous les services gratuits au peuple « non augmenté » (insoumis quoi!) ?

    1. Julien Alexandre, pourriez vous juste nous expliquez le mécanisme des recommandations de la Commission, car j’avoue ne pas saisir – sont-elles applicables ou non (car à les lire, elles formule très clairement un politique économique, en insistant en particulier sur deux points : baisse drastique du déficit budgétaire en indiquant une trajectoire d’ici 2020, et baisse du « coût de la main d’œuvre », en réduisant notamment les charges sociales…. ) – quant à la citation de Moscovici, malheureusement je ne l’ai pas inventée !

      1. Je veux bien me substituer à Google de temps en temps, mais y a que 24h dans une journée : https://fr.wikipedia.org/wiki/Recommandation_de_l%27Union_européenne

        Extrait et explication de texte :

        « Les recommandations n’ont pas force de loi mais sont négociées et votées en suivant les procédures législatives de l’Union européenne. Les recommandations sont différentes de Règlements, des directives et des décisions, en ce qu’elles ne sont pas légalement contraignantes pour les États membres. Bien que sans force de loi, elles ont un poids politique. Une recommandation est un instrument d’action indirecte permettant de préparer une législation dans les États membres, ne se différenciant d’une directive que par l’absence de la puissance de l’obligation. »

        Kézako ? Ça veut simplement dire que les recommandations sont votées par le Conseil européen, c’est-à-dire la France, l’Allemagne et les autres, qui font ensuite très utilement semblant de découvrir ce qu’elles contiennent.

        Bref, faut arrêter de se foutre de la gueule du monde avec les « diktats bruxellois » et commencer par comprendre comment ça fonctionne avant d’en parler comme certains le font ici.

      2. Cher julien Alexandre, merci de votre explication, mais malheureusement elles ne m’apprend rien – voté par le Conseil, en effet, c’est écrit en bas du document (puisque signé par le président du conseil). Non contraignant ? C’est là l’ambiguïté, car une recommandation engage….et comment ! (j’ai moi-même l’expérience d’Organisations Internationales et participé à la formulation de « recommandations » (disons que je n’ai pas attendu wikipédia !) – ce n’était pas à l’UE, et je sais ce que ça veut dire en langage des Organismes Internationaux à l’égard d’un Etat membre (à la base, ce sont des mots utilisés par la Banque Mondiale et les autres grandes banques régionales, les agences de l’ONU, etc…)…Sur la procédure, expliquez moi comment d’un côté on élit démocratiquement un président de la république, en principe en se basant sur sa proposition de politique économique, et de l’autre en on suit une que le même président aura validé par vote du conseil européen (si c’est la même, ça tombe bien, mais si elle devait être différente, voir incompatible, comment on fait ?) – sans compter le problème de concomitance (je veux dire, de coordination dans le temps)…Et sur le fond, pas d’accord sur la formulation, qui respire à fonds la doctrine néolibérale dominante….
        Votre « énervement » n’y changera rien, il y a bien une contradiction de fonds – Par exemple, à partir du moment où le président endosse une telle politique, comment est-elle validée au niveaux des parlements nationaux ? Quelle délibération démocratique (le Conseil n’est pas, je crois, un organe délibératif)….etc. (En fait, j’ai bien peur que la vérité soit sortie de la bouche de Monsieur Moscovici…). Merci.

      3. Votre grande expérience des organisations internationales vous a fait oublier l’existence du parlement européen, il semblerait.

        Rien n’oblige le responsable de l’exécutif d’un grand pays à mentir sur ses projets et sa responsabilité par ailleurs.

  8. La question préalable pourrait être la suivante : Comment aider les êtres humains à vivre sans consommer plus d’une planète chaque année ? ( Voir l’une des vidéos de Paul ). Voilà pour un cadre non capitalo / productiviste.
    La gratuité est une idée qu’il est donc impératif d’inscrire dans le cadre précédent. Et…
    Aider les humains à restaurer des logements dont ils auront ensuite la jouissance durant leur vie ; Les aider à transformer des constructions de natures diverses, sans intérêt manifeste, en logements.
    Aider les humains à cultiver des jardins et – pour les toujours carnivores à développer de petits élevages – afin d’assurer la sécurité alimentaire ;
    Aider les humains à planter des arbres partout où cela est possible, arbres fruitiers, à noix et autres ;
    Aider les humains à préserver la ressource en eau et la bonne qualité de l’air ( les arbres y joueront un rôle ) ;
    Aider les humains à mettre en place des monnaies complémentaires pour réinventer des circuits d’échanges locaux ;
    Liste non exhaustive, à compléter…

    Il ne s’agit pas de trouver des emplois dont la finalité est la production inutile, l’enrichissement d’une toute petite minorité dans la gaspillage et l’accumulation de déchets, mais de procurer aux êtres humains des activités gratifiantes. C’est à dire de vivre.

    Face à l’effondrement en cours des systèmes, cela demeure l’ultime petite chance. Sans certitude d’un résultat positif.

    1. Cher Julien Alexandre, Voulez vous dire que cette politique (d’austérité et de baisse du « coût du travail » notamment) fait l’objet d’une délibération et d’une validation du Parlement Européen (à défaut des parlements nationaux) ? (il m’avait semblé que non).
      – Il doit donc y avoir une épidémie de mensonge chez nos « responsables de l’exécutif » (Sarkozy, Hollande, Macron, et peut-être avant…) ; à mon avis, il serait plus raisonnable de rechercher une cause structurelle.
      Au fond, le souci c’est comment « recoller » avec l’idéal démocratique – pour sauver l’Europe – pas simple.

      1. Voulez vous dire que cette politique (d’austérité et de baisse du « coût du travail » notamment) fait l’objet d’une délibération et d’une validation du Parlement Européen (à défaut des parlements nationaux) ? (il m’avait semblé que non).

        Ben si, un peu mon n’veu qu’les PSC, TSCG, Six-pack Heineken/Oettinger/Stella-Artois/Kronenbourg, Two-pack et patins-couffins ont été délibérés, validés, ratifiés, par le PE comme par les Parlements nationaux.
        Va falloir penser à s’réveiller, Môôssieur « l’Expert en Organisations Internationales »…

  9. Excellente nouvelle…. voilà qui va jeter une pierre dans le merveilleux jardin de la doxa néolibérale, et la frénésie schumpétérienne de la destruction créatrice….(de quoi au fait ?)

  10. Salut Paul !

    En fait, j’ai envie de te coller en commentaire à ce rapport et ta proposition, cette phrase éloquente du Sieur Floréal Cuadrado sur un autre sujet (venezuela) qui résume bien la critique qu’on peut apporter à ton idée :

    « L’État « providence » montre rapidement ses limites lorsque les rentes diminuent et les pauvres redeviennent plus pauvres qu’ils ne l’étaient auparavant. »

    Moi je donne dans le recyclage, c’est peu consommateur d’énergie (la mienne) et ça permet de voir en fait d’où parlent véritablement les gens et de confronter les points de vues en engageant la discussion.

      1. Le recyclage mon bon juan, c’est juste copier-coller des phrases venant d’autres commentateurs, éventuellement sur d’autres billets, comme ici de M. Cuadrado, mais répondant en fait à une question posée/débat/commentaires ouverts ailleurs. Bref, économie de neurones pour moi ce qui est important vu le niveau du stock…

        Et ici, on voit bien que la gratuité d’Etat c’est quasi exactement ce qu’a fait Chavez pour les pauvres, et que continue Maduro, mais bon hein ça va les rendre plus pauvre y paraît quand y aura plus de « rente », ce qui est à un horizon historique est quasi le lot de tous les Etats… Est-ce plus clair mon tendre papy ?

  11. Très rapidement :

    1) Je suis surpris que les experts parlent par exemple de « la fourniture d’un tiers de tous leurs repas aux 2,2 millions de ménages qui connaissent l’épreuve de l’insécurité alimentaire ».

    S’il s’agit d’aller vers le principe de la gratuité, alors le public visé doit être la totalité de la population, pas juste les 5 ou 10% les plus pauvres. Sinon c’est un programme d’aide aux plus démunis, ce qui peut être une bonne idée par ailleurs, mais existe déjà – rien de neuf

    2) Une question : la gratuité, qui la paie ?

    Et non, cette question n’a rien de paradoxal. Il y a déjà un certain nombre de choses qui sont gratuites en France, par exemple certains services de santé, ou encore l’utilisation des rues et de certaines routes, ou encore le recours à la police si l’on souhaite porter plainte. Ces choses sont gratuites… mais elles doivent bien évidemment être financées. En l’occurrence, elles le sont par l’impôt.

    Donc la question peut être reformulée : quels impôts doivent-ils être augmentés ?

    S’il s’agit d’empêcher que les gains de productivité escomptés d’une plus forte automatisation soit récupérés exclusivement par les propriétaires des entreprises qui la mettent en oeuvre, il paraît évident qu’il ne peut s’agir que d’impôts sur les entreprises, pas sur les revenus, et probablement pas sur la consommation.

    3) Ce qui mène nécessairement à cette conclusion qu’une telle politique sera mise en oeuvre partout dans le monde en même temps… ou bien qu’elle ne sera mise en oeuvre que sous protection d’une barrière de type protectionniste empêchant les entreprises non soumises à ces impôts supérieurs de venir tailler des croupières aux entreprises qui y sont soumises.

    Sauf à imaginer que Chine et Allemagne, France et Russie, Japon, Inde, Brésil, Pakistan, Etats-Unis j’en passe et des meilleures soient tous dirigés par des partis ayant cette politique à leur programme – ce qui paraît extrêmement irréaliste – les SBU doivent donc être mis en place en même temps qu’une politique protectionniste.

    Une condition dont il faut être bien conscient.

  12. Autant une taxe sur les robots me paraît intelligible, et la speculation sur tout et n’importe quoi devrait être interdite, mais je ne crois pas en la gratuité. Ils diront que « les caisses sont vides », un argument classique pour intimider le peuple, et pour protéger les milliardaires, pour qu’ils puissent continuer à planquer leur argent aux endroits paradisiaques. La gratuité existe sous différentes formes de charité chrétienne, il est possible que cela se développera, mais l’état se dérobera de toute responsabilité: on sait que chacun est le forgeron de son bonheur (ou malheur), the fittest will survive.

  13. Il me semble qu’il manque la religion à cette nouvelle société pour que les habitants (locataires sans loyer) et l’État avec ses fonctionnaires et ses décideurs puissent faire corps. À la louche, la Chine me paraît être la société humaine la plus mure pour faire cette mutation.

    1. On remarquera que la Chine a aussi expérimenté la limitation des naissances ( avec … succès) .

      Faut il limiter les naissances chez les pauvres ou chez les riches , ou chez tout le monde par l’I.U.B ( interdiction universelle de baise )!

      1. Pas d’amalgame entre sexe et procréation SVP !

        Il est parfaitement possible d’avoir d’épanouissantes relations sexuelles SANS en subir le contre coup déprimant d’une progéniture désormais vouée à l’exploitation et la misère. Ca s’appelle la contraception…

        Plutôt que d’une IUB, il s’agirait en fait d’une IUR (Interdiction Universelle de Reproduction).

        Pour ma part, si l’on cessait d’encourager fiscalement les familles nombreuses et que cette manne était redistribuée aux plus démunis, je serai déjà très satisfait. 🙂

      2. « Et si ce sont « les plus démunis » qui ont le plus envie d’avoir des enfants ? »
        Bin ils paient les impôts comme tout le monde et ensuite il bénéficient de la manne, je ne vois pas de PB avec ça…

      3. Vous non , mais eux, peut être bien que ça va pas leur plaire , et ils sont plus nombreux que vous .

        Mais faire payer plus d’impôts au plus démunis , est une idée qui ne m’était pas venue…

  14. Article vu ce matin:
    1/Le revenu de base on en parle un peu partout dans le monde et quelque soit sa forme (financière ou gratuité): ce matin article sur le SZ: Das Grundeinkommen ist nicht egalitär, sondern elitär (http://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/bedingungsloses-grundeinkommen-das-grundeinkommen-ist-nicht-egalitaer-sondern-elitaer-1.3702230).
    2/ Article ce jour sur le journal le Monde concernant l’arrivé des tests pour les voitures autonomes en Californie (http://www.lemonde.fr/automobile/article/2017/10/12/bientot-des-voitures-autonomes-et-sans-assistant-humain-en-californie_5199663_1654940.html). Eh là , moi je remercie le capitalisme. Oui, oui, je dis merci le capitalisme. Alors vous allez dire mais pourquoi????Le capitalisme il détruit notre monde…..Oui c’est vrai! Mais en même temps comme dirait l’autre, quel autre idéologie va pousser les citoyens a se poser enfin les bonnes questions. Quand, le capitalisme aura crée des millions « d’outsider », peut être que la majorité « perdante » va enfin arrêter ce rêve de se voir un jour « winner » pour écraser son voisin….Le moteur du capitalisme c’est cela! Espérer secrètement un max de pognon pour optimiser sa survie et celle de ses descendants et si possible au détriment des autres c’est mieux! Bien sûr tout ceci bien caché au chaud dans notre inconscient!!Il faut bien pouvoir dormir la nuit….C’est laid, c’est minable mais c’est ce système que la quasi totalité d’entre nous a accepté. Alors un grand merci au capitalisme capable de secréter son propre poison et enfin on pourra parler des vrais questions pour la survie de l’espèce humaine et le revenu de base quelque soit sa forme participera à cette refondation de l’humanité.

  15. Vous faites vraiment partie des géants de ce monde Monsieur Jorion !
    Je pense que vous allez bientôt entrer dans l’Histoire.

    Après les Chinois qui ont tenté de pirater votre blog en 2012 pour s’approprier vos idées, c’est au tour de B.Gates et compagnie de vous plagier.

    Dur, dur d’être un génie…

    1. Oui, et hier, Emmanuel Macron, qui reprend dans sa proposition sur les prix dans l’agriculture la théorie qu’on ne trouve que dans « Le prix » (et dans le livre de Philippe Herlin où il explique ma théorie du prix). Et Bill Gates qui reprend en effet ma proposition de taxation des robots dans des termes quasiment identiques aux miens. Le monde est en train de devenir une ÉNORME coïncidence ! Mais rassurez-vous : ce n’est pas dur du tout, bien au contraire, ça me fait très plaisir ! Quant aux Chinois, je n’ai pas le souvenir qu’ils aient besoin de pirater mon blog : ils ont acheté dans une enchère très disputée et pour une somme « jamais vue » m’a-t-on dit, les droits de traduction de « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». Et ça aussi cela me fait très plaisir : pas pour les ronds mais parce que je cesse d’avoir le sentiment de « prêcher dans le désert ».

      Vous aimiez mieux l’époque où je prêchais dans le désert, il va falloir que vous vous habituiez, toutes mes condoléances !

      1. Dès qu’une idée est publiée sur web, celle-ci n’appartient plus à l’auteur. Le web, c’est du far-west. C’est la raison pour laquelle ne je publierai jamais un texte original sur le web dont je suis l’auteur. J’ai déjà eu quelques problèmes dans le passé ce concernant: l’un de mes textes repris (plagié) par un grand quotidien francais; le journaliste a juste modifié un peu le style, mais c’était mon jus. C’est beau la concurrence!

      2. Ils ont acheté les droits de traduction et vous n’avez aucune idée du prix ?

        C’est à mon tour de vous adresser mes plus sincères condoléances.
        En tout cas, votre intervention m’aura bien fait rire
        Merci !

  16. Coucou,

    Etendre ce qui se fait pour l’education, la sante, la securite aux logements, à la communication et la nourriture , c’est çà l’idée ?

    Quand on voit les villes de l’ancienne russie ou de la chine genre futuropolis, bon, çà pose question. Mais en france, y a beaucoup de trucs ternes , aussi, malgré de trés bonne volonté au depart.
    Que proposeraient les architectes ? Faut que je retourne à Arc et senans …

    Pour les communications, à 2 € par mois, on y est presque.

    Pour la nourriture, quand on voit toute l’energie humaine et materielle qu’il faut pour produire, transporter, repartir, produire cela serait un sacré changement de paradigme !

    Bonne journée

    Stéphane

      1. Coucou,

        je pensais plus mode de vie et organisation que proportion.

        Mais , en voyant les paysans travailler autour de chez moi, ben:
        Il faut les tracteurs, les camions, toute l’infrastructure routiere donc, puis tous les gens qui construisent sans cesse des fermes trés sophistiquées, (architecte, charpentiers maçons),
        Toutes les personnes du controle qualite qui visitent tous les jours les fermes avec les biologistes en aval, les lycees en amont et autres ecoles qui forment ,
        les marchands de bestiaux, et j’en oublie

        Mais on est loin de paris, c’est vrai, dans le jura, proportionnellement il n’y a pas beaucoup de monde !

        Alors so what, eh bien c’est sur payer 4,5 € de l’heure des gens à ramasser et à cueillir, de mon point de vue c’est injuste. (et il en faut de gens pour ramasser ce qu’on bouffe en plus des médicaments !)

        Bonne journée

        STéphane

      2. T’imagines la gigantesque structure derrière le système de santé ?
        Oh c’est pas des tracteurs, des camions, des bâtiments, des usines et des millions d’hectares, sûr, mais ça pèse, plus lourd encore que l’industrie lourde qu’est l’agriculture comme le système agro-alimentaire.
        Ps : Je connais personne qui vendange ou ramasse les fraises pour 4,5 € de l’heure.
        C’était en outre 1 200 €/mois le revenu moyen des agriculteurs français en 2016, ça doit faire autour de 5€ de l’heure à 55h/semaine.

      3. Coucou,

        en allemagne, il me semble on peut travailler pour ce prix la, qui peut d’ailleurs être une somme correcte pour un roumain … qui vit en roumanie.

        En ce qui concerne les revenus des agriculteurs, j’avais lu un article sur une « secte » prospectiviste américaine, une réunion de bac Plus 50, qui disait que le dernier metier libre après la totale automatisation serait celui d’agriculteur; je n’arrive pas à retrouver les extraits de ce symposium.

        Beaucoup de travailleurs indépendants gagnent relativement peu pour beaucoup de temps occupé. Mais contrairement aux ramasseurs cueilleurs, ils travaillent pour eux et ils sont libres et généralement ils aiment ce qu’ils font. Cà fait quand meme une grosse différence avec les femmes marocaines que l’on oblige à venir seules en Espagne et qu’on renvoi après les récoltes. Et on en bouffe des fruits et legumes espagnols en europe.

        Mais t’as raison sur le fond, c’est probablement un changement de mentalité ; peut-être.

        Bonne journée

        STéphane

  17. Bonjour @ vigneron, (je n’en attendais pas tant de vous pour le titre…(que je n’ai pas !)).
    Mais pas faux (Julien Alexandre)… les recommandations de la CE peuvent en effet aboutir à des sanctions (sonnantes et trébuchantes) si elles ne sont pas respectées… (et c’est le but).
    Merci, donc, de m’avoir incité à une « séance de rattrapage »:
    – en effet, depuis 2011 (et même avant avec Maastricht), il y a eu les accords PSCG, TSCG, 6-packs et 2-Packs, entraînant règlements et directives, ratifiés par les parlements (au passage je découvre que ECO-FIN (rien d’écologique, ce sont le regroupement des ministres des finances des pays de la zone euro) est pour ainsi dire inscrit dans les institutions de l’UE).
    (pour les allergiques aux acronymes, il faudra éviter de passer par Bruxelles).
    – Inscrites dans le marbre de l’UE/Euro, se trouvent les obligations du déficit <3%, déficit structurel <1%, dette publique < 60% du PIB (il y en a encore pour pas mal d'années), à réduire dans un délai prévisionnel limité, sous peine de sanctions.
    – Donc pour cela, les équipes de la CE ont la gentillesse d'indiquer assez précisément le chemin à suivre (on notera notamment, la réduction des dépenses publiques, la baisse des cotisations salariales et du "coût du travail", l'allègement de la fiscalité des entreprises, le dérégulation des professions règlementées, la révision du système d'assurance chômage, le renforcement de la formation professionnelle, la modération salariale et du SMIC…..et plein d'autres choses). A chaque Etat et gouvernement de traduire dans sa langue….(ça vous rappellera peut-être quelque chose…).
    – Notons au passage que la règle exclue tout plan de relance par l'investissement public.
    – Cette feuille de route est dorénavant évaluée en détail année après année, et les écarts font l'objet d'une alerte (de la part de la CE), et si récidive, d'une sanction.
    OK, compris…. (TINA ?!).

    1. Yep gars, et tout ça contresigné et ratifié dans ses principes dans des trucs qu’on appelle « traités », étonnant non ?
      C’est pas d’aujourd’hui que l’UE s’est entendue sur ces principes, ces lois communes. C’est dès l’origine que le consensus s’est progressivement fait parmi les six sur le modèle ordolibéral allemand, seul « exportable » et généralisable.
      Et signalons que les propositions de Jorion restent compatibles avec la vision européenne ordolibérale originelle, dite « d’économie sociale de marché », à la Müller-Armack.

      1. Ah @ vigneron, nous y voilà ! On aurait tellement voulu vous croire (le modèle ordo-libéral allemand « exportable » et généralisable – sic !). En fait, vous seriez un doux rêveur ! La chute risque d’être brutale, ou l’agonie longue….Notez un simple fait : l’économie allemande brille (enfin, pas pour tout le monde : 22% de travailleurs pauvres), grâce à ses exportations et à l’organisation de son industrie, qui est précisément un modèle non « exportable » ni généralisable. Quant à croire que le gouvernement allemand va faire un geste pour les beaux yeux de ses voisins, en particulier du Sud, là aussi, il faut pas rêver ! (ça se serait su depuis longtemps – la Grèce par exemple) (de toute façon, avec Macron, on va vite savoir). Enfin votre satisfecit à l’égard des institutions européennes, ça va exactement avec. Pour moi, cette petite introspection (très intéressante par ailleurs), montre à quel point le système est verrouillé, et explique l’aveuglement total (über alles), avec, malheureusement, l’illusion (intéressée ?) de certaines de nos « élites ». Pour le reste, Emmanuel Todd (que vous affectionnez tellement, et pour cause) a suffisamment développé. Et dites-moi vite que je me trompe….

      2. Tu te trompes et trompes avec entrain et pieuse ardeur sur tout.
        Nul besoin de te détromper, ce serait par trop cruel. Bon vent.

    1. Mutualiser le travail social est une option très intéressante. Toutefois à quelles échelles cette mutualisation serait-elle pertinente, en fonction du type de service, d’activité (certains services gagneraient peut-être à leur mutualisation au niveau national et d’autres au niveau communal) ?

      Une question demeure et elle est périlleuse, car cela ne fait aucun doute, les pratiques de l’économie sociales sont en déficit démocratique depuis des décennies ; (déjà le nom d’entrepreneur social justifie la grille des salaires dans le social ) ; l’hypocrise règne et de plus, Véolia est l’un des entrepreneurs « social » avancés, avec la Poste qui rattrape les évidences en tarifiant sa présence aux personnes âgées.

      En un mot, comment instituer la mutualisation du travail social sans reproduire les travers mortifères de l’organisation hiérarchique : « sacrés A, braves B, pauvres C … »

  18. L’antagonisme entre revenu (monétaire) universel de base garanti et gratuité des services (humains) d’existence assurée est un sophisme libéral stérile. La vraie question est de pouvoir choisir personnellement et assurer l’essentiel à chaque individu par l’économie rationalisable et délibérable des liens, des échanges et des solidarités sociales. Autrement dit, émettre la monnaie qui matérialise toutes les limites transformables de l’existence humaine selon la liberté de chacun dans un bien réel commun demandé, offert, effectivement produit et légitimement revendiqué.

      1. Et toi, vigneron, est-ce que tu as au moins capté que cette proposition est ce qui est fait par Chavez/Maduro, par exemple après avec succès ou pas là est le problème ?

      2. Bravo Duclon-clon, après l’enterrement de 1ère classe de PSDJ tu nous offres le carré des indigents bolivariens, gratis. Wunderbar.

      3. Je croyais que les jeux de mots douteux sur les pseudos n’étaient plus de mise ? ! La règle a changé de nouveau ? J’ai donc le droit réciproque légitime de répondre ainsi à n.ivrogne en chef ? Ok merci, ça me va, pas de discrimination c’est très bien.

        Le carré des indigents bolivariens n’a rien à envier à celui des libéraux libertaires mon pauvre, si t’as pas encore compris ça à ton âge et avec tes lectures, c’est la démonstration que le travail ne paye pas et dans ton cas c’est une évidence pour a peu près tous ici. Ceci étant dit, est-ce que tu as pris la peine de lire le billet au dessus des commentaires n.ivrogne ? Parce que c’est exactement ce qui a été tenté par les bolivariens la gratuité d’Etat pour les pauvres. Y a bien une belle bandes de parfaits fachos racisto cacatho libéraux aidée par Oncle Sam et une suite de « pas de chance », et d’incompétence crasse qui ont planté le système. Mais le système de gratuité est le bon système n.ivrogne, le reste tu sais de quoi il en retourne…

      4. Kestuveukjteudise mon pauvre Tartempion ?
        A part « Vive la belle bande de parfaits fachos racisto cacatho libéraux aidée par Oncle Sam ! », j’vois pas.

    1. Est ce que je fais de la vulgarisation non à contresens , en traduisant que cela offre une solution , via la cohabitation d’une monnaie
      « globale » avec des monnaies ou SEL « locaux » garanties par une autorité publique , le tout sous « tutelle supérieure » ( qui a besoin d’être précisée dans sa composition , ses règles ,se instruments de mesure , ses moyens , son propre contrôle démocratique ) ?

      1. Pour les monnaies locales, Dominique Temple en avait donné les limites dans une étude de terrain exemplaire.

        « Monnaies locales garantie par l’Etat », mais « pourquoi donc faire simple quand on peut faire compliqué.

        Pour les SEL, (service d’échange locaux ) une heure de dentisterie contre une heure de vaisselle, ça ne fonctionne pas , et cela donne raison à Paul sur la valeur du prix. Par ailleurs, Isabelle Stengers, très engagée dans le SEL, il y trente quarante ans, avait découvert que les SEL n’arrangeaient pas les syndicats de plombiers

        Si nous voulons avancer, il est nécessaire de construire une épistémologie de la gratuité qui en fasse autre chose qu’une assurance anti-émeute.

      2. « Epistémologie de la gratuité  » ?

        J’avais déjà du boulot pour vulgariser PSDJ , je n’aurai jamais la force de prendre un challenge supplémentaire .

      3. @PSDJ :

        Ouf !

        (encore que je trouvais le travail « épistémologie de la gratuité » , plus digeste avant qu’il ne soit mâché , mais je reconnais que mon estomac a ses limites )

        Ça ne me dit pas si vous êtes d’accord entre vous , s’agissant de monnaie locale garantie par une puissance publique régionale
        ( je crois me souvenir que vous estimiez cette piste plutôt favorablement ) et d’efficacité des SEL ?

      4. Une heure de dentisterie contre une heure de vaisselle ?
        Euh moi j’aurais une heure de dysenterie à échanger, gratos.

  19. Bonjour,
    Merci.
    Je vous renvoie vers les excellents travaux du collectif Un Projet de Décroissance qui propose depuis plusieurs années une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (couplé à un Revenu Maximum Acceptable). Elle consiste à donner de la naissance à la mort ce que l’on considère démocratiquement comme suffisante pour avoir une décente, comme pour le revenu de base, mais partiellement démonétarisé et relocalisé.
    plus d’informations ici : http://www.projet-decroissance.net/?p=2201
    Voir aussi l’excellente étude de l’Institut Momentum autour de cette question : http://www.projet-decroissance.net/?p=1571
    Ou voir aussi la conférence de Vincent Liegey : https://www.youtube.com/watch?v=6uUlzhqLDAQ

    1. Ça se complique …

      De façon générale , et même si je comprends bien ( et partage l’idée ) qu’une réflexion logique et intellectuelle , en amont , si possible créative , est nécessaire au « changement du monde », mes reflexes d’ingénieur me poussent toujours à mettre les idées à l’épreuve préalable d’une application « numérique » , qui les confortent ou les influent , avant d’en faire la promotion comme d’une évidence .

      Car , inévitablement , cette mise à l’épreuve interviendra , et s’en remettre trop rapidement à une onction démocratique pour dire le vrai , sans avoir fait ce travail préalable , c’est soumettre à un jugement sans avoir fait correctement le « procès » de la proposition .

      On peut , c’est vrai , considérer le blog comme un banc d’épreuve , c’est pourquoi je suis preneur d’énoncés plus compréhensibles, moins sujets à fausse interprétation ,ou qui trop souvent renvoient vers une arborescence de lectures nécessitant plusieurs vies pour en prendre connaissance .

      Docteur , faites moi un diagnostic et une ordonnance à hauteur de mes capacités de compréhension et bien écrites , car je ne sais plus si ça me chatouille ou si ça me gratouille !

    2. Bonjour, Kyja

      Votre projet de DIA, – Dotation inconditionnelle d’autonomie – est l’équivalent de « la gratuité de l’essentiel » de Jorion, Robespierre ( par droit de tirage logement nourriture santé déplacement, etc.), mais sans toutefois qu’y soit ajouté la très intéressanteidée de coupler la DIA à la taxe Sismondi. La comparaisons de vos textes et par exemple un texte du renouveau coopératif importé du Québecq en Europe par Max Delespesse dans les années soixante septante, montre que le mouvement actuel de la décroissance ne s’accompagne pas, d’un intense développement coopératif, comme ce fut le cas à l’époque, par l’organisation d’un assez vaste réseau belge SAW, CECOP Européen , et international CIC .

      http://www.wallonie-en-ligne.net/Wallonie-Futur-1_1987/WF1-117_Delespesse-M.htm

      Les idées de décroissance étaient déjà inscrites dès le Club de Rome qui inspira immédiatement notre génération et les idées de Schmacher ,l’inventeur du Bancor, plus connu par « Small is beautifull » et dont la décroissance est l’autre nom de l’économie .

      Ne serait-il pas nécessaire, que votre L’Institut Momentum groupe s’interroge sur l’échec du renouveau coopératif d’il y a presque un demi-siècle ? Pour en avoir longuement discuté avec Delespesse à l’époque, le point clé était le déficit interne de démocratie à l’intérieur des organismes d’économie sociale, si ces institutions s’inscrivaient parfois dans une problématique de classe, largement plus combative que les stratégies néocorporatistes qui sont l’essence du syndicalisme. Ill était clair que de l’intérieur le mouvement des coopératives de production était en fait le prétexte à une lutte des places, et s’instituait comme carrière de secours, pour ceux qui n’avaient pas les strictes capacités de faire carrière dans le privé néolibéral.

      Peut-on envisager un militantisme – des classes moyennes en voie de paupérisation- vers un développement d’activité productive conviviale en fraternité active avec les bantoustans de nos quartiers, ou faut-il chercher sponsoriser la décroissance active par Bill Gates, Soros … Macron, puisque ceux-ci sont bien conscients qu’ils ont besoin de sauvegarder l’existence d’un territoire dans lequel ils puissent continuer à prendre plaisir à être chefs.

      Pratiquement, et à titre de test, proposonse que la décroissance active prennent comme objectif de développer des villages de conviavilité sur base de coopérative municipales de permaculture et activité diverse, construits sur la revendication – d’un retour au commun – des dix % des terres agricoles acquises depuis cinquante ans grâce à aux subsides de la PAC. Lesquelles, nous les avons donc tous déjà payés, une fois.

      Macron connait l’enjeu, Poutine a montré le chemin avec ses neovillage, mais en Russie il ya de la place.

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