Archives par mot-clé : Hillary Clinton

Bernie Sanders : Le meilleur président que les États-Unis n’auront jamais, par Serge Boucher

Billet invité.

En regardant la carte des résultats des primaires américaines, on pourrait croire que Bernie Sanders, en vert, se débrouille pas trop mal et pourrait encore gagner. Certes son adversaire a quelques états d’avance, mais la moitié des états n’ont pas encore voté, et on trouve parmi ceux-ci beaucoup d’états libéraux (au sens américain du terme) sur les côtes est et ouest, bien plus favorables à Sanders que les états du sud, conservateurs, qui ont déjà voté.

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US : La peoplisation et autres joyeusetés de la démocratie

Chacun préférerait voter pour quelqu’un dont il a déjà entendu prononcer le nom plutôt que pour un illustre inconnu. Quoi de plus normal ? Si ce n’est que cela conduit aujourd’hui le Parti républicain américain à s’arracher les cheveux. J’ai signalé la semaine dernière le fait que, du côté républicain, Donald Trump, le magnat infréquentable de l’immobilier US, caracole en tête des sondages portant sur les élections présidentielles de novembre 2016. Chacun outre-Atlantique sait en effet qui il est, en dépit de ses sorties politiquement incorrectes recyclant tout ce que l’on peut inventer en matière de préjugé ou de stéréotype sexiste, xénophobe, préférence sexuelle, et que sais-je encore.

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Leur mettre la honte ?, par Luc Baudoux

Billet invité.

Généralement, les puissants ne rejettent pas la satire ou la caricature dont ils sont l’objet, car cela constitue aussi une mesure de leur popularité, surtout quand ils font de la politique. Par contre, ils supportent nettement moins bien de faire l’objet de moqueries qui les ridiculisent. En son temps, Saul Alinsky (Rules for Radicals, A Pragmatic Primer for Realistic Radicals, 1971) avait bien compris que le ridicule pouvait aussi constituer une arme de lutte. Activiste américain des années 40 à 70, il est peut-être un peu moins connu aujourd’hui. Pourtant, il a été le mentor d’Obama au début des années ‘80, ce dernier ayant travaillé pendant trois ans dans une des organisations qui se réclamaient de lui à Chicago. Il risque d’être cité à nouveau dans les prochains mois, ne serait-que parce qu’il a été le sujet du mémoire de fin d’étude d’Hillary Clinton (There is only the fight. An analysis of Alinsky Model, 1969), ce que les adversaires républicains de la probable future candidate démocrate ne lui pardonnent toujours pas. En effet, Alinsky, sociologue de combat, était aussi un homme de gauche authentique, sans avoir pourtant jamais adhéré à une quelconque organisation politique.

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TOUT EST PERMIS !

On trouve dans l’article du Monde intitulé : « Espionnage de la NSA : la diplomatie française était sur écoute aux Etats-Unis », par Jacques Follorou, le passage suivant :

Cela n’empêche pas la NSA de qualifier, dans cette note, l’opération d’espionnage contre la représentation française à l’ONU « de succès silencieux qui a aidé à façonner la politique étrangère des Etats-Unis ».

Pour vanter ses mérites, l’agence de renseignement cite Susan Rice, alors ambassadrice américaine auprès des Nations unies, à propos du travail réalisé par la NSA : « Cela m’a aidée à connaître (…) la vérité, à révéler les positions sur les sanctions et nous a permis de conserver un train d’avance dans les négociations. »

On repense à la lecture de ces propos candides de Mme Rice, à la stupeur qui avait accueilli les premières révélations de Wikileaks il y a trois ans déjà. J’écrivais alors dans « Wikileaks : la main dans le sac » :

On découvre en effet dans les documents divulgués que l’espionnage n’est pas réservé aux agences dont la fonction officielle est le renseignement, comme la CIA ou la NSA, mais que le corps diplomatique américain s’y consacre dans sa totalité et à temps plein. Il ne sera pas même possible d’affirmer qu’il s’agit de pratiques anciennes puisque certaines circulaires qui enjoignent au personnel diplomatique de se livrer à l’espionnage sont signées Hillary Clinton (celle portant par exemple sur l’obtention de renseignements relatifs aux instances dirigeantes des Nations-Unies, comme le numéro de leurs cartes de crédit, leurs mots de passe sur l’internet, leurs horaires et habitudes de travail, etc.).

Sachant que tout diplomate américain qui vous approche a peut-être pour instructions de chercher à se procurer une photo haute définition de votre iris ou l’un de vos cheveux pour établir la carte de votre ADN, il est devenu désormais extrêmement difficile d’établir entre lui et vous un climat d’absolue franchise.

Un soupçon nous vient alors : et si le « Tout est permis ! » de la finance s’était tout simplement calqué sur celui de certains (?) gouvernements ?

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LE MONDE OÙ NOUS VIVONS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, quand neuf hommes furent abattus par deux hélicoptères, dont deux correspondants de guerre de l’agence de presse Reuters, et un père de famille qui se portait au secours d’un des journalistes qui n’était encore que blessé, et dont les deux enfants furent grièvement blessés, le soldat Bradley Manning a communiqué à WikiLeaks les enregistrements des « incidents », ainsi que 260 000 dépêches diplomatiques américaines. Il attend – dans des conditions de détention brutales – d’être jugé par une cour martiale. Il y a vingt-deux chefs d’accusation retenus contre lui, dont « collusion avec l’ennemi ».

Révolté par la bavure du 12 juillet 2007 à Bagdad, Julian Assange, en a fait circuler au nom de WikiLeaks une vidéo intitulée « Meurtre collatéral », et a rendu public une partie des 260 000 dépêches diplomatiques transmises par Manning et en particulier celle où la Secrétaire d’État Hillary Clinton enjoint aux diplomates américains de se consacrer, comme faisant désormais également partie de leur mission, à l’espionnage. Le Vice-Président des États-Unis, Joe Biden a qualifié Assange de « terroriste haute technologie ». Newt Gingrich, une personnalité du parti républicain qui envisage d’être candidat aux prochaines élections présidentielles américaines, a qualifié Assange de « combattant ennemi », le terme inventé aux États-Unis pour désigner les prisonniers qui peuvent être détenus indéfiniment sans jugement, en contravention avec les principes élémentaires du droit. Une rumeur veut qu’un grand jury s’est déjà réuni pour déterminer si Assange peut être inculpé d’espionnage.

Révolté par l’existence de l’islam, le pasteur Terry Jones a solennellement brûlé un coran le 20 mars dernier. Hier, à Mazar-I-Sharif, en Afghanistan, une foule en colère à la suite de cet acte, a tué sept membres du personnel de la représentation des Nations-Unies : quatre Népalais, un Suédois, un Roumain et une Norvégienne. Le pasteur Terry Jones va bien, merci.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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WIKILEAKS : LA MAIN DANS LE SAC

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il est difficile de prévoir quelles seront les conséquences de la divulgation par WikiLeaks de 250.000 messages échangés par des diplomates américains et leur ministère des affaires étrangères. On saura dans les jours qui viennent s’il s’agit d’un tournant dans l’histoire récente des États-Unis. Ce soir en tout cas, la chose n’apparaît pas impossible.

Même si aucun message « Top secret » ne fait partie des documents publiés par WikiLeaks, la politique étrangère américaine n’en est pas moins mise à plat assez complètement et assez crûment. Nulle surprise bien entendu que la version officielle de la politique étrangère soit assez éloignée de la réalité des faits, ceci n’enlève cependant rien au fait que la vérité cachée et révélée aujourd’hui soit parfois étonnante, car s’ouvre ici à nos yeux médusés une caverne d’Ali-Baba débordant d’informations relatives aux rapports des États-Unis avec, entre autres, les responsables afghans, dont l’un se rend aux Emirats Arabes Unis avec 52 millions de dollars dans la poche avec, sinon l’approbation, du moins la complicité bienveillante des Américains, les responsables pakistanais, à propos desquels on tente de déterminer pour chacun s’il fait partie des bons ou des méchants, ou différents pays arabes qui ne sont pas parmi les plus tièdes à vouloir en découdre avec l’Iran, etc.

Pour tout ce qui touche à cela, et quoi qu’il arrive demain, le mal est fait : la realpolitik dans les relations avec tel ou tel pays est désormais visible en surface et ce qu’on en a raconté aux populations n’est pas nécessairement ce qui s’est vraiment passé et que l’on lira demain matin dans la presse locale.

Bien entendu, on fera aussi en sorte dès demain matin du côté américain pour que de tels courriers diplomatiques ne s’étalent plus à la une des journaux, et la politique étrangère sera redéfinie dans chacun des pays, sinon avec les mêmes interlocuteurs, dont pas mal sont sans doute définitivement grillés par les révélations d’aujourd’hui, du moins avec d’autres. Ce qui sera plus difficile à réparer, ce sera la confiance entre les États-Unis et les nations qui se considéraient jusqu’ici comme leurs amis. On découvre en effet dans les documents divulgués que l’espionnage n’est pas réservé aux agences dont la fonction officielle est le renseignement, comme la CIA ou la NSA, mais que le corps diplomatique américain s’y consacre dans sa totalité et à temps plein. Il ne sera pas même possible d’affirmer qu’il s’agit de pratiques anciennes puisque certaines circulaires qui enjoignent au personnel diplomatique de se livrer à l’espionnage sont signées Hillary Clinton (celle portant par exemple sur l’obtention de renseignements relatifs aux instances dirigeantes des Nations-Unies, comme le numéro de leurs cartes de crédit, leurs mots de passe sur l’internet, leurs horaires et habitudes de travail, etc.).

Sachant que tout diplomate américain qui vous approche a peut-être pour instructions de chercher à se procurer une photo haute définition de votre iris ou l’un de vos cheveux pour établir la carte de votre ADN, il est devenu désormais extrêmement difficile d’établir entre lui et vous un climat d’absolue franchise.

Bien sûr, on affirmera de source américaine qu’il s’agit de pratiques révolues. Ce n’est pas encore le cas ce soir toutefois puisque l’on semble encore sous le choc. Si l’ambassadeur américain en France, après avoir déclaré que « La France est le plus ancien allié des Etats-Unis, et la force, l’étendue et la profondeur des relations entre nos deux pays n’ont jamais été plus grandes qu’elles ne le sont aujourd’hui », exprime les regrets des Etats-Unis, il ne s’agit pas de regrets portant sur les pratiques douteuses qui ont été révélées grâce aux documents rendus publics et qui les montrent pris la main dans le sac, il s’agit des États-Unis regrettant « la divulgation de toute information qui était destinée à rester confidentielle ». Ce regret là en tout cas est sincère.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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