US : La peoplisation et autres joyeusetés de la démocratie

Chacun préférerait voter pour quelqu’un dont il a déjà entendu prononcer le nom plutôt que pour un illustre inconnu. Quoi de plus normal ? Si ce n’est que cela conduit aujourd’hui le Parti républicain américain à s’arracher les cheveux. J’ai signalé la semaine dernière le fait que, du côté républicain, Donald Trump, le magnat infréquentable de l’immobilier US, caracole en tête des sondages portant sur les élections présidentielles de novembre 2016. Chacun outre-Atlantique sait en effet qui il est, en dépit de ses sorties politiquement incorrectes recyclant tout ce que l’on peut inventer en matière de préjugé ou de stéréotype sexiste, xénophobe, préférence sexuelle, et que sais-je encore.

US Presidency

© Realclearpolitics.com

Voyez Trump – il est en bleu, mais vous l’aviez deviné – qui caracolait déjà en tête la semaine dernière, se détacher encore un peu plus d’un peloton désormais entièrement à la dérive.

Le parti républicain a extorqué de Trump ces jours derniers une déclaration d’allégeance : il a signé un papier où il affirme qu’au cas où il serait dégommé aux primaires du parti, il ne se présenterait pas à la présidentielle en candidat indépendant. La manière – optimiste – de lire cela serait qu’il rentre dans le rang, mais ce ne serait le cas que si l’on imagine qu’un bras de fer entre le candidat loufoque et le vénérable parti verrait ce dernier avoir la haute main. Mais quid si Trump était seul à pouvoir l’emporter contre le candidat démocrate ? Or de ce côté-là, les choses se précisent.

Predsidency

© Realclearpolitics.com

Hillary Clinton, l’emporterait aujourd’hui sur Trump d’un misérable 2,4% seulement, et pour la première fois un sondage voit Trump la devancer. (Seul Marco Rubio, sénateur de Floride ferait mieux que Trump du côté républicain, mais si vous arrivez à le distinguer au sein du magma des losers sur le graphique ci-dessus, je vous offre un exemplaire dédicacé de Penser tout haut l’économie avec Keynes !)

Avec Trump président, nous en viendrions rapidement à regretter Ronald Reagan. C’est dire l’étendue du désastre qui nous menace !

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