Archives par mot-clé : Jacques Attali

Namur, Conférences du Samedi, Vers un nouveau monde – Questions de la salle, le 23 mars 2019

Ouvert aux commentaires.

Sylvain Laurens, Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015

François Quesnay, Tableau économique de la France, 1759

La vidéo de mon exposé – avant les questions de la salle – se trouve ici.

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De Rosnay, Attali, science-fiction et irresponsabilité, par Arnaud Castex

Billet invité. ouvert aux commentaires.

Cher Paul Jorion,

Vous avez ouvert aux commentaires la vidéo de votre discussion avec Jacques Attali et Joël de Rosnay, ainsi qu’un échange de 2008 avec Attali au sujet de la crise, son analyse et des mesures qu’il conviendrait de prendre. Ce post étant notamment motivé suite à une mise en cause d’un lecteur-Troll du blog vous accusant de vous compromettre avec Attali.

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Décembre 2008 : Paul Jorion interpelle ici Jacques Attali, qui lui répond

Tout à l’heure, en commentaire à la vidéo du débat Attali-de Rosnay-Jorion au Havre le 6 de ce mois, Gullomini écrivait : « Vous voir aux côtés de Jacques Attali nous montre de quel bord vous êtes Monsieur Jorion. Merci pour cet éclaircissement. » Soucieux de parfaire encore cet éclaircissement, je le renvoyais à une discussion ici sur le blog entre Jacques Attali et moi en décembre 2008. J’ai pensé que cet échange, encore d’actualité, méritait une « piqûre de rappel ». Ouvert aux commentaires.

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Le climato-scepticisme nous excuse par avance de nos échecs, par Valentin Przyluski

Billet invité.

Je suis surpris que dans le post de blog COP 21 : N’est-il pas trop tôt pour désespérer, Monsieur Attali ?, par Cédric Chevalier, concernant le billet de Jacques Attali À quoi peut encore servir la COP21 ?, une attention forte soit portée au coeur de son propos (les moyens et la fin) plutôt qu’aux  hypothèses sur lesquelles il repose. Il présente sur le même plan deux thèses climato-sceptiques – le rôle du soleil et l’argumentation géologique – et le changement climatique d’origine anthropique. L’origine anthropique du changement climatique n’est pas une hypothèse de travail parmi d’autres, elle est la seule dont les résultats sont validés par la démarche scientifique et sa méthode (réplicabilité des résultats, validation par les pairs notamment).

Le GIEC n’a eu de cesse au fil de 5 rapports de renforcer le niveau de confiance associé à la phrase « le changement climatique est lié aux activités humaines » qui maintenant est « very likely » (plus haut niveau sémantique d’approbation).

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COP 21 : N’est-il pas trop tôt pour désespérer, Monsieur Attali ?, par Cédric Chevalier

Billet invité. Cédric Chevalier livre une analyse du dernier billet du blog de Jacques Attali

Comme vous le savez, Monsieur Attali, la forme interrogative et la paraphrase des propos des autres sont des paravents commodes pour préparer le terrain de sa démonstration dans un essai. Mais je vous propose dans cette analyse d’annuler les effets de ces artifices rhétoriques pour analyser la validité factuelle des propositions mises en incise de cette manière dans votre billet « À quoi peut encore servir la COP 21 ? ». C’est donc le fond des idées que vous avez évoquées ou défendues, et pas la forme ou la stratégie que vous suivez, dont je propose d’analyser avec vous la validité et la pertinence.

« Peut-on raisonnablement espérer qu’après tant d’échecs, une nouvelle conférence internationale, à Paris, en novembre prochain, réussisse à maitriser le réchauffement climatique ? »

Oui et non dans l’absolu.

Non, aucune conférence internationale ne réussira en elle-même à maitriser le dérèglement climatique. C’est donner trop de pouvoir à une simple conférence. Surtout après autant d’échecs de cette longue suite de conférences internationale portant sur le dérèglement climatique. Il y a un monde de différence, comme nous l’avons vu [Bas les masques Monsieur Attali] entre une intention, une parole, un texte et une réalisation concrète. C’est le cas de tous les textes internationaux.

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Bas les masques Monsieur Attali !, par Cédric Chevalier

Billet invité.

À force d’expérience, les observateurs attentifs du Réel, et en particulier de la société humaine, et tous ceux qui ambitionnent d’influer sur le cours des choses, finissent par relativiser profondément la « valeur faciale » des paroles, des écrits, des actes qu’ils constatent. Leur circonspection est d’autant plus importante que l’auteur de ces paroles, écrits ou actes est intelligent et expérimenté en politique, en commerce ou en simple rouerie quotidienne. Il est toujours risqué de s’assoir à la table de joueurs aussi rusés.

En elle-même, la volonté ou intention profonde d’une personne n’est jamais connue de quiconque, même du conjoint ou des parents les plus proches. Au sens strict, elle demeure à jamais dans le cerveau de chacun. Et autrui n’y a accès qu’après le filtre de la pensée consciente, du langage, de la cohérence et de la sincérité de l’auteur. Paul Jorion évoque le rôle majeur de l’inconscient et le retard  que la science peut détecter entre une action et son auto-perception consciente. A son instar, on peut presque se demander si cette volonté ou intention est jamais connue exactement de son auteur-même. Enfin, la pensée de quiconque est fondée sur sa perception de la Réalité. Platon explique dans son « allégorie de la caverne », et la neuropsychologie démontrent aujourd’hui, combien nos perceptions humaines sont biaisées. Enfin, l’esprit critique doit filtrer le flot d’informations qu’il reçoit sur des événements qu’il ne perçoit pas par ses propres sens. Internet concrétise d’une certaine manière la « noosphère » de Teilhard de Chardin (une enveloppe informationnelle qui recouvre la biosphère et réunit la pensée des êtres humains du monde entier), et son pouvoir est sans cesse grandissant, comme le démontre la percée de l’EI au Moyen-Orient. Il faut garder en mémoire ces réserves pour ce qui suit.

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Nucléaire : À quoi peut bien servir l’intelligence ?, par Roberto Boulant

 Billet invité.

Monsieur Attali,

Dans un de vos derniers articles, vous parlez de la nécessité de lancer ce que vous appelez, une économie positive mondiale au service des générations futures. En s’appuyant massivement pour ce faire, sur une électricité d’origine nucléaire.

Ce serait là effectivement une excellente idée si, et seulement si, les centrales nucléaires n’avaient pas une fâcheuse propension à exploser. Et comment pourraient-elles faire autrement d’ailleurs ? Rappelons déjà que le très discutable concept de base, consiste à faire bouillir de l’eau en s’aidant de la fission d’un des éléments les plus dangereux connus de l’humanité, à savoir de l’uranium légèrement enrichi en isotope 235. Outre la chaleur et l’électricité, et en tenant pour négligeables (!) les rayonnements alpha, bêta et gamma, nos dangereuses bouilloires nucléaires produisent également, un : du plutonium (le second élément le plus dangereux de la Nature, juste derrière la bêtise humaine) et deux : un bombardement neutronique… qui détruit peu à peu la cuve du réacteur.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 SEPTEMBRE 2014 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 12 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le vendredi 12 septembre 2014.

Et vous avez dû voir, ça a commencé hier dans l’après-midi et ce n’est pas près de s’arrêter : il y a un certain nombre de billets, jusqu’ici par des auteurs qui apparaissent souvent sur le blog – et j’en ai encore deux ou trois en réserve parce qu’ils se sont accumulés rapidement – des billets qui sont essentiellement sur le thème : « Que faire, que faire, exactement ? » Et ce qui a provoqué ça, eh bien, il n’y a pas de mystère, c’est la venue du gouvernement Valls II.

Pourquoi le gouvernement Valls II, en quoi est-il représentatif des questions qu’on se pose ? Eh bien parce qu’il ne représente plus, vous le voyez dans les sondages – bon, les sondages ce n’est pas tout dans la vie mais c’est important quand même – il ne représente plus qu’une fraction tout à fait minime de l’opinion publique. Et c’était déjà le cas pour Valls 1er. Bon, ce n’est pas une critique de Monsieur Valls lui-même, encore qu’il aie une certaine responsabilité dans ce qui est dit par son gouvernement, mais il y a une… le champ se restreint ! Le champ se restreint : les ministres disent des choses qui sont de plus en plus incompréhensibles pour le reste de la population.

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VentsContraires.net – Paul Jorion : « Reconstituer la planète, c’est du travail… et de l’emploi »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »
(III) « Les machines pourraient financer une allocation universelle »
(IV) « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée »
(V) « Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ? »
(VI) « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »

Sur le site VentsContraires.net

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 DÉCEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

La mécanique quantique suggère que la meilleure stratégie est de gueuler si l’on n’est pas content !

Jacques Attali, Une brève histoire de l’avenir, Fayard 2006

Paul Jorion, Pourquoi nous avons 9 vies comme les chats, Collège International de Philosophie, 2000

Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 22 février 2013, au Théâtre du Rond-Point

Cédric Mas, Comment rembourser une dette exorbitante ? – Leçon d’histoire en forme d’avertissement, le 17 avril 2012

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LA SURVIE DE L’ESPÈCE ET
L’« ÉCONOMIE POSITIVE »

L’exposé de Jacques Attali mercredi matin au LH Forum m’a fait comprendre la différence fondamentale entre sa vision prospective et la mienne : nous combinons optimisme et pessimisme différemment.

Pour moi, nous négocierons oui ou non avec succès le Grand Tournant des crises environnementale, de la complexité et financière. Nous prendrons certainement conscience un jour ou l’autre de la gravité de la situation mais il sera alors encore temps ou bien trop tard. S’il est trop tard, c’est la survie même de l’espèce qui est alors remise en question. J’envisage que le processus se déroule tout au long dans le cadre de démocratie formelle que nous connaissons en ce moment.

Attali considère que nous prendrons conscience de la gravité de notre situation et qu’il sera encore temps. Sur ce plan là, il est plus optimiste que moi. La probabilité que nous puissions réagir dans un cadre encore démocratique lui paraît cependant très mince. Il arrivera, dit-il, que la consommation de viande soit interdite par décret, du jour au lendemain. Sur ce plan là il est plus pessimiste que moi.

La position d’Attali est sans doute plus réaliste que la mienne, j’en conviens volontiers. Elle suppose cependant au totalitarisme une certaine efficacité sur le moyen ou le long terme, alors qu’une telle efficacité n’a jamais été démontrée dans son cas que sur le cours terme. C’est ce qui me fait penser que l’option totalitaire n’aboutira à rien, que la prise de conscience de la nécessité d’un Grand Tournant ait eu lieu à temps ou non. La survie de l’espèce est donc très loin d’être assurée – c’est le moins qu’on puisse dire.

La logique du profit, qui explique pourquoi notre démocratie est formelle plutôt que réelle, bloque en ce moment toute décision dans le sens d’un Grand Tournant, en dépit d’une prise de conscience de sa nécessité. Il faut donc d’abord sortir de la logique du profit, sans verser pour autant dans le totalitarisme, ce qui n’a jamais été tenté jusqu’ici, du moins à grande échelle.

Le mouvement en faveur d’une « économie positive » indique la voie à suivre mais il faudra d’abord, comme l’a souligné Benoît Hamon jeudi au Havre, chasser les marchands qui, ici aussi, encombrent déjà de leurs étals, les allées du temple.

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ON RECONNAÎT L’ARBRE À SES FRUITS (une journée au LH-Forum sur l’économie positive), par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

Nous sommes un mercredi. La mise en scène est imposante, la signalétique luxueuse, digne des grand-messes internationales. Il ne faut pas moins d’un hangar portuaire réaménagé pour abriter l’arche intellectuelle qui doit nous embarquer vers le troisième millénaire, ce troisième millénaire où nous ne sommes toujours pas entrés, quoique les attentats du 11 septembre 2001 aient été vus comme une semonce préapocalyptique, un échauffement des trompettistes du Jugement dernier. L’évènement a lieu aux Docks Océane. Le choix est excellent. L’océan, c’est la vague, le vague diront les mauvaises langues, or la vague se confond avec la sinusoïde à amplitude croissante dont parlera Jacques Attali, dans son duo inaugural avec Joseph Stiglitz, pour décrire la trajectoire de l’histoire. La métaphore est forte : jusqu’à présent, l’humanité a toujours su remonter la pente. Y parviendra-t-elle cette fois-ci ?

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LE « MARCHÉ » ET L’ALTRUISME

L’autre jour, lors d’un dîner, mon voisin de droite se trouvait être le directeur d’un gros port européen et cette personne expliquait à ma voisine de gauche et à moi que le port dont il a l’autorité se trouve en concurrence avec deux autres ports européens, situés eux à l’étranger, quant à la desserte de la troisième ville du pays.

Comment faire pour l’emporter ?

La réponse est en réalité simple : relever le défi de la « compétitivité douanière ». Fait correctement, le contrôle douanier d’un container prend en moyenne six minutes ; il s’agit donc d’être plus rapide que la concurrence. Je m’enquis alors de la manière dont ces deux autres ports situés eux à l’étranger relèvent ce défi de la « compétitivité douanière », mon voisin me répondit qu’ils sont sur ce plan, « de véritables passoires ».

La réponse à la question de savoir comment assurer la compétitivité avec « de véritables passoires » m’apparaissait tout spécialement simple. Je n’importunai donc pas davantage mon voisin de table, mais la manière dont la logique commerciale sape nécessairement toute notion d’état de droit m’apparaissait néanmoins en pleine lumière.

Cette conversation m’est revenue à l’esprit hier au forum du Havre, lorsqu’un orateur, après avoir chaleureusement loué l’appel de Jacques Attali à l’exercice désormais de l’altruisme et de la solidarité dans le fonctionnement de la société civile, ajouta sur sa lancée « sauf pour ce qui est de la concurrence [commerciale], bien entendu ».

Ce « bien entendu », me laissa – bien entendu – songeur. C’est donc, pensai-je, l’altruisme qui présidera demain à l’« économie positive » mais en épargnant le sacrosaint « marché », qui lui continuera de fonctionner « bien entendu » selon le principe opposé et inconciliable de la concurrence ?

Passons sur le fait que l’invocation du principe lui aussi sacrosaint de la concurrence se trouve en général là pour masquer soit un monopole de fait (par le biais des filiales et du contrôle financier et donc décisionnel), soit une entente de fait (par le biais d’un cartel ou par accord tacite sur les prix), n’est-il pas vrai cependant que la révérence manifestée par l’« économie positive » pour le marché « tel qu’il est », s’apprête à reproduire la fameuse « extraterritorialité de la finance par rapport à l’éthique » sous la forme jeune et moderne de l’« extraterritorialité du marché par rapport à l’altruisme » ?

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La soupe à la grimace, par Bertrand Rouziès-Leonardi

  • Billet invité.

Émile ZolaLes événements en Turquie, usine du monde qu’on pensait acquise à la sauvagerie capitaliste, devraient nous donner une idée de ce que, dans l’urgence, les hommes, si faibles soient-ils, sont capables de bricoler. Ils ramassent autour d’eux les outils que l’histoire et l’actualité ont laissé tomber, et ils les font servir à la défense du bien commun. Tout ou presque (le feu couvait depuis quelque temps déjà) est parti à la diable d’une place, la place Taksim (taksim = « improvisation » en turc, cela ne s’invente pas), qui occupe le sommet de la colline de Galata, en face de la vieille ville d’Istanbul. Galata, c’est l’ancienne colonie génoise de Pera, mot grec qui signifie « au-delà », pour « au-delà de la Corne d’Or », la Corne d’Or étant cet estuaire aurorifère des prospectus touristiques où les ors du matin se pêchent toute la journée dans des nuages de méduses.

Belle improvisation en provenance de l’au-delà… cet au-delà turc que l’Europe prétendument chrétienne a refoulé sans ménagement pour crime de confession concurrente, en sorte que la Turquie, à présent, regarde ailleurs, quoiqu’il n’y ait aucun parti recommandable à épouser à proximité. Je rappelle, en passant, que les racines chrétiennes de l’Europe sont en Afrique du Nord (plus de 130 évêchés connus dès le IIIe siècle apr. J.-C.) et en Asie Mineure, où la nouvelle religion prit beaucoup mieux et dans une bien plus large mesure que dans les parages de Rome ou de Lutèce.

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