Le climato-scepticisme nous excuse par avance de nos échecs, par Valentin Przyluski

Billet invité.

Je suis surpris que dans le post de blog COP 21 : N’est-il pas trop tôt pour désespérer, Monsieur Attali ?, par Cédric Chevalier, concernant le billet de Jacques Attali À quoi peut encore servir la COP21 ?, une attention forte soit portée au coeur de son propos (les moyens et la fin) plutôt qu’aux  hypothèses sur lesquelles il repose. Il présente sur le même plan deux thèses climato-sceptiques – le rôle du soleil et l’argumentation géologique – et le changement climatique d’origine anthropique. L’origine anthropique du changement climatique n’est pas une hypothèse de travail parmi d’autres, elle est la seule dont les résultats sont validés par la démarche scientifique et sa méthode (réplicabilité des résultats, validation par les pairs notamment).

Le GIEC n’a eu de cesse au fil de 5 rapports de renforcer le niveau de confiance associé à la phrase « le changement climatique est lié aux activités humaines » qui maintenant est « very likely » (plus haut niveau sémantique d’approbation).

De fait le reste de l’argumentation de Jacques Attali sur les moyens et la finalité sont fondés sur ces hypothèses. À partir du moment où toute responsabilité est écartée, tout mécanisme de maitrise et de contrôle est peu acceptable car il est injuste et surtout inefficace (sa causalité étant inconnue).

Viennent par la suite les fantaisies scientistes, que l’on connait depuis que le changement climatique est apparu dans le champ du grand public. Et qui font leur réapparition de manière récurrente. Pour forcer à la « survie de l’espèce », non pas par l’organisation et la compréhension mais par la fuite en avant par rapport aux causalités de sa destruction (analogue à tous les thèmes du présent blog).

Bref, cette ligne argumentaire est la même que celle de Claude Allègre à la fin des années 2000. Même personne à la réputation établie mais même dérive devant l’inconcevable qu’est notre triste finitude (certains disent « Dasein », je préfère dire « trivialité »).

Le danger de cette désinvolture est qu’elle se montre permissive devant nos échecs. Il y a là un culte de l’excuse à titre préventif, pour repousser la nécessité de vouloir et d’essayer.

À partir de là je souscris à l’analyse faite par Cédric Chevalier. Mais c’est trop d’honneur de réfuter les moyens et la fin avancées quand les hypothèses fondant le raisonnement sont fausses sur le plan scientifique.

Il est intéressant d’ailleurs que les promoteurs de la science économique trouvent à redire à la science climatique. Je m’abstiendrai du jeu des comparaisons …

Partager :