Archives par mot-clé : pétrole

Court terme, long terme, par Michel Leis

Billet invité.

Comme le rappelle Cedric Mas dans son billet, la rhétorique guerrière porte avant tout sur le court terme. La lutte contre le terrorisme ne peut se limiter à une série de « batailles », que ce soit sur le territoire national contre des individus prêts à recourir à la violence, ou à l’extérieur avec les bombardements contre Daesh. Les postures guerrières et les mesures d’exception sont un acte de communication avant d’être réellement efficaces. Il faut rappeler une évidence : sans perspectives de long terme, la lutte contre le terrorisme est vouée à l’échec, il se renouvelle sans cesse et continue d’attirer à lui de nouveaux adeptes. On gagne des batailles sans jamais gagner la guerre. Depuis longtemps déjà, les priorités de la politique nationales et l’action diplomatique traduisent ce manque de vision, non seulement en France, mais dans d’autres pays occidentaux.

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BAS LES MASQUES ! par François Leclerc

Billet invité.

Quel accord Alexis Tsipras peut-il encore espérer arracher à Angela Merkel, François Hollande, Mario Draghi et Jean-Claude Juncker, qu’il va rencontrer ensemble en profitant du sommet européen de fin de semaine ? Pas grand chose si l’on en croit le directeur général de la direction des affaires économiques et financières de la Commission, Declan Costello, qui depuis Athènes où il est en mission a opposé son veto à l’adoption par le Parlement grec de la loi portant sur les mesures d’aide humanitaire, ainsi qu’a celle qui permettrait le paiement échelonné des retards fiscaux. Toutes les deux représentant selon lui une rupture des engagements pris le 20 février dernier, qui impliquent l’adoption globale d’un paquet de mesures restant en cours d’étude. L’intention du gouvernement d’utiliser les recettes des privatisations afin de financer la politique sociale ainsi que la sécurité sociale – et non la réduction de la dette – est promise à connaître le même sort. Les préoccupations sociales du gouvernement grec ne sont pas en phase avec les exigences des autorités européennes qui maintiennent leur tutelle.

Le vrai visage de la politique qui est poursuivie en Grèce ne peut plus être dissimulé. D’Allemagne continue de souffler un vent mauvais associant les incessantes campagnes de presse à scandale aux interventions réitérées des responsables du parti d’Angela Merkel, la CDU, où le discours intransigeant de Wolfgang Schäuble fait mouche. Toute tentative de compromis y est ouvertement décrite comme favorisant la contagion des idées subversives de Syriza dans toute l’Europe. Cette politique aura un prix que ces fanatiques n’appréhendent même pas, si elle déclenche une sortie de la Grèce de l’euro, non seulement en raison du défaut majeur sur la dette qui inévitablement l’accompagnera, mais aussi en raison de la dette de 91 milliards d’euros de la Banque centrale grec au sein de l’Eurosystème… Sans doute y verront-ils alors non pas la sanction de leur aveuglement mais une justification supplémentaire à l’acccentuation de la rigueur. Continuer la lecture de BAS LES MASQUES ! par François Leclerc

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LES ÉMERGENTS SOUFFRENT ET LA RUSSIE EST AU TAPIS, par François Leclerc

Billet invité.

Sonnés, les dirigeants russes se tâtent pour vérifier s’ils sont entiers. Les grandes entreprises exportatrices ont été mises à contribution pour vendre les devises dont elles disposent et contribuer à la stabilisation du rouble, afin d’épargner la Banque de Russie qui a dépensé plus de dix milliards de dollars depuis le début du mois, et dont les réserves abondantes ne sont pas inépuisables. Dans l’attente d’autres mesures, elle va faciliter l’accès aux devises étrangères et protéger les banques de leurs pertes comptables.

Le premier ministre Dmitri Medvedev affirme aujourd’hui qu’aucune mesure d’encadrement des changes ne sera prise, afin de ne pas porter atteinte aux principes du marché, dit-il. Mais, en tout état de cause, le rouble aura perdu la moitié de sa valeur depuis le début de l’année, et rien ne pourra empêcher la Russie d’entrer dans une franche récession, et de connaître simultanément une flambée inflationniste des prix. Le système bancaire va être soumis à rude épreuve en raison de l’endettement des entreprises et des particuliers en devises étrangères. Composé d’une myriade de petits établissements côtoyant une poignée de grands établissements, ce système est très fragile et va devoir être restructuré dans l’urgence. Enfin, Vladimir Poutine – qui s’est tenu à l’écart afin de se démarquer du gouvernement, seul responsable selon lui de la conduite de la politique économique – tirera demain les leçons politiques et essayera d’en faire autant avec les marrons du feu en faisant une fois de plus appel au chauvinisme russe, sa carte favorite.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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ANNONCE DE TRÈS GROS TEMPS, par François Leclerc

Billet invité.

RoubleAprès avoir chuté de 9,5% hier, le rouble a perdu 20% de sa valeur aujourd’hui et continue de s’effondrer. La situation devient « critique » selon la Banque de Russie qui annonce d’autres mesures non précisées, après avoir relevé cette nuit son taux directeur sans effet. A New York, le baril de pétrole poursuit sa chute et ouvre à 55 dollars.

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Énergie : Nous nous comportons à peu de choses près comme une colonie de bactéries ou une population de rats, par Stéphane Feunteun

Billet invité.

Jean-Paul Vignal a ouvert un débat sur les ressources en énergie, débat dans lequel sont déjà intervenus Timiota et Jacques Seignan, chacun replaçant le problème dans un contexte plus général. J’aimerais à mon tour tenter d’élargir l’angle de vue, car je pense que  le problème de l’énergie doit être pris au niveau global, voire fondamental, pour avoir une chance d’en comprendre les implications.

Jacques Seignan dit « Le problème démographique commande donc les besoins en énergie sous de nombreux aspects » ; c’est vrai, aujourd’hui, mais il faut d’abord considérer la relation inverse : c’est l’abondance croissante d’énergie bon marché qui a permis l’explosion démographique. D’abord le charbon au XIXème siècle, puis le pétrole au XXème.

Avec la population se sont développés les échanges et la production de biens et services, soit l’économie, qui semble être non pas une combinaison du travail et du capital, comme l’entendent les économistes classiques, mais plutôt la transformation de ressources en utilisant de l’énergie ; dans ce schéma, le capital n’est que de la production antérieure, et intervient comme une boucle de rétroaction facilitant le fonctionnement de l’outil de production ; j’ajouterais que je vois  la finance (celle « normale ») comme une boucle de rétroaction facilitant la circulation du capital.

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Le problème de l’énergie est-il bien posé ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’agence américaine d’information sur l’énergie (IEA) a diffusé à la fin du mois de mai une information qui a beaucoup agité les milieux spécialisés et relancé la polémique sur la transition énergétique dans ce pays. Elle a en effet annoncé qu’elle ramenait ses prévisions d’exploitation du gisement de pétrole de schiste dit de Monterey, en Californie, de 13,7 milliards de barils à 600 millions de barils, soit une réduction de 95,6 %. Le pétrole n’a pas disparu entre la dernière estimation haute publiée en 2012 et aujourd’hui, mais l’IEA reconnait que les technologies actuelles d’extraction ne permettent d’avoir accès qu’à 4,4 % des réserves disponibles.

Les adversaires de l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste en ont immédiatement profité pour relancer le débat sur l’urgence d’un changement radical des habitudes de consommation d’énergie, et du mix énergétique retenu pour la satisfaire, à peu près au moment où l’Agence pour la Protection de l’Environnement (EPA) présentait par ailleurs une version plus musclée de son Clean Power Plan de réduction des pollutions émises par les centrales électriques.

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L’écologie pour les neuneus. Chapitre 1 : Le plastique, un exemple, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Nous prendrons ici le cas du plastique. Ce produit est un produit comme un autre et ce qui suit est en fait valable pour la majorité des produits que nous consommons, que ce soit le savon ou les voyages en avion pour aller en vacances.

Le plastique est un sous-produit du pétrole et comme tous les sous-produits du pétrole, la quantité fabriquée est globalement proportionnelle à la quantité de pétrole consommée, qui elle dépend du master produit : l’essence et le diesel.

Donc tant que l’on consommera autant d’essence ou de diesel, il sera fabriqué globalement autant de plastique.

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UNE HISTOIRE DE DOMINOS (EGYPTIENS), par Zébu

Billet invité

Mianne a récemment évoqué dans un post la possibilité d’un parallèle entre la situation actuelle de l’Egypte pour les USA et celle de la Pologne en 1989 pour l’URSS : une situation vitale. Car pour ces deux puissances militaires, « l’extérieur », qu’il soit proche ou lointain, a toujours eu de forts liens d’interdépendance avec l’ensemble du système.

Ce dont on oublie aussi de parler sur ce sujet, si l’on parle « d’extérieur », c’est l’analogie possible avec l’URSS sur un autre front : celui de l’Afghanistan, un des fronts de « l’extérieur lointain » (pour peu que l’on suive la thèse de De Defensa) pour les USA. On pourra arguer que l’Afghanistan était un « extérieur proche » de par sa situation limitrophe, mais cela ne constituait néanmoins pas le cœur du système soviétique, à l’inverse de la Pologne dans les années 80, de la Hongrie dans les années 50 ou de la Tchécoslovaquie dans les années 60.

Si la Pologne a fortement contribué à son effondrement en 1989, l’URSS est déjà en guerre en Afghanistan depuis plus d’un an quand le syndicat Solidarnosc naît en 1980. Et quand le 15 février 1989 les dernières troupes soviétiques sont évacuées du pays, il ne reste plus que quelque mois avant la chute du mur de Berlin qui verra deux mois plus tard, la légalisation du syndicat Solidarnosc et sa participation aux élections. L’empire soviétique aura été saigné à blanc par cette guerre : plusieurs dizaines de milliers de morts et de blessés au combat, des centaines de milliers de malades, 900 000 soldats ayant servis, pour un coût au final de 2 milliards de dollars par an (soit environ 6 milliards en dollars constants).

Si on prend, au regard du nombre de soldats ayant servi, le nombre de morts pendant les neuf années de conflit (14 000 morts pour 900 000 soldats), on obtient un pourcentage de tombés au combat faible (1,56 % du total), a fortiori si l’on prend le nombre total de soldats dans l’armée de l’URSS. Pour autant, l’impact fut très important psychologiquement, avec les dizaines de milliers de soldats blessés au combat revenant au pays et surtout la première défaite de l’armée rouge sur le terrain depuis la seconde guerre mondiale.

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Golfe du Mexique – Forage en Offshore Profond, par Benoit Debray

Billet invité.

J’aime fréquenter le blog de Paul Jorion car l’approche critique qu’il propose pour la crise financière s’applique naturellement à d’autres crises et donc en particulier à la catastrophe en cours dans le Golfe du Mexique. La question centrale est la représentation que l’on se fait du problème et la capacité d’en changer quand cela s’avère nécessaire. Les symptômes observés lors de ces crises sont souvent des absences de décisions au moment où elles seraient nécessaires auxquelles succèdent des phases d’inaction puis d’agitation avec malheureusement des solutions proposées dérisoires par rapport à la taille du problème à résoudre. En restant dans les généralités et essayant de garder un peu d’humour malgré les circonstances dramatiques, je ne vois rien de plus explicite que de regarder la vidéo suivante :

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Tout est lié, par Corinne Lepage

Billet invité.

Peut-on rapprocher la polémique sur le GIEC et les perspectives climatiques et le renforcement de la prise de pouvoir par le système financier du reste du monde ? A mon sens, oui. Ce rapprochement ne s’impose pas dans la mesure où les climato-sceptiques semblent tirer leur force des « erreurs » du GIEC, ce qui prouverait que le problème est endogène au GIEC. Je ne le crois pas un instant. Sans doute, des erreurs ont été commises par le GIEC sur la date éventuelle de disparition des neiges éternelles ou sur la reprise comme argent comptant des évaluations du gouvernement des Pays Bas lui-même quant au risque de submersion de son territoire. Mais cela ne change rien au problème de fond. De plus, les climato-sceptiques n’ont à aucun moment produit des documents présentant une explication crédible des phénomènes constatés et de surcroît, en toute hypothèse, chacun ne peut qu’admettre que la sortie de l’économie pétrolière est inévitable en raison de la réduction des réserves disponibles.

Dès lors, l’emballement médiatique climato-sceptique a d’autres origines évidemment qu’une discussion honnête sur les changements climatiques. Ils traduisent la reprise en main, après l’échec de Copenhague auquel ils ont très largement contribué, du lobby pétrolier (étatique via l’Arabie saoudite qui comme par hasard a « sorti » le « climategate » à Copenhague en privé) et de tous ceux qui ont spéculé et continuent à le faire sur le pétrole. De plus, les Etats, pour cacher leur incompétence, ont tout intérêt à réduire aujourd’hui l’importance du sujet, d’où le gain en terme d’image du débat sur la réalité d’un phénomène qui a mobilisé toute la planète voici 2 mois.

Le rapprochement entre la tentative, assez bien réussie, de déstabilisation des efforts en faveur d’une économie sobre et l’aggravation de la crise économique sous l’effet de la rapacité et de la perversité de certaines banques, agences de notation et autres acteurs du système financier est à opérer sous plusieurs angles :

• D’abord, la faiblesse des Etats qui sont, dans un cas comme dans l’autre, « baladés » par ceux qui, sans aucun état d’âme, – à l’instar de Hugh Hendry, gestionnaire du fonds Eclectica claironnant à propos de la spéculation de la Grèce : « nous allons gagner des millions ». Et, alors parient sur la ruine et la disparition des autres comme s’ils n’étaient pas concernés.

• Les liens croissants entre les politiques climatiques et le système financier, que ce soient les dérives du marché des quotas, la spéculation sur le prix du pétrole ou l’utilisation des fonds souverains d’origine pétrolière et des pétro-dollars.

• Le maniement de la presse comme outil de désinformation autant que d’information en l’absence de la capacité réelle de disposer d’outils efficaces assurant l’indépendance politique et économique des médias.

Cela signifie que si la crise est systémique, la réponse doit l’être également. Nous n’en sortirons qu’en rassemblant des sujets apparemment sans rapport entre eux mais qui traduisent la même prise de pouvoir et les mêmes conséquences pour l’immense majorité.

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