Tout est lié, par Corinne Lepage

Billet invité.

Peut-on rapprocher la polémique sur le GIEC et les perspectives climatiques et le renforcement de la prise de pouvoir par le système financier du reste du monde ? A mon sens, oui. Ce rapprochement ne s’impose pas dans la mesure où les climato-sceptiques semblent tirer leur force des « erreurs » du GIEC, ce qui prouverait que le problème est endogène au GIEC. Je ne le crois pas un instant. Sans doute, des erreurs ont été commises par le GIEC sur la date éventuelle de disparition des neiges éternelles ou sur la reprise comme argent comptant des évaluations du gouvernement des Pays Bas lui-même quant au risque de submersion de son territoire. Mais cela ne change rien au problème de fond. De plus, les climato-sceptiques n’ont à aucun moment produit des documents présentant une explication crédible des phénomènes constatés et de surcroît, en toute hypothèse, chacun ne peut qu’admettre que la sortie de l’économie pétrolière est inévitable en raison de la réduction des réserves disponibles.

Dès lors, l’emballement médiatique climato-sceptique a d’autres origines évidemment qu’une discussion honnête sur les changements climatiques. Ils traduisent la reprise en main, après l’échec de Copenhague auquel ils ont très largement contribué, du lobby pétrolier (étatique via l’Arabie saoudite qui comme par hasard a « sorti » le « climategate » à Copenhague en privé) et de tous ceux qui ont spéculé et continuent à le faire sur le pétrole. De plus, les Etats, pour cacher leur incompétence, ont tout intérêt à réduire aujourd’hui l’importance du sujet, d’où le gain en terme d’image du débat sur la réalité d’un phénomène qui a mobilisé toute la planète voici 2 mois.

Le rapprochement entre la tentative, assez bien réussie, de déstabilisation des efforts en faveur d’une économie sobre et l’aggravation de la crise économique sous l’effet de la rapacité et de la perversité de certaines banques, agences de notation et autres acteurs du système financier est à opérer sous plusieurs angles :

• D’abord, la faiblesse des Etats qui sont, dans un cas comme dans l’autre, « baladés » par ceux qui, sans aucun état d’âme, – à l’instar de Hugh Hendry, gestionnaire du fonds Eclectica claironnant à propos de la spéculation de la Grèce : « nous allons gagner des millions ». Et, alors parient sur la ruine et la disparition des autres comme s’ils n’étaient pas concernés.

• Les liens croissants entre les politiques climatiques et le système financier, que ce soient les dérives du marché des quotas, la spéculation sur le prix du pétrole ou l’utilisation des fonds souverains d’origine pétrolière et des pétro-dollars.

• Le maniement de la presse comme outil de désinformation autant que d’information en l’absence de la capacité réelle de disposer d’outils efficaces assurant l’indépendance politique et économique des médias.

Cela signifie que si la crise est systémique, la réponse doit l’être également. Nous n’en sortirons qu’en rassemblant des sujets apparemment sans rapport entre eux mais qui traduisent la même prise de pouvoir et les mêmes conséquences pour l’immense majorité.

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173 réflexions sur « Tout est lié, par Corinne Lepage »

  1. Copenhague a aussi été un échec car tout indique que nous atteignons les Limites à la Croissance après le passage du pic pétrolier (2004-2008). Il est maintenant très probable que la décroissance (avec/sans effondrement) sera l’acteur principal de la baisse de l’accumulation de gaz à effets de serre d’origine humaine. Cela ne veut pas dire que le problème du RCA est réglé, l’adaptation à la décroissance énergétique, la lutte contre le RCA et l’adaptation au RC doivent être menées de front (cfr. Transitiontown).

    La réalité ‘Limits To Growth’ est très présente à l’esprit des dirigeants mais évitée, voire niée publiquement car les dirigeants ont peur d’un effet de panic de l’opinion publique et des marchés, car ils n’ont pas de solution à court terme et que cela les confronte à leur mépris quant aux mises en garde faites depuis 40 ans, particulièrement sur la bombe population et le pic des ressources (thèmes à l’origine de l’écologie). La Chine l’a très bien compris et se comporte exactement comme si nous étions déjà dans un monde Post Peak Oil.

    La stratégie de pourrissement menée par les politiques et le relais qui en est fait pas les médias est irresponsable. Ils jouent la montre en prétextant avoir été surpris par la crise, en prétextant que nous sommes les victimes de quelque chose qui nous dépasse, alors qu’ils oublient que nous nous sommes mis tout seuls dans cette situation inextricable et cela grâce à leurs conseils avisés. Ils sont incapables de faire un diagnostic clair et sincère.

    Nous sommes maintenant confrontés à un changement de paradigme complet si on ne veut pas assister à l’effondrement accéléré de tout ce que l’on connaît mais on n’en prend pas le chemin.

    Nous sommes sur la sellette car les médias qui sont sensés nous confronter au réel ne font pas autre chose que de nous en éloigner. L’infotainement rapporte de l’argent, la démocratie pas, les médias le savent. Tout cela condamne la démocratie.

    Les jeunes attendent un signe indiquant que la société toute entière va tout faire pour se donner les moyens d’un avenir viable. Si ce signe ne vient pas d’en haut, il viendra un autre signe d’en bas, celui-là entérinera l’idéologie ‘No Future’ pour le pire.

  2. Bonjour à toutes et à tous,

    C’est assez fatigant de voir revenir en boucle, sur ce site ou ailleurs, dès qu’il s’agit du RC, des âneries comme pensée-unique ou les interventions de courtillot.
    Cela dilue largement la qualité générale des commentaires.
    Alors qu’il a déjà été répondu précisément à propos de ces arnaques (dans ce même blog) ; et Blob, notamment, qui doit sans cesse ré-intervenir sur les mêmes types de commentaires. A croire que ce sont des bots… ou bien des gens incapables de faire une recherche sérieuse avant de l’ouvrir…

    Heureusement que parmi les commentaires qui se veulent critiques quant au GIEC et aux rapports politiques qui en découlent (plutôt que sur le phénomène du RC, dont l’analyse nécessite un haut niveau scientifique), certains s’avèrent réellement pertinents… en tout cas nourrissent ma réflexion… preuve que l’indépendance d’esprit revendiquée par les amateurs de ce blog ne tombe pas nécessairement dans tous les panneaux…

    Cdlt

  3. @ DiGirolamo,
    comme vous avez raison.

    Une opportunité existe dans ce contexte chaotique : ensemble pour la Terre.

    Au singulier (local) et au pluriel (global).

  4. Merci pour tous ces échanges
    1/ Je ne fais pas partie de ceux qui croient à la théorie du complot. Par contre 35 ans de vie d’avocate dans l’environnement et 15 ans de vie politique m’ont appris à reconnaître le travail des lobbies et les ficelles utilisées même si je n’en connais qu’un tout petit nombre. Mais le discrédit est une technique très employée.
    2/ Mon rapprochement qui, bien sûr, n’épuise pas le sujet,mais il permet de rechercher le pourquoi de cette dramatisation.
    3/ Que faire? Poser les bonnes questions aux climato-sceptiques sur leurs propres propositions et explications. Å’uvrer pour une transformation de l’économie et de la finance qui sont au départ et à l’arrivée de toutes les questions qui se posent ici.

    1. @Mme Lepage:
      « 3/ Que faire? Poser les bonnes questions aux climato-sceptiques sur leurs propres propositions et explications. »
      Dans votre billet, vous faites le reproche aux « sceptiques » de ne pas disposer de théorie scientifique pour produire « des documents présentant une explication crédible des phénomènes constatés. »
      Je vous retourne un constat : Pourquoi diable voulez-vous qu’en une seule théorie, le CO2 comme marqueur de l’influence de l’homme sur sa biosphère, pouvoir tout expliquer ?

      Les approximations du GIEC dans les documents divulgués aux politiques, prouvent qu’on imputera pas tout sur cette molécule qui représente 0.03% de notre atmosphère. Les récentes informations des experts montrent qu’on a un peu laissé de côté la modélisation de la vapeur d’eau au détriment du CO2 (dixit le GIEC lui-même !). Votre problème par rapport au climat est de vouloir disposer d’une théorie prête à l’emploi pour expliquer les lois de la Nature, on en est loin, très loin. Pourquoi avez-vous besoin d’une théorie globale sur le climat tandis que le problème majeur est la pollution produite par des SARL ?

    2. 1- théorie du complot
      Le concept de « théorie du complot » semble justement avoir été employée les premières fois comme arme du discrédit vis à vis de gens qui parlaient des lobbies et de l’influence qu’ils avaient sur les gouvernements, au mépris de la démocratie. Sans parler de complot, on peut quand même constater une « certaine » proximité géographique (quartier), culturelle (grandes écoles) ou familiale (Woerth, Gaymard) entre les milieux politico-gouvernementaux et financiers. Des précédents d’entente secrètes non élucidées existent (fonds secrets de l’UIMM)

      2- Il est tactiquement dommage d’avoir mis en avant, ces dernières années, la lutte contre le changement climatique, comme première des actions à mener en matière d’environnement. Tout le monde savait que les causes anthropiques de celui-ci étaient réfutables, faute de modélisation du climat irréprochable. Pourquoi n’a-t-on pas mis en avant la raréfaction des matières premières, qui elle, est incontestable, et qui déroule un boulevard de velours sous les pieds des spéculateurs?

      3- dérivé du 2: Les climato-sceptiques ne peuvent nier la raréfacion des matières premières et leur corrélation, la spéculation à la hausse. Le problème posé comme cela, cette raréfaction étant inévitable, et ceci, demain matin, il faut exiger des réponses de la part de la finance climato-sceptique et les gouvernements sur les moyens d’interdire cette spéculation (d’où les propositions Jorion)

    3. @Phil de saint-Naz :

      Vous utilisez l’expression « finance climato sceptique », elle est malvenue :

      L’industrie pétrolière a financé largement pendant des années les thèses de doctorats relatives à la sismologie. Les pétroliers ont besoin de connaissances en géologie et en sismologie pour détecter l’or noir, on ne peut pas faire autrement. Citez moi une seule thèse, même d’un non sceptique, qui ne soit pas financée de près ou de loin par l’industrie pétrolière dans cette discipline ?

      Si vous cherchez bien , vous verrez que l’expression « finance climato sceptique » ne rime à rien du tout. Essayez de trouver une thèse de fin d’étude en sciences appliquée, en France, sans que celle-ci ne soit financée par une industrie, et vous verrez que vous en sortirez bredouille.

      Cette manie de confondre « sceptique » et industrie du pétrole en dit long sur la méconnaissance des cycles de fin d’études et de leur financements dans toutes les sciences appliquées. Dès lors on est déjà dans l’argutie politique plutôt que dans un débat scientifique serein.

      Il n’y a plus de financement pour les sciences dites fondamentales.
      Toutes les thèses de sciences appliquées sont financées par l’industrie.

      C’est comme ça, et pas autrement ! Autant vous dire que le capitaliste se fiche bien des sciences fondamentales, et encore plus des sciences humaines.

    4. Comment Madame LEPAGE ?

      Avez vous une idée en dehors des élections pour changer tout cela ?
      Parce qu’en ce qui concerne les élections depuis des années, c’est la déception au lendemain.

      Et puis quel pouvoir reste t il aux politiques en France à l’époque où nous sommes ?

      Il faudrait déjà mobiliser les citoyens, mais qui saura le faire ?

    5. @Bertrand

      Je pense qu’il y a malentendu. Quand je parle de « services secrets des pétroliers », il faut lire des Etats producteurs de pétrole. Il semble clairement établi que ce sont bien des services secrets des nations productrices qui ont piégé les anglais du GIEC.

      Il paraît évident que ceux qui tirent les marrons du feu en matière de spéculation pétrolière ne sont pas les industriels du pétrole (m^:me si le public ne les aime pas), mais la spéculation financière (le baril est revendu VINGT fois entre la production et le raffinage).

      Allègre et de Courtillot n’ont jamais avancé qu’il n’y a pas de changement climatique, mais en contestent la cause purement anthropique. Travestissant leurs propos, tout autant que les « erreurs » du GIEC, les milieux financiers ont développé une campagne de communication en mobilisant sur leurs thèses une presse qui, quelque temps avant avait pris fait et cause inverse lors du sommet de Copenhague.

      Il s’agit donc bien d’une manipulation de l’opinion, de la part des milieux financiers que je nomme donc à l’occasion, d’une manière caricaturale, mais intentionnelle « finance climato-sceptique » car ce sont bien les milieux financiers qui ont orchestré ces campagnes et qui profiteront à terme de la pénurie de matières premières en spéculant.

    6. Madame Lepage, merci pour cet unique et bref échange en trois points.
      Bernard Tapi, un spécialiste durant trente ans de la finance, du sport, de la politique, des avocats, et des complots consistant à acheter les arbitres vous expliquera sans doute qu’il est plus facile de marquer un but à la limite du hors-jeu qu’en posant la balle au centre, fusse-t-il extrême (le centre, pas Tapi le « radical de gauche »bling-blang…).

    7. « La théorie du complot » est à mon sens, mais celà n’engage que moi, une expression très politiquement correcte.
      Pour moi le seul complot serait que les riches prennent soin des pauvres dans l’abnégation la plus totale …

  5. @ tous

    Au dela de toutes les divergences, quel intérêt aurait l’être humain à consommer de l’énergie inutilement, lorsque les avancées techniques permettent a minima de reduire sa consommation de 30% sans investissement conséquent.

    Le premier intérêt, calculez votre budget total énergie, déduisez 30%, le petit effort ce chiffre tout de suite par quelques centaines d’€, et ajoutez les frais de découvert, la semaine de vacances est acquise, elle est pas belle la vie!!!!!!!!!!!!!!!!!

    1. Monsieur Jancovici explique très bien pourquoi il est si difficile d’économiser de l’énergie. Lorsque l’on utilise un appareil moins énergivore, on fait une économie, de 30% par exemple. Le réflexe : dépenser cette énergie économiser pour aller en vacances ! Résultat … on dépense toujours plus. C’est un vrai problème lié à des réflexes consuméristes bien ancrés.

    2. J’ai dit que la semaine de vacances était acquise, je n’ai pas parlé de la consommer. Même en vacances vous pouvez aussi économiser ces 30%, bien davantage encore avec les transports en commun, le vélo, la marche, suffit de raisonner sobriété énergétique.

      Pas de grosses voitures, de VROOM VROOM, moins vite, moins loin, suffit d’inverser le conditionnement du tout consommateur publivore, tout de suite le résultat est là.

    3. EDF à intérêt à ce que vous consommiez… parce-que c’est une corporation et c’est ce qui fait son CA. Même si elle fait de la propagande trompeuse… elle ne peut avoir d’intérêt à ce que vous épargniez de l’électricité. (sauf bien sur si elle essai de maintenir la consommation au dessus de la capacité du réseau électrique existant pour ne pas avoir à investir des grandes sommes à court terme pour l’augmenter, cette capacité)

  6. Le tout est dans la partie et la partie est dans le tout.

    L’ Eveil…
    Peut-être est-ce à cela que nous sommes invités…

  7. Bonjour,

    (Ce commentaire revient au texte de PJ sur BFM…)

    Le « courant dominant » est à la méfiance, soit. Prise de conscience aigue de la collusion gouvernements/monde financier, ou prise de conscience de sa propre faiblesse ? la conscience se fera-t-elle action, ou au contraire désespoir ?

    La perception de ma propre faiblesse me conduit-elle à l’action collective ou bien au découragement solitaire et à la délectation morose? Bref, comment et dans quelles conditions passer du « tous pourris » au « un pour tous » ?

    Certes, les bons exemples ne sont pas légion. Cependant, tournons-nous vers le Nord-Ouest, où quelque chose a frémi, l’Islande : une population réputée pondérée semble vouloir rompre avec l’ordre des choses. Sous quelles conditions ?
    – Tout d’abord et avant tout : la conscience de son bon droit. L’ancien prix d’excellence de la mondialisation avait tout fait comme il faut. On ne peut lui faire honte, comme à des Grecs. Cela ne marche pas.
    – Un cadre légal pré-existe, au sein duquel le refus peut s’organiser. Les prudents s’y sentiront à leur aise.
    – La punition est collective : tous seront frappés, et clairement. Tous seront affectés, et durement. Il suffira d’être ou de naître Islandais… alors, la perception aussi devient collective.
    – L’objet du scandale est clair et identifié, et cristallise les refus
    – Il n’y a pas eu en Islande, où la crise a succédé brutalement à l’opulence, ce long apprentissage des crises où les indignations s’étiolent.

    Mais bien sûr, la messe n’est pas dite. De quel poids sauront peser les Pays-Bas et l’Angleterre, au travers du FMI et de la Commission Européenne ? la peur triomphera-t-elle de l’audace ?
    En attendant, ce mouvement est à suivre avec sympathie. Des initiatives comme celle de notre « collègue » Zébu également. Bien sûr, les situations sont très différentes, mais c’est dans le recensement des conditions du possible que l’on pourra espérer.

    Bonne soirée

  8. Les spéculations quant à savoir si il y a eu complots ou pas ne devraient pas nous intéresser plus que cela vu que le coeur du débat est de savoir comment favoriser les conditions d’un avenir au moins aussi bien que celui que nous avons connu, alors même que les problèmes posés par la crise climatique rejoignent tant d’enjeux de civilisation. Qu’il y ait eu des petites méprises et/ou manipulations par-ci, par-là, dans les deux camps, ne devrait pas nous surprendre outre mesure, cela arrive. J’ai pour ma part, globalement confiance au GIEC, juste un doute sur son optimisme en matière de ressources fossiles. Et si je devais m’intéresser aux théories du complot, j’aurais un penchant pour ce qui peut être attaché aux complexes militaro industriel, mais bon, passons … Là n’est pas le coeur du sujet.

    Il faut revenir aux années 70 pour voir émerger une prise de conscience écologique avec différentes formes de catastrophismes qui lui furent associées. Les débats d’idées portaient avant tout sur les limites de la croissance, un débat de fond s’il en est. Et bien le débat fut conclu par les sceptiques, à savoir qu’il n’y avait pas de limites à la croissance (sous ses différentes formes).

    Donc maintenant nous y sommes, les indicateurs sont désorientés et les politiciens pataugent. L’écologie quand elle est politique s’en trouve réduite à gerer ce que précisément elle proposait d’éviter à ses origines, qu’était d’éviter de se mettre en situation de défaut. Face aux enjeux de civilisation qui se dressent, l’écologie politique avait à ses débuts pointé du doigt le général et progressivement le débat a migré vers le détail alors qu’un débat de civilisation doit ENCORE ET TOUJOURS être mené. Il n’est pas question d’en finir avec le détail, mais le général doit dominer.

    Il faut évoluer vers plus de conscience et plus cohérence sur de nombreux fronts, la démographie, premier paramètre de l’équation, ne devrait pas être envisagée uniquement sous l’angle de la croissance. Les ressources finies devraient être envisagées essentiellement sous l’angle du recyclage. Les biodiversités devraient être protégées comme faisant partie de nos bien les plus précieux. L’activité économique devrait être orientée non pas pour piller mais pour produire REELLEMENT aux sens nobles du terme. Il faut réconcilier ‘économiser’ (faire des économies) et ‘faire de l’économie’. Si on s’en donne les moyens, les limites à la croissance et les effets d’une croissance excessive pourront être retenus comme des erreurs de jeunesse. Enfin, les Nations devraient faire la part de choses entre ce qui est bon nationnalement, supra nationnalement et globalement.

    Tant la limitation des ressources que les effets réels d’une consommation élevée sont des indicateurs qui nous demandent de remettre en question notre mode de fonctionnement. Saisissons la chance actuelle d’avoir un fonctionnement encore opérationnel pour passer vers un mode de fonctionnement plus cohérent. Il faut en finir avec les bavardages et les sparadraps. On s’éveille maintenant où on se réveillera plus tard avec la gueule de bois.

  9. Mme Lepage,

    vous prenez le problème du climat du côté politique, alors que les contestations des climatos-sceptiques sont scientifiques.
    Du point de vue scientifique, elles sont parfaitement fondés dans le sens où les incertitudes dans les travaux du GIEC sont sous-valorisées (je trouve très étrange que quand on fait une mesure tous les 500 kilomètres, on puisse analyser les variations au 10ème de degré Celsius).

    Bien entendu, je suis écœuré par certains qui croient que ces remises en question justifient le fait qu’ils détruisent la planète et épuisent les ressources. Mais mentir aux peuples et les prendre pour des billes ne mènera à rien de bien.
    Les gens comprennent très bien les problèmes de la Terre, ceux dont on est surs (eau potable, gestion des déchets, etc.)
    Le débat SCIENTIFIQUE doit être ouvert. Le débat politique aussi, mais ne mélangeons pas tout.

    1. Il y a énormément de choses étranges, ou plutôt surprenantes. Cela ne veut pas dire qu’elles sont fausses. Si vous nous expliquiez en quoi cette affirmation est fausse on pourrait se faire une opinion. Vous vous contentez de semer un doute, cela ne prouve rien. Il me semble que les incertitudes qui pèsent sur l’absence de réchauffement devraient semer le doute encore plus fort dans votre esprit.

      « les contestations des climatos-sceptiques sont scientifiques » –> contrexemple
      Allègre : C’est une imposture que d’affirmer qu’on peut prévoir, qu’on sait prévoir le climat qu’il fera dans un siècle, alors que la météo est imprévisible à plus de quatre jours, et parfois moins.

      Cette phrase est parfaitement aberrante Comment un scientifique du niveau d’Allègre peut-il proférer une telle bêtise ! Il compare le climat et la météo. On se fiche de savoir quel temps il fera sur Paris le 12 juillet 2100 lorsqu’on et climatologue.
      Il est certain qu’Allègre est conscient que ce genre d’affirmation n’a aucun sens scientifiquement parlant. Par contre en bon politique il connait aussi l’impact que ca aura sur le grand public. C’est lamentable.

    2. Je parle des incertitudes au sens physique du terme :
      Quand vous mesurer quelque chose avec un appareil, vous devez vous demander quel est sa précision.
      Si une balance donne un poids au kilo près, vous n’allez pas vérifier que votre doseur contient bien 500 g de farine avec.
      Pour le climat : que vaut une température prise tous les 500 kilomètres ?
      L’imposture intellectuelle n’est pas dans le doute ni le scepticisme, mais plutôt chez ceux qui prétendent pouvoir affirmer être surs à 90% que l’homme est responsable du réchauffement climatique alors qu’ils n’ont pas de preuves solides et que la science de la climatologie est toute jeune.

      « Allègre : C’est une imposture que d’affirmer qu’on peut prévoir, qu’on sait prévoir le climat qu’il fera dans un siècle, alors que la météo est imprévisible à plus de quatre jours, et parfois moins. »

      1) réduire les climatos sceptiques à Allègre est aussi pertinent que de réduire la France à Sarkozy

      2) Il ne faut pas confondre climat et météo, comme vous le soulignez. Vous conviendrez quand même qu’ils sont liés

      3) Ce que veut dire Allègre, c’est que quand les modèles météorologiques sont incapables de prévoir la météo à plus de 4 jours, on peut sérieusement remettre en cause les modèles qui prévoient l’évolution du climat sur plusieurs siècles

      Pour finir, je trouve lamentable de considérer comme acquis quelque chose qui n’a pas été prouvé, et de fustiger le peu de personnes attachés à la rigueur scientifique.

    3. J’ai bien compris que vous parliez d’incertitude au sens physique du terme.
      « Pour le climat : que vaut une température prise tous les 500 kilomètres ? »
      Votre question est bonne, je trouve cela surprenant aussi, mais je ne remettrai pas en cause un tel résultat sans argument autre que « c’est suspect, c’est troublant ». Les scientifiques qui produisent ce genre de résultats sont des spécialistes. En tant que non spécialiste je leur laisse le bénéfice du doute. Bien entendu, ils peuvent se tromper et d’ailleurs ils ont droit à l’erreur. Les publications scientifiques sont truffées d’erreurs et d’imprécisions. Celles des climatologues comme celles des autres. La question est de savoir si ces erreurs sont de nature à remettre en question l’origine anthropique du réchauffement observé. Comme le dit Pierre-Yves D. il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. (j’en profite pour souligner que j’apprécie grandement la finesse des commentaires de PYD)
      Je veux bien croire que les climato-sceptiques utilisent des arguments scientifiques, mais la plupart du temps il s’agit d’arguments grossiers tels que celui que j’ai mentionné à propos d’Allègre.

      Il y a un lien entre météo et climat, certes. C’est bien là que se trouve le coté fallacieux de l’argumentation d’Allègre. Il profite de ce lien pour laisser penser que sa comparaison a un sens. C’est malhonnête et même sciemment malhonnête.

      « L’imposture intellectuelle n’est pas dans le doute ni le scepticisme, mais plutôt chez ceux qui prétendent pouvoir affirmer être surs à 90% que l’homme est responsable du réchauffement climatique alors qu’ils n’ont pas de preuves solides et que la science de la climatologie est toute jeune. »

      Le problème c’est que les climato-sceptiques utilisent ces doutes pour défendre un agenda politique. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a débat. S’il n’y avait pas d’enjeu politique, tout le monde se ficherait du débat scientifique, et ce dernier serait d’ailleurs plus honnête. Je vous renvoie par exemple au dossier de contreinfo sur le sujet.
      Douter, être critique, est une attitude saine en science. C’est nécessaire. D’ailleurs le GIEC précise « être surs à 90% que l’homme est responsable du réchauffement climatique ». Ils ne sont donc pas absolument sûrs. Mettons qu’ils ne soient sûrs qu’à 20%, que faudrait-il faire ? Rester les bras croisés et attendre ou agir en conséquence ?
      Je recommande la lecture d’un article (en anglais, désolé) à ce sujet :
      http://www.nytimes.com/2009/12/09/opinion/09friedman.html?_r=1

      « When I see a problem that has even a 1 percent probability of occurring and is “irreversible” and potentially “catastrophic,” I buy insurance. That is what taking climate change seriously is all about. »

  10. Corinne :),

    Une question me traverse l’esprit. Certes elle est loin des réalités préoccupantes d’un éventuel changement climatique ou d’un hypothétique complot à l’insu de son plein gré, mais je vous saurais tout de même énormément gré de bien vouloir y répondre :

    Produire et financer quoi, et pourquoi ?

    Merci

  11. @ TOUS,

    nous SAVONS que nous sommes sciemment désinformés.

    Mais Nous SAVONS encore mieux, au fond de nous, qu’il y a urgence à préserver ce qui reste de Ressources Naturelles.

    L’urgence, la vraie, c’est de neutraliser ‘la finance’ avant qu’elle ne spécule sur ces ressources .

    1. Il y beaucoup d’autres urgences.

      neutraliser la finance
      partager le peu
      donner beaucoup
      regarder l’autre
      concentrer l’ardeur
      aimer sans condition
      tendre la main
      ouvrir les fenêtres
      parler vrai
      imaginer

  12. Une petite question sur les Ressources Naturelles, par un exemple concret :

    Pourquoi le pouvoir à changer de main au Nigeria ? Le pays était « allié » de la France et commerçait massivement avec elle, et la paf un putch qui remettrait en question les accords sur les ressources dont et surtout l’exploitation de l’Uranium pour Areva (la moitié de leur production), et l’on murmure que la chine serait derrière prêt à fondre sur l’exploitation, de là à relié les deux faits ?

    1. Nous sommes dans un contexte de guerre des ressources généralisée et non déclarée. Les Etats agissent selon cet agenda et les opinions sont mises à l’écart de ce débat qui serait trop sensible que pour être évoqué. La propagande des puissances travaille dure pour embellir le tableau qui garantit notre fameux niveau de vie (non négociable pour certains).

      Les locaux ne tirent jamais vraiment les bénéfices de leurs propres ressources, ils en sont souvent plutôt les victimes, et regrettent même parfois le jour où celles-ci ont été découvertes chez eux. Ils savent très bien que s’ils ne donnent pas ce qui leur est demandé, ils risquent de se voir tout simplement éliminés par les rouleaux compresseurs impérialistes.

      Nous assistons au jeu du chat et de la souris habituel au détriment des plus faibles. D’un côté les superpuissances infiltrent les régimes, les corrompent, et placent des petits dictateurs. D’un autre des locaux se rebellent contre ces dirigeants qui ne servent pas les intérêts de la Nation. Quand il y a plusieurs superpuissances dans la compétition, je vous raconte pas le boxon.

    2. Je n’avais jamais posté ici,mais ce qu’écrivent Sébastien et Peak.Oil.2008 m’interpelle (petite correction,ce n’est pas le Nigéria mais le Niger mais dans le premier pays,il y aussi guerre de ressources:dernièrement,il a été mis sur la liste US de pays terroristes à cause sans doute de certains contrats perdus ou non accordés aux ricains).

      Je suis natif d’un pays sub-saharien,et il y a bien cette guerre des ressources dont parle Peak.Oil.2008, ça date de depuis longtemps mais naguère,l’agriculture et la faible population permettaient aux populations de vivre sans se préoccuper de qui vient puiser dans le sous-sol.Avec l’explosion de la natalité,les perturbations liées au climat (car l’agriculture chez nous est trop dépendante du temps qu’il fait), il n’est plus possible de compter sur la seule agriculture.

      Désormais,on est regardant sur qui vient visiter notre sous-sol,d’autant plus que nos visiteurs n’hésitent pas à nous laisser des guerres civiles en contrepartie de leur visite (personnellement,j’ai vécu dans 3 provinces différentes,pas parce que mon père est un nanti qui construit partout…) alors qu’auparavant ils se servaient et nous laissaient de la paix.

      La Chine est maintenant partout,chez vous en Europe vous regrettez que sa présence entraîne la perte de plusieurs emplois, chez nous en Afrique on se réjouit qu’elle au moins accomplit des projets tangibles et utiles à la population (et non seulement aux seuls dirigeants comme font les puissnces coloniales,car la colonisation n’a pas disparu,elle a changé de forme).

      Il faut bien revoir le mode de vie global,que ce soit ici ou là.

    3. La perte de contrat je m’en soucis peu c’est le pb des puissants en revanche l’état dans lequel on peux laisser le pays économiquement, et socialement m’est plus important… et justement je me pose beaucoup de question sur ce que fait la chine dans les pays, ou elle investit énormément, on parle souvent de ce qui se passe au Darfour et du fait que la chine serait dans le dos de cette guerre… bref la géopolitique des ressources n’est pas si simple que cela.

    4. Des « Darfours », il y en a plein dans le monde, celui du Soudan étant plus connu car médiatisation à outrance (journalistes superficiels, politiques intéressés,peoples qui sont dans leurs rôles de dramatisation…) et parce que la Chine bloque les sanctions que « l’Occident » veut imposer -celles-ci pénalisant en dernier ressort le bs-peuple.

      Cela ne veut pas dire que j’approuve ce que fais le régime au pouvoir au Soudan,mais si ceux que j’ai cité là-haut s’intéressaient vraiment au sort des populations, ils condamneraient explicitement les « Occidentaux » pour ce qu’ils cherchent et entraînent à l’est de la République Démocratique du Congo (pour ne citer que ce qui est actualité).

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