Archives par mot-clé : PIB

LA GRÈCE RIVÉE EN MODE SURVIE, par François Leclerc

Billet invité.

La Grèce a connu l’année dernière sa première croissance en neuf ans, autour de 1,3%, et cela a suffi à Klaus Regling, le directeur général du MES, pour déclarer qu’elle n’est plus « en mode crise ». Encore un succès à mettre à l’actif de la politique européenne de rééquilibrage budgétaire !

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Monnaie vectorielle quantique ou dictature des fous, Emmanuel Rousseaux & Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Emmanuel Rousseaux

À propos de PIB, je souhaitais raconter cette petite histoire personnelle : il y a quelques années, alors que j’étais responsable de chantiers de construction en Mauritanie, je suis passé en France plusieurs jours. Un jour, la canalisation d’évacuation s’est bouchée, et j’ai (faussement) naïvement fait appel à un plombier pour me dépanner. Continuer la lecture de Monnaie vectorielle quantique ou dictature des fous, Emmanuel Rousseaux & Pierre Sarton du Jonchay

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LES BONS OUVRIERS N’ONT PAS DE MAUVAIS OUTILS, par François Leclerc

Billet invité.

On savait la magistrale science économique défaillante mais, pour couronner le tout, il ressurgit que son indicateur universel et incontournable, le produit intérieur brut (PIB), ne vaut pas tripette. Comment raisonner sur des bases erronées, en vient-on alors à se demander dans certains cercles les mieux établis ?

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Trends – Tendances, La part du secteur financier dans l’économie d’un pays, jeudi 30 juillet 2015

Dans quelle proportion le secteur financier contribue-t-il à l’économie d’un pays ?

La réponse est loin d’être évidente et, pour une année particulière, la question ne se clarifie que bien plus tard. Voyons pourquoi.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 18 JUIN 2015 – retranscription

Le temps qu’il fait – aujourd’hui – le 26 juin sera en ligne vers 12h30.

Retranscription de Le temps qu’il fait le 18 juin 2015 : la contribution de la finance au PIB. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le jeudi 18 juin 2015. Et d’habitude, vous le savez, je fais ces petites vidéos, « Le temps qu’il fait », je les fais le vendredi, mais là, demain matin, je serai dans le train à l’heure où je fais d’habitude la vidéo, et en plus, je ne sais pas dans quelles conditions je pourrais enregistrer ma vidéo, parce que je ne sais pas encore où je dormirai ce soir. On m’a promis le gîte après l’exposé que je ferai en compagnie de Sophie Wahnich dans le cadre du « Lavoir moderne parisien », conférence organisée par La plate-forme qui, comme vous le savez sans doute, est le mouvement qui se crée autour de Messieurs Montebourg et Pigasse. Alors, voilà, si vous êtes à Paris, venez ! Ça se passe donc dans le 18ème, un petit peu au nord de la Gare du Nord, précisément. Venez nous écouter, ça peut être intéressant, ça peut être certainement intéressant, un débat entre Sophie Wahnich et moi. Nous avons déjà eu l’occasion de parler en compagnie : une fois, c’était à « Ce soir ou jamais » et une fois, je crois que c’était dans le cadre d’un débat sur la révolution, mais dans ce cas-là, nous n’étions pas seuls, parce qu’il y avait également Monsieur Nicolas Baverez. Venez donc nous écouter.

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À ces Messieurs-Mesdames qui tremblent à l’idée que les Grecs puissent encore voter

Couverture choisie

Déjà publié le 9 novembre 2014.

Il est paradoxal de constater qu’aujourd’hui, avec une dette de 93,4%, la zone euro ne pourrait pas intégrer… la zone euro. Nous sommes en effet très éloignés des 60% requis par le Traité de Maastricht. Aujourd’hui, la zone euro devrait consacrer un an de sa production pour rembourser sa dette. Est-ce tenable ?

Bruno Colmant : Et les chiffres qui sont cités ne tiennent même pas compte du surcoût des pensions lié à une espérance de vie plus longue !

Toute dette doit être mesurée de manière prospective. Il s’agit d’évaluer sa soutenabilité ou supportabilité dans le futur et de mesurer la prospérité qu’elle est censée avoir créée. Si un pays affiche une dette de 200% du PIB mais que l’on y découvre par exemple un important gisement de pétrole, le problème est évidemment moins aigu. Mais si la soutenabilité n’est pas assurée, cette dette peut être remise en cause et disqualifiée. Dans la zone euro, je pense que l’on ne pourra pas imposer cette soutenabilité aux générations futures.

Paul Jorion : À mes yeux, toute évaluation de la dette en pourcentage du Produit Intérieur Brut, qui est un index de l’activité économique, est privée de signification. Ce ratio permet de comparer entre elles les nations mais pas de la manière qu’il faudrait. En période de récession, le PIB va baisser et le ratio augmenter mécaniquement, ce qui dramatisera le chiffre de la dette exprimée en pourcentage de PIB, sans compter un effet pervers supplémentaire, un véritable cauchemar mathématique : pour que ce ratio ne se détériore pas, il faut que le taux de croissance soit supérieur au taux d’intérêt « moyen » auquel la dette souveraine a été contractée. Quand je dis taux « moyen », c’est le taux d’intérêt pondéré en fonction du montant des emprunts qui ont été faits et du temps qui reste à courir sur chacun d’eux. En finance, on parle de taux associé à la « duration », qui est le centre de gravité dans le temps de la dette souveraine d’une nation.

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DETTE PUBLIQUE : LA SEULE APPROCHE RAISONNABLE, par Zébu

Billet invité.

Le débat sur l’étude de Reinhart et Rogoff, portant sur les erreurs d’appréciation de ces deux économistes éminents, qui aurait été utilisée par les gouvernements occidentaux pour justifier les politiques d’austérité mises en œuvre afin d’éviter le précipice, nous avait fait oublier qu’il est bien plus pertinent d’évaluer la méthode et son objectif que ses marges d’erreurs. Car, même en intégrant (ce qu’ont fini par faire les auteurs) les critiques, nous continuons de tourner aux alentours des fameux 90% comme seuil de criticité.

90%, c’est rassurant : ce n’est pas la totalité, ou pire encore, le surendettement. ‘Il reste de la marge’, pourrait-on dire, ‘du grain à moudre’ pourrait répondre le FMI. Mais ce 90%, qu’il soit ‘réellement’ à 85% ou à 92%, n’en sort pas moins d’un mode de calcul qui ne signifie pas grand chose : un ratio entre la dette publique et le PIB, comme si on pouvait comparer la dette d’un Etat avec ce qu’un pays tout entier produit en une année …

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COMPRENDRE LES TEMPS QUI SONT LES NÔTRES

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Depuis le début de la crise en 2007, une chose est claire en politique européenne : les sortants ne sont pas reconduits. Devant l’incapacité des gouvernements et des majorités en place à résoudre les problèmes de l’heure, les électeurs – enfin, ceux de plus en plus clairsemés qui prennent encore la peine de se déplacer – votent pour l’opposition, quelle qu’elle soit.

Dans ces conditions, le manège ne peut faire qu’un nombre restreint de tours avant qu’on ne passe aux gouvernements d’union nationale, préludes aux comités de salut public.

Le gouvernement français ne vient encore que de fêter ses premiers 100 jours, mais il n’est pas trop tôt pour lui de penser à la nouvelle tendance qui s’est dessinée au sein des électorats européens.

« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! », c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui si l’on veut sortir de l’ornière, et d’autant plus si l’ornière en question n’est que le révélateur de l’immense bourbier que constitue désormais la zone euro dans son ensemble.

Or le traité européen sur lequel la France doit se prononcer en octobre est tout sauf de l’audace. La fameuse Règle d’Or, offre un faux sentiment de sécurité quand les choses vont bien – pour autant que ceci puisse un jour redevenir d’actualité – et aggrave dramatiquement la situation quand les choses vont mal.

Les dépenses d’une nation ne se mesurent pas en points de Produit Intérieur Brut, elles se mesurent plus banalement par rapport à ses rentrées. Le PIB est un mauvais étalon dans le meilleur des cas car plus il contribue à la destruction de la planète, mieux il se porte. Mais là n’est pas même la question : dans un monde d’où le travail disparaît et où la concentration du patrimoine atteint de nouveaux sommets en raison du mode extravagant de répartition de la richesse créée que nous tolérons, le Produit Intérieur Brut des nations, constitue aujourd’hui leur corps en proie à la fièvre, et le moment est alors particulièrement mal choisi pour vouloir faire de lui un thermomètre.

Si les sortants ont cessé d’être reconduits en Europe depuis 2007, c’est parce qu’ils ont adopté un profil bas, sont allés dans le sens du courant, ont attendu que les choses s’arrangent. Or les choses ne s’arrangeront malheureusement plus : la crise que nous connaissons depuis 2007, crise de l’effet de levier et du crédit facile comme substitut du salaire, n’est plus qu’à deux doigts de se transformer en véritable dépression. C’est de cela qu’il s’agit, c’est à cela qu’il faut s’attaquer, car un énorme retard – cinq ans – a déjà été accumulé.

« Les mesures à prendre doivent être à la hauteur de la gravité de la situation » a dit il y a quelques années, M. Barroso. Mais ni lui, ni aucun de ses collègues européens ou à la tête d’une des 17 nations composant la zone euro, n’a encore compris le sens de ces mots. Ceux qui se prononceront en tant que membres du gouvernement ou que représentants de la nation française, devront avoir cela présent à l’esprit.

Le « Je ne veux voir qu’une seule tête » convient bien au régiment qui marche d’un cœur léger dans la campagne, mais il s’agit aujourd’hui d’autre chose : de sauver la mise alors que c’est une pluie de bombes qui s’abat sur nous.

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LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE EST PROGRAMMÉE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Dans notre système capitaliste, les « avances » qui sont consenties par certains, les détenteurs de capital ou « capitalistes », pour rendre possible un processus de production ou pour permettre à un consommateur de consommer, sont rémunérées par des versements d’intérêts. Dans mon livre Le prix (2010), je montre sur des exemples de « systèmes à la part », en Afrique ou en Europe, comment a dû apparaître ce système de l’intérêt : les intérêts étaient conçus à l’origine comme « part » d’une richesse nouvellement créée, attribuée à l’un des partenaires ayant contribué à sa création. La dimension qui subsiste de cette logique originaire dans le système capitaliste sous sa forme actuelle, c’est le fait que chaque fois que des intérêts doivent être versés, une nouvelle richesse aura ou devra être créée d’une manière ou d’une autre, pour en être la source. Cet aspect du problème reste le plus souvent inaperçu mais ses implications sont dramatiques parce qu’elles font que le système capitaliste est, sur le plan économique, une impasse.

Nous avons toujours traité les ressources non-renouvelables de la planète où nous vivons, comme une « aubaine » au sens de Proudhon : comme un « don du ciel » à nous partager – en suivant les lignes de partage que tracent les principes de la propriété privée. Le caractère non-renouvelable de certains de ces « dons du ciel » est resté invisible aussi longtemps que la terre nous a semblé infinie. Aujourd’hui elle nous apparaît beaucoup trop petite eu égard à nos appétits insatiables.

L’épuisement de la planète découlant de notre activité économique, c’est ce qu’on appelle pudiquement les externalités négatives, qui sont d’ailleurs – au titre d’aubaines – superbement ignorées dans la comptabilité du Produit Intérieur Brut. La « croissance », c’est-à-dire le PIB quand il est à la hausse, implique du coup la destruction irréversible de la planète et, comme le capitalisme nécessite  – pour que des intérêts puissent être versés – cette même croissance, le fait que le capitalisme a pour implication logique la destruction de la planète, prend valeur de théorème.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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PIB, INDICATEUR SYNTHÉTIQUE DE LA MISÈRE INTELLECTUELLE, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

Alors voilà. – Quoi ? – Rien. Les deux candidats du second tour de la présidentielle française ont été pugnaces. Plus pugnaces que prévu, même. Bah, il était temps. Il n’aurait plus manqué que la campagne, déjà ramollie, virât à la guerre en dentelles, dans un envol bucolique de jabots froufroutants et de faveurs parfumées, façon « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ». Les picoreurs de l’anecdotique, les mercenaires du commentaire, pressés de compter les points (et qui fournit la claque ?), retiendront tel bafouillis (paf ! dans les dents ! ça te la noue, hein ?), tel psittacisme (menteur ! menteur ! c’est çui qui l’dit qui l’est !), telle circonflexion de sourcil (l’autre ! j’y crois pas !), tel rengorgement triple-mentonné (fi donc ! pour qui me prenez-vous, môssieur !), tel faux pli en bec du col de la veste (on fait les yeux doux au populo qui souffre, mais Monsieur Vautour n’est jamais très loin), telle trémulation de l’épaule droite (attention ! je vais vous infliger un direct de l’extrême-droite). Les numérologues, eux, se repaîtront des données chiffrées « incontestables » que les duellistes se sont envoyées en pleine face (allez, mange mes 3 % – de matière grasse ?) et qu’ils n’ont eu de cesse de contester, repoussant au lendemain l’ordalie des experts. Au passage, chers candidats rassembleurs du peuple, ce n’est pas aux experts que vous vous adressez, lesquels vous ont d’ailleurs servi ces pourcentages que vous leur resservez avec l’assaisonnement d’une égale mauvaise foi, c’est aux électeurs. Enfin, il m’avait semblé… Non, c’est décidé. J’abandonne tous ces reliefs aux éditorialistes, qui s’en feront un plat délectable. Ce n’est pas cela, à mon sens, qui est le plus intéressant, le plus révélateur. Pythagore, chef de secte monomane, voyait des chiffres partout, même dans le ciel. Moi, ce sont les lettres qui me fascinent, notamment ces trois-là : P-I-B. Zut ! Elles me ramènent aux chiffres !

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FAUDRA-T-IL ENCORE SAUVER LES BANQUES ?, par Charles Sannat

Billet invité

Vous vous pensiez sortis de l’auberge ? Et si une nouvelle crise bancaire nous menaçait et qu’il fallait encore sauver les banques ? Quels sont les risques ? Peut-on en arriver là ?

La France en chiffres

Les chiffres sont souvent rébarbatifs, néanmoins ils permettent d’illustrer une réalité. Il faut d’abord un étalonnage, c’est-à-dire des chiffres de référence permettant de mettre les choses en perspective. Nous allons donc comparer les « chiffres » des banques à la richesse produite par l’ensemble des Français (banques comprises) en une année, ou autrement dit à notre PIB.

Le PIB de la France est d’environ 2000 milliards d’euros par an. Ensuite le chiffre du budget de l’Etat. En un an, tous les impôts et taxes confondus vont rapporter environ 300 milliards d’euros. Comme l’Etat est très dispendieux, nous dépensons chaque année plus que ce que nous gagnons. Cela forme ce que l’on appelle le déficit budgétaire, environ 180 milliards d’euros cette année (oui quand même cela fait des sous…). Enfin, chaque année, ce beau déficit (nos 180 milliards) vient s’ajouter à la dette totale de la France, environ 1.600 milliards d’euros.

Voilà les chiffres qui concernent notre pays dans ses grandes, très grandes masses.

La crise financière

Maintenant retournons en 2008-2009. Au pire de la crise, les autorités américaines décident de ne pas sauver la banque Lehman Brothers. Conséquence directe et immédiate : plus aucune banque ne prête à aucune autre, et la planète finance est en arrêt cardiaque. Elle sera ranimée à grand coup d’injections de liquidités massives ; les banques centrales jouant ainsi ce que l’on appelle le rôle de « préteur en dernier ressort ». En clair, quand il n’y a plus personne pour prêter à personne, c’est la BCE (pour l’Europe) ou la FED (pour les USA) qui « impriment » autant d’argent que nécessaire pour que les opérations bancaires puissent se poursuivre. Sinon, c’est la crise systémique : le système s’effondre en quelques jours seulement.

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Les entretiens d’Auxerre 2009 : « L’argent », du 5 au 7 novembre

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je participe donc aux entretiens d’Auxerre sur le thème de l’argent, présidés par Michel Wieviorka, qui se terminent ce soir dans la ville ancienne du même nom.

Hier, la journée avait commencé par ma présence comme invité, de 7h00 à 8h30, sur France Bleu – Auxerre. J’ai eu le sentiment que ça se passait très bien durant l’émission, et j’en ai eu la confirmation durant la journée, venant de la part de plusieurs personnes qui avaient eu l’occasion de l’écouter. Particulièrement appréciée apparemment mon évocation de « Se réveiller un matin dans un monde sans argent ».

Ce sont deux dames jusqu’ici dont les interventions m’ont particulièrement impressionné : Dominique Méda et Laurence Fontaine.

Dominique Méda est revenue sur les thèmes de son ouvrage Au-delà du PIB : Pour une autre mesure de la richesse. On se demande dès ses premières observations : « Pourquoi ne lui a-t-on pas demandé à elle ? » On se rend compte ensuite, au côté corrosif de ses remarques relatives à l’ignorance du Comité Stiglitz-Sen pour des dimensions du bien-être comme les inégalités, l’environnement, la violence, la santé et l’éducation, que les démangeaisons dues à son poil-à-gratter auraient été jugées insupportables par les autres participants. Excellente question posée par l’oratrice : « Pourquoi ne pas avoir ouvert le débat ? »

Laurence Fontaine, elle, a approfondi quelques-uns des thèmes de son L’économie morale : Pauvreté, crédit et confiance dans l’Europe préindustrielle, en particulier, sur les rapports respectifs de l’aristocratie et du petit peuple avec l’argent, et surtout, sur la formation du prix entre acheteur et vendeur dans les transactions où ces « états » sont impliqués. J’ai entendu là de fort belles illustrations – empruntées à des récits d’époque – du modèle aristotélicien de la formation des prix selon le statut réciproque, principe que l’on peut résumer ainsi : le riche paie peu ou pas du tout, le pauvre paie le prix fort.

A noter encore, les « définitions des mots de la crise » présentées par Philippe Frémeaux d’Alternatives Économiques, toutes irréprochables sur le plan technique, présentées cependant dans différents styles allant du sérieux à la boutade, en passant par la charge politique, un mélange des genres qui provoqua plus d’un regard interloqué entre membres du public.

Quant à ma propre présentation sur le thème : « Qu’est-ce que l’argent ? », elle fut très bien reçue. Je ne m’avance pas à la légère : je le sais par la douzaine de personnes qui vinrent ensuite m’en assurer ; je le sais aussi par un événement tout à fait inhabituel – et je dois bien le dire, inouï pour moi – le fait que toutes mes interventions de la salle par la suite furent ponctuées par des applaudissements nourris. Enfin, la pile de « L’argent, mode d’emploi », impressionnante sur la table du libraire dans l’entrée avant mon intervention, fut tout aussitôt épuisée.

Je vous signale aussi la rencontre avec un fan enthousiaste et anonyme du blog, et sur le même registre, parmi les intervenants, Paul Soriano, le rédacteur en chef de la revue Médium en qui vous pourrez trouver un connaisseur érudit et incollable du blog de Paul Jorion.

Enfin, à ne pas rater si vous passez par Auxerre, l’exposition qui se tient au Musée-Abbaye Saint-Germain, sur le thème de l’affiche politique française consacrée à l’impôt et qui présente une impressionnante collection d’affiches, du début du XIXe siècle à Charlie-Hebdo. Deux découvertes pour moi : certaines affiches datant de 1910 pourraient servir d’illustration à mes billets, sans qu’on doive en modifier en rien le texte, aussi : que certaines affiches du parti communiste représentaient vraiment un bolchévique vengeur, un couteau entre les dents !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Pour un PIB Equitable et Durable, par Michel Martin

Billet invité.

L’économie durable est souvent présentée comme la conjonction de trois aspects de l’activité, un aspect économique, un aspect écologique et un aspect social.

PIBED 1

Le PIB, outre qu’il agrège des activités qui ne nous enrichissent pas, comme les déraillements de trains et qu’il serait sans doute plus efficace de mesurer la richesse d’un pays et son évolution sur la base de données comparables au capital propre et au résultat d’exploitation employées pour les entreprises, le PIB ne prend pas en compte la dette environnementale que nous contractons et il ne nous dit rien de la répartition des richesses produites.

A partir de données statistiques existantes, bien qu’encore insuffisantes, je propose de contourner les inconvénients du PIB, dans une optique de recherche d’indicateur d’économie durable, en le pondérant par des critères écologiques et sociétaux. J’ai appelé l’indicateur résultant le PIBED (PIB Equitable et Durable) qui serait le PIB divisé par un coefficient d’empreinte écologique sans dimension Ce (Empreinte écologique par habitant divisée par la biocapacité pour 8.5 milliards d’habitants, soit environ 1.33ha/personne) et divisé par un coefficient d’inégalité Ci aussi sans dimension (GINI de revenus disponibles/GINI optimum soit environ 0.22). Il est probable que l’indice GINI d’équité sociale optimum soit réalisé par les pays nordiques, il se situe vers 0.22 (l’indice GINI est compris entre 0 et 1. La valeur 1 correspond au cas ou toutes les richesses d’un pays sont concentrées dans les mains d’une personne; 0 correspond au cas d’une égalité parfaite).

PIBED 2

PIBED 3

PIBED 4

On obtiendrait un PIBED=PIB dans le cas d’un indice d’empreinte écologique de 1, c’est à dire sans dépassement de la biocapacité de la terre, couplé à des revenus disponibles pas plus dispersés que ceux des pays nordiques. Un PIBED supérieur au PIB indique qu’il reste des marges de biocapacité (ou théoriquement que l’indice d’inégalité GINI des revenus disponibles est inférieur à 0.22, ce qui n’existe nulle part).

Un PIBED inférieur au PIB indique qu’on surexploite les ressources (et/ou dans une moindre mesure que l’indice d’inégalité est élevé), donc en général qu’on contracte une dette écologique (c’est le cas, et très largement, de tous les pays dits développés ou en développement). Dans le graphe ci-dessous , le PIB par habitant en dollars est celui de l’année 2003 (source OCDE); l’empreinte écologique en ha est celle de l’année 2003 (source Global Footprint Network) l’indice GINI des revenus disponibles est celui de l’année 2000 (source OCDE, je n’ai pas trouvé l’équivalent pour 2003, mais cet indice évolue assez lentement et l’utilisation des chiffres de l’année 2000 pour le GINI est acceptable). La mesure n’est pas tout, mais un indicateur de mesure comme le PIBED pourrait valoriser les efforts écologiques et sociétaux et redonner sens à la notion de progrès.

PIBED 5

Un des avantages du PIBED sur un indice, c’est qu’il est en continuité du PIB, comme lui en unité monétaire et qu’il est facilement et directement compréhensible par les acteurs économiques. D’autre part, il ne dicte pas comment faire, à chaque population d’imaginer la façon de s’y prendre pour être à la fois compatible avec les ressources disponibles et que les richesses créées soient réparties assez équitablement pour que les personnes adhèrent à ce projet social.

Globalement, le développement n’a pas, jusqu’ici, été contraint sur le plan énergétique et sur le plan matériaux, ce qui fait qu’on a actuellement une très forte corrélation PIB et empreinte écologique. Toute la question est de savoir si nous sommes capables d’une révolution culturelle et d’une révolution technologique qui nous permettraient de faire converger PIB et PIBED.

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