rfi, Le Monde d’après : Paul Jorion se fâche !, le 9 mai 2020

Ouvert aux commentaires.

J’étais l’un des trois invités de Jean-Pierre Boris sur Eco d’ici Eco d’ailleurs. Mes deux premières interventions (celles où j’étais vraiment furax !)

1ère intervention :

C’est le moment de porter un autre regard sur les choses. Vous avez mentionné un de mes livres paru il y a quelques années. Le livre le plus récent, écrit avec Vincent Burnand-Galpin, s’appelle : « Comment sauver le genre humain » et traite directement – alors qu’il est sorti quand même quelques jours avant la crise – de ce type de problèmes. Mais le moment est venu de poser les questions, justement, sur la croissance, le PIB, etc. Tout ça, ce sont des conventions et ce sont des conventions qu’il est temps de remettre en question.

Qu’est-ce que c’est que le PIB ? C’est une somme de valeurs ajoutées. Qu’est-ce que c’est que des valeurs ajoutées ? C’est le résultat d’opérations comptables. Je ne dis pas que ces opérations comptables n’ont aucun rapport avec la réalité mais ce sont des conventions : on peut faire ça d’une manière ou d’une autre, etc.

Et on en parle depuis pas mal d’années, dans la manière dont nous faisons notre comptabilité, la destruction du monde autour de nous, nous ne la tenons absolument pas en compte. Le moment est venu de refaire les calculs et de se dire, la croissance, c’est quoi ?

La croissance, en particulier, c’est le fait de ne pas détruire la nature autour de nous donc on va refaire les calculs, tous ces calculs de PIB, tous ces calculs de croissance. On va les refaire en fonction de ce qui se passe vraiment. Par exemple, on a déjà des calculs sur le nombre de vies qui ont été épargnées du fait qu’il y a moins de pollution dans l’air, du fait qu’il y a moins de voitures sur les routes, etc.

Alors, on nous dit : « Oui, mais les gens ne sont pas payés en fonction de ça ». C’est le moment de remettre en question de simples conventions comme celle qui dit que le salaire, c’est un « coût pour l’entreprise ». C’est une règle comptable. C’est une définition comptable. Ce n’est pas inscrit dans la Constitution. Si on veut le mettre dans la Constitution, qu’on le mette dans la Constitution mais jusqu’ici, simplement, ce sont des conventions. Le moment est venu, un tournant est là qui nous permettra de remettre en question la définition du PIB. Jusqu’ici, on additionne simplement…

Jean-Pierre Boris :

En quoi est-ce que changer le thermomètre améliorera d’une manière ou d’une autre le sort, le destin de ces gens qu’on entendait dans le reportage de Pauline Blaise et qu’on va entendre tout au long de cette émission dans nos différents reportages, qui sont dans la mouise, qui n’ont plus de revenus ? En quoi est-ce que ça change leur destin ?

Paul Jorion :

Pour changer leur destin, il faut dire aux gens qui nous disent maintenant, comme par exemple l’Institut Montaigne, que la solution, ça va être que les gens travaillent plus, qu’on supprime des jours de congés, qu’on dise à ces gens-là : « Mais taisez-vous ! Vous allez provoquer des révolutions en disant ça. Avec une arrogance de classe comme ça, vous allez simplement produire des mouvements comme les Gilets jaunes et la prochaine fois, on ne sait pas ce que ça va donner alors cessez votre irresponsabilité ! Cessez vos comptes d’apothicaire et qu’on commence à regarder comment, véritablement, ça fonctionne une société humaine ! ». Donc, les gens qu’il faut faire taire, c’est essentiellement des gens comme le Medef, c’est des gens comme l’Institut Montaigne, qui font de la provocation gratuite, d’un regard de nanti sur ceux qui n’ont pas grand-chose en leur disant : « Ecoutez, c’est vous qui paierez les pots cassés à l’arrivée ». Non, ce sont les erreurs de tous ces gens-là. Ce sont ces gens-là qui ont fait des erreurs.

2ème intervention :

Paul Jorion :

Oui, effectivement. L’ouvrage dont je parlais, c’est : « Comment sauver le genre humain », celui qui est paru le 18 mars. Ecoutez, Madame parle de combat idéologique qu’il faudrait pouvoir mener. Elle parle d’éco-responsabilité. Vous-même, vous dites : « Tiens, la bourse et le chômage augmentent en même temps ! » et quand tout à l’heure, je vous propose une solution, vous me dites : « Oui, vous voulez casser le thermomètre ». Ce que je propose en révisant cette approche de la croissance et du produit intérieur brut, ce n’est pas de casser un thermomètre qui, en réalité, ne mesure pas la température, c’est de proposer pour la première fois un thermomètre qui mesure la température et pas l’instrument dont on nous parle, qui mesure simplement la manière dont les combats entre les employés et les employeurs sont menés dans notre société.

Quand on parle de tout ça, c’est la question véritablement de savoir qu’est-ce que c’est qu’un gain pour l’humanité et qu’est-ce que c’est qu’une perte ? De la manière dont on fait les calculs maintenant, on ne va pas avoir une récession, on va être dans une dépression. Alors, on a un choix. On va dire : « On a une dépression », c’est-à-dire qu’il n’y aura plus que des chômeurs et les gens qui ont beaucoup d’argent n’en auront pas perdu beaucoup : contrairement à 1929, ils se sont protégés depuis. Ou bien, on prend le taureau par les cornes et on redéfinit la manière dont la croissance se fait, la manière dont le profit se fait dans les entreprises.

C’est ça que Madame [Véronique Riche-Flores] réclame. C’est ça que mon collègue [Lucas Chancel] réclame aussi. C’est ça que, vous, indirectement aussi, réclamez en disant : « Pourquoi est-ce que la bourse augmente quand on perd des emplois ? ». C’est très simple : parce que l’emploi, le salaire, c’est un « coût pour l’entreprise » et que le patron de l’entreprise qui vire les personnes, qui les licencie, il fait une économie pour l’entreprise. Il réduit les coûts et donc, on va lui donner un bonus supplémentaire. Toute l’économie, toute la finance va applaudir parce qu’il a licencié des gens, parce que c’est un « coût pour l’entreprise ».

Au XVIIIème siècle, on n’envisageait pas les choses comme ça du tout. Si vous regardez chez [François] Quesnay, que fait le capitaliste ? Il apporte son capital. Il fait des avances en capital. Que fait le directeur de l’entreprise ? Il avance son travail de direction et de supervision de l’entreprise. Et que fait le travailleur ? Il avance son travail et il sera rémunéré de cette manière-là.

On a changé ça au XIXème siècle. On a dit : « Le travailleur, il coûte simplement de l’argent à l’entreprise ». C’est là-dessus que sont fondés tous nos calculs du PIB ! C’est là-dessus que sont fondés tous nos calculs sur la croissance !

On ne va pas pouvoir faire l’économie de dire : « Voilà, on a une croissance de -30 %. Qu’est-ce qu’on fait à partir de là ? » Non, qu’on revoie une fois pour toute cette question d’éco-responsabilité, le fait que nous détruisons la nature, le fait que nous sauvons des vies quand l’activité économique diminue ! C’est ça maintenant qu’il faut intégrer. Sinon, comme vous avez fait allusion à ce que j’ai dit à propos de l’extinction, sinon, ça passe ou ça casse.

Ce Covid-19, on le voit bien, ce n’est pas un petit épisode qu’on va avoir comme ça et puis, qu’après, il faudra réfléchir de nouveau au réchauffement climatique. Non, c’est effectivement un grand processus qui est en marche et ça, c’est un élément et il faut l’intégrer comme un élément d’un processus très dangereux qui est en marche.

Jean-Pierre Boris :

Quel genre de processus ?

Paul Jorion :

Un processus d’effondrement bien entendu. Moi, je ne suis pas un alarmiste. Je ne suis pas un collapsologue. Je ne dis pas : « Il va y avoir un effondrement. Il faut juste se préparer à être un survivaliste sur une petite île quelque part ! ». Je dis : « Non, il y a des solutions. Il y a des possibilités. On peut changer les choses » et vous vous souvenez peut-être, en 2008. En 2008, je faisais partie du petit groupe de gens qui avait annoncé ce qui allait se passer. En 2009, on a dit : « Voilà ce qu’il faut faire » et tous nos dirigeants ont dit : « Oui, on a bien compris qu’il fallait changer les choses, etc. ». Rien n’a changé. Pourquoi ? Parce que le rapport de force n’avait pas changé, parce qu’il y avait ce banquier qui disait… Il a fait rire tout le monde en septembre 2008 : « Ne vous inquiétez pas, c’est nous qui allons quand même reconstruire le système à l’identique ». Tout le monde rigolait, personne ne prenait ça au sérieux mais c’est ce qu’il a fait. Avec ses petits camarades, c’est ce qu’ils ont fait. C’est ce qu’on va encore essayer de faire cette fois-ci. Alors, si comme Madame [Véronique Riche-Flores], on dit : « Oui, on n’en veut plus »…

Oui, il faut changer les choses. Il faut changer les conventions et c’est ça : ce n’est pas une révolution, ce n’est pas descendre dans la rue, c’est simplement changer les conventions par rapport auxquelles on traite le fait qu’il y a des gens qui travaillent et des gens qui vivent simplement du rendement de leur capital : le fait que ça rapporte d’avoir déjà de l’argent.

L’émission complète :

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147 réflexions sur « rfi, Le Monde d’après : Paul Jorion se fâche !, le 9 mai 2020 »

  1. @Bonsoir Paul,
    Je pense au temps de travail libéralisé.
    Il doit être possible de faire un peu plus d’heures hebdomadaires pour avoir un salaire convenable.
    C’est avec les salariés qu’il faut parler et pas seulement les syndicalistes.

  2. Monsieur science popo et madame science planplan sont dans la barque du conformisme. Et, à n’en pas douter, accompagnés d’un bon petit compte bancaire bien garnit pour continuer ainsi dans leurs délires, leur médiocrité, leur lâcheté, leurs dérives mentales, bref, tout un dispositif symbolique et réel pour croire (et surtout pas penser) que le monde peut encore fonctionner à coup de PIB.
    Cependant d’ici, ou de la berge, certain d’entre-nous, voyons arriver la grosse grosse vague. Quelle heure à Doomsday Clock ?

      1. Vous l’aviez déjà cité en faite…. à la 45:25 Sur la déportation des latinos.
        Ce n’était en aucun cas une demande de ma part. 😉

  3. Pourquoi dans le monde des entreprises françaises le temps de travail est 35h ?. Pour moi le salarié produit et doit être amené à faire valoir un temps de travail convenable en échange d’un salaire qui doit lui permettre de vivre bien.

    1. @Bernadette
      Sans blague ! Si seulement 30% de la population acceptait de travailler 60h par semaine ce serait le paradis ! Les 70% sans travail auraient à traverser la rue ?
      Décidément vous n’en loupez pas une et je n’habite pas la même planète que la vôtre !
      Vous avez le don de me mettre en colère par vos raisonnements que par politesse je nommerais ineptes.

      1. @Bernadette
        Quand je dis raisonnement je suis gentille, je devrais dire commentaires !
        Vous comprenez quoi au juste de ce que PJ explique sur son blog ?
        Oui je suis en colère !

      2. @Dominique e Bonsoir
        Je comprends votre colère et je l’accepte. Je connais des jeunes qui sont prêts à faire plus d’heures pour être mieux payés à la fin du mois

      3. @moui
        5 heures par jour, ça dépend si on est quinze quidam à se contenter de quelques fruits, de feuilles et de larves d’insectes dans une jungle prolifique ou si on est une grosse communauté qui doit labourer, sarcler, semer, désherber, moissonner, récolter, transporter, emmagasiner sur une terre à caillasses.

      4. @ arkao
        https://www.persee.fr/doc/sotra_0038-0296_1978_num_20_3_1586_t1_0346_0000_2 (
        C’est un commentaire de revue, sur deux livres sur le sujet « Travailler deux heures par jour » (1977) et « La fin du travail » (1978).
        Paul Jorion n’a-t-il pas assez martelé que le travail disparaît ? Et c’est du travail « d’employé » qui disparaît. Car le travail ouvrier, il a commencé à disparaître… en 1936 ! (dans ma ville industrielle florissante jusqu’en 1970). En général, par l’évolution des matériaux (le plastique : déclin des articles en bois, donc des tourneries sur bois et expatriation de la production dans les pays à bas salaires), des énergies (nous avons fermé nos petites mines belges vers 1965, non rentables à l’investissement contre les grandes installations et grandes machines en Australie, Afrique du Sud), le machinisme gigantesque en agriculture, etc., etc.
        Ma conviction c’est que notre machinisme (sans gigantisme) nous permettrait de travailler quatre heures par jour (ou un mi-temps par semaine). En supprimant des tas d’activités qui ne sont que de la surchauffe de la recherche de profit. Avec de la planification, de la gratuité et de la consommation restreinte (rationnement… du soin de compensation de nos frustrations).
        Avec plein d’activités sociales collectives en rajout du temps (festives, artistiques, d’apprentissage, de soin…).
        Savez-vous qu’au Moyen Age on ne se battait pas le dimanche, ni la nuit, ni l’hiver ? Pourquoi aujourd’hui voulons-nous « exploiter notre temps » pour jouir d’un tas de fric ? Par manque de perspective collective, par frustration individuelle.

      5. @Chabian
        Mon commentaire faisait référence aux conditions d’existence pré-industrielles.
        Sur ce que nous pouvons envisager aujourd’hui avec la technologie et le temps de travail, d’accord avec vous sur les grands principes.
        Comment construire concrètement, nous aurons l’occasion d’en rediscuter.

    2. Antropologiquement, le temps de travail convenable est grosso modo de 5h par jour.

      Ceux qui désirent travailler plus d’heures, je ne vois pas le probleme.
      A condition que :
      . S’ils travaillent plus, ce soit gratuitement, au service du bien commun du groupe. Aimer le travail ou cultiver ses talents ou le service aux autres (et non pas l’argent) est une vertu.
      . Parce que s’ ils travaillent plus simplement pour améliorer leur bien être matériel, on a simplement prouvé, ou bien qu’ils ont des goûts dispendieux, ou bien que le travail est sous-payé (je pense à l’indépendant qui bosse 70h par semaine pour se dégager à peine un SMIC… et il y en a !).
      Ils préféreraient, j’en suis sûr, gagner déjà suffisamment pour ne pas avoir à travailler plus.
      30h de travail par semaine des 2 parents devrait normalement permettre à une famille de vivre bien. Il y a un pb quand ce n’est pas le cas (et on se rapproche de l’esclavage).

      Je concède que cette façon de voir ne doit pas grand chose à Adam Smith, à Mandeville, tout ça tout ça. Elle est plutôt « arétaïque ». Fondée sur les vertus, et non sur la composition des intérêts (même « général »). L’avantage c’est que c’est un guide/attracteur conceptuel sûr.

  4. Quand Mr Paul Jorion se fâche ça donne du Mélenchon détendu 😀
    Blague à part excellent exposé !

      1. Quel est donc ce tempérament de base , selon la psychanalyse ?

        PS : avec des analyses et propositions différentes , Nicolas Hulot me semble dans le même type d’incompréhension que vous de la part de l’agora dominante , quand vous décoiffez l’auditoire l’un ou l’autre .

      2. Est ce que votre tempérament de base s’accorde avec la petite annonce du jour ?

        La fiche de poste semble vous aller comme un gant ….

  5. Ah zut, je n’ai pas les compétences requises pour candidater au poste de maître de conf’ à la Catho de Lille.
    Poste fléché pour PJ ?

      1. Bonsoir Paul,
        Les jeunes ont le droit de vivre bien, ils ont le droit de se faire soigner à des coûts raisonnables, je pense aux interventions chirurgicales, aux médecins référents qui selon quelques informations devraient augmenter le coût des consultations.
        Je pourrais parler de téléconsultations parce que j’ignore beaucoup de choses sur le sujet.

      2. Tiens par curiosité, moi qui n’y connaît que pouic en travail universitaire aussi faiblement qualifié, ça touche combien en moyenne un candidat type à ce genre de poste, en France ? (Bon on voit tout de suite que le gars, il aura pas un secrétariat permanent, comme il maîtrise les « logiciels de bases »)

        Quelqu’un sait à quelques milliers d’euros près (par an, pas par moi …) ?

        Et si quelqu’un sait pour ce genre de poste, mais en Allemagne, en Italie, en GB, Belgique, et soyons fous aux USA, ou Chine ?

      3. @Cloclo
        En anglais : https://academicpositions.com/career-advice/professor-salaries-from-around-the-world

        En français pour les pays que vous demandez, dans l’ordre :

        Les universités françaises étant publiques et gérées par l’État, les universitaires qui occupent des postes permanents sont des fonctionnaires. Le gouvernement fixe leurs salaires, qui ne varient pas en fonction de l’institution et de la discipline. Les niveaux de salaire sont ventilés par classe et par ancienneté.
        Le salaire d’un maître de conférence peut aller de 25 225 à 53 828 euros par an selon la classe et l’ancienneté de l’universitaire.
        Les professeurs titulaires (professeur des universités) peuvent espérer gagner entre 36 560 et 73 343 euros par an selon leur classe et leur ancienneté.

        Allemagne :
        Les professeurs allemands sont des fonctionnaires, la législation nationale fixe donc leurs salaires en fonction de l’État.
        Les professeurs juniors (Juniordozent) gagnent entre 49 548 et 57 373 euros.
        Les professeurs associés (dozent) gagnent entre 60 154 et 72 246 euros,
        et les professeurs titulaires (Professur) entre 68 972 et 82 013 euros.

        Italie ? Pas dans le doc.
        Je dirais -5% -10% sur la France à la louche. Départ massifs vers le nord de l’Europe, la Suisse pour les mieux lotis. Il y a une « mafia italienne » en science dans les bureaux de Bruxelles à cause de cela. Bonne formation encore à certains endroits (Pisa, Torino, Milano, Trieste), pour les sciences dures (pour l’archéo, : tout le reste, dont Rome, mais les « beni culturali » sont si nombreux que le financement est un casse-tête)

        Royaume Uni
        Au Royaume-Uni, le salaire moyen des professeurs était de 79 030 £ en 2015-2016 selon le Times Higher Education.
        Les autres membres du personnel académique de haut niveau gagnaient en moyenne 82 506 £,
        tandis que les autres universitaires (professeurs, maîtres de conférences et chercheurs) gagnaient en moyenne 43 607 £.
        (M’enfin fait voir le prix de la vie à Londres et la compétition générale, esprit « naturegroup », le groupe du magazine)

        Belgique
        Les salaires des universitaires belges sont basés sur l’ancienneté (temps écoulé depuis l’obtention du doctorat).
        Les professeurs assistants débutants gagnent 29 914 euros par an, tandis que ceux qui ont 24 ans d’expérience sont mieux payés, avec 47 443 euros par an.
        Les professeurs associés commencent à 34 255 € par an et peuvent gagner 58 402 € par an avec 24 ans d’expérience.
        Les professeurs commencent à 40 109 euros par an et, après 18 ans, gagnent 61 224 euros par an.
        Les professeurs titulaires commencent à 44 924 € et gagnent 68 633 € après 15 ans.
        La Belgique a un taux d’imposition relativement élevé de 45 à 52 %.

        Etats-Unis
        L’Association américaine des professeurs d’université suit les salaires des universitaires aux États-Unis.
        Selon son rapport pour 2016/2017, le salaire moyen d’un professeur titulaire est de 102 402 dollars américains.
        Les professeurs associés gagnent en moyenne 79 654 dollars et les professeurs assistants 69 206 dollars.
        Les profs ont, je crois, 10% de leur temps « libre », non payé, où ils peuvent aller chercher les contrats qu’ils veulent et se payer dessus ad libitum.
        Ca engendre de grosses disparités.

        Chine, enfin, pour les quadra ou un peu plus jeune que j’ai vu se faire recruter là-bas après sséjour Europe ou USA, c’est les salaires américains en gros.
        Des pont en or, donc dans les grandes universités (Pékin, Zhejiang, Shanghai,…HK paye bien aussi), mais c’est très disparate et il y a un grand gradient jusqu’aux universités techniques de toutes sortes, plus ou moins reculées (Harbin, Chengdu). On retrouve un peu les aspects du modèle économique de la Chine du XVIIIème siècle centrée sur le delta du Yang-Tsé que Pomeranz a bien analysé dans son livre The Great Divergence (un classique) comme équivalent de la zone de prospérité de l’Angleterre aux débuts de l’ère industrielle (Manchester/Liverpool). Avant que « ça diverge », les uns ayant le charbon sous les pieds les autres pas, les uns ayant les calories (sucre & assimilés, jusqu’à 8% de la ration calorique) des colonies pour pallier leur labeur agricole ponctionné par l’industrie, les autres pas, etc.

      4. Merci Timiota, un vrai DRH !

        Dis donc, en gros comme ça à l’emporte pièces, un gars un peu qualifié, genre double doctorat, bilingue, pédagogue, multitâche, communiquant, capable de réunir des fonds, avec une bonne expérience, avec une grosse capacité de travail et autonome en informatique, ça palpe dans les 6000 à 7 000 balles par mois, c’est ça, à peu près sur la planète ?

        Ben demain je dis à mes gamins d’arrêter fissa leurs études, et de dealer du shit ou de vendre de la poudre de perlimpinpin à la TV ou des actions. Sérieux ! Et y a du monde au portillon avec ce bagage à ce tarif de misère ?

      5. @Timiota :

        Les comparaisons internationales de rémunérations sont toujours délicates et presque aussi difficiles que celles des statistiques du Covid .

        Il faudrait pouvoir en même temps prendre en compte les taux d’imposition sur les revenus , la prise en compte des couvertures sociales ou pas, les avantages familiaux , l’évolution des taux de change ….a minima . C’est un exercice que pratiquent assez bien les travailleurs frontaliers avec ma Suisse voisine .

        Ceci étant les ordres de grandeurs sont bons .

        Et me paraissent suffisants pour que je conseille à mes enfants ( qui se sont motivés tous seuls !) d’œuvrer pour ce type d’activités plutôt que faire dealer , maquereau ou cumulard .

      6. @ Cloclo :
        Faut il rappeler que un salaire de 3000€ vous fait appartenir aux 10 % du haut de l’échelle des salaires ? (ma statistique date un peu, mais avec l’austérité cela n’aura pas beaucoup bougé).
        Qu’on constate qu’il faut revaloriser en priorité les salaires du bas de l’échelle, qui stagnent depuis longtemps ?
        Que bien des retraités n’ont qu’une petite retraite , vers 1200-1400 pour la plupart (mais un gros contingent est plus bas que cela), c’est à dire qu’ils sont encore bien pourvus par rapport au SMIC ?
        Vous discutez des différents étages de la stratosphère salariale, là ! Et je suis sûr que ça monte à l’infini, demandez à Carlos Ghosn et à ses acolytes…
        Et je ne parle pas des patrimoines, des stock options, et parachutes dorés… et autres avantages en nature.
        Et attention que les chèques-repas, chèques-service, chèques-cadeau, assurance-santé, voiture de société, mobile de société, assurance-retraite complémentaire, accessibles à bien des gens, sont aussi des avantages en nature : qui ne sont pas accessibles à tout le monde, notamment dans les PME et petits commerces, et qui constituent simplement un salaire « dédié »et échappant à l’impôt et à la cotisation à la Sécu au profit surtout de l’employeur.
        La discrimination commence avec ces avantages, qui créent donc des divisions entre nous. Il faudrait aujourd’hui se dire que ces avantages récompensent des besoins NON essentiels — et qu’une remontée mois inégalitaire des échelons des salaires (il en faut un peu, on peut en discuter) sur une fourchette moins infinie… nous aidera à nous entendre sur l’essentiel.

      7. @ timiota,
        On pourrait considérer également la voie d’accès à ces postes et surtout en recherche… et là je suis sûr que les différences seraient énormes entre les traitements (en tous sens du terme) de nos jeunes doctorants.

      8. @ chabian & Cloclo

        Stratosphère, je ne sais pas.
        Aujourd’hui, un jeune maitre de conférence intègre en effet à 25 ou 27 kE/an,
        C’est-à-dire 2,1 kE/mois, et c’est … du brut
        (http://sgenplus.cfdt.fr/article/remunerations-et-grilles-indiciaires-des-ec/)
        Donc Net = 1,73 kE, même pas le salaire médian.
        Bon, c’est 1 an, le « stage » où on est encore révocable en cas de grosse c…
        , après quoi ça « monte » à 1,95 kE net/mois, 2,35 kE brut 28 kE/an.

        On est typiquement sur du bac+10/11 (dans les bons cas), à 28-31 ans, avec un bon mix expérience et force de travail (thèse ¨+post-doc+ « gestion mentale de tout ça »…).

        Et on est censé être l’élite de la nation.
        A côté de ça, un.e thésard.de de 27 ans passé par une bourse CIFRE (gros taf aussi, c’est pas la question) et qui postule dans une boite « qui porte », genre Huahua-weiwei en France ces temps-ci, c’est du 50 kE brut + bonus (donc le double grosso modo).

        Ca facilite pas les vocations pour les gens qui ne visent pas le flouze avant tout, mais ne veulent pas vivre dans une chambre de bonne en bordure nord-est de Paris.

        Je dis ça je dis rien…

      9. Oui jean, tarif de misère, sur quelle planète tu vis en revanche pour ne pas le savoir ?

        T’as un peu vu les salaires de cadres sup, des tops managers, des golden boys, des stars de la TV, des youtubeurs à la mode, des pousseurs de ballons, sur cette planète, sans parler des big one du flouze et des gros poissons de l’économie parallèle ?

        Alors oui mon jeannot, DEUX (spéciale dédicace à PS) doctorats, bilingue, et expérience, comme annoncé sur l’offre collée par Paul Jorion, à 7000 balles par mois c’est franchement la misère mon gars. Faut toujours mesurer par rapport à en haut pas à en bas, tu ne savais pas ?

        Faut la vocation, mais plus ça va moins c’est aisé à vivre ça la vocation, demande un peu à l’Eglise catholique si elle trouve encore des curé en Europe ? !

      10. c’est une logique capitaliste ça , prenez un type comme Landau il devait avoir le salaire d’un ouvrier , et en plus de son boulot il se prenait encore la tête à ecrire des livres qui servent encore à la postérité !

      11. « c’est une logique capitaliste ça , » tu l’as dit bouffi !Mais diable sur quelle planète vit-on ? Pas sur celle de Lando Calrissian on dirait.

      12. @Jean : les « Landau et Lifshitz » Rouge et noir (Ed de Moscou…) ?
        La blague usuelle (part de vrai) : « il n’y a pas une ligne de Landau, et pas une idée de Lifshitz, dans ces bouquins ! « 

  6. Moi je suis systémicien (libre) et de plus en plus alarmiste (aussi), année après année ainsi scandaleusement gaspillées depuis au moins 2009, par des gens qui font les beaux, les fiers, les sachants, les présomptueux, voire les arrogants, mais qui en réalité ne comprennent absolument rien… Car on ne revient jamais en arrière, le temps perdu en systémique l’est définitivement… Aucune prise de conscience tardive ne peut-être suffisante à l’imposition d’un changement profond, et le simple fait de le dire/redire ainsi après tant d’années gaspillées en dépit de tant d’alertes répétées et sonnées, n’est qu’une énorme perte de temps insupportable de trop, tant ce temps précieux consacré aux seuls débats du même type, se déroule selon une échelle tout « simplement » outrageusement linéaire…

    Plus que jamais, il faut que la seconde vague inéluctable à venir de la pandémie marque très sérieusement TOUS les esprits, TOUT LE MONDE QUOI, de sorte que l’on puisse surtout changer d’échelle (logarithmique) avant de pouvoir espérer une véritable prise de conscience collective à l’égard, non pas des conséquences des évènements passés (c’est déjà trop tard), mais bel et bien des promesses éventuelles des évènements à venir (ça c’est l’avenir) ! Il n’y a que comme ça que l’on pourra espérer « sauver le genre humain » désormais… Je ne perçois plus aucune autre solution à ce stade au regard de tant d’entêtement à la fois scientifique, idéologique, médiatique et politique…

    Dit autrement, si vous lisiez le début de ce seul commentaire à raison, disons, de 5 mots par seconde, alors vous devriez probablement lire cette avant dernière phrase à raison de 500 mots par seconde, c’est à dire 100x plus vite, pour espérer pouvoir rester synchronisé avec le flux incessant d’évènements systémiques observés en « temps réels » !

    Exponentielle en base a, quand tu nous tiens TOUTES et TOUS !

    1. Philippe, tu recommences à m’inquiéter.

      « Plus que jamais, il faut que la seconde vague inéluctable à venir de la pandémie marque très sérieusement TOUS les esprits, TOUT LE MONDE QUOI, de sorte que l’on puisse surtout changer d’échelle (logarithmique) avant de pouvoir espérer une véritable prise de conscience collective à l’égard, non pas des conséquences des évènements passés (c’est déjà trop tard), mais bel et bien des promesses éventuelles des évènements à venir (ça c’est l’avenir) ! Il n’y a que comme ça que l’on pourra espérer « sauver le genre humain » désormais… Je ne perçois plus aucune autre solution à ce stade au regard de tant d’entêtement à la fois scientifique, idéologique, médiatique et politique… »

      Dis, je te lis bien ou tu en viens à souhaiter énergiquement une hécatombe meurtrière afin …. d’éviter une hécatombe meurtrière ?

      Même si tu avais totalement et entièrement raison quant à tes conclusions systémiques, produire ce genre de raisonnement correctif, selon moi, démontre une faille monumentale dans ta capacité à bien affronter les conclusions que tu tires de tes analyses.

      A mon humble avis, je ne peux que te préconiser de lire et de bien comprendre ces petites phrases de rien du tout comme : « On ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif », « on ne peut pas faire le bonheur des gens contre leur gré », « aimer le genre humain revient souvent à détester les humains eux-même », « c’est celui qui dit qui est », ou encore le fameux « tu disais ? Tient passe moi le sel ». Tout cela devrait t’aider à digérer plus facilement le fait que découvrir qu’on va tous mourir un jour ou l’autre, et les civilisations aussi, ne fait pas de nous des sauveurs, le job a été déjà pris y a 2000 ans, et ça a mal fini pour le type, qui a terminé tout seul abandonné sur une croix.

      Tu veux finir sur une croix Philippe, toi aussi, comme ton illustre prédécesseur du même prénom ?

      Relâche la pédale, pour ta santé mentale. Car réfléchi, vaut mieux partir sans trop stresser, et surtout sans souhaiter la mort partout autour de soi, ça serait dommage de vivre cela comme dernière impression sentimentale non ? Enfin moi ce que je dis, c’est en bon confrère en système moi non plus !

      1. @cloclo
        Que cache autant d’agressivité ?

        La morsure des mots est une tentative bien peu intellectuelle . Tenter d’inhiber la pensée de ses contradicteurs est la marque de ceux qui prétendent défendre la vérité par la force et non pas par la raison.

        « Plus que jamais, il faut que la seconde vague inéluctable à venir de la pandémie marque très sérieusement TOUS les esprit » : lire cette phrase poserait un problème d’interprétation?
        Philippe Soubeyrand part du principe que cette 2ème vague est inéluctable , tout comme Jorion l’a «  prophétisé «sur ce blog   dans un article du 1er Mai.
        A partir de là ,puisque dans son esprit cette 2ème vague est une certitude, il souhaite la prise de conscience de tous les esprits et non pas la mort d’une multitude.

        Il y a peu , vous avez osé un «  la vieillesse est un naufrage « , manœuvre peu glorieuse pour s’attaquer à une personne plus qu’à ses pensées .
        Sérieusement , à votre avis que vous prétendez humble , n’est ce plutôt votre humanité qui est en train de couler?

      2. Je ne souhaite aucune hécatombe… L’Humanité l’a planifiée d’elle-même toute seule… Et force est de constater que tout ce que nous pouvons dire/écrire sur ce sujet ne sert en définitive strictement à rien… Donc cette hécatombe arrive d’elle-même, et la fenêtre pour l’éviter devient chaque jour plus étroite, plus rapidement, rendant cette prise de conscience collective de plus en plus compliquée (comme si elle n’était d’ailleurs réservée qu’à une élite), là où elle devrait au contraire plus « difficilement » n’être que complexe (une entropie propre à la distribution de l’information qui soit la plus optimale possible – on en est hélas ! très loin)… Donc la seconde vague inéluctable de pandémie à venir doit être l’électrochoc que la première n’a vraisemblablement pas été, puisque tout reprend progressivement comme avant, sans quoi l’hécatombe ne pourra pas être évitée…

        L’Humanité est donc incapable à ce stade de changement ! La cause est à la fois hélas ! scientifique (aussi), idéologique, médiatique et politique… L’Humanité n’est donc toujours pas dans les conditions nécessaires à ce changement, voilà pourquoi en l’absence d’un réel électrochoc pouvant provoquer un réel sursaut, rien hélas ! ne sera fait pour lui permettre de corriger le tir, recouvrer l’harmonie dont elle a impérativement besoin au contact de la nature, et survivre dans la paix, et seule une classe sociale d’ores et déjà privilégiée s’en sortira « provisoirement » (du fait notamment de ses propres illusions) beaucoup mieux que toutes les autres… En outre, derrière la strate biologique que nous traversons, il ne faut surtout pas oublier que d’autres strates systémiques parfaitement ordonnées et empilées doivent tour à tour se manifester ; parmi ces strates, le climat notamment qui n’a pas encore dit son dernier mot…

        Je ne cherche pas le moindre statut de « sauveur » (si vous saviez) ou que sais-je encore ; tout ça, ce ne sont à nouveau que vos sarcasmes sous couvert d’anonymat – ô combien c’est « facile »… Vous me prêtais donc une fois encore des intentions que je n’ai pas, et vous faites cela, une fois n’est pas coutume, sans jamais vous interroger sur le fond… Je voudrais vous rappeler que la science n’appartient à personne, et encore moins à l’Etat ; les académiciens devraient d’ailleurs vivement s’en souvenir au regard du désastre en cours… Stéphane Hessel nous rappelait ceci : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. »… Je m’emploie le plus « difficilement » possible à créer… Alors la recherche peut pour certains sujets nécessiter des années avant d’obtenir des résultats probants, peut-être même que dans certains cas, vous n’obtiendrez jamais rien, le temps vous rattrapant toujours ; c’est ainsi, c’est la vie… Mais lorsque des résultats se font sentir, et que l’urgence l’impose, alors il vous appartient si oui ou non vous devez en parler, et personne ne peut s’y opposer – on appelle cela, la liberté de penser…

        C’est ce à quoi je m’emploie, contre vents et marées… Bonne continuation.

      3. Bonjour Bernard,

        Dites moi quand vous parlez au boucher, vous ne vous attendez pas que ce soit l’andouille qui vous réponde, n’est-ce pas ? Moi de même quand je parle à Philippe Soubeyrand qui est maître chez lui et de sa personne.

        En tic de croyant ça, de sortir de sa torpeur dès qu’on secoue un peu leurs YHVHS.

      4. Salut Philippe Soubeyrand,

        Bien, donc j’ai mal lu ta phrase citée en sur interprétant sa portée. Dont acte. Je n’ai toujours pas trop compris, le « il faut que… marque » « TOUS les esprits », « TOUT LE MONDE QUOI » en lettres capitales. Puisque la première a quand même bien était ressentie et vus par tous le monde, sauf à vivre dans une autre dimension parallèle. En quoi la seconde, vague, apporterait dans les mêmes circonstances un effet différents ? Surtout que tu écris toi même en me répondant : « L’Humanité l’a planifiée d’elle-même toute seule… Et force est de constater que tout ce que nous pouvons dire/écrire sur ce sujet ne sert en définitive strictement à rien…  »

        Au plaisir. Je te lis toujours, car tu as quelque chose à dire, et je lis pour apprendre.

      5. Juste philippe parce que j’ai noté mes fautes, elles me seront pardonnées hein bernard, mes t, e, s mal placés, j’en profite pour quand même sans abuser de ton temps que tu nous dises clairement ce que tu entends, ou vois, ou imagine, ou pronostique quand tu écris :

        « un réel électrochoc pouvant provoquer un réel sursaut »

        (C’est une question pour Soubeyrand, bernard tu peux véritablement t’abstenir cette fois ou pas t’es libre en fait)

      6. @cloclo
        C’est la tournée des vannes vieilles comme le monde : « Le boucher et l’andouille « , l’âne et le cheval de course «  , manque plus que «  la boulangère et ses miches » .
        Cependant, c’est bien mon cloclo de dire que je suis «  libre en fait «  ( d’ou la marque d’affection ) .

        En fait , tu sembles prouver que tu laisses d’abord parler ta colère pour après te reprendre …
        Toutes ces insultes , tout ça pour ça , pour finir par cette prise de conscience salutaire que chacun est libre en fait .
        C’est tellement vrai , tellement important cette liberté .
        Mais alors, n’eut il point été utile de s’interroger , dés le départ , sur la source de cette colère ( qui elle , ne rend pas libre mais esclave d’une émotion au détriment de l’intellect) ?
        Cette colère qui pousse à blesser l’autre sur ce qu’il est , sur ce qu’il croit , ce n’est rien d’autre qu’une façon de lui enlever le goût de sa liberté de parole.

        Je sais déjà la réponse qui vient : «  mais y m’emmerde ce con « , «  c’est quoi ce blog où chacun peut répondre à chacun? ».
        Je tente l’expérience malgré tout …parce qu’il est possible , qu’une fois la rage passée , le meilleur puisse advenir.

      7. Bernard,

        Les vieilles expressions dépassées, j’aime leur faire prendre un peu l’air de temps en temps, mais je ne vois pas où tu vois des insultes dans mes commentaires, ou de l’agressivité. Du pinaillage, de la taquinerie, oui, de l’ironie, aussi, mais j’ai quelques petits clignotants internes qui s’allument lorsque je lis certaines phrases ou idées et par égard à mon disposition propre j’aime approfondir mon éveil, quitte à m’être tromper.

        Mais je t’avoue que c’est assez marrant de voir dans mon intervention de la colère, il n’y en a pas l’ombre d’une once, alors que c’est PS qui utilise les CAPITALES pour écrire, et qui maximise son effet, en parlant de TOUT le monde, et ce n’est pas sa première sortie sur le sujet. Ai-je tort de l’interpeller ainsi alors qu’il semble, prendre vraiment à coeur avec douleur cette incapacité des choses, des gens à changer rapidement d’après lui ?

        J’ai regardé hier soir, un documentaire collé par je ne sais plus qui ici, de Jeff Gibbs et M.Moore (https://www.youtube.com/watch?v=ycN3mVW1fow&feature=youtu.be), épargne toi la vision si tu veux, mais va juste à 1h et 30 et fini sur cette image. Aucune colère en moi, Bernard, juste une terrible et incommensurable consternation et une profonde et immense honte.

      8. @cloclo
        Je n’ai pas encore visionné la vidéo que tu proposes mais j’ai été à la fin directement.Image choc de l’agonie qui frappe l’innocence animale.
        J’espère qu’un jour tu comprendras que l’agonie qui frappe l’innocence humaine est tout aussi cruelle , tout aussi sujet de honte pour notre humanité que des clous qui crucifient le meilleur des hommes.
        Tu dis ne pas être en colère , c’est très possible , mais c’est inquiétant . Peut être faudra t’il que tu te relises un peu plus tard.
        Peut être faudra t’il que tu vieillisses pour comprendre comment on peut interpréter les choses quand on prend de l’âge , et que la force fait place à la fragilité.
        Allez , soit fort ( mais pas cruel) , le monde de demain a besoin de toi qui sait s’inquiéter du devenir de la planète.

    2. @Philippe Soubeyrand La seconde vague est « très probablement inéluctable » si celà a un sens de s’exprimer ainsi, il est loisible d’en convenir, prévisible dans son principe, envisageable à tout le moins, c-à-d que l’effet de surprise sera de toutes façons très inférieur à la première vague qui visiblement n’a pas été prise en considération, même par ceux qui avaient le plus de chance (si ce n’est le rôle) de pouvoir l’envisager .
      Son effet sera de plus moins soudain, le Rt avec les mesures prises et appliquées, étant très inférieur au R0 initial.
      L’application d’un éventuel reconfinement aura un effet avec le même délai, mais avec une augmentation des cas beaucoup plus faible entre la date de décision et le pic qui suivra, permettant un ajustement plus précis à des capacités de réanimation grandement obérées par un reliquat d’intubés au long cours.
      Si la deuxième (et non la seconde ..) vague pourra être perçue comme plus catastrophique dans le système hospitalier, celà dépendra de la date de reconfinement, éventuellement retardée au maximum car perçue comme aveu d’échec, il n’est pas sûre qu’elle soit de plus d’ampleur supérieure en nombres, qui de toutes façons seront à ce moment tout à fait relativisés.

      L »arrivée d’une telle éventualité est sans doute prévue cette fois-ci et les élèments de langages affutés à l’avance afin d’atténuer tout ébranlement intempestif d’une société fragilisée.

      1. @Ruiz 14h08
        Ça me paraît clair.
        Me (vous?) manque un ou deux « détails » … C’est qui? qui va compter… quoi??où?comment? … à comparer à quoi?
        Avec les mêmes « conseillers-sachants » ? … la décision au jour le jour… puis de salto arrière… restant bien politique? et à quel niveau ?

  7. Bravo Paul, il vaut mieux se fâcher plutôt que se dézinguer avec le « Ne nous ne fâchons pas »(Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Constantin).

  8. Le ton va encore monter !
    Le ton va encore monter … les arguments pourtant martelés ne sont pas entendus … le seront-ils ???
    Le Covid-19 est semblable à ce choc qui créa la panique à bord de ce transatlantique venant de heurter l’iceberg. Après la surprise et l’effet de sidération, chacun suivant ses codes cherchait à rejoindre l’air libre et les canaux de sauvetage.
    La tragédie classique est marquée par l’unité de temps, lieu et action. C’est une construction, une vue de l’esprit, une représentation…
    Notre actualité y échappe mais s’ouvre devant nous un chemin de catastrophe(s) codé.
    Non, je brode pas du noir, ça va.
    A ce propos, connaissez-vous Jean Claude Grumberg ?
    Je recommande.
    https://www.youtube.com/watch?v=TMcsp-iScBw

  9. Un aveu : je ne vous avais pas senti en colère. (Suis-je seul ?). On vous sentait un peu impatient, stressé, que sais-je (« Comme a dit Madame »…). Or vous aviez annoncé : « cela va chauffer », et je n’ai même pas senti le noeud de la controverse (distrait ? je devais être en train de lire du Juannessy en même temps). Sérieusement : il est peut être le moment de vous mettre en colère en public, en notre nom d’ailleurs ! Il faudra un (des) porte-parole des colères ! Et pas seulement des aboyeurs…
    Donc merci de cette transcription de vos interventions.
    Où en sont les porteurs d’une autre compta prenant la Terre en compte ? (C’est plus que interdire la spéculation ! Et c’est plus pratique que la collapsologie) .
    Où en est le mouvement pour changer les « conventions » et les « constitutions » ? Vous dites : « il suffit de changer une convention, ce n’est pas une révolution… ». Mais c’est une rupture de contrat ! Ou bien on est d’accord à deux parties, ou alors on est le plus fort et on renverse la situation.
    Où en sont les mises en oeuvre de la répartition juste des fruits de la production entre l’Etat, les entrepreneurs et les partenaires travailleurs (les « parties prenantes ») ? (Donc aussi les producteurs fournisseurs des entreprises, et les communautés profitant et souffrant de ces productions).
    Bon, je vais aller voir à commander ce livre du 18 mars et le récupérer sans risques !

    1. De mon côté , à défaut de colère , j’avais bien senti un « échauffement » , même en lisant du Chabian en même temps .

      Par contre , comme l’animateur n’a plus vraiment rendu la parole à Paul Jorion jusqu’à la fin de l’émission , le bouchon du volcan n’a pas pu sauter en direct .

      1. Les « qui » devront être , au niveau de responsabilité politique beaucoup plus nombreux et puissants ( et de préférence internationalement audibles ) pour que les cibles visées s’inquiètent .

        Mon « qui » visait d’ailleurs plus les « cercles cibles  » à ébranler que les petites mains pour les atteindre , car c’est la cible ( le but ) qui détermine efficacement les  » moyens » à mettre en œuvre .

  10. L’éduction de plans à tout-va pour sauver l’économie des moyens n’est que l’hésitation du corps informant l’imagination d’une économie des fins en devenir, pour la survie de l’éspèce.

    1. C’est un vœu pieux ou une démonstration ?

      Il faudra faire plus simple et transparent si vous voulez être élu sur ce programme à la prochaine présidentielle ;

    2. Nous avons tous des manières différentes d’exprimer notre pensée.

      Suis-je à peu près dans le juste si je comprends ainsi ce que vous avez dit :

      Qui s’entête à exécuter des plans successifs pour prétendument « sauver l’économie » est en fait en train de cacher son doute croissant si ce n’est son désespoir d’y parvenir, prélude possible à une interrogation sur ce que nous cherchons à obtenir par nos activités économiques, aux objectifs que nous leurs donnons, et ce qu’il pourrait être intéressant voire nécessaire d’y changer.

      1. C’est jamais bon signe quand il faut trois lignes pour en traduire une seule .

        PS : j’avais compris la version initiale, mais je doutais qu’on puisse en faire un slogan de campagne électorale .

  11. Le cri du coeur

    1970 : -« Une croissance sans limite dans un monde aux ressources limitées, ça devrait partir en vrille entre 2015 et 2030, mais on à le temps de changer ». -« Bof, vous êtes pessimiste »
    1980 : -« Heu…la croissance sans limite ça devrait partir en vrille entre 2015 et 2030 ». -« Bof, Reagan et Thatcher c’est stylé ! »
    1990 : -« Il faut faire quelque chose c’est urgent désormais… »
    -« Rerebof…si vous voulez on va faire un grand marché du carbone…hahahahahaha… »
    2000 : « On va droit dans le mur ». « Oh ça va, ça fait 30 ans que vous dîtes ça, il ne s’est rien passé »
    2010 : -« Il est désormais trop tard pour bifurquer, mais on peut toujours faire le mieux possible pour atténuer les catastrophes en cours et à venir » -« Haha, ça fait 40 ans que vous dites ça, vous êtes des loozers, si on vous écoutait, on reviendrait en arrière »
    2020 -« La catastrophe est en cours…incendies géants, ouragans titanesques, sécheresses, inondations, destructions extrêmement avancées de la nature, des animaux (tous…des tous petit animaux aux grands mammifères…) et des écosystèmes, covid-19…SAUVONS LES MEUBLES, et par la même occasion la possibilité de vie sur terre, (nourriture, éducation, soins…etc.) » -« Que vous êtes pessimistes, vous nous saoulez, il faut travailler encore plus pour rattraper le temps perdu, soyez responsable, la croissance !!!!! les banques !!!!! pas de croissance, pas de travail !!!!! Vous avez vu, hein, la décroissance c’est pas drôle, hein ?? hein ?? il faut travailler plus, toujours plus, encore plus, pas de vacances, pas de jours fériés, journées de 18h allez, c’est pour le pays, soyez responsables, vous êtes vraiment des enfants !!!!!!…etc, etc, etc. »
    2020 et demis : « TA G***** » ! « Heu… »

    Merci infiniment à Paul Jorion et à ses amis de nous proposer livres après livres, années après années, interviews après interviews, des solutions (plus constructives qu’un simple « TA G***** ! »). Rien que d’avoir entendu un jour des réflexions sur « un monde sans argent » c’est déjà énorme : vous imaginez une vie sans même l’imaginer !?!!

    1. (Mode Fable : on)
      Trajectoire du monde : un rond-point, mettons qu’on arrive de gauche, et que le rond-points

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      ========= (__) =======
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      au centre, il a une gueule de coronavirus par exemple,
      aussi joli qu’un pot de terre géant comme on les aime sur nos zones paierie-urbennes .
      Comme on nous l’apprend au code, quand le rond point a deux voies de large,
      faut choisir l’intérieur ou l’extérieur suivant qu’on fait moins ou strictement plus qu’un demi-tour , suivant le direction visée.

      Faites vos jeux, choisissez « la bonne voie » (Ah Giscard et « le bon choix pour la France » !)

      Bon waze va choisir :
      => Bouchon à gauche, l’ambulance de Hulot qui transportait le PS est rentré dans le tracteur Mélenchon. Ruffin fait le constat ennemiable.
      => Bouchon tout droit : les chauffeurs En Marche au trop et au galop, dûment masqué,s ont eu de la buée sur les lunettes et se sont rentrés dedans.
      => Bouchon à droite : Le MEDEF et l’Institut Montaigne refont la signalisation. . Ils posent ds panneaux « Traverse la rue et trouve un taf !, » « Sortez confinés, c’est chic, c’est raffiné », « Ruse le virus, fais mon benef ou t’a pas ta Leffe « .

      Sur l’onde passait un grande barge, …… … …. \\___________//…… … waze devint oise et l’on atteignit la mer.
      (Mode Fable : off)

    2. (Mode Fable : on)
      Trajectoire du monde : un rond-point, mettons qu’on arrive de gauche, et que le rond-point

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      au centre, il a une gueule de coronavirus par exemple,
      aussi joli qu’un pot de terre géant \__/ comme on les aime dans nos zones paierie-urbennes.
      Comme on nous l’apprend au code, quand le rond point a deux voies de large,
      faut choisir l’intérieur ou l’extérieur, suivant qu’on fait moins, ou strictement plus qu’un demi-tour, et donc suivant la direction visée.

      Faites vos jeux, choisissez « la bonne voie »
      (1981: Ah Giscard et « le bon choix pour la France » !)

      2020 : Bon waze va choisir :
      => Bouchon à gauche, l’ambulance de Hulot qui transportait le PS est rentré dans le tracteur Mélenchon. Ruffin fait le constat ennemiable.
      => Bouchon tout droit : les chauffeurs En Marche au trop et au galop, dûment masqué,s ont eu de la buée sur les lunettes et se sont rentrés dedans.
      => Bouchon à droite : Le MEDEF et l’Institut Montaigne refont la signalisation. Ils posent des panneaux « Traverse la rue et trouve un taf !, » « Sortez confinés, c’est chic, c’est raffiné », « Ruse le virus, fais mon benef ou t’a pas ta Leffe » .

      Sur l’onde passait un grande barge,~~~~ …… … …. \\___________//…… … ~~~~ waze devint Oise ~~~~ et l’on atteignit la mer.
      (Mode Fable : off)

  12. Si vous êtes sur une route quelconque, ce qui construit la route, c’est l’Etat (l’empire romain, l’empire inca) (anacoluthe au passage).
    Le facteur route est aussi à prendre en compte…
    N’empruntons pas la route… Ou changeons la route: pas de rond-point!…

    1. Les grands axes et réalisations importantes ont des origines évidemment militaires mais aussi marchandes .

      On a souvent constaté que les espaces empruntés par ceux ci , coïncidaient souvent avec ceux empruntés par les dinosaures dans leurs transhumances . C’est le cas par exemple chez nous , de la vallée du Rhône .

      1. Je doute que le Rhône coulait déjà par là mais le massif central existait depuis plus longtemps et les Alpes qui ne sont devenues  » majeures » qu’il y a 30 millions d’années , avaient  » commencé » leur poussée il y a 100 millions d’années . En tous cas les dinosaures étaient bien présents dans l’Ain et le jura

        https://www.letemps.ch/suisse/jour-pistes-dinosaures-lautoroute-se-separent

        On va demander à Baloo s’il connait .

        A propos , c’est lui qui avait raison : les tests sérologiques ne seront remboursés que lorsque la liste restrictive des tests reconnus fiables sera publiée . On devine bien qu’à 30 à 50 euros le test , les fabricants de tests magiques se bousculent au portillon .

      2. @juannessy
        « En tous cas les dinosaures étaient bien présents dans l’Ain et le jura »

        Et doit y en avoir encore ? 🙂
        En tout cas le Jura, Suisse cette fois (canton récent en fait), fut un ‘haut lieu anarchiste’ (1875 à peu près ?)
        Sonvillier, Porrentruy, Saint-Imier…
        Mais y’avait pas encore d’autoroute trans-jurassienne à l’époque. 😉

      3. si , moi je vois deja les endroits où courent mes chiens ça fait un chemin dans mon jardin , les premières routes ont été calquées sur ces chemins d’animaux , alors avec les dinosaures et leurs grosses pattes on devait avoir de veritables autoroutes !

      4. C’est bien ça Jeanot , et si on ne pouvait pas parler d’autoroutes , pas mal d’espèces ont vite compris qu’il y avait là des itinéraires « tout tracés » , pratiques , plutôt directs , dégagés , et sans trop de déclivité , toutes qualités recherchées par les grands axes routiers qui se sont assez naturellement retrouvés dans les mêmes traces ( quand le terrain n’avait pas été trop modifié);

        Il y a aussi , en Corse , une histoire de paysan ,d’âne et d’ingénieur des ponts , qui traduit assez bien cette constante .

        On retrouve aussi les traces de grandes migrations de cerfs par exemple dans toute l’Europe , y compris en France . Mais là c’est plutôt des itinéraires de suites de zones boisées ou de bosquets qui permett(ai)ent aux animaux de transiter à l’abri des regards . Généralement les grands ouvrages ( en passages supérieurs ) de franchissement d’autoroute pour le transit d’animaux , coïncident avec des points de rencontre de ces ancestrales migrations .

  13. Changer les conventions, d’accord, remplacer le PIB par une autre mesure, d’accord, mais est-ce que cela ne revient pas à rien de moins que changer de religion, changer nos croyances, mettre au rancart nos divinités actuelles, Argent, Réussite, Progrès, Individu ?…
    La tâche est ardue, c’est le moins qu’on puisse dire, impossible d’en surestimer la difficulté.

    1. Aussi vite que de se débaptiser, apostasier, devenir un renégat : 1 minute montre en main ! Et ça y est la liberté d’esprit, la liberté tout court, adieu les carcans et les idoles en papier bâties sur du vent. Simple en un mot.

  14. Quelqu’un d’anonyme (le je-sais-tout de service et qui n’a jamais tort) a cru bon de mépriser un de mes amis en parlant d’« un comptable retraité» , implicitement incapable de bien se mettre à jour quand j’avais évoqué les lourdeurs administratives auxquelles il était confronté pour aider ses anciens clients.
    Pour m’informer, il vient de m’envoyer un pdf de son ancien cabinet où il était expert-comptable : il continue de les aider et ils sont désespérés.

    Le document pour savoir si l’on a droit au Fonds de solidarité fait cent quatre-vingt-seize pages (196 !).

    Rien à ajouter.

  15. J’avais évoqué les lourdeurs administratives auxquelles était confronté un ami expert-comptable retraité bénévole pour aider ses anciens clients.
    Certains doutaient des ses compétences…
    Pour m’informer, il vient de m’envoyer un pdf de son ancien cabinet où il travaillait : il continue de les aider et ils sont désespérés.

    Le document pour savoir si l’on a droit au Fonds de solidarité fait cent quatre-vingt-seize pages (196 !).

    Rien à ajouter.

    1. Conseillez lui de confier l’affaire à ses anciens comptables ( souvent des femmes d’ailleurs ).

      1. @ juannessy,
        Vous continuez donc à insulter mon ami, mettant en doute une fois de plus ses compétences ─ malgré une information que je livrais pour illustrer mon propos concrètement ─, (et ce qui implique m’insulter à nouveau) en suggérant à nouveau qu’il n’est pas capable et votre allusion aux « femmes comptables » me semble pour le moins vraiment étrange : pourquoi le dire ainsi, que suggérez-vous ?

        Vous confirmez aux yeux de tous que vous ne lâchez jamais rien, que vous n’avez jamais tort (cf. votre réponse ridicule à timiota sur le Rhône et les dinosaures) et qu’en fait sous des grandes proclamations d’humanisme progressiste, vous êtes foncièrement méprisant.

        Vous n’avez aucune philia.

      2. J’ai honte …

        Je signalais que les « simples comptables  » sont souvent des femmes , car c’est le cas. J’en sais quelque chose car ma femme a été comptable pendant 8 ans avant de mal tourner en m’épousant .

      3. @Dominique -e :

        il n’y avait pas , et pour cause , de connotation sexiste dans ma remarque .

        Mais le simple constat qu’en bon ( expert) comptable , il est plus évident d’embaucher des femmes payées en moyenne 10 à 15 % moins cher
        ( alors qu’elles « dépotent » souvent davantage ) .

      4. @Juanessy
        Merci pour votre réponse sur la performance des femmes sous-payées à performance égale comme tant d’autres domaines !
        Même dans la fonction publique, le plafond de verre sévit.

      5. Faux : dans la fonction publique à fonction égale , salaire égal .

        L’inégalité homme /femme s’y joue plutôt au niveau des natures de postes confiés .

  16. Décidément , c’est pas la semaine : après une colère sans écho , voilà que GDF Suez et ses pannes nous privent de Luc Dardenne dans le monde d’aujourd’hui .

    1. @Juannessy
      Place publique. Oui j’ai vu passer le truc mais tellement fumeux et ennuyeux que je n’ai pas eu le courage d’aller au bout.
      Mauvaise foi patentée de ma part !

      Pour la fonction publique j’ai bien évoqué le plafond de verre c’est à dire à quel poste les femmes se pensent autorisées de postuler. Effectivement, ensuite la nature des postes confiés est soumise aux enjeux de genre.
      J’ai connu des postes pour lesquels il était évident que la séduction dite féminine avait joué et des postes ou la parité avait joué en faveur d’une femme alors que la candidature masculine était plus pertinente.
      Ma posture n’est pas féministe à tout prix mais du côté de l’étique même si je reste vigilante sur les questions de genre.
      Histoire liée à mon prénom Mr Sigmund ? !!!

    1. Comment ose-t-on lancer une initiative intitulée « Conseil national de la Nouvelle Résistance », sans lancer au préalable un véritable appel ? Par simple auto-sélection, par simple auto-congratulation, dans un esprit de clique, dont l’effet est du coup désespérant plutôt qu’enthousiasmant ? Quel crève-coeur !

      1. L’appellation est critiquable, certes, mais l’initiative est louable et le ton est juste.
        Merci à Dominique-e de me l’avoir fait connaître.

      2. Il n’y a plus qu’à lancer la FNCR : la fédération nationale des conseils de résistance .

        Mais je crois que le sigle est déjà pris par la fédération nationale des conducteurs routiers .

      3. Je comprends tout à fait la réaction de Paul. Je parlerais d’esprit de secte, et j’avais immédiatement pensé à une manœuvre trotskiste. A l’examen, il s’agit plutôt d’une coterie parisienne ! d’intellectuels médiatiques ! (celui qui n’en est pas souffre ! ou pas). Mais il n’y a aucune stratégie politique là-dedans. Il y a une demande, dont ils profitent, mais ce n’est pas une perspective !
        Parlons des faits de 40-45, dont j’ai déjà parlé : il a fallu TROIS ans bien faits pour que communistes et gaullistes (etc…) surmontent leurs divergences (maintenues) et acceptent de se coordonner à tout le moins, ce qui a donner le PCR Programme Commun de la Résistance qui a reçu le titre de « des jours heureux ». Cela a conduit à un gouvernement alternatif qui a créé la Sécu ! Mais il y a eu le reflux, la guerre froide… (1948).
        Ensuite, l’initiative unitariste du style « ralliez vous à mon panache blanc » a été illustrée avec GRAND succès (inespéré, rappelons-le)s en 2017 avec J.L. Mélanchon qui a eu la stratégie de ne négocier avec aucun appareil (ni PCF, ni troskistes du Parti de Gauche, ni autres, ni Hamon, ni Jadot ) mais d’appeler à un mouvement autour de son offre politique, très cohérente et issue de collectifs divers (avec un projet de nouvelle constitution et 6e république). Mais elle s’est écroulée ou non renouvelée par manque de perspective organisationnelle pour les autres et par l’attaque pernicieuse des perquisitions. Il est manifeste que les Gilets Jaunes sont ailleurs. (Imaginez Lénine confiné en Suisse qui n’aurait pas l’oreille des Soviets. C’est dire l’occasion manquée de 2018-19). Pour moi, l’opération doit être relancée à nouveaux frais, avec une coordination différente. Non seulement il manque un appel, comme dit Paul Jorion, mais il manque une procédure de travail et de rapprochement des organisations, à partir d’un pivot clair. Qui rassemble les intellectuels et les travailleurs sur une perspective rouge et verte, en appelant des syndicalistes et des politiques à s’y associer….
        François Ruffin n’y est pas non plus associé. On a deux ans pour construire, tout en marquant des points il est vrai.

      4. @Chabian :

        Deux ans ?!!!

        Si dans un an il n’y a pas de repositionnements politiques crédibles et clairs , et surtout une cohérence de vision internationale partagée , c’est foutu .

        D’autant qu’on sera dans la tourmente économique et l’après Trump ou Trump maintenu .

        Faites vos jeux , on ramasse les premières mises en novembre .

    2. @ Dominique-e
      Merci pour cette info.
      Une hirondelle ne fait pas le printemps mais y’a de l’espoir. Un bon mélange de compétences: économistes et artisans ciné-TV. De bons auteurs, aussi, courageux à l’exemple de Denis. ( A vrai, je ne connais peu les économistes. Atterrés peut-être mais de convictions variables si j’en crois mes souvenirs. Mais ne mégottons pas.)

      Je dirais qu’il leur manque une boussole: Paul….

      Et puis, eux au-moins , ils ne proposent pas de noyer sous le pognon les élus.

      1. @daniel
        Hirondelle, hirondelle !
        Je suis fan d’ornithologie alors forcément hirondelle me fait bondir !
        Oui, comme vous je trouve que la boussole Paul serait la bienvenue mais surtout qu’Attali reste à l’écart !
        Sinon côté zoizeaux, je suis atterrée par la nuisance des chats. Il y en a encore un qui vient de compromettre une nichée de mésanges bleues dans ma cabane de jardin malgré la demi-porte grillagée que j’ai installée.
        Les chats c’est comme le capitalisme, il faut de grosses mobilisations pour les empêcher de nuire.
        Un petit dessin animé sur les chats ?
        https://www.youtube.com/watch?v=mYTa7DjGzt4&feature=emb_logo

  17. @ je comprends votre sentiment, j’ai eu le même en lisant l’info.
    Mais pourquoi ne pas les rejoindre ?
    J’aimerais bien sûr connaître la genèse de cette création d’autant que beaucoup de personnes, dont vous, n’y ont pas été associées.
    Cependant je ne peux exclure l’enthousiasme que me procure une telle démarche.

    1. @ Dominique-e,
      Il y a un problème typiquement franco-franchouillard : nos chers intellos pétitionnaires.
      Je précise que je suis toujours content de voir ces pétitions qui signifient aussi de nouvelles prises de conscience. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues (cf. Vincent Lindon). Je peux partager votre enthousiasme.
      Mais il y a un problème très habituel en France : avoir des pontifiants qui expliquent au (bas) peuple ce qu’il lui convient de faire. Si on reprend l’exemple du CNR, c’est l’aboutissement d’un processus né des luttes et de l’union de tous les mouvements de la Résistance. Ce n’est pas tombé du ciel et c’est ce qui en fit la force. Nul n’a de légitimité pour proclamer ainsi une nouvelle résistance. Ni Dieu, ni Guides.

      Plus récemment, je trouve qu’un aspect très intéressant du mouvement des Gilets jaunes était justement ce refus de leaders. Peut-être une compréhension tardive chez moi de la force des mouvements anarchistes, informels, spontanés ce qui ne veut pas dire irréfléchis ou sans idées : au contraire, une pratique des luttes, à la base, qui alimente une théorie et des propositions et qui peuvent ainsi fédérer une union.

      Après l’échec de mai 68, certains intellectuels que j’admire tel Robert Linhart devinrent des « établis », ouvriers en usine ; son livre (L’établi) est admirable. Les circonstances sont nouvelles mais l’attitude reste exemplaire.

      1. @Jacques Seignan
        La création du CNNR n’apparaît pas sous forme de pétition mais comme un mouvement porté par 10 hommes et 10 femmes (soulignons la parité !).
        Je suis d’accord avec vous sur l’intérêt du refus de leader etc. de la part des gilets jaunes, qui pour moi correspond à une grande méfiance vis à vis d’une « récupération » politique voire syndicale. Il semble que ces derniers aient compris le message, d’autant que le mouvement était très protéiforme donc assez insaisissable et plombé par tous les aspects négatifs que les médias lui ont attribué.
        Je me demande si le CNNR ne montre pas la même méfiance quant à l’étiquetage médiatique, ce qui pourrait expliquer son surgissement sans l’appel qu’aurait souhaité PJ et peut-être d’autres.
        Cet appel semble propice à malmener les egos !
        Et si nous le comparions à la naissance de la marque Mac Intosh ? !!!

      2. @Arkao :

        Là ça devient enfin plus sérieux . Je commence à voir sur quels grands thèmes les frontières vont se faire . En l’état, ça confirme en quoi j’avais choisi Hamon et pas Mélenchon .

        je n’ai pas vérifié si Montebourg faisait partie des signataires .

  18. @paul jorion
    Juste une remarque sur « l’esprit de clique ».
    Lorsque le mouvement Place publique a été lancé, nous avons été nombreux sur le blog à adhérer parce que nous espérions votre présence au parlement européen même si pour ma part j’avais des réserves sur Glucksman, j’ai soutenu le mouvement en adhérant.
    L’esprit de clique a fait en sorte que votre nom n’apparaisse pas en position d’éligible…
    Est-ce que l’effet de surprise de la création du CNNR ne serait pas pour justement éviter l’esprit de clique et agir comme une bouteille à la mer qui grâce à cet effet suscite l’enthousiasme ?

    1. Est ce qu’en tant qu’ancienne adhérente , vous continuez à recevoir des infos de Place Publique en ces temps agités ?

      1. @juannessy
        oui, pour la justification fiscale qu’ils sont incapable de fournir !
        Pour le reste un petit mail moins d’une fois par mois. En ce qui concerne ces temps agités : rien, le vide sidéral, sidérant.

      2. Place quoi ? Ah oui cette histoire drôle des dernières élections !

        Là ils jouent aux boules sous les platanes, en buvant un pastis, ils attendent le prochain combat peuchère.

      3. Je viens de lire plus attentivement , et en fait ce sont les dix points finaux qui peuvent en être extraits .

        Un point hyperpositif si ce devait être le seul : le point 10 .

      4. Place publique : oui je reçois les docus pour les différentes phases de cette élaboration programmatique.

        Je vous mets quelques paragraphes typique du « rendu » (je vous laisse deviner le thème) :
        (Danger : eau tiède)

        ___________
        2. Propositions
        Nous sommes trop faible individuellement face à la mondialisation. Nous devons protéger l’Europe.
        L’Europe pour la paix des peuples et pas une Europe uniquement économique. Nous devons créer
        une Europe des Peuples.
        Nous devons avoir une représentativité qui dépasse les clivages et les égoïsmes des nations. Pour
        que l’Europe gagne en légitimité, elle doit être plus démocratique. Il faut que la zone puisse voter
        dans sa totalité. Et cela serait donc le parlement européen.
        Il faut expliquer et reconstruire ce système de poupées russes en partant de l’individu. Renforcer les
        avantages de l’Europe est essentiel. Il faut mieux structurer le pilotage de cette Europe . Plutôt que
        d’agir en réaction, il faudrait construire un inventaire de moyens dans chaque pays et mettre en
        commun ces moyens en gestion de crises.
        Nous devons prendre en compte, dans les externalités, l’écologique et le social. Nous devons pour
        relocaliser, imposer des exigences de qualité de production et ne pas accepter des produits qui font
        travailler les enfants ou qui polluent. Nous devons mettre les mêmes normes de productions sur les
        produits qu’on importe et taxer le carburant pour que le coût des marchandises incluent ce coût à
        l’achat.
        Dans le Manifeste pour la démocratisation de l’Europe paru fin 2018 et initié par Thomas Piketty, Il
        est préconisé une assemblée européenne avec un pouvoir transnational de décision, souverain, sans
        accord des pays contributeurs. Pour que cela fonctionne, elle devrait être dotée d’un budget donné
        par les pays qui distribueraient alors sans s’en rendre compte aux nations sur la santé, l’écologie,
        l’accueil des migrants. Nous devons donc agir sur les institutions, en les démocratisant, changer les
        manières de faire en re-distribuant les pouvoirs pour sortir des cercles de décision actuels.

        Conclusion

        Nous avons cheminé dans les méandres de la mondialisation, de la démondialisation, de la
        souveraineté. Pour synthétiser, nous sommes partis du sentiment d’échec naturel de la
        mondialisation qui risque de raviver une certaine idée de la souveraineté des États-Nations alors
        même que ces États sont aussi dans une situation d’échec et n’ont pas réussi à gérer la crise du
        covid.
        D’autres crises mondiales sont présentes et à venir (en particulier climatique). Il faut donc revenir
        sur les excès de la mondialisation et de certaines de ces interdépendances, en relocalisant la chaîne
        de production par exemple. Mais face à nos interdépendances irréductibles, dont nous prenons
        particulièrement conscience aujourd’hui, nous avons aussi besoin de plus de mondialisation dans le
        sens de plus de solidarités et de coopération internationale. Pour cela, il faut sans doute renforcer
        certaines institutions infra et supra nationales, notamment l’Europe.

      5. @Timiota :

        C’est bien parce que j’ai lu les dix points que j’ai trouvé le dernier le plus pertinent .

    2. Dominique-e,
      Laissez-moi vous dire, j’aime beaucoup votre colère contre Bernadette, colère discrète certes, la souffrance juste à fleur de mots, l’animal politique se révélant dans quelques détails à peine et sa passion pour la vie.

      1. On ne peut pas être en colère contre Bernadette . Bernard l’avait mieux compris que vous .

    3. @Dominique-e

      Ce ne sont plus des bouteilles à la mer qu’il nous faut, ce sont de vrais vaisseaux.
      Des Vaisseaux, pas des Vessies !

      1. @Hervé
        Oui des vaisseaux, mais éclairés par les bonnes lanternes ! Une flotte, capable de naviguer de conserve vers un but qui importe plus que toutes les considérations contingentes susceptibles de nuire au succès de la navigation par forte tempête.

  19. @ juannessy
    Je veux bien la clé Bernard, je ne l’ai pas vue passer, même si j’ai décidé de ne plus réagir et que bien des fois je n’ai pas réagi !

  20. Argumentaire très important de M.Jorion. Nous devons autour de nous, dans notre vie quotidienne, nous en servir pour convaincre. Il faut sans cesse le répéter en prenant appui sur ce que nous révèle ici M.Jorion pour renverser la donne. Ce n’est pas la première fois que je lis ces arguments sur le blog mais la forme ici est ramassée et concise et il est simple de transmettre cet interview partout autour de nous. Ce texte, il faut le distribuer partout via nos liens individuels, au sein des familles, à nos collègues, à nos ami-e-s . / Merci !

  21. Il y a aussi cette initiative-là, politicienne :

    « Le Monde – Des figures intellectuelles et politiques de la gauche et de l’écologie appellent à une « initiative commune »

    La France insoumise ne s’est pas jointe à l’initiative, défendue par un large panel de personnalités. L’objectif : construire un programme de sortie de crise. »

    1. @ DMB : c’est un éclairage par le journal Le Monde de l’appel cité par Arkao à 8h22 (lien vers l’Obs).
      « Organisé par l’ancien député socialiste Christian Paul et le journaliste économique Guillaume Duval, le texte, publié sur plusieurs sites dont celui de Libération, de L’Obs, de L’Humanité ou encore Mediapart, entend marquer le coup. »
      Avec cette remarque :
      « La famille est presque au complet. Ne manquent que les amis de Jean-Luc Mélenchon. Les « insoumis » ne cachent pas qu’ils ne goûtent guère ce genre d’initiative de « tambouille » politique. Persuadés d’avoir leur programme – « l’avenir en commun » – et un candidat crédibles, ils privilégient leur projet de « fédération populaire » et ne veulent pas entendre parler d’alliance avec les socialistes. »

      Effectivement, cette question d’alliance avec le PS reste posée ! Quelle recomposition ?
      Et puis ce que Timitoa a appelé « l’eau tiède » assez sensible avec le texte de Place Publique. On voit qu’il y a eu un processus, une méthode… mais…
      Ces méthodes (de collecte, de recueil, pas d’analyse) donnent « un plus petit commun dénominateur », un catalogue, un menu à la carte. Pas un programme pour Sauver le genre humain !

      1. C’est pourtant ça la démocratie de base , partir de ce que disent les gens , non ?

        Ceci étant , on pourrait reprendre l’exercice en demandant à tous les partis , syndicats , associations , thinktank , …réunions d e amille , de proposer à tous leurs mandants ou participants , de prendre une ( ou deux ) feuilles de papier et un bic ( restons chauvins ) , pour y consigner leurs réponses à la question : écrivez en moins de deux pages un programme pour sauver le genre humain .

        Je ramasse les copies dans 3 heures et je vous laisserai les synthétiser .

        PS : j’ai déjà à peu près le brouillon des élèves Jorion et Burnand -Galpin , qui sont dispensés ( provisoirement , on verra pendant et après la tempête ) de l’exercice .

  22. Mr Jorion, j’ai l’impression que votre raisonnement se mord la queue: il faut changer le thermomètre qui mesure l’état du rapport de forces entre capital et travail, en vue de changer le rapport de forces, mais pour changer ce thermomètre il faut changer le rapport de forces d’abord.
    Le problème d’un rapport de forces c’est qu’il ne se décide pas sur le papier mais sur le champ de bataille.

    1. @Moi

      Pour construire un rapport de force, encore faut-il avoir des arguments performants ! Je ne dis pas qu’ils n’existent pas de part et d’autres mais comprenez-le, ici c’est le cadre de pensée qui est transformé et qui permet l’action efficiente.

      Aujourd’hui, le cadre c’est celui-ci : « parce que l’emploi, le salaire, c’est un « coût pour l’entreprise » et que le patron de l’entreprise qui vire les personnes, qui les licencie, il fait une économie pour l’entreprise.  »

      Si vous déchirez cette pure et répugnante convention qui organise toute les sociétés mondiales en changeant les termes du cadre de pensée actuel- à savoir les salarié-e-s ne sont plus un coût mais une partie prenante respectable et à respecter sans quoi rien ne peut se faire, rien ne peut se produire alors c’est le cadre entier de la réalité sociale et économique que vous changez mentalement. Il est plus facile ensuite d’entrainer les foules sur cette programmatique là.

      Idem bien sûr, lorsque vous considérez que la Terre n’est plus un dépotoir, une simple aubaine ou une matière à détruire et que vous la reconsidérez comme un écosystème à préserver si nous voulons encore vivre sur sa surface. Pour entrainer les esprits et faire « masse », il faut un cadre neuf de pensée afin de créer l’élan pour l’action nouvelle sinon, tout retombera comme un soufflet et vous-même vous vous épuiserez dans la lutte et l’effort, celui qui rate son objectif et échoue à viser en plein cœur.

  23. Des appels… à la pelle ! En voici un :
    Un réseau de 180 patrons d’entreprises actives dans la transition écologique, et des universitaires, avec le soutien des fédérations d’associations environnementales : https://plus.lesoir.be/300814/article/2020-05-14/des-centaines-dacademiques-et-de-patrons-proposent-des-mesures-concretes-pour?from_direct=true
    Quelques extraits (l’accès à l’article est payant) :
    « objectif : proposer une relance permettant de ne pas retomber dans le « business as usual » d’avant la crise et tous ses aspects insoutenables pour la société, l’environnement, les inégalités, le climat. »(…)
    « L’idée de base est de mettre en place un modèle de société où les activités économiques évoluent entre un plafond écologique (les limites physiques de la nature à ne pas dépasser) et un plancher social (les normes minimales). » (…)
    « le groupe a travaillé sur des propositions concrètes, ce qui le distingue des très nombreux appels au changement venus de-ci de-là. L’exercice concilie ainsi « les connaissances scientifiques et réflexions théoriques avec les expériences concrètes du terrain »
    On évoque la mise en place d’une « taxe carbone avec accompagnement social » et mécanisme d’ajustement aux frontières européennes, la suppression du système des voitures de société et du carburant professionnel. La fiscalité immobilière doit favoriser le déménagement des travailleurs à proximité de leur lieu de travail et le changement de logement en fonction de la taille du ménage. » (..)
     » Ils proposent une politique axée sur tous les aspects de la santé humaine plutôt que sur la « gestion des maladies » et un « pacte pour l’emploi et la transition » incluant la semaine de quatre jours et une garantie d’emploi pour tous et un débat parlementaire sur un « revenu de base inconditionnel ».  » (…)
    « Le processus serait couronné par la mise en place d’une « Convention interfédérale pour la transition et la démocratie » constituée de citoyens, d’experts, de représentants de la société civile organisée ou non et qui serait chargée « d’émettre des propositions aux gouvernements, aux parlements et aux citoyens » sur le contenu de la transition. »

    1. le texte de cet appel : https://www.groupeone.be/la-carte-blanche-du-resilient-management-group-plan-de-transition-pour-la-belgique/ et on peut trouver une analyse de 2019 de 33 pages plus techniques ici : https://www.groupeone.be/wp-content/uploads/2019/08/Manifeste-et-plaidoyer_140819.pdf
      C’est encore un peu réformiste mais bien mieux que l’appel « eau-tiède » du PS-PCF-Verts de ce matin : quand j’ai lu « instaurer une mobilité durable », j’ai sorti mon revolver.

  24. Ce n’est pas pour faire mon irrévérencieux mais peut-être sera-t-il gravé sur la tombe de Paul Jorion, et plus tard possible on le lui souhaite, quelque chose comme « il fit tant pour éviter une révolution qu’à la fin toute lumière fut éteinte ». Il ne restera sans doute plus grand monde pour s’en émouvoir.

    Comment qualifier l’état auquel est parvenu une société humaine dans laquelle chacun accepte ‘de son plein gré’ et apparemment avec grand enthousiasme que le fruit de son labeur lui soit enlevé par un tiers ?

    Est-il possible de s’extirper d’un tel état en changeant ‘simplement’ les conventions d’un commun accord ?

      1. Pardon Monsieur Jorion, cela ne me ressemble pas de rire ici.

        J’assume l’irrévérence avouée (et j’espère pardonnée) de mon projet d’épitaphe mais il faut bien que chacun fasse de son mieux pour assassiner le père !

        En réalité, je crois, moi aussi au changement non violent mais je ne vois pas comment cela pourrait être possible sans révolution et pour ainsi dire comment la minorité qui a toujours décidé pourrait être motrice d’un changement revenant à la dessaisir de son avantage. Emmanuel Macron dont on peut dire qu’il a au moins un peu de consistance ne parviendra pas (tout comme Nicolas Sarkozy) à penser contre le système (contre soi-même) avant même d’envisager une sortie du cadre. Et notre désappointement découlera uniquement du fait que nous avions pu croire le contraire.

        Il me semble donc que « le plus grand nombre » obtiendra le changement qu’il sera en mesure d’arracher, que tout l’enjeu est de se mettre en mouvement et de travailler pour prévenir la dégringolade des têtes sur le chemin tortueux d’une révolution ! C’est sans doute de ma part une question de tempérament ou tout simplement un défaut de maturité, sait-on jamais.

        Avant la crise du coronavirus et répondant à une interpellation sur le blog au sujet de notre « aquoibonisme », il m’était apparu que le changement serait possible à la condition que le plus grand nombre parvienne à opérer un arrêt-relance. Je pensais à la désobéissance civile, à la grève générale, à tout ce qui revenait à s’arrêter de faire, à mettre dans la balance notre inertie de groupe.

        Puis est arrivé le confinement qui nous a fait accéder à un arrêt ‘providentiel’ ! Un arrêt pendant lequel nous avons été contraints de faire le tri entre l’indispensable et l’accessoire. Nous avons également testé ça et là différents circuits pour disposer de l’indispensable. Dans le même temps, Emmanuel Macron s’époumonait (trop bruyamment) pour nous promettre que plus rien ne sera pareil après. Et nous, tels des amis désappointés qui espèrent toujours, nous avons été tentés de le croire et sans doute le croyons-nous encore ?

        Mais avant même de prendre connaissance de la stratégie de confinement du gouvernement, l’actionnariat est monté au créneau et avec lui le patronat pour demander que le salariat soit mis au travail le plus tôt possible et que soit enfin liquidée cette question du temps de travail. Le gouvernement qui en était déjà à se désoler trop ostensiblement de la poursuite des distributions de dividendes s’indigna encore plus mollement. Résultat des courses, nous voilà sur le chemin de la reprise du travail, fin de partie !

        Aujourd’hui chacun peut observer facilement que la reprise de l’économie dépendra surtout (et pourquoi ne dis-je pas uniquement) de la diligence du salariat. Si le capital et le génie organisationnel du patronat avaient été capables de produire de la valeur pendant le confinement on l’aurait bien vu. Nous voici donc rendu au milieu du gué d’où le salariat acceptera ou non que le fruit de son labeur continue de lui être enlevé par des tiers.

        Et qu’arriverait-il si ces millions de salariés des entreprises du CAC40 et des moins grandes, comprenant bien leur intérêt exigent que soit discuté sans délai et comme condition de reprise du travail la question de la répartition du « surplus » entre actionnariat, patronat et salariat ? Sans cette perspective de reprise combien valent les actions de ces entreprises ? Le salariat qui a tant apprit pendant le confinement est-il si démuni pour pourvoir à sa subsistance ?

        Faut-il donc réellement avoir peur de mettre des millions de personnes dans la rue (hors risque de contagion bien-sûr) ? Faut-il modérer ces ardeurs qui pourraient « produire des mouvements comme les Gilets jaunes » ? N’est-ce pas l’inverse que nous devrions espérer et encourager de notre mieux ?

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