Étiquette : propriété privée

  • La transition (IV) – Le citoyen et le bourgeois chez Hegel

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Ce matin, dans La transition (III) – La propriété inanalysable, j’ai évoqué trop brièvement : « … l’idée hégélienne d’une origine distincte entre les deux fonctions de citoyen et de bourgeois, la première, fondée sur la logique aristocratique de la lutte à mort, la seconde sur l’éthique du travail née parmi les descendants d’esclaves ». Avant de poursuivre ma réflexion sur la propriété, j’explicite cette idée à partir des commentaires d’Alexandre Kojève, lecteur de Hegel.

    Dans son Esquisse d’une phénoménologie du droit, Kojève analyse la logique historique qui préside au conflit entre citoyen et bourgeois : la propriété – comme John Locke l’avait déjà bien analysé au XVIIe siècle – dérive du droit du premier occupant et de la lutte que celui-ci est prêt à mener pour défendre sa possession.… Lire la suite…

  • La transition (III) – La propriété inanalysée

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Dans ma communication avant-hier au Banquet de Lagrasse, j’ai repris un certain nombre d’idées déjà exprimées ici dans des billets à propos du citoyen et du bourgeois, et en particulier l’idée hégélienne d’une origine distincte des deux fonctions, la première, fondée sur la logique aristocratique de la lutte à mort, la seconde sur l’éthique du travail née parmi les descendants d’esclaves.

    Pour Hegel, dans le cadre de la société civile, la simple collection d’individus – et en attendant l’avènement d’un État conçu selon son souhait – la coïncidence des deux fonctions est irréalisable.… Lire la suite…

  • Marat – Sade

    Le dialogue imaginaire est un moyen très puissant pour faire réfléchir. On exprime la thèse et l’antithèse par la bouche de personnages célèbres dont le caractère est par ailleurs connu.

    Comment mieux faire comprendre ce qu’est la vertu qu’en faisant discourir à son propos Socrate et un militaire de premier plan comme Alcibiade ?

    Faire bavarder aux Enfers Machiavel et Montesquieu, comme le fit Maurice Joly en 1864, ce n’est pas seulement démontrer comment manipuler le peuple, c’est aussi faire dire par Machiavel que du bourgeois on ne pourra jamais rien tirer car propriété privée et morale sont contradictoires, et par Montesquieu, que les institutions permettent de faire s’épanouir le citoyen qui loge en nous et de contenir le bourgeois, son jumeau siamois, dans les limites de la décence.… Lire la suite…

  • BFM Radio, le lundi 14 juin à 10h46 – Peut-il y avoir trop de propriété ?

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Je reviens sur un thème que j’ai déjà brièvement évoqué dans le billet « Le citoyen et le bourgeois« , et que je développerai bien davantage encore dans une communication que je ferai cet été (le 9 août) au Banquet de Lagrasse : « Hegel : le citoyen et le bourgeois qui se logent en nous ne parlent pas d’une seule voix ».

    Peut-il y avoir trop de propriété ?

    Il n’existait pour Georg Wilhelm Friedrich Hegel, le philosophe allemand de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle, que très peu de sujets sur lesquels il n’avait une opinion ferme et définitive.… Lire la suite…

  • Pour un changement de paradigme du droit des affaires, par Valérie Bugault

    Billet invité

    La perte de cohésion du « droit » résulte de l’intrusion rapide et peu scrupuleuse de la conception anglo-saxonne de la loi dans notre univers juridique, notamment par le biais du lobbying. Jusqu’à cette intrusion, le système de droit français était conçu comme un ensemble cohérent et hiérarchisé de règles, dont la perfection historique date de 1804, avènement de notre fameux Code civil (ou Code Napoléon), souvent vanté et exporté.

    Que le mélange des systèmes juridiques en vigueur ait précédé l’avènement du grand capital, en étant son instrument, ou qu’il n’ait fait que le faciliter, à son insu, importe finalement peu aujourd’hui.… Lire la suite…