Archives par mot-clé : protectionnisme

Le Média, COMMENT LES « ÉLITES » NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE – PAUL JORION, le 8 janvier 2018

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Réunions de Washington : ILS LAISSENT À TRUMP L’INITIATIVE, par François Leclerc

Billet invité.

Première contorsion d’une série qui s’annonce, le communiqué de l’assemblée de printemps du FMI passe à la trappe sa rituelle dénonciation du protectionnisme pour lui substituer une mise garde contre des mesures de « repli économique ». Selon Augustin Carnets, le président du Comité monétaire et financier du FMI, « le mot protectionnisme est ambigu  ». Sa dénonciation est en réalité rejetée par l’administration Trump. Avec la nouvelle formulation, les apparences sont sauves et l’unanimité sans gloire prévaut.

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2017 : LA CRISE CHANGE D’ÉCHELLE, par François Leclerc

Billet invité

Il ne fait pas un temps à sortir de chez soi et les grands dirigeants occidentaux ne vont pas se presser à Davos. L’année s’annonce rude et pleine d’incertitudes et l’heure n’est pas à la réflexion stratégique sur les grands problèmes de ce monde. Ils attendront, il y a plus urgent à régler. Pour faire court, la confusion qui régnait en Europe change d’échelle pour s’étendre sur la planète entière. Un tournant s’opère dans le brouillard le plus complet.

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LA PSEUDO-RUPTURE DU FRONT NATIONAL, par Zébu

Billet invité.

« Brignoles, c’est un vote de défiance à l’égard des partis de gouvernement. ». « Les Français attendent des résultats, nous avons une obligation de résultats » (François Hollande).

« La responsabilité des dirigeants de l’UMP, qui n’ont même pas levé le petit doigt pour défendre leur candidate, est extrêmement importante. » (Jean-Marc Ayrault)

« La reprise est là, faites-nous confiance » (Stéphane Le Foll)

« François Hollande ne comprend rien s’il dit que le vote FN est une conséquence économique. Si le FN est passé à Brignoles, c’est parce que les gens de gauche ne sont pas allés voter. La gauche officielle a sauté, il ne reste que nous » (Jean-Luc Mélenchon)

« Je crois qu’une fronde sociale qui arriverait à se généraliser, ce serait le meilleur rempart à la montée du FN. » (Olivier Besancenot)

« Jean-François Copé a affirmé dimanche à l’AFP que la victoire du Front national à l’élection cantonale de Brignoles (Var) était le résultat d’une « double peine : la gestion désastreuse de la ville par les communistes » et « la gestion calamiteuse de notre pays par la gauche ». » (Jean-François Copé)

« Selon lui, dimanche soir, « les électeurs de Monsieur Ayrault sont allés voter pour le Front national ». « Le Front national, c’est le front du refus, le front des oubliés », a-t-il lancé. » (François Fillon)

§

Un Président de la République en déplacement à l’étranger, un Premier Ministre, un ministre de l’agriculture, un ancien premier ministre et un président du premier parti d’opposition, d’anciens candidats aux présidentielles, pour ne parler que de ceux-là, avouons que pour une élection locale partielle, c’est bien la France politique du ban et de l’arrière ban que l’on convoque …

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 1er JUILLET 2011

Un bilan provisoire
La baisse rassurante de l’incrédulité
La crise (Fayard 2008)
Interdiction des paris sur les fluctuations de prix
La spéculation
Le protectionnisme
Tout le travail disparu n’est pas en Chine
La décroissance
Ne pas laisser l’extrême-droite souscrire seule aux bonnes idées

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LA GUERRE DES MONNAIES, PRELUDE AU PROTECTIONNISME GENERALISE, par Charles Sannat

Billet invité.

Reprenons, la crise financière de 2008 a amené les états à coordonner leurs efforts autour de plans de relance volontaristes et à travers des organes de décision comme le G8 ou le G20. Cette belle coopération internationale a pris fin en 2010. L’unanimité a fait place au retour progressif des intérêts nationaux. Face aux déficits budgétaires et à l’augmentation faramineuse des dettes souveraines les Etats cherchent des solutions sous la pression des marchés, des agences de notation mais également sous la pression des flux d’investissement de plus en plus importants et rapides.

Désormais à chaque Etat son objectif. La Chine doit maintenir sa capacité exportatrice qui représente la majorité de son PIB, le marché intérieur chinois n’étant pas encore en mesure de prendre le relais. Les Etats-Unis souhaitent faire baisser le dollar de façon significative afin de doper leurs exportations et obtenir ainsi un surcroît de croissance indispensable pour relancer leur économie affaiblie. Les pays émergents font face à la hausse de leur devise en raison de la baisse du dollar et d’investissements occidentaux massifs. Il s’agit de centaines de milliards de dollars chaque année que les investisseurs préfèrent parier sur les émergents au potentiel de croissance dynamique plutôt que sur leurs vieilles économies nationales à la croissance au mieux poussive. Quant à la zone euro elle subit de plein fouet son incapacité à définir une politique monétaire forte et indépendante, en dehors du sacro-saint objectif unique de « stabilité des prix » dont le Président de la BCE a rappelé encore ce week-end l’importance à ses yeux.

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Six propositions pour réorienter l’Europe, par Jean-Luc Gréau

Billet invité

Quelque dix-huit mois après le séisme bancaire occidental de l’automne 2008, les dirigeants politiques européens restent sur l’Aventin. Alors que la déflation salariale est à l’origine première du surendettement privé et de la crise qui s’en est suivie, ils se refusent à émettre publiquement ce diagnostic. Alors que l’explosion de l’effet de levier, de la titrisation et des produits dérivés dans la dernière décennie a fragilisé et déstabilisé le système bancaire et financier dans son ensemble, ils n’osent pas poser le principe d’un retour à la responsabilité des prêteurs. Alors que les banques centrales, jouant le rôle de prêteurs en premier ressort, continuent d’alimenter les banques en liquidités gratuites, leur procurant une véritable rente de situation, ils campent sur les positions anciennes d’un financement non monétaire des dettes publiques. Pourtant, et tandis que le surendettement des ménages, voire des entreprises, n’est pas encore résorbé, nul ne sait comment les Etats occidentaux, y compris les plus puissants, pourront rembourser des dettes publiques rendues disproportionnées, après l’ouverture des vannes pour sauver les banques, par la gravité de l’affaissement économique. Tout se passe comme si la corporation bancaire occidentale, cause du sinistre, exerçait un magistère renforcé sur nos élites politiques.

L’Europe ne sortira de cette situation navrante que si, au lieu de se réfugier dans une incantation  aveugle sur le thème de la rigueur,  sans vouloir en voir les effets déflationnistes, elle a le courage d’entreprendre six réformes fondamentales de son mode de fonctionnement : la réforme des banques, le recentrage des missions des banques centrales, la fidélisation et responsabilisation des actionnaires des entreprises, la remise en ordre de la fiscalité, le rééquilibrage des relations commerciales de l’Europe avec l’Asie émergente et la stabilisation des grandes monnaies occidentales.

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La remise en question nécessite un retour du courage politique, par Homard

Billet invité.

Christine Lagarde a critiqué en début de semaine la politique économique allemande. La ministre reproche à l’Allemagne sa stratégie fondée sur la compétitivité de sa production de biens et services à l’export. Les Allemands ont gagné de nombreuses parts de marché en modérant leurs coûts salariaux ces dernières années. Ce dumping social, que les Européens critiquent tout bas, a été remis en cause de façon judicieuse par C. Lagarde.

Cette attaque en règle a fait la une du Financial Times en début de semaine. En France, le premier réflexe a été d’incendier la ministre. Au lieu de critiquer et jalouser nous dit-on, notre pays ferait mieux de s’inspirer du modèle allemand et d’améliorer sa compétitivité afin d’en finir avec une balance commerciale déficitaire. Alors oui, les Allemands déposent plus de brevets que nous, consacrent une plus grande part de leur PIB à la recherche, dépensent plus pour l’éducation et disposent d’un tissu industriel de PME solides et innovantes. Mais alors pourquoi les écarts se sont-ils creusés à partir de 2002 quand l’Allemagne a clairement modifié sa politique en comprimant les salaires ? Soyons honnêtes, il n’est pas contestable que l’Allemagne bénéficie d’avantages structurels, mais ces atouts n’expliquent en aucune façon l’écart considérable, qui se creuse sans cesse, entre les déficits de la balance commerciale de la grande majorité des pays de la zone euro et l’excédent de notre voisin d’outre Rhin.

La critique est d’autant plus ardue que les salaires allemands ne sont pas spécialement faibles dans l’industrie. Mais ils stagnent depuis longtemps alors que les coûts salariaux ont augmenté de plusieurs dizaines de points de % dans les autres pays de la zone euro depuis 1995. De plus, les Allemands, en exportant massivement, ont aujourd’hui l’économie probablement la plus solide du monde, même si comme partout ailleurs l’endettement public s’envole. Cette stratégie s’est donc révélée payante pour l’Allemagne, jusqu’à maintenant, et au prix de l’affaiblissement des autres pays de la zone euro. Certains ont compensé, comme la Grèce et l’Espagne, en ouvrant les bras à l’endettement et à une croissance artificielle dopée par l’envolée des prix immobiliers. Certes, ces pays n’ont pas fait preuve de la plus grande rigueur budgétaire. L’écart croissant entre la France et l’Allemagne au sujet des déséquilibres de la balance commerciale est plus révélateur. Selon une étude de Natixis, au moins 30% de cet écart vient du « dumping social » provoqué par l’Allemagne. Il faut également mentionner qu’en délocalisant dans les pays à bas coûts, les Allemands ont accru leur compétitivité au détriment de l’emploi domestique, aussi faible qu’en France. Pour un pays aussi fortement exportateur, on aurait pu penser que le taux de chômage serait mieux orienté qu’il ne l’est, à l’instar du Japon ou de la Chine qui ont peu de chômeurs grâce à la vigueur de leurs exportations.

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Le protectionnisme

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Comme vous avez pu le voir, on me somme de me prononcer plus clairement sur le protectionnisme. Certains ont cessé de se satisfaire de mon laconique « je ne suis pas pour » et voudraient bien que j’en dise davantage. D’autant que pratiquement tous ceux qui défendent des positions proches des miennes, Gréau, Lordon, Todd, se prononcent pour une certaine forme de protectionnisme.

Mon manque d’enthousiasme pour le protectionnisme est de la même nature que mon manque d’enthousiasme pour la fiscalité progressive : ce sont des mesures correctrices post hoc. Comme on n’a pas pu empêcher qu’un problème sérieux se pose, on arrive après la bataille et on s’efforce alors de minimiser ses conséquences négatives. C’est, de manière très typique, ce que j’appellerais « traiter les problèmes en aval ».

Pourquoi est-ce que vous ne m’avez jamais vu émettre la moindre opinion sur la taxe Tobin ou sur toute taxe sur les opérations financières ? Parce ce qu’il s’agit là aussi d’une mesure en aval et que dans ce cas-ci, j’ai proposé une mesure « en amont », l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui règle les problèmes avant même qu’ils ne se posent : avec cette interdiction, les produits financiers qu’une taxe de type Tobin vise à décourager n’existent plus et ceux qui existent toujours sont bénéfiques et il n’y a aucune raison de les décourager, bien au contraire.

Oui, je sais, il y en aura toujours un pour dire « interdiction = Staline », j’ai lu ça ici parmi vos commentaires, et je suis sûr que quand Moïse est descendu du Mont tenant les tables d’airain, il y en a eu au moins un parmi la foule des adorateurs du Veau d’Or pour s’écrier : « Staline ! » ou l’équivalent de l’époque. Tout système moral contient des interdits et à ceux qui défendent l’idée que la finance, voire l’économie en général, sont « amorales » et n’ont que faire de la morale, j’ai déjà eu l’occasion de répondre que cette extraterritorialité par rapport à la morale n’a que beaucoup trop duré et que l’homo oeconomicus est un dangereux sociopathe qu’il convient de mettre hors d’état de nuire sans tarder.

Je ne sais pas quelle mesure en amont préviendrait les effets que le protectionnisme s’efforce de corriger après la bataille, et je demande au cerveau collectif de se pencher sur la question ; je le lui demande poliment : je ne le « somme » pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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