Le protectionnisme

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Comme vous avez pu le voir, on me somme de me prononcer plus clairement sur le protectionnisme. Certains ont cessé de se satisfaire de mon laconique « je ne suis pas pour » et voudraient bien que j’en dise davantage. D’autant que pratiquement tous ceux qui défendent des positions proches des miennes, Gréau, Lordon, Todd, se prononcent pour une certaine forme de protectionnisme.

Mon manque d’enthousiasme pour le protectionnisme est de la même nature que mon manque d’enthousiasme pour la fiscalité progressive : ce sont des mesures correctrices post hoc. Comme on n’a pas pu empêcher qu’un problème sérieux se pose, on arrive après la bataille et on s’efforce alors de minimiser ses conséquences négatives. C’est, de manière très typique, ce que j’appellerais « traiter les problèmes en aval ».

Pourquoi est-ce que vous ne m’avez jamais vu émettre la moindre opinion sur la taxe Tobin ou sur toute taxe sur les opérations financières ? Parce ce qu’il s’agit là aussi d’une mesure en aval et que dans ce cas-ci, j’ai proposé une mesure « en amont », l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, qui règle les problèmes avant même qu’ils ne se posent : avec cette interdiction, les produits financiers qu’une taxe de type Tobin vise à décourager n’existent plus et ceux qui existent toujours sont bénéfiques et il n’y a aucune raison de les décourager, bien au contraire.

Oui, je sais, il y en aura toujours un pour dire « interdiction = Staline », j’ai lu ça ici parmi vos commentaires, et je suis sûr que quand Moïse est descendu du Mont tenant les tables d’airain, il y en a eu au moins un parmi la foule des adorateurs du Veau d’Or pour s’écrier : « Staline ! » ou l’équivalent de l’époque. Tout système moral contient des interdits et à ceux qui défendent l’idée que la finance, voire l’économie en général, sont « amorales » et n’ont que faire de la morale, j’ai déjà eu l’occasion de répondre que cette extraterritorialité par rapport à la morale n’a que beaucoup trop duré et que l’homo oeconomicus est un dangereux sociopathe qu’il convient de mettre hors d’état de nuire sans tarder.

Je ne sais pas quelle mesure en amont préviendrait les effets que le protectionnisme s’efforce de corriger après la bataille, et je demande au cerveau collectif de se pencher sur la question ; je le lui demande poliment : je ne le « somme » pas.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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194 réflexions sur « Le protectionnisme »

  1. Je rétablis en bon français le début de mon deuxième paragraphe :

     » Mais , ne comptez ni sur moi , ni sur ma chatte, pour créer , ni même souhaiter , un parti ou mouvement qui n’auraient pour seule légitimité que les uniques paradigmes géniaux( mais encore bien loin du peuple) qui transpirent de Jorion ou Chouard …. »

  2. Voilà bien le problème du monde nous avons tellement voulu à travers nos mêmes systèmes de penser économiques et de conduite que tout les peuples se conforment à tous au nom même de la liberté et du progrès sans guère mieux faire attention qu’aucun des problèmes dont nous débattons maintenant ne pourra être en effet mieux résolu que par la mise en place d’un plus grand ordre mondial en conséquence. Quel plus grand déterminisme quand même de l’homme moderne, de conduite et de penser qui se voyait même déjà plus libre que ces prédécesseurs dans l’histoire oui comme ça du jour au lendemain après avoir construit quelques grandes tours et choses visibles, comme à Dubai.

    C’est quand même une grande idée reçue la globalisation marchande du monde, qui diffère réellement de l’autre de nos jours en société, et si nous commencions d’abord par éduquer les enfants des hommes autrement avant de vouloir mettre dans l’urgence et tout de suite un nouvel ordre mondial, pour mieux sans doute encore être très déçu demain par le politique, et puis si cela ne suffit toujours pas il faudra peut-être penser encore à globaliser et marchander tout l’univers entier pour mieux résoudre les problèmes de la terre, on arrête pas comme ça du jour au lendemain la grande nivellisation du monde, quelle imagination sans limite de l’homme vouloir souvent se faire un nom le premier dans l’histoire, oh les belles œuvres supplémentaires de nos mains …

    Mais quand cesserons nous enfin de nous redire jour après jour les mêmes choses et le même vocabulaire de penser et de conduite, faut-il donc en passer systématiquement par une plus grande calamité visible pour que toute le monde puisse réellement et intégralement se repentir à croire que oui hélas. L’histoire de l’humanité est en fait si prévisible pour l’ermite réellement voyant que pour l’homme réellement agnostique et athé en matière d’économie, il semblerait même que les plus grandes prédictions d’illuminés ou pas de l’histoire se rejoignent et se recoupent bien étrangement, comme quoi nous n’avons toujours rien à faire des diverses mises en garde de ces gens là en société comme disait tellement Ludwig Von Mises ou alors Karl Marx les deux à la fois main dans la main, et si la pire forme de proctectionnisme sur terre n’était en fait que le matérialisme mis en place du plus grand nombre, c’est aussi un très grand chiffre d’homme maintenant.

  3. La mondialisation est un phénomène auquel les peuples ont été confrontés depuis des millénaires. La mondialisation par la force (guerres) ou par la colonisation (exploitation) s’est chaque fois avérée un échec. « Uniformiser » les cultures ou imposer sa culture aux autres est une pratique qui a engendré beaucoup de misères…Bien souvent ceux qui veulent l’imposer le font au nom d’un idéal ou d’une utopie théorique dont ils ont rêvé, mais dont ils n’ont pas mesuré les conséquences néfastes…Actuellement, pour des raisons stratégiques,ce sont les USA, l’Europe et la Chine qui sont favorables à la mondialisation…Il est d’ailleurs politiquement incorrect d’être contre la mondialisation. Pourtant, un protectionnisme au niveau européen serait bénéfique pour l’environnement (notamment par la diminution de la pollution dûe aux transports, par le développement des recherches pour des énergies et ressources alternatives), l’emploi local…Je m’étonne du peu de réactions de Paul à ce propos.

  4. « Je ne sais pas quelle mesure en amont préviendrait les effets que le protectionnisme s’efforce de corriger après la bataille, et je demande au cerveau collectif de se pencher sur la question ; je le lui demande poliment : je ne le « somme » pas. » Nous dit Paul Jorion

    Puisque c’est si poliment demandé …..
    « La mesure amont » ne serait bien sûr pas une mesure mais un changement d’organisation de la société , de la production et des échanges ;ce changement introduirait un changement des problématiques et des concepts les définissant ; dans ce cas de figure nouveau , on n’est ni pour ni contre le protectionisme ;c’est un questionnement incompréhensible : à partir du moment où l’économie ,la production ,les échanges sont au service d’un projet d’intérêt collectif territorialisé, on change de système et de vocabulaire.
    A partir du moment où le monde s’organise en micros territoires le plus autonomes possible , non en concurrence les uns contre les autres mais en coopération , des territoires « ouverts » vers une externalité globale , les échanges entre ces espaces autonomes ouverts permettant de rendre possible ces autonomies diversifiées :importations et exportations étant des échanges permettant le maintien de ces diversités …Qu’est ce donc que le protectionisme ?

    Cela dit avant d’atteindre l’idéal , le protectionisme, mesure avale ,peut prendre sens, si et seulement si ,elle fait partie d’un projet allant dans le sens de cette organisation idéale ; bref disons qu’on est dans un système politique proposant incessamment des mesures avales sans jamais diagnostiquer et projetter globalement , ce qui, c’est certain nous promet un développement durable qui ne durera pas et des lendemains qui ne chanteront pas .
    Très belle Jane .

  5. L’organisation de la vie politique en partis n’est pas étrangère à l’organisation de l’économie : dans les deux cas il n’y a pas d’organisation : nous sommes à la remorque d’un système et non dans la réalisation d’un projet.
    Le système suppose des mesures avales complexes ,toujours à réajuster et /ou remettre en cause , et pour s’occupper de cette gestion avale de spécialistes et experts pointus dans leur domaines mais ignorant de la pensée globale (intelligents mais cons)
    Sur le fond le pouvoir est laissé à l’argent et aux puissants et on est tous « baisés »(vilain mot à la hauteur d’une vilaine réalité)
    Le projet suppose l’élaboration d’un diagnostic global et la présence de l’ensemble des acteurs de la société parce que par essence le projet est transversal et concerne tous les secteurs tous les acteurs.

    On ne peut pas croire que le changement viendra de l’aval ;mais on ne peut croire que le changement viendra d’une nouvelle constitution ,économique ou politique . Ni d’une révolution (trop imprégnée des ressentiments et intérêts des uns ou des autres)

    C’est vrai que c’est l’amont qui compte ;de quoi on part , les questions qu’on se pose ,la manière de les poser ,comment on définit le on. Et j’ai bien l’impression qu’on est embarqué dans un piège à cons , un manège à vraie fausses questions .
    N’ayant plus le lien naturel et immédiat à ce que nous sommes , notre humanité et notre histoire ayant pipé les dés , ce lien ne peut se recréer que par le raisonnement ,la logique ,l’échange ,le débat , la recherche COLLECTIVE: ce qui est l’exact définition de la politique :un effort organisé ,structuré , de recherche et développement sociétal ;
    C’est donc la création d’une nouvelle culture , de nouveaux outils politiques qui selon moi compte.
    J’aimerai pouvoir en 2012 voter pour un ou une président(e) inugurant cette recherche , organisant cette recherche transversale ,participative ,active ,à chaque échelon de l’institution ,du local au global .
    Parce que même pour rédiger une constitution il faut de tels outils ,il faut cette culture .

  6. Les gens qui parlent de s’ouvrir constamment au monde dans des termes souvent militaires, mener l’assaut par exemple de manière plus intellectuel, moral, et politique pour mieux paraît-il se protéger sous une nouvelle forme
    de langage, devraient parfois je pense s’ouvrir aussi à une autre forme de penser sans se replier aussi souvent sous les mêmes réflexes de langage et de penser. Pour l’heure ils sont comparables à des gens qui se disent:  » Mon pays va mal en ce moment il ne se montre toujours pas aussi offensif que le premier, je prends donc alors tout de suite l’avion pour le quitter, pour paraît-il toujours un meilleur modèle de conduite à suivre, cela ne date pas d’hier aussi.
    Tout le monde ne recherche pas toujours à imposer et exhiber son gros calibre culturel aux autres dans le monde comme dans une société, surtout si c’est pour mieux en prendre toute la place, est-il encore possible de fonctionner autrement de nos jours en société. Tous les protectionnismes ne sont pas toujours bien mis en lumière.

    Qui a bu boira encore pour s’enivrer, pour s’oublier, pour se perdre. Moi quand je me replie parfois chez moi ce n’est pas toujours aussi pour mieux me perdre et me diluer dans les nombreuses idées à la mode.

    1. (correction)
      pour paraît-il toujours SUIVRE un meilleur modèle de conduite celui de l’AMERIQUE quelle piètre culture celle de la vitesse, de l’impatience, celle de l’homme moderne continuellement pressé de chuter le premier dans l’Abyme.

      S’ouvrir au monde mon oeil oui …

  7. Il est tellement plus facile de dénoncer le protectionnisme chez les autres que chez soi ou dans des livres d’économie prétendant mieux apporter la liberté et le progrès aux êtres par l’usage du seul vocabulaire économique mis en avant, hélas les nations modernes ont bien été séduites par tant d’enchantements de surface bien évidemment les marchands veulent continuellement être les grands de la terre c’est le seul langage possible, le leur.

    Globalisation n’est pas toujours synonyme de richesse, de liberté, de bonheur comme de réelle ouverture à l’autre comme le protectionnisme n’est pas toujours synonyme de pauvreté, de vice, de totalitarisme encore faut-il bien sur accepter tôt ou tard que l’humanité puisse mieux apprendre à vivre sans vous, sans faire systématiquement usage des mêmes codes de vie, traditions humaines économiques oblige.

  8. « Je ne sais pas quelle mesure en amont préviendrait les effets que le protectionnisme s’efforce de corriger après la bataille »

    Une réponse ultra naïve par un non économiste. Dans la première partie de ma réponse je dis ce qu’est pour moi le protectionnisme. Dans une deuxième partie de ma réponse je dis ce que selon moi il corrige.

    Le protectionnisme est un lot de mesures prises par une institution locale, pour « protéger » le marché des biens et services local qu’elle encadre, et pour « protéger » le marché du travail local qu’elle encadre.

    Le protectionnisme vise à faire en sorte que, sur le marché des biens et services « protégé », les entreprises ne puissent se servir du fait d’employer des travailleurs moins couteux que ceux du marché du travail « protégé », comme d’un moyen pour réduire les prix des produits qu’elles vendent (sur le marché des biens et services « protégé »), ou comme d’un moyen d’augmenter leurs profits sans augmenter les prix des produits qu’elles vendent (sur le marché des biens et servives « protégé »).

    Le protectionnisme consiste le plus souvent en l’instauration par l’institution, d’une taxation sur le marché des biens et services. Cette taxation est variable d’un produit à un autre. Cette taxation peut être d’autant plus élevée, que le produit taxé, a été produit par des travailleurs moins couteux que ceux du marché du travail « protégé ». Cette taxation peut ne pas s’appliquer, à tout produit qui n’aurait été produit que par des travailleurs au moins aussi couteux que ceux du marché du travail « protégé ».

    Que corrige donc le protectionnisme ?

    A mes yeux, le protectionnisme corrige le comportement des acheteurs sur le marché des biens et services « protégé ». En effet, la taxation protectionniste vise à compenser, un gain de compétitivité par l’emploi de travailleurs moins couteux (que ceux du marché du travail « protégé »), par une perte de compétitivité (par la répercussion de cette taxation dans le prix du produit). La taxation protectionniste cherche donc à pousser les acheteurs du marché des biens et services « protégé », à ne pas préférer un produit, du fait qu’il a été produit par des travailleurs moins couteux que ceux du marché du travail « protégé ». Si les acheteurs décidaient de ne plus avoir cette préférence, la taxation protectionniste deviendrait inutile.

    Résoudre « en amont », le problème que le protectionnisme résout « en aval », consisterait donc à décider, lorsque nous achetons des produits, de ne pas avoir la préférence que le protectionnisme vise à éliminer. Par exemple, il pourrait exister un label garantissant que tous les travailleurs ayant produit le produit labellisé, ont été aussi bien rétribués que s’ils avaient été des travailleurs du marché du travail « protégé ». Les acheteurs pourraient être demandeurs de produits labellisés par ce label. Des personnes pourraient souhaiter créer ou diriger des entreprises vendant des produits labellisés par ce label. Et l’institution pourrait garantir qu’il soit possible à ces personnes, de créer ou diriger ces entreprises. En faisant cela, l’institution garantirait simplement que soient satisfaites des conditions souhaitables de concurrence. On est très proche ici des idées du « commerce équitable ».

    Faut-il résoudre le problème « en amont », en modifiant de nous mêmes nos comportement d’acheteurs, ou faut-il résoudre le problème « en aval », en adoptant une mesure « dirigiste », visant à nous pousser à changer nos comportements d’acheteurs, sans compter sur notre capacité à décider par nous mêmes de changer nos comportement ? C’est l’éternel débat entre ceux qui croient que les hommes sont capables de se saisir des libertés qui leurs sont données (ici il s’agit de la liberté que nous avons en tant qu’acheteurs), et ceux qui croient qu’il faut au contraire les forcer à agir de telle ou telle manière, par des mesures dirigistes.

    Historiquement, les socialistes français ont utilisé de nombreuses mesures dirigistes. Par exemple, celles interdisant sur le marché du travail français, qu’un contrat de travail prévoie plus de 40 heures par semaine (Front Populaire), ou ne prévoie pas de congés payés (Front Populaire), ou prévoie un salaire inférieur au SMIG (Conseil National de la Résistance). Les socialistes ont aussi voulu que certaines activités soient le domaine réservé de l’Etat, par exemple l’éducation ou la santé. Les socialistes ont encore voulu que l’Etat mette en oeuvre d’importants moyens financiers, pour prendre en charge l’éducation, la santé, ou pour soutenir la vie culturelle ou associative. Pour obtenir ses moyens financiers, l’Etat ne nous laisse pas la liberté de choisir combien nous lui donnons. L’impot est obligatoire. En ce sens les mesures de prise en charge ou de soutien par l’Etat, sont elles aussi dirigistes.

  9. M. Jorion,

    Je tenais déjà à vous remercier chaleureusement pour vos éclairages intellectuels, que ce soit d’ailleurs pour l’économie ou plus globalement l’anthropologie des savoirs. En effet, un peu d’enthousiasme et de stimulation intellectuelle, il était temps au milieu de ce raz de marée de bien pensance néo-libérale où d’ailleurs Monsieur Casanova à France culture s’est trouvé être le meilleur apôtre ou soldat (en plus de l’idéologie de ses défenseurs, je perçois plus psychologiquement une sorte dé sécurité intellectuelle ou de pensée automatique et non réflexive, le recours à l’étymologie est par ailleurs un aveu d’une grande faiblesse intellectuelle !).

    Je voulais intervenir sur le protectionnisme suite à votre propos et à mes différentes lectures notamment celles vivifiantes de M. Gréaut dans son livre « trahison des économistes »). Je pense effectivement que le protectionnisme peut être considérée comme correctrice et en aval des difficultés existantes. De plus, je suis pour une « société ouverte » et je me réjouis que nous puissions partager des idées sur un échelle plus grande que nos pays respectifs. Néanmoins, comme on peut le constater, les pays asiatiques pratiquent un certain protectionnisme pour la demande intérieure, ce qui le conduit certainement à avoir une croissance économique importante (ils ne sont pas embêtés d’ailleurs par les libres échangistes américains). L’Europe a accepté d’être la « fille facile et échangiste » d’un modèle globalisé et exporté par les américains. Ce modèle de libre échangisme économique a été créé pour satisfaire la finance américaine et donc les propres intérêts personnels de l’Amérique. Pourquoi ne devons nous pas alors par une mesure protectionniste dire au monde que nous sommes pour une vision équilibrée entre capital et travail et que nous sommes attachés à l’intérêt général, à une certaine égalité et à la sauvegarde de la protection sociale. La fameuse compétivité de la vulgate néo-libérale conduit à abandonner ces droits élémentaires et humains considérés comme des acquis. Dans ce cas là, cela peut être une manière de réagir en amont en gardant nos droits et un certain niveau salarial. Et si les accords des maîtres de ce monde évoluent, favoriser alors un libre échange où on considère que les intérêts de l’homme, de la société et des garanties vitales passent avant celles de la finance et de l’économie. Dans ce cas, émettre des dispositions comme vous le faites à l’échelle de la planète. Il est évident par ailleurs que le protectionnisme ne résout pas tous les problèmes et qu’il faut trouver également d’autres solutions.

    Je vous remercie encore de votre travail stimulant et humaniste,

    Matthieu

  10. Je n’ai pas tout lu, pas tout lu car il me semble que tout cela est trop intellectualisé, à quoi bon citer un tel et un tel du passé sauf à faire valoir sa culture générale, je parle ainsi car malheureusement j’estime que tous ces intellectuels auteurs ont échoué dans le seul but qui me semble primordial : changer l’homme et les sociétés crées par ce derniers.
    Nous ne sommes que des marchands et rien d’autre, des milliers d’années d’évolution pour n’être en définitive que des sociétés d’épiciers, et des avances technologiques qui au lieu de servir l’homme lui redonnent son statut d’esclave.
    Voilà plus des milliers d’années qu’on a identifié le problème et que nous n’avons rien résolu bien au contraire.
    Je reste pour ma part certainement naïve quand j’écris que je ne comprends pas que nous n’ayons pas su bâtir un autre mode de société où le commerce ne soit pas la primauté mais bien l’homme en ce qu’il peut partager et transmettre de non commercial l’essentiel. Ne serions nous pas tous plus heureux si nous ne nous égarerions pas dans le matérialisme qui gâche nos vies jusqu’à la fin alors que nous n’emportons rien avec nous.
    Peut on parler d’intelligence humaine quand nous contemplons cela ???
    Je n’y vois que psychoridigidité, déni d’imagination et de créativité.

    1. Il y a eu des marchands de tout temps, mais nous sommes la première civilisation qui a mis les marchands, puis les financiers, au pouvoir. C’est très récent dans l’histoire de l’humanité, deux siècles au plus.

      L’ancien régime ne reconnaissait aucune dignité aux marchands dans l’ordre social. La recherche de son intérêt financier était, en elle-même, méprisée. Selon leur idéologie implicite (bien sûr souvent trahie), les aristocrates méprisaient non pas le travail, mais le travail en vue d’un intérêt économique.

      L’idée selon laquelle les comportements humains sont dictés par le seul intérêt économique rationnel (homo oeconomicus) est fausse depuis le néolithique jusqu’à la révolution industrielle, et au mieux bancale depuis…

  11. Il faut protéger le travail contre les délocalisations, par Maurice Allais, prix Nobel d’économie
    16 janvier 2010

    « Tout libéraliser amène les pires désordres », constate le prix Nobel d’économie Maurice Allais, qui se définit comme « libéral et socialiste », préoccupé à la fois par « l’efficacité de la production » et de « l’équité de la redistribution des richesses ». Il est « fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières », tonne-t-il, car le commerce international est un moyen et non une fin en soi : le « chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. » Déplorant la quasi unanimité en faveur de la mondialisation qui prévalait avant la crise, Maurice Allais dénonce « un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent », et rappelle que malgré ses demandes répétées, les médias ont toujours refusé de donner la parole au seul Nobel d’économie français.

    La suite sur contreinfo

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2956

    Tout est dit sur la cause du chômage et les solutions à mette en place

    Un chômeur

  12. Je partage les idées énoncé plus haut concernant le commerce mondial rendu possible par le pétrole bon marché. Que la compétition est déséquilibré à cause des externalités et des lois sociales, environnementales qui ne sont pas les mêmes pour tous. Que l’on nous fait croire que le protectionnisme est une xénophobie économique ou une lâche sénilité.

    Un pays est une communauté qui érige ses lois et en vertu du droit des peuples de disposer d’eux-mêmes, on doit pouvoir légiférer librement sur les entrées de marchandises issues d’autres pays et qui peuvent mettre en péril la cohésion de la communauté.

    Puisque le défi que nous lance Paul Jorion est de trouver une mesure en amont, sans aller jusqu’à fonder un nouveau régime, ou un homme nouveau, alors plutôt que de taxer des cargos et des camions de marchandises qui se pressent à nos frontières, érigeons des normes. Interdisons l’entrée sur le territoire de produits contenant des substances nocives, comme du DDT, du veau aux hormones, des déchets chimiques ou radioactifs, de la drogue, des produits fabriqués par des employés qui n’ont pas de protection sociale ou de droits syndicaux, de produits fabriqués par des processus très polluants et non recyclables, des produits qui ont des prises de courant américaines ou de dimensions exprimées en pouces.

    Mais il est vrai que l’OMC a une vision très multinationalo-centrée du protectionnisme et que les normes, les lois et mêmes les services publiques sont déjà considérés par celle-ci comme des entraves criminelles à l’enrichissement de l’extrême minorité des déjà richissimes.

    Je retourne donc la question à Paul Jorion. S’il considère le protectionnisme que comme des quotas ou des tarifs douaniers, alors effectivement le protectionnisme corrige les conséquences et ne prévient pas des causes. Mais une législation sanitaire, sociale, environnementale que l’on impose à nos partenaires commerciaux comme on se l’impose à nous-mêmes, est-ce encore une mesure d’aval et est-ce encore du protectionnisme ?

  13. Bonjour à tous,

    Je persiste dans ma présentation du protectionnisme comme essentiellement le moyen de protéger de plus faibles que nous-mêmes, le bénéfice que nous avons à en tirer étant la préservation de la diversité humaine et la prévention de tensions migratoires destructrices des deux cotés de la migration.

    Je persiste aussi à ne pas comprendre en quoi le protectionnisme, vu ainsi, serait « en aval » d’un mécanisme économique plus profond, qu’il serait donc plus pertinent d’atteindre directement. Je ne vois pas lequel. Quand un mélange s’avère explosif ou toxique, il n’existe pas de mécanisme plus « en amont » que de séparer les composants…

    Tout à fait dans cet esprit, l’agronome Marc Dufumier argumente ici sur la protection nécessaire de l’agriculture des pays du Sud. On mesure à quel point ces préconisations sont radicalement inverses des efforts continus de l’OMC depuis des décades, et donc à quel point on fait fausse route depuis ce temps :

  14. Le libre-échange intégral, par la concurrence étrangère et les délocalisations d’entreprises qu’il entraîne, détruit notre économie et nos emplois. Or il est évident qu’une économie forte est une économie diversifiée, donc qui se protège. Ce sont justement les pays qui ont une protection douanière réelle, réussissent le mieux au niveau économique. Le protectionnisme, c’est le réalisme, et il n’empêche nullement les échanges commerciaux.

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