Archives par mot-clé : Samuel Paty

Samuel Paty est une victime du fanatisme et un martyr, mais ne faisons pas de lui le chantre de la liberté d’expression, par Bruno Grall

Sophie Scholl
(Photo prise par son frère Hans)
On se rappelle aujourd’hui de l’assassinat tragique de Samuel Paty. Mais à l’inverse de la doxa, je voudrais préciser de petites choses.

Si j’étais resté enseignant, je n’aurais jamais, jamais, utilisé des caricatures aussi offensantes pour illustrer la liberté d’expression.

Il y a tant d’exemples plus signifiants et plus nobles ! Pensons à Giordano Bruno sur son bûcher, Galilée dans sa prison pour avoir expliqué l’héliocentrisme et déplu à l’inquisition, et plus près de nous à Hans et Sophie Scholll, décapités tous les deux en février 1943 par les nazis.

Et tous les anonymes. Eux avaient des choses à dire !

Parmi les dessins exposés à sa classe, (si j’en crois Ouest-France du 15 octobre) l’un représentait ‘Un homme barbu, se prosternant nu, une grande étoile cachant son anus. Le dessin signé Coco est titré : Mahomet une étoile est née. Cette image avait déjà embrasé le Moyen Orient en 2011’.
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ATTENTION : ÉCOLE EN DANGER = RÉPUBLIQUE EN DANGER !, par Danièle Hainaut

Le terrible drame de Conflans-Ste-Honorine doit sonner l’alarme chez tous les républicains ! Un professeur qui ne faisait que son métier et « tout » son métier d’éveilleur de l’intelligence et de formateur de la conscience civique de ses élèves a été mis au pilori sur les réseaux sociaux par des parents voulant purement et simplement son « élimination ». Peut-être n’exigeaient-ils qu’une sanction administrative (ce qu’ils plaideront sans doute), mais un coutelas dans les mains d’un exalté fanatisé a commis l’acte définitif d’effroyable barbarie dont ils rêvaient et dont ils sont les vrais instigateurs.

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Les conflits des dieux n’ont pas de solution du point de vue de l’homme, par Zhou JianMing

Zhou JianMing est un philosophe chinois. Le texte qui suit date de 2015.

Le drame qui a frappé « Charlie Hebdo » à Paris le 7 Janvier 2015 a choqué le monde entier. Comme les attentats du 11 Septembre 2001 aux États-Unis, il ne peut pas être interprété simplement comme un conflit entre les hommes. Les deux événements ne peuvent pas être exclusivement réduits à leurs dimensions politique, économique et morale. Ils se situent à un niveau différent. Lorsqu’il s’agit d’un conflit politique comme par exemple une opposition idéologique, ou d’un conflit économique comme la lutte pour une prépondérance commerciale, on peut parler d’un même niveau, car dans ces deux cas seuls les hommes sont impliqués. Pour les deux événements qui nous occupent, il y a une dimension religieuse qui intervient. Ici, l’extrémisme religieux qui a armé les bras des terroristes vise en réalité le système démocratique, celui qui est garant de la liberté d’expression en général et de la presse en particulier pour les événements du 7 Janvier 2015 en France et de l’économie de marché pour ceux de Septembre 2001 aux États-Unis. On n’est plus vraiment dans un conflit traditionnel entre religion et politique à l’intérieur d’un même modèle culturel. Ici, ce sont deux modèles culturels qui se trouvent confrontés, l’un séparant nettement le politique et le religieux, alors que dans l’autre le politique et le religieux sont étroitement imbriqués. Quand des innocents sont tués, la France dit d’une même voix « Nous sommes tous Charlie ». Le monde entier devrait se sentir concerné, car c’est l’être humain dans sa totalité qui est en question. Les conflits religieux qui sont du ressort de la foi ne sauraient être résolus par la seule raison humaine.

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Nous faisons les choses de travers et depuis fort longtemps, par Georges Cortez

Ces caricatures auront décidément fait beaucoup de mal et de morts… L’émotion, l’indignation… très médiatisées, très récupérées. Soyons tous Charlie et tout ira bien. Comme en 14. Émoi national. National, j’ai du mal. La Nation justement, on en parle ? La République ? La gauche, ah la gauche… #sad.

L’origine des choses… les causes, leurs effets, les effets devenant causes et produisant leurs propres effets… le salafisme, le radicalisme… toutes ces guerres, toutes perdues… tous ces morts, pour rien. Mais République-Liberté-Égalité-Fraternité, roulements de tambours, allocutions, déclamations, sonnez trompettes… Qu’avons nous fait que faisons-nous que ferons-nous ?
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La société française n’a-t-elle pas laissé le prof admirable seul avec un viatique d’idées généreuses ?, par Régis Pasquet

C’est un prof comme j’en ai connu de nombreux, un prof qui sait que dans sa classe il n’y a de réussite que si tous réussissent. Qui sait que la société républicaine attend de lui qu’il donne le meilleur de lui-même pour que chacun se libère des servitudes et mette en question systématiquement toutes les connaissances qu’il reçoit. D’abord, et surtout peut-être, celles qui sourdent des familles depuis des siècles et sont agglomérées comme des caillots de sang, propres à boucher les artères.

Ce sont des enfants de treize ou quatorze ans à qui l’on a raconté la vie et donné des principes simples à utiliser, pour qui l’on a construit une morale commode. Des enfants que la société préfère en consommateurs et en utilisateurs de réseaux sociaux, qui ont accès à des images dérangeantes que les générations précédentes n’imaginaient même pas. Des images qui génèrent des pensées que l’on ne comprend pas. Il voudrait se risquer à faire une expérience. Alors un matin, Samuel, le prof, arrive dans sa classe avec dans son sac à dos, une bouteille de nitroglycérine. Continuer la lecture de La société française n’a-t-elle pas laissé le prof admirable seul avec un viatique d’idées généreuses ?, par Régis Pasquet

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