Archives par mot-clé : TARP

MON DEVOIR DE CITOYEN

Mis à jour avec une vidéo sous-titrée en français. Merci à Galmaril !

Ce soir, mon devoir de citoyen est d’attirer votre attention sur une vidéo apparue hier sur YouTube, montrant Elizabeth Warren en action. Mme Warren n’est pas une inconnue du blog, très loin de là : on reverra toujours avec le même plaisir la vidéo que je présentais d’elle le 15 août 2009 dans Elizabeth Warren et le pétrin dans lequel on est.

Elizabeth Warren est aujourd’hui la bête noire du parti républicain qui tenta de détruire sa réputation durant la campagne électorale de l’automne 2012 pour avoir affirmé autrefois qu’elle était de sang indien, une affirmation effectivement fondée probablement davantage sur l’insolence juvénile que sur la généalogie, et qui ne lui valut jamais aucun traitement de faveur. Quoi qu’il en soit, elle battit très aisément son rival républicain et devint le 12 novembre dernier la première sénatrice de l’État du Massachusetts.

La vidéo est intitulée : « Too Big to Fail has become Too Big for Trial », « Trop gros pour faire défaut est devenu Trop gros pour être inculpé » – un thème qu’il m’arrive, comme vous le savez, d’évoquer également, et que Neil Barofsky, autrefois l’Inspecteur général du TARP (Troubled Assets Relief Program), le programme de sauvetage des banques américaines à l’automne 2008, a évoqué le 7 février dans une tribune libre très remarquée du Financial Times : Geithner doctrine lives on in Libor affair, la « doctrine Geithner » incarnée dans l’affaire du LIBOR. Le thème de Barofsky dans son billet : « the stunning dearth of criminal prosecutions arising out of the crisis », l’absence confondante de poursuites criminelles découlant de la crise.

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LA FINANCE DU SAUVE QUI PEUT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Selon un rapport pour le moment non officiel du US Government Accountability Office, la cour des comptes des États-Unis dépendante du Congrès, le récapitulatif des liquidités prêtées au système bancaire mondial par la Réserve Fédérale atteint des montants gigantesques. La disparition du crédit interbancaire international depuis la crise des subprimes obligerait la Fed à accorder des découverts illimités aux grandes banques internationales pour les maintenir à flot malgré des pertes latentes très supérieures à leurs fonds propres officiels.

Les sommes en jeu seraient de l’ordre d’une année de PIB des États-Unis, c’est à dire un cinquième du PIB mondial. Il est techniquement impossible d’établir des comptes exacts entre les banques et la Fed du fait de la qualification juridiquement imprécise des engagements effectivement négociés. Selon les hypothèses préalables à toute comptabilité, l’évaluation de la réalité économique appréciée dans les bilans bancaires permet d’afficher n’importe quel montant de capitaux propres. Vu la physionomie de l’économie mondiale en 2012, il est tout à fait probable que l’actif net consolidé du système bancaire mondial soit lourdement négatif. Une fraction de la dette mondiale est comptabilisée à sa valeur nominale sans qu’il n’y ait le moindre actif réel en contrepartie.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 18 MARS 2011

  • Le Troubled Asset Relief Program (TARP) aux Etats-Unis
  • La centrale nucléaire de Fukushima
  • Risque financier et risque nucléaire : la complexité de nos créatures dépasse notre capacité à les comprendre pleinement
  • Nous attribuons une confiance excessive aux modèles mathématiques

Note : J’ai proposé à la discussion la question suivante (1),

Quelle est la probabilité durant une année quelconque qu’il y ait un accident nucléaire majeur, connaissant la probabilité d’accident majeur par réacteur et le nombre de réacteurs en service ?

Comme je n’ai plus fait de combinatoire depuis longtemps, je demandais aux commentateurs de me corriger si nécessaire. eneite (2) m’assure que ma formule est correcte, je la reproduis donc ici.

  • R = risque d’accident majeur durant une année x
  • p = probabilité d’accident sur une année pour un réacteur
  • n = nombre de réacteurs

R(n) = 1 – (1-p)^n

Disons que le risque pour un réacteur est d’un accident majeur tous les cinq mille ans. S’il n’y a qu’un réacteur au monde, le risque d’un accident majeur pour une année x est de 0,2 %o. Si j’ai 443 réacteurs en service dans le monde – ce qui est apparemment le cas aujourd’hui – quel est le risque d’un accident majeur sur une année, et par exemple, sur l’année en cours ?

R(443) = 1 – (0,9998)^443 = 8,48 %

On voit donc que même avec une probabilité d’accident qui paraît extrêmement faible : un accident seulement tous les 5 000 ans pour un réacteur, on débouche pourtant sur une probabilité de 8,48 % d’accidents majeurs par an si l’on a 443 réacteurs en service, c’est-à-dire un niveau très loin d’être négligeable.

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(1) Merci à Jean-Baptiste d’avoir attiré mon attention sur l’impact du nombre de réacteurs en service sur le risque global.

(2) Eneite : « Je ne vois pas d’erreurs. Dans l’hypothèse où on a n réacteurs indépendants, que pour chacun on a une probabilité de p qu’il y ait un accident pendant une année, la probabilité qu’il n’y ait aucun accident est égale à (1-p)^n. La probabilité qu’il y ait au moins un accident est la probabilité de l’événement complémentaire : 1 – (1-p)^n. »

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Ceux qui savaient

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On me dit souvent : « Vous faisiez partie du tout petit groupe de gens qui savaient qu’une crise majeure allait éclater ». Je réponds en général qu’en 2002, entre collègues, à l’heure du déjeuner, on discutait de la crise qui s’annonçait.

Mais ça ne s’arrêtait pas là : nous écrivions des rapports à l’intention de la direction. Et comme ceux-ci étaient accueillis par un grand silence, mes collègues me faisaient souvent part de leur découragement : « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

Mes patrons n’étaient pas des imbéciles et cette interprétation désabusée me paraissait un peu courte. J’ai expliqué dans ma chronique du Monde – Économie des lundi 29 et mardi 30 juin 2009, intitulée « La bonne santé retrouvée des banques américaines », comment Angelo Mozilo, PDG de Countrywide, aussitôt qu’il eut compris, entreprit d’exercer toutes les stock options qu’il avait dans sa firme et de revendre l’ensemble de ses actions. Et ceci, le plus légalement du monde : en suivant le plan de désengagement par étapes prévu par la loi. Je terminais ma chronique en disant ceci :

Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP de consciencieusement nettoyer la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

Or, aux Etats-Unis, les informations tombent en pluie drue depuis quelques mois : le récit de l’invention du CDO synthétique (voir Glossaire) rapportée par Michael Lewis dans son livre The Big Short : « la grande vente à découvert », pour pouvoir précisément parier sur la chute de l’immobilier américain, le fonctionnement du hedge fund Magnetar, expliqué par Yves Smith dan son livre ECONned (intraduisible : « conned » : roulé dans la farine), les CDO synthétiques Abacus de Goldman Sachs au centre d’une plainte de la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés américain, et ceux appelés Baldwin, de Morgan Stanley, que la presse évoquait vendredi, etc., tous expliquent avec moult détails que toutes les firmes à Wall Street, tous les fonds d’investissement spéculatifs, ne tombaient pas à la même vitesse : certains avaient très bien compris ce qui se tramait, et chacun rassemblait tout l’argent auquel il avait accès pour le consacrer à une seule chose : parier sur la chute du capitalisme américain, la « grande liquidation avant fermeture définitive ! ».

Je ne faisais pas partie en réalité des rares élus qui avaient deviné ce qui allait se passer : je faisais partie des rares crétins qui avaient choisi de vendre la mèche plutôt que de me joindre à la foule de ceux déterminés à ne pas laisser passer sans broncher une occasion de devenir super-riche comme on n’en voit qu’une seule fois dans sa vie.

Seule question : que vaudront les dollars après la fermeture définitive ? Les euros, on le sait déjà.

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Michael Lewis, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

Yves Smith, ECONned : How Unenlightened Self Interest Undermined Democracy and Corrupted Capitalism, New York : Palgrave, 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise: un nouvel épisode US qui s’annonce mouvementé, par François Leclerc

Billet invité.

UN NOUVEL EPISODE US QUI S’ANNONCE MOUVEMENTE

Levant de premières incertitudes pour en créer d’autres, la journée de jeudi a été marquée par deux importantes nouvelles aux Etats-Unis. L’annonce inopinée par Barack Obama, qui avait préparé masqué son coup, des mesures de restrictions qui pourraient être apportées à l’activité des mégabanques. Ainsi que la décision de la Cour Suprême de supprimer les entraves existantes au financement des campagnes électorales par les entreprises, une vraie déclaration de guerre qui prélude à des midterms sanglantes, suscitant en retour une réaction musclée de Barack Obama.

Il se confirme donc que celui-ci ne pouvait pas rester les bras croisés et qu’il a repris l’initiative, après la défaite lourde de symboles du parti démocrate aux élections sénatoriales partielles du Massachussetts. Car celle-ci annonce, si rien n’est fait, un score calamiteux aux midterms de novembre prochain. Dans le contexte de mauvaises nouvelles persistantes, enregistrant une nouvelle progression des chiffres officiels du chômage et de la dégradation de la situation réelle de l’emploi. Incitant à penser qu’après plus d’un an d’une mandature peu démonstrative, Barack Obama va être obligé, s’il veut obtenir un minimum de résultats lui permettant de renouer avec son électorat, d’entrer plus franchement dans le vif du sujet. Alors que sa réforme de la santé – élément clé de son dispositif – déjà fort émasculée, risque désormais de ne pas passer la barre de l’approbation par le Sénat.

Ce dernier va devoir maintenant prendre ses responsabilités, tant vis à vis de cette réforme que de celle de la régulation financière. Avec le poids des électeurs entièrement sur ses épaules. Les mégabanques étaient en train de mettre au point leur plan de bataille afin que le projet de taxation n’accède pas aux séances plénières du Congrès, ayant comme solution de repli d’obtenir de ce dernier que cette taxation, si elle est adoptée, ouvre droit à des déductions d’impôts ! Mais il va leur falloir désormais bloquer en plus le nouveau projet scélérat annoncé par Barack Obama. Alors que certains, chez les républicains, ne sont pas aussi farouchement opposés à des mesures de séparation des activités bancaires qu’ils ne le sont d’une taxe.

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L’actualité de la crise: les débats s’engagent sur les taxes de la finance, par François Leclerc

Billet invité.

LES DEBATS S’ENGAGENT SUR LES TAXES DE LA FINANCE

Barack Obama, soucieux de reprendre l’initiative et de se démarquer de Wall Street auprès des Américains, n’a pas attendu avril prochain et les conclusions de l’étude confiée au FMI à propos de la taxation des banques, afin de déterminer quelle pourrait en être la meilleure formule. Il a pris les devant et, après étude des différentes possibilités qui s’offraient, en à choisi une. Celle d’une taxation au prorata des engagements d’une cinquantaine des principaux établissements financiers opérant aux Etats-Unis (américains et étrangers), assorti d’un montant global à recouvrir (pour l’instant estimé à 90 milliards de dollars) ainsi que d’une période d’a priori dix années pour l’atteindre.

Ce faisant, il a voulu couper court à toute taxe permanente, ainsi qu’à une taxe sur les transactions financières. Se réfugiant sous l’ombrelle de la loi instituant le TARP (le plan de sauvetage public de 700 milliards de dollars), qui avait prévu, mais seulement sur le principe, que les sommes engagées devraient être remboursées. Ecartant au passage toute estimation supérieure qui prendrait en compte non seulement ses coûts directs, mais tous les autres qui ont été engagés par l’administration et la Fed avec ce même objectif.

S’il est prématuré de chercher à estimer l’impact que va avoir dans l’opinion publique ce projet de taxation, qui doit encore être adopté par le Congrès, il peut être sans attendre relevé qu’il est donc à tiroirs et ne manque pas d’habilité. Dans l’immédiat, il a permis à Barack Obama, dès son allocution radiophonique hebdomadaire du week end, de prononcer des mots bien sentis à propos de ceux qui veulent revenir au « business as usual » : « Si les grands établissements financiers peuvent se payer des bonus massifs, ils peuvent rembourser le peuple américain ». Ou bien : « Les mêmes établissements qui récoltent des milliards de dollars de profit et qui annoncent distribuer plus d’argent en bonus et compensation qu’il n’en a jamais été versé dans l’histoire, plaident maintenant la pauvreté, c’est une manière de voir les choses. »

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L’actualité de la crise: le dernier verrou à faire sauter, par François Leclerc

Billet invité.

LE DERNIER VERROU A FAIRE SAUTER

Une opération de relations publiques vient d’être engagée aux Etats-Unis, à la mesure de ce que va susciter dans l’opinion publique le démarrage de la saison des bonus, qui s’annonce particulièrement favorable pour ceux qui vont en bénéficier. Les lumières et les caméras ont été réglées, les micros ouverts, on va pouvoir tourner.

C’est la FDIC, l’agence gouvernementale dirigée par Sheila Bair, en charge de la garantie des dépôts bancaires et de la gestion des faillites en cascade des banques régionales américaines, qui a ouvert le bal, en annonçant qu’elle étudiait une augmentation de ses primes d’assurances – payées par les banques – pour celles d’entre elles qui pratiqueraient des politiques de rémunération « à risque » (incitant à des prises de risques exagérées, tels d’importants bonus). Plus grosse affaire, des rumeurs concordantes ont immédiatement suivi, faisant état de l’intention de l’administration Obama de prélever auprès de banques une taxe afin que l’Etat soit remboursé de ses pertes sur le programme de sauvetage dénommé TARP, estimées à 120 milliards de dollars. Les deux démarches ne se confondant pas.

Ces annonces interviennent dans un contexte déjà chargé. Aujourd’hui mercredi vont commencer les auditions de la commission d’enquête sur la crise financière (Financial Crisis Inquiry Commission – FCIC), dont les membres ont été choisis par les leaders démocrates et républicains du Congrès. L’initiative rappelant le précédent de la commission Pecora, qui a siégé en 1933 et 1934, à la suite de la précédente grande crise. Jamie Dimon (JP Morgan Chase), Lloyd Blankfein (Goldman Sachs), Brian Moynihan (Bank of America) et John Mack (Morgan Stanley) vont comparaître en ouverture. Tous les grands acteurs de la crise, notamment Timothy Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, une nouvelle fois sur la sellette à propos du mystère qui entoure le sauvetage d’AIG, déposeront ensuite devant la commission. Celle-ci devrait siéger pendant toute l’année, avant de rendre son rapport à Barack Obama pour Noël prochain.

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L’actualité de la crise: une addition dans les moyens, ni des uns ni des autres, par François Leclerc

Billet invité.

UNE ADDITION DANS LES MOYENS, NI DES UNS NI DES AUTRES

La nouvelle est tombée, non pas à l’heure du laitier, mais en pleine nuit de Noël. Le gouvernement américain a accordé une garantie financière illimitées pour leurs pertes actuelles et futures à ses deux Governement-sponsored entreprises (GSE), Fannie Mae et Freddie Mac, déjà nationalisées de fait. Cette garantie est valable pour les trois prochaines années, alors que celle qui était en vigueur venait à échéance le 31 décembre et était plafonnée à 200 milliards de dollars pour chacune des deux GSE. A ce jour, 111 milliards de dollars ont été utilisés, à elles deux. Mais il fallait visiblement prévoir beaucoup plus large.

Le marché immobilier américain reste en effet un grand malade. Les saisies se poursuivent à un rythme très soutenu, le volume des transactions y est très faible, la construction est très ralentie. Les programmes de soutien gouvernementaux aux emprunteurs fonctionnent fort mal, les banques tirant la patte. Or, les deux GSE garantissent plus de 40% des encours de prêts immobiliers du marché américain et, à ce titre, portent à bout de bras celui-ci. Leur rôle est central, il vient d’être réaffirmé, faisant d’elles un élèment essentiel d’un dispositif dont la philosophie est simple : cela va empirer et il faut gagner du temps en jouant au mieux sur les leviers dont on dispose !

Cette nouvelle décision de l’administration Obama pourrait cependant se révéler extrêmement onéreuse pour les finances publiques américaines, car nul ne connaît les proportions que pourrait prendre l’hémorragie, qui n’est pas arrêtée. Elle remet à leur juste place, c’est à dire dans le tiroir du bas, les recommandations du FMI et de l’OCDE, qui ont toutes les deux dernièrement encore beaucoup insisté sur la nécessité de préparer, mais pour plus tard, de solides plans de … résorption des déficits ! Les Américains n’en montrent pas vraiment la voie.

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L’actualité de la crise : à la recherche des capitaux perdus, par François Leclerc

Billet invité.

A LA RECHERCHE DES CAPITAUX PERDUS

Il y a des fins de semaine où il n’est pas bon d’être une banque, quoi qu’on en dise ! Jeudi, le Comité de Bâle rendait public un projet de réglementation financière, très attendu, qui laisse des ouvertures mais va leur imposer de ferrailler dur. Vendredi, la BCE en faisait autant avec son rapport semestriel, qui annonce que de lourdes dépréciations (estimées à 187 milliards de dollars d’ici à la fin 2010) devront encore être passées par les banques de la zone euro, qui vont devoir faire face à des pertes accrues (en particulier dans les secteurs du crédit immobilier commercial et dans les pays d’Europe centrale et orientale). La pente, décidément, se révèle longue et lente à remonter. Comment la gravir fait problème.

De quoi les banques disposent-elles dans leur boîte à outils ? Les obligations hybrides, ou contingentes, ne seraient prochainement plus admises par le Comité de Bâle pour renforcer le noyau dur des fonds propres. On ne peut donc plus compter sur elles, alors qu’elles ont été abondamment utilisées et qu’elles ne vont plus être prises en considération. Le sort des CoCos (les obligations convertibles contingentes), ces nouveaux instruments de dette encore peu éprouvés et dans lequel de grands espoirs sont fondés, afin de les remplacer, reste encore incertain. Leur formule new look prévoit un dispositif de transformation automatique en actions de l’émetteur, un événement identifié à l’avance le déclenchant (par exemple le passage sous un seuil donné de ratio de solvabilité). C’est pourquoi il est espéré par les banques que le Comité de Bâle les regardera d’un oeil doux et considérera ces quasi fonds propres comme éligibles à son noyau dur, sur la base duquel leur ratio de solvabilité est calculé.

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L’actualité de la crise: crise économique et vide politique aux Etats-Unis, par François Leclerc

Billet invité.

CRISE ECONOMIQUE ET VIDE POLITIQUE AUX ETATS-UNIS

« La fête est finie  ! » s’est exclamée Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, afin de fêter l’adoption de la loi intitulée « Réforme de Wall Street et loi de protection des consommateurs », qui est intervenue hier. Au risque de la contredire, on peut penser que celle-ci va au contraire plus que jamais continuer. Car les lobbies sont parvenus à creuser un véritable gouffre dans ses dispositions, déjà très accommodantes, grâce au vote d’un amendement qui fait pratiquement échapper à tout contrôle l’essentiel des activités sur les produits dérivés. Après que, petit à petit, de nombreux trous aient été creusés au fil des semaines dans leur projet de dispositif de régulation. Ces produits mêmes qui ont été le vecteur de la crise actuelle (dont le marché est quasi exclusivement contrôlé par Goldman Sachs, Morgan Stanley, Chase, Citi et Bank of America), et qui le seront encore à la prochaine occasion. En proportion, le reste des dispositions apparaît donc bien secondaire.

Que ce soit la création, combattue avec la dernière énergie par les banques, d’une agence de protection des consommateurs, ou bien le dispositif de contrôle systémique des activités financières, qui prétend anticiper celui-ci et, au cas où il n’y parviendrait pas, faire payer le coût d’une nouvelle crise par un fonds abondé par les établissements financiers, pourvu de la somme de… 150 petits milliards de dollars. Ou bien le droit de regard donné au Congrès sur les opérations monétaires et de prêts aux établissements financiers de la Fed, à condition qu’aucune mesure ne soit rendu publique dans les six mois qui suivent son adoption. Ou encore des restrictions mises à tout prêt à des entreprises autres que des banques, dans le cadre de la mission de « prêteur en dernier ressort » de la banque centrale.

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L’actualité de la crise: atteint en plein coeur, par François Leclerc

Billet invité.

ATTEINT EN PLEIN COEUR

Les projecteurs s’éteignent progressivement sur Dubai, mais l’alerte aura été chaude. C’est ce qui en sera retenu en attendant la prochaine, les candidatures ne manquant pas pour la susciter. De nouvelles plaies financières, s’ajoutant aux précédentes, vont devoir être pansées à l’abri des regards. Les banques britanniques, qui n’en avaient pas besoin, s’avérant les plus exposées du monde occidental. Le Royaume-Uni figurant de plus en plus sur la liste qui s’allonge des pays particulièrement à problème.

Avec fracas, le Japon vient de se manifester à son tour, ayant replongé dans la déflation, subissant de plein fouet la faiblesse renouvelée d’un dollar surenchérissant le yen et faisant obstacle aux exportations. Le pays a du recourir massivement et dans l’urgence à la création monétaire via sa banque centrale (l’équivalent de 77 milliards d’euros). Afin de financer un nouveau plan de relance gouvernemental, ainsi que soulager un système bancaire déjà gorgé d’obligations publiques, notoirement caractérisé par une énorme carence en fonds propres. En résumé : la BoJ (Bank of Japan) sauve les banques qui financent l’Etat. Mais rien n’y fait jusque là.

Hier c’était l’Allemagne, première puissance économique européenne, qui envoyait ses signaux inquiétants. Aujourd’hui, c’est le Japon, deuxième puissance mondiale. Il n’y a donc pas que les petits pays, plus vulnérables, qui connaissent d’inextricables situations. C’est au coeur de ses mécanismes que le système est atteint. S’il en fallait une illustration de plus, il suffirait de se référer aux conclusions d’une étude d’impact du Comité de Bâle (cette émanation de la Banque des règlements internationaux), selon laquelle les banques vont devoir, en moyenne, tripler leurs fonds propres afin de faire face à leurs risques, en application des nouvelles normes prudentielles du Comité, dont les recommandations ont été dans leurs grandes lignes formulées en juillet dernier. C’est gigantesque, à la mesure des problèmes qui doivent être résolus, et va créer aux banques de très sérieuses difficultés afin d’y parvenir. Avec le risque qu’il soit fait appel aux petits génies de la finance afin de remplir formellement ces nouvelles obligations, expliquant aussi l’acharnement des banques sur ce dossier pour s’y dérober.

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Elizabeth Warren et le pétrin dans lequel on est

Parfois, il faut bien le dire, je me sens un peu seul… malgré votre présence à tous, dont je vous remercie. Je synthétise ce que je trouve comme information et je vous le communique. Aucune université n’a besoin de mes services, aucune compagnie ni aucun think-tank non plus, je n’ai pas d’autre titre que « blogueur » et auteur.

Alors cela me fait très plaisir de découvrir que quelqu’un ayant l’autorité de parler avec un grand drapeau derrière elle, Mme Elizabeth Warren, la présidente du TARP Congressional Oversight Panel, dit exactement la même chose que moi.

C’est en anglais bien sûr. Désolé pour ceux d’entre vous qui me maîtrisent pas cette langue, nous trouverons peut-être un moyen de traduire cela.

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