LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 18 MARS 2011

  • Le Troubled Asset Relief Program (TARP) aux Etats-Unis
  • La centrale nucléaire de Fukushima
  • Risque financier et risque nucléaire : la complexité de nos créatures dépasse notre capacité à les comprendre pleinement
  • Nous attribuons une confiance excessive aux modèles mathématiques

Note : J’ai proposé à la discussion la question suivante (1),

Quelle est la probabilité durant une année quelconque qu’il y ait un accident nucléaire majeur, connaissant la probabilité d’accident majeur par réacteur et le nombre de réacteurs en service ?

Comme je n’ai plus fait de combinatoire depuis longtemps, je demandais aux commentateurs de me corriger si nécessaire. eneite (2) m’assure que ma formule est correcte, je la reproduis donc ici.

  • R = risque d’accident majeur durant une année x
  • p = probabilité d’accident sur une année pour un réacteur
  • n = nombre de réacteurs

R(n) = 1 – (1-p)^n

Disons que le risque pour un réacteur est d’un accident majeur tous les cinq mille ans. S’il n’y a qu’un réacteur au monde, le risque d’un accident majeur pour une année x est de 0,2 %o. Si j’ai 443 réacteurs en service dans le monde – ce qui est apparemment le cas aujourd’hui – quel est le risque d’un accident majeur sur une année, et par exemple, sur l’année en cours ?

R(443) = 1 – (0,9998)^443 = 8,48 %

On voit donc que même avec une probabilité d’accident qui paraît extrêmement faible : un accident seulement tous les 5 000 ans pour un réacteur, on débouche pourtant sur une probabilité de 8,48 % d’accidents majeurs par an si l’on a 443 réacteurs en service, c’est-à-dire un niveau très loin d’être négligeable.

================
(1) Merci à Jean-Baptiste d’avoir attiré mon attention sur l’impact du nombre de réacteurs en service sur le risque global.

(2) Eneite : « Je ne vois pas d’erreurs. Dans l’hypothèse où on a n réacteurs indépendants, que pour chacun on a une probabilité de p qu’il y ait un accident pendant une année, la probabilité qu’il n’y ait aucun accident est égale à (1-p)^n. La probabilité qu’il y ait au moins un accident est la probabilité de l’événement complémentaire : 1 – (1-p)^n. »

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270 réflexions sur « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 18 MARS 2011 »

  1. Bonjour Mr jorion

    Ce matin dans « l’esprit public  » sur France -culture quelqu’un déconseillait de lire votre livre sur le capitalisme car d’esprit « communiste  » et prétentieux ect…

    Vous n’avez pas que des amis, vous devez le savoir…
    Avec mon soutient et mes amities.
    D.G

  2. ////Nous attribuons une confiance excessive aux modèles mathématiques////

    Habituellement allergique aux emissions de FindKraut sur Fr Cult. (j’ai craqué avant la fin ), j’ai été agréablement surpris de la qualité deszinterventions d’ Olivier REY .Nottament (de mémoire) :
    La science , actuellement, réintroduit de l’irrationnel , alors qu’ elle s’ est développé pour le combattre . ( quantique etc ..) . C’est un fait que qd la science nous présente des modèles non immédiatement logique ou meme contr’intuitif …..Elle réintroduit de l’initiatique , du népotisme , du pouvoir . Il y a plus actuellement plus de croyants que de sachants .

  3. si statistiquement cela a du sens (?), on pourrait faire le calcul inverse: sur bases des accidents répertoriés, calculer la probabilité observée, et la confronter avec ce qui avait été annoncé…

  4. Quelle est la probabilité durant une année quelconque qu’il y ait un accident nucléaire majeur, connaissant la probabilité d’accident majeur par réacteur et le nombre de réacteurs en service ?

    En zone sismique, tous les réacteurs dont les normes de construction résistent à un séisme de magnitude inférieure ou égale à 7 provoqueront un arrêt de leur production électrique si la terre tremble à une magnitude supérieure. L’arrêt de la production est certain lorsque la magnitude 8 (Richter) est atteinte, la probabilité de l’accident nucléaire est multipliée par le nombre de centrale atomique en arrêt. L’arrêt brutal puis la reprise de la production électrique sollicite les réacteurs nucléaires en augmentant la probabilité d’accident. On arrête pas un réacteur nucléaire comme une automobile, c’est cet arrêt précisément puis la reprise d’activité du réacteur qui fait tendre la probabilité de l’accident nucléaire vers 1, comme à Fukushima (Indépendamment d’un Tsunami qui viendrait achever le tableau).

    Deux questions auxquelles les technocrates ne peuvent répondre :

    Quels évènements peuvent conduire une centrale nucléaire à arrêter sa production, indépendamment de la qualité de son réacteur ? En quoi ces dysfonctionnements conduisent-ils à une forte probabilité d’accident nucléaire, lorsque le nombre de centrale en arrêt augmente ?

    1. Sauf que il faudrait bien définir ce qu’est arrêter une centrale nucléaire.
      L’atome et sa fission n’attend pas lui.
      Par exemple à la Hague (qui accueille d’ailleurs les déchêts du Japon, comme quoi on est pas sectaire en france et fabrique ce fameux mox : avec du plutonium c’est encore plus fun) , nous pourrions avoir le plus grand accident nucléaire (je parle de quantité de rayonnements rejetés) de tous les temps si certains événements similaires à ceux du Japon survenaient et pourtant ce n’est pas une centrale nucléaire.
      Une plaisanterie circule sur le fait que ce n’est pas par hasard qu’elle a été construite à la pointe du raz Blanchard, de la dynamite et un remorquage en pleine mer et le tour est joué en cas d’accident.

  5. Quand on tient compte des 443 réacteurs de la planète, la probabilité de survenance d’un accident de gravité entre 1 à 6 est de près de 10%; c’est loin d’être négligeable. Si l’on ajoute le fait que la centrale de Fukushima a été placée dans une zone de risque majeur … cela augmente donc la probabilité de survenance …. Et combien de centrales dans le monde sont dans des zones à risque?

    1. Bonjour,
      Ce dont vous parlez a un nom : l’évènement mathématique décrit ici s’appelle un Cygne Noir (Nassim Nicholas Taleb). Les mathématiques peuvent être un bon filet pour le monde mais il faut choisir un bon modèle de filet… L’hermétisme de la crise économique ne pourra être dissipé que lorsque nous cesseront de regarder le monde à travers le trou d’une serrure. C’est la fin de notre civilisation et ceci n’est pas très difficile à prévoir. Cela fait 40 ans que l’on sait que les modèles économiques sont FAUX ( cf Mandelbrot) (Nassim Nicholas Taleb disait que Mandelbrot était un grec parmi les romains…).
      Le nom donné à l’opération militaire de la coalition occidentale en Lybie illustre « inconsciemment » cette fin annoncée : L’aube de l’odyssé . Mais quel est le présupposé au naming qui a eu cette brillante idée, c’est sans doute du hasard…. En effet l’armée qui n’est pas avare de symbole n’a sans doute pas fait exprès de donner une connotation eschatologique au nom de cette opération d’altruisme de grande envergure.

      Je joints à ce billet une réflexion de Nietzsche sur notre civilisation, il n’est jamais trop tard pour changer d’avis (sauf pour les imbéciles), l’enfer n’est une impasse que pour les gens qui ne savent pas se retourner….

      59. […] Grecs! Romains! La noblesse de l’instinct, le goût, la recherche méthodique, le génie de l’organisation et de l’administration, la foi, la volonté d’un avenir humain, le grand « oui » à tout, tout cela visible et perceptible à tous les sens, le grand style, non plus seulement en art, mais devenu réalité, vérité, vie… Et cela, non pas réduit en cendres, instantanément, par un cataclysme naturel! Non pas foulé aux pieds par des Germains et d’autres pédestres balourds! Mais mis à mal par de rusés, de furtifs, d’invisibles et d’anémiques vampires! Non pas vaincu – seulement vidé de son sang!… Maîtres de la place, le désir rentré de vengeance, la mesquine envie!… Voir d’un seul coup tout ce qui est piteux, mal dans sa peau, hanté-de-mauvaises-pensées, bref tout le ghetto de l’âme,prendre le dessus! […] Ce serait se tromper du tout au tout que de supposer un manque d’intelligence chez les dirigeants du mouvement chrétien: – oh, ils sont malins, malins jusqu’à la sainteté, ces Messieurs les Pères de l’Eglise! Ce qui leur manque, c’est tout autre chose. La nature les a mal partagés: – elle a oublié de leur attribuer un petit capital d’instincts respectables, corrects, propres… Entre nous, ce ne sont même pas des hommes… Si l’Islam méprise le christianisme, il a mille fois raison: l’Islam suppose des hommes pleinement virils…

      60. Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture islamique. La merveilleuse civilisation maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds!) – Pourquoi? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus, les exquis raffinements de la vie maure!… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière […] Voyons donc les choses comme elles sont! Les croisades? Une piraterie de grande envergure, et rien de plus! La noblesse allemande, au fond une noblesse de Vikings, y était dans son élément: l’Eglise ne savait que trop bien comment ontient la noblesse allemande… […] La noblesse allemande est à peu près absente de l’histoire de la culture supérieure: on en devine la cause… Le christianisme, l’alcool – les deux grands moyens de corruption… En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance: ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. « Guerre à outrance avec Rome! Paix et amitié avec l’Islam. » C’est ce qu’a senti, c’est ce qu’a fait ce grand esprit fort, le seul génie parmi les empereurs allemands, Frédéric II [Hohenstauffen].

      Nietzsche

      Il est ici facile très facile de confondre Rome… Vous autres les experts à la « mords-moi le noeud », vous n’êtes qu’une bande de gamins à qui les parents ont répété de ne pas faire ci ni ça et qui s’est obstiné à continuer dans la mauvaise voix avec une mauvaise foi hermétique. Et maintenant vous vous rendez compte que vous aviez tord et vous vous engagez dans une impasse parce que vous n’avez ni le courage ni la lucidité pour faire marche arrière. Notre principal problème est le nombrilisme de notre civilisation, c’est comme si nous étions tous cet enfant qui après avoir volontairement délaisser les conseil de ses parents, se rend compte que ces dernier avaient raison mais continue de s’obstiner dans la mauvaise voie soit par fierté soit par folie tirant un trait sur 2000 ans d’enseignement de la miséricorde. La séparation du politique et du spirituel, ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça… Vous savez par exemple ce que dit le Coran par rapport au prêt à l’usure : une sorte de je te tiens tu me tiens par la barbichette qui aurait évité que la relance keynésienne ne devienne synonyme de guerre, il semble préférable de construire des ponts plutôt que de les détruire, ce qui n’est pas du tout l’avis américain :

      Extrait d’une longue interview parue dans le «SonntagsZeitung» du 27/2/11:

      SonntagsZeitung: Les Etats-Unis vont-ils pouvoir résoudre le problème de la dette?

      Parag Khanna: Non. Il n’y aura pas de faillite de l’Etat, mais le poids de la dette devra être allégé, soit par une guerre commerciale soit par une vraie guerre. Nos dettes ne sont plus remboursables.

      Parag Khanna est un spécialiste de politique étrangère et conseiller de l’équipe de Barack Obama. Directeur du laboratoire d’idées New America Foundation, il est depuis 2007 conseiller des Forces armées américaines et a fait partie, depuis 2008, de l’équipe de campagne électorale de Barack Obama.
      ***
      Quand on analyse les nouvelles en provenance de Libye et qu’on ne croit pas aux soulèvements spontanés des peuples, on peut penser que tout cela est trop bien «huilé» et que les événements sont le prélude à une «guerre pour se débarrasser de ses dettes». Et cela parce que le dollar doit descendre de son piédestal. Il ne va pas être aboli, il doit simplement abandonner sa position dominante. Son maintien vaut-il la peine de sacrifier de nombreuses vies humaines?

      Alors qu’est ce que vous dites ?

      Pour les imbéciles qui n’ont pas encore compris que nous ne volons pas au secours des insurgés lybiens, je ne sais pas quoi dire…

      Si, j’ai faim et je vais aller de ce pas manger des sushis tant que c’est encore possible….

      La vie est une succession plus ou moins heureuse de Cygne Noir…

      Rick Aizoté.

  6. /////
    En France, après 30 ans de publicités d’EDF et d’Areva, chacun croit que l’atome est incontournable. Or, les données officielles de l’Agence pour l’énergie atomique en attestent, le nucléaire ne couvre que 2% de la consommation mondiale d’énergie/////
    Meme sans faire de calculs , passer a 80% de production me ferait peur , au vu des dégats causés par ces 2%
    Notons que ces 2% qui impactent la planète a long terme ne concernent que les pays « dits » développés .

  7. Bonjour
    Je suis d’accord pour les facteurs R-P-N,mais rajoutez C pour chance ou B pour bol
    Je vient de regarder sur le site de l ‘ASN les derniers « incidents » survenus dans les centrales francaises BRRRRRR…..

  8. Je n’ai pas encore regardé la vidéo, je ne réagit qu’au calcul de probabilité, comme toujours dans le calcul froid des probabilités, les évènements sont supposés indépendant les uns des autres, or est ce toujours le cas ?
    Supposons une explosion majeure sur un des réacteurs d’une centrale, quelle est la probabilité que cela influence le réacteur d’à coté ? En effet outre les dégats de l’explosion similaire à celle d’une explosion « traditionnelle », la radioactivité sur le site montra brutalement tuant peut être les personnes qui pilotent les autres réacteurs, par conséquence le risque du premier accident est bien celui proposé dans la formule, s’ajoute à cela une probabilité de second accident conséquence du premier où la probabilité n’est plus de 1/5000 mais alors sur un beaucoup plus petit nombre de réacteur.
    Ou peut être que je me trompe ?

  9. En ce qui concerne la question dont la réponse chiffre à 8,48% le risque d’accident nucléaire majeur sur l’un des 443 réacteurs en service sur notre planète, il m’apparaît intéressant de soumettre à Notre Grande Eminence Scientifique CLAUDE ALLEGRE , le petit exercice qui mène à ce résultat.
    Ce serait là je pense, une bonne façon d’éviter que ce débat ne reste trop confidentiel!

  10. Vous savez j’ai une longue experience en maintenance industriel,de plus depuis quelque temps(n’y conaissant rien en nucleaire)quand j’entend parler de circuits de refroidissements et autre ca me parle beaucoup plus,et ce matin en lisant les rapports d’incidents de l’A S N et vu de mon oeil d’electrotech specialise en maintenance industrielle,je peut vous dire qu’on est plus pres de reparations a la Dubout, que d’une maintenance efficace effectuee avec un maximum de preventif( trop cher)

  11. pourquoi la maquilleuse de Taddéi vous change le portrait lors de vos passages TV, c’est bien mieux de vous voir sur l’image arrêtée du temps qu’il fait, voir l’homme écrivain du plus « bad » book, le « prix » du génie par delà bien et mal.

  12. Bonjour,
    Votre calcul de ‘R’ parait logique.
    C’est ‘p’ qui me gène un peu.
    Une probabilité de 0,2% d’exploser, ca veut dire 0,998 de ne pas exploser en un an, et 0,998^x de ne pas exploser en x années.
    Sans aller jusqu’à 5000 ans, au bout de 1000ans avec une probabilité de 0,2% d’exploser, on a que 13% de chance de ne pas avoir vecyu d’explosion (donc 87% de chance d’avoir eu au moins une explosion).

    A mon humble avis, vous surestimez enormément le risque sur votre facteur p.

    Bien cordialement,

  13. Pour le dire autrement, vous devez utiliser la même formule pour calculer p que pour calculer R, mais le faire sur le nombre d’année plutôt que sur le nombre de réacteur.
    Il est erroné à mon avis de multiplier de diviser 1 par 5000ans pour obtenir le taux de panne sur un an.

    (sans compter qu’en raisonnant comme ça, 1/5000 donne 0,02% et non pas 0,2% 🙂

  14. Vous pensez que les âneries passent mieux avec des équations ? Donc compte tenu de cette fameuse probabilité dont l’ordre est 10^-4 , vous pouviez vous simplifier la vie en ne prenant que les monômes à peu près significatifs et trouver ce que vous aurait dit Mme Michu en faisant 443/5000 soit 8.86%. Voyez que ça ne changeait pas grand chose, mais un peu moins « je me la joue ».

    Mais avec des raisonnements comme ça il faut clouer les avions au sol et laisser les voitures au garage !

    Mais là où c’est vraiment faux c’est de considérer que les réacteurs sont indépendants et uniformes.

    Sur les réacteurs en difficulté dans l’histoire, un n’était pour ainsi dire pas confiné et le combustible était « emballé » dans du graphite, d’autres se sont pris une vague de 22 m, et aucun n’était à refroidissement passif. Je ne vois pas comment on pourrait alors considérer une probabilité constante par réacteur. Bugey est par exemple à l’abri d’un tsunami.

    Autre négligence grave, c’est que la technologie nucléaire civile repose comme l’aviation ou l’espace, sur le retour d’expérience. Et ainsi il est impossible que la probabilité soit aussi constante dans le temps. De même les avions tombent infiniment moins de nos jours, de même les réacteurs sont de plus en plus fiables CHAQUE JOUR ! Et en plus ils ne sont pas en fonctionnement permanent loin de là.

    Là où ça aurait été fort c’était si vous aviez analysé les probabilités d’un Tsunami historique à Fukushima, mais AVANT, on aurait mis les Diesel encore plus à l’abri, et les Japonais profiteraient du Cherry Blossom comme tous les ans ; Enfin sauf ceux qui nourrissent les crevettes, mais l’atome (brrr) n’a rien à voir là-dedans.

    1. Je crois que vous prenez le débat en route, sans quoi vous auriez noté que nos points de vue ne sont pas aussi éloignés que vous l’imaginez. Mon petit calcul se situe dans le prolongement de ma réflexion dans la vidéo sur la question beaucoup plus générale de la confiance, excessive à mon sens, que nous accordons aux modèles mathématiques.

      Depuis pas mal d’années je m’intéresse aux normes de qualité, et je me suis passionné à une époque pour les méthodologies 6 sigma et apparentées, que j’ai appliquées en entreprise. Le fait est cependant, que la réalité passe entre les mailles du filet de ces méthodes : IndyMac où j’ai fait partie de ceux qui ont mis en application 6 sigma est entrée dans l’histoire comme la 4ème plus grande panique bancaire de l’histoire des Etats-Unis, des avions s’écrasent malheureusement de temps à autres, et la récurrence constatée des accidents sérieux dans le nucléaire civil est très proche du chiffre que j’obtiens à partir d’un calcul « sur le revers d’une enveloppe » sur la base d’une probabilité d’1/5 000 par réacteur par an, pour 443 réacteurs.

      1. Les 6 sigma n’ont pas grand chose à voir ici, et il faut toujours utiliser les statistiques en connaissance de cause. Elles s’appliquent aux grand nombres, et en l’occurrence je ne pense pas que 443 en soit vraiment un. Mais bon admettons un accident de niveau 5 tous les 12 ans si vous voulez, cela condamne t’il la filière ? C’est une bonne question.

        Sur le fond, les Japonais que je fréquente depuis longtemps sont traumatisés par l’atome, bien plus qu’aucun autre peuple, et s’ils ont décidé d’investir dans l’énergie nucléaire ce ne fut pas de gaîté de cœur.

        Il faut aussi observer que durant la période de mise en puissance du parc nucléaire japonais, leur espérance de vie s’est installée au premier rang mondial (et ça c’est de la statistique valide). Il est évident que le confort énergétique est pour beaucoup dans ce « gain de vie ».

        Si même à supposer que les Japonais avaient opté pour les énergies fossiles pour atteindre ce niveau de confort, il est probable que les conséquences sanitaires pour sa populations auraient été pires, Fukushima inclus. Dans les années 50 les centrales thermiques étaient très bonnes pour les rejets de dioxine et d’acide (substances dont les effets sur la santé et le milieu naturel ne sont pas très éloignées des césium et iode radioactifs).

        Alors que la confiance soit entamée après un tel accident, ma foi c’est assez logique, que le buzz fasse le bilan de tout ça sans étudier l’actif, ça frise la désinformation.

    2. @cheps: Vous n’êtes pas très sérieux dans vos envolées pronucléaires. Paul Jorion n’avait pas à prédire un tsunami dans une région qui en a connu régulièrement et où le record de vague a été constaté à 39 mètres. Toutes les informations étaient disponibles pour sécuriser cette centrale. Surélever les groupes électrogènes était une mesure basique à prendre, qui n’a pas été prise probablement pour économiser sur les coûts. Il y avait eu des avertissements sur la sécurité de ces centrales, comme pour tant d’autres. Seulement ces avertissements ne sont entendus qu’après l’accident.

      Le nucléaire est une énergie de folie, qui plus est confiée la plupart du temps à des intérêts privés, mais il faudra sans-doute, hélas, encore quelques accidents pour qu’on la remette vraiment en question. Vous sous-estimez beaucoup l’impact de ces accidents. Les radiations ça dure beaucoup plus longtemps qu’une nappe de pétrole et la surface confinée pendant des dizaines d’années est précieuse. Puisqu’il faut produire au plus près des lieux de consommation… Pensez à un accident majeur près de Berne par exemple, la Suisse ne ressemblerait plus à rien.

      De plus, il est clair que le gain d’énergie acquis dans l’après guerre s’est avéré précieux pour l’amélioration de notre qualité de vie et de notre santé et de notre espérance de vie. Mais il ne nous sert maintenant qu’à acheter du superflu et à gaspiller à tout va, jusqu’à se rendre malades. Si on revient à des standards de consommation raisonnables, sans aller jusqu’à parler de décroissance puisque c’est un mot encore tabou, on pourra cesser l’accroissement du nucléaire et même le réduire un jour. Si on veut toujours plus on ne s’en sortira pas en tant qu’espèce. Il y a des limites physiques sur cette planète et la nature se chargera (se charge déjà en fait) de nous les rappeler.

      1. @ Croissance, je ne vois pas ce qu’il n’y a dans mes propos qui manquerait de sérieux. En revanche quand vous dites que c’est une « énergie de folie » je pense qu’on peut alors parler d’envolée anti-nucléaire.

        Jamais je ne nierai le sérieux avec lequel il faut prendre la contamination nucléaire, et encore une fois si un peuple y est sensible c’est bien le peuple japonais. Un accident majeur condamnerait une zone plus ou moins étendue pour quelques décennies, c’est indéniable. Mais à l’inverse on lit n’importe quoi sur les conséquences de tel ou tel incident.

        Depuis des décennies nous avons respiré des composés sulfurés, du plomb (combien en reste-t-il dans notre sol d’ailleurs), des dioxines des pesticides à des niveaux pathogènes incroyablement plus élevés que ce que le nucléaire pourrait laisser craindre.

        Enfin la précision et la facilité du comptage des rayonnements ionisants, et la connaissance que nous avons de leurs conséquences sanitaires, sont infiniment mieux documentées. Vous dites qu’une nappe de pétrole ne dure pas aussi longtemps, mais je crains qu’on n’ait pas autant de données que ça sur les conséquences véritables de l’incident de Deep Water par exemple. Mais il y a fort à parier qu’il sera supérieur à celui de Fukushima.

        Le nucléaire fait peur à cause de la bombe et malgré le fait qu’un réacteur n’ait pas grand chose de commun avec une arme.

        Et encore une fois il n’est pas plus fou de faire marcher un réacteur nucléaire que de faire voler un avion.

        Je cherche juste à rétablir un équilibre dans les arguments et surtout l’utilisation de propos apparemment scientifiques pour buzzer à l’infini.

        Pour ce qui concerne la décroissance, moi j’y vois aussi une nécessité et malgré tout la fission et un jour la fusion restent des clefs pour continuer à exister sans trop consommer de ressources, mais pour moi il n’y a pas de décroissance possible sans décroissance de la population, mais ça c’est tabou. Je voyage énormément, et il est facile de voir que de nombreuses populations (parmi celle qui croissent le plus) n’ont pas ce que nous considérons comme essentiel. Et nos économies, ou notre tempérance ne combleront jamais cet écart.

        Si l’humanité veut survivre elle doit s’appliquer à stabiliser sa population dès maintenant et engager une vraie conquête spatiale. Ce sont les priorités car nous sommes sur un caillou dont nous ne maîtrisons ni la marche ni le milieu, le temps que je passe à vous répondre, un sursaut gamma stellaire peut effacer toute vie sur la planète en un instant. Ce caillou ramené à la taille d’une orange, son atmosphère est moins épaisse qu’une couche de cellophane. Alors nos risques majeurs ne sont pas quelques grammes de Cesium ou d’Iode quand on sait à quel point ça « cogne » au dessus de nos têtes et les énergies fantastiques qui sont à l’œuvre dans l’espace.

  15. Bénéfice record pour la Réserve fédérale des Etats-Unis en 2010
    (Reuters – mardi 22 mars 2011, à 16h 22)

    La Réserve fédérale des Etats-Unis a réalisé l’an dernier un bénéfice sans précédent de 81,7 milliards de dollars (57,5 milliards d’euros), grâce essentiellement aux investissements destinés à aider l’économie et les banques à traverser la crise financière de 2007-2009.

    L’essentiel de ce résultat alimente les caisses de l’Etat fédéral. Les comptes non audités de la banque centrale américaine font apparaître un transfert au Trésor de 79,3 milliards de dollars, contre 47,4 milliards de dollars en 2009.

  16. Mon intervention n’a rien à voir avec le contenu de votre billet, excepté un constat visuel ;
    sur la vidéo votre barbe a continué de pousser.
    J’en déduis donc que la Belgique n’a toujours pas de gouvernement.

    Néanmoins, la Belgique s’est engagée dans l’intervention US-France-Grande-Bretagne en Libye. La guerre est donc une affaire courante….

    Je précise être radicalement contre cette intervention. Je pense en outre que cette résolution de l’Onu dynamite ses propres principes de base. Tout ceci est inconséquent.

    Il est certain que « la complexité de nos créatures dépasse notre capacité à les comprendre pleinement », mais notre capacité à comprendre ce qui se passe en général est je crois largement affectée, très largement affectée !

    C’est grave, et nous sommes « graves » !

    Bien à vous.

    ML

    1. La Belgique a en effet inventé un nouveau concept de gouvernement en « affaires quasi-courantes ». Si on doit en plus se limiter à ce que dit la constitution, où va-t-on ? 😉

      1. Exact. Il n’y a qu’à l’étranger que l’on croit qu’il n’y a pas de gouvernement.
        On a toujours eu l’habitude de faire semblant pour passer entre les plis.
        Et ça marche…
        Il suffit de demander à Paul. 😉

    1. Héhé, très juste. Non, il y faut un peu de décence, au moins attendre l’enterrement, la crémation ou que les hyènes et vautours aient fini leur repas.

      Et comme a dit Montebourg à propos de l’affaire DSK, « On pleure tous à l’enterrement, mais quinze jours après tout le monde est chez le notaire. »
      Montebourg président ! On moins on se marrerait…

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