Ceux qui savaient

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On me dit souvent : « Vous faisiez partie du tout petit groupe de gens qui savaient qu’une crise majeure allait éclater ». Je réponds en général qu’en 2002, entre collègues, à l’heure du déjeuner, on discutait de la crise qui s’annonçait.

Mais ça ne s’arrêtait pas là : nous écrivions des rapports à l’intention de la direction. Et comme ceux-ci étaient accueillis par un grand silence, mes collègues me faisaient souvent part de leur découragement : « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

Mes patrons n’étaient pas des imbéciles et cette interprétation désabusée me paraissait un peu courte. J’ai expliqué dans ma chronique du Monde – Économie des lundi 29 et mardi 30 juin 2009, intitulée « La bonne santé retrouvée des banques américaines », comment Angelo Mozilo, PDG de Countrywide, aussitôt qu’il eut compris, entreprit d’exercer toutes les stock options qu’il avait dans sa firme et de revendre l’ensemble de ses actions. Et ceci, le plus légalement du monde : en suivant le plan de désengagement par étapes prévu par la loi. Je terminais ma chronique en disant ceci :

Si le parallèle avec Countrywide a un sens, il s’agit alors simplement pour les dix banques ayant aujourd’hui remboursé l’argent du TARP de consciencieusement nettoyer la caisse avant de mettre définitivement la clé sous la porte. Lorsque les trillions à nouveau perdus seront examinés, les quelques milliards détournés in extremis par leurs dirigeants, passeront, c’est à parier, relativement inaperçus.

Or, aux Etats-Unis, les informations tombent en pluie drue depuis quelques mois : le récit de l’invention du CDO synthétique (voir Glossaire) rapportée par Michael Lewis dans son livre The Big Short : « la grande vente à découvert », pour pouvoir précisément parier sur la chute de l’immobilier américain, le fonctionnement du hedge fund Magnetar, expliqué par Yves Smith dan son livre ECONned (intraduisible : « conned » : roulé dans la farine), les CDO synthétiques Abacus de Goldman Sachs au centre d’une plainte de la SEC (Securities & Exchange Commission), le régulateur des marchés américain, et ceux appelés Baldwin, de Morgan Stanley, que la presse évoquait vendredi, etc., tous expliquent avec moult détails que toutes les firmes à Wall Street, tous les fonds d’investissement spéculatifs, ne tombaient pas à la même vitesse : certains avaient très bien compris ce qui se tramait, et chacun rassemblait tout l’argent auquel il avait accès pour le consacrer à une seule chose : parier sur la chute du capitalisme américain, la « grande liquidation avant fermeture définitive ! ».

Je ne faisais pas partie en réalité des rares élus qui avaient deviné ce qui allait se passer : je faisais partie des rares crétins qui avaient choisi de vendre la mèche plutôt que de me joindre à la foule de ceux déterminés à ne pas laisser passer sans broncher une occasion de devenir super-riche comme on n’en voit qu’une seule fois dans sa vie.

Seule question : que vaudront les dollars après la fermeture définitive ? Les euros, on le sait déjà.

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Michael Lewis, The Big Short. Inside the Doomsday Machine, London : Allen Lane, 2010

Yves Smith, ECONned : How Unenlightened Self Interest Undermined Democracy and Corrupted Capitalism, New York : Palgrave, 2010

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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90 réflexions sur « Ceux qui savaient »

  1. Ce qu’il y a de super avec Monsieur Paul et François Leclerc, c’est que quand on les a lu, on finit un peu comme dans un film de Jarmush. On a la sensation d’avoir loupé la fin. Je parle pour un esprit commun comme le mien.
    Alors, plein de bonne volonté et certains qu’entre les lignes, derrière les mots, en creusant sous les lettres, il y a un message qui ne veut pas se dévoiler au paresseux.
    Donc, plein de courbatures neuronales, j’entame une longue, longue, longue cogitation, manipulant mentalement les rébus et codes de nos deux auteurs.
    C’est certains, eux ne se sont pas de vils complotistes, et ils vont pouvoir calmer cette ardente angoisse qui me taraude quant à d’éventuelles menaces. C’est certains, eux, sont des êtres lucides et positifs.
    Donc je cogite.
    Je cogite.
    Et cogite.
    EUREKA.
    J’ai compris.

    Bon, y a pas une corde dans un coin?

    1. et si c’etait simple …cette histoire c’est déja produite
      mais les hommes s’en moquent de l’histoire
      ils pensent qu’ils vont ecrire leur histoire
      qui ne fait que se repeter…

    2. « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. » – K. Marx, le 18 Brumaire de Louis-Bonaparte

    3. C’est le propre d’une théorie du complot.
      N’en déplaise à certains comme Arié qui explique que Hildenberg est du vent parce que dans un an il sera remplacé par autre chose. C’est le propre d’un projet à long terme.
      D’accord, alors Sarkozy est du vent car bientôt il sera remplacé, Merkel est du vent car bientôt elle sera remplacée.
      Cette théorie ne vaut que par les conséquences qui se font sentir.
      S’il s’affichait à visage découvert, cela ne serait plus un complot.
      C’est un peu comme dire que les trois dernières années de Sarkozie n’étaient pas voulues, il n’y avait pas d’intention derrière, même si l’intéressé se défend, surtout si l’intéressé se défend.

  2. En fait, je dis ça parce que je viens de comprendre ce que disait F. Leclerc à un posteur qui complotisait: il le morigéna en lui disant que le problème avec la théorie du complot c’est que ça n’expliquait rien.

    Bon.

    Alors j’ai tourné le truc dans tous les sens. Et puis; après quelques jours, je crois avoir saisi le truc. Je schématise sommairement:
    En fait, quand on s’appelle Jean de Florette, l’important n’est pas forcément de savoir que le Papet et Ugolin lorgnent méchamment sur ta terre. L’important c’est de savoir qu’il t’ont coupé ta source et surtout de définir comment tu vas la retrouver.

    Balaise.

    1. J’aime bien cette allusion a Manon des Sources….

      Mais allons plus loin :pourquoi le stratagème du Papet a si bien fonctionné ?

      Par ce qu’il avait réussi à convaincre sa communauté que le Bossu , Jean de florette , n’en faisait pas partie : c’était l’estranger .

      Donc au minimum il fallait la boucler , au maximum il fallait le laisser crever…

      Je pense que c’est Watslawick (dans changements et paradoxes ) qui pointait que ce sont les évidences qui sont les plus difficiles à appréhender… Et que c’est sur elles qu’il faut concentrer ses efforts (intellectuels ).

  3. « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! ».

    Oh vous savez cela ne dâte pas d’aujourd’hui mais peut-être bien avant nous.

    L’argent mène follement le monde,

    Ils veulent surtout en avoir davantage,

    Les Marchands sont aujourd’hui les grands de la terre,

    Le cupide est celui qui n’en a jamais assez même encore dans les enfers,

    Il veut toujours en avoir plus par envie de ressembler davantage à un singe,

    Vouloir continuellement s’approprier ce qu’ont les autres et garder tout pour soi,

    Je me suis fait tout seul grace au marché Dieu est mort mais seul le marché est éternel,

    Mais peut-être que vous en avez souvent rencontré des gens comme ça guère peu différents,

    Des gens souvent bien plus marqués au fer rouge dans leur vie c’est la grande folie du monde,

    Comme tant d’autres petits et grands spéculateurs de plus sur les marchés quel progrès moral,

    Des préceptes de mort continuellement enseignés aux petits c’est l’éducation sans ailes,

    Des gens si âpres au gain travailler plus pour gagner follement plus comme les bêtes,

    Tradition du marché oblige et si le monde n’était pas encore ce qu’il devrait être,

    Le marché personnifié à toujours raison c’est aussi un grand chiffre d’homme,

    C’est surtout le beau monde des dirigeants de la terre tout leur appartient,

    L’image du monde d’abord la même image habituelle des gens du marché,

    Le bon dressage du monde avez-vous bien encore votre sauf conduit ?

    Qui ne travaille pas comme nous n’est surtout pas un bon travailleur,

    Indispensable de nos jours afin de pouvoir mieux survivre c’est la condition ?

    Dans un monde de relations commerciales où tout devient de plus en plus abrutissant,

    Qui peut encore acheter et vendre de nos jours c’est-à-dire survivre s’il n’a pas un bon diplôme ?

    S’il en finit pas lui aussi par se sentir de plus en plus contraint de fonctionner partout ainsi,

    Car l’amour de l’argent et du pouvoir est bien encore la racine de tous les maux,

    Et dire qu’ils viennent de nouveau d’ouvrir le puit de l’abime c’est l’or noir,

    Oui quel dommage de plus pour l’humanité et la plupart des espèces,

    « Ils ne prennent même pas la peine de lire ce que nous écrivons ! »

  4. Il y a donc un manque certain de « crétins ». S’empiffrer de dollars avant la chute, c’est comme s’accrocher à une branche qui tombe.

    1. Le dollar semble voir sa cote de confiance chuter un peu : le cours de l’or montre la tendance.

      Il faudra donc, si on veut éviter de recommencer après la chute des monnaies, fixer un cours de l’or et surtout ne pas le laisser réapparaître sur plusieurs générations.

      Et on en revient à une coordination mondiale. Soit quelque chose d’impossible.

      Problématique, non..??? 🙂

  5. Le problème évoqué ici par Paul Jorion concerne un grand nombre de chercheurs. Qui lira leurs ouvrages et quel est le potentiel de lecteurs susceptible d’être intéressé par le thème donné? Trouver un éditeur, chose difficile sinon précaire. Et qui lira l’ouvrage qui a coûté tant d’heures et de fatigue à l’auteur? Les décideurs politiques ou publiques? Pas sûr du tout. D’autant plus qu’ils gèrent du jour au jour, très souvent dans l’urgence; et le long terme n’intervient pas dans leur plan de carrière. Un auteur comme John Kenneth Galbraith était conscient de cela, mais il a écrit quand même, animé par son sens de résponsabilité. Il y a encore un autre boulet à trainer: celui de la « rentabilité ». Chez Balzac ont peut lire que « la gloire est le soleil des morts ». C’est une très belle phrase. Quand on se promène dans les grandes bibliothèques, à Paris, Londres ou Washington, on se rend compte de l’immensité d’ouvrages, dont la plupart n’a pas soulevé le monde. Mais cela n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est de naviguer vers sa déstination, de remplir son rôle, quel qu’il soit. Et si l’on peut gagner de l’argent en faisant cela, c’est le Pérou. ~

    1. Les maisons d’éditions (elles appartiennent souvent à des groupes de médias, Lagardère en France, Mondadori-Mediaset en Italie… ) préfèrent publier un auteur « people »médiocre se référant à un Jean-Baptiste Botul imaginaire tel que l’idiot en philo BHL, plutôt que d’investir sur la publication de chercheurs ou d’auteurs de talent ou en devenir. Ils s’agit de la même problématique que la finance. Un seul mot d’ordre une rentabilité entre 5 et 10% immédiate. Elles produisent aujourd’hui au kilomètre en délocalisant leur production. Mon petit éditeur imprimait il y a 15 ans en France, il y a 8 ans en Espagne et en Italie. Aujourd’hui, il imprime en Chine et a multiplié ses publications par 4. La prise de risque éditoriale a t elle augmenté ? Non ! Les droits d’auteurs et à valoir ont-il été augmenté ? NON ! Les profits de la maison d' »édition ont ils augmenté ? Les revenus du pdg ont explosé (pas ceux des salariés, ils ont même eu eu droit à quelques licenciements). Les déchets issus de l’imprimerie ont eux aussi explosé.

    2. Germanicus

      Vous dites : « Quand on se promène dans les grandes bibliothèques, à Paris, Londres ou Washington, on se rend compte de l’immensité d’ouvrages, dont la plupart n’a pas soulevé le monde.  » En êtes-vous sur ? Bien entendu (et je pense que c’est un bien), aucun livre ne pousse ses lecteurs à descendre dans la rue et à faire la révolution, seul ou avec d’autres. Mais si le monde a changé si vite depuis l’invention de l’imprimerie, ne serait-ce pas dû aux écrits et aux livres notamment, et ce dans tous les domaines, de la science à la politique ?

      On ne saura jamais quelle est la goutte qui a fait déborder le vase, par quoi il a été rempli, et comment cela a fait agir certains, mais ce que je sais c’est que pour ma part, ce que je suis, ce je pense, ce que je souhaite faire…, résulte sans doute plus de ce que j’ai lu que de ce que j’ai vécu personnellement. Alors, lisons, écrivons, échangeons via les canaux les plus divers et le monde de demain, soulevé ou pas, en sera influencé.

    3. Les Ailes du désir (Wenders)
      http://www.dailymotion.com/video/x9vo7e_les-ailes-du-desir-2-7_sport

      “Lorsque l’enfant était enfant,
      Il marchait les bras ballants,
      Il voulait que le ruisseau soit rivière
      Et la rivière, fleuve,
      Que cette flaque soit la mer.

      Lorsque l’enfant était enfant,
      Il ne savait pas qu’il était enfant,
      Tout pour lui avait une âme
      Et toutes les âmes étaient une.

      Lorsque l’enfant était enfant,
      Il n’avait d’opinion sur rien,
      Il n’avait pas d’habitude
      Il s’asseyait souvent en tailleur,
      Démarrait en courant,
      Avait une mèche rebelle,
      Et ne faisait pas de mimes quand on le photographiait.

      Lorsque l’enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes :
      Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
      Pourquoi suis-je ici et pourquoi … pas là ?
      Quand commence le temps et où finit l’espace ?
      La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?
      Ce que je vois, entend et sens, n’est-ce pas…simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
      Le mal existe t-il vraiment avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
      Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant de le devenir je ne l’étais pas, et qu’un jour moi… qui suis moi, je ne serais plus ce moi que je suis ?

      Lorsque l’enfant était enfant,
      Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
      Et il en est toujours ainsi.
      Lorsque l’enfant était enfant,
      Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
      Les noix fraîches lui irritaient la langue,
      Et c’est toujours ainsi.

      Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
      Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
      Et il en est toujours ainsi.
      Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
      Comme aujourd’hui encore,
      Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
      Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

      Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
      Et elle y vibre toujours. “

      Peter Handke

  6. Plus de détail de ce programme du Conseil National de la résistance, écrit avant la libération, dans l’ombre et qui a donné l’ordonnance de 45, la sécurité sociale, le système de retraite par répartition, le statut d’une presse libre « et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères »…
    http://pagesperso-orange.fr/felina/social/programme_cnr.htm

  7. Bref, il y avait donc un nid de personnes avisés, carrément des collègues, tous au même étage d’un même immeuble, conscients que la pétaudière allait pétauder.
    Je trouve votre démonstration suspecte.
    DISONS LES CHOSES AUTREMENT.
    Lorsqu’un observateur se déplace de gauche à droite devant la Joconde, il a l’impression qu’elle le suit du regard. Cette tromperie est dûe à ce que le cerveau de l’observateur analyse la quantité de blanc présent dans l’oeil de la Joconde. Comme cette quantité ne varie pas, son cerveau en déduit que la Joconde le suit du regard.
    Il ne s’agit pas d’une anamorphose, d’une illusion d’optique, mais bien d’une erreur du cerveau, qui pose une conclusion erronée.
    Alors, dans votre cas, est-ce vous qui observiez la crise, où est la crise qui vous observait ?
    DIT AUTREMENT:
    La quantité de crise que vous observiez était-elle constante ?

    1. Si la Joconde avait 3 yeux, la proportion de blanc ne changerait pas.
      La quantité de risque existait déjà à la base.

      Simplement, on a augmenté la quantité de risque en augmentant aussi le nombre d’yeux.

      Et on a fait fort. Il ne fallait pas le faire à moitié pour que ça ait l’air « crédible ». Douter d’une religion fait qu’elle est déjà morte.

  8. « Je ne faisais pas partie en réalité des rares élus qui avaient deviné ce qui allait se passer : je faisais partie des rares crétins qui avaient choisi de vendre la mèche plutôt que de me joindre à la foule de ceux déterminés à ne pas laisser passer sans broncher une occasion de devenir super-riche comme on n’en voit qu’une seule fois dans sa vie. »

    Un membre de ma famille me disait, juste avant son décès: « je ne laisse rien à mes enfants, si ce n’est un nom propre au sens premier du terme ».
    Certes la fortune ne vous touchera pas de son doigt d’or mais chaque matin, dans la glace, vous pourrez vous regarder en n’ayant rien à vous reprocher et cela vaut tous les milliards.

  9. S’il existait une Internationale des crétins, il n’existerait pas une occasion de devenir super-riche.

  10. « Prendre le maximum de pognon pendant qu’il y en a encore ».
    C’est effectivement la seule logique que l’on puisse trouver ces derniers temps dans le comportement des « élites » financières.
    Mais que faire? A voir l’état de sidération des opinions publiques, on ne peut même pas espérer un soulèvement.
    Peut-être s’informer sur la crise argentine de 2001-2002, et se préparer …

  11. Oui l’impunité est totale pour les gouinfres de la finance qui on parié sur la baisse de l’immo américain
    le capitalisme touche a sa fin pour avoir trop bien fonctionné, l’accélération des flux financiers l’augmentation de effets de leviers l’innovation financière, le parasite est énorme on en vient dans la confusion a tuer le parasité au lieu du parasite , nous n’avons plus vraiment d’économie arretons de travailler et commencons une belle partie de monopoly. Dans la constitution pour l’économie il devrait etre question de limiter les revenus en fonction de l’utilité sociale des activités en prenant des fourchettes larges
    mais comprenons que dans le systeme actuel l’austérité pour les états ,c ‘est moins de liquidités dans l’économie, et plus de richesse pour les déja riches qui vont parier sur la baisse des bourses européennes.
    le capital a tous les droits, on respecte le tradeur , le banquier qui se nourrit sur les agios des pauvres, et on méprise l’assisté qui touche un rmi ou un chomage, notre société n’a plus aucune base morale
    en a elle déja eu? nos politiques semblent ahuris , pas de régulation pas de réforme d’envergure, du cosmétique mais vu que les « revenus  » de la finance comptent dans la croissance du pib qui va se mouiller pour chatouiller les financiers?on ergotte sur le bouclier fiscal, la burka,et on pense a rallonger le temps de cotisation retraite alors que la plupart des quincagénères ont un mal fou a trouver du travail et que les jeunes commencent de plus en plus tard a « travailler » comme stagiaires, comment est ce possible de dire autant d’aneries en public? La lobotomie est elle générale , une sclérose de l’esprit qui mene a respecter un système inique jusqu’a la nausée!
    la croissance du pib ne veut strictement rien dire, quand on injecte autant de liquidités c’est normal que le pib augmente mais l’activité utile réelle? le bien etre moyen par habitant (logement , équipement , éducation, santé…),des chiffre, des chiffre, et tres peu de jugeotte pour les interpréter.
    Profitons donc encore un peu tant que c’est encore possible de ce système absurde
    ou le travail des hommes n’est rien et ou le capital et le risque peux vous rendre très riche et respecté de tous.je connais un couple de retraités qui a gagné plus de 400 000 euros en pariant sur le rebond de bnp paribas entre vendredi et lundi , c’est bien plus que n’auront jamais la pluspart des francais dans leur vie
    en deux clics de souris, vive le capitalisme enrichissons nous jusqu’a la nausée et l’oubli de ce qui aurait pu etre une société plus juste,concentrons nous sur nos relevés de compte nous permettra peut etre d’oublier notre propre déchéance(pour ceux qui ont encore une conscience)Merci a P Jorion pour la qualité de son travail d’analyse et de réflexion mais a mon sens c’est trop tard pour sauver l’europe les états unis et la chine c’est une question de temps , la solution européenne passe par la monétisation de la dette, puis a terme par la création d’une nouvelle monnaie , surement sur les memes bases pourries qu’aujourd’hui, pas de société nouvelle sans hommes nouveaux…
    récession plus inflation égale dépression

    1. 400.000€ bien mal acquis ne « devrait » jamais profiter, et pour ce faire:

      L’état souverainement aidé par le Peuple reprend pouvoir sur sa monnaie, décrète:

      Changement de monnaie + comité national de « révision des avoir détenus »

      Il est des statistiques sur le capital détenu par les différentes couches sociales après une dure vie de labeur, le comité après délibération et prise en compte de la position comptable du compte avant et après crise en fixera le montant maximum créditable dans la nouvelle monnaie.
      L’éventuel exédent venant combler le trou des déficits.

      Les biens immobiliers resteraient à leur(s) propriétaire(s), pour les sociétés le capital détenu ne saurait être supérieur: ratio à définir CA/ ?.

      Pour un nouveau départ d’une nouvelle vie, l’argent n’étant que moyen à vivre dignement.

    2. ces histoires de parier sur les banques, parier sur les états, parier sur les monnaies ….. c’est quand même vraiment un drôle de truc, …

  12. A la grosse louche, tous les pro savaient donc.

    Certains ont profité de cette connaissance pour en tirer un immense profit, c’était leur droit, ils ne faisaient rien d’illégal. Dixit P.J.

    Mr JORION, je crois que vous êtes un brave homme, un poète de l’information…, un professeur Tournesol.

    Ce que faisaient vos charmants collègues ou confrères initiés était et reste aujourd’hui parfaitement illégal au contraire : on pensera bien évidemment au trop célèbre délit d’initié difficile a établir mais il convient surtout (à mon sens) d’envisager l’abus de droit… vous savez cette théorie juridique qui impose à chacun d’exercer ses droits de manière à ne pas délibérément être le plus nuisible possible à autrui.

    Ici, c’est limpide : certains ont exercé délibérément leur droit de manière à être le plus rentable (lisez toxique) possible à la communauté. Ils doivent être sanctionnés.

    1. Alors en tant que juriste (apprenti, s’entend), je pourrais glisser mon grain de sable en affirmant que l’abus de droit est quelque chose qui est très restrictivement accepté sur le plan légal. Un abus de droit peut être caractérisé au regard par exemple de l’employeur qui rompt une période d’essai pour des motifs non-inhérents au salarié. L’abus de droit est quelque chose qui s’entend à partir du moment où la personne a exercé un droit dans le cadre de porter préjudice à quelqu’un (la plupart du temps une personne physique, peu une personne morale). Or dans le cas présent, il n’y a pas de préjudice porté à une personne physique.
      Et c’est là la limite du droit, c’est de ne pouvoir sanctionner des actions qui sont totalement légales (en l’occurence), même si elles sont douteuses sur le plan moral.

    2. Le droit ça évolue , il a bien fallut le faire évoluer pour instruire le procés de Nuremberg.
      Un jour peut être , lorsque le temps de rendre des comptes sera venu , on pourrait imaginer une notion de crime économique contre l’humanité .

  13. « Seule question : que vaudront les dollars après la fermeture définitive ? Les euros, on le sait déjà. »

    En attendant ils s’empiffrent de caviar et de champagne. Et même après fermeture, s’ils sont assez malins ce dont je ne doute pas, ils ont déjà fait le plein de lingots d’or. Avec ces gens-là faut pas compter sur la Providence pour que justice soit faite. Et en l’état actuel, faut pas compter non plus sur la Justice étatique. Il ne reste que l’espoir, bien mince, d’une petite révolution populaire pour punir un jour ces escrocs. Eh oui, la vie n’est pas un film américain avec le happy end à la fin; les méchants gagnent souvent. Pas toujours il est vrai, on peut encore rêver.

    1. Gandhi disait que
      « il arrive que les forces d’iniquité semblent invincibles et que plus rien ne pourra les empêcher d’asservir le monde, mais finalement, ce sont toujours les forces de justices et de progrès qui finissent pas triompher ».

      Et il rajoutait:

      « si je n’avais pas la certitude de ceci, j’aurai déjà mis fin à ma vie ».

      Et c’est historiquement vrai. Le seul problème c’est que la voie de la « justice et du progrès » est assez impénétrable et qu’on ne sait pas au bout de combien de temps elles se mettent à triompher.

    2. Exact

      Voltaire : mort en 1778
      Rousseau : mort en 1778
      Diderot : mort en 1785

      Il n’auront pas connu 1789 !

      Mais sans eux …

  14. Je suis en train de lire ECOnned d’Yves Smith, très bon bouquin qui pointe du doigt la truanderie intellectuelle des économistes, notamment ceux de l’école de Chicago (Friedman & co), je le recommande chaudement.

    1. Oui très intéressant.
      J’aime beaucoup le concept « d’état privé ».
      Et j’aime aussi ses pistes de solution, il faut absolument aller dans ce sens pour dénouer la situation!
      Merci Hervey pour le partage, j’apprécie beaucoup! 😉

  15. Nous devons leur reprendre tout ce qu’ils nous ont volé depuis des années. Que l’on appelle cela comme on voudra nationalisation, municipalisation, expropriation, socialisation, redistribution…. surtout, sans aucune contre partie financière. Un très vieil ami cadre dirigeant d’une entreprise nationalisée en 1981 me racontait comment les actionnaires avaient fait fortune. En 1981, l’entreprise ne gagnait plus d’argent et se trouvait dans une situation difficile. Elle fut nationalisée un très bon prix. Puis en 1987, l’entreprise qui était en très bonne santé financière fut privatisée à un prix très bas. Les mêmes actionnaires rachetèrent une grande partie du capital. Une grande partie des salariés furent licenciés, l’entreprise gagnait beaucoup d’argent, les actionnaires furent grassement rémunérés. Puis, l’entreprise fut découpées en appartement cédé au plus offrant. Mon ami fut remercié (il n’est pas à plaindre) sans retraite chapeau pour bons et loyaux services (servile). Sa logique industrielle, d’investissement et salariale n’était pas en adéquation avec celle du marché et de l’actionnaire.

  16. Dimanche matin, la maison est calme, mon chien dort les 4 fers en l’air. Je rêve parfois que nous, êtres humains tenions un peu plus des animaux. Je m’explique.
    Très gourmand, mon chien passe son temps à réclamer et n’hésite pas à se servir lui même quand l’occasion se présente. Mauvaise éducation sans doute ! A l’une ou l’autre occasion il a réussi à « s’approprier » la réserve de croquettes et bien entendu à s’en mettre jusque là …. toujours en notre absence.
    Reste qu’il a toujours su mettre un terme à sa gloutonnerie et que la conséquence première de ses « dérapages » a été un dégoût prolongé pour les croquettes de la marque concernée.
    Rien de tel chez certains êtres humains dont tout instinct d’auto-limitation semble avoir disparu. « Après nous le déluge » est leur devise, mais de fait ce sont nos sociétés « modernes » qui l’ont faite leur même si depuis peu elles cherchent à se donner bonne conscience en faisant mine d’en avoir changé la remplaçant par l’oxymore fameux « développement durable ».
    Des « crétins » ou des goinfres (je n’ai pas voulu offenser nos amis les cochons en les traitants de p…) qui l’emportera ? J’aimerais miser sur les premiers mais …

  17. Je trouve cet article-ci plutôt porteur d’espoir: le capitalisme se mourrait car ce n’est pas un projet, ni collectif (ça on le sait depuis toujours), ni celui d’une quelconque nomenklatura/pseudo élite. Ce n’est que la loi de la jungle organisée sur le plan financier ou chacun tire la couverture (brodée de fils d’or et d’argent) à soi.

    Vous semblez dire, Paul, que la liquidation définitive approche à grands pas. J’aimerais vous croire mais je crains que l’agonie de la bête ne soit longue et que telle un grand saurien préhistorique, elle ne meure en d’horribles convulsions en balayant les peuples et les sociétés de coups de sa queue hérissée d’écailles et de dards empoisonnés (là, mon dinosaure prend une allure de dragon… 😉 ).

    Sans rire, en acceptant votre scénario, il faut que nous convainquions autour de nous de l’inéluctable et heureuse fin d’une époque mais aussi et surtout que nous mettions en place les pistes d’une société alternative. C’est encore plus difficile. Plutôt que de rédiger de nouvelles bibles ou de nouveaux programmes pour 1.000 ans, j’ai l’impression que les voies du salut (terrestre) se trouveront au sein des expérimentations qui se mettront en place pendant la mort du capitalisme. De plus, ces expérimentations, nécessairement en marge du système dominant, auront l’avantage de protéger les expérimentateurs des coups de queue précités. Hélas, une fois de plus, il est à craindre que ces « expériences pilotes » soient réservées aux plus conscients, c’est-à-dire aux plus favorisés intellectuellement, qui s’en tireront mieux que la majorité de la population encore sensible aux chants séduisants mais menteurs des dangereuses sirènes du capitalisme.

  18. En 2003, CDC IXIS lancé un CDO appelé ESANO. Pourquoi Esano? Parce que le seigneur d »Esano » (des anneaux). Je ne sais pas si ce produit a tenu ses promesses mais je trouve que cela donne une indication sur l’ambiance régnante, à ce moment là, parmi les créateurs de ces produits et pas qu’aux USA.

  19. Dans une chronique récente ici même, l’auteur nous parlait de rationalité, de la rationalité du capitalisme, bien intéressante chronique entre parenthèses….. Maintenant Paul Jorion vous nous dites que la fin est proche et que la liquidation a commencé. Vous nous dites aussi que ces gens ne sont motivés que par leurs intérêts, mais au juste, quels sont leurs intérêts dans la fin d’un système qui leur est favorable ? Où est la rationalité ?

    1. Didier.

      Ils n’ont nullement intérêt à la fin du système. Bien au contraire. Et vous remarquerez que les gouvernements ont tout fait pour éviter un effondrement. Mais un peu contraints aussi pour éviter que les peuples soient dans une situation d’horreur.
      Mais tant que ça marche…

      Là, ce qui se passe, c’est que les plus grosses fortunes sont prêtes à aller se planter sous des cieux plus favorables, c’est tout.
      (voir le cas de l’Islande avec ses banquiers qui étaient partis au Luxembourg…)

    2. @yvan : « les plus grosses fortunes sont prêtes à aller se planter sous des cieux plus favorables » : aucun lapsus ! Elles n’ont pas à se planquer pour s’installer (se planter) où elles veulent en parfaite légalité. « Se planter » est très juste, je le lis comme « prendre racine », et c’est du reste la cause de tous nos malheurs : les capitaux « prennent racine » ici et là quand ça leur chante, puis se déracinent aussi vite quand le vent tourne. Mais bon, si yvan voulait vraiment dire « se planquer », y’a lapsus, mais très positif, c’est rare.

    3. Si les rentier mènent leurs capitaux vers des cieux plus favorables, c’est, paraît-il, pour mieux les faire fructifier. Alors, de fait, le premier pas est bien de les planter. 😉

  20. et bien, nous sommes tous responsables, les initiés et les moins initiés. Car chacun a le nez collé au mur, et le recul salutaire apporté par vos écrits (en vérité) reste une flèche lancée dans les airs, elle finira par tomber, pour d’autres. Pour l’instant c’est l’amorce d’une débâcle, il y a quelque chose de latent, une sublimation diffuse, « un sombre précurseur ».
    quel sera le catalyseur, et dans combien de temps ?
    nous sommes des autruches. Au loin se profilent les jeux et le divertissement narcotique, nous avons du pain et des boulangers, du moins chez nous… tant qu’il y aura du pain et des jeux, on regardera passer la flèche, comme pour se divertir.
    Mais la phase finale du jeu ne risque-t’elle pas de se retourner contre les peuples eux-mêmes ? Alors des charniers vont se profiler…
    demain sera un triste jour.

  21. Bonjour Mr Jorion,

    Vous écrivez :
     »Je ne faisais pas partie en réalité des rares élus qui avaient deviné ce qui allait se passer : je faisais partie des rares crétins …  »

    Je pense qu’il y avait de nombreux  »crétins » qui pressentaient qu’il allait se passer quelque chose.
    Souvent en réunion de famille dans les années 2000 / 2005 à propos de l’immobilier, je disais que je devais être plus  »con » que la moyenne de ne pas parvenir à acquérir un bien immibilier.
    En fait je le pouvais mais je ne voulais pas m’endetter sur 30 ans au maxi de mes possibilités.
    Je voyais autour de moi tant de revenus dits supérieurs endettés au maximum qu’il me paraissait évidement qu’une crise surviendrait tôt ou tard.
    Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix d’être resté locataire.

    Vous parlez d’élus …
    Souvenons nous qu’en 2007 un certain NS fut élu sur un programme dans lequel il voulait introduire et développer le crédit hypothécaire en France. On pourrait emprunter plus en hypothéquant plus sa maison. Tel était le choix de société qui nous fut proposé et plébisité par nos compatriotes.

    Où en sommes nous maintenant ?
    Jean Claude Trichet a dit hier que nous étions dans une situation extrêmement grave, probablement la pire depuis la 1ère guerre mondiale. Ce qui signifie que cette crise est pire que celle de 1929. De nombreux  »crétins » l’avaient dit au début de la crise.

    Aujourd’hui nous voyons simplement que n’est pas crétin qui veut.
    Il y a  »crétin » et crétin.

    Quant à l’avenir, je le vois avec un mélange de pessimisme et de relatif optimisme.
    Vous avez intitulé un récent billet :  »l’instinct de survie des peuples ».
    N’arriverons nous pas très prochainement à  »la légitime défense des peuples » ?
    L’optimisme est à cette condition à mon humble avis.

  22. Je me défie de l’agent depuis ma plus tendre enfance, ayant été ‘programmé’ pour cela par ma mère et mes frère et soeur. Je suppose qu’il en va de même pour Paul: on a les valeurs qu’on nous inculque et dont nous voyons bien que les trahit et qui ne les trahit pas. La corruption par l’argent m’a toujours hérissé, que ce soit au lycée (où un livre simplement prêté pouvait faire l’objet d’une sous-location par l’emprunteur; ça m’est arrivé dès la quatrième!) ou plus tard, quand je remarquai que certains de mes collègues universitaires (je dis bien ‘certains’) grenouillaient sur le marché de l’immobilier, allant jusqu’à me proposer d’acheter des parts d’un projet spéculatif visant à récolter le maximum d’une autorité chargée de la construction d’une super-autoroute (northeast extension of the New York Thruway).

    Je suis épaté par le parcours de Paul chez Countrywide. C’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire, simplement par dégoût. Paul a choisi d’aller jusque dans le ventre de la bête, au risque de se faire traiter d’emmerdeur par un membre du CA. Il y fallait un ego fortement charpenté. Estimons-nous heureux que, contrairement au sujet de la chanson de Guy Béard, il n’ait pas été assassiné pour avoir oser dire la vérité! Disons-le tout net, Paul: vous ne vous êtes jamais senti menacé?

    1. j’ai travaillé des années auprès des SDF (je ne reverrai jamais les quelques centaines d’Euros prêtés).
      J’ai cru éviter le suicide d’un homme d’affaire que je savais véreux (et j’ai perdu 1000 euros).
      J’ai fait des ateliers d’écriture auprès d’universitaires (et j’ai vite tourné le dos; combien le savoir couplé à l’orgueil est ruineux).
      Je travaille actuellement avec des schizophrènes -et j’ai gagné entre autre des entrées chez Spinoza.

  23. « Voilà des gouvernements qui s’en vont en sommet à Bruxelles, pour essayer, soit disant, de sauver l’Europe d’un effondrement imminent de son système financier (…) Ils avaient le choix entre déclarer la guerre à la spéculation financière et la terrasser une bonne fois pour toute et la soumission à la logique des marchés financiers. Ils ont choisi la soumission et ils auront la guerre. »

    http://www.marianne2.fr/J-Genereux%C2%A0-l-esprit-de-Munich-regnait-a-Bruxelles-_a192818.html

  24. Oui, la situation des USA est dramatique, avant ça, celle du Royaume Uni se révèlera telle qu’elle est, cataclysmique. Mais je ne pense pas que l’euro continue sa chute. C’est le dollar qui est condamné. La Grèce offre peut être une chance inespérée à l’Europe de s’unifier, et d’envoyer au diable, bien qu’ils y soient déjà, les USA et RU réunis. Non pas que j’aie une quelconque animosité vis à vis d’eux, mais à un moment, il faut savoir se protéger. Et cette Union ne peut se faire que dans la défense de ce qui peut encore sauver la cohésion sociale, à savoir les services publics et la solidarité. On nous promet une cure d’austérité, mais personne ne nous parle de taxer les riches. C’est de la responsabilité de l’Europe d’aller chercher l’argent là où il est. C’est ça où le pire est imminent.

    1. Lou, je vous approuve complètement.

      Mais… Je l’ai déjà écris : ce n’est pas à l’Europe de faire peur à ses « riches » pour l’instant. La situation n’est pas encore assez catastrophique pour cela.

    2. Lou : bien sûr je suis d’accord avec vous mais la constante de la politique américaine c’est d’empêcher que l’Europe se fasse sauf à la marge et d’autre part cette fédération d’Etats-Nations (ou d’Etat-Nation je ne sais !) bloque le système par ses approches disons « nationalistes »

  25. Livre indispensable à lire sur la plage, en levant de temps en temps les yeux sur l’horizon, comme en clignant les yeux, « La route » de Cormac McCarthy;
    « Du pied il dégagea des emplacements dans le sable pour les hanches et les épaules du petit à l’endroit où il allait dormir et il s’assit en le tenant contre lui, ébouriffant ses cheveux pour les faire sécher près du feu. Tout cela comme une antique bénédiction. Ainsi soit-il. Évoque les formes. Quand tu n’as rien d’autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle» (p. 68).

  26. « Que deviendront les dollars après la fermeture définitive? »
    Ils auront sans doute le temps pour une bonne part d’être actualisés en biens matériels, en terres etc en attendant la « réouverture » et qu’ils puissent à nouveau redevenir liquides. On n’en aura pas fini de sitôt avec ces parasites qui possèdent des facultés de mutation leur permettant de s’adapter aux situation économiques et monétaires.

    1. Il y a aussi une autre possibilité qui remonterait le trafic maritime de la mondialisation :

      – les renvoyer par conteneurs maritimes aux US avec un joli nœud cadeau… 🙂

    2. Oui, Karluss, l’or et toutes les matières premières constituent sans aucun doute un très bon placement à la vitesse où on les grignottent. Après le krach économico-financier, le krach économico-industriel se profile.

  27. Bonjour à tous,

    Je n’ai de cesse de lire sur ce blog, que les rapports entre les politiques et les financiers surprennent. Çà et là et pêle-mêle, la promptitude de nos dirigeants à faire aboutir la négociation concernant la manière d’endiguer, ou au moins de réfréner, la décomposition de la Zone Euro, à côté du défaut de zèle à contrôler les maîtres d’œuvre de château de cartes, apparait comme « troublant, inquiétant, suspect, etc. ». Veillons à ne pas réinventer la roue ; les élites de ce pays fréquentent les mêmes lieux, envoient leurs enfants dans les mêmes écoles, ont reçu les mêmes canons d’éducation – propres à une normalité sociale.

    J’ai lu un texte du ministère de la Défense sur le thème de l’intelligence économique, il y était question des actions psychologiques. Cet article expliquait pour quelles raisons le seul contrepouvoir – donc, la cible – était, aujourd’hui, la société civile, « un instrument de la critique de l’État, permettant de dénoncer ses interventions concrètes » et non plus les syndicats, les ONG (bien qu’ils puissent être des contre-pouvoirs, de façon sporadique). Or la société civile se demande pourquoi elle doit subir une cure d’austérité pour une faute qu’elle n’a pas commise, ou bien, peut-elle être jugé coupable de négligence pour n’avoir rien connu d’autre alors qu’elle n’a rien connu d’autre.

    Nous n’avons pas inventé la roue, c’est une simple histoire de pouvoir, de la domination de l’homme par l’homme, du contrôle d’une minorité sur une majorité. Rien de nouveau sous le Soleil, messieurs de la maréchaussée. Le monde est un marché, ce marché doit s’accroitre constamment pour vivre, il a besoin de paix pour cela, cela emporte une gestion des risques asservissante (lire, le livre de B. Hours et M. Selim, Anthropologie politique de la globalisation, à ce sujet). Le fossé des valeurs entre celui qui a le pouvoir de décision et le quidam s’élargit toujours. Autant il est vrai que nous sommes des populations soumises, subjugués par le rêve de la perpétuelle prospérité qui s’éteint lentement.

    Oui, on peut être inquiet quand on comprend que la rigueur qui nous est imposée, avec pour raison de rassurer les marchés pour qu’ils arrêtent d’attaquer l’euro et éviter ainsi l’inflation, va conduire tout droit les pays dans un cycle déflationniste vers la « grande dépression » du XXIe siècle. Est-ce une idéologie qui rend sourd aux mises en garde de l’Histoire ou il y a-t-il quelque chose d’autre… Cela n’explique rien, j’en suis conscient, ce n’est pas mon but. Je m’interroge juste de savoir s’il y aura un mouvement qui permettra de redéfinir les termes du contrat de la vie en société, et quelle forme prendra-t-il ? Il me semble que nos élus ne peuvent ou ne veulent pas réellement changer les règles du jeu. Qu’elles changent et la vie en serait d’autant plus gaie.

    Merci pour votre travail sur ce blog.

  28. Les spéculateurs : ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. Paul Jorion les a vus. Pour lui, cela a commencé aux Etats-unis, tandis qu’il cherchait un poste de professeur que jamais il ne trouva. Cela a commencé par une banque et par un homme que le manque de réponses à ses questions avait rendu trop las pour continuer sa route chez Countrywide. Cela a commencé par des prêts subprimes. À présent, Paul Jorion sait que les spéculateurs sont là, qu’ils ont pris une apparence humaine, il s’est fixé pour tâche de convaincre un monde incrédule car il sait que le cauchemar a déjà commencé…

    1. Hhmm… Légère différence.

      Un extraterrestre a le petit doigt « distingué »…
      Un spéculateur, les doigts crochus…

      Tout fout le camps, dans la noblesse…

    1. Cépafo.

      Et c’est ainsi par là que l’on comprend totalement pourquoi les états veulent ABSOLUMENT museler le net…
      Pourquoi le net est-il autant surveillé…??

      Voyez le nombre de films US qui glorifient les « terroristes » informatiques qui pénètrent les réseaux informatiques…
      (deux fois dans le réseau SWIFT depuis un an.)

      Faire l’apologie de la résistance tout en faisant tout pour la détruire, amusant paradoxe…

    2. @yvan : « Faire l’apologie de la résistance tout en faisant tout pour la détruire, amusant paradoxe… » : vous savez bien qu’il n’y a rien de paradoxal, ça sensibilise les « esprits » à un « danger » que plus tard il sera légitime de « lutter contre ». C’est fou le nombre de « luttes » que les « pouvoirs publics » entreprennent pour notre bien…

  29. Vaut-il mieux passer pour un crétin et être en paix avec sa conscience, que de passer pour un
    « génie » des affaires et n’avoir point de conscience. That is the question ! C’est à chacun de se
    déterminer en son fors intérieur.

  30. Merci. C’est technique mais factuel, et très clair si l’on se donne la peine. Après l’exposé de la situation, à savoir la structure de la dette publique US et la répartition des maturités des titres, la projection que vous faites est implacable.

    Vous éclairez aussi le déclenchement de la crise grecque, sans théorie du complot, mais sans innocence non plus : l’Amérique est aux abois… « America first, America fist ».

    A lire…

  31. Bonjour Mr Jorion,

    Je lis votre livre « Argent mode d’emploi » qui me parait trés clair. J’en arrive à votre exemple de l’employé de la FAO qui vidait les comptes le soir, faisait des affaires la nuit avec l’argent, et regarnissait les comptes le matin. Cet exemple illustre la dynamique de circulation de l’argent.
    Ma question est : est-ce fondamentalement différent du HFT (high frequency trading)?
    Il me semble que oui mais je ne saurai pas l’expliciter clairement.
    Merci pour votre réponse.

    JC

    1. Amha, Pas de rapport très direct, si ce n’est qu’on achète et vend.

      Dans le cas du HFT, grâce à un « faible » délit d’initié (on paye pour avoir accès aux infos un chouia plus tot), on devine une tendance à l’achat prochaine, par exemple, et on va par deux ordres (achats revente) en quelques dizaines de millisecondes (pas les micro ou nanosecondes dont parle certains médias), gratter un petit quelque chose, en général des fractions minimes, de l’ordre de quelques pourcents des écarts des transactions « non HFT ».

      Ce que faisait le bonhomme de la FAO me semble du boursicotage « ordinaire » (en Asie je présume, si c’est la nuit), avec une martingale ou une autre pour ne pas perdre (que ça ne se voit pas).
      La seule idée commune est peut être qu’il y a cette faible visibilité de la transaction, pour malhonneteté dans un cas, et pour malice dans l’autre (HFT).

    2. Merci pour votre réponse. Effectivement dans votre sens, elle sont différentes.
      Mais le point commun que je voyais entre ces deux activités est une « meilleure » exploitation du temps. Notre univers spatial devient borné, mais la dilatation du temps est potentiellement encore infini. C’est ce qu’on a commencé à exploiter avec l’aide des moyens technologiques, par exemple dans la gestion à « flux tendu ».
      De ce point de vue, la différence est que le HFT est fermé sur lui même (rapporte aux mêmes) tandis que dans le cas l’employé de la FAO, il utilise l’argent sur les marchés locaux.
      Il me semble que l’on va utiliser de plus en plus :
      – l’étirement du temps
      – la dilatation de l’espace vers l’infiniment petit (nanotechnologies, …)

      JC

    3. @JCNoel : le temps du capitalisme ne se dilate pas, il se contracte. On peut dire aussi que la cadence de son « horloge interne » ne cesse de croître, ce qui promet une vie infernale pour tout le monde car les « travailleurs », – les tire-au-c… en langage Wall Street -, ne peuvent pas suivre.

    4. @Crapaud Rouge

      « On peut dire aussi que la cadence de son « horloge interne » ne cesse de croître »

      Je crois que nous sommes d’accord. Si la cadence croit, on peut observer plus d’évènements et dire que le temps s’étire. Ce n’est qu’une façon de s’exprimer. Pour ce qui est des conséquences, je suis en accord avec ce que vous ecrivez.
      Je voulais simplement remarquer que si notre univers habituel semble de plus en plus fini, technologiquement il se « libère » en augmentant la cadence du temps et en « creusant » l’espace vers l’infiniment petit.
      Il est peut-être rassurant de constater que ces avancées technologiques sont grosses consommatrices d’energie ce qui me confirme dans l’idée que le problème central est bien celui de l’energie.

    5. « me confirme dans l’idée que le problème central est bien celui de l’energie. » : oui et non. « Oui » parce que l’on fonce vers la fin du pétrole, « non » parce que le système a éliminé ce problème en forçant un pétrole pas cher. Mais comment passez-vous de cet « exemple de l’employé de la FAO qui vidait les comptes le soir » à l’énergie ? Cet exemple montre qu’un « capital » peut être utilisé avec profits sans être entamé, si donc il donne lieu à réflexions, ce devrait être du côté des mécanismes financiers, non ?

    6. « Mais comment passez-vous de cet « exemple de l’employé de la FAO qui vidait les comptes le soir » à l’énergie ? »

      Ce que je veux dire c’est que cette utilisation maximale du temps (dont l’employé de la FAO et le HFT sont un exemple), le « creusement » de l’espace vers l’infiniment petit (nanotechnologies) pour ne pas parler de la conquète de l’espace qui semble en veilleuse pour le moment sont dévoreuses d’energie.
      Par exemple, le HFT requiet des ordinateurs de plus en plus puissant et l’on sait maintenant que la limitation à la puissance de calcul sera l’energie (la machine consommera tellement d’energie que la chaleur induite ne pourra plus être dissipée).
      D’ailleurs si vous prenez l’exemple complet de l’employé de la FAO, vous lisez qu’il se rend le olus rapidement possible sur les marchés du pays voisin y faire des achats pour importer les marchandises, d’ou dépense importante d’energie.
      L’exploitation du temps de plus en plus optimisé est gourmande en energie.
      Autrement dit, si l’on regarde les directions ou l’homme peut réaliser des extensions technologiques, il se heurte au mur de l’energie.

    7. D’accord, je comprends mieux. Le lien entre vitesse/fréquence et énergie est basique en physique. Mais, à votre place, j’arriverais à la conclusion qu’il faut ralentir les cadences, et donc accepter une baisse des profits, de la rentabilité et de la productivité.

    8. « Mais, à votre place, j’arriverais à la conclusion qu’il faut ralentir les cadences …  »
      On ne peut pas tenir des propos aussi généraux.
      Il faut certainement en ralentir beaucoup, mais peut-être en augmenter quelques unes bien ciblées. Faire ce type de choix, il me semble que cela s’appelle faire une politique.

      JC

  32. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ça :

    le récit de l’invention du CDO synthétique (voir Glossaire) rapportée par Michael Lewis dans son livre The Big Short : « la grande vente à découvert », pour pouvoir précisément parier sur la chute de l’immobilier américain

    Est-ce à dire que ces CDO auraient été inventés spécialement pour pouvoir parier sur les défauts de paiement ? C’est complètement fou ! Après ça, comment avoir confiance dans ce qui fait autorité. Ceux de droite sont cyniques, ceux de gauche hypocrites, et tous à la botte du monde des affaires.

  33. Euro-Bankers Demand of Greece – Michael Hudson

    Traduction rapide (la mise en évidence est de moi…)

    Revendication des Banquiers européens sur la Grèce

    Les riches ne paieront pas leurs impôts, alors les travailleurs doivent le faire.

    Le « plan de sauvetage Grec » aurait dû être appelé ce qu’il est: un TARP pour les banquiers allemands et d’autres européens et pour les spéculateurs de devise mondiale. L’argent est fourni par d’autres gouvernements (principalement le Trésor allemand, en réduisant ses dépenses intérieures) en une sorte de compte séquestre pour le gouvernement grec pour payer les détenteurs étrangers d’obligations grecques, qui ont racheté ces titres à des prix au rabais les dernières semaines.

    Ils feront une mise à mort, tout comme les acheteurs de centaines de milliards de dollars de swaps de défaut de crédit (CDS) sur les obligations du gouvernement grec, les spéculateurs en euro-swaps et d’autres joueurs de casino-capitaliste. (les perdants actuels de ces swaps devront aussi être renfloués, et ainsi de suite à l’infini.)

    Cette manne doit être payée par les contribuables – en fin de compte ceux de la Grèce (dans les faits sur les travailleurs, puisque les riches ont été exemptés de taxes) – afin de rembourser les gouvernements européens, le FMI et même le Trésor américain pour son soutient à la finance prédatrice. Le paiement aux détenteurs d’obligations doit être utilisé comme une excuse pour sabrer les  services publics grecs, les pensions et d’autres dépenses gouvernementales grecques.

    Ce sera un modèle pour que les autres pays imposent une austérité économique similaire quand les gouvernements accumulent des déficits budgétaires face à la baisse des recettes fiscales provenant du secteur financier enrichi par le passage de l’économie de camelote vers la politique internationale. Ainsi, les banquiers pour leur part auront moins de mal répondre à leurs prévisions de bonus cette année. Et quand le système tout entier s’effondrera, ils ont dépensé l’argent contre les biens durables en propre.

    Les lobbyistes financiers profitent de la crise grecque comme une leçon de choses pour avertir de la nécessité de réduire les dépenses publiques de sécurité sociale et Medicare. C’est le contraire de ce que les manifestants grecs exigent : inverser le glissement fiscal global des patrimoines et de la finance vers le travail, et donner priorité aux créances financières de pensions du travail sur les créances des banques pour obtenir entièrement libérées sur des centaines de milliards de dollars de créances douteuses imprudentes récemment réduites au statut pourri (junk).

    Les lobbyistes bancaires savent que le jeu financier est fini. Ils jouent sur le court terme. L’objectif du secteur financier est de prendre le plus d’argent de renflouement qu’ils peuvent et partir, avec des bonus assez grands pour dominer le reste de la société après que l’ardoise soit enfin nettoyée. Moins de dépenses publiques consacrées aux programmes sociaux laissera plus d’argent pour renflouement les banques pour leur augmentation exponentielle des créances douteuses qui ne pourront jamais être payées à la fin. Il est inévitable que les prêts et les obligations feront défaut dans la convulsion habituelles de faillite.

    Les socialistes grecs ne sont pas encore aussi pessimistes que d’abandonner la lutte. Ils comprennent ce que leurs homologues américains ne comprennent pas : quelqu’un va contrôler le gouvernement. Si les socialistes – les démocrates – perdent leur esprit, le pouvoir sera abandonné aux créanciers étrangers qui vont dicter la politique publique par défaut. Et plus les intérêts bancaires sont servis, pire et plus endettés sera l’économie.

    Leur gain est acheté au prix d’austérité nationale. Les versements réguliers par des fonds de pension grec et les programmes gouvernementaux de dépenses sociales sert à reconstituer les fonds propres des banques allemandes et européennes.

  34. C’est bien. Vous êtes un crétin, mais en perdant plein d’argent vous avez gagné une famille au moins: nous. Après, je ne saurais trop vous dire si vous y avez gagné au change…:-)

  35. Nous avons tous toujours su (dire le contraire serait hypocrite).

    « Formed in the aftermaths of the 1973 oil shock by wealthy countries of the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD), the IEA, a self-proclaimed “global oil watchdog”, and its flagship report, the WEO, are considered to be the most authoritative source of information in the energy sector. To put it in the words of the Agency : “Governments and industry around the world have come to rely on the WEO to provide a consistent basis on which they can formulate policies and design business plans.”

    Nevertheless, in 1998, the most influential member of the Agency, the USA, didn’t like at all what was coming from their study. A structural problem with oil as identified by the IEA team would undeniably question the sustainability of the current economic model. During the study, the IEA team realised the extent to which economic growth was correlated to the availability of abundant and cheap energy. Hence, once oil production would stop to grow and tensions appear, economic growth would become far more difficult to sustain, if not impossible. The IEA team was effectively walking on eggshells. »

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