De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (X), Intérêt égoïste contre bonne volonté, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Alors qu’Adam Smith conçoit l’homéostasie en référence au seul intérêt individuel, votre analyse la réintègre pleinement au champ social.

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (X), Intérêt égoïste contre bonne volonté, entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

Séance de discussion à Ars Industrialis, Prix / valeur – Droit au revenu, le 21 mars 2015

Ouvert aux commentaires.

La séance de discussion à Ars Industrialis du 21 mars 2015. Y participaient, Olivier Laudau, Simon Lincelles, François-Xavier Petit, Christian Faure, Julien Gautier, Paul-Emile Geoffroy, Vincent Puig, Colette Tron, Franck Cormerais, Arnauld de l’Epine, ainsi que moi-même.

Ma propre communication (2ème partie de la discussion) : Valeur / Prix / Création de valeur

La communication de François-Xavier Petit (1ère partie de la discussion) : Droit au revenu dissocié du revenu de l’emploi salarié

Continuer la lecture de Séance de discussion à Ars Industrialis, Prix / valeur – Droit au revenu, le 21 mars 2015

Partager

Mon grand-père a une idée géniale : indexer la monnaie sur l’énergie, par Jérôme Naly

Billet invité

Ainsi parlait mon pépé René:

« Quand j’étais petit, la monnaie avait de la valeur. La preuve: il me suffisait d’aller à la banque et j’échangeais mes billets contre de l’or. Ça c’est quelque chose non ? Mais de nos jours, plus rien n’a de la valeur. Regardez les jeunes comme ils dépensent sans compter. L’énergie par exemple; toujours que je suis derrière eux à éteindre la lumière. Ah, si la monnaie était indexée sur l’énergie, ils comprendraient vite la valeur de l’énergie, moi je vous le dis !  »

Sacré pépé, il confond le prix et la valeur. Remarquez qu’il n’est pas le seul. Moi aussi j’ai mis longtemps à assimiler que le prix ne reflète pas la valeur des choses, mais seulement les rapports de force dans la société. Ceux qui, comme mon grand-père, veulent indexer une monnaie sur l’énergie pour forcer la société à tendre vers la sobriété, se trompent, car ils sous-entendent implicitement qu’un prix reflète nécessairement une valeur. A leurs yeux, tout prix exprimé dans une monnaie fondée sur la ‘valeur énergie’ refléterait nécessairement le contenu en énergie d’un bien de consommation.

Continuer la lecture de Mon grand-père a une idée géniale : indexer la monnaie sur l’énergie, par Jérôme Naly

Partager

POUR EN FINIR AVEC LA « VALEUR », par Zébu

Billet invité

L’une des dernières vidéos de Paul Jorion incite à réfléchir à ce qu’il déclarait sur l’intérêt pour ‘les pouvoirs’ d’inciter les bulles financières à se former afin de pallier la nature même de ces bulles, à savoir qu’elles finissent toujours tôt ou tard par exploser ou se dégonfler. Il a ainsi cité le cas américain : bulle boursière (action) puis bulle immobilière (subprimes) puis re-bulle boursière (trading haute fréquence).

Or, il semble bien que ce phénomène doive être considéré comme généralisable puisqu’on peut aussi l’observer pour la France, bien que selon une structuration particulière puisqu’il n’y existe pas de fonds de pensions mais bien essentiellement des retraites par répartition (même si les assurances-vie jouent un rôle particulier dans ce schéma, mais dans lesquelles les fonds en actions sont au mieux de 15 %, le restant en obligations). Il suffit pour s’en convaincre de retracer l’historique des réformes des retraites depuis 1993 jusqu’à aujourd’hui et de le mettre en parallèle avec celui des mesures de défiscalisations immobilières en France.

La première grande réforme des retraites est celle de Balladur en 1993, mais c’est en fait l’échec de la réforme Juppé en 1995 face aux grèves qui va sonner le glas de la restructuration des retraites pour les faire ‘accéder’ aux financements des marchés : à partir de 1995, plus aucun gouvernement ne pourra restructurer frontalement les retraites, du fait du précédent politique induit. On constituera alors un fond de réserve (1999) ou on fera des réformes partielles (au sens où elles ne modifient pas radicalement la structure des retraites mais perpétuent et amplifient bien l’incapacité du système à assurer sa pérennité à terme : 2003, 2007, 2012, 2013, etc.), dont les acteurs principaux (‘partenaires sociaux’, gouvernants) sauront qu’elles n’auront pour but que de devoir être revues, toujours à la hausse quelques années plus tard, sans pour autant rien remédier fondamentalement au problème posé par la répartition.

Continuer la lecture de POUR EN FINIR AVEC LA « VALEUR », par Zébu

Partager

Vidéo spéciale – À NOUVEAU AU SEUIL D’UNE GUERRE MONDIALE

Sur YouTube, c’est ici.

Comprendre l’économie oblige de se débarrasser de la « valeur »

La prétendue « Théorie de la valeur » d’Aristote : des Scolastiques à Paul Jorion, par Zébu
Paul Jorion : Le prix, 2010

Or pour comprendre l’histoire, l’« intention » ou la « volonté » ne valent guère mieux que la « valeur » pour comprendre l’économie

Paul Jorion : Principes des systèmes intelligents, 1989 ; 2012
Paul Jorion : Le secret de la chambre chinoise, 1999
Benjamin Libet
La chambre chinoise de John Searle

Expliquer l’histoire humaine par le rattrapage plutôt que par l’intention et la volonté

Partager

JORION SE TROMPE LÀ OÙ RICARDO VOYAIT JUSTE, par Jean-Marie Mottoul

Billet invité. Une critique ricardienne de mon livre Le prix (Le Croquant 2010).

L’économie peut s’attacher à comprendre les comportements des hommes tant à titre individuel qu’en groupe lorsqu’ils sont confrontés à la nécessité de produire pour satisfaire leurs besoins ou de se partager des richesses aux quantités limitées. Convenons que ce souci de compréhension s’apparente à celui qui anime la psychologie ou la sociologie ici en l’occurrence dans le champ de l’activité économique de production et de consommation. On pourrait parler de psychologie ou de sociologie économique.

Cette compréhension peut être utile pour guider le politique en tant que responsable de la cohésion sociale. Il convient toutefois de considérer que l’économie peut aussi se définir comme un ensemble de techniques d’organisation du travail de l’homme qui sont recommandées aux gestionnaires pour tendre vers un optimum lui-même défini comme un état où il n’est pas possible de produire plus en travaillant autant ou de travailler moins en produisant autant. Ces techniques et cet optimum se situent, soit sur au niveau des unités de base, en tant qu’art de gérer une entreprise ou un projet, soit sur un plan global, en tant qu’art de conduire l’activité de production et de distribution des fruits de cette production, de tout un pays[1].

Continuer la lecture de JORION SE TROMPE LÀ OÙ RICARDO VOYAIT JUSTE, par Jean-Marie Mottoul

Partager

VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski

Billet invité. Le contexte de la réflexion de Valentin Przyluski peut être appréhendé par la lecture des articles suivants : Le cinquième suicide européen, par Jacques Attali, et un papier du Wall Street Journal sur Matthieu Pigasse.

À la suite de ces lectures, il m’est apparu qu’il fallait reconsidérer les stabilisateurs sociaux à l’aune d’une nouvelle analyse. Par stabilisateurs sociaux, terme emprunté au jargon économique, j’entends toutes les politiques assurantielles : vieillesse, maladie, accident du travail, handicap, chômage. Les politiques du logement et de la famille, par leur impact sur le mécanisme de prix (indirectement par le revenu), m’apparaissent moins concluantes pour cet exemple. À l’inverse, j’inclus l’éducation dans ces stabilisateurs sociaux. Bref, un mix entre la sécurité sociale, et les services publics, pris en compte de manière économique.

Ils sont intégrés dans le débat politique et économique du modèle dominant, soit :

– comme une charge pour l’offre, un coût à la compétitivité ;

– comme une nécessité pour le maintien de la demande par une diminution subséquente du taux d’épargne des ménages désormais assurés, ou par un maintien du revenu dans le cas des impôts négatifs ou de l’assurance chômage ;

– comme du salaire indirect, pour les syndicats et partis de « la gauche de la gauche » selon l’expression consacrée.

Ces trois points lient ces stabilisateurs sociaux au coût du travail (offre), ou à la rareté matérielle et au concept de valeur des choses (revenu, salaires indirects). De fait, le mécanisme de gouvernance principale demeure le prix, et la méthode d’arbitrage, le cadre marginaliste.

Continuer la lecture de VERS UNE CIVILISATION DE L’IMMATÉRIEL, par Valentin Przyluski

Partager