JORION SE TROMPE LÀ OÙ RICARDO VOYAIT JUSTE, par Jean-Marie Mottoul

Billet invité. Une critique ricardienne de mon livre Le prix (Le Croquant 2010).

L’économie peut s’attacher à comprendre les comportements des hommes tant à titre individuel qu’en groupe lorsqu’ils sont confrontés à la nécessité de produire pour satisfaire leurs besoins ou de se partager des richesses aux quantités limitées. Convenons que ce souci de compréhension s’apparente à celui qui anime la psychologie ou la sociologie ici en l’occurrence dans le champ de l’activité économique de production et de consommation. On pourrait parler de psychologie ou de sociologie économique.

Cette compréhension peut être utile pour guider le politique en tant que responsable de la cohésion sociale. Il convient toutefois de considérer que l’économie peut aussi se définir comme un ensemble de techniques d’organisation du travail de l’homme qui sont recommandées aux gestionnaires pour tendre vers un optimum lui-même défini comme un état où il n’est pas possible de produire plus en travaillant autant ou de travailler moins en produisant autant. Ces techniques et cet optimum se situent, soit sur au niveau des unités de base, en tant qu’art de gérer une entreprise ou un projet, soit sur un plan global, en tant qu’art de conduire l’activité de production et de distribution des fruits de cette production, de tout un pays[1].

Les deux approches – technique et sociologique – sont complémentaires. Dans le domaine de l’unité de base par exemple, l’expérience a démontré que les techniques de gestion les plus pertinentes pour utiliser au mieux les ressources et donner une visibilité sur les résultats afin de guider la prise de décision, pouvaient prendre un caractère technocratique contreproductif si elles n’étaient accompagnées d’une intelligence des motivations des hommes dont l’étude en milieu de travail est couverte sous le label de « sociologie des organisations ».

Ceci est encore plus vrai dans le domaine global où la conduite de la politique économique se confronte à des processus sociaux de coopération mais aussi de conflits pour le partage des produits du travail. Il reste que l’approche prescriptive est une démarche utile même si elle s’appuie sur des constructions mentales modèles qu’on ne retrouve pas dans la réalité.  Or le sentiment prévaut qu’en matière de politique économique, le volet « sociologique » a acquis une prédominance telle que nos meilleurs économistes apparaissent être davantage des spécialistes des comportements. Ils s’apparentent plus à des psychologues et sociologues qu’à des techniciens qui peuvent prescrire des modalités de gestion les plus adéquates.

L’approche de la question de la valeur est une bonne illustration de cette dérive puisqu’elle est livrée aux désirs éminemment subjectifs des agents économiques et que ses facteurs explicatifs relèvent davantage d’analyses psychologiques et sociologiques que de techniques comptables des coûts.

Dans ce cadre, le livre de Paul Jorion apporte un éclairage du plus grand intérêt puisqu’il se fonde sur une analyse sociologique de terrain et qu’il en conclut que le prix, au-delà de ses variations accidentelles, est structurellement relié à un facteur objectif, à savoir le temps de travail. Bien évidemment, cette explication ne vaut que pour les produits du travail standard de l’homme pour lesquels la limite de production est le temps de travail qu’on y consacre.

L’illustration n’est pas mince car elle porte sur un produit du travail qui ne répond que très imparfaitement aux conditions de l’échange. Il s’agit en effet des produits de la pêche dont les résultats ne peuvent être que très partiellement régulés (hasards de la pêche) et que les pêcheurs sont tenus de vendre le jour même. Il y a donc une pression qui pèse sur eux et qui corrompt le rapport d’échange lequel doit en principe s’établir dans la liberté des coéchangistes.

Ce qui ressort de l’examen de ce marché, c’est que quel que soit le volume de production, la rémunération du pêcheur couvre son temps de travail. Si la pêche est abondante, le prix unitaire du poisson tombe et si elle est pauvre, ce prix unitaire augmente de sorte que la valeur globale reste inchangée. Si la demande se contracte, la baisse du prix est limitée car le mareyeur (acheteur grossiste) assume cette baisse par une diminution de son bénéfice. Ce n’est que si cette contraction se confirme que le prix moyen représentatif du temps de travail diminuera invitant le pêcheur à réduire lui aussi cette production pour relever le prix moyen au niveau d’une rémunération correcte de son travail.

Ceci démontre la validité de la valeur–travail énoncée par Adam Smith et précisée par David Ricardo : les produits du travail standard de l’homme s’échangent valeur pour valeur dans un rapport qui tend au rapport des temps de travail nécessaires pour les produire.

Ceci soulève une interrogation sur la valeur respective des différents travaux : une heure du pêcheur par rapport à une heure du mareyeur ou, pour reprendre l’exemple d’Aristote cité par Paul Jorion, une heure de maçon par rapport à une heure de savetier.

C’est essentiellement à la réponse à cette question qu’est consacré l’ouvrage de Paul Jorion. Il fait état de rapports de force où compte tenu des compétences exigées et des capacités d’investissement préalables tant matérielles qu’immatérielles (savoir – relations sociales – image), les uns peuvent plus facilement imposer leur prix que d’autres qui pourraient même être réduits à un salaire de subsistance.

Cette conclusion s’inscrit dans la vision de David Ricardo qui admettait qu’une dimension subjective présidait à la fixation des valeurs relatives des différents travaux, sachant qu’il convenait d’œuvrer à exclure les pratiques corporatistes qui ferment l’accès à certaines professions. Précisons cependant que, par salaire de subsistance, Ricardo n’entendait pas un niveau de rémunération qui permet juste d’entretenir sa force de travail (consommation productive) et celle de ses enfants, mais un revenu permettant de mener un train de vie qui sociologiquement correspond aux mœurs du temps compte tenu des capacités de production de l’économie.

Ricardo s’inscrivait donc, ici aussi, dans une logique sociale de rapports de force qui a pour conséquence majeure de détacher le niveau du salaire de celui de sa productivité, contrairement à ce qu’enseigne l’approche de l’école marginaliste. Paul Jorion va cependant plus loin et décrète que, en conséquence, il est possible de se passer entièrement d’une théorie économique de la valeur au profit d’une théorie sociologique du statut.

C’est le statut social qui détermine le prix et non le travail incorporé qui pose alors à son tour la question devenue insoluble de la valeur du temps de travail (page 297).

Cela nous paraît un pas de trop. Si un produit du travail standard de l’homme demande 10 heures de travail et un autre produit, 1 heure, ces deux produits devraient s’échanger dans un rapport 1 contre 10. Il est possible que, de par le statut social lié aux deux travaux, ce rapport soit de 1 contre 20, le statut social du premier valant deux fois celui du second. Il n’en reste pas moins vrai que ce rapport des statuts sociaux ne suffit pas à expliquer le rapport d’échange : celui-ci n’est pas de 1 pour 2 mais de 1 pour 20 et ce dernier rapport tel qu’observé, s’explique d’abord fondamentalement par le rapport des temps de travail, le statut social n’étant qu’une pondération subséquente et de plus en plus subsidiaire dans un monde en voie de simplification des rapports sociaux, de démocratisation des études et dans un marché du travail de plus en plus flexible, concurrencé et changeant. Paul Jorion cite lui-même le cas de la baisse relative du prix de la consultation médicale liée à l’augmentation du nombre de médecins.

C’est de plus en plus, le temps de travail nécessaire à l’acquisition des connaissances (investissement dans le savoir) qui reste le seul facteur influant le rapport des seuls temps de travail. Mais cet investissement est lui-même objectivé par un temps de travail.

Cette dernière remarque invite à rappeler que tout investissement dans un bien capital (matériel comme une machine ou immatériel comme le savoir) doit, pour être économiquement justifié (c’est-à-dire pour ne pas induire un gaspillage de notre temps de travail), engendrer durant sa durée de vie un profit qui permet d’amortir cet investissement et de récupérer l’épargne préalablement nécessaire pour le financer.

La différence de rémunération d’un travailleur qui a procédé à un tel investissement en savoir, est donc objectivement justifiée par cette exigence de profit qui recouvre un coût.

Cette remarque vise à recadrer la définition qu’en donne Paul Jorion qui réduit le profit au bénéfice tiré d’un échange marchand (page 23) Il reste cependant cette objection à l’encontre de la théorie de la valeur – travail fondée sur la valeur du temps de travail lui-même. Ricardo y a répondu d’une façon très claire. Pour celui-ci, si le temps de travail fonde la valeur des produits du travail, il est lui-même sans valeur au sens économique du mot. Ricardo avait déjà dû explicitement corriger Adam Smith et Robert Malthus dans la façon dont ceux-ci exprimaient cette théorie sous une forme substantielle.

Karl Marx est retombé dans le même piège en faisant du travail la substance de la valeur alors que la relation qui relie celle-ci à la quantité de travail est d’une toute autre nature. La valeur d’échange est proportionnelle à la quantité de travail mais elle n’est à aucun titre du travail ‘cristallisé’ ou ‘incorporé’. Car si le travail fonde la valeur d’échange, il n’est pas lui-même un objet d’échange. Seuls s’échangent les produits du travail. Si une voiture s’échange contre 40 postes de télévision, c’est parce qu’il faut plus ou moins le même temps de travail pour produire une voiture ou 40 postes de télévision (en ce compris le travail nécessaire aux produits capitaux utilisés dans les processus de production) soit mettons 1.500 heures de travail. Il serait cependant erroné d’en conclure qu’une voiture vaut 1.500 heures de travail.

Ainsi, il est regrettable que Paul Jorion s’appuie sur cette conception erronée de la valeur–travail en reprenant (page 64) le texte critiquable d’Adam Smith qui considère, à tort, qu’acheter un produit du travail ou la quantité de travail nécessaire à ce produit, c’est la même chose.

La valeur du travail (notion qui relève davantage de la philosophie ou qui se mesure en termes biologiques – dépense de calories) n’est pas la valeur du produit du travail (concept économique). La quantité de travail régule la valeur d’échange mais ne s’y identifie pas. Ricardo insiste sur cette subtilité du raisonnement.

Le travail est hors du champ de l’économie ; il n’est pas objet d’échange sauf à considérer que le travailleur ne serait qu’une bête de somme. C’est pourquoi il est conceptuellement erroné de définir le salaire comme la location d’un temps de travail (page 23) ; il doit être conçu comme la rémunération des produits du travail. Ricardo écrit à Malthus (« Commentaires sur Malthus » page 79) « le coût de deux marchandises pourra bien être en proportion de la quantité de travail employée par elles, mais il sera essentiellement différent de lui-même ». Et dans ses Principes il dit textuellement : « Adam Smith, qui a si correctement défini la source originelle de la valeur échangeable et qui, pour rester conséquent avec lui-même, était tenu de soutenir que toutes les choses ont plus ou moins de valeur en proportion du plus ou moins temps de travail qui a été consacré à leur production, a lui-même érigé une autre mesure de la valeur et parle de choses comme ayant plus ou moins de valeur selon la proportion dans laquelle elles s’échangent contre cette mesure. Parfois, il parle de blé et d’autres fois du travail comme étant cette mesure standard. Non pas la quantité de travail consacré à la production d’un bien quelconque, mais la quantité de travail qu’il faut acheter sur la marché ; comme s’il s’agissait de deux expressions équivalentes et comme si, parce que le travail d’une heure est devenu plus productif et qu’il peut produire désormais deux fois la quantité d’une marchandise, il doit nécessairement recevoir deux fois plus en échange. »

On rapporte l’effet à sa cause (le temps de travail relatif), après quoi, on n’en parle plus. La valeur n’est pas une quantité inhérente aux produits qu’on échange, c’est un taux auquel un produit s’échange contre un autre produit. Il n’est donc pas correct de dire que l’échange révèle la valeur ; il ne fait que révéler un rapport de valeurs. La seule chose qu’on puisse connaître est une perception relative de la valeur.

Si Adam Smith et Karl Marx avaient raison, alors, si la productivité d’un coéchangiste venait à être multipliée par deux, sa rémunération devrait être augmentée d’autant. Or, ce ne sera pas le cas : c’est la valeur de son produit qui diminuera de moitié.



[1] Nous utilisons les mots « unité de base » et « global » plutôt que « micro » et « macro » car ces deux derniers vocables couvrent non des domaines différents mais des méthodes différentes pour cerner une même réalité qui est une économie prise dans son ensemble, la micro partant de l’analyse des comportements d’agents individuels que l’on agrège par la suite, la macro appréhendant la totalité dès le départ de son raisonnement considérant que le tout n’est pas la somme des parties.

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143 réflexions sur « JORION SE TROMPE LÀ OÙ RICARDO VOYAIT JUSTE, par Jean-Marie Mottoul »

  1. Organisation suprême, inversion des sens, je ne vois à aucun endroit le fait que des mafias ont canalisé, normalisé la valeur travail faisant de nous de bêtes consommateurs.
    Que penser de ces pavillonistes monopolistiques exploitant les artisans devenus des tâcherons, des esclaves, des serfs par obligation ?
    Que penser de ces grandes surfaces multinationales exploitant les producteurs devenus, chez nous, des bêtes de somme, des esclaves dans les pays en voie de développement ?
    Puisque le monde bouge, alors qu’on leurs demandait simplement de garder notre argent, que penser de ces banques dominatrices, qui vous vendraient pour faire de vous des jukkies, bon-points, assurances, musique, dentifrice et la brosse à dent avec.
    Que penser de ces fédérations nationales qui ont le culot de dire aux associations affiliées « Sans nous, vous n’êtes rien » ?

    Pourquoi devrait-on vous apprendre l’Histoire et la Géo pour faire ce que vous faites, pour être ce que vous n’êtes plus ?

  2. « le statut social n’étant qu’une pondération subséquente et de plus en plus subsidiaire dans un monde en voie de simplification des rapports sociaux, de démocratisation des études et dans un marché du travail de plus en plus flexible, concurrencé et changeant. Paul Jorion cite lui-même le cas de la baisse relative du prix de la consultation médicale liée à l’augmentation du nombre de médecins. »

    Pour aussi pointue théoriquement, aussi étayée que soit la position de l’auteur, il n’est pas interdit de regarder par le trou de la serrure. Obligeamment, lui-même nous met dans la position du voyeur en déclinant ses perceptions et en les ramassant en quelques phrases.
    Émergent alors quelques « prérequis » qui ne semblent pas sans relation avec sa position théorique.

    Ainsi, il avance que les rapports sociaux seraient simplifiés. Le statut social serait donc en train de devenir mineur, ce qui sous-entend un rapprochement des catégories sociales. Alors que les données concrètes sur l’emploi, le diplôme, le chômage et l’espérance de vie prouvent le contraire, Les études seraient de plus en plus accessibles – mais en 2002, 90 % des enfants d’enseignants ont obtenu le bac, contre 40,7 % des enfants d’ouvriers non-qualifiés et 27,6 % des enfants d’inactifs, et 75,7% des enfants de cadres supérieurs ont eu le Bac, contre 34% des enfants d’ouvriers.
    On peut donc légitiment penser que la définition qu’il donne du travail, de la valeur-travail, même grimpée sur les épaules des géants Smith et Pareto n’est peut-être pas porteuse de l’objectivité qu’elle entend faire admettre par son architecture même et une petite pointe d’effet d’autorité.

    1. @ Contempteur

      Pareto.

      En quoi est-il un géant? Les théorèmes du bien-être (je les découvre sur Wiki) ont-ils encore une influence sur la façon qu’ont les politiques d’aborder l’économie?
      Quid des équilibres de Nash?

      1. Géant au sens de notoriété, reconnaissance…
        Je doute que nos politiques s’inspirent de théories, ils pratiquent plutôt la navigation à vue et n’infléchissent leur pensées et leurs actions que si des organismes prescripteurs et acteurs comme la CNUCED, le FMI, la Banque Mondiale, proposent des analyses différentes, ou si la situation sur le terrain leur impose un virage.

        L’équilibre de Nash, si j’ai bien compris, peut donner lieu à des solutions non-optimales. Et, en l’occurrence, nous ne sommes pas dans le cadre d’un jeu. Les acteurs, les dynamiques et l’information débordent le cadre d’un jeu, en tant qu’inter-action réglée dans un cadre formellement limité. Un inter-action travail-emploi ne se limite pas au cadre de l’entreprise, ni même à celui de la branche d’activité. Des inférences juridiques, sociales et autres influence le déroulement…

  3. La rémunération du travail, comme le prix des produits, est de plus en plus basée sur le rapport de force exprimant l’équilibre (ou plus souvent le déséquilibre) des pouvoirs.
    Toute entité ne démontrant pas assez sa puissance voit ses besoins niés par les autres.

  4. Et si vous faisiez, les uns et les autres un pas de côté pour changer de point de vue et regarder la réalité. Et si le temps d’une sieste vous vous foutiez des économistes et des sociologues. Et si vous vous mettiez à imaginer un autre jeu que le football sur un terrain qui n’a plus qu’un seul but. Hein ? Les enfants savent très bien faire cela.
    Si vous partiez de l’idée simple que chaque être humain naît avec le droit de vivre. Le droit de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se chauffer, de se déplacer, de se distraire, d’être éduqué, soigné, de se cultiver, de créer, d’aimer… A partir de cette notion simple, comment organiseriez-vous la société ?
    Évidemment, il n’y aurait sans doute plus de compétition, plus de surconsommation d’énergie et de matières premières, plus de gaspillage, plus de publicité, plus de cette croissance imbécile, stérile, plus de démesure… Vraiment, ça vous manquerait ?
    Évidemment, il y aurait plus de plaisirs, de temps passé à ne rien faire, de paresse peut-être, plus d’échanges d’idées, plus de création, de regards complices, de partage, d’amour…
    Déjà, ça ne vous manque pas ?

    1. Après les droits, énoncez les devoirs , et vous aurez le début de l’organisation de la société à laquelle vous emblez aspirer .

    2. Mais que faire des hormones, de l’avidité, des inégalités naturelles, des différences culturelles, de la jalousie, de l’irresponsabilité, du mépris, etc.. ?
      On tente d’enseigner le respect de l’autre aux enfants dans les écoles des pays « riches ».
      En vain, tant le fonctionnement de la société est basé sur des concepts comme la hiérarchie, la peur, et l’ignorance.

      1. @wildleech

        Pour tout ce qui touche à la nature au moins, la culture est au moins une partie de la réponse: C’est précisément ce qui permet à l’humain de s’extraire de sa condition purement animale. « L’homme est un animal politique » selon Aristote, mais si la politique est le mode de partage du pouvoir alors l’homme n’est guère plus un animal politique que le loup, l’abeille, ou tout autre animal en fait simplement social.

        Tenter de caractériser l’Homme, ou plus encore de le distinguer de toute autre forme de vie animale ne serait pourtant pas plus abouti en parlant « d’animal culturel », puisque ni l’apprentissage, ni la politique ni même l’ingénierie ne lui sont des domaines réservés (pour ce dernier point, voir entre autre l’exemple des termitières qui sont des chefs d’œuvre de constructions naturellement climatisées). Reste éventuellement l’art…

        Mais par ailleurs la différence est que l’homme est un animal à peu près conscient de sa condition (ce qui peut en fait expliquer l’art). Ainsi ce qui peut le faire s’élever au dessus de ça, c’est d’en manifester la volonté faisant le choix de se modérer.

        Vous avez cependant raison sur un point: La société émet des signaux totalement contradictoires qui perturbent gravement sa progéniture: « Sois le meilleur à l’école mais considère chacun comme ton égal », « sois un brave petit employé qui obéit à son patron, mais n’oublie pas qu’en tant que citoyens vous disposez exactement des mêmes droits », etc.

        De telles injonctions enfilées comme des perles tout au long de la vie n’ont globalement aucun sens, si bien que la réelle surprise soit qu’il y ait finalement si peu de désaxés mentaux. Ou alors peut-être les seuls qui soient encore sains d’esprit soient finalement ceux qui se mettent – volontairement ou non – à la marge d’un tel foutoir?

      2. @ wildleech 15 juillet 2012 à 19:21
        Là aussi, c’est une question d’éducation. De nos jours, dans certaines classes il n’est pas rare, sur un cours d’une heure, qu’un professeur ait besoin de perdre 10 à 15 minutes afin de stabiliser sa classe et mettre ses élèves au travail. C’est peut-être une question de respect, notamment de la hiérarchie. Il faut bien respecter la hiérarchie car c’est une fonction essentielle des structures, si l’on veut être individuellement et collectivement être efficace au lieu de verser dans l’anarchie, le désordre et la décohésion qui mènent à l’anéantissement.

        Quant à la peur et à l’ignorance, l’une se nourrit de l’autre, et c’est bien pour cela que les sociétés développées investissent dans l’éducation, l’enseignement et la transmission des connaissances. Mais là aussi, il est bon de veiller à respecter la hiérarchie qui donne la prééminence, le leadership, au maître.

        @ Dissonance 15 juillet 2012 à 22:00

        La société émet des signaux totalement contradictoires qui perturbent gravement sa progéniture: « Sois le meilleur à l’école mais considère chacun comme ton égal », « sois un brave petit employé qui obéit à son patron, mais n’oublie pas qu’en tant que citoyens vous disposez exactement des mêmes droits », etc.

        C’est précisément ce qui fait le piquant de la vie, le fait qu’en dépit de cette infinité de contradictions on arrive à composer un cheminement harmonieux qui sait satisfaire à une infinité d’exigences opposées. Il faut pour cela faire preuve de suffisamment de discernement, de hauteur de vue, et surtout, ne pas s’enfermer dans une attitude radicale, voire sectaire. C’est ce que l’on atteint avec l’âge de raison, en principe à 7 ans. Ça n’est pas permis à tout le monde d’y arriver à cet âge, et je crois même qu’il y a de plus en plus de gens qui n’y parviennent jamais.

  5. C’est toujours un peu magique ces textes, non pas qu’il soit mal conçut ou inintéressant, mais très éloigner de la réalité.
    La valeur de mon blé dépend à 90% de l’idée opportunes de spéculateur, rien à voir avec mon travail ou l’offre et la demande de bien physique (pas de manière rationnelle 1% de variation de quantité donne 30% d’écart de prix c’est bien pour cela qu’on parle de dérivé, la dérivé de la vitesse c’est l’accélération), énormément de personnes « capitalise » un savoir qui n’a pas de potentiel de travail, etc..
    L’idéal serait déjà de présenter ce billet dans son référant (on arrête de croire que l’économie ne dépend pas d’un contexte et que tout vaut tout, tout le temps).
    Le référant actuelle est un cadre avec des monnaies flottantes basé sur une monnaie dépendante d’un état, ou une logique guerrière a laissé sa place à une logique d’exportation (sans questionnement sur la balance des paiements), ou la compétitivité et la croissance sont les FINALITÉS économique (et non un accroissement global du niveau de vie, voir de la durée et de la qualité de vie, une gestion des ressources etc..), ou l’endettement public est le mal et ou l’endettement privé porteur d’investissement et de croissance (seul une partie de l’endettement pose question), etc….
    Dans ce cadre là, ce billet n’a plus d’usage (seul l’endettement permettant la consommation donne une valeur au travail, tout s’arrête si on ne s’endette plus), alors qu’elle cadre lui donner pour qu’il est un sens? et est-ce le meilleur sens à donner, si on améliore le cadre?

  6. Paul Jorion cite lui-même le cas de la baisse relative du prix de la consultation médicale liée à l’augmentation du nombre de médecins.

    C’était combien les dépassements d’honoraires de ces pauvres mèdecins surnuméraires l’an dernier ? 2,5 milliards non ? Bon c’est vrai aussi que le pouvoir d’achat des patients pas patients fait que grimper…

  7. à quoi sert un cadre?
    à faire rebondir la dynamique du sujet encadré sur les bords du cadre dans des perspectives digne des trajectoires de la boule au billard

    comme le fait d’observer les particules change leur orientation….

    nous avons l’habitude des cadres quadrangulaires parce que tel est le formatage de notre pensée
    et si nous passions les choses au crible de cadres circulaires?

    ou polymorphes?

    1. Vous ne serez pas mieux notée dans la vie,

      Votre existence sera donc bien plus dure matériellement,

      Vous vivrez moins dans le confort et plus dans les épreuves climatiques,

      Les gens bien arrivés vous tourneront le dos ce sera partout le mauvais oeil à votre égard,

      Vous ne rendrez guère mieux service à l’économie et à votre prochain dans la peine, on dira toutes sortes de choses sur vous en société. Vous devriez plutôt lire ce billet c’est déjà si consternant à voir partout.

  8. l’économie peut aussi se définir comme un ensemble de techniques d’organisation du travail de l’homme qui sont recommandées aux gestionnaires pour tendre vers un optimum

    Le problème est l’optimum. Quand l’optimum est l’augmentation exponentielle du profit. On produit pour produire, on « invente » l’obsolescence programmée, on investit dans de la valeur surajoutée on génère de la saturation d’un coté et de la pénurie de l’autre. Le merdier s’emballe vers un gaspillage imbécile pour entrer dans les clous de l’optimum. Dans cette course aveugle à l’optimum on destructure tous le réseau d’interaction humain, de la famille, du quartier, de la ville, de la région, de la nation. Le culte de la performance consiste à pousser, à doper pour atteindre un rendement maximum.

    L’optimum d’une science économique digne de ce nom doit être penser dans le contexte de la réalité vivante du monde vivant qui est notre environnement premier. L’optimum d’un système économique est la gestion des ressources, des flux pour une répartition des poids et des mesures équitables permettant aux individus et aux collectivité ( les collectivités étant constituées d’individus )de croître et de prospérer dans un cadre ou les ressources et les matières premières sont soumises à des cycles de transformation et de reconstitution. L’optimum c’est la vie.

    Vous parlez de vos semblables avec autant de chaleur qu’un chercheur évoquant ses rats de laboratoire. Une science qui se deshumanise cesse d’être une science. Le but du travail de l' »Homme », du métier d' »Homme » ne saurait se limiter à atteindre un optimum productif. Tout dans la vie d’un Humain du lever au coucher est un travail. De moins en moins de temps et d’espace pour accomplir son métier d' »Homme » pour une course misérable à l’emploi.

    Votre analyse rejoint toutes celles qui ne sont rien d’autre que le traitement comptable, administratif, technocratique de la condition humaine et de sa dignité.

    La comptabilité, est une noble science quand elle est au service du genre humain. Toutes les sciences ont été dévoyé. L’Esprit d’Equité en est absent. Sans parler du projet de civilisation vers lequel devraient converger les sciences et leur usage. Projet de civilisation plus proche du dépliant publicitaire pour une destination touristique style voyage organisé.

    On peut tuer avec un marteau a dit Bernard Stiegler , c’est bien ce que je pense on peut tuer en détournant de sa vocation un outil. L’usage que vous faite des outils comptables et conceptuels de l’économie débouche sur des crimes que vous justifiez par la nécessité d’une pseudo science. Votre raisonnement n’est en rien fondé sur la Raison.

    Je suis en colère, trop entendu, trop lu, des analyses et propos comme les vôtres. Nos « experts » reprochent un déni de « réalité économique », mais pratiquent un déni de réalité tout court. La vision globale que nous permet la mise en convergence de donnés historiques , écologiques, sociologiques….et autres……dément les théories économiques en vogue. La réalité des faits contredit les analyses et théorie des « experts » qui ont pignon sur rue. La valeur d’une cause se vérifie à ses effets, et les effets de la « philosophie » dite libérale,capitaliste sont dévastateurs pour tout les écosystèmes: individus,collectivités,nations, environnement.

    La valeur du travail (notion qui relève davantage de la philosophie ou qui se mesure en termes biologiques – dépense de calories) n’est pas la valeur du produit du travail (concept économique). La quantité de travail régule la valeur d’échange mais ne s’y identifie pas. Ricardo insiste sur cette subtilité du raisonnement.

    Où quand une science cesse d’être une science et devient pathogène. La subtilité d’un raisonnement qui tend à expliquer et justifier la destruction dite créatrice de millions de vie témoigne d’une démence. Car distribuer de la richesse ici, générer de la pauvreté ailleurs au nom d’une logique de marché c’est s’arroger un droit de vie ou de mort sur des millions d’êtres humains. Insupportable.

    De plus ça devient de plus en plus pénible de constater que la majorité des intervenants économiques se réfèrent d’avantage à des auteurs, faisant batailles de citations, qu’à une simple lecture de la réalité vivante du monde qui est le nôtre. Ca ressemble aux témoins de Jéhovah qui à tout instant se réfère à une citation biblique.

    « Ricardo n’entendait pas un niveau de rémunération qui permet juste d’entretenir sa force de travail (consommation productive) et celle de ses enfants, mais un revenu permettant de mener un train de vie qui sociologiquement correspond aux mœurs du temps compte tenu des capacités de production de l’économie. »
    Saint Ricardo a négligé l’épuisement des capacités de production du fait d’une course insensé à un optimum productif, à une saturation des marché forcé à maturité. Et puis tout cela est vain quand il y a détournement et accaparement de la richesse produite.

  9. A l’auteur du billet, vous avez peut-être raison techniquement ou pas sur autrui, à vrai dire ce n’est pas trop là-dessus que j’aimerais vous répondre. A vrai dire votre propos me rappelle tellement certaines choses de ma vie.

    Cette compréhension peut être utile pour guider le politique en tant que responsable de la cohésion sociale.

    Dans mon incompréhension des premières choses du monde en tête, je sais pas. N’est-ce pas déjà le cas dans la réalité et vers quoi cela nous mène-t-il ?

    Et si la cohésion sociale ne dépendait pas nécessairement d’un plus grand nombre d’intermédiaires entre les gens de la haute et ceux d’en bas.

    Vous savez plus les gens acquièrent de la hauteur et ça aussi bien dans le public que dans le privé académiquement et plus ils en ont que faire de l’émergence de choses qui consisteraient d’abord à moins les prendre pour des ….

    Il convient toutefois de considérer que l’économie peut aussi se définir comme un ensemble de techniques d’organisation du travail de l’homme qui sont recommandées aux gestionnaires pour tendre vers un optimum lui-même défini comme un état où il n’est pas possible de produire plus en travaillant autant ou de travailler moins en produisant autant.

    Avec un tel langage je pense que vous pourriez mieux faire votre trou et votre beurre auprès des premiers gestionnaires du monde. Je ne suis pas un économiste, rendez-vous réellement service à l’économie ou à vos confrères, en préférant d’abord considérer l’économie de la sorte.

    Ces techniques et cet optimum se situent, soit au niveau des unités de base, en tant qu’art de gérer une entreprise ou un projet, soit sur un plan global, en tant qu’art de conduire l’activité de production et de distribution des fruits de cette production, de tout un pays.

    Plus les décideurs recherchent à fonctionner comme des automates, quand bien même vers le plan d’un plus grand optimum organisationnel, et plus la nature se révèlera progressivement orageuse à la chose, voyez déjà les piteuses récoltes de l’Amérique.

    A travers vos propos que penseriez-vous de celui ou celle n’étant plus guère en mesure de se conformer plus longtemps aux premiers désirata marchands organisationnels. Plus nous voulons parfaire le monde avec la technique et toutes ces choses préférentielles en tête et plus la nature se détraque.

    Vous appelez cela de l’art ? Moi je ne sais pas. Là ou vos y voyez de l’art moi j’y vois plutôt autre chose. Enfin à chacun sa conception de l’art, du prudentiel, du référentiel, surtout lorsque celui qui n’est plus guère en mesure de produire un tel art est tout de suite d’emblée jugé suspect, et condamné à la première occasion comme multirécidiviste, culture commerciale oblige oui tu parles d’un grand progrès commercial de mes deux.

    Il reste que l’approche prescriptive est une démarche utile même si elle s’appuie sur des constructions mentales modèles qu’on ne retrouve pas dans la réalité.

    Vous savez si ça se trouve votre propre approche en est pas moins prescriptive, en repose pas moins sur d’autres constructions mentales, le monde s’écroulerait s’il n’était plus guère en mesure de répéter les mêmes choses.

    Le travail est hors du champ de l’économie ; il n’est pas objet d’échange sauf à considérer que le travailleur ne serait qu’une bête de somme.

    Oui vous avez peut-être raison, mais vous savez ce n’est pas non plus parce que vous préférez mettre le sel ou le poivre dans telle ou telle chose plus préférentielle, que je suis forcément dans l’erreur de vous en causer ainsi.

    Entre-nous qu’est-ce qui voudrait vraiment investir subtilement dans celui ou celle étant moins en accord avec les premiers intérêts commerciaux mondiaux ?

    Pourquoi le propos bien peu rentable, échangeable, vendable, ne passe pas mieux dans le champ de l’économie ? Pourquoi les gens qui se tiennent dans le seul champ de l’économie se considèrent-ils souvent au dessus de leur monde ? Et si l’économie en fait n’en rendait pas moins les gens plus ….

    Sauf à faire considérer que celui ou celle qui n’exprime pas le même vocabulaire que moi préfère bien plus pousser l’homme à se conduire comme une bête de somme.

    « Adam Smith, qui a si correctement défini la source originelle de la valeur échangeable et qui, pour rester conséquent avec lui-même, était tenu de soutenir que toutes les choses ont plus ou moins de valeur en proportion du plus ou moins temps de travail qui a été consacré à leur production, a lui-même érigé une autre mesure de la valeur et parle de choses comme ayant plus ou moins de valeur selon la proportion dans laquelle elles s’échangent contre cette mesure.. »

    Vous savez lorsque le monde s’écroulera combien de gens réclameront subtilement l’expertise des économistes se réclamant plutôt d’untel ou d’untel, à votre avis ? Comment se fait-il que l’économie n’amène pas toujours l’homme à raisonner plus clairement et lucidement. Et si l’économisme n’était pas la meilleure voie à suivre pour les simples d’esprit de mon espèce, comment pourrais-je y arriver si tous les économistes du monde me disent le contraire ?

    Vouloir tout le temps faire envie de cela grace aux premiers écrits marchands d’Adam Smith, n’amène pas mieux l’homme à envisager la civilité humaine autrement. Enfin si vous me dites que tout ce qui est plus prudentiel vient de la seule source d’Adam Smith, alors c’est que vous êtes forcément moins déraisonnable à la chose qu’autrui.

    Pourquoi les gens de la haute en perdent graduellement cette faculté, cette capacité, peut-être parce qu’ils se prétendent tellement plus OK que les petites gens d’en bas.

    Malheureusement plus le système déshumanise, pour plus d’efficacité visible et plus personne ne semble pouvoir arrêter les premiers hommes d’affaires de la planète.

    Oui à chacun sa propre question essentielle à se poser dans la vie.

  10. Exemple de ce que j’estime étre un calcul en valeur . L’intégrale d’Euler .
    On peut se représenter un systéme économique comme une matrice d’équations . Ces équations ne seront jamais que des différentielles partielles par rapport au total . En utilisant e puissance p* t (p comme perturbation et t comme temps) on a la différencielle totale exacte .
    méme sans connaitre le ‘facteur intégrant’ : la valeur . Avec la formule :
    (où y= e puissance pt ) a(x) y » + b(x) y’ + c(x) y = O on a l’intégrale la plus générale qui soit , encore
    faut-il pour parler comme K Marx qu y » , y’ , y aient une forme d’existence .
    Application à l’économie avec une analogie physique . En physique on a , entre autre
    m y »+ h y’ + k y = O qui va nous donner les oscillation d’une lame sous l’effet d’un choc p , m masse , h frottement , k élasticité , y » accélération , y’ vitesse , y distance .
    Dans ma matrice éco , on additionne toutes les équations aprés les avoir converties en temps pour n’en former une seule en couple avec une autre qui s’y oppose celle de la monnaie , complétement indépendante du reste : monnaie-papier d’état à cours forcé (ou méme privée comme le $ à cours forcé par l’état ) . C’est un dual le max de l’un est le min de l’autre et inversement , çà se retrouve en physique m (c’est aussi de l’inertie l’opposé de l’accélération ,le frottement l’opposé de la vitesse et l’élasticité comme l’écart à l’équilibre .
    m est du coup la quantité de monnaie face à la productivité , h sa vitesse de circulation face à la croissance en valeur et k l’inflation (des px ) face à la production .
    La formule ci-dessous méne à l’équation caractéristique m p2 + p h + k = O qui nous dit ce qui va se passer en cas de grosse perturbation comme une forte montée des px alimentaires .
    Le déterminant est D = h2-4mk , or actuellement le frottement à la circulation de la monnaie est trés élevé , elle ne circule méme pas entre les banques , k aussi est trés élévé ce qui n’apparait pas à cause du chomage et de la baisse de la production réelle , il se pourrait que D = O la solution est alors imaginaire , une brutale augmentation des prix sur courte période , à moins
    qu’il y aie de gros stocks pour amortir , ce qui supposerai que nous soyions bien gérés par nos politiques , je crains que nous ne soyions trés moderne … en flux tendus . Méme les Japonais ont revendus leur stock de riz .

  11. Quel est l’objectif de la science économique en terme mathématique (la modélisation) ou sociologique (les anticipations rationnelles)? Seulement comprendre? Non, étant donné le postulat libéral sur les bienfaits de l’inégalité. On peut alors se demander quel est l’objectif d’une telle démarche si ce n’est la consolidation des statuts intergénérationnels. La modélisation des comportements (cf pubs) sert non pas à maintenir la cohésion sociale (cf les crises économiques) mais bien la stabilité des statuts sociaux existants. Qui sont réellement les économistes? Comment sont-ils choisis et financés?
    La cohésion sociale réside dans le partage de la richesse crée. L’observation montre la bipolarisation riches-pauvres (voir économie us). Le prix n’est plus déterminé par les critères de rareté (objectif) et d’utilité (subjectif) mais uniquement par les teneurs de marché. C’est la résultante d’un modèle de maximisation des profits par une mécanique financière. On peut parler de stratégies de gestion et de fixation des prix. Tandis que la cohésion est liée à des règles communes de coexistence (voir le rôle législatif). La monnaie s’est matérialisée dans le fond par la dématérialisation de sa forme. Elle est devenue un bien par excellence. Y a-t-il encore des prix nominaux? Les formes de monnaie (agrégats) sont aujourd’hui plus que jamais intégrées dans le rapport de force entre les biens. C’est ce que j’appelle la matérialisation de la monnaie. Ce n’est pourtant pas l’objectif d’un système monétaire (intermédiaire institutionnalisé des échanges). Ensuite la dématérialisation se manifeste par toutes les nouvelles formes (voir électroniques prochainement) qui n’ont aucune valeur tangible intrinsèque sauf la confiance. Devons-nous avoir confiance à certains hommes (équipés de robots) pour fixer les prix et encore plus à des spécialistes économiques et financiers pour fixer la référence de l’échange? La confiance ne s’achète pas. Elle a été imposée en 1973 (accords de Jamaique) par les artisans du modèle actuel. C’est à la suite d’une incapacité de règlement que le système s’est fondé (cf économie us). Faut-il avoir confiance aux hommes qui sont incapables de régler leurs dettes pour imposer un nouveau modèle? Toujours une histoire de statut…
    Bien, mais les conséquences pour les générations futures? L’histoire nous a montré qu’en cas de conflit (sauf révolution) alors seuls les plus riches étaient protégés (c’est à dire ceux qui provoquent les crises par la volonté de maintenir leur statut). A qui doivent appartenir les institutions financières? A des groupes privés, à des structures géopolitiques ou à des états? Les prix nominaux sont décalés et faussés par le manque de base monétaire réelle. Il n’y a plus de prix nominaux à proprement parler puisque la détention de monnaie est devenue le leitmotiv. La valeur travail n’est plus un facteur de richesse, ni une garantie d’échange. Mais c’est plutôt la valeur patrimoine qui régule le facteur richesse et encadre l’échange. Ainsi, la monnaie sans travail fabrique de la monnaie supplémentaire sous forme de spéculation. Le financement de l’économie laisse place aux financements des positions sociales. Je remarque l’existence de plusieurs étalons de richesse en fonction de son statut. Le rendement des actifs garantit la pérennité du statut intergénérationnel accentuant la dualité de classe sociale. Les prix relatifs sont normalement dépendants de la rareté et de l’utilité. Donc la manipulation des prix relatifs par l’introduction dans les échanges des formes infinies de monnaie (cf crédits par ex) marquera inexorablement la fin du système d’échange en place. L’utilité et la rareté des biens provoqueront le développement de nouveaux systèmes d’échange plus efficaces démocratiquement en réponse à la servitude imposée. La gourmandise de déconnecter les prix relatifs des prix nominaux fragilise la confiance des échangeurs et entraînera un changement brutal de comportement face à la notion actuelle de valeur (cf dollar). La monnaie ne doit pas être intégrée comme un bien dans le rapport de force des biens entre eux par des structures financières à vocation privée mais publique (d’intérêt général). Le troc est une représentation des prix relatifs et le rôle de la monnaie, c’est sa fonction d’unité de mesure. Quelle doit être le rôle d’une monnaie ? La véritable valeur des marchandises va apparaître de façon incontournable et les tensions sociales vont s’accentuer, c’est le résultat de la manipulation. On peut limiter la spéculation mais pas la faire disparaître. Que pourra dire l’économiste? L’échange risque de prendre une nouvelle forme déviante pour répondre aux besoins futurs malgré les tentatives d’organiser un nouveau système par les spécialistes du genre. La valeur d’échange trouvera un nouvel étalon comme garantie. La nouvelle référence sera dictée par la condition humaine (la valeur d’usage source de confiance) dans un monde de rareté. C’est cette valeur d’usage qui servira de valeur d’échange. Aujourd’hui, la monnaie se fabrique à volonté contrairement aux biens que nous devons partager. C’est un problème qui provoque les disparités dans la répartition des richesses. Le prix doit se rapprocher au mieux de la réalité des prix naturels. C’est pourquoi, je pense qu’une indexation (ou un étalon) peut empêcher les manipulations excessives des cours. Actuellement, le bien qui a la plus grande valeur d’usage individuelle, c’est la monnaie. Cette dérive empêche la valeur d’usage des autres biens d’être mis en évidence. Nous sommes dans une économie de marchands et non de créateurs. D’ailleurs, la meilleure illustration se retrouve dans la distribution qui impose sa loi à la production. Le marchand manipule la valeur d’échange et donc d’usage.
    Seule la rareté jouera les arbitres. Les institutions financières sont devenues les plus grosses entités marchandes. Les multinationales ont déjà anticipé en créant leur propre structure financière afin de préserver leurs activités marchandes.
    Enfin, l’utilité de la monnaie n’est plus l’intermédiaire des échanges et l’instrument de financement de l’économie mais la possibilité de faire davantage de profits peu importe les richesses crées et la condition humaine. C’est la dimension temporelle qui absorbe la dimension individuelle et sociale de la monnaie. Le soi-disant travail de spécialiste est devenu un jeu de manipulation institutionnelle. Demain, ce sera peut-être l’énergie, l’alimentation ou les métaux qui seront la source des conflits individuels après avoir été le prochain conflit géopolitique. La rareté qui détermine la condition humaine définira les formes d’échange et ses instruments. La valeur d’échange des biens dépendra de la valeur d’usage de ces mêmes biens. L’économiste et le financier gagnent en général sa vie plus qu’un jardinier, qu’un boulanger, qu’un maçon. Et il est prêt à leur faire la guerre si cela préserve son statut ! C’est une évidence puisqu’il suffit de regarder comment ces derniers sont traités. Quelle est la véritable valeur du spécialiste de demain ? Où sont les professeurs? Plus besoin de mains lorsque l’on a des robots pour travailler…Le sens ? Y aura-t-il des robots pour remplacer la tête de ceux qui nous ont entraînés dans ces dérives ? Le progrès n’existe pas sans une réflexion philosophique. Dans un monde de dépendance biaisé et truqué alors l’autonomie (la polyvalence) est la meilleure réponse aux dérives marchandes ! A quand la taxe d’autonomie pour certains ou la privation de la petite propriété individuelle pour d’autres? Dans ce contexte, les élites pourraient jouir indéfiniment de la propriété privée ou publique suivant l’orientation, toujours en conservant leur statut. J’ai l’impression qu’un économiste ou un financier aime davantage ce qu’il est plutôt que ce qu’il fait. A l’inverse, les manuels semblent plus s’épanouir dans leur profession aux regards de leur respect face aux choses qui les entourent. Donnons de la pâte à modeler à tous ces décideurs, peut-être qu’ils feront une œuvre d’art avant de comprendre l’objectif de la manipulation…
    La valeur sera plus objective même si elle évolue si et seulement si l’information deviendra davantage transparente. Il est absurde de penser que la valeur d’un bien n’est pas nécessairement définie objectivement en fonction de sa rareté et subjectivement de son utilité. Mais utile à quoi faire ? Tout est relatif….

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