Étiquette : von Hayek

  • QUEL EST LE DIEU QUE RÉVÈRENT LES GRANDS-PRÊTRES DE LA RELIGION FÉROCE QUI NOUS GOUVERNE ?

    Un passage d’une lettre que Russell Leffingwell (1878 – 1960), qui présidera longtemps le comité de direction de la banque J. P. Morgan avant d’en devenir le président, adressa le 30 décembre 1931 à Walter Lippmann (1889 – 1974). Le colloque Walter Lippmann de 1938 est considéré comme fondateur du néo-libéralisme [*] ; parmi ses participants : von Mises, von Hayek ainsi que leur maître Alfred Schütz, du côté français : Robert Marjolin, Raymond Aron, Jacques Rueff, pour les Allemands, les théoriciens de l’ordo-libéralisme : Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow.

    La leçon à tirer est que Keynes et toute son école, ce qui signifie les fonctionnaires du ministère des Finances qui le suivent peu ou prou et pensent comme lui, n’ont pas le jugement d’hommes ayant un sens pratique.

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  • Le capitalisme : un socialisme utopique scientifique à l’intention de la classe des rentiers, par Nadir (Nadj Popi)

    Billet invité.

    On peut voir ici l’entretien de Friedrich von Hayek (1899 – 1992) avec Leo Rosten dans lequel l’intellectuel autrichien reconnaît en Walther Rathenau (1867 – 1922) une influence majeure. Fait confirmé dans le livre de Robert Leeson : Hayek : A collaborative biography (Palgrave Macmillan 2013).

    Rathenau influença également Ludwig von Mises (1881 – 1973) : ses écrits sur le socialisme et le libéralisme au début des années 20 correspondent à la diffusion des œuvres de Rathenau sur le nouveau socialisme qu’il appelle de ses vœux.

    Le révisionnisme historique opéré par von Mises vise donc à séparer, comme le fit von Hayek , le libéralisme de sa tradition socialiste et donc de la logique de classe inhérente au néolibéralisme. … Lire la suite…

  • GACCIO ET JORION (II) LES BANQUES

    La deuxième vidéo dans une série de 5 :

    1) Les modèles de sortie de crise – 2) Les banques – 3) Le travail et le revenu – 4) Les scénarios catastrophes – 5) Le socialisme et la gauche : toute une histoire

    Pour en savoir plus sur les deux personnages, Bruno Gaccio et Paul Jorion, et sur La Parizienne à l’origine du projet, c’est ici.

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  • Aide-mémoire N° 67 : L’« extrême-droite économique » ou « fascisme en col blanc », un entretien avec Paul Jorion

    Un entretien que j’ai accordé au magazine Aide-mémoire, édité par l’association Les territoires de la mémoire. Centre d’éducation à la résistance et à la citoyenneté.

    Dans vos écrits, vous avez évoqué à plusieurs reprises l’existence d’une « extrême-droite économique » ou encore d’un « fascisme en col blanc ». Qu’entendez-vous par là ?

    L’extrême-droite économique consiste essentiellement en un projet de société inégalitaire qui est de reconstituer un système de type féodal, c’est-à-dire une société extrêmement hiérarchisée. Cette société ne serait toutefois plus fondée sur la propriété de la terre, comme c’était le cas sous l’Ancien Régime, mais sur celle de l’argent.… Lire la suite…

  • Le néolibéralisme est une anthropologie de la guerre, par Nadir (Nadj Popi)

    Billet invité.

    Walther Rathenau (1867 – 1922) joue un rôle essentiel parce qu’il influence à la fois Friedrich Hayek (1899 – 1992) et Carl Schmitt (1888 – 1985).

    Ainsi Hayek mobilise Schmitt parce qu’il a aussi pour figure tutélaire Rathenau.

    Rathenau appliqua les méthodes de l’économie en temps de guerre aux périodes de paix : il s’agit de transformer la société en mobilisant l’opinion et en forgeant cette dernière.

    Je propose de qualifier le néolibéralisme comme un socialisme utopique visant à forger une anthropologie de la guerre (en temps de paix) : voila pourquoi le néolibéralisme planifie et organise la crise en contribuant à la formation d’une anthropologie de guerre et donc d’une citoyenneté sacrificielle en période d’austérité qui exige une situation d’état d’urgence permanent (coup d’État permanent) et des mesures d’exception qui contreviennent au fonctionnement de la démocratie.… Lire la suite…

  • La démocratie selon Friedrich (von) Hayek, économiste autrichien, par Bertrand Rouziès-Leonardi

    Billet invité.

    Autant le dire tout de go, Friedrich Hayek (1889-1992), prix Nobel d’économie (1974) aurait dû, si Fortune avait été plus clémente avec lui, se voir attribuer en sus le prix Nobel de la Paix, car aux troupeaux d’hommes qui se rebiffent contre la tyrannie libérale, il n’a cessé de dire : « La paix ! Les bouviers savent ce qu’ils font. » Notre homme, disciple avoué d’Edmund Burke, maître à penser du parti Whig (conservateur) anglais, a beaucoup réfléchi à la démocratie, ce régime tant décrié, bouche-trou des interrègnes autoritaires. Il y a tellement réfléchi qu’il a fini par accoucher d’une définition toute personnelle de la chose, définition dont les rendements ont un peu baissé, cependant, depuis que bourgeonnent les printemps arabes : la meilleure démocratie, selon lui, est celle qui fait l’économie du demos.Lire la suite…

  • BONJOUR MADAME LA TERRE, le jeudi 27 juin 2013 à 7h26

    Sur YouTube, c’est ici.

    Finance :

    Le swap trafiqué de l’Italie
    – Blog de PJ – Quand la buée se dissipe dans le rétroviseur, le 26 juin 2013
    – Financial Times – Italy probes use of derivatives to hedge public debt, le 26 juin 2013

    Monnaies parallèles :

    Le Bitcoin
    – Financial Times – The Bitcoin believers, le 14 juin 2013
    – Wall Street Journal – States Put Heat on Bitcoin, le 25 juin 2013
    – Wikipedia – Protocol of BitcoinLire la suite…

  • La liberté se réduit à une idéologie mise au service d’une classe privilégiée, par Nadir (Nadj Popi)

    Billet invité.

    J’ai établi une dichotomie assez claire entre l’hystérèse, c’est à dire le « sublime » ou l’« apriorisme » de Kant (théorie pure), le « réel » de Marx (à partir de Hegel) et Lacan (le « Néant » de Sartre et de Hegel, le « sujet qui fâche » de Žižek, etc.), et le processus aliénant de l’ontologie.

    L’épistémologie ou la philosophie des sciences consiste à partir de la théorie pure (apriorisme) pour en faire un processus ontologique aliénant universel et nécessaire. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’épistémologie « marxienne » de Popper, von Mises et Hayek.

    Popper propose de prendre la théorie pure (métaphysique) ce qu’il appelle « réalisme », qui n’est ni démontrable, ni vérifiable puisque par définition il échappe à tout processus ontologique (de symbolisation), c’est ce que l’on peut appeler « idéologie », et faire de cette théorie pure un processus ontologique qui conférera à la théorie un caractère scientifique.… Lire la suite…

  • LA BOUCLE RÉTROACTIVE DU TEMPS, par Nadir (Nadj Popi)

    Billet invité

    Je voudrais souligner la sagacité de l’analyse que Bernard Stiegler livre au journal L’Humanité datée du 26 avril dans laquelle il lit Marx en termes de causalité inverse. Je souscris pleinement à son propos en utilisant le système théorique d’Alfred Schütz qu’il est important de mobiliser pour comprendre la causalité circulaire de la dialectique matérialiste de Marx : sa logique extractive et déformatrice en forme de boucle.

    Alfred Schütz (1899-1959) est un sociologue phénoménologue autrichien (qui a influencé des sociologues américains comme Goffman ou encore Garfinkel) qui, avec la publication de son opus magnum de 1932 : « The phenomenology of the social world » a tranché le conflit des méthodes entre les idéalistes et les historicistes qui a resurgi dans les années 1930 avec la critique de l’empirisme historiciste wébérien formulée par Von Mises défenseur de la position idéaliste (apriorisme).… Lire la suite…

  • LES ALLUMÉS DU JAZZ : LES TRANSMISSIONS DE PAUL JORION, N° 31, février 2013

    Entretien avec Philippe Schoonbrood-Bartholomeus. Le texte entier en pdf. L’article lui-même se trouve aux pages 4 et 5.

    La rencontre, de près de deux heures, s’est déroulée à « La Mort Subite », une brasserie typique de Bruxelles, à quelques pas de la Grand Place, autour de gueuzes servies à la pression !

    Paul Jorion, quelques questions plus personnelles pour lancer notre entretien : quel est votre rapport aux musiques ? Votre enfance a-t-elle été baignée dans la musique ? Jouez-vous d’un instrument ?

    À la maison, il y avait de la musique tout le temps, même si personne n’en jouait ou était assez doué pour en jouer… Ah si !… Lire la suite…

  • LE TEMPS QU’IL FAIT, le vendredi 25 janvier 2013

    Mea culpa : les choses sont en train de s’arranger…

    Sur YouTube, c’est ici.… Lire la suite…

  • Chaire « Stewardship of Finance », leçon inaugurale : Why Stewardship of Finance?, le 4 octobre 2012

    Le texte de la leçon inaugurale de la chaire « Stewardship of Finance », que j’ai donnée à la Vrije Universiteit Brussel, le 4 octobre 2012.

    Why Stewardship of Finance?

    When in the Autumn of 2011 I was first approached by Michel Flamée on behalf of the Vrije Universiteit Brussel about the chair I’m privileged to speak from today, the question of how it would ultimately be called was still undecided. The Flemish phrase used in the early discussions was “ethisch financieren”: financing in an ethical manner.

    “Ethical finance”, “responsible finance”, “sustainable finance”, so many different phrases have been used to name chairs with similar intent as this one.… Lire la suite…

  • COMMENT EXPLIQUER LE COMPORTEMENT SUICIDAIRE DU MONDE DE LA FINANCE ?, par Nadj Popi

    Billet invité.

    Paul, je souscris pleinement à l’analyse claire, concise et circonstanciée que vous nous livriez dans votre article du Monde daté du mardi 8 octobre dernier intitulé Le comportement suicidaire de la finance, dans lequel vous exposiez à propos des civilisations, la thèse fondamentale de « l’incapacité de leurs élites et de leurs gouvernements à se représenter clairement le processus d’effondrement en cours ».

    De facto, le processus que vous dépeignez a été théorisé en sciences sociales (sociologie et économie), tout comme en sciences physiques, par le concept d’hystérèse, dont on peut dire en substance qu’il décrit la persistance d’un comportement, d’une attitude, qui caractérisait un environnement, un monde, un horizon, un univers particulier, comme cadre de représentation alors que précisément nous avons changé, à la suite d’un choc exogène ou d’une crise (rupture du cadre de représentation), de monde, d’univers, d’horizon et de cadre de représentation.… Lire la suite…

  • « Savoir financier et vérité : une relation ambiguë »

    Je ferai en février, deux exposés à Lausanne, l’un consacré à la crise, l’autre, dans le cadre de l’université, sur le thème : « Savoir financier et vérité : une relation ambiguë ». L’argumentaire de cette seconde intervention constitue en fait un bon résumé de la partie descriptive (par opposition à « programmatique ») de Misère de la pensée économique, à paraître la semaine prochaine.

    L’économie politique, qui prévaut jusqu’au troisième quart du XIXe siècle, est un discours de type scientifique, même si son recours aux mathématiques est éclectique parce que ad hoc, selon les nécessités de l’objet à modéliser.… Lire la suite…

  • LA FINANCE « ÉTHIQUE » : UN TERRAIN MINÉ

    Je suis en train de rédiger la leçon inaugurale de mon cours « Stewardship of finance », la finance au service de la communauté, et je me rends compte à quel point le terrain est miné. On n’a pas lésiné du côté de l’ultralibéralisme en cent-cinquante ans de « science » économique : pour aller vite, mais on comprendra ce que je veux dire, toute considération éthique en finance a reçu par avance le tampon « communiste ». Je m’explique.

    Milton Friedman (1912-2006) considérait que l’idée-même que les entreprises puissent avoir une responsabilité sociale conduisait immanquablement au « totalitarisme », Friedrich von Hayek (1899-1992) était de l’opinion que la notion de justice sociale était totalement privée de sens.… Lire la suite…