Recapitaliser en euro la démocratie européenne ou plonger dans la misère libérale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La démocratie subvertie par l’euro sans responsabilité des États

Le vote grec est une révolte contre la mise en défaut de la démocratie par la dérégulation des marchés financiers et le libre échange. Depuis le krach des subprimes, les dettes publiques ont explosé en zone euro surtout dans les pays où l’État est fiscalement fragile comme en Grèce, Italie, Espagne et Portugal ou trop ouvert sur l’extériorité financière comme à Chypre et Malte ou en Irlande, Belgique, Pays-Bas et France. Le principe de la zone euro est la concurrence libre entre prêteurs domestiques de l’État et prêteurs étrangers. Les gouvernements qui ne sont pas aussi rigoureux qu’en Allemagne ne résistent pas à la facilité de se financer en dehors de leurs frontières pour ne pas avoir à rendre de comptes trop serrés à leurs contribuables.

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Référendum grec et retour à la rationalité du bien commun, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans le débat que l’annonce du référendum grec a mis sur la place publique européenne, les positions apparaissent inconciliables non parce que les uns et les autres ont des buts antagoniques mais parce que chacun voit la réalité commune avec ses seules lunettes. Il est évident, naturel et logique que la Grèce appartiennent à la communauté de l’euro. Mais il faut pour que l’évidence se réalise se mettre d’accord sur le fonctionnement de l’euro et sur l’expression des finalités de cette monnaie multinationale.

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Comment l’euro grec sera une monnaie plus solide que l’euro mis en faillite par l’Eurogroupe, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Par la force des choses et l’irresponsabilité des technocrates pseudo-européens, la Grèce a franchi la première étape de reconstruction d’un euro fondé sur la démocratie. Le contrôle souverain de la circulation monétaire du capital rétablit au moins formellement la suprématie de la loi et de la société politique sur la propriété, l’investissement, le crédit, la rémunération du travail et l’assurance des personnes. Comme l’approvisionnement des banques grecques en titres de paiement de la BCE n’est plus garanti, le pouvoir politique grec est obligé de reprendre explicitement le contrôle des banques, donc des conditions du crédit et de la conformité des paiements à l’intérêt général.

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Un referendum européen pour sauver l’euro par la démocratie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’impasse grecque est totale et le monde coule. Considérons la situation objective des protagonistes du drame. Pour la Grèce, il est ontologiquement impossible de se soumettre aux exigences de la technocratie franco-allemande. Elles consistent à démanteler l’État de droit pour forcer les classes moyennes et pauvres à payer plus d’impôts qu’elles ne reçoivent de services réels vitaux de la collectivité nationale.

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Derrière le psychodrame nationaliste, la nouvelle constitution de l’euro en négociation, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’euro devient politique

L’actuelle confrontation de la Grèce à ses créanciers étatiques de la zone euro est capitale pour la Grèce, pour l’euro, pour l’Union Européenne contre le système monétaire libéral fondé sur la libre circulation du capital en monnaie bancaire irréelle. « Capitale » au sens où il faut décider qui est propriétaire du capital sur quoi doit s’imputer la fraction non remboursable de la dette publique grecque qui est actuellement une dette publique des États solidaires de la Grèce par l’euro.

Formellement et officiellement, les banques ont déjà renoncé au remboursement de leur créance en « revendant » leurs titres à prix cassé à la BCE et aux fonds de soutien mis en œuvre par le capital public de l’Eurogroupe (États de l’Union participant à l’euro). La dette publique grecque est donc adossée à du capital public en euro détenu par les États membre de l’euro. La détention européenne publique exclusive de la dette de l’État grec permet à l’Eurogroupe de négocier les paiements d’intérêt de la Grèce en dessous du prix de marché des investisseurs et prêteurs privés.

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La zone euro entre les mains de la liberté démocratique grecque, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’annonce d’une nouvelle campagne de « quantitative easing » de la BCE ne va rien changer à la déréliction économique de la zone euro. Le système monétaire européen est en coma dépassé dans le non-système mondialisé de la monnaie privée au service de la spéculation libre. Le sol fertile de l’économie réelle est partout recouvert d’une montagne de sable financier. Toute la liquidité que les banques centrales déversent depuis 2008 sur les dunes de dettes financières fige le sable de l’insolvabilité. L’économie réelle de production des vrais biens et services qui permettrait de rembourser les dettes ne reçoit plus de lumière ni d’eau. Les prix sont falsifiés par l’instabilité du capital virtualisé. Les consommateurs réduisent leurs dépenses pour s’assurer de leur avenir précaire et insaisissable.

Le système est en panique. L’autorisation donnée aux banques centrales du Système Européen des Banques Centrales (SEBC) de racheter librement la dette de leur actionnaire étatique national revient à rompre toute relation entre l’émission de l’euro et une quelconque loi européenne commune. Plus grave, l’euro devient un machin qui n’appartient à personne et dont quiconque soit assez puissant pour s’arroger le pouvoir du fait accompli financier peut en émettre les signes. Encore plus grave, le nouveau régime monétaire qui se met en place est totalement inédit où le lien entre la monnaie et une loi nationale identifiable portée dans la souveraineté d’un État n’existe officiellement plus.

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Les armes des citoyens contre la politique mondiale de délinquance financière, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’humanité est poussée dans le vide par le pouvoir mondial de la délinquance financière. Quel est ce pouvoir et pourquoi est-il délinquant ? Comment les citoyens vont-ils se défendre ?

Vérités primaires inaccessibles aux cerveaux oligarchiques

La manifestation la plus explicite du pouvoir de la délinquance financière est l’Union Européenne munie de l’euro. Les banques en euro ont massivement acheté des actifs subprimes librement négociables par le marché unique sans frontière et sans régulation. Pour sauver les déposants de la faillite, les États de la zone euro ont massivement augmenté leur endettement pour prêter gratuitement des liquidités aux banques. Ces liquidités sont reprêtées aux États contre un intérêt qui donne aux banques privées un pouvoir de captation illimité de la ressource fiscale des États. Les États virtuellement en faillite à la suite des banques diminuent leurs dépenses et augmentent les impôts afin de simuler un équilibre comptable des actifs et des dettes en euro. Ainsi le prix nominal surévalué des actifs en euro égale le prix réel sous-évalué des dettes en euro.

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UN PAS EN ARRIÈRE, DES PAS EN AVANT, par François Leclerc

Billet invité.

Le commissaire européen Jyrki Katainen a cru bon de préciser que la décision finale de la Commission relative aux budgets français et italien 2015 n’était pas prise, suite aux soupirs de soulagement qu’avaient laissé échapper ceux qui pensaient être tirés d’affaire. Des ajustements devront encore être négociés, mais il semble néanmoins que la décision politique d’absoudre les gouvernements français et italien a été prise par la Commission sortante, laissant à la suivante le soin d’en gérer les conséquences ! Clé de voute d’une stratégie qui ne peut être appliquée, le pacte fiscal en sort émoussé, premier encouragement à s’y opposer en attendant la suite.

Ce sont sans doute moins les capacités de persuasion des responsables de ces deux pays qui sont à l’origine de cette mansuétude, distillée par petites doses pour en atténuer la portée, que la dégradation de la situation européenne sur tous les terrains, économique, social et politique. Avec une mention particulière à la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Un vent de révolte monte en effet dans ce dernier pays, que Matteo Renzi transpose en multipliant les incartades vis-à-vis de Bruxelles, et qui va se traduire par une grève générale. Comme en France, des protestations virent au drame en raison d’une violence policière qui n’est pas contenue, la dernière en date en face de l’ambassade d’Allemagne à Rome à la suite de licenciements dans une usine du groupe ThyssenKrupp.

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M. Valls et l’euro, par Jean-Michel Naulot

Billet invité.

Tout en déplorant la situation déflationniste de la zone euro, le Premier Ministre a souligné dans sa déclaration de politique générale que depuis quelques mois la parité de l’euro avait évolué dans le bon sens « grâce à l’action de la France », laissant entendre qu’elle avait pesé sur les décisions de la BCE et provoqué « une baisse de l’euro de 10 centimes ». Cette déclaration comporte deux petites inexactitudes.

Imaginer qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse avoir la moindre influence sur la BCE est une curieuse illusion tant l’histoire de la BCE a démontré le contraire depuis l’origine. Il n’y a pas une banque centrale dans le monde qui ait autant d’indépendance que la banque centrale européenne. C’est très regrettable mais c’est ainsi. Au point que, dans le cadre de la Troïka et de l’hypothétique OMT, la BCE prévoit de conditionner ses interventions à la mise en place de réformes structurelles par les Etats. Inimaginable dans d’autres pays !

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LE SOIR, « Face à la crise, les solutions de Paul Jorion et Bruno Colmant », le 11 septembre 2014

Propos recueillis par Dominique Berns et publiés aujourd’hui dans le quotidien belge Le Soir

: Vous, Paul Jorion, vous citez Arnold Toynbee : « Les civilisations ne meurent pas assassinées ; elles se suicident. » Bruno Colmant, vous renchérissez : « Je crains, dites-vous, que certains hommes qui dirigent l’Europe ne soient en train de saper les fondements d’un projet de prospérité ». L’Europe est-elle dirigée par des gens incompétents ?

Bruno Colmant. La déflation en est la meilleure illustration. On a créé une monnaie unique sur base du postulat que cette monnaie serait structurante et ferait converger les économies réelles. Le contraire s’est produit. Ensuite, face à la crise financière, puis économique, on a répondu par la rigueur et la contraction monétaire. On a forcé les Etats à s’extraire de leur rôle incitatif et on a tout fait pour éviter une « monétisation » de la crise, une création d’inflation qui eut permis de diluer les dettes. Résultat : nous sommes en déflation. Pourquoi avoir imposé cette stratégie économique perdante ? Parce qu’on a voulu croire que l’austérité permettait de conjurer la crise. En réalité, l’austérité est devenue le plus petit commun multiple ; et l’euro, une monnaie récessionniste et déflationniste.

: La déflation est-elle un signe de l’échec de l’euro ?

Bruno Colmant. De la manière dont a été géré l’euro. On a voulu à tout prix protéger le capital ; et on a sacrifié le travail. Avec comme résultat, dans la périphérie de la zone euro, des taux de chômage dignes des années 30.

: Paul Jorion, vous partagez cette analyse ?

Paul Jorion. On a créé une Europe des marchands, en supposant que le reste – le renforcement de l’union politique, voire le fédéralisme – suivrait. C’est une idée classique du libéralisme, selon qui l’auto-régulation et la main invisible comblent les vides. Ceux qui nous dirigent auraient donc cru que les systèmes fiscaux allaient s’unifier sans que personne ne change les lois ? Apparemment, oui !

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L’euro sombre dans l’escroquerie politique, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le petit monde de la banque européenne s’excite sur la publication au mois d’octobre des « stress tests » de solvabilité des banques en euro. La polémique enfle entre l’Europe du Sud qui pointe la faible qualité des portefeuilles de crédits à l’économie réelle au Nord, et l’Europe du Nord qui constate l’hypertrophie des portefeuilles de dette publique nationale en Europe du Sud.

Une question cardinale reste sans réponse réelle dans laquelle s’abîme littéralement le système monétaire et financier mondial libertarien. Qu’est-ce que le prix du risque systémique des banques qui ne serait pas lié aux États de droit à l’intérieur desquels est émise la monnaie qui comptabilise les dettes ?

Depuis l’abandon en 1971 de l’étalonnage de la valeur des monnaies par le prix des stocks d’or déposés dans les banques centrales, les parités nationales de la monnaie dépendent des réserves de change comptabilisées dans les zones monétaires étrangères par les banques d’une même zone monétaire. Une même zone monétaire représente une masse de dépôts bancaires dans la même unité monétaire adossée à une masse de crédits à d’autres banques, à des États et à l’économie réelle. Les dépôts des banques étrangères dans une zone monétaire donnée sont les réserves de change des zones monétaires étrangères. Ainsi donc la solvabilité d’une banque dépend de la crédibilité de l’équivalence entre la masse de ses dépôts dus aux résidents et non-résidents et la masse des crédits consentis aux autres banques nationales et étrangères, aux États souverains nationaux et étrangers et à l’économie réelle nationale, zonale et internationale.

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Élections européennes : qui doute encore de l’extraordinaire stabilité de l’euro ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

S’il reste interdit de faire la différence entre la réalité du discours et le discours sur la réalité, alors c’est sûr, le rêve de l’Europe est mort aux dernières élections. La diversité des idées représentées dans le nouveau parlement ne paraît plus compatible avec une ligne politique européenne claire dans le chaos économique et financier actuel. L’avenir de l’Union Européenne et de la zone euro dépend désormais d’un choix d’interprétation : s’il n’existe pas d’intérêt général européen qui puisse être commun à tous les intérêts rassemblés dans l’Union, alors les rapports de force particuliers achèveront l’anéantissement du vivre ensemble européen.

Les europhobes et eurosceptiques arrivent en tête des élections dans beaucoup de pays. Ces députés étiquetés anti-européens et nationaux populistes, ne pourront pas peser au Parlement Européen s’ils cherchent à imposer des intérêts nationaux particuliers. Les « pro-européens » gardent la majorité ; mais comme ils sont maintenant contrariés par une forte minorité d’intérêts nationaux lésés, le Parlement Européen ne pourra de fait plus rien dire, ni plus rien faire, s’il ne fait pas émerger un intérêt spécifiquement européen à faire coexister la diversité des natures d’intérêt. Sans un vrai cadre politique, le marché unique disparaitra.

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Pour sauver la démocratie européenne : la prime d’assurance du vivre ensemble en euro, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Transformer l’euro en assurance du droit des personnes

Une proposition apparemment technique mais proprement révolutionnaire est en train d’émerger pour remettre la zone euro sur pieds : taxer les dépôts des banques à la BCE. Le dispositif consisterait à mettre à jour par un intérêt négatif sur les dépôts un prix de la liquidité bancaire en euro garantie par la BCE. Le motif serait d’inciter les banques à réinvestir dans l’économie réelle solvable la masse monétaire qu’elles font gonfler par la spéculation. Ce rétablissement sous une autre forme des anciennes réserves obligatoires sur les dépôts restaurerait la fonction de la monnaie comme prime d’assurance de la croissance économique anticipée dans le crédit.

Rappelons que la fonction d’une banque centrale dans une zone monétaire est d’assurer la liquidité des paiements effectués par l’intermédiaire des banques commerciales. En monnaie moderne intégralement bancarisée, c’est à dire fondée sur l’écriture de la confiance, tous les paiements à l’intérieur d’une même zone se font par transferts de dépôts bancaires en compte courant. La liquidité monétaire des transactions signifie normalement la satisfaction des besoins licites des acheteurs par des biens et services effectivement livrés. Un dépôt de monnaie en banque engage légalement le banquier à vérifier la responsabilité civile du déposant et la licéité de ses activités économiques.

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ILS VONT SE FAIRE RATTRAPER AU TOURNANT, par François Leclerc

Billet invité.

L’Europe est comme le terrain d’une course au trésor où les autorités politiques s’efforcent de dénicher les indices d’une amélioration à laquelle est suspendue leur parole. Là une croissance qui frémit, ici un déficit qui rentre dans le rang à force de mesures d’austérité, une inflation qui se reprend marginalement, ou bien un excédent primaire dégagé non sans accommodements … Mais sans doute ne s’approche-t-on pas toujours du but, vu l’attente que continue de susciter une intervention de la BCE.

Dernier coup de bluff sur le mode des précédents, ou annonce d’une prochaine intervention ? les commentateurs penchent pour la seconde solution après la dernière intervention de Mario Draghi. Certains croient même pouvoir annoncer un cocktail de mesures composé d’une baisse de taux et d’achats de titres, soulignant que la BCE s’est déclarée jeudi « être à l’aise pour agir la prochaine fois », c’est à dire en juin. Après s’être tant fait prié pour passer à l’acte, en dernier lieu de manière insistante par l’OCDE, quelles raisons pourraient maintenant l’y conduire ? Mario Draghi l’a donnée : « nous avons eu une discussion sérieuse sur le taux de change, c’est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance. Dans une période où l’inflation est basse de manière prolongée, le renforcement de l’euro est une inquiétude sérieuse ». De fait, celui-ci accentue la pression déflationniste, alors que la BCE reconnaît que la reprise économique se poursuit « à un rythme lent » et reste « très modeste ». De quoi faire définitivement capoter une politique qui est déjà mal partie.

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Élections européennes : reconstruire la démocratie par la Confédération de l’euro, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Les élections municipales en France témoignent de l’agonie de la démocratie en Europe. Les électeurs ne croient plus au catéchisme libéral des dirigeants politiques européens. Le marché unique européen construit sur le dogme de la neutralité politique et économique de la monnaie est une mécanique financière de démantèlement des solidarités publiques de l’État de droit. L’évaporation de la matière fiscale par la libre circulation du capital met tous les États de la zone euro en faillite. Les gouvernements nationaux ne sont plus que des syndics de liquidation des biens communs publics.

L’analyse de l’économiste Michel Aglietta sur la dysfonctionnalité structurelle de l’euro montre que les pouvoirs politiques européens ont tous les éléments de compréhension de leur responsabilité dans la restauration de l’Europe. Le paradigme keynésien de la démocratie monétaire multinationale est depuis 70 ans l’alternative à l’anarchie capitaliste dont le dollar et l’euro sont le vecteur manifeste depuis la faillite des subprimes. Dans sa déréliction actuelle, le pouvoir politique n’a plus qu’une seule possibilité de restaurer la puissance du bien commun : que les électeurs votent la nationalisation de la monnaie européenne par un État confédéral démocratique de l’euro.

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Procès Kerviel : le sursaut possible de la démocratie européenne, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Dans son appel à un sursaut de fierté de la magistrature dans l’affaire Kerviel, Paul Jorion décortique le déni de justice dans lequel le gouvernement de la République Française engage le citoyen français. La réalité financière des marchés globalisés, de la banque dérégulée et des privilèges fiscaux d’extra-territorialité sont placés au-dessus de l’exigence de justice qui est la condition d’un vivre ensemble civilisé.

Réalité financière de la justice

Afin de masquer l’élimination du bien commun de la démocratie dans la globalisation libérale, la puissance publique française impute au seul Jérôme Kerviel la cause de la perte de 4,9 milliards d’euro de la Société Générale. Le régime économique est exempté de tout vice qui a permis à un seul trader d’engager 50 milliards d’actifs et à quelques entreprises de spéculation de fabriquer des instruments pour prélever depuis 2008 plusieurs milliers de milliards de dollars sur la richesse mondiale.

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Solder la faillite des États-Unis d’Amérique, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le financement de la république impériale étatsunienne par la création monétaire oligarchique est la clé d’intelligibilité historique de la déroute financière d’aujourd’hui.

Schématiquement les États-Unis ont achevé la construction de leur empire intérieur en même temps que les grandes puissances européennes ont achevé leurs empires coloniaux. Tout le monde s’est retrouvé en 1914 à court de conquêtes pour gager les politiques monétaires.

Après le pari financier perdu de la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis ont cru résoudre leur problème monétaire en prenant des gages sur l’empire allemand vaincu en 1918. Les dettes publiques et internationales adossées à la guerre ont donné l’effondrement financier mondial de 1929 et la deuxième guerre mondiale comme annoncés par Keynes en 1919 dans « Les conséquences économiques de la paix ».

En 1945, les États-Unis qui n’ont jamais pensé les conditions de la stabilité monétaire ont profité de leur super puissance pour étendre au monde la fuite en avant qu’ils pratiquent depuis leur indépendance. Les terres du Far West sur lesquelles était gagé la dette publique fédérale ont été remplacées par l’armée étatsunienne protégeant les investissements et les dividendes de la croissance économique dans le monde entier.

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« Le Grand Œuvre : une autre Europe, vite ! » : État des lieux, par Michel Leis

Billet invité.

Nécessité d’une construction européenne

L’Europe est un assemblage de nations qui partagent des racines anciennes, mais qui n’ont pas réellement de cultures communes (à commencer par la langue) malgré des interactions permanentes au cours de l’histoire. L’histoire de l’Europe s’exprime plus sous la forme de rivalités et de conflits que de coopérations, le dernier en date sur le sol européen remonte à moins de 20 ans. Le réveil des nationalismes, depuis la forme soft d’un populisme fondé sur l’égoïsme des régions les mieux loties, jusqu’aux formes les plus virulentes que sont les partis d’extrême-droite, fait craindre une balkanisation de l’Europe. Le maintien de la paix reste un enjeu d’actualité, il est le résultat d’une bataille permanente, en Europe plus que partout ailleurs. 

Vivre dans une région frontalière montre à quel point les frontières ne sont avant tout qu’un trait sur des cartes, l’eau, l’air, la pollution, mais aussi les capitaux et les travailleurs les franchissent allègrement. Les enjeux de demain nécessitent une coordination forte dans un espace suffisant pour garder un sens : ni trop grand, car de trop fortes disparités ne peuvent s’effacer d’un trait de plume, ni trop petit, car l’État nation a-t-il encore les moyens de mener seul des politiques énergétiques, de recherche ou de défense ? La combinaison de ces deux facteurs continue à donner un sens fort à la construction politique européenne. 

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