Élections européennes : Un programme pour l’Europe

Si l’on veut devenir député européen, ll faut un programme pour l’Europe *. Heureusement comme j’ai de tout dans ma grande boîte à malices, j’ai cela aussi ! Mais il faut étoffer ! Je compte sur vous et pour cela, j’ouvre la discussion.

* … même si très peu de de députés européens semblent partager mon avis.

Vers un nouveau monde (La Renaissance du livre 2017)

Le monde tel qu’il est

  1. Le projet européen

Créé pour donner à la paix et à la civilisation un nouveau souffle, après une période de déshumanisation radicale, le projet européen n’a pas pu répondre à cette demande légitime des peuples épuisés par l’horreur et se fond lui aussi dans la grande tourmente du marché. Il a fallu que notre pays s’oppose in extremis à l’acceptation générale du risque de voir les transnationales gérer sans retenue les États. C’est dire si la volonté actuelle est vraiment celle de protéger notre dignité citoyenne et humaine ! Parfois, ces transnationales ont pu même profiter des avantages offerts par le marché européen pour enrichir leur propre firme au détriment de la décence des conditions de travail de ceux qu’elles embauchent.

Cette volonté de puissance éhontée dirigée contre autrui conduit à l’affaiblissement de la solidarité entre les pays, que ce soit envers les nations appauvries telle la Grèce, face auxquelles nous avons adopté un comportement de prédateur au vu des rentes exigées d’elles comme rançon de leur survie, ou que ce soit par la difficulté que nous avons manifestée d’accueillir ceux qui fuient la misère et la guerre, monnayant leur survie (le mot « accueil » étant injustifié) avec un pays dont la préoccupation première est loin d’être l’instauration de la démocratie. La situation se retourne contre nous, puisque nous n’avons guère de défense commune, certains pays virant à l’extrême droite en l’assurant par eux-mêmes.

Guère de solidarité donc, pas davantage de démocratie. La France et l’Allemagne tiennent les rênes de ce convoi dont nous aurions tort d’être fiers : de hauts représentants des institutions européennes n’hésitent pas à se faire engager par des banques responsables de la crise planétaire, alors que d’autres cachent leurs avoirs dans des paradis fiscaux. Ce n’est pas non plus la lourdeur des institutions qui nous permettra de prendre davantage la parole.

Préoccupée qu’elle est par sa rentabilité économique, l’Europe ne se soucie guère de nous défendre par rapport aux grands enjeux de notre temps, la destruction de notre moyen de vivre, notre travail, et de celui de survivre, notre environnement.

Le projet européen est à revoir, à corriger, à poursuivre, à compléter, mais en l’éloignant de la seule préoccupation qui a été véritablement la sienne jusqu’ici : être un marché. Le moment est venu que l’Europe devienne plus que la seule Europe des marchands, qu’elle soit désormais l’Europe de l’État de bien-être : celle que veulent ses citoyens, celle que veulent les peuples qui la composent.

Le monde tel qu’il devrait être

  1. Relancer sur de nouvelles bases le projet européen

La construction européenne, initiée après la Seconde Guerre mondiale pour redonner un souffle nouveau à notre civilisation – ou plutôt à ce qu’il en restait – n’a pas rempli cet engagement à l’heure qu’il est. Bien au contraire, en concentrant son seul effort sur la constitution d’un marché, elle a, dans une dérive tragique, consacré le pouvoir de la finance comme valeur suprême. Symptôme de son indifférence à un souci de justice, les taux d’intérêt – d’un niveau confinant à l’extorsion – qu’elle a exigés pour des prêts à ses partenaires désargentés, telle la Grèce.

Comment invoquer l’idée européenne comme un idéal alors que l’on rejette, comme le font nos dirigeants actuels, le projet d’une fiscalité unifiée à l’échelle de la zone euro ? Comment parler d’une Europe unifiée face au monde extérieur alors que l’on pousse dans les capitales de hauts cris à l’idée de mutualiser la dette des pays européens pour que s’établisse une véritable égalité à l’intérieur des frontières de l’Europe et pour redonner une vraie chance à chaque pays de l’Union ?

Quant aux malheureux réfugiés venant mourir en masse à nos portes, leur calvaire constitue un scandale et une faute dont nous aurons bien du mal à nous déculpabiliser un jour, car ils sont la preuve aveuglante de notre égoïsme, de notre mésentente et du caractère creux en réalité de nos déclarations pompeuses d’allégeance à des valeurs universelles.

Chaque réfugié a quitté son pays au prix d’un déchirement dont la plupart d’entre nous auraient bien du mal à concevoir l’horreur même. Il mérite d’être traité comme une personne ayant une histoire individuelle, une identité propre, méritant le respect et non comme un grain de sable au sein d’un tas à l’existence négligeable. Tout réfugié doit être déclaré à l’abri de marchandages indignes entre nations européennes plus pleutres les unes que les autres, suscitant la honte en nous, leurs citoyens.

Un autre danger menace l’Europe : la montée en puissance de l’extrême droite en réaction au sentiment d’insécurité qu’ont causé les attentats fomentés par des intégristes musulmans et aux difficultés de mettre en place une riposte à cela et une défense communes. Ainsi, les vieux démons qui ont suscité pour les exorciser le vœu d’une Europe reconstituée par-delà ses dérives fascistes sont hélas de retour, preuve tangible de l’échec de notre continent à s’en débarrasser. Ni le matérialisme, ni le consumérisme à tout crin, ni la mise en place d’une religion féroce ayant pour seuls dieux le « marché » et le Veau d’Or n’ont pu exorciser – et pour cause ! – ces démons.
La « troïka » constituée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, par son indifférence bureaucratique, par sa philosophie écœurante du « Malheur aux vaincus ! », par la mauvaise foi répugnante de ses représentants, suant sous le poids des mensonges que je les ai vus proférer sous mes propres yeux au Parlement européen, traitant le peuple grec comme des chiens en utilisant des tactiques déloyales et perfides, incarne pleinement le naufrage d’une Europe ayant été capable seulement de mettre en œuvre l’antithèse même du message dont elle aurait dû être le véhicule pour conjurer les spectres de la Seconde Guerre mondiale.

L’esprit de la démocratie a fui l’Europe, tant au niveau des relations de l’État envers les citoyens qu’à celui des relations internationales. La Commission européenne par exemple s’arroge seule le droit de négocier de grands traités commerciaux comme le TTIP, et dans le secret granguignolesque de conspirateurs masqués, le ridicule ayant cessé de tuer parmi les marchands auxquels nous avons concédé le pouvoir de décider de nos vies. Pour que l’Europe renaisse de ses cendres, il est impératif de redynamiser la démocratie par le biais de consultations citoyennes et de mécanismes de démocratie directe.

Enfin, à l’heure où un pays comme les États-Unis, jusqu’à très récemment première puissance mondiale, opère un véritable repli sur lui-même et renonce aux lois de protection de l’environnement, une chance est donnée à l’Europe de se redéfinir en se démarquant de telles pratiques et en donnant l’exemple de l’ouverture et de la protection de notre habitat tout autant que de notre santé.

Faire de l’euro l’embryon d’un nouveau système monétaire international, en remplacement de celui né à Bretton Woods dans le New Hampshire en 1944 et mort en 1971 dans les soubresauts d’une guerre du Vietnam excédant les capacités budgétaires des États-Unis, est un devoir pressant. Depuis 1971, le monde vit dans un dés-ordre monétaire international, que l’invention des produits financiers « dérivés » pour le pallier n’est pas parvenue à corriger, et de très loin.

Les éléments de la transition indispensable vers une Europe unifiée, ayant secoué le joug du dogme ultralibéral, doivent être les suivants :

  • Mettre en place un système fiscal unique pour les dix-neuf pays de la zone euro. Non pas sous la forme grotesque prônée par M. Moscovici, commissaire européen, d’un « calcul » unique mais qui autorise toujours chacune des nations à saboter les efforts des autres en matière de justice fiscale en pratiquant de son côté le moins-disant fiscal, mais sous celle d’un système fiscal appliquant les mêmes taux d’imposition à tous et à toutes les firmes à l’intérieur de ses frontières.
  • Clore les systèmes nationaux d’émission de dette souveraine et mutualiser la dette, pour éliminer de cette façon le facteur déséquilibrant la zone euro dans son ensemble que sont les primes de risque de crédit et de risque de retour à l’ancienne monnaie incluses dans le coupon des obligations émises aujourd’hui par chacune des nations membres.
  • Transformer le système européen Target 2 de paiements interbancaires en un authentique système de règlement incluant un rééquilibrage annuel entre nations, à l’instar de l’Interdistrict Settlement Account (ISA) américain qui a servi de modèle mais dont il n’a reproduit qu’incomplètement la fonctionnalité : retenant sa logique comptable mais ignorant sa capacité au rééquilibrage par une remise périodique des compteurs nationaux à zéro.
  • Aider les économies nationales à l’intérieur de la zone euro à réaliser un équilibre de leurs échanges pour qu’elles ne soient ni importateur net (c’est-à-dire important davantage qu’elles n’exportent) ni exportateur net (c’est-à-dire exportant davantage qu’elles n’importent) par un système d’encouragement et éventuellement de désincitation, à l’instar de ce que John Maynard Keynes préconisait pour le système monétaire international adossé au bancor dans la proposition qu’il fit au nom de la Grande-Bretagne en 1944 à Bretton Woods. Dans ce cadre, les déshonorants échanges d’invectives entre l’Allemagne et la Grèce, tels ceux dont nous avons été les témoins de 2010 à 2013, auraient perdu toute justification.
  • Interdire le mouvement des capitaux spéculatifs à l’intérieur de la zone euro et à ses frontières par un contrôle des changes opéré par une chambre de compensation multilatérale regroupant les pays membres de la zone euro.

Proposition : Faisons de l’euro l’embryon d’un nouveau système monétaire international, en remplacement de celui mort en 1971.

Prenons pour modèle de ce nouvel euro – au service des peuples plutôt que des marchands exclusivement – celui du bancor, la monnaie de compte internationale au cœur de la proposition de John Maynard Keynes, rejetée à Bretton Woods en 1944, modèle fondé sur une chambre de compensation multilatérale dont la mise en œuvre opérerait une pacification des relations économiques entre nations, une solidarité apaisée venant prendre la place de la rivalité belliqueuse prônée comme notre idéal par l’ultralibéralisme qui règne aujourd’hui en maître pour notre malheur à tous.

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118 réflexions sur « Élections européennes : Un programme pour l’Europe »

    1. Bonjour
      Je suis vraiment désolé car j’apprécie énormément le blog et les positions de Jorion mais il reste piégé dans le monde qu’il a connu et qu’il veut sauver

      le programme de Paul Jorion est une belle utopie mais n’est qu’une utopie. Elle est déniée chaque jour parles comportements de ceux qui manipulantes textes et les lois (y compris internationales) à leur profit exclusif.

      le parlement n’a aucun pouvoir, l’unanimité n’offre aucune sortie et son programme est un fédéralisme
      l’effort est méritant mais la France n’est pas le luxembourg ou la slovénie

      On ne transforme pas un monstre en Saint Bernard, on le détruit et on reconstruit … éventuellement
      Tout ce que l’Europe a fait depuis Maastricht a été de détruire ce que les peuples avaient arraché aux puissances politiques, économiques, étatiques depuis deux siècles

      Ce carcan qui se transforme en enchaînement ne peut plus rien produire de bon et je dénie à tous groupe de député européen quelconque de définir ce que doit être ma vie et mon avenir

      je crains que l’oppression que cette europe a (non pas apporté) mais toléré jusqu’au moment ou elle s’est couchée devant l’économie ne s’achèvera que dans conflit majeur, comme tousse empires qui ont cru pouvoir imposer un fédéralisme forcé.

      Bonne chance aux convaincus.

  1. Bravo Paul ! et même un triple Hourra pour ce texte, petite lumière humaniste dans la nuit néolibérale.

    La question qui se pose maintenant est celle du verrou des politiciens professionnels payés pour maintenir l’ordre néolibéral en place. Comment le faire sauter ? Comment obliger les institutions mortifères de l’UE à se suicider ?

    1. Les polititiens professionnels ne sont malheureusement pas les seuls MERCENAIRES à vérouiller système actuel . CE système de  »mercenariat » me parait beaucoup plus répandu que limité aux polititiens . Je pense que c’est à ce verrou qu’il faille s’attaquer

      1. Oui, la corruption est systémique et se décline en une infinité de nuances suivant les cultures politiques locales. Bien que tout le monde, des néolibéraux occidentaux, aux autocrates orientaux et aux ‘princes rouges’, se retrouve au final dans les mêmes paradis fiscaux et juridiques.

        Dans certains domaines d’activité cette corruption a même des effets aussi absurdes que comiques, comme l’organisation de la prochaine coupe du monde de football dans un pays esclavagiste, où les températures extrêmes vont obliger à climatiser de gigantesques enceintes sportives où se déverseront des foules transportées par avion sur des distances continentales…

        Il n’empêche que le premier pouvoir, celui qui décide du quoi (l’exécutif) et du comment (le législatif) est politique. C’est ce pouvoir accaparé par l’argent qui nous conduit à l’abime. C’est donc lui que le bien commun se doit de préempter si nous voulons que les solutions ne restent pas à l’état de rêveries inutiles.

  2. Mesdames, Messieurs, les députés, cheffes et chefs de parti, de mouvement, si vous avez encore un peu de bon sens, et d’humanité, exigez que votre parti ou mouvement reprenne les mesures préconisées par Paul Jorion pour remettre sur les rails cette Europe que nous chérissons et qui malheureusement part à vau-l’eau et disparaîtra un beau matin parce que nous n’aurons rien tenté de sérieux pour la sauver.

    C’est important pour l’Europe, mais ce serait aussi faire œuvre utile pour l’humanité toute entière.

    C’est le message que délivre Paul Jorion dans ce texte programmatique qui a valeur aussi de manifeste.

    L’injustice, l’indignité pourront être combattues plus sûrement partout si l’Europe donne l’exemple, non pas à coup de belles incantations, et de leçons de morale adressées au reste du monde, mais en se dotant d’institutions enfin taillées à la mesure des défis qui s’imposent à nous désormais en Europe et sur la planète.

    Je ne me fais pas beaucoup d’illusion, vous appartenez sans doute à un parti, un mouvement, qui obéit à une logique d’abord électoraliste, autant dire court-termiste, si bien que ce qui aux yeux des citoyens du monde semblerait être prioritaire, passe au second plan dans vos programme d’action.

    Sans doute, ici ou là, certaines de vos mesures vont dans le bon sens, mais globalement le compte n’y est pas du tout. Souvent même elles sont contreproductives, il y a même des petits pas qui sont des avancées certaines vers l’abîme. Car vos ‘mesures’, largement sous-dimensionnées, à côté de la plaque, ne prennent pas les problèmes en amont, font un diagnostic incomplet d’une situation qui ne peut pas être appréhendée de mille manières différentes mais exige au contraire qu’on l’examine avec le regard sans complaisance de l’homme de raison indépendant de tout groupe de pression. Bref, les mesurettes manquent de pertinence et ratent la cible qu’elle sont censées viser.
    Il ne vous reste donc plus qu’à faire mentir mes craintes, relevez donc le défi, élevez-vous au dessus de la mêlée pour exiger de vos collègues autre chose que la médiocrité, autant dire les expédients de la politique à la petite semaine. Bref, surpassez-vous ! Et si vous êtes vous-même responsable au sein d’un parti, d’un mouvement, oubliez les sondages, les petits calculs électoralistes, laissez parler le citoyen qui sommeille en vous, élevez le débat au seul niveau qui devrait importer, le meilleur, au plus haut niveau. Et sans doute serez-vous surpris par les résultats de votre audace. Les citoyens n’attendaient en réalité que celle-ci pourvu qu’elle soit juste et raisonnée.

    Quand la banquise fond comme neige au soleil dans des proportions inquiétantes, quand l’océan est en passe de devenir une immense poubelle, quand les inégalités s’accroissent au bénéfice d’une aristocratie de l’argent rendant de fait impossible l’action des hommes et femmes de bonne volonté, n’est-il pas temps de s’insurger, et de faire plus et mieux, et même encore beaucoup plus, pour être à la hauteur de ce qu’il convient réellement de faire.

    Prenez donc la peine de lire un à un les mots choisis soigneusement par l’anthropologue Paul Jorion car ici tous les détails comptent et ont été mûrement réfléchis, ils sont l’aboutissement de toute une vie d’étude et de réflexion, alimentés par des enquêtes de terrain dans des domaines cruciaux pour notre avenir : la politique monétaire et financière. Ces réflexions ont donné lieu à un corpus d’idée qui se trouvent maintenant déposé dans quelques livres fondamentaux pour comprendre tout simplement quelque chose au monde apparemment complexe qui s’offre à nos yeux. Le monde n’est pas simple, mais il est possible d’en dégager les articulations majeures, et c’est ce à quoi s’est employé l’auteur.

    Paul Jorion, vous l’aurez peut-être noté, ou pas, ne mentionne pas dans ce texte consacré spécifiquement à l’Europe, des choses qu’il préconise par ailleurs, comme l’extension du domaine de la gratuité, dont il parle ici. De même il n’est pas question directement d’écologie, dont il parle là.

    Que cela ne soit pas un frein pour la réception de ce texte. Si certaines choses n’y sont pas, ce n’est pas, de toute évidence, que l’auteur s’en soit désintéressé ici, mais parce que ce programme pour l’Europe se concentre sur les mesures d’urgence pour l’Europe elle-même et en même temps les plus pertinentes pour poser les bases d’un monde viable et désirable pour l’humanité à long terme.

    Il y a des partis écologiques, et tous les partis évoquent désormais l’écologie, devenue incontournable, par la force des choses, mais il ne suffit pas de prononcer le mot écologie pour colorer en vert toute réalité.

    L’écologie dans le monde tel qu’il est, c’est un ensemble d’écosystèmes qui dépend désormais de l’action humaine. Or l’humanité a indiscutablement une dimension collective, si nous coexistons c’est que nous vivons au sein de sociétés, et ces sociétés humaines sont donc pourvues d’institutions. Depuis déjà quelques siècles, ce sont les institutions économiques et financières qui pèsent le plus dans notre destinée humaine à la surface de cette planète. Ce sont les institutions monétaires et financières, cela parce que la quasi totalité de notre vie matérielle dépend de transactions monétaires, autrement dit de l’argent, appelé à juste titre ‘le nerf de la guerre’. Nos dirigeants ne se privent pas d’ailleurs de dire que nous sommes en guerre économique. Ils oublient seulement de dire que c’est contre nos frères humains, ici et ailleurs, et en définitive contre nous-mêmes. Contre l’espèce humaine.

    Il est un fait que l’argent, mal employé, au sein de mauvaises institutions, ou pire, du fait de l’absence des institutions propices à son juste emploi, est le point nodal sur lequel il faut concentrer, de toute urgence, nos efforts. L’extension de la gratuité ne pourra intervenir que si a minima l’étau de la finance mortifère se desserre. Sans quoi notre monde continuera sur sa lancée actuelle, qui est celle de l’auto-destruction.

    Tel est le sens, me semble-t-il, du message que nous adresse, que vous adresse, Paul Jorion, intellectuel de haut vol et citoyen du monde. Prenez le temps de le lire, essayez d’en comprendre toutes les implications, et si des éléments de compréhension vous manquent, allez lire ses livres. Ou fréquentez un peu plus souvent ce blog.

    1. « Il est un fait que l’argent, mal employé, au sein de mauvaises institutions, ou pire, du fait de l’absence des institutions propices à son juste emploi, est le point nodal sur lequel il faut concentrer ».

      Non, ce n’est pas le fait. Le problème, l’effondrement, est physique, écologique, démographique.
      Accuser l »argent », c’est perdre son temps (et son encre).

      1. Hadrien
        Ce que vous évoquez là ce sont des conséquences du dysfonctionnement, ou de l’absence des institutions humaines. Vous inversez la cause et l’effet.
        L’écologie, le monde physique, la démographie formeraient-ils donc un monde à part, totalement étanche au monde de l’économie et de la finance ?

      2. Erreur de frappe, démographie, pas démocratie, même si le raisonnement reste valable en y incluant la démocratie. Celle-ci doit passer à niveau supérieur en mettant hors la loi la finance livrée à elle-même.

      3. A M P-Y Dambrine,
        Sans vouloir vous vexer, je pense démontrer le contraire.
        La destruction d’un milieu peut parfaitement se produire sans « argent ».
        Exemple: le dodo de Maurice exterminé par les rats et chats introduits par les colons.
        Relisons P Jorion, qui décrit homo sapiens comme espèce prédatrice, colonisatrice, destructrice bien avant et indépendamment du capitalisme.
        Je ne nie pas que le capitalisme augmente la destruction du milieu à cause de son efficacité mais il n’est pas la cause première. Visitons l’ex RDA: tout n’y est pas vert.
        Le jorionisme, en se focalisant sur les tares de la finance (à bon droit) tire à côté de la cible principale.
        Autrement dit:
        Je supporte les 19 points du programme politique de P Jorion MAIS aucun ne diminuera le réchauffement climatique (et autres destructions).

      4. @Hadrien :

        Votre remarque a une part de vérité , et dans le diagnostic du monde , je préfèrerais aussi l’approche soliton a trois branches ( complexité , écologie et ressources , système financier ).

        Les deux premières branches ont elles mêmes des composantes diverses , et pour les traiter dans la durée , c’est bien à chaque composantes qu’il faudra répondre .

        Mais la troisième , c’est bien celle qui depuis un siècle accélère et concentre tout , y compris complexité et pillage des ressources . Pour réparer un pneu à plat , il vaut mieux commencer par enlever le clou ( qui est paradoxalement celui que j’encourage à enfoncer, plus bas) .

      5. N’est-ce pas perdre son temps que de vouloir surmonter l’effondrement physique, écologique, démographique tout en laissant l’outil que constitue l’argent aux mains de ceux qui le détiennent actuellement et l’utilisent pour contrôler les pouvoirs politiques?

      6. Hadrien

        Les causes premières Jorion en a traité et vous le savez bien, notamment dans son explication du soliton.
        Ni lui, ni moi, à sa suite, n’avons jamais prétendu que l’argent était l’unique cause de la situation.
        Seulement, c’est un levier essentiel qu’il n’est pas possible d’ignorer, parce que précisément le fait que nous vivons dans un univers capitaliste implique que ne pouvons en sortir, par le haut, sans violence, sans tabula rasa, sans remettre en cause les institutions qui permettent à l’argent de s’accumuler, parce que facteur d’inertie considérable empêchant que des progrès soient réalisés en tous autres domaines.

        Vous me dites, l’humanité sait se détruire sans capitalisme. Oui, mais il se trouve que c’est précisément le capitalisme qui constitue notre environnement socio-économique, et pas un autre.

        Nous devons donc forcément partir de l’analyse de ses structures propres au capitalisme pour nous en dégager au plus vite. Or, si l’humanité n’a pas attendu le capitalisme pour détruire son environnement, le capitalisme fait au centuple ce que d’autres structures faisaient beaucoup plus lentement. Vous le notez d’ailleurs vous-même.
        J’en tire la conclusion que stopper la logique capitaliste c’est en réalité avoir résolu aussi bien le problème qui vous préoccupe, à savoir la tendance inhérente qu’a l’humanité à détruire son environnement par la prédation. Le capitalisme n’est pas un simple accident historique, mais bien une des formes de la prédation qu’a prise l’humanité dans son histoire. Résoudre le problème du capitalisme c’est donc résoudre le problème sous-jacent plus général.

        Vous vous étonnez que le texte concentre son attention sur système monétaire et financier.
        La raison en est que vous ne considérez pas finance et monnaie au niveau d’analyse requis, pourtant, vous devriez le savoir, Paul Jorion observe monde de la finance et de l’économie avec le regard de l’anthropologue et du sociologue, loin de tout économisme. C’est même là que réside l’aspect novateur de sa pensée.
        Ce qui revient à dire que le cadre intellectuel dans lequel économie, finance, et monnaie sont analysés, inclut celui du monde économique et financier sans s’y réduire. Les causes premières se trouvent donc bien hors cadre strictement économique et financier. Pour autant, et même au contraire, Paul Jorion ne se désintéresse pas des rouages, de la manière dont les rouages fonctionnent effectivement au sein du dispositif particulier que constitue le système capitaliste avec ses institutions, ses lois écrites et non écrites.

        Tout, dans nos sociétés humaines, ne se réduit pas au capitalisme, il existe moult lois, institutions qui ne s’y identifient pas automatiquement. Autant dire que le capitalisme bien que solidement enchâssé dans nos structures sociales, peut très bien se défaire, cela en touchant ici ou là à quelques pièces pivots du dispositif inscrites dans le droit et dans la mémoire collective.
        L’intérêt de la démarche c’est donc qu’elle ne nécessite pas une tabula rasa, un effondrement total pour repartir sur de meilleures bases. Ou alors qu’on me dise, comme d’aucuns s’empressent de le dire, qu’il n’y a plus rien à faire, et qu’il n’y a plus qu’à attendre la catastrophe ou que le peuple se révolte. C’est souhaitable que l’on s’insurge, et même nécessaire, mais cela n’apporte pas de solution en soi.

        De prime abord, l’ambition peut sembler réduite : ne toucher qu’à quelques éléments du dispositif.
        En réalité c’est extrêmement ambitieux dès lors que l’on comprend que ces éléments sont des éléments clés.
        Pour filer la métaphore, ce sont en quelque sorte des serrures pour ouvrir d’autres portes. Celle que vous-même sans doute entrevoyez.
        Notre humanité d’un autre point de vue a été bricolée tout au long de l’histoire, elle-même d’un point de vue strictement biologique elle est bricolée. Il n’est donc pas absurde qu’il faille pour lui faire emprunter un chemin praticable qu’elle se bricole encore une fois ses solutions. Eh bien, considérez que dans ce bricolage auquel il faut nous atteler urgemment, il y a quelques éléments du dispositif capitaliste qu’il s’agit de désamorcer, d’ôter du fonctionnement général de nos institutions, de façon à ce qu’on puisse bricoler un nouveau dispositif en agençant à nouveaux frais le système tout entier, au besoin en ajoutant de nouvelles pièces maîtresses. AInsi en introduisant d’abord au sein de l’Europe un système de compensation monétaire calqué sur le modèle US, en faisant la mutualisation des dettes, ….. en interdiction de la spéculation, en procédant au contrôle de la circulation des capitaux …. ce qui facilitera ipso facto l’extension du domaine de la gratuité.
        Comme vous m’avez bien lu, il ne vous a pas échappé que c’est la mémoire collective qui doit travailler sur elle-même. Le problème n’est donc pas purement technique. Et ça nous le savons tous sur ce blog, où il est souvent question de dynamiques d’affect.

      7. Sauf peut-être, l’interdiction de toute forme de propagande…

        La pollution est à l’image de l’épidémie mondiale de diabète : rien ne semble pouvoir l’arrêter, et pourtant, tous les moyens sont autorisés pour doper ce qui la favorise …

    2. Là encore très bel appel, mais dont la réalité de la politique française et européenne de ces quarante dernières années limite singulièrement la portée.
      Les partis sont par nature des organisations pyramidales dont la direction se conquiert à coup de complots, trahisons et autres petits meurtres entre amis. Bref, un mode de fonctionnement qui sélectionne et promeut automatiquement les moins aptes à assurer le bien commun et les plus immoraux…

      Qu’ils soient de droite, de gauche ou pire encore de l’extrême-centre, les dirigeants politiques ont largement fait la preuve qu’ils étaient totalement hors-sol. Tout comme l’actionnariat a définitivement gagné la direction des transnationales lorsqu’il a rallié à sa cause les cadres dirigeants à coups de stock-options, l’argent a définitivement pris la tête des partis ‘de gouvernement’ au travers d’une corruption systémique qui fait que chefs de gouvernements, députés ou sénateurs, n’ont même plus besoin de directives claires de sa part pour savoir quoi décider et quoi voter.

      Et le récent suicide du PS français est bien là pour prouver le véritable poids des électeurs et des militants dans la direction des partis.

      Que des gens aussi improbables que Trump ou Macron se retrouvent à la tête d’états, signe tout simplement les limites de la démocratie représentative. Hier encore celle-ci pouvait faire illusion dans un monde qui n’avait pas connu la mondialisation financière, mais ça n’est plus le cas aujourd’hui où un dollar ou un euro valent une voix, où la démocratie représentative est celle de l’argent.

      Coincés entre les replis nationalistes et xénophobes, une finance folle et des modes de productions extractivistes qui nous placent sur une trajectoire à +4° pour la fin du siècle, quelle autre issue avons-nous si nous voulons que l’espèce survive, que d’imposer la démocratie directe ? Une solution qui ne passera certainement pas par des partis corrompus qui sélectionnent les pires de leurs adhérents pour les diriger.

      1. @Roberto Boulant (17/6 à 12h56)
        Difficile, hélas , de ne pas partager complètement votre analyse admirablement synthétisée.
        Un seul b-mol :  » quelle autre issue avons-nous si nous voulons que l’espèce survive, que d’imposer la démocratie directe  » ? Là, à regret, je ne vois pas.. ni la manière d’imposer, et encore moins, bien moins, la technique de recours à la « démocratie directe » préalablement éclairée…(en lien pour la France avec les actuels et futurs textes pervers concernant « le secret des affaires » et « la diffusion des fake-news »).
        Nouvel hélas..!

      2. Oui Roberto, la démocratie directe je suis pour.

        Je ne l’ai pas évoquée cette fois parce que j’ai le sentiment que ce n’est pas du tout la priorité des députés et autres chefs de parti. Il faudra donc l’imposer, ne pas attendre qu’on nous donne la parole, mais qu’on la prenne ! Nuit Debout en avait été une prémisse, mais il en faudra beaucoup plus !

        Pour moi imposer de nouvelles institutions, de nouveaux dispositifs, et prendre la parole pour que se décident des choses importantes, c’est une seule et même chose. La démocratie directe est un moyen mais pas une solution en soi, on le voit bien en Suisse où l’on vote pour un peu tout et n’importe quoi, sans que le système ne change fondamentalement. Encore faut-il donc poser les bonnes questions, pour avoir les bonnes réponses.

        N’empêche qu’il existe toujours (mais pour combien de temps ?) des élections. Aussi imparfaites soient-elles, et aussi réduites soient les marges de manœuvre, nous aurions bien tort de ne plus nous impliquer dans ce qui ressemble furieusement à ce que tu décris.
        Tu sais, comme moi, nous en avons déjà discuté, que c’est lorsque la situation devient de plus en plus instable, que des grains de sable peuvent perturber une mécanique qui semble inéluctable, cette mécanique qui broie chaque jour son content de portion de Terre cultivée et d’humanité.
        Alors oui, la démocratie directe est une partie de la solution, mais pas toute la solution.

      3. Prendre la parole n’est pas suffisant Pierre-Yves. Si dans les autocraties et les dictatures, cela suffit à vous envoyer en prison ou au cimetière, sous le régime dit de « démocratie représentative » la cacophonie est savamment entretenue afin que seule finisse par surnager le discours dominant (pragmatique et de bon sens, cela va sans dire) qui est celui des puissants intérêts privés. Notre régime est celui où tout est mis exactement sur le même plan, où les paroles de Paul Jorion sont concurrencées par les cabrioles des chatons sur internet, les résultats sportifs ou la dernière « petite phrase ».

        À ce relativisme s’ajoute le bombardement d’informations qui se chassent l’un l’autre. Avec pour résultat final et recherché, une bouillie dont seul ressort la petite musique dominante et ses éléments de langage que les gens finissent par s’approprier à leur corps défendant.

        Ça n’est pas par amour de la presse libre que nos amis milliardaires investissent massivement dans les médias, et ça n’est pas par amour de la démocratie que notre gouvernement préfère légiférer sur les fausses nouvelles (l’arsenal législatif est plus que suffisant pour cela), plutôt que de lutter contre la concentration des titres de presse.

        Alors, s’il n’est pas exact de dire que les Suisses votent pour « un peu tout et n’importe quoi » (les 10 dernières votations acceptées portaient sur des sujets aussi importants que le régime financier, la sécurité alimentaire, l’énergie, le trafic routier, la naturalisation des étrangers, le renseignement, l’asile politique, la PMA, le transit routier, la loi sur l’audiovisuel), il est nécessaire de remarquer que la démocratie directe ne peut pas fonctionner sans un haut niveau d’éducation. C’est-à-dire sans des citoyens aptes à penser par eux-mêmes et possédant un esprit critique leur permettant de décrypter les différents discours.

        Pardon de rappeler l’évidence, mais si l’on fabrique des consommateurs plutôt que d’éduquer des citoyens, c’est bien pour les dresser « à bien voter ».

        Il ne faut donc pas à mon sens considérer la démocratie directe comme une simple amélioration du régime politique actuel, mais comme la possibilité d’un véritable changement de paradigme. Aussi important que celui qui marqua la fin de l’Ancien Régime (le sang en moins, est-il encore permis d’espérer…)

        Et bien entendu, c’est là que le bât blesse ! On n’imagine mal des politiciens professionnels voter pour se mettre eux-mêmes au chômage.

        D’où mon interrogation : comment faire sauter ce verrou de l’ordre néolibéral ? (et l’on peut bien sûr préciser : avant que les partis d’extrême-droite ne ramassent la mise).

      4. @Otromoros
        Cf mon commentaire de 22h54 en réponse à P-Y. Dambrine.

        Si une éducation citoyenne est un préalable indispensable au bon fonctionnement de la démocratie directe, je ne vois effectivement pas comment imposer cette dernière. Elle ne fait même pas partie du débat, ou alors à la marge, présentée comme une amélioration plus ou moins cosmétique du régime actuel.

        Que ce soit au niveau national ou à celui de l’Union, tout est fait pour ne laisser d’autres choix aux électeurs que le TINA ou le chaos. Une stratégie qui atteint ses limites comme le montre le résultat des dernières élections en Italie.

      5. @Roberto @ Pierre-Yves au sujet de la démocratie directe

        Je crois que vous vous faites des illusions à ce sujet. On voit la démocratie directe comme le stade le plus abouti de la démocratie, mais elle peut être très dangereuse. Lorsque les gens ne comprennent pas, ils peuvent voter tout et n’importe-quoi, comme les anglais, les américains, et dernièrement les italiens viennent de le faire, en envoyant cette coalition absurde pour gouverner leur pays. Les propositions de lois que l’on demanderait d’approuver par référendum peuvent être toutes aussi absurdes…

        N’imitons pas, ceux qui voyaient une porte de sortie par le moyen d’une nouvelle constitution pendant les élections présidentielles. Les problèmes sont à chercher dans l’organisation de l’activité humaine, pas dans les institutions, ni dans le mode de scrutin., du moins pas dans notre pays.

      6. @Vincent Rey, 18/06 14h21

        C’est bien pourquoi j’insiste sur l’aspect fondamental de l’éducation qui doit donner à chacun les outils intellectuels pour pouvoir exercer pleinement sa citoyenneté. Et non plus la déléguer à des individus dont la situation actuelle prouve à quel point ils sont dangereux et pour la démocratie et pour la survie de l’espèce…

        Vous affirmez que les propositions de lois que l’on demanderait d’approuver par referendum peuvent être absurdes. Certes, mais sans même parler de la situation actuelle où les lobbies présentent des propositions de lois clefs en main, où le TTIP est, je cite Paul Jorion, « négocié dans le secret granguignolesque de conspirateurs masqués », c’est faire peu de cas des capacités de discernement et d’intelligence de nos contemporains. Je ne sache pas que les votations suisses aient débouché sur des résultats aussi absurdes que le retrait des USA des accords de Paris, ou de la diminution du montant des APL pendant qu’était supprimé l’ISF.

        Quant à votre phrase en gras, j’avoue ne pas comprendre. Comment comptez-vous organiser les différentes activités humaines au niveau étatique et inter-étatique sans institutions ?

      7. @Roberto

        Aux USA, en Angleterre, en Italie, en France, en Allemagne, nous avons tous des institutions très différentes, et pourtant nous avons tous le même problème : disparition du travail, exaspération des inégalités.

        « Le dernier qui s’en va éteint la lumière », dit parfaitement notre problème à tous, qui est immense, et très dangereux, si on ne le prend pas de la bonne manière. La concurrence, le marché et la finance libres, nous emmèneront jusqu’au bout de la contrainte sur l’Homme et l’Environnement.

        C’est toute la difficulté, car intervenir sur le fonctionnement du marché, c’est forcément faire cavalier seul. Le premier pays qui le fera, marquera certainement l’Histoire de l’Humanité, mais il faut s’attendre à énormément de difficulté.

        Mais n’y aurait une sorte de noblesse, à être le premier pays qui baisse la garde ?

        findutravail.net

      8. @Vincent 19/06 8h39

        Vincent, je n’ai pas un mot à rajouter ou à retrancher à ce que vous écrivez.

        Et c’est justement parce que je mesure l’asservissement de nos dirigeants politiques à la toute-puissance des intérêts privés, que je ne vois pas d’autre solution que la démocratie directe pour (tenter d’)échapper à la trajectoire mortelle des +4° et des replis nationalistes.

        Il existe différentes études universitaires qui mettent des noms et des visages sur « les marchés » et sur ceux qui siègent au conseil d’administration des 147 transnationales qui se situent au cœur du réacteur. Ces quelques milliers de personnes, cette infime minorité, possèdent le pouvoir d’infléchir à leur convenance le vote des lois et les politiques macro-économiques, du seul fait qu’ils disposent de la permanence alors que les élus passent (et même de plus en plus vite) dans un monde façonné par l’argent. Et peu importe que des populations désespérées par l’injustice sociale votent pour des partis extrémistes, si ceux-ci poursuivent la trajectoire voulue par « les marchés ».

        Une solution qui n’en est pas vraiment une, comme le montre Donald Trump et sa politique du rapport de force qui nous ramène au chaos des temps pré-westphaliens (mais avec des armes atomiques !)

        Nous atteignons simplement les limites de la démocratie représentative. Même d’une honnêteté et d’une volonté sans failles, aucune équipe gouvernementale ne peut espérer changer le cours des choses dans cet environnement. Seule la légitimité de la démocratie directe peut imposer le programme de Paul Jorion, c’est-à-dire avoir suffisamment de poids pour se défaire de la toile d’araignée nationale, européenne et mondiale tissée par l’argent.

        L’argent peut tordre le bras de n’importe quel gouvernement tant le rapport de force est inégal entre un pouvoir local et un autre de niveau mondial. Mais il n’en va plus de même lorsque l’interlocuteur n’est plus un gouvernement, mais un peuple de 67 millions de personnes représentant la 5ème ou 6ème puissance économique mondiale. Surtout si son exemple est suivi par d’autres pays. C’est bien connu, une révolution réussie est une révolution qui se propage.

        Utopie ? Très certainement ! Mais comme l’autre chemin nous conduit directement à la guerre dans un monde à +4°, je ne pense pas que nous ayons véritablement le choix.

      9. Roberto, Pierre-Yves, et à tous les lecteurs de ce blog, que les analyses de Paul Jorion ne laissent pas indifférent ! Les signes d’effondrement se multiplient… tout montre maintenant qu’il y a urgence

        Ce n’est pas à moi de vous dire ce que vous avez à faire, mais il y a un formulaire d’inscription sur findutravail.net. Formons un groupe autour des idées de Paul, pour intervenir en France, sur findutravail.net ou ailleurs, ça m’est égal, mais bougeons-nous quelque part.

    3. Je m’associe à l’appel de Pierre-Yves Dambrine.

      L’Europe politique va-t-elle passer à côté de Paul Jorion, ce nouveau Keynes ? Que se serait-il passé, si Roosevelt avait ignoré JM Keynes ? Aurait-on gagné d’ailleurs, la bataille contre le nazisme ?

      Il faut maintenant prendre acte, du fait que l’économie et la finance travaillent contre l’Homme, et prendre des mesures pour enrayer cette machine infernale à développer les inégalités, dopée par la finance.

      Vincent Rey
      findutravail.net

    4. A M P-Y Dambrine, 17/6: 10h55.
      « Or, si l’humanité n’a pas attendu le capitalisme pour détruire son environnement, le capitalisme fait au centuple ce que d’autres structures faisaient beaucoup plus lentement » .
      Il y aurait beaucoup à vous répondre, mais je me limite à cette phrase (pour l’instant).
      Tout d’abord, le mot « centuple » relève de l’amplification poétique – peu importe.
      Ensuite, comme déjà dit, je suis assez d’accord avec le « jorionisme ».
      Je vois pourtant une contradiction:
      Sommes nous d’accord pour dire que le capitalisme augmente le niveau de vie moyen (de manière injuste, certes)?
      Sommes nous d’accord pour assimiler notre niveau de vie à la destruction de la nature ?
      Exemple: Le capitalisme chinois crée une classe moyenne nombreuse qui achète des breloques en ivoire et entraine le braconnage des éléphants.
      Or, de deux choses l’une:
      1) Ou bien le jorionisme attaque le capitalisme pour le rendre plus juste cad pour augmenter le niveau de vie des (innombrables) plus pauvres avec comme conséquence (passée sous silence) l’augmentation de la destruction de la nature.
      2) Ou bien le jorionisme attaque le capitalisme pour diminuer le niveau de vie moyen (ce qui s’accorde mal avec la gauche politique).

      Il me semble que les 19 points politiques de P Jorion relèvent de la chose no 1, alors que ses analyses anthropologiques portent vers la chose no 2.

      1. @Hadrien qui prétend :
        Or, de deux choses l’une:
        1) Ou bien le jorionisme attaque le capitalisme pour le rendre plus juste cad pour augmenter le niveau de vie des (innombrables) plus pauvres avec comme conséquence (passée sous silence) l’augmentation de la destruction de la nature.
        2) Ou bien le jorionisme attaque le capitalisme pour diminuer le niveau de vie moyen (ce qui s’accorde mal avec la gauche politique).

        Ce serait peut-être exact, si l’estimation de la richesse collective était un agrégat mesurable, aussi incontestable que la pression atmosphérique. Mais ce n’est pas le cas.

        Sur votre point N°1 : il n’y a aucune fatalité à la destruction de l’environnement, même dans une société capitaliste. Qu’est ce qui nous empêche de laver les bouteilles en verre au lieu de les casser, de nous passer des emballages plastiques, ou de fabriquer des biens moins sujets à l’obsolescence ? Absolument rien, il suffit de le décider collectivement.

        Sur votre point 2 : il me semble que le capitalisme se débrouille très bien sans Paul Jorion pour diminuer le niveau de vie moyen. En témoignent ces nombreuses personnes, qui travaillent, et qui malgré cela, n’ont pas suffisamment de moyens pour se loger, ainsi que celles innombrables qui n’ont jamais travaillé, et qui pour subsister, se livrent à des activité parallèles. Vous ne voyez donc pas tous ces quartiers abandonnés ?

        Ce n’est donc pas « de 2 choses l’une », comme vous le dites trop simplement…

        Vincent Rey
        findutravail.net

      2. Par ailleurs Hadrien, je viens de mettre en ligne un billet sur Ronaldo, qui vient d’accepter de reverser 18.8 million d’euros au fisc espagnol (ce qui ne va pas trop gêner ses revenus, puisqu’il gagne environ 87.7 millions par an).
        C’est également un choix, cette rémunération exubérante des joueurs vedettes de football. C’est nous autres consommateurs qui y consentons, en acceptant de payer les produits 2% plus cher, ce qui va financer publicité et sponsoring de toutes sortes. Il n’y a aucune fatalité à cela, on pourrait prendre cet argent, et le dépenser à autre chose de plus utile collectivement, si nous le voulions, par exemple à la recherche sur les réacteurs à sels fondus…

        Voir là dessus mon article les 3 gaspillages du Nucléaire

  3. Monsieur Jorion, votre programme est fondé sur l’hypothèse implicite que « l’Europe » existe en tant qu’entité politique. Cette hypothèse est fausse. L’Europe n’a d’une entité politique – d’un état fédéral – que les apparences. Les politiques en Europe sont nationales et les politiques européennes sont décidées par les états-membres (supposément par le peuple souverain de chaque état-membre). Il n’y a pas de peuple européen, il n’y a pas souveraineté européenne – ni donc de démocratie européenne – et il n’y a pas d’Etat européen. Sinon dans les rêves des « pères fondateurs » et de leurs émules.

    À chaque étape l’élargissement a été préféré à l’approfondissement. Cet ensemble qu’on appelle « Europe » est désormais trop gros – et trop inféodé aux USA – pour que le rêve fédéral ait encore le moindre sens.

    L’Europe est une sorte de totem : on la vénère, on lui prête toutes sortes de vertus, on se débarrasse sur elle des problèmes qu’on ne sait pas ou qu’on ne veut pas traiter, on l’accuse de ne pas être à la hauteur des valeurs qu’elle professe ni de savoir régler les problèmes qu’on lui a confiés, on la condamne à être sans cesse refondée… Cela est absurde. Il faudrait en sortir. Mais pas en continuant à la prendre pour ce qu’elle nest pas.

    Quant à l’euro, en faire l’embryon d’un bancor, soit. Mais alors commençons par retrouver les monnaies nationales. Si je me souviens bien, le bancor est une monnaie de règlements internationaux, une monnaie commune, pas une monnaie mondiale unique…

    1. Effectivement, il n’y a pas de peuple européen, il y a des peuples européens, et à priori ça n’empêche pas de faire une entité européenne, la moins mal fichue possible ! 🙂

      1. « ça n’empêche pas de faire une entité européenne, la moins mal fichue possible « 
        Certes, mais laquelle ? mais quelle entité européenne ? Nous la construisons depuis 70 ans, cette entité européenne, et nous ne sommes toujours pas d’accord, et même de moins en moins d’accord, sur ce que nous construisons. C’est littéralement absurde.
        Tout le monde veut « refonder »  l’Europe mais chacun a un projet différent. Ça ne peut pas marcher.
        Vous imaginez une équipe d’ouvriers construisant une maison chacun ayant en mains les plan d’une maison différente ? On comprendrait qu’ils en restent longtemps aux fondations, se battant sans cesse pour corriger ce qui déjà été fait…

      2. @Denis Monod-Broca :

        Si vous avez une femme et des enfants ( sans même ajouter les petits enfants ) , c’est pourtant ce que vous faîtes tous les jours .

      3. @ Juannessy

        ???… Je ne comprends pas que vous voulez dire.

        Sur plan, on peut imaginer toutes les variantes possibles. Au moment de construire, il faut en avoir choisi une.

      4. @denis Monod-Broca : je plussoie. On a fait un Marché commun pour dynamiser la reprise d’après reconstruction. On n’a plus jamais fait autre chose, et il n’est pas sûr que les fondateurs rêvaient d’autre chose (Cfr Gérard de Sélys, Alinéa 3, l’Europe telle qu’elle, EPO 1993). Alors que la social-démocratie était un étendard à l’époque (contre le communisme honni), on n’a rien bâti en ce sens. L’Europe est une Convention diplomatique entre états souverains, un machin hybride avec des pouvoirs morcelés (la commission propose, le Conseil des gouvernements décide) et ainsi masqués. Il faut de nouveaux fondateurs pour une nouvelle Europe, toute nouvelle, avec ceux qui veulent approfondir au lieu d’élargir et se donner une souveraineté commune. Cela veut dire aussi qu’il faut « déconstruire » ce qui existe (à la manière des remparts de Jéricho). Or le contexte n’y est pas, même si des idées y sont, et venant de divers côtés.

      5. Complément :

        Les allégories ont leurs limites .

        Mettre ensemble des humains , tous ceux qui ont eu des équipes à gérer le savent , c’est autrement plus compliqué que de construire une maison où l’on ne se bat qu’avec l’espace et des matériaux .

        Faire le plan ( forcément pas trop de monde à la manœuvre ) , c’est 20 % de l’œuvre , à peine .

        Restent 80 % qui sont consacrés à :
        – s’assurer que tout le monde connait l’existence du plan ,
        – que tout le monde accepte qu’il y ait un plan ( ça se gâte en général dès ce stade ) ,
        – que tous ceux qui acceptent le plan le traduisent et comprennent correctement ,
        – que tous ceux qui ont compris le plan , le réalisent sans erreurs ,
        – que les petits génies initiaux , corrigent sur le terrain leur plan merveilleux pour tenir compte d’éventuels imprévus .. et retour au début de la check-liste .

    2. « Il n’y a pas de peuple européen, il n’y a pas souveraineté européenne – ni donc de démocratie européenne – et il n’y a pas d’Etat européen. »

      Les arguments que vous opposez à P.j. sont fondés et ne sont pas à négliger mais s’y opposent à la fois les aspects positifs du passé de l’Union Européenne et les espoirs concernant le futur partagés par beaucoup des peuples qui la constituent:
      – Les pays les moins riches souhaitent partager le dynamisme économique et la plus longue expérience démocratique des pays les plus prospères.
      – Les plus riches souhaitent mettre à profit les ressources naturelles et humaines de leurs voisins sans avoir recourir à la guerre comme il était habituel durant les siècles précédents.
      – Les traditions de patriotisme des générations anciennes ne semblent pas avoir été transmises aux plus jeunes.

      En utilisant les mêmes critères que ceux que vous invoquez pour l’U.E., n’aurait-on pas jugé déraisonnable l’idée qu’il puisse exister un peuple allemand, italien, britannique, espagnol (et j’en passe) avant que les Etats qui les regroupent actuellement ne se constituent? Même les provinces du royaume de France, avec leurs langues différentes, leurs lois et coutumes différentes, des distances considérables (au regard des moyens de transport de l’époque), etc, ne semblaient pas susceptibles de se fondre dans un Etat au sens moderne du terme.

      1. Ce n’est pas faux, mais le fait est que nous avons eu une mauvaise construction, aggravée ensuite à partir de Maastricht. Donc attendons un Philippe II, un Louis XIV centralisateur ? ou un Bismarck ? ou un Garibaldi ? Des bonnes idées, on en entend depuis 1975 (Habermas, etc.).

      2. L’unité italienne, l’unité allemande viennent souvent sur le tapis dans ce genre de débat.

        Nos pays, tous les pays, sont le fruit de l’histoire et de ses infinis hasards, ils sont nés dans le sang et les larmes.
        L’Europe, si elle voyait le jour, serait le fruit de l’orgueil de quelques hommes.
        Charlemagne, Napoléon, Hitler ont tenté le coup.
        Il s’agit d’être plus fort que l’Histoire et de faire comme eux, mais sans armes, sans violence, en douceur, à l’aide de quelques traités. Ce n’est à aucun degré sérieux.
        D’ailleurs cela fait 70 ans que ça dure et pour arriver où ?
        Ce n’est pas pour rien que le bâtiment du parlement européen à Strasbourg fait penser à la tour de Babel. Autre fruit de l’orgueil des hommes, elle s’est écroulée.

        En attendant les débats politiques à l’intérieur des états-membres sont paralysés, stérilisés, réduits à rien… par cette fallacieuse question européenne. Nous avons tout faux.

  4. Monsieur Jorion
    Vous analysez et dénoncez une U€ basée sur la finance et l’économie, points sur lesquels on peut vous suivre, mais pourquoi vos propositions ne concernent-elles que l’économie à l’exclusion de tout autre domaine ?
    Je comprends que vous soutenez la thèse que si l’économie était gérée en fonction de l’intérêt des peuples l’U€ serait acceptable, souhaitable.
    Je ne vois pas de relation de cause à effet, cette thèse pourrait et devrait tout aussi bien s’appliquer au sein de chaque pays.
    La construction d’une Europe ne peut se faire sur des bases exclusivement économique, ces 60 dernières années en sont l’illustration.
    Quel européen allait vous faire rêver avec de telles promesses ?

    1. Reste plus qu’a se se trouver un psychopathe aux cheveux jaunes pour le mettre en application, il aura juste à écrabouiller les Allemands et à mettre les Luxembourgeois à poils, rien plus facile quand on a la bombe 🙂

  5. Si on veut relancer l’Europe, il faut oser créer les USE (united States of Europe) en suivant peu ou prou le modèle USA:
    Une politique commune (décidée à la MAJORITE) pour:
    – Les affaires étrangères;
    – La défense avec armée et industrie commune.
    – Les frontières.
    – L’environnement et la transition énergétique d’autant plus que l’Europe ne dispose plus de ressources naturelles importantes. Les USE pourraient lancer une nouvelle industrie nucléaire basée sur les réacteurs à sels fondus (thorium..).
    – Un plan pour l’ Afrique, afin d’y enclencher la transition démographique par l’éducation, la démocratie et un développement aussi respectueux que possible de l’environnement.

    1. Ah, c’est sûr, les USE pourraient tout faire, ils pourraient nous rendre plus forts, ils pourraient nous défendre, ils pourraient assurer notre sécurité et notre prospérité, ils pourraient accueillir les réfugiés avec humanité, et j’en passe… ils seraient un pays merveilleux… mais c’est un rêve. Ils n’existent pas et n’existeront jamais.

      1. @Denis Monod-Broca
        Et vous ne rêvez pas ?
        70 ans ? Mais c’est rien, juste le début, on apprend à marcher… 🙂

      2. @ François Corre

        C’est exactement cela : les états composant l’UE sont multi-séculaires mais la construction européenne les fait retomber en enfance, ils en sont à apprendre à marcher, et sont tout fiers de chaque petit progrès. Jolie image. C’est exactement cela.

      3. @Denis Monod-Broca
        « Ils en sont à apprendre à marcher »…Oui, ensemble, c’est très imparfait, ça tire un peu dans tous les sens, mais sans fusil, ce qui est assez nouveau en fait… 🙂

      4. A Denis Monod-Broca:
         » Ils n’existent pas et n’existeront jamais. »
        En 1491, les USA n’existaient pas…
        En aout 1940, le France et la Belgique n’existaient plus…
        En 1968, on n’avait pas marché sur la lune…
        Les Européens ont aussi besoin de rêves, pas seulement de ronchonneurs.

      5. @ Hadrien

        Je ne suis d’accord pas avec vous alors je suis un ronchonneur. drôle d’argument.

        Mais comment peut-on comparer la création des Etats-Unis d’Amérique, formés de colonies anglaises assez semblables les une et les autres et d’existence récente, avec la création d’hypothétiques Etats-Unis d’Europe formés de nations ayant des siècles et des siècles d’existence, disparates, s’étant abondamment fait la guerre ? Ça ne tient pas debout. Cette comparaison est usée jusqu’à la corde d’avoir trop servi. Elle rend aveugle ou idiot ou les deux à la fois.

        Je n’ai rien contre les rêves mais confondre le rêve et la réalité relève soit de l’idéologie soit de la psychopathologie.

        Parlez d’Europe évite de trop avoir à parler de la France. Tout attendre de l’Europe pour nous sauver de la décrépitude accélère la décrépitude…

      6. C’est ça Denis. Minnesota, Massachusetts, Utah et Californie : même combat !

        Et puis la guerre de Sécession, c’était une mise en scène hollywoodienne.

        À un moment, il ne faut pas avoir peur d’arrêter les frais, hein…

      7. @ Julien Alexandre

        Eh bien oui, même ces ex-colonies anglaises semblables et sans passé se sont faits entre elles une guerre atroce. Je ne vois pas en quoi cela invalide ma position : les circonstances lors de la formation des USA n’ont rien à voir avec celles de l’Europe aujourd’hui. Que l’Europe veuille s’inspirer des USA pour aller vers les USE ne tient pas la route. C’est au mieux un attrape-nigaud…

      8. C’est précisément parce que les Etats-Unis n’ont rien à voir avec l’Europe qu’il est cavalier de tirer des conclusions définitives d’une comparaison entre deux situations sans rapport, mais la subtilité de la chose vous a échappé. Disons que le raisonnement vaut à peu près celui des néo-libéraux qui veulent « importer le modèle scandinave » dans les pays méditerranéens ou exporter le modèle allemand à toute l’Europe.

        Dit autrement : l’Union européenne est et sera ce que l’on décide d’en faire.

    2. « Si on veut relancer l’Europe, il faut oser créer les USE »

      Les deux raisons principales ayant permis l’union des 13 états d’Amérique sont:

      – La nécessité absolue de s’unir pour résister à la triple menace militaire de l’Angleterre (à partir du Canada), de l’Espagne (à partir du Mexique) et de la France (qui théoriquement occupait tout le territoire à l’ouest, du Canada à la Nouvelle-Orléans.) Chacun des 13 états était trop faible pour résister seul mais les vaincre tous puis les occuper pour les exploiter était trop difficile.

      – La possibilité de partager les immenses territoires à l’ouest sans que ce partage n’entraîne des disputes et des conflits (d’autant que Napoléon les ayant cédés au pouvoir fédéral celui-ci les revendait pour un prix ridicule ou les distribuait gratuitement à qui en demandait).

      Les pays qui ont signé le traité de Rome l’on fait pour se protéger de l’URSS et bénéficier du plan Marshall et des remises de dettes associées. Une menace militaire sérieuse de la part de Poutine aiderait probablement beaucoup mais je ne vois pas d’équivalent à la manne qu’a pu distribuer abondement et pendant plus d’un siècle l’Etat fédéral.

    3. Concernant les USE :
      – Une remarque de forme, il ne saurait en aucun cas s’agir des United States of Europe, pour la bonne et simple raison que les Anglais n’en sont pas. Donc la langue anglaise n’a pas droit de cité. Nous parlons donc par exemple des EUE ou VSE (Vereinigten Staaten Europas)
      – Une remarque de fond, vous écrivez « Il faut ». Mais… et si les peuples n’en veulent pas 🙂 ?

    4. Au sujet des USE, cela ne servirait à rien. Si au lieu de cela, les peuples européens pouvaient comprendre que la concurrence ne les mène nulle-part, on aurait fait un grand pas, tout en restant Allemands, Français, Italiens, anglais…

      Et commençons par l’énergie, en effet. Les réacteurs à sels fondus, c’est la perspective d’une énergie abondante pour tous, bien plus sûre, et pratiquement sans déchets de longue durée (300 ans max) ! pourquoi ne pas mettre le paquet là dessus ? La France pourrait le faire seule, mais si on le faisait en Europe, quel projet magnifique. Voila ce qui pourrait nous unir, des projets industriels comme ça !

      Vincent Rey,
      findutravail.net

  6. Merci beaucoup à Paul Jorion de s’atteler à ce très gros chantier qu’est le projet européen ; ou plutôt, pourrait-on dire, un contre-projet européen …. car beaucoup est à rebâtir, surtout à la lumière des événements ou de la « bifurcation » actuelle. Il pourrait être intéressant d’apporter la démonstration de ce en quoi une entité à l’échelle de l’Europe est un avantage , et plus encore pour demain, dans le monde actuel. En quoi les grands défis, de la financiarisation, de l’écologie (enfin, dans tous les domaines essentiels….), ont plus de chance d’être relevés ensemble plutôt que séparément. Après, il y a le comment on s’organise pour ça …..Affaire à suivre ….

  7. Si l’on veut qu’une vérité et un vrai projet commun sortent des prochaines élections européennes pour nous sortir de l’ornière et sortir l’Europe de son ornière marchande , c’est bel et bien le clou Euro qu’il faut enfoncer d’abord et essentiellement .

    Stratégiquement et pour une fois , dans le cadre d’une campagne , plutôt que de partir des attendus et aboutir à l’euro-bancor , il sera d’ailleurs plus interpelant de partir de l’Euro à revoir pour démontrer sans trop de difficulté en quoi cette révolution apporte les solutions à une multitude de problèmes structurels actuellement dans des impasses absolues .

    PS en réponse à distance à Daniel , à propos de l’Afrique et de la meilleure façon de l’aider :

    Au vu de mes expériences déjà anciennes , je dirai que l’Afrique se sauvera par les africains et uniquement s’ils le veulent .

    Au vu de la situation actuelle , je dirai que la situation s’est considérablement compliqué ,dans la mesure où l’Afrique est un terrain de compétition exacerbée entre Chine , Occident » , idéologies islamiques , avec une coopération d’états africains encore faible et parfois avec des chefs d’états corrompus .
    Comme il a été dit dans un autre commentaire , le signe du véritable avenir de l’Afrique sera le maintien et la prospérité des classes formées au pays . Cette issue ne me semble qu’à terme encore assez éloigné ,et le mieux que pourraient faire des états extérieurs bien intentionnés seraient de contractualiser avec des groupes d’états africains sur la base d’un programme multi-fonctions ( administration , formation ,santé ,sécurité , plans d’investissements industriels …) .

    Mais , pour contractualiser , il faut être deux entités , stables , se projetant ensemble dans un avenir à plus de quinze ans . Qui en Afrique ou à l’extérieur a actuellement ce talent et cette ambition ?

    1. Parce qu’un état a une monnaie, faison la monnaie et l’etat adviendra, faisons l’euro et l’etat européen adviendra. Argumentation idéologique, c’est-à-dire mensongère.

      L’euro est dit monnaie européenne. Ce n’est pas ce qu’il est. Il est un deutschemark sous pseudo. On peut trouver ça bien et le défendre mais il ne faut pas se tromper sur ce qu’il est.

      1. Si ça vous a échappé , l’euro existe déjà , et c’est de donner à l’euro une raison d’être en en modifiant le contenu et l’usage qu’il s’agit .

        A l’occasion de quelque chose qui pourrait vous rappeler la « démocratie directe », puisque , via des élections générales européennes , on est proche du referendum .

        L’expression démocratique directe , n’a de sens que sur des enjeux majeurs ou , au contraire mineurs .A choisir ses enjeux , on se détermine . Ou pas .

        Sinon , c’est pour le coup que les chicayas ne sont que l’occasion pour les plus bavards ou gueulards de faire leur loi . Les bavards qui n’ont pas les plans , ni même l’écriture et le calcul .

        L’Euro ( la monnaie ) est un enjeu majeur . Raison de plus pour ne pas le laisser dans l’état que vous germanisez .

      2. Une série de pays (Belgique, Luxembourg, Hollande) cherchent à calquer leur situation économique sur celle de l’Allemagne. Et les patronats font pression effective sur les salaires et acquis sociaux pour rester « compétitifs » avec l’Allemagne. Ce n’est pas dit, mais l’euro y fonctionne comme « monnaie allemande » (comme le premier violon donne le la). La France chante les louanges des salaires allemands mais peut tenir sa propre politique (anti-)sociale. Les pays du Sud européen enrichissent le système bancaire allemand à leur détriment, par la dette.

    2. Merci.

      D’après ce que des témoins m’ont dit , les sociétés chinoise sont peu respectueuses des intérêts locaux et le personnel ne participe pas ou peu à la société. Il y a une véritable césure. Le rejet n’est pas loin.
      Toujours d’après les mêmes, l’Islam sub-saharien ne porte pas ( pas encore?) à l’extrémisme. La capacité initiative des femmes et leur autonomie ne sont pas affectées. Cela rejoint une de vos observations, dûment notées.
      La corruption est une question importante. Ici surtout, comme là-bas. Des 2 côtés, on trouvera que le phénomène de rassemblement en tribu (tribalisation?) en est la base.

    3. Tiens , je ne suis pas seul à poser la question avec le désir ( intéressé) qu’il y soit répondu .

      Si l’on voit plus loin que le bout de son nez et que le ressassement auto-satisfait de ses aigreurs qui sont déjà dans le passé .

    4. J’ose vous apporter (un peu) la contradiction : oui, l’euro, mais si l’on veut bâtir un véritable contre-projet européen, il faut sortir de l’économisme. La technique (pour moi une monnaie, c’est de la technique), oui très bien, nécessaire mais pas du tout suffisant ; au service de quoi ? Ce à quoi, bien qu’étant une tentative tout à fait méritoire, la proposition d’un Piketty et consorts me laissait un peut dubitative . Créer tout un parlement qui aurait une « compétence exclusive » dédiée à une monnaie ? Quezaco ? Au secours monsieur de Jonchay ! Comme le truc va de travers (je veux dire l’EU), il faudrait reprendre la démonstration à la base….et pas sûr que ces messieurs-dames bien installés dans leur sièges à Bruxelles ou Strasbourg soient un tant soi peu préparés à ça. .. (pour ça, une expression que je viens d’apprendre et que je trouve appropriée: « ce n’est pas une personne enfermé dans une armoire qui va pouvoir déplacer cette armoire »). Paul Jorion parlait, dans une interview, de réparer l’euro, comme un immeuble qui aurait l’ascenseur en panne, et puis je ne sais quoi d’autre de cassé ; peut-être, pour faire dans la métaphore, que ce serait juste une façon de ramener l’embarcation à bon port, avant qu’elle n’ait coulé, mais ça ne suffit pas…

      1. Il me semble que l’Euro est d’abord quelque chose de politique.

        En économie il n’y a jamais rien de purement économique, le technique est toujours, qu’on le veuille ou non, au service d’une nécessité politique.
        Le problème aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas assez , ou plus, de débat politique en ce qui concerne l’Euro.
        Celui-ci est simplement défendu par des gens imprégnés d’économicisme, autant dire des gens qui n’ont pas le sentiment de faire de la politique quand ils défendent ou préconisent l’Euro, exception faite d’un VGE qui lui savait très bien dans quelle optique il voulait faire l’euro, puisqu’il est un de ceux qui ont introduit en Europe l’idée néo-libérale. Il voulait donc faire l’Euro néo-libéral, celui de la concurrence. Mais il a sous-estimé la résistance des peuples devant son insistance à graver dans le marbre les principes néo-libéraux. Ce qui était une manière de nier le politique, alors que lui-même avait mené un combat politique pour arriver à ses fins.

        Les Juncker, Jeroen Djisselbloem et autres Mocovici, sont des seconds couteaux, pour le coup des eurocrates qui ont un agenda personnel mais pas réellement politique, au sens d’une vision. Pas de brillants intellectuels, du reste. Pour eux, il n’y a pas d’alternative, l’Euro est néolibéral ou n’est pas. Il me semble qu’on en est là. Les néo-libéraux n’ont plus le vent en poupe, on ne les entend plus pour défendre mordicus les vertus de l’Euro néo-libéral puisque l’Euro néo-libéral n’a pas empêché la chômage et les inégalités, ou alors ils sont Allemands, mais il s’agit alors à travers l’Euro néo-libéral de défendre les intérêts strictement Allemands, et encore, les ce sont les intérêts court-termistes, des Allemands appartenant aux classes aisées.

        Il reste donc la possibilité de faire l’Euro social puisque il n’a pas été réalisé. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas été fait, qu’il ne doit pas l’être, ni ne peut l’être.
        Pourquoi est-il important de garder l’Euro ?
        Parce que cela a déjà été dit, il y a plus d’inconvénients à en sortir qu’à y rester, sauf si bien entendu l’Euro s’effondre de lui-même, ce qui arrivera de toute façon si le cadre de son application n’est pas réformé.

        Ensuite parce qu’en tant qu’ objectif politique, viable cette fois, c’est la garantie qu’il ne favorise pas tel État plutôt qu’un autre. Autrement dit, pouvoir conserver l’Euro est une tâche difficile, difficile parce qu’elle est exigeante. Pouvoir conserver l’Euro c’est en définitive parvenir à changer le cadre dans lequel il s’inscrit.
        L’Euro social est exigeant et c’est la raison pour laquelle il faut le faire. En dehors de cette exigence, les Etats se retrouveront dans leur pré carré, et le risque sera grand d’un délitement accéléré de l’Europe.

  8. Le problème de l’Europe, Monsieur Jorion,
    réside dans le fait que chaque pays européen est différent, si différent, au point de vue économique, politique, culturel, linguistique…..Trouver dans cette salade un point commun, unique, ce serait de la sorcellerie – c’est impossible. Cette Union Européenne restera invariablement un block économique. Même le phénomène de l’immigration massive en Europe divise les pays – à cause de cela.
    Le chemin de l’Europe fut pavé, au départ, de bonnes et honnêtes intentions, puis de beaucoup de discours pour raconter aux peuples européens le conte de fées d’une Europe fédérale unifiée, pendant que les profiteurs de l’Europe de Bruxelles se remplissent leurs poches. Il serait peut-être temps de dire la vérité aux gens au lieu de leur raconter des bobards.

    1. Je suis d’accord.
      L’Europe est une association de nations. Comme telle elle peut fonctionner. Elle offre aux Etats-membres un cadre leur permettant de se rencontrer, de se concerter, de définir des politiques communes, etc. Pourquoi vouloir à tout prix qu’elle soit autre chose que cela ? pourquoi faire comme si elle était autre chose que cela ? pourquoi rêver à l’impossible ?

      1. Parce qu’on a fait la moitié du chemin et que l’eau est montée… si on rentre c’est à la nage et ya du courant… et si on continue… c’est à la nage et ya du courant … 😉

      2. Oui, pourquoi rêver à quelque chose d’impossible ? Les fortes identités culturelles en Europe ne s’effaceront pas, et d’ailleurs pourquoi le souhaiter ?
        Par contre, ce sont des problèmes communs qui nous réunissent : fin du travail, atteintes à l’environnement, accroissement des inégalités…voila ce que nous avons en commun, des problèmes qui vont encore s’accentuer dans les années qui viennent, nous le savons tous. C’est notre marché commun à tous !

        A nous de le changer, et de montrer l’exemple de ce que pourrait être une nouvelle économie, faite d’intelligence de technologie, et de Liberté !

        findutravail.net

  9. Je crois que la moitié des idées (finance et économie) agitées dans ce texte seraient repoussées comme hérétiques en Allemagne.
    Le noyau dur est là, probablement.

    Quelles sont les évolutions ou les événements qui convaincront les Allemands de mutualiser leur richesse?
    Le blog est-il connu en Allemagne? Que sait-on de la prise de conscience dans ce pays? Sont-ils ouverts aux idées d’ici ?
    Je ressens comme une amputation que nous en sachions si peu sur la culture germanique.

    1. « Quelles sont les évolutions ou les événements qui convaincront les Allemands de mutualiser leur richesse? »

      L’invasion étrangère et une politique d’occupation confiscatoire serait une solution 🙂 Ce n’est pas seulement une plaisanterie. C’est bien la seule chose sans doute qui parviendrait à « convaincre » les Allemands – et quelques autres nations avec eux, car ils ne sont pas tout seuls.

      Sinon, il faut bien en conclure que les idées exposées plus haut par Paul Jorion, pour excellentes qu’elles soient, ne peuvent être appliquées qu’au niveau d’un pays. La France par exemple pour ce qui nous concerne.

      Et si l’on affirme « C’est trop petit ! », la réponse est que cette échelle de solidarité au moins fonctionne, et offre donc au moins une chance de servir de base à une solution, alors que la solidarité à une échelle qui ne fonctionne pas… n’en offre pas la moindre.

      Reste à rendre possible ce qui est difficile : qu’un pays de 65 millions d’habitants ait une politique économique pas nécessairement alignée sur celle des gros de 320 voire 1 400 millions. Et ça, ce n’est sans doute pas facile, mais c’est au moins envisageable, comme le montrent ces quelques exemples de pays parvenant à définir et faire fonctionner leurs propres règles, quoi que les gros puissent en penser :
      – la Suisse qui continua jusqu’en 2000 à asseoir sa monnaie sur l’or et à se fiche du FMI – du haut de ses 8 millions de citoyens
      – la Corée du Sud qui se paya le luxe de reprendre la tête de l’électronique grand public devant les Japonais, alors qu’Américains et Européens l’estimaient impossible – du haut de ses 50 millions de citoyens
      – la France qui avec une dissuasion mondiale qui ne lui coûte que 0,2% de son PIB tient la dragée haute à tout agresseur ou protecteur potentiel – du haut de ses 65 millions de citoyens
      – Israël qui fait essentiellement ce qui lui plait au Moyen-Orient, s’assurant le soutien indéfectible des Etats-Unis, le respect de la Russie, et la soumission de ses voisins – du haut de ses 8 millions de citoyens
      – l’Islande qui en 2009 décida d’envoyer paître FMI, grandes banques et pays européens qui lui faisaient les gros yeux et choisit à l’inverse d’Irlande, Grèce ou Belgique de résoudre sa crise financière en donnant priorité à sa population – du haut de ses 330 000 citoyens, qui dit mieux 🙂
      …. etc. etc.

      Quant à la possibilité, une fois assuré que les règles que l’on s’est données sont bien appliquées et défendues contre toute puissance étrangère donneuse de leçon, d’utiliser cette base pour influencer le monde entier, alors que l’on est un pays ne rassemblant peu ou prou que 1% de la population de la planète, je ne donnerai que deux exemples :
      – L’exception culturelle, cette règle française… devenue planétaire. Il n’y a plus guère que les Etats-Unis qui résistent, tous les autres en ont reconnu l’intérêt et l’ont adoptée
      – Le pot catalytique, cette règle allemande… devenue elle aussi planétaire
      Oui, quand un pays non seulement a eu une bonne idée, mais surtout a pu démontrer son intérêt en l’appliquant pour de bon à son niveau, il peut faire des émules !

      Vraiment, pourquoi s’épuiser à l’impossible, tenter de « sauver » un projet mal fagoté, depuis longtemps plus nuisible qu’utile, qui était probablement une mauvaise idée dès le départ, qui se dirige de toute façon sans doute vers sa fin, alors que cette tentative bloque pratiquement toute possibilité d’établir à un niveau qui fonctionne des réformes qui auraient une chance d’améliorer les choses ?

      1. Votre argumentation est tout a fait interressante et vaut la peine d’y répondre. Cela dépend du but recherché : si se sont juste des questions d’intérêts limités, pourquoi se regrouper, ou essayer d’y apporter une réponse collective ? D’autant que c’est certainement plus difficile. En revanche pour les grands défis de notre époque, croire que chacun y arrivera mieux séparément, c’est complètement illusoire ; comme par exemple penser qu’un pays comme la France, à supposer que les gens se mettent d’accord entre eux, puisse lutter toute seule contre l’hyper-financiarisation ou relever les défis écologiques…. L’exemple évoqué plus bas du Costa-Rica est tout à fait sympathique, mais la réponse n’est tout simplement pas à l’échelle. Donc oui, plus difficile, tout simplement parce que les défis sont plus grands.

    2. Il est vrai que peu de journalistes connaissent l’Allemagne. Pour apprécier ce qui se passe en Allemagne, il faut déjà être capable de lire l’Allemand et de le comprendre. Très peu de Francais en sont capables. J’entends et je lis trop souvent des inepties et fake news concernant la politique/économie allemande.

    3. Essayez d’expliquer à un pays dont la moitié à passé 50 ans sous régime communiste soviétique qu’il faut mutualiser la richesse c’est pas gagné…

  10. La France dans laquelle je vis est corrompue. Pourquoi mettre l’écologie dans la politique ?
    Habitant une commune rurale à 30 km de Bordeaux, les transports en commun n’existent pas pour aller à la gare la plus proche. Il n’y a rien puisque la petite agence postale fonctionne à 1/2 temps. La perception qui se trouvait dans le canton est partie à la sous-préfecture.
    Les commerces dans cette petite commune ont disparu, seule une alimentation de dépannage subsiste même les prix sont inabordable. La superficie des exploitations viticoles est de plus en plus grandes et avec l’arrivée de la propagande des pesticides, il est difficile de se faire une place.
    Je suis contre la propagande écologiste et la gratuité.

    1. Ben vrai!
      La propagande écologique (très surfaite, entre nous), voilà un vrai problème.

      La gratuité insupportable est plus facile à résoudre. J’ai une solution à proposer mais elle va vous demander un effort de préparation. Voici:
      -1 Vous mesurez votre volume thoracique moyen, en litres.
      -2 Vous évaluez le nombre d’inspirations/expirations, en fonction des efforts du moment, en nombre par minute, *60 pour 1 heure.
      -3 Vous vous renseignez auprès de l’hôpital le plus proche sur le prix d’un litre d’oxygène dans des conditions de température et pression normales.
      -4 Vous tiendrez compte que l’air que vous respirez contient 20% d’oxygène, le restant étant essentiellement de l’azote. De plus, vous tiendrez compte que l’hôpital (publique) paye sans doute un prix plus élevé que d’autres industries ayant besoin d’oxygène. Les marchés captifs et non-concurrentiels, une plaie.

      Vous avez tous les éléments en main pour évaluer correctement le prix d’une heure de votre respiration dans des conditions d’efforts qui vous conviennent ( intense ou calme de jour, et sommeil. Pensez aux exaltations toujours possibles.) Extrapolez à 24 heures, puis 1 mois.

      Nouveau problème, que faire de cet argent? il me semble équitable de le retirer de la circulation. Surtout que rien -personnes physiques ou institutions- ne puissent se l’approprier. Une destruction définitive est une bonne solution. Mais aussi, pensons aux archéologues des temps futurs: convertissez cette masse en or, argent ou titane et enterrez-le. Vous ferez des heureux dans les siècles à venir. Acheter une pelleteuse…

  11. Pour ma part je suis une variable d’ajustement. Il y a bien longtemps que je suis écologiste par nature. J’ai du mal à me situer dans les variables pauvre et riche.
    Subitement il a été dit qu’il fallait s’habituer physiquement et mentalement à un changement dont j’ignore les tenants et les aboutissants.
    C’est le grand vide.

  12. Vous pouvez vouloir tout ce que voulez, l’essentiel serait l’harmonisation sociale et fiscale et la mise en place d’un protectionnisme solidaire. Mais il faut l’unamité de tous. Ce qui n’arrivera jamais Donc l’Europe va imploser et peut être ou pas qu’une reconstruction se fera si entre temps nous nous sommes pas à nouveau echarpé

    1. Pourquoi l’Europe va t’elle imposée ?
      Contrairement aux élections passées, il va falloir expliquer aux électeurs l’enjeu de ces élections. Que font les élus dans cette institution ?.
      La petite commune rurale dans laquelle je vis est elle européenne ?
      L’Europe physique et géographique ne va pas implosée. Ce qui a implosé ce sont les partis politique.
      Si l’Euro a été créé c’est pour faire front au dollar.

      1. A la fin du siècle, les marchés des vins de Bordeaux ont monté très rapidement puis l’Euro et ses tracasseries sont arrivés puis les cours ont baissé. C’est comme les cours des marchés de la viande et du lait.
        Les intempéries ont dévasté des vignobles, des maisons, détruit des vehicules en Gironde. Les électeurs/assureurs vont devoir payer des augmentations de prime d’assurance.

      2. @Bernadette c’est pas tout à fait vrai, la réalité c’est qu’on a pas pu suivre la demande en maintenant la qualité et qu’on a vendu très cher des millésimes en dessous de tout (notamment 97) donc les clients sont partis voir ailleurs d’autant plus qu’en parallèle l’offre mondiale s’est fortement étoffée.

  13. Sources : The Guardian, Londres, (9 mai 2018) et El Tiempo, Bogotá, (17 juin 2018)

    Quote

    MONTRER LE CHEMIN À SAN JOSÉ – COMMENT LE COSTA RICA S’Y PREND BIEN.

    Par : Joseph Stiglitz

    LE PAYS EST UN PHARE DE L’ILLUMINATION – UN LEADER MONDIAL DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE DÉMOCRATIQUE, DURABLE ET INCLUSIVE, ÉCRIT JOSEPH STIGLITZ.

    Avec l’autoritarisme et le proto-fascisme à la hausse dans de nombreux coins du monde, il est encourageant de voir un pays où les citoyens sont encore profondément attachés aux principes démocratiques. Et maintenant, son peuple essaie de redéfinir sa politique pour le XXIe siècle.

    Au fil des ans, le Costa Rica, un pays de moins de 5 millions d’habitants, a attiré l’attention du monde entier pour son leadership progressiste. En 1948, après une courte guerre civile, le président José Figueres Ferrer a aboli l’armée. Depuis lors, le Costa Rica s’est fait un centre d’étude de la résolution et de la prévention des conflits, accueillant l’Université pour la paix mandatée par l’ONU.

    Avec sa riche biodiversité, le Costa Rica a également fait preuve d’un leadership environnemental clairvoyant en poursuivant le reboisement, en désignant un tiers des réserves naturelles protégées du pays et en tirant la quasi-totalité de son électricité de l’hydroélectricité propre.

    Le Costa Rica s’est joint à un petit groupe de pays de l’Alliance pour le bien-être économique, qui met en œuvre des idées, soulignées par la Commission internationale sur la mesure de la performance économique et du progrès social, pour construire de meilleurs indicateurs de bien-être. Reconnaissant les lacunes du PIB que la Commission a soulignées, l’alliance cherche à faire en sorte que les politiques publiques favorisent le bien-être des citoyens au sens large, en promouvant la démocratie, la durabilité et une croissance inclusive.

    Une partie importante de cet effort a été d’élargir le champ d’action des coopératives et des entreprises sociales du pays, qui sont déjà fortes, englobant d’une manière ou d’une autre un cinquième de la population. Ces institutions représentent une alternative viable aux extrêmes du capitalisme qui ont donné naissance à des pratiques moralement répréhensibles, allant du prêt prédateur et de la manipulation du marché dans le secteur financier à l’abus de données personnelles par les entreprises de technologie et à la tricherie des émissions dans l’industrie automobile.

    Ils sont fondés sur la confiance et la coopération, et sur la conviction que le fait de se concentrer sur le bien-être de leurs membres améliore non seulement le bien-être, mais aussi la productivité.

    Comme les citoyens de quelques autres pays, les Costariciens ont clairement indiqué que l’inégalité est un choix et que les politiques publiques peuvent assurer un plus grand degré d’égalité économique et d’égalité des chances que le marché à lui seul. Même avec des ressources limitées, ils se vantent de la qualité de leurs systèmes publics de santé et d’éducation gratuits. L’espérance de vie est maintenant plus élevée qu’aux États-Unis et elle augmente, tandis que les Américains, qui ont choisi de ne pas prendre les mesures nécessaires pour améliorer le bien-être des citoyens ordinaires, meurent plus tôt.

    Mais malgré tous ses succès, le Costa Rica est confronté à deux problèmes critiques : un déficit budgétaire structurel persistant et un système politique enclavé. L’économie des déficits budgétaires est facile : stimuler la croissance économique, augmenter les impôts ou réduire les dépenses. Mais la politique n’est pas facile du tout :

    Alors que tous les dirigeants politiques veulent que la croissance économique résolve le problème, il n’y a pas de formule magique pour y parvenir. Personne n’aime les deux options restantes.

    Dans de telles circonstances, la plupart des gouvernements réduisent des éléments tels que l’infrastructure, parce que les coûts passent inaperçus pendant des décennies. Ce serait une erreur encore plus grave pour le Costa Rica, où l’infrastructure n’a pas suivi de près la croissance économique et, si elle s’améliorait, elle pourrait elle-même jouer un rôle important dans la promotion de la croissance. Bien sûr, le gouvernement pourrait toujours être plus efficace, mais après des années de réduction des effectifs, il est peu probable qu’une rationalisation plus poussée donne de bons résultats. Il est presque certain que la meilleure façon d’aller de l’avant serait d’augmenter les impôts.

    Pour concilier la fiscalité avec une stratégie économique globale visant à maximiser le bien-être de tous les citoyens, le système fiscal devrait adhérer à trois principes centraux : taxer les mauvaises choses (comme la pollution), plutôt que les bonnes choses (comme le travail) ; concevoir les impôts de manière à provoquer le moins de distorsion possible dans l’économie ; et maintenir une structure tarifaire progressive, les personnes les plus riches payant une plus grande part de leurs revenus.

    Parce que le Costa Rica est déjà si vert, une taxe sur le carbone ne rapporterait pas autant d’argent qu’ailleurs. Mais, comme la quasi-totalité de l’électricité du pays est propre, le passage aux voitures électriques serait plus efficace pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. Une telle taxe pourrait aider le Costa Rica à devenir le premier pays où les voitures électriques dominent, le rapprochant encore plus de l’objectif d’une économie neutre en carbone.

    L’inégalité demeurant un problème (bien qu’elle soit loin d’être aussi aiguë qu’ailleurs en Amérique latine), il est essentiel d’avoir des revenus, des gains en capital et des impôts fonciers plus progressifs et plus complets. Les riches reçoivent une part disproportionnée de leurs revenus sous forme de gains en capital, et le fait de taxer les gains en capital à des taux inférieurs à ceux des autres formes de revenus exacerbe les inégalités et conduit à des distorsions. Bien que les économistes diffèrent sur de nombreuses questions, une chose sur laquelle ils peuvent s’entendre est que l’imposition des revenus ou des gains en capital provenant des terres du Costa Rica n’entraînera pas le déplacement des terres. C’est l’une des raisons pour lesquelles le grand économiste du XIXe siècle Henry George a soutenu que les meilleurs impôts sont les impôts fonciers.

    Les plus grands défis sont politiques : un système présidentiel comme celui du Costa Rica fonctionne bien dans un système politique divisé en deux partis principaux, avec des règles conçues pour s’assurer que les opinions minoritaires sont respectées de manière adéquate. Mais un tel système peut rapidement conduire à un blocage politique lorsque l’électorat devient plus fragmenté. Et dans un monde en rapide évolution, l’impasse politique peut être coûteuse. Les déficits et les dettes peuvent exploser, sans qu’il n’y ait de voie de solution.

    Alvarado, qui n’a que 38 ans, tente de créer un nouveau modèle présidentiel pour le Costa Rica, sans modifier la constitution, en attirant des ministres de divers partis. On espère que l’esprit de coopération encouragé par le mouvement coopératif, et enraciné dans une grande partie de la culture costaricaine, fera en sorte qu’il fonctionnera. Si c’est le cas, le Costa Rica, malgré sa petite taille, sera un phare d’espoir pour l’avenir, montrant qu’un autre monde est possible, un monde où les valeurs des Lumières – la raison, le discours rationnel, la science et la liberté – s’épanouissent au profit de tous.

    * Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, professeur d’université à l’Université de Columbia et économiste en chef à l’Institut Roosevelt.

    Ⓒ Project Syndicate

    Unquote

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator – JL

  14. Si nous devions commencer par suivre le bon exemple du 1er décembre 1948 à San José…..

    ¨Après son discours, Figueres a pris une masse et a défoncé un trou dans un énorme mur de pierre au quartier général militaire de la nation, Cuartel Bellavista. Ses tours imposantes et ses portes massives surplombaient la capitale San José depuis 1917, premier symbole de la puissance militaire du pays.¨

    (https://thehumandivine.org/2016/10/30/building-golgonooza-a-country-without-military-costa-rica/)

    Ou préférons-nous la folie ?

    https://www.youtube.com/watch?v=mVNH-f3bbVg

    https://www.youtube.com/watch?v=qZhB6cLabw8

    https://www.youtube.com/watch?v=nyWIhMwkESE

    https://www.youtube.com/watch?v=wsOdaGIXpBo

    https://www.youtube.com/watch?v=jKdetWHimR0

    https://www.youtube.com/watch?v=skG_36Abhos

    https://www.youtube.com/watch?v=pW7YSLOTSNo

    https://www.youtube.com/watch?v=vIomoINbE40

    https://www.youtube.com/watch?v=ddO9ZdR5oSM

    https://www.youtube.com/watch?v=4vRSiszont8

    https://www.youtube.com/watch?v=qUKBGqUubMI

    https://www.youtube.com/watch?v=qOaJ8rIL4B0

    https://www.youtube.com/watch?v=9q8_kHAITxM

    https://www.youtube.com/watch?v=oCw4SrFC6lA

    https://www.youtube.com/watch?v=dH_064Sqjh0

    https://www.youtube.com/watch?v=Ue20yiIY9DU

    https://www.youtube.com/watch?v=YSvS4LY26Yg

    https://www.youtube.com/watch?v=u1mtE0GAAT8

    https://www.youtube.com/watch?v=YvMU0m9Ppyg

    https://www.youtube.com/watch?v=CN9WrKJ55hk

    https://www.youtube.com/watch?v=EK2VCAwXmwM

    https://www.youtube.com/watch?v=4qdtQYUa2xQ

    https://www.youtube.com/watch?v=bZhbpNUhhgQ

    https://www.youtube.com/watch?v=Aboe6tygXLg

    https://www.youtube.com/watch?v=JhinmKZMe_o

    https://www.youtube.com/watch?v=IoxzZjyKH0o

    https://www.youtube.com/watch?v=r4vIhqU5CR0

    https://www.youtube.com/watch?v=ulr3H4qciDw

    https://www.youtube.com/watch?v=R-ituko2QJY

    https://www.youtube.com/watch?v=qKmHzUFpaeg

    https://www.youtube.com/watch?v=-z5pRYacssM

    https://www.youtube.com/watch?v=pqHFsuwmeEE

    https://www.youtube.com/watch?v=2AvqP55fXE4

    https://www.youtube.com/watch?v=Q504PDYrKRM

    https://www.youtube.com/watch?v=gePtHf7ez14

    https://www.youtube.com/watch?v=0ZOfVN4iBJ0

    https://www.youtube.com/watch?v=3P5gJMurGcY

    https://www.youtube.com/watch?v=H7df12d6PzQ

    https://www.youtube.com/watch?v=gjQUXiMDgAI

    https://www.youtube.com/watch?v=PA4D5lSWqPo

    https://www.youtube.com/watch?v=2nEc3jBkgiQ

    https://www.youtube.com/watch?v=w8Mlmdajq0U

    https://www.youtube.com/watch?v=GnJCHeHVdpI

    https://www.youtube.com/watch?v=QTDqWabFrx4

      1. Attention terrain miné la musique qui en veut :

        https://www.youtube.com/watch?v=0wOW_0MTJWM

        C’est bien joli les andalouses, les palmas et la guitarrita mais il faut se renseigner un peu sur quelles louanges sont chantées.

        Perso malgré 20 ans sur place, jamais eu les cojones d’assister en live à ce genre de spectacle, trop peur de vomir en public. Je suppose que les anglais ressentent quelque chose comme ça devant un plat de cuisses de grenouilles 🙂

      2. @Francois Corre

        Medellín, le 18 juin 2018

        1. Une chancon pour célébrer l’abolition de l’armée au Costa Rica:

        https://www.youtube.com/watch?v=W70NAImCknM

        Et un petit discours de l’ex-président qui le réalisait:

        https://www.youtube.com/watch?v=x4PWyLiNRYI

        2. Et ici un contraste total, la conséquence de 500 années d´oppression criminelle par les Ollandais et Ollandaises, la naissance du capitalisme moderne, basé dans l´assasinat des populations des iles de Banda et Ambon entres autres, et dans la création artificielle de la rareté (clous de girofles), et l´oppression militaire du peuple Indonésien:

        https://www.youtube.com/watch?v=mR3tLIpt9Fw

        https://www.ind45-50.org/en

  15. Encore un mot, Monsieur Jorion, si vous permettez. Vous vous indignez, à juste titre, du traitement inhumain imposé à la Grèce. Or, simultanément, vous persistez dans la défense de l’euro. Il y a là une irréductible contradiction. Car c’est bien à cause de l’euro, et pour sauver l’euro, que nous « traitons les Grecs comme des chiens » et que nous asphyxions la Grèce.
    Comment pouvez-vous ainsi concilier des inconciliables, la défense de la Grèce et la défense de l’euro ?

      1. Quelles sont les chances que l’on répare vraiment l’Euro pour mettre fin au « martyre » grec? Si comme je le pense cela relève de l’infinitésimal, alors Jorion est bel est bien dans la contradiction. Denis n’est pas tant de mauvaise foi que réaliste. Regardez le bel Euro qu’on pourrait faire… mais au fond on sait très bien que ce ne sera pas le cas…

      2. https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/18/eurozone-francais-et-allemands-peaufinent-une-feuille-de-route-commune-pour-l-europe_5317199_3234.html

        Il s’agissait de la première revendication du président Macron : un vrai budget pour la zone euro, alimenté par des ressources propres et permettant de venir en aide à l’un des dix-neuf membres de l’union monétaire en cas de coup dur « asymétrique » (c’est-à-dire qui le toucherait à l’exclusion des autres), afin d’éviter qu’il ne coupe dans ses investissements publics pour limiter sa dérive budgétaire.

        Si eux en sont déjà là…

      3. « Au final, on sera très loin du « budget à plusieurs points de PIB » que réclamait le chef de l’Etat français à l’été 2017. Mais Olaf Scholz, le nouveau vice-chancelier et ministre allemand des finances, d’abord très réservé, a évolué vers l’idée d’une « capacité budgétaire », étant entendu qu’elle ne devra en aucune manière conduire à une « union de transferts » (aide inconditionnelle d’un pays à l’autre), un des grands tabous allemands. « Le fait que l’on ait acté l’idée d’un budget spécifique de la zone euro est déjà en soi une avancée », estime-t-on côté français. »

        Encore faut il lire jusqu’au bout …

        Le seul point d’accord qui sortira du sommet ce sera sur l’ouverture de camps frontaliers, ça caressera dans le sens du poil les fafs qui pèsent de plus en plus lourd sur l’opinion et fera suffisamment de bruit médiatique pour couvrir les petites lettres dites avec la petite bouche sur la mutualisation de la dette.
        Les Allemand ya pas besoin de discuter avec eux pour savoir ce qu’ils pensent, je les ai tous les jours avec l’index pointé sur la montre et le regard courroucé parce que la boutique (dont je ne suis pas en charge) indique 16h30 pour l’ouverture et qu’il est déjà 16h 32 … On sait très bien ce qu’ils pensent des Andalous et autre Grecs à qui ils viennent faire la faveur de dépenser une part de leur mirobolante retraite gagnée à la sueur de le front… Je préfère encore les Anglais qui ne font aucun effort pour se faire comprendre mais ne reprochent rien, avec eux c’est juste à prendre ou à laisser : tu t’adapte à eux, tu fais le buziness sont ils passent leur chemin mais ils te jugent pas.
        J’ai l’impression qu’au nord de l’europe on a aucune idée d’a quel point les gens des pays du sud sont conscient du mépris qu’on leur témoigne… Il y a un complexe d’infériorité très marqué dans les pays du sud, on en joue pour les mettre au pas d’une politique économique toujours en faveur des mêmes, mais le jour ou ça vas faire surface ça vas faire très mal… Le touriste Allemand c’est tous les jours qu’il envoie à la face des autochtones des pays du Sud « les gens qui ne sont rien « . Le fait qu’on ait un président qui utilise les même ficelles d’abus de la position de force pour obtenir la culpabilisation du faible est très significatif quand à la tentative désespérée de notre pays de rejoindre le peloton de tête…

      4. @ Julien Alexandre

        Quelle mauvaise foi ?
        Sans l’euro, la Grèce aurait fait défaut sur sa dette comme elle l’a fait (comme de nombreux pays européens l’ont fait) au cours de l’histoire. Qui peut nier cela ?
        Dans les discussions devant l’eurogroupe Varoufakis a abondamment raconté la pression insensée à laquelle la Grèce était soumise.
        La BCE n’a-t-elle pas en 2015 coupé tout accès au crédit des banques grecques pour faire plier le gouvernement grec ?
        Paul Jorion le dit bien : les Grecs ont été traités comme des chiens. Pourquoi ? sinon pour sauver l’euro ou plutôt dans l’espoir vain de sauver l’euro…
        Et maintenant c’est l’Italie qui est menacée des visées de la BCE.

        Vraiment, je ne comprends pas pourquoi Paul Jorion défend cette création idéologique qu’est l’euro ?

        Supprimer l’euro n’est pas une solution en soi, mais elle ouvre la possibilité, pour chaque pays concerné, de trouver des solutions à ses propres problèmes économiques et financiers.

        PJ dit que ce serait trop compliqué de sortir de l’euro. Mais Slovaquie et République Tchèque ont très vite renoncé à avoir une monnaie unique. En sortir a été pour elles tout simple. La Yougoslavie aussi avait une monnaie unique. Quand elle s’est défaite, chacun a pris sa monnaie, ça n’a pas fait un pli, personne n’en a parlé. Il y a d’innombrables autres exemples. D’ailleurs aucune zone monétaire n’a tenu bien longtemps. Mais plus on attend et moins on prépare la sortie et plus celle-ci sera explosive et douloureuse.

        Une solution sage serait de faire de l’euro une monnaie non plus unique mais commune. Comme l’était l’écu avant 2002. Une telle monnaie commune pourrait être l’exemple, sinon l’embryon, d’une monnaie commune à l’échelle du monde (pour remplacer le dollar), comme le suggère notre hôte.

        L’euro monnaie unique bloque tout.

      5. @François Corre
        Le problème n’est pas tant l’étranger que le touriste qui est une vrai plaie, et soit dit en pasant, pour l’instant un des seuls mécanismes de compensation des flux financier Nord-Sud intra-Européen… Et il faut en traire du touriste pour payer la BM, moi j’vous l’dit… Je vis au milieu et je peux vous dire que c’est pas ragoutant, entre le touriste méprisant et suspicieux (souvent à juste titre) et le local hypocrite qui ne pense qu’a soutirer un max de ce dernier, on est loin de construire un sentiment européen… les deux laissent l’humain au vestiaire 80% du temps…

      6. @Dup 22 juin 2018 à 13 h 32 min
        Oui, le ‘tourisme de masse est une plaie’ mais aussi, parfois, de belles histoires, un peu comme ‘erasmus’ peut l’être…
        Mais là, vous faites le ‘procès’ du tourisme ou tout simplement du fonctionnement d’un certain ‘système capitaliste’…?

  16. Au mois de Mai 2019, 79 élus au parlement européen vont présenter aux électeurs français leur identité.
    Pourquoi faire ?
    Quel va être leur rémunération ?

  17. Medellín, le 18 juin 2018

    Chères et chers co-blogeuses/rs,

    Vous me permettez quelques remarques.

    1. Il me parait important bien lire les mots de Paul Jorion dans son commentaire ici:

    quote

    ¨Ce n’est qu’un chapitre de tout un livre : Vers un nouveau monde (La Renaissance du livre 2017).¨

    unquote

    2. Presque tous vos commentaires ont un ton amer, sombre et désapprobateur. Il semble qu’il y ait une correspondance pour se cambrioler dans la fosse.

    Robert K. Merton nous a expliqué comment fonctionne ce méchanisme de la prophétie autoréalisatrice, qui facilement se peut développer dans une réalisation autodestructrice.
    (re: https://www.viversum.fr/online-magazine/prophetie-autorealisatrice).

    Exemple? Regardez comment la gauche au Brésil a contribué d´une facon impressionante a la chute de la seule personne honnête, Dilma Rousseff, en l’associant aux pratiques de son prédecesseur.

    3. Je ne suis pas le seul à noter qu’il peut y avoir un fait remarquable dans la perception de la réalité des gens à l’intérieur d’un système et dans la perception de la réalité des gens à l’extérieur de ce même système.

    * La majorité des commentaires ici quant à l’Europe, l’Union Européenne, et les opportunités de s´unir plus, est négative, un rejet, même hostile vis-à-vis ¨l´autre¨. Touc ces commentaires viennent du coté des gens à l´intérieur du système Européen.

    * Si vous feriez une enquête générale ici en Colombie, ou en Ecuateur, ou au Brésil, demandant les avis sur l’Europe, la réaction serait surtout très positive. Notamment en Colombie, où l´on a vu, écouté et vécu, la voix des multiples équipes Européennes mobilisées par Europeaid (re: https://ec.europa.eu/europeaid/node/22_en) dans le cadre des laboratoires de paix, qui ont fonctionné et continuent à fonctionner d´une facon positive.

    En Colombie, les gens adorent l¨Europe, ne connaissent QUE l’Europe, et pensent que l’Europe est un seul pays. Pour la grande majorité des gens en Colombie, l’Europe est la paix, le manque de corruption, l’emploi, le commerce durable, et la consommation responsable et durable, et aussi l’accès aux programmes de formation universitaires. Presque CHAQUE famille en Colombie, a un lien directe avec l’Europe.

    L’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Ecosse, la Suède, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Pologne. Ce sont des provinces de l’Europe pour les Colombiennes et Colombiens.

    4. En Colombie, les gens bien informées considèrent l’Europe comme un seul pays, avec des systèmes de transport merveilleux, les trains, les avions, les busses, les autoroutes, avec des règles Européennes claires dans tous les secteurs et tous les thèmes, avec des banques qui correspondent bien entre-elles, avec des systèmes de santé relativement bien accessibles, et avec des gens pressées, mais aimables et solidaires.

    C´est EXTREMENT rare que je rencontre une Colombienne ou un Colombien qui a vécu, étudié, travaillé et voyagé en Europe qui n´est pas content(e), fier(e), positive/f sur l’Europe.

    Pour vous dire la vérité: si je pousse un peu la discussion, et je demandes a de telles Colombiennes ou de tels Colombiens ce qu´elles et ils pensent de l´auto-critique des gens en Europe, elles et ils me disent toutes et tous:

    ¨c´est que les Européennes et les Européens ne se rendent pas compte de leur richesse, de leur bonheur, de leur bonne chance¨.

    5. Moi, je répète des observations que j´ai fait ici à plusieurs reprises. Comment c´est possible que les habitant(e)s de l´Europe ne se rendent pas compte des opportunités uniques qu’elles et ils ont dans l’histoire de s’organiser MIEUX, et de se rendre compte du pouvoir réel des prophéties d´auto-réalisation?

    Pourque pas s’unir PLUS, pourquoi pas faire des efforts, oui, pardonnez moi, maladroits, d’apprendre une autre langue, mieux se connaitre, et apprendre qu’il n’y a qu´une seule humanité, un seul voix vers le bonheur: travailler avec de l’amour pour soi-même et l’autre, pour la nature, pour les animaux et les plantes, et se rendre compte du temps TRES TRES court, bref, qu’on aura accès à ce monde merveilleux et miraculeux et seul dans l’univers?

    1. Emouvant, vraiment.
      Vu de loin, l’Europe est un pays de cocagne, un rêve réalisé. Vu de près pour beaucoup, le réel est tout autre. Vos observateurs se sont trompés, ils n’ont pas eu de contacts avec des européens laissés pour compte, voilà tout.

      Votre dernier chapitre est plein d’espérance et fait chaud au cœur. Ce que beaucoup reprochent à l’Europe, c’est précisément d’en empêcher la réalisation. Pouvez-vous comprendre que désirer une autre Europe n’est pas être anti-européen?
      Il va de soi que j’approuve et soutiens le programme de Paul.

      Juste pour votre édification, un rappel des principaux titres récents concernant l’Europe par François Leclerc:
      -La semaine des replâtrages sans avenir
      -Dans l’attente repoussée de son démantèlement, l’Union européenne se décompose
      -Retournement imprévu de situation en Europe
      -Les lignes bougent de tous les côtés
      -Réfugiés : le gouvernement français grand taiseux, les européens au piège d’un gros imbroglio
      -Après l’Italie, l’Espagne va-t-elle rester sous contrôle longtemps ?
      -Une stabilité précaire et pas destinée à durer
      Edifiant, n’est-ce pas?
      ( blog de François Leclerc: https://décodages.com/ )

      1. Un jour à la fin du siècle dernier je me suis retrouvé à une table de chaï shop avec un jeune indien, sur cette table un journal anglais et un aricle qui traitait de « la grêve des chômeur Français et de l’occupation des locaux de l’anpe pour avoir leur prime de Noël ». Il m’a dit : tiens toi qui est Français explique moi ça, j’y comprend rien. Et moi de mon petit anglais d’entreprendre de lui expliquer… D’abord il m’a fallu lui expliquer ce qu’est un chômeur : un gars qui travaille pas jusque là pas de problème mais alors comment fait il grêve me dit il, il se met a travailler? je me lance donc dans l’explication du systême d’assurance chômage : quand t’as du travail tu met un peu de ton salaire dans une caisse et comme ça si tu perd ton travail la caisse te verse un salaire. Visage illuminé du graçon : c’est une super idée vous êtes super bien organisé ! mais alors pourquoi ils sont pas content et comment ils font grêve? Et donc je me met à lui expliquer qu’il y a un salaire de plus qu’il est habituel de verser pour une fête religieuse et que comme la caisse est en déficit cette année on vas pas leur payer et que donc ils font grêve en occupant les bureaux de l’administration qui les paie.
        Et là le gars se lève me jette un regard noir et s’en vas pensant visiblement que je me suis foutu de sa gueule sur toute la ligne et lui ai raconté des bobards de A a Z : pour lui ça tient carrément pas debout mon histoire…
        100% vécu!
        Il devrait être obligatoire pour tous les jeunes Européens de faire un séjour d’un mois dans un pays émergeant à sa majorité. A mon avis, ça créerait un plus fort sentiment Européen que n’importe quel programme d’échange intra-Européen.

    2. Que de mots merveilleux……, oui vous avez tout à fait raison la vraie vie c’est ce que nous voyons tout autour de nous et que nous pouvons retransmettre à l’autre avec respect et courtoisie. C’est à chacun de nous de nous impliquer dans notre vie en sachant se respecter.

    3. @Johan Leestemaker
      « C´est EXTREMENT rare que je rencontre une Colombienne ou un Colombien qui a vécu, étudié, travaillé et voyagé en Europe qui n´est pas content(e), fier(e), positive/f sur l’Europe. »
      Oui, enfin pour la maman Colombienne ou Bolivienne qui bosse à Madrid (ménages ou autres), envoie une partie de son revenu au pays et ne voit sa fille qu’ une fois dans l’année, c’est quand même pas simple…!

      1. Sans compter qu’elle est déclarée 4h par semaine et en fait 70 et ça c’est quand c’est pas la fille qui « travaille » à Madrid et envoi du fric au pays… Et, malgré tout, ça reste un paradis comparé aux bidonvilles de Medellín… Statistiquement il y a un écart aussi grand entre le bas des 99% et le milieux qu’entre milieux des 99% et les 1% du haut…

  18. Medellín, le 18 juin 2018

    1. C´est remarquable que cette personne ¨D¨ connaît tellement bien les (environ) 40 % des 5 millions de Colombiennes et Colombiens (qui se sont allés à l’étranger) qui habitent l’Europe sur une base permanente, c’est à dire, 2 millions de personnes (un peu plus de femmes que hommes dit el DANE en Colombia), dont presque 0,5 millions en Espagne, qu´elle ou il se permets la remarque que les Colombiennes et Colombiens en Europe ont tort.

    2. Se référer aux paroles de F. Leclerc est simplement un effort de s’aligner avec une source externe, sans aucune référence de cadre, sans aucun point de vue propre, et, effectivement, sans aucun, vraiment aucun effet édifiant.

    3. C´est quand même remarquable que dans tout votre exposé, aucun mot ne soit dédié à une petite peu d´auto-critique.

    Comme si l’Espagne et l’Italie ne soient pas dans l’emprise d’un des problèmes plus graves: la dominance de la mafia dans la prise de décisions.

    Ou est-ce que vous pensez qu’on se laissera prende d’otage d’une facon tellement claire et facile et taciturne?

    (re: http://www.fupress.net/index.php/smp/article/viewFile/16407/15328)

    1. Vous êtes dans un dialogue de sourd avec Daniel. Bien évidemment que le défavorisé Européen est loin de l’être autant que le Colombien. Je vis en Espagne et côtoie des Colombiens tous les jours, la plupart sont vaillants et bien intégrés et disposent évidemment d’un niveau de vie incomparable à celui qu’ils auraient en Colombie en déployant les mêmes efforts. Pourquoi me direz-vous? simple question de concurrence, en Colombie le nombre de défavorisés est beaucoup plus élevé et il est donc d’autant plus difficile de se hisser ne serais-ce qu’au niveau de la classe moyenne (qui elle est beaucoup moins nombreuse). Ce que nous constatons en Europe c’est une augmentation de la classe défavorisée et une diminution de la classe moyenne et c’est précisément cette évolution qui préoccupe les européens. Le pays leader de la zone Euro et qui impose son modèle est aussi celui ou la classe défavorisée augmente de façon préoccupante.

      https://www.lesechos.fr/09/07/2017/lesechos.fr/030437857671_l-allemagne-face-a-la-hausse-du-nombre-de-travailleurs-pauvres.htm

  19. Le discours prononcé par Demirtas du fond de sa prison préventive est un modèle de courage.
    http://www.kedistan.net/2018/06/18/allocution-selahattin-demirtas-17-juin/

    Exemple de campagne électorale dans ce pays, notre merveilleux allié:
    https://anfenglishmobile.com/news/akp-candidate-exposes-murderer-akp-supporter-in-suruc-incident-27519
    https://anfenglishmobile.com/news/fadil-Senyasar-family-member-of-suruc-attack-victims-jailed-27510

    Afrin, le feuilleton n’a jamais cessé:
    https://anfenglishmobile.com/rojava/invaders-set-fire-to-the-fields-and-trees-in-afrin-27502

    Un mur de la honte, 600 ou 700km si discrets:
    http://www.kedistan.net/2018/06/11/turquie-mur-de-honte-frontieres/
    On notera : »les quartiers et villes kurdes détruits et rasés lors des opérations militaires en 2015. »
    savons-nous où sont allés les 600000 habitants (approximativement) expulsés, puisqu’ils ne pouvaient pas s’établir en périphérie des villes détruites?
    La rénovation urbaine a ses lois inflexibles.

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