Italie : Giuseppe Conte renonce à former un gouvernement

Ouvert aux commentaires.

Moi, ici, il y a neuf jours, le 18 mai :

Donc, ce n’est pas évident ! Maintenant on va voir si Mattarella accepte ce gouvernement, s’il ne dit pas simplement : « Eh bien, écoutez, ce n’est pas ce que Bruxelles veut, donc on ne peut pas le faire, et de toute façon les marchés seront contre nous et je pourrais appeler à de nouvelles élections qui pourraient essayer de faire revenir d’autres – des partis traditionnels – au pouvoir ». Encore que là, je crois qu’il vaut mieux qu’il n’essaie pas parce qu’on a l’impression que les gens sont suffisamment montés maintenant pour qu’ils votent encore davantage (rires) pour la Lega et Cinque Stelle la prochaine fois.

Le Monde, ce soir :

Très critiqué, notamment par le Mouvement 5 étoiles qui a réclamé sa destitution, Sergio Mattarella a assuré avoir « tout fait pour faciliter l’émergence d’un gouvernement, en respectant notamment les délais demandés par la M5S et la Ligue pour parvenir à un accord ». Mais il a également pleinement assumé sa décision :

« J’avais annoncé à M. Conte que j’accorderais une attention particulière à certains ministères. Il m’a présenté une liste que j’ai acceptée en tous points, à l’exception du choix du ministre de l’économie. Dans mon rôle de garant, je ne pouvais pas accepter un choix qui aurait pu conduire à la sortie de l’Italie de l’euro et provoquer les inquiétudes des investisseurs italiens et étrangers. Il est de mon devoir d’être attentif à la protection de l’épargne italienne, qui est la garantie de protéger la souveraineté de l’Italie. »

Le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, a jugé « incompréhensible » ce refus du chef de l’Etat. « Alors disons-le clairement qu’il est inutile d’aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font. Toujours les mêmes », a-t-il lancé dans un message vidéo, posté sur sa page Facebook.

Le chef de file de la Ligue, Matteo Salvini, a quant à lui affirmé que la seule solution désormais était la tenue de nouvelles élections législatives, probablement cette année. « Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n’y a qu’une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire », a-t-il déclaré devant des partisans rassemblés dans le centre de l’Italie.

Allez, j’ai quand même prévu la crise des subprimes : 5Stelle (32%) + Lega (17%) ont fait 49% ensemble aux dernières élections. Je me mouille : ils feront 65% aux prochaines. Bonne chance à tout le monde, à l’euro et à l’Union européenne y compris.

Partager :

76 réflexions sur « Italie : Giuseppe Conte renonce à former un gouvernement »

  1. Mattarella a refusé de céder sur le poste de ministre des finances, poste-clé s’il en est au vu du programme commun M5S-Lega. Les partis vainqueurs de l’élection ont de leur côté refusé de céder d’avance sur leur programme en laissant Mattarella verrouiller les finances italiennes pour le compte de la Ligne Directrice de l’UE.

    D’accord avec vous : cela s’appelle reculer pour mieux sauter.

    A voir si sauter doit bien se comprendre en termes de bond. Plutôt, qui sait, que d’explosion.

  2. Situation absolument fascinante. Un cas d’école.
    Le président Mattarella nomme immédiatement Cottarelli, un ancien du FMI, surnommé M. ciseaux ─ pour un gouvernement technique, ça va sans dire. Ben voilà qui va réduire le spread… ouf !
    Bon allez, moi, je fais de la surenchère sur toi, Paul, ça va être 66 % !

  3. Les électeurs italiens dans leur majorité ont voté pour des candidats opposés à l’euro mais le chef de l’état refuse la nomination d’un ministre opposé à l’euro.
    L’euro ou la démocratie, il faut choisir.

  4. Cas d’école en effet. 1/3 de la dette italienne détenue hors du pays (685 milliards !): quid si l’Italie devait sortir de l’euro ? Cela nous rappelle un débat esquissé en France. Plutôt que les « investisseurs », Mattarella aurait pu dire les créanciers….il est sûr que les instances internationales et le FMI ne doivent pas être loin : que dit Madame Lagarde (ça doit plancher….) ?!

  5. L’Italie est le premier pays écartelé entre son niveau de développement (43% du PIB prélevé pour financer les hôpitaux, les écoles, les trains etc) et son niveau d’inactivité (le travail disparaissant, seulement 1 italien sur 4 contribue officiellement au PIB)*. Le marché évolue, sans pour autant s’étendre à de nouveaux produits ou services (sauf peut-être dans la finance), si bien que de moins en moins de salariés sont nécessaires.

    Les salaires baisseront encore, entraînés dans la spirale sans fin de la concurrence, et l’Etat Italien devra se coucher à terre, en diminuant ces 43% de prélèvement sur la richesse pour attirer des entreprises : moins de profs, moins d’hôpitaux, moins d’infrastructures, …un processus qui mène directement au sous-développement, déjà observable en Grèce. Dans la confusion, ou l’incompréhension, les italiens cherchent des coupables. L’Europe, les impôts, les migrants….

    La fin de l’Union Européenne est engagée là, sous nos yeux. On la regarde se détruire par une évolution délétère du capitalisme, excluant l’Homme de son schéma directeur. Faudra-t-il attendre la fin de l’Union Européenne pour que nos dirigeants réagissent enfin, et expliquent aux peuples ce qui ne va plus ?

    *Encore combien de temps à ne pas voir le nez au milieu de la figure ?

    Vincent Rey,
    findutravail.net

  6. Peut-être intéressant, face à l’avenir prévisible dont les contours se révèlent inexorablement, de replacer ici mon commentaire(chez FLeclerc)et surtout son lien..?

    (Yanis VAROUFAKIS à New York)
    http://nymag.com/daily/intelligencer/2018/05/yanis-varoufakis-has-some-ideas-about-how-to-save-the-future.html :

    avec entre autres toujours percutantes, ceci :
    Journaliste : » et que penser de l’argument qui veut qu’une réglementation forte du marché du travail soit en partie responsable du taux de chômage plus élevé dans certains pays européens ?

    Y.VAROUFAKIS : » Jamais je ne refuserai à quiconque le droit de s’humilier publiquement en se basant sur de telles hypothèses. (Boum !! note personnelle…)
    Pensez la Grèce comme un laboratoire du néo-libéralisme.
    La Grèce a aujourd’hui un marché du travail plus flexible que celui du Bengladesh.
    Lors des huit dernières années, nous avons mis en place des mesures et des politiques qui sont le fantasme d’un néo-libéral ou d’un libertarien.
    Nous avons réduit de 60% les paiements d’allocations sociales, de 48% les pensions payées par l’état. Nous avons aboli la négociation collective, de sorte que les syndicats ont à présent un rôle purement cosmétique. Ils ne jouent plus aucun rôle dans l’établissement des salaires.
    Les libertariens attendraient de telles mesures un rebond massif de l’emploi, et une éradication du chômage des jeunes.
    Que s’est-il passé au lieu de cela ? Nous vivons une grande dépression, nous avons perdu 28% de PIB nominal, comme ce fut le cas pour les USA en 1929, et une famille sur deux n’a aucun membre qui ait du travail
    .

    Magnifiques perspectives..

    1. Que l’Italie suive le même chemin que la Grèce, et on est sûrs de voir l’Allemagne se désolidariser de l’Europe. Tôt ou tard, les allemands ne voudront plus payer pour les pays pauvres, ou devenus pauvres.

      Ils sont tellement persuadés de leur mérite, alors que leur réussite comporte aussi une part de hasard. Ils font un tiers de leur commerce extérieur avec la Chine (machines outils, on peut penser que ça se renouvelle bien en période d’informatisation), et leur production automobile est dans le créneau du luxe, à un moment où les inégalités de revenus se creusent !

      Sans compter qu’ils n’ont pas d’armée (ou très réduite), et qu’ils ne font pas d’enfants : moins de retraite et d’allocations familiales…Est ce que tout cela ne peut pas expliquer le 1% de croissance de plus sur la France ?

      Ah si seulement nous avions de véritables économistes, au lieu d’avoir des perroquets ultralibéraux dans le genre de Jean-Marc Daniel, ou Dominique Seux, ils pourraient nous faire une analyse de tout ça…

      V Rey,
      findutravail.net

  7. Mes interlocuteurs italiens, des gens compétents en la matière, estiment aussi que le score des deux parties sera encore plus fort en automne, quand les élections auront lieu. Si Bruxelles et Berlin estiment que l’on peut « dresser » ou corriger le peuple italien, alors qu’ils se trompent. L’Europe de Bruxelles et compagnie auront simplement gagner un peu de temps.
    Les Italiens ont pris conscience du fai, que le peuple est devenu la proie d’un système ploutocratique et oligarchique, que la société italienne se divise de plus plus en privilégiés et précariat – il s’agit là d’un processus, donc quelque chose de dynamique, sans perspectives de changement en faveur du peuple.

  8. Le monde réel, c’est un endroit compliqué.

    C’est un endroit où les traités signés, l’influence directrice allemande, et le suivisme français confirmé font que la politique monétaire et budgétaire unique de l’Eurozone est décidée en fonction de ce qui est bon pour l’Allemagne et les autres pays nordiques proches d’elle. C’est ça la réalité.

    … C’est aussi un endroit où ça renâcle de plus en plus dans les autres pays de l’Eurozone contre les inconvénients très réels et pour certains très massifs qu’ils subissent du fait de cette politique monétaire et budgétaire adaptée aux besoins allemands. C’est aussi ça la réalité.

    C’est un endroit où la Grèce où ça renâclait vraiment fort a pu être écrasée par intervention directe de la BCE en juin-juillet 2015, où la France suffisamment grande pour ne pas pouvoir être écrasée mais où ça renâclait moyennement a choisi d’élire un « Monsieur le Gentil » qui suggère très doucement à Berlin qu’il faudrait adapter légèrement la stratégie économique suivie, s’il vous plaît on vous aime d’amour suite à quoi il est très facile de lui répondre Nein nein et re-Nein mais on t’aime aussi Emmanuel. C’est ça la réalité.

    … C’est encore un endroit où l’Italie se met à renâcler vraiment fort, comme en Grèce. Et où elle choisit d’élire des gens décidés – plutôt davantage qu’un Tsipras d’ailleurs, au niveau d’un Varoufakis au moins. Et elle est trop grande pour qu’on puisse l’écraser l’Italie. C’est encore ça la réalité.

    Eh oui les économies de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, de l’Espagne ou de la Grèce sont différentes et ce sont des stratégies monétaires et budgétaires différentes qui leur conviendraient le mieux. On n’y avait pas forcément assez prêté attention avant de « faire l’Euro ». C’est ballot, hein ?

    Je me demande si on ne l’inscrira pas un jour sur la tombe non du seul euro, mais même de l’Union européenne, cette formule : « C’est ballot, hein ? »

  9. Beaucoup de propos illusoires.
    Les tenants du Pouvoir Italien s’assoient sur les dispositions Constitutionnelles.
    On prétend qu’il ne fait que gagner du temps.
    Ils vont surtout déclencher une vaste opération d’intoxication, discrédit, déligitimation, corruption, etc, de ses adversaires et des foules qui les soutiennent de ses votes. Et cette hypothèse est la plus douce. Leur métier va consister à renverser la table pour l’emporter à tout prix ou bien créer une situation inextricable devant le paravent d’une bonne conscience morale, de la non violence de surface, et x arguments formels.
    L’indignité va toujours à son terme.
    Et ils peuvent bien gagner si leurs adversaires ne sont pas des purs, des irréprochables, ce qui est fréquent.
    Qu’est-ce qu’on croit ? Qu’ils vont attendre des élections après l’été sans bouger ?

  10. J’espère que les tenants de la religion féroce comme vous les appelez ne vont pas devenir trop créatifs en imaginant des choses à « faire advenir » pendant cet été de telle sorte à influer sur le résultat des élections de cet automne voire à postposer les élections et garder ce gouvernement technique en place le plus longtemps possible…Ce ferait penser à la RDC par exemple…Comme on dit parfois en Italie: à partir de Rome et vers le sud, c’est déjà quasiment l’Afrique (avec tout le respect que j’ai pour les pays africains)!

  11. L. Europe est bien une dictature bureaucratique. Et notre Macron qui félicite le président italien… Cottarelli était mon chef quand je travaillais au Fiscal Affairs Department du FMI. Un neo-liberal sans nuance et sans relief. Un ancien de la banque centrale italienné comme la plupart des italiens du FMI. Qu.on fasse appel à cet ectoplasme dit tout le mépris qu.on a pour le peuple et toute la confiance absurde en une théorie économique qui a tant fait preuve de son inanité. Je suis en colère.

    1. On a un peu de mal à comprendre le lien entre un président qui refuse de laisser des fachos peigne-culs disloquer le pays et la pseudo « dictature bureaucratique » que serait l’Europe. Mais c’est vrai qu’on est plus à ça près.

      1. @J.A. (28/5 à 20h46) [[vs Franck (28/5 à 18h03) ]] …
        « Magnifique » analyse de contenu..!.. C’est-y pas plutôt …  » Un neo-liberal sans nuance et sans relief. Un ancien de la banque centrale italienné comme la plupart des italiens du FMI. Qu.on fasse appel à cet ectoplasme dit tout le mépris qu.on a pour le peuple et toute la confiance absurde en une théorie économique qui a tant fait preuve de son inanité « . qui aurait mérité votre « jaillissement »..??

      2. 1° Mattarella reste dans les clous de son mandat démocratique. Rien ne l’obligeait en effet à accepter Savona.

        2° Il ignore cependant le verdict des urnes : a) il refuse la nomination de Savona qui n’est pas un ennemi de la démocratie et b) il confie la mission de création d’un gouvernement à Cottarelli, figure symbolique du parti ultralibéral bruxellois de la superbe ignorance du verdict des urnes, ce qui s’apparente à de la provocation.

        3° Il rend un très mauvais service à la démocratie en favorisant, par allégeance au pouvoir ultralibéral bruxellois, l’accession au pouvoir prochaine d’un parti d’extrême-droite.

      3. 1/ l’extrême droite était au pouvoir, au cas où on aurait pu croire que c’était l’avénement du socialisme qui s’était produit en Italie avec la Liga et M5S…

        2/ le programme économique de gouvernement de la coalition était un programme néolibéral pur jus, avec tous les marqueurs hayekiens : revenu de base, flat tax, etc.

        À moins qu’il y ait un néolibéralisme plus respectable que l’autre bien sûr : le « néolibéralisme populiste » (et raciste) est-il plus recommandable que le « néolibéralisme technocratique » (et libéral sur le plan sociétal) ?

      4. Peut-être que si Mattarella avait laissé le gouvernement se former, la crise qui ne se serait pas fait attendre aurait forcé à trancher le noeud gordien qui est noué autour de la construction de l’euro. Dans un sens (mise en minorité de l’Allemagne, qui accepterait, ou pas, une réforme du système) ou dans l’autre (isolation de l’Italie qui n’aurait de choix que la solution grecque ou la sortie de l’Euro).

        Le « muddling through » actuel peut durer encore longtemps mais il garantit une dégradation lente de la situation économique de beaucoup de pays européens, qui par ricochet, garantit l’émergence lente mais très claire de partis très très à droite un peu partout (ce que je pense vous ne voyez pas d’un très bon oeil ).

        En fait, Julien Alexandre, c’est quoi votre scénario 1) le plus probable et 2) celui que vous soutiendriez? Parce qu’il est facile de critiquer, mais moi quand je regarde toutes les scénarios possibles, ils souffrent tous de problèmes très substantiels. On en est malheureusement vraiment à devoir choisir entre la peste et le choléra, non?

      5. Le noeud gordien aurait été vite tranché : le spread aurait ruiné en trois coups de cuillère à pot les Italiens endettés dans leur vaste majorité avec des prêts à taux variables.

        Le seul scénario envisageable est celui qui embrasse l’idée d’un compromis avec les Allemands sur le fond. L’Allemagne de Merkel doit lâcher, et le reste de l’Europe apporter des garanties.

        C’est toujours très compliqué dans un duel de demander la capitulation de son opposant quand on est soit même en position de faiblesse.

      6. Julien,

        1) Le président italien a-t-il refusé ce gouvernement à cause de la présence de ministres fachos (dont le ministère de l’intérieur), ou bien à cause de celle d’un ministre de l’économie anti-euro ? Ou autrement dit, quelle a été sa priorité entre le fric ou la vie des migrants ?

        2) L’arrivée des extrêmes en Italie n’aurait pas comme origine les lois antisociales de Renzi dont les ordonnances Macron sont une copie plus ou moins fidèle ? En clair, tout ceux qui ont vaillamment milité pour le vote Macron au second tour de notre présidentielle et ont fait élire haut la main notre hyper arrogant surnommé – plutôt que de s’abstenir afin de mal élire ledit Macron – n’ont-ils pas de fait semé de la mauvaise graine qui amènera aux mêmes résultats en 2022 chez nous ?
        Nous aurons un avant-goût l’année prochaine lors des élections européennes…

      7. François,

        1/ Peu importe pour quelle raison il l’a fait, l’assemblée constituante chère aux mélenchonistes a écrit et voté une constitution qui confère au président italien le droit de faire des remarques sur telle ou telle proposition de nomination. La Liga a utilisé cette excuse pour dénoncer l’accord de gouvernement. Que le président l’ait fait pour le fric ou la vie des migrants, le résultat est le même.

        2/Il est temps de réhabiliter le sens du compromis, parce que si le seul message d’opposition, c’est « nous ou le déluge »…

        Maintenant si c’est pour me dire que le socialisme au 21ème siècle, c’est la flat tax à 15 % et le revenu de base cher à feu Jacques Marseille et aux néolibéraux, tout en boutant les étrangers et basanés hors des frontières, on va avoir un souci, c’est clair.

      8. @ Julien,
        Le socialisme XXI ème siécle avec la régle verte dans la constitution, la relance par la transition énergétique et la tenue d’une relation de force assumée avec l’Allemagne pour la contraindre à des concessions ne te conviens pas non plus. Un jour ou l’autre il va te falloir te faire une raison, ya aucun déshonneur à être de droite 😉

      9. S’il n’y avait que ça dans le programme méluchien, figures-toi que ça m’irait très bien. Malheureusement, il y a tout le reste (et je ne parle même pas de la figure du lider minimo).

  12. Comme le dit Paul Jorion, dans ces circonstances de crise, la maxime d’Adam Smith n’a plus cours… L’autorégulation ne fonctionne plus, et ce n’est plus en recherchant son profit individuel que l’on parvient au meilleur bien collectif. On se retrouve plutôt comme dans l’incendie du bazar de l’Hotel de Ville, avec des hommes assommant à coups de canne des femmes et des enfants, pour se frayer un chemin et sauver leur peau.

    En Italie en ce moment, on peut estimer que l’intérêt particulier que l‘on trouve à faire partie de la société est trop entamé, pour continuer d’y participer. La propension à la « philia » (camaraderie) des italiens disparaît. Comme au Royaume Uni avec le Brexit, l’équilibre entre les bénéfices et les coûts de la construction sociale est rompu. Sans salaire, avec un loyer, des impôts et des taxes à payer, les italiens ont compris qu’ils en ont surtout les coûts.

    Ils s’isolent alors dans la solitude européenne, prêt à voter pour la destruction de « tout ce bazar ». Leur « Philia » européenne a disparu. On les comprend, mais ça fait peur, car ils se trompent d’ennemi.

  13. Le commentaire de Macron signifie (si on en doutait) que le clairon ultralibéral à sonné , alerte devant la menace, et ralliement de toutes les instances pour mener la contre-offensive. Gagner du temps pour que cette charge puisse s’organiser…les « banquiers » doivent être en alerte rouge, car il savent (je suppose) que si la maison Italie devait prendre feux, c’est la maison Europe qui suivrait, et bien au-delà, vu toutes les instabilités actuelles…

  14. Un autre son de cloche sur l’action de Mattarella :

    « Isa : Les Italiens votent. Deux partis arrivent en tête et finissent par s’accorder sur un gouvernement. Mais le président trouve qu’un ministre ne fait pas l’affaire et bloque tout. N’y a-t-il pas là un problème de démocratie ?

    Jérôme Gautheret : On peut effectivement le voir comme ça… Formellement il n’y a pas eu blocage du président Mattarella, mais refus de la part de la coalition soutenant Giuseppe Conte d’écouter les réserves que le président avait sur une personne, à savoir le ministre de l’économie que voulait installer la Ligue. La singularité, c’est que la Ligue a refusé de tenir compte de l’avis du président, et a préféré faire sauter l’accord conclu avec les 5 étoiles. Si elle s’est comportée de cette manière, c’est forcément parce qu’elle jugeait que de la sorte, le bénéfice politique serait plus important pour elle.

    Auguste : La Ligue et le M5S s’attendaient-ils à un blocage du président ? Ce ministre de l’économie est-il si important pour eux ?

    Jérôme Gautheret : S’ils avaient voulu refuser l’obstacle, il était très facile et indolore de le contourner, et personne n’en aurait rien su. Après tout, Giancarlo Giorgetti aurait fait un très bon ministre pour la Ligue, à la fois fidèle à la doctrine de Salvini et apprécié des milieux d’affaires, sans compter qu’il était nettement plus jeune que Savona. Sans doute Matteo Salvini a-t-il jugé qu’il tirerait un plus grand profit politique d’un affrontement au grand jour avec Mattarella. D’un point de vue tactique, d’ailleurs, c’est parfaitement joué. »

    https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/05/28/en-italie-la-culture-du-compromis-a-disparu-au-profit-d-une-culture-de-l-affrontement_5306025_3214.html

    1. C’est un raisonnement en termes de « théorie des jeux », une marotte des économistes. Les gens normaux ne raisonnent pas comme ça.

      La carrière de Giorgetti c’est essentiellement d’avoir été député pour la Liga depuis 1996.

      Savona est une vedette de la finance, professeur connu à l’étranger, spécialiste des systèmes monétaires. Il a été ministre de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat à une époque où ça ne dérangeait apparemment pas les présidents da la république (1993 – 1994).

      Entre Giorgetti et Savona, y a pas photo.

  15. The New York Times, Jason Horowitz, le 28 mai

    « Constitutional scholars debated on Monday whether Mr. Mattarella was within his rights. In Corriere della Sera, Italy’s leading paper, Massimo Luciani, a professor of constitutional law at La Sapienza University in Rome, said Mr. Mattarella “exercised his constitutional rights” because he “believed that the choice of a certain minister for a key government position put the interests of our country at risk.”

    He added, “This is an institutional evaluation.”

    But Paolo Flores D’Arcais wrote in the political magazine MicroMega that while the president can object to the appointment of a minister if “he finds in the candidate’s past behavior something that conflicts with honorability,” Mr. Mattarella’s problem with the economy minister was his position on the euro.

    “It falls beyond the powers of the president of the republic to judge the candidates’ political opinions in the single ministries,” he wrote. »

  16. @J.A. Heureux d’avoir enfin pu voir éclaircies vos positions, par ailleurs tout à fait respectables…
    Tout le dilemme est ainsi posé.. :
    … » À moins qu’il y ait un néolibéralisme plus respectable que l’autre bien sûr : le « néolibéralisme populiste » (et raciste) est-il plus recommandable que le « néolibéralisme technocratique » (et libéral sur le plan sociétal) ?
    Le seul scénario envisageable est celui qui embrasse l’idée d’un compromis avec les Allemands sur le fond. L’Allemagne de Merkel doit lâcher, et le reste de l’Europe apporter des garanties.
    Maintenant si c’est pour me dire que le socialisme au 21ème siècle, c’est la flat tax à 15 % et le revenu de base cher à feu Jacques Marseille et aux néolibéraux, tout en boutant les étrangers et basanés hors des frontières, on va avoir un souci, c’est clair
    . « …

    Me reste à éclaircir votre :  » S’il n’y avait que ça dans le programme méluchien, figures-toi que ça m’irait très bien. Malheureusement, il y a tout le reste  » … (29/5 à 9h08 en réponse à Dup, 2h59)

    (( Peut-être utile de réaffirmer que la question est sérieuse.. ))

      1. @J.A. : J’ai suivi, et de près, de très près même, TOUT ce qui a été écrit l’an dernier ( et surtout remarqué tout ce qui n’a pas été explicite, mais relevait dans votre chef et, dans une moindre mesure, dans celui de notre hôte, de considérations/confrontations qui me sont inconnues ou que je n’ai pas suivies émises dans le lointain passé du blog , voire dans vos passés privés).
        Ça m’a fort énervé à l’époque car je l’avais interprété comme du Mélenchon-bashing systématique, d’autant plus déplaisant(à mon estime) venant de votre fonction de modérateur. Je m’en suis d’ailleurs plaint explicitement et à ma manière.
        Peu importe finalement aujourd’hui sur ce cas particulier, puisque les dés ont été jetés.
        Nous avons donc encore pour (au moins) 4 ans :
        ++ la politique de désintégration des conquêtes sociales déployée SANS LE MOINDRE FREIN même potentiel par E.Macron , conséquence uniquement de la composition « presse-bouton » pléthorique de l’Assemblée actuelle (non)représentative française. Politique qui ne peut aboutir, à mon sens, au sens de l’orientation du blog, qu’à extrémiser /séparer/fractionner/opposer les différents strates (et sous-strates) de la Nation… avec un boulevard ..pour Marine au mieux, pour Marion au pire, l’une des deux accouplée à Wauquiez en 2021…
        magnifique perspective n’est-il pas..?
        ++ AU LIEU de Mélenchon/Marine président(e) contrôlé(e) en cohabitation par un Parlement hostile..

        Est-ce mieux?

      2. @ Otromeros

        J’ai pas le même sens de l’hyperbole, n’étant pas originaire de Marseille. Par conséquent, oui je persiste et signe : mieux Macron que Méluche ou la pénienne.

      3. Otromeros,
        Puisque le présent vous intéresse aussi, je vous le dis tout net, Mélenchon est actuellement le boulet de la gauche.
        J’étais à la « fête à Macron » organisée sous l’impulsion du député Ruffin dans un souci d’ouverture à toute la gauche, eh bien ce n’était manifestement pas l’avis de M. Mélenchon, qui a cru bon monter sur ses grands chevaux en tête de cortège sur son bus, dans une tentative récupération du mouvement, les fanions insoumis pullulant comme pour marquer le territoire. Ruffin visiblement agacé, se tenait à l’écart, bien qu’acclamé par ceux qui le reconnaissaient.
        Résultat des courses, samedi dernier, 26 Mai, ce devait être une « marée populaire » d’après le leader Insoumis soi-même, et ne ne fut qu’une petite réplique de la fête à Macron cela alors même que les syndicats et de nombreuses organisations avaient appelé à manifester.

        Le fait est que M. Mélenchon s’est in extremis rallié à la nécessité de rassembler, mais trop peu, trop tard, pour ce coup-ci alors qu’il fallait justement marquer le coup devant les coups de boutoir de Macron à l’encontre de notre Etat social.

        Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable : il y a un problème, un « cas » Mélenchon. Le ton dégagiste, le tropisme poutinien, bolivarien (encore dernièrement il a trouvé des excuses à Maduro, on croit rêver !), les saillies contre certain pays Balte pourtant appartenant à l’Union, et pour couronner le tout une prétention inouïe à représenter à lui tout seul toute la gauche, avec des attitudes de leader de parti unique. Cela fait beaucoup, vous ne trouvez pas ?

        Bien entendu libre à vous de penser que les quelques points que je viens d’énumérer ne sont que des détails sans importance (mais dites-mois alors en quoi ils le seraient), mais libre à moi également de considérer que ces points sont cruciaux, et sont de nature à faire de Mélenchon ce boulet pour la gauche qu’il est.
        Bien sûr il faut combattre sans ménagement Macron et sa politique, mais il ne suffit pas de prétendre que l’on représente la gauche pour être de taille à l’affronter. Ce n’est pas Macron ou Mélenchon, c’est Macron ou une gauche crédible, vraiment de gauche, démocratique, et ouverte, intelligente.
        Je ne suis pas hostile a priori aux Insoumis, qu’on enlève le « reste » et c’est un programme présentable, mais en l’état, cela ne peut pas fonctionner.

      4. Mais que vous faudra t il de plus pour admettre que la seule gauche Démocratique pour Bruxelle c’est la droite! Et que la seule alternative qu’on nous propose c’est l’extrême droite. Aucune politique de gauche ne peut se concevoir dans le cadre actuel des traités ce sera donc la droite ou l’extrême droite puisque sortir des traités n’est pas une option, du moins sortir en douceur… Le jour venu vous pourrez toujours vous morfondre du chaos soudain et essayer de vous persuader que la chute n’aurait qu’été avancée en faisant entrer les partis Eurosceptiques plus tôt. Mais la réalité c’est que le choc sera d’autant plus violent que la chute adviendra suite à un plus long mépris de l’expression populaire et que les défenseurs du « on continue à maintenir le système en place coute que coute » en porteront leur part de responsabilité. Souvenez vous en quand vous vous abstiendrez au deuxième tour Corbières/Marechal …

      5. 1/ « Bruxelle », je sais pas qui c’est… Z’avez pas son téléphone que je vérifie ?

        2/ Un 2ème tour « Corbières/Maréchal » ?!? Je sais pas ce que vous prenez, mais c’est de la bonne !

      6. Que d’arguments Julien ! Comptes pas sur moi pour te donner le tiercé dans l’ordre, j’aurais pu écrire Vauquiez/Philipot tout pareil.

  17. Mon bon monsieur Woerth, c’est tranchant le cynisme. Heureusement qu’il y a la mélancolie pour compenser quelque peu votre haine du réel. Et la mélancolie, c’est pas une petite chose à prendre à la légère car nous voilà de plein-pied avec un autre monde : être responsable ou pas.

  18. @Pierre-Yves Dambrine (29/5 à 20h50)
    Merci pour votre intervention, qui m’amène à réfléchir..avant d’éventuellement réagir.
    Cependant, sur le coup sec, je dois vous dire que vous reprenez quasi mot à mot (et ce n’est pas une insulte) les commentaires de tous les « journaleux » vendus qui, du haut de leurs privilèges fiscaux, de leurs « ménages », de leurs revenus mensuels à [ 10 , 15, 20 ou plus x l’ex-SMIG français ], ont l’outrecuidance de « traduire l’opinion des français » en donnant 24h/24 au populo la leçon sur les chaînes (au sens premier: »liens forts qui emprisonnent ») de télé continues du PAF…
    C’est ça qui me dérange, venant d’une personne se réclamant de la gauche, ce dont rien, …à part ce réflexe TSM(« Tout sauf Mélenchon »)…, ne me permet de douter. La même conviction répétée à 19h17 par J.A. face à l’alternative par moi proposée m’indique qu’il est sans doute pour moi urgent de prendre le temps de la réflexion.
    Je manque malgré tout de « matière première »..et l’un ou l’autre lien utile m’intéresse(rait).

    1. Otromeros
      J’étais tellement TSM que j’ai fini par voter pour lui, in extremis, aux présidentielles.
      Mais il y a des erreurs qu’on a pas envie de commettre deux fois.

      C’est limite insultant que vous me compariez à la presse mainstream, personne ne me paie pour dire ce que j’ai sur le coeur et ce que ma raison de dicte. C’est n’est pas un réflexe, c’est mûrement réfléchi.
      Il y a quand même une vie à gauche en dehors de Mélenchon, ôtez-moi d’un doute.

      1. @Pierre-Yves Dambrine(29/5 à 22h24)
        …ou vous m’avez mal lu, ou je me suis mal exprimé… ou les deux..! Désolé donc. Résumons :
        Ce que vous décrivez sur le rapport gauche/ Mélenchon ressemble trait pour trait au contenu déversé 24h/24 par le P.A.F. depuis plus d’un an Venant d’une personne(= vous) qui s’affirme de gauche, cela m’interpelle. Si j’y ajoute le réflexe clairement T.S.M réaffirmé par J.A. à 19h17 [[ face à mon alternative : (Macron libre comme l’air grâce à un Parlement presse-bouton) vs (Mélenchon ou Marine en cohabitation forcée face à un Parlement hostile) ]] :  » oui je persiste et signe : mieux Macron que Méluche ou la pénienne « …
        …tout cela m’amène à réfléchir…et à me documenter … D’où ma finale(pour ce soir..) :  » Je manque malgré tout de « matière première »..et l’un ou l’autre lien utile m’intéresse(rait) « .
        Voulez-vous m’aider, voire arriver à me convaincre… de la nocivité(pour la gauche) de JLM..?

      2. Otroméros
        Je pensais avoir été clair dans l’énumération des points qui m’éloignent de Mélenchon.
        La gauche ne peut en être, ou alors c’est une gauche autoritaire, sectaire, voire nationaliste (à ne pas confondre avec la nation, c’est quelque chose qui existe.) Je développe un seul item, le tropisme poutinien, qui revient à dire que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, ce n’est pas un principe sérieux pour quiconque se réclame de la gauche humaniste, ou alors qu’on me dise que les droits de l’homme et du citoyen peuvent passer après les considérations géo-politiques. Ce n’est pas la façon dont je conçois la gauche. On ne peut pas trouver des avantage à des autocrates seulement parce qu’ils sont adversaires des US. A ce train là on peut tirer un trait sur tous les principes, et à la fin on peut justifier tout et n’importe quoi. Un journaliste Russe vient d’être assassiné à Kief, il n’avait pour seul tort que d’être opposé à l’annexion de la Crimée et à la politique de Poutine, menacé de mort dans son pays, harcelé par les médias. ….

      3. @Otromeros

        Je me permets de répondre parce que j’ai oscillé pas mal sur la question moi-même. Sur les constats et le programme économique, JLM était pour moi largement devant tous les autres. Et j’ai aimé certaines interviews où il tranchait en parlant clairement des problèmes. Et j’étais prêt à lui laisser le bénéfice du doute sur certains sujets qui me semblaient « périphériques » (à mon sens).
        Mais aujourd’hui, il semble qu’il soit un vrai boulet pour la gauche. Vous écrivez:
        « Voulez-vous m’aider, voire arriver à me convaincre… de la nocivité(pour la gauche) de JLM..? »

        Une manière d’envisager la question est « n’y aurait-il pas quelqu’un qui ferait cela beaucoup mieux que JLM (rassembler la gauche démocratique)? ». Et la réponse me semble clairement oui: pour toutes les raisons invoquées par PY Dambrine, une partie substantielle de la gauche ne lui fait plus de tout confiance. Et JLM le sait. Dès lors, s’il s’échine à quand même jouer ce rôle, c’est qu’il met son intérêt personnel largement devant celui des électeurs qu’il veut soi-disant représenter. Et cela c’est difficilement pardonnable: il fait finalement le jeu de ses adversaires, et il le sait.

      4. @PYD :

        Selon la tribune de Genève , le mort aurait finalement été vu vivant aujourd’hui .

      5. Juannessy
        Je viens d’apprendre la nouvelle.
        Tout ce que je peux dire c’est que cela n’honore pas les services Ukrainiens.
        J’ai du mal à comprendre en quoi ils espéraient mettre en difficulté les Russes avec pareille mise en scène.
        Si tentative d’assassinat réelle il y avait, ils sortiront les preuves, mais même dans ce cas là, le mal est fait.

        Ceci dit, cela n’enlève rien au fait que de nombreux journalistes Russes furent assassinés ces dernières années…

      6. Pierre-Yves, ne juge pas si vite et lis tout de cette histoire de mort-vivant : c’était pour s’assurer de confondre le commanditaire et pouvoir tracer le lien jusqu’à Moscou. Et c’est réussi.

      1. He ho! La campagne est finie ! Vous avez gagné ! Maintenant il s’agirait de démontrer que vous aviez raison, pas que nous avions tort, car ça l’histoire ne nous permettra pas de le vérifier 🙂
        Et soit dit en passant intéressez vous aux figures montantes de la FI parce que vous risquez d’être pris au dépourvu quand Mélenchon prendra sa retraite en vous faisant un pied de nez.

      2. Dup
        Parfaitement, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai cité Ruffin dans mon premier post 🙂
        Mais je n’oublie pas Hamon, qui aura également un rôle à jouer. Quant à Corbières, désolé, c’est un clone de Mélenchon. Un seul Mélenchon suffit.

      3. Ruffin n’est pas vraiment FI. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que Girard pourrait avoir un rôle, car elle est l’antithèse de Mélenchon. Une femme métisse portant un programme écologiste et bien à gauche ça ferait autrement honneur à notre pays et à la gent féminine qu’une « Valkirie » d’extrême droite. Ceci dit Ruffin ferait un bon PM je pense (justement parce que lui ne le pense pas je crois).

    2. Le problème c’est qu’ici personne ne veut d’une dictature egalitaro-écologiste mais que l’on sait tous non seulement que c’est ce qui nous attend dans le meilleurs des cas (le pire étant quelque chose qui ressemblera à Mad Max) mais que c’est peut être aussi l’un des seuls moyens de sauver l’espèce. Donc évidemment c’es TSM, non! pas déjà! On y est pas encore! laissez moi dormir encore 5 min… le problème c’est que plus on attend plus le choc sera violent mais une petite voix nous susurre qu’on en est pas là, qu’on sera plus la pour le voir et on s’y accroche en mobilisant jusqu’à notre ultime parcelle de déni disponible. Notez que je ne dis pas forcément qu’on a tort… peut être que rester humain est partie de la solution? Personnellement j’aurais préférer tenter l’aventure avec la FI qui proposait quand même certain gardes fous (référendum révocatoire, reconnaissance du vote blanc…) qu’avec ce qui viendra par la suite et vraisemblablement pas par les urnes…

      1. Il n’y a qu’une chose qui a du sens :

        https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-elections/Election-presidentielle-2017/Election-presidentielle-2017-resultats-globaux-du-premier-tour

        Soit , pour moi , que les français se répartissent actuellement dans quatre forces sensiblement de même ordre de grandeur ( LREM , LR , FI , FN) et une ex majoritaire le PS devenu d’appoint ( ou de ferment pour la suite ?).

        Ce qui n’est pas rassurant pour peser efficacement dans le décor européen sinon mondial , car un président français doit d’abord avoir avec lui , de cœur et de raison , au moins la moitié des inscrits dès le premier tour pour être légitime et pris au sérieux .

        Tous les partis ( soit effectivement tous , pour le moment ) qui ne veulent pas tenir compte de ce que disent (ou pas) les français ( et eux seuls ) de façon assez nette pour faire projet novateur , ne servent à rien , quel que soit leur « chef », s’ils ne portent pas , alliés à d’autres , les éléments de transition depuis un système libéralo-capitaliste vers un système , baptisé socialiste par Paul Jorion , mais qui réponde pour moi à :

        Liberté , Égalité , Fraternité étendue au vivant .

        Je ne crois pas , si l’on reste en Italie , que le mariage de la carpe et du lapin soit cette alliance qui peut représenter vraiment un peuple en « marche » , et qui devra d’abord , s’il est vraiment porteur de la transition qui rende les rênes à la démocratie contre le marché , être conscient que , d’une certaine façon , il partira alors « en guerre » contre des intérêts mondiaux immédiats .

        Et on ne part en guerre qu’après l’avoir préparer , et un courage suffisamment partagé et majoritaire .

      2.  » j’aurais préférer tenter l’aventure avec la FI  » , moi aussi.

        Il ne faut jamais rien faire pour la première fois.
        L’aventure, les risques , les erreurs, l’incertitude sont insurmontables aux Intelligents.
        Peut-on faire confiance à celui qui bouffe du bébé tibétain tous les matins, qui embrasse la main de Poutine, proclame Maduro élu, et pire encore du côté des Caraïbes?
        Soyons raisonnable, cet homme seul et isolé est un danger pour la démocratie. Il a toutes les tares: populiste, tendance comice agricole, sans aucun ancrage politique ferme, au point d’envisager une alliance brun-rouge.
        Bas du front? Suffit d’écouter ses éructations pour être convaincu.Toute sa vie a été construite en vue du coup d’état.
        Encore, n’est-ce que le visible, mais en fait tout ce que l’on ignore de lui est bien plus inquiétant.

  19. @Juannessy (30/5 à 20h22)
    C’est trop tentant..!… Avez-vous remarqué que si un tiers, seulement un tiers! (=33%) des votants pour [Hamon+Arthaud+Poutou] s’étaient « forcés » à se reporter sur Mélenchon au premier tour (appel de du blog à un candidat gauche-unique)… ce dernier aurait obtenu environ 900.000 voix de plus… d’où une finale Emmanuel/Jean-Luc qui , elle au moins, nous aurait permis de trancher le problème dans le vif… Un tiers, un petit tiers seulement de « résignés à.. » aurait suffi à voir clair.. Mais voilà..  » avec des SI… »

    1. Ça aurait été bien Méluche / Macron. Le Lider Minimo serait tombé aux oubliettes comme la pénienne, et on aurait pu sereinement parler de l’avenir de la gauche sans son boulet égotique qui se « sacrifie » tant depuis tant d’années.

      1. C’est précisément ce que je me suis tué à expliquer ici durant toute la campagne, mais non, au premier tour il fallait voter Hamon ou Poutou…
        Nota : le parlement aurait certainement une autre allure car sans le chantge au FN qui à écoeuré les électeurs l’abstention n’aurait pas été aussi forte et Macron n’aurait peut être pas les coudées aussi franches à ce jour.

      2. Dup
        « L’idée même de gauche a disparu avec Macron »
        Ne confondez-vous pas capacité des citoyens à distinguer un programme de gauche d’un programme de droite,
        avec l’illusion savamment entretenue par Macron et ses suiveurs En Marche selon laquelle il n’y aurait plus ni gauche ni droite ?
        Si l’avenir des Insoumis c’est d’embrayer sur cette illusion, effectivement il n’y aura pas de rassemblement à gauche. C’est un évidence.

    2. On ne peut donner sens et force à une élection dans un pays aussi divisé en « forces » de même ordre de grandeur , et ce ne sont pas les comptes d’apothicaire dignes des parieurs du tiercé , qui rendent à la politique sa vocation citoyenne .

      1. Au second tour , les français ont cependant dit ce dont ils ne voulaient pas et , dans la confusion , cela était et reste le mieux qui pouvait sortir de cette élection .

        Ils n’ont pas dit, peut être parce qu’ils sont devenus vides de compréhension , peut être parce qu’aucun repère suffisamment compréhensible et enviable ne leur était proposé ,peut être les deux , ce qui pouvait leur être suffisamment humain et crédible pour le partager en masse .

        C’est cet accouchement qui reste à faire .

        Sans anesthésie .

        Et pas seulement en France .

      2. Macron n’est donc pas fondé en réalité , à utiliser son très bon score de deuxième tour pour prétendre , issu de motivations variables voire opposées , que son projet est celui des français qui l’auraient élu « pour ça » .

        Je crois que , même s’il joue au petit jeu de l’onction donnée par les législatives pour prétendre le contraire , il le sait bien , mais qu’en bon stratège il feint de le croire et affirmer , car il a bien compris que les français étaient paumés , et que faute d’opposition audible et claire capable de convaincre lesdits français , il avait la voie libre pour régler au pas de charge ce qui est dans les cartons depuis des décennies . A sa manière et celle des traditions capitalo-libérales vaguement teintées d’humanisme bourgeois qui fait l’aumone à la sorie de la messe .

        Le caractère très relatif de la « marée » récente ou à venir , confirme selon moi , que les français n’y voient pas encore clair , et n’ont pas encore sur le marché des projets citoyens de quoi les rassembler , et qu’ils « laissent faire » pour gérer les affaires courantes .

        Ce qui ne veut pas dire qu’ils s’en foutent , et qu’ils n’observent pas le monde dont il faudrait peut être mieux leur dire comment la France et l’Europe ( ou ceux qui veulent ) peuvent y assurer un destin qui dirait :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

      3. @DUP :

        J’en infère que vous classer ce qui reste du PS à gauche , et qu’il vous reste peu d’espoir de voir la gauche au pouvoir si vous la réduisez à moins de 20 % des inscrits ….

        C’est chiant ces citoyens qui ne veulent pas être comme on leur « demande » d’être , surtout quand on est sur d’être la seule vérité vraie et le seul bon oracle et prophète .

      4. Pas sur d’avoir tout compris à votre histoire de classement, ce que je sais c’est qu’aucune politique de gauche ni même écologiquement ambitieuse n’est possible dans le cadre des traités. A partir de la que la gauche représente 20 ou 80% peu importe. A partir du moment ou l’on remet en question les traités le système usera de toutes les ficelles même si elles ne sont pas démocratiques, on en a ici l’exemple. Ce faisant ils conduiront les peuples a toujours plus de rancoeur accumulée et à envisager chaque jour un peu plus des solutions non-démocratiques et violentes face à ce qu’ils considèreront comme une oppression. Ceux qui se présentent aujourd’hui en grand défenseur de l’Europe sont en train d’en détruire jusqu’à l’idée. A la sortie, non seulement on restera sans Europe mais il ne sera pas question de retenter l’expérience pour plusieurs générations. Si l’Europe venait à imploser sous l’action de partis eurosceptiques qui accèdent au pouvoir démocratiquement elle pourrait avoir une chance de se refonder car les eurosceptiques porteraient la responsabilité du chaos. Si elle implose suite à un déni systématique de démocratie et une crise financière (ce qui nous pend au nez) c’est l’Europe même qui portera la responsabilité du chaos qui s’ensuivra… et le fait est que les plus xénophobes des eurosceptiques sont ceux qui en sortiront le plus renforcés et cela nous ramènera direct à la situation de 1930…

      5. L’Europe n’est pas une fin , c’est un formidable moyen pourvu que suffisamment de monde partage les mêmes fins, qu’elle permet structurellement d’atteindre dans un monde qui part dans tous les sens .

        On ne fait pas un monde meilleur avec de la rancœur , mais uniquement avec du savoir , du plaisir , de l’invention , une balance juste ( et une « devise – étoile  » que je ne redirai pas ).

        Par le …. « consentement » , élaboré et traduit par la démocratie .

        Et dans le consentement , ce qui compte le plus ce n’est pas la trace du « contrat » , que ce soit via une appli ou un vote , c’est la richesse , la clarté signifiante et la pertinence de l’échange qui permet d’y aboutir pour en faire un moment de joie sincère …par la suite .

        Mais , en matière électorale , le consentement n’a de poids et réalité que si , à défaut d’être le consensus , il est suffisamment puissant dès le « premier abord » , et pour le coup , quand les abstentionnistes sont trop nombreux , on ne devrait plus pouvoir dire que  » qui ne dit mot consent » .

        Le vrai drame n’est pas tant dans la faiblesse sans doute provisoire de  » la gauche » , que dans le poids de l’abstention dans les sélections  » courantes » .

      6. Dup
        Moi c’est l’inverse, je regrette amèrement de n’avoir pas voté Hamon, surtout quand j’observe de degré actuel d’ouverture du parti mélenchonesque, si je mets à part les tentatives de Ruffin.

        Un argument qui revenait ici même sans cesse dans les bouche des mélenchonistes pendant la campagne était de dire : « Hamon, ralliez-vous sans conditions aux Insoumis, ensuite vous pourrez peser d’autant plus sur la ligne de ce parti. » On a vu le résultat, aucune ouverture, il va sans dire si Mélenchon avait été élu, la dite ouverture n’aurait guère était plus grande. Quand un boulevard s’ouvre devant soi, le penchant naturel est de raffler toute la mise.

        La preuve a été faite que pour peser sur les Insoumis il fallait voter Hamon. Je fais le pari qu’une partie des électeurs de Hamon qui s’étaient détournés de lui pour des raisons tactiques, échaudés par le mélenchonisme, vont revenir dans son giron, le rééquilibrage va donc se faire, Juannessy a raison.

        Sauf si les Insoumis se décident enfin à tout faire pour créer les conditions d’un grand rassemblement de la gauche…

      7. PYD
        Vous m’avez fait rire c’est déjà ça 🙂
        Hamon ? c’est qui ça? ah oui le type qui propose monts et merveilles tout en restant dans les clous des 3%
        Ceci dit les Français sont capables de tout, même de se refaire 5 ans de Hollande, mais se sera sans moi 🙂

      8. PS : un grand rassemblement de la gauche restera minoritaire et n’arrivera pas au pouvoir. L’idée même de gauche à disparu avec Macron. Il ne reste plus que de droite avec l’UE ou autre chose sans, forcément qualifié de populiste et de tous les maux peu importe que se soit à tort ou a raison. Regardez l’Italie : du n’importe quoi tant que vous voulez pourvu que les cordons de la bourse restent bien a droite et pro UE. La seule réforme de gauche que les gouvernement européens ont le réel pouvoir de mettre en place concerne le coté de circulation sur la route.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.