PAUL JORION PENSE TOUT HAUT L’EUROPE LE 30 OCTOBRE 2016 – Retranscription

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut l’Europe le 30 octobre 2016. Merci à Cyril Touboulic ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 30 octobre 2016, et je vais vous parler de l’Europe. C’est dans la série « Paul Jorion pense tout haut » : pense tout haut à partir de l’Europe.

Et je vais commencer par une pensée du grand stratège Sun Tzu, qui – c’était quoi, c’était au IIIe siècle, IVe siècle av. J.-C. ? [VIe siècle av. J.-C. (544-496 av. J.-C.)] – a écrit son Art de la guerre et cet Art de la guerre commence par la phrase suivante : « La plus grande qualité que doit présenter un général, c’est de savoir distinguer une victoire d’une défaite ».

Bon, je ne sais pas du tout si ça se trouve vraiment chez Sun Tzu mais ça devrait s’y trouver si ça ne s’y trouve pas !

Et ce qui m’y a fait penser, ce sont les discussions que je vois en ce moment de savoir si la Wallonie a gagné ou si la Wallonie a perdu dans son bras de fer avec le reste de l’Union européenne sur la question du CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), du traité commercial avec le Canada. C’est une victoire ! C’est une victoire importante et il est, comme je l’ai dit – même si Sun Tzu n’y a pas pensé – important de savoir que c’est une victoire parce que si on ne sait pas que c’est une victoire : si on croit que c’est une défaite, eh bien, on ne pourra pas en tirer la moindre conclusion, la moindre conséquence et avancer davantage.

Alors, c’est une première bataille gagnée, je vais vous dire pourquoi, et il faut continuer dans ce sens-là. C’est une victoire gagnée parce que le principe des tribunaux arbitraux, qui permettent éventuellement à une transnationale de mettre en accusation un État et de gagner devant ce tribunal arbitral où seraient nommés des gens favorables au milieu des affaires, eh bien, cette chose semble éliminée une fois pour toutes. Pourquoi une fois pour toutes ? Parce que si cette victoire a pu être obtenue dans ce CETA, on ne voit pas comment la Wallonie en particulier mais d’autres accepteraient qu’un principe de ce type-là se retrouve finalement dans les traités de type TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), traités transatlantiques, etc. C’est un précédent essentiel ! Absolument essentiel.

Il y a d’autres choses qui ont été inscrites dans ces… – c’est quoi, une note délibérative ? Je ne sais plus comment ça s’appelle, bon [« note interprétative »] – ce petit texte qui précise le sens à donner à certaines des clauses qui se trouvent dans ces traités. Un autre principe, c’est quant au caractère prévalant du commercial sur le… du privé sur le public : la possibilité de remettre en question des accords de type agricole s’ils sont trop défavorables, etc. Donc, c’est une victoire !

Est-ce qu’il y aura encore d’autres choses à modifier ? Oui, c’est possible. C’est possible, mais ce n’est pas une raison pour mettre entre parenthèses le fait que ce soit une victoire (et une victoire cinglante) faisant précédent pour des choses qui pourraient être décidées par la suite.

Alors, y compris le premier ministre belge a dit qu’on n’a pas changé une virgule, oui, mais enfin bon, c’est parce que ces gens n’aiment pas… eh bien, finalement, personne n’aime perdre la face, hein, finalement ? Alors on dit : « Bah, finalement, il s’est pas passé grand chose, c’est pas très grave », et je regrette qu’en Belgique, les écologistes n’aient pas vu, n’aient pas saisi qu’il s’était passé quelque chose de très important, qu’ils avaient laissé au parti socialiste et au CdH (centre démocrate Humaniste), les anciens socio-démocrates chrétiens (Parti Social Chrétien), le mérite d’avoir obtenu ça et de faire avancer les choses. Je crois que le PTB (Parti du Travail de Belgique) s’est aussi opposé à ce que la Wallonie vote le CETA.

Il y a encore, oui, comme je dis, il y a encore des choses à modifier, mais, voilà, avec mon pseudo principe de Sun Tzu, il faut savoir distinguer une victoire d’une défaite, c’est essentiel. C’est essentiel parce que sur une victoire, on peut rebondir. Voilà ! Tous les grands généraux ont lu L’Art de la guerre de Sun Tzu et ont essayé d’avancer à partir de là.

Si on fait une campagne, et nous faisons, NOUS (vous qui me regardez et moi ici, et puis les gens qui écrivent des papiers pour le blog de Paul Jorion), nous sommes en campagne sur cette question de l’Europe.

Alors, vous le savez, je suis intervenu à 15 jours d’intervalle très récemment : le plus récemment, c’était quoi ? c’était avant-hier, au groupe Spinelli à Bruxelles, 15 jours avant (ou 14 jours avant), je suis intervenu à Transform.

Alors, je dis un petit peu ce que sont ces deux choses-là : Transform, c’est une association qui regroupe les représentants de la gauche radicale au Parlement européen et le groupe Spinelli, c’est un groupe qui rassemble les fédéralistes, je dirais, purs et durs (on trouve des noms dans les fondateurs de ce groupe, des gens comme M. Jacques Delors, des gens de cet ordre-là) : M. Guy Verhofstadt, qui aurait dû venir, M. Paul Magnette, qu’il ne faut plus présenter mais qui aurait dû venir aussi, mais tout le monde a compris qu’il était occupé à des choses peut-être très importante par ailleurs, il y a avait M. Cohn-Bendit, il y a avait Mme Ulrike Guérot, qui a fait une très, très belle intervention, il y avait Mme Isabelle Durant, voilà.

Je suis intervenu, on a eu l’amabilité de me demander dans ces deux groupes, qui sont vraiment très distincts mais qui représentent des membres – des députés européens – des membres du Parlement européen, d’apporter ma contribution, et moi je ne suis pas contre quand on me demande de donner mon avis, de donner des conseils, je suis toujours… je considère que les gens qui me demandent conseil, ce sont des gens qui, voilà, qui méritent de les recevoir, sauf dans un cas où je mets des conditions : ça a été le cas quand le Front National, en France, m’a fait une ouverture et que j’ai dit que j’étais tout à fait d’accord à une seule petite condition : qu’on mette le principe de fraternité en avant et pas à l’arrière, et quand on m’a dit : « Pas tout de suite, mais pour plus tard », à ce moment-là, j’ai refusé ma collaboration, mais sinon, voilà, je suis d’accord de collaborer à des choses où on me demande de collaborer. Si on attache une importance à ce que je peux dire sur l’avenir de l’Europe, eh bien, tant mieux, voilà.

Qu’est-ce que je peux dire ? Passons, voilà, passons à la substance, passons aux choses sérieuses. Qu’est-ce que je peux dire ? Moi, je peux dire la chose suivante : pour avoir travaillé dans la finance, je sais qu’un retour en arrière par rapport à une structure comme l’Union européenne ou une structure comme l’euro, ça coûte trop cher. Ça coûte trop cher ! On n’est plus assez riche pour faire des choses comme ça. L’Angleterre est en train de le vivre en ce moment, d’essayer de faire machine arrière… leur paradoxe, évidemment, c’est qu’ils ont maintenant des politiciens, des politiques qui sont là et qui vont dire : « Oui, eh bien, on va le faire ! », et qui sont dans la situation qu’on connaît à la sortie des bars : « Retenez-moi ! Retenez-moi ! », voilà, ils ne peuvent pas le faire, ça coûte trop cher le Brexit. Même chose pour sortir de l’euro : l’euro n’a pas que des qualités, je vais y revenir, il a essentiellement des défauts, mais il a des qualités suffisantes pour empêcher que ce soit la guerre permanente entre les devises qui constituaient la zone euro auparavant. Moi, j’ai travaillé dans la banque à l’époque où une grande activité des gens à côté de moi à des desks, à des comptoirs, ce que l’on appelle les cambistes, c’était de jouer une monnaie contre une autre, ça coûtait une fortune à chacun des pays : de jouer le franc français contre le deutschemark, le deutschemark contre le franc belge, et ainsi de suite, on ne peut plus de se permettre de faire ça. Tout ce qui est « aller de l’avant », on ne peut pas le détricoter : ça coûte trop cher.

Donc, il faut aller de l’avant mais il faut, en particulier, pour l’euro… qu’est-ce qu’il faut faire pour l’euro ? Il faut faire de l’euro l’embryon d’un système monétaire international comme il en existait un de 1944 (accords de Bretton Woods) jusqu’en 1971, ça existait, ce n’était pas parfait mais c’était mieux que rien du tout. Quand il n’y a plus eu de système monétaire international, vous savez ce qu’on a fait ? On a inventé les produits dérivés. Pourquoi ? Pour essayer de remettre un peu d’ordre là-dedans. Des produits financiers dérivés que M. Warren Buffett, à très juste titre, appelle des « armes de destruction massive ». J’ai fait un papier, c’était quoi, il y a quelques jours, ça a paru dans la revue Trends-Tendances, en Belgique, en particulier sur le Credit-default Swap [Le coupable ignoré : le Credit-default Swap] : une grande partie de la crise de 2008 est due non pas aux… évidemment, il y a des êtres humains derrière ça, mais a été favorisée, a été aggravée par l’existence de cet instrument dérivé financier qui, en partie, avait été créé parce qu’il n’y a plus d’ordre monétaire international. Il faut refaire un ordre monétaire international, l’euro peut en constituer l’embryon et à partir de là, on pourrait l’étendre encore.

Qu’est-ce qu’on peut faire avec un euro qui serait boosté, qui serait reconfiguré à la manière que proposait Keynes en 1944 ? Ça pourrait créer d’abord une zone de paix à l’intérieur de l’euro, parce que ce n’est pas le cas. Tant que les Allemands et les Grecs auront des querelles de chiffonniers, s’insultent, etc., parce qu’un pays qui est exportateur net se sent en position, en rapport de force favorable pour engueuler ceux qui sont des importateurs nets, ce qui n’a peut-être rien à voir avec une détermination ou non, avec le caractère, la force de caractère des populations, mais simplement avec un donné. Il faut créer une zone où les exportateurs nets aussi bien que les importateurs nets soient encouragés à revenir vers un équilibre. Bon, ça fait partie du système du bancor qu’avait proposé Keynes.

On ne peut pas continuer à ce que les vainqueurs disent : « Malheur aux vaincus ! », et qu’on constitue un système à partir de là. Il faut compléter le système européen. Ce système a été copié sur le dollar – il ne faut pas le copier entièrement sur le dollar, ça ne sert à rien – mais au moins, on peut quand même dire une chose : le dollar, ça marche quand même. Bon, on en a fait une devise de référence et il y a des difficultés qui sont liées à ça, mais derrière le dollar, il y a un mécanisme de compensation, de recréation annuelle d’un équilibre à l’intérieur des 17 districts qui composent la zone du dollar : il y a un système inter-districts qui permet de rétablir un équilibre.

On a créé au niveau de l’Europe, un ersatz de ça, qu’on a appelé « Target 2 », c’est-à-dire que la structure est là, simplement on ne rétablit pas l’équilibre une fois de temps en temps. Pourquoi ? Eh bien, parce que ce n’est pas véritablement un système fédéral. Il faut en faire un système véritablement fédéral, on n’a pas le choix comme je le dis : ce n’est pas que c’est génial mais un retour en arrière est impossible, ça coûte beaucoup trop cher. Regardez quand on a parlé d’un retour simplement de la Grèce – pourquoi je dis « simplement » ? Parce qu’elle représente 2 % de la richesse de la zone euro (2,5 %, quelque chose de cet ordre-là [2,4% en 2016]) – rien que ça, ça aurait pu détruire entièrement le système : le retour à la drachme de la Grèce. Maintenant, c’est trop tard. On est dans la grande profondeur, on ne peut pas tout à coup dire : « On aurait mieux fait de ne pas la quitter et de rester à la petite profondeur », c’est trop tard ! Maintenant, il faut continuer d’avancer.

La difficulté de l’Europe, elle n’est pas liée essentiellement aux structures qui ont été mises en place. Elle est liée au fait que c’est un truc qui est sous le joug d’une religion féroce, qui s’appelle l’ultralibéralisme. La première chose à faire, c’est de se débarrasser de ça. C’est ce système qui vous dit : « concurrence », « compétitivité », voilà, « compétition de tous avec tous contre les structures de solidarité, contre les structures d’entraide qu’on a mis en place, contre l’État-providence, etc. », c’est ce truc-là qui a échoué en 2008, c’est ce truc-là qui s’est absolument effondré mais il continue sur sa lancée parce que le rapport de force lui est favorable. C’est ça qui est en mis en question par la résistance de la Wallonie au CETA, c’est là-dessus qu’il faut continuer. Il faut jouer sur le fait que maintenant la zizanie existe au sommet de toutes ces institutions où l’ultralibéralisme règne en maître.

Quand le numéro 2 du Fonds monétaire international écrit un article disant : « Le problème, c’est peut-être l’ultralibéralisme », il faut absolument que nous soutenions ces gens-là, leur dire : « Oui, c’est ça le problème ! » Le problème, ce n’est pas l’Europe, le problème c’est l’ultralibéralisme qui a kidnappé le système et qui essaye encore de le faire avancer.

On parle, en ce moment même, de l’attitude tout à fait intolérable d’un commissaire européen qui s’appelle M. Günther Oettinger, qui est commissaire européen et qui a tenu il y a quelques jours des propos contre la Wallonie en disant que c’était un truc qui était racketté par des « communistes ». Il faut que ces gens-là disparaissent, il faut qu’on mette à la place des gens qui sont dignes des postes qu’ils occupent. Je pourrais faire une liste absolument interminable de gens qu’on a mis à la tête de l’Europe, qui sont des gens absolument indignes : M. Barroso sait que je parle de lui en ce moment, mais il n’est pas le seul, Mme Neelie Kroes, et ainsi de suite, qui derrière ses rodomontades était en train d’agir par des trusts dans des paradis fiscaux. Ce sont ces gens-là qu’on a toléré là, ils n’ont absolument pas leur place.

Quand je suis invité par Transform, par la gauche radicale, quand je suis invité par les fédéralistes au Parlement européen, c’est parce que je dis des choses comme ceci, c’est parce que le moment est venu qu’on en parle et on m’écoute ! Vous savez, voilà – vous n’étiez pas là – on m’écoute avec attention. À Transform, j’étais la première personne qu’on a applaudi après son intervention. Les applaudissements que j’ai reçus au groupe Spinelli, de ces gens de bonne foi qui sont là pour essayer de faire quelque chose de l’Europe, ça fait plaisir, mais je suis encouragé à continuer dans cette voie-là parce qu’on m’écoute, parce que ce que je vous dis là, en ce moment, et qui est en réalité ce que vous pensez, eh bien, les gens veulent l’entendre, et non seulement l’entendre mais ils veulent qu’on mette en application ce genre de choses que je propose.

Alors voilà ! Je voulais, je vous l’avais dit, je voulais faire un petit point sur mes interventions parmi les parlementaires européens, de deux bords bien différents : il y a des gens de gauche et de droite au comité Spinelli, ceux qui sont partisans d’une Europe véritablement fédérale, parmi les gens du groupe Transform, de la gauche radicale, il y a des gens qui sont pour la poursuite du projet européen et il y en a qui sont contre. Dans les deux cas, on a affaire à des gens ayant des opinions extrêmement différentes. Il faut quelque chose qui puisse unifier, et une fois qu’on aura quelque chose qui puisse unifier, à ce moment-là, les gens se rallieront et on pourra faire quelque chose. Quand on regarde les sondages d’opinion qui sortent en ce moment, justement sur l’Europe, sur les grandes questions de société, une fois de plus – j’avais attiré l’attention déjà là-dessus il y a quelques années –, on voit des majorités de l’ordre de 80-90 % de gens qui sont en faveur d’un changement des institutions de ce type-là.

On peut dire : « La Wallonie bloque des processus, etc., c’est indigne », mais ce n’est plus qu’une toute petite minorité de personnes qui tiennent ce discours et puis qui imaginent qu’on les suit. Non, dans l’ensemble des populations européennes on comprend ce qui s’est passé en Wallonie. C’est tout à l’honneur de ce petit pays – mon père était Wallon, voilà [rire] il y a des Jorion qui étaient Wallons ! Mais ce n’est pas ça qui est important, c’est le fait qu’on ait remis quelque chose en question, comme Syriza avait essayé en Grèce, malheureusement, ça a été un échec : ils ont été finalement écrasés par cette Troïka. Les choses ne seraient peut-être plus les mêmes maintenant si la situation se reposait de la même manière. Bon, les Grecs ont perdu, les Wallons ont une grande victoire. C’est une grande victoire ! C’est une grande victoire qui a été faite et il faut absolument le savoir, mais il faut continuer dans cette voie-là. Mais il ne faut pas imaginer que c’est une défaite (surtout pas) et c’est pour ça que je n’ai pas hésité à inventer une petite citation de Sun Tzu [rire] pour essayer de souligner mes propos. C’est une victoire, il faut essayer de comprendre ce qu’est cette victoire et puis il faut continuer dans cette direction. C’est une véritable campagne que nous menons, il faut absolument continuer. Il y a parmi les populations, il y a en ce moment le courant qui permet de l’emporter, voilà.

Eh bien, à bientôt, j’avais promis un petit point sur mon expérience de parler dans le cadre de deux groupes de représentants du Parlement européen, de députés européens. Voilà, j’espère qu’on va pouvoir avoir une discussion à ce sujet-là.

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63 réflexions sur « PAUL JORION PENSE TOUT HAUT L’EUROPE LE 30 OCTOBRE 2016 – Retranscription »

  1. Revenir en arrière coûterait trop cher?
    On ne pourrait plus penser autre chose qu’une construction européenne dotée d’un euro fonctionnant sur le modèle du dollar aux États Unis, qui sont depuis la guerre de sécession une fédération? Et bien, on peut parfaitement penser le contraire, à savoir que l’idée fédérale en Europe, constituée de vieux pays aux histoires puissantes est elle-même une folie. Envisager une confédération européenne, dotée d’une monnaie commune, pourquoi pas, mais l’Allemagne ne voudra jamais renoncer à ses atout et à son hégémonie. L’Euro doit beaucoup à la France, qui, dit-on, espérait de la sorte museler le grand voisin en voie de réunification. Stratégie du faible, qui ne songe pas à s’imposer, mais à se protéger, et qui s’est retournée contre la France, et in fine contre l’UE. Comment songer à réformer un système qui a été conçu pour n’être pas modifié? L’Europe a sans doute vocation a construire un ensemble plus ou moins cohérent, mais pensé par des européens pour les européens, et pas par les États Unis. La folie serait aujourd’hui de continuer sur notre lancée, en termes économique, social, sociétal, militaire, et de croire nos européistes type Cohn Bendit sincères quand ils veulent simplement sauver leur jouet et les intérêts qui le sous-tendent. On ne pourra pas nous refaire le lamento sur l’Europe unie et ses valeurs, avec hymne à la joie en musique d’ambiance. Cette UE est devenue un caprice occidental trop coûteux en terme d’avenir et de développement, et si vous pensez que les membres du groupe Spinelli, qui représentent des intérêts très puissants, seront prêts à se départir de leurs convictions pour favoriser un projet humaniste et généreux, peut-être risquez-vous d’être déçu. Quand en Europe et aux États Unis le fric mène la danse, seul sans doute le retour à la souveraineté des états européens peut permettre d’imposer à nouveau la volonté générale face aux appétits privés. On appelle cela la démocratie. La Wallonie a fait en tout cas du bon boulot. Cela, je vous l’accorde. Cordialement.

    1. Effectivement, un européiste « type Cohn Bendit » ne pouvant par définition être considéré comme sincère, alors un souverainiste « type pucciarelli ou Farage » peut inversement être considéré comme sincère par définition.

    2. @pucciarelli

      « Envisager une confédération européenne »

      Une confédération en effet est un ensemble d’Etats qui conservent leur nature et leur souveraineté, les relations étant exclusivement d’ordre international.

      Or, les US, en 1778, ont opté pour ce type d’organisation quand les Etats qui la composaient souhaitaient garder leur souveraineté fraîchement acquise. Mais elle s’avérait rapidement inefficace et insuffisante. Aussi les US adoptaient l’organisation fédérale en 1787. Précédemment, même évolution pour la « confédération » suisse et ses cantons lorsqu’en 1848, ils adoptaient finalement le système fédéral.

      Pour conserver l’entière souveraineté de chaque membre, une confédération, en principe, ne peut décider qu’à l’unanimité. Chacun a donc un droit de veto et peut sortir de la confédération ce qui la rend fragile et alourdit l’exercice du pouvoir.

      Une confédération est souvent comprise comme une structure de transition, soit vers l’indépendance, soit vers le fédéralisme. L’Europe est peu ou prou une organisation plus proche d’une confédération avec les inconvénients qui s’y rapportent. On sent bien aujourd’hui la nécessité de faire évoluer l’Europe, tout le monde en convient je crois. Et nous observons aussi les deux directions possibles dans l’opinion publique : « L’indépendance » en retrouvant un Etat unitaire classique, et, l’orientation fédérale. Au stade de nos expérimentations et connaissances actuelles, nous n’avons que ces deux options.
      Il est vrai qu’une fédération est plus souple et évolutive mais aussi plus complexe. Concernant cette option, la question est de définir le partage des compétences entre les différents niveaux de pouvoir, sans oublier qu’ils marchent (en principe) sur le mode de la coopération. Ce qui est crucial est la nature des rapports entre les différents niveaux, et qui, à mon sens, devrait être réfléchi très sérieusement, avant de rejeter cette option. Etant entendu que les Etats fédérés doivent absolument avoir la garantie de participer à l’exercice du pouvoir fédéral.
      Il est vrai que l’évolution vers une fédération me paraît être souhaitable plutôt qu’un retour à un Etat unitaire, avec tous ces inconvénients dans un contexte de mondialisation renforcée et diversifiée, et que l’on ne peut pas rétro-pédaler.

      Ou alors, expliquez-moi comment ….

      Or, l’unité d’une nation est consensuelle sur de multiple points. On voit aujourd’hui à quel point cette unité est rediscutée parce que mise à mal. Ne serait-ce pas parce que cette unité nationale a bougé depuis l’accentuation de la mondialisation ? Est-elle encore pertinente ? Et si l’on voit autant de mordant à défendre, pour certains, « l’identité nationale », n’est-ce pas parce qu’ils constatent qu’elle est irrémédiablement derrière nous, dans le sens où nous l’entendions jusqu’à présent ?

      1. @Armelle :

        Ce recadrage historique clarifie ce qui est en jeu quand on parle d’état -nation, de Fédération et de Confédération, même si le terme Union vient parfois jeter la confusion ( et trahir dans le même temps qu’il est trop ou pas assez ).

        Au delà du  » ça coûterait trop cher » ( et si encore ça ne coûtait que de l’argent !) , je me suis déjà exprimé sur la survenue de l’inadéquation grandissante de la structure Etat-nation avec les grands enjeux du siècle actuels et à venir qui , selon moi , ne peuvent trouver solution que par une évolution via des entités de type fédéral ( encore faut il se donner la peine de réviser ce que fédéralisme veut dire).En France , République une et indivisible , cette évolution interne ou externe passe d’ailleurs par rien moins qu’une révision de la Constitution .

        Je vois , en fait ,ces fédéralisations mondiales comme la transition mécanique nécessaire pour la paix, entre les états nations et la « Société-monde ». Montesquieu ,Kant et Proudhon( et les girondins !) , pour ne citer que des européens , n’écrivaient d’ailleurs pas autre chose.

        Ceci étant , Etat nation , Fédération, ou Société Monde, on ne fait pas de bonnes soupe forcément avec les vieux ou nouveaux pots .Ce qui compte d’abord , ce sont les ingrédients et l’art de les accommoder . En l’occurrence , on n’a rien avancer tant qu’on ne tombe pas d’accord sur la répartition des pouvoirs et des compétences ,car c’est là que se trouve les clés de l’efficience et de la réussite pour venir à bout des enjeux du siècle .

        Je note , dans tous les cas que , ceux que l’on entend aujourd’hui ( USA , Canada , Russie , Chine …),ont un territoire vaste et sont des structures fédérales ( sauf la Chine qui en a été une, de communautés, et dont la rigidité d’Etat est et sera un tendon d’Achille) .

      2. Au niveau des enjeux du siècle , je mets bien sur ,en bon rang , le bras à tordre du libéralisme , ce qui impose une forme à venir de fédéralisme qui ne soit pas ce qu’Hayek en imaginait .

      3. Pour suivre maître Sun et Pierre-Yves Dambrine , « la Voie » serait la somme des enjeux de survie « hic et nunc ».

        Reste à tomber d’accord sur le bénéficiaire de cette survie .

      4. jducac
        Si je peux me permettre de remarquer qu’il est, comme l’affirme la grammaire, plus facile de trouver des antonymes aux adjectifs et aux adverbes qu’à des noms …. et d’autant plus à des noms qui représentent des concepts complexes. Car, il faudrait alors que chaque élément du concept soit antonymes entre eux.

      5. « En France , République une et indivisible , cette évolution interne ou externe passe d’ailleurs par rien moins qu’une révision de la Constitution . »

        A noter qu’un Etat unitaire décentralisé ou Etat régional a quelque chose du fédéralisme. Et si la France assumait vraiment sa décentralisation, (sans que l’Etat reprenne le pouvoir à chaque transfert de compétences aux régions), notre orientation fédérale serait plus marquée. Malgré tout, nous sommes dans un entre deux (tout comme l’Europe) assez inconfortable, fragile et non sans danger.

        Il est intéressant d’observer l’organisation interne des syndicats (surtout la CFDT) pour donner des pistes de réflexions concernant la répartition des pouvoirs et la participation aux décisions. Là on observe encore un entre deux, confédération/fédération, qui coûte assez cher à la CFDT en termes de syndicalisation et de confiance.

        Ceci pour dire qu’en France, à petite échelle, nous avons des terrains à étudier pour évaluer les conditions nécessaires à une fédération adaptée aux enjeux actuels. Et si nous freinons sans cesse l’évolution fédérale en cours dans notre pays, via la décentralisation, nous ne sommes pas encore prêts d’accepter une telle organisation au niveau européen. Enfin, c’est mon avis, à moins que les chantiers se fassent en même temps, tout se fissurant simultanément tous azimuts. Ce qui est clair, c’est qu’une orientation fédéraliste se fait sentir dans de nombreuses nations européennes. Il vaut mieux y réfléchir maintenant, même si je comprends que PJ se situe ici sur un plan stratégique pour évincer l’ultra-libéralisme. Car si ce dernier a pu s’installer aussi facilement au sein même du fonctionnement institutionnel, c’est grâce a une organisation bancale. De même, si les wallons ont pu agir concrètement, c’est bien grâce à une « faille fédéraliste » 🙂

        Par ailleurs, l’évocation de l’écrit de Maître Sun Tzu m’amuse assez, notamment parce que j’y trouve une pertinence, en effet.

  2. Victoire pour tout le monde alors, et on continue d’avancer:
    https://www.euractiv.fr/section/innovation-entreprises/news/schulz-makes-a-plea-to-back-eu-canada-trade-deal/
    « Martin Schulz souligne pourtant qu’un accord similaire est en cours de négociation avec le Viêtnam, et n’a entrainé aucune protestation particulière. » Est-ce que M. Schulz est à la bonne place pour refonder l’Europe, quel soutien lui apportez-vous?
    L’euro est le meilleur argument pour dissuader les pays émergents d’une union monétaire plus vaste, c’est l’exemple de ce qui ne peut pas marcher, et dire qu’une fois engagé on ne retourne pas en arrière ne rassure pas davantage, ce n’est plus « entrée libre » mais « videz les poches ». En sortir coûte cher c’est un investissement, c’est maintenant qu’il faudrait reprendre de l’autonomie, puis le leadership d’une nouvelle alliance. L’optimisme d’un général ne permet pas de préserver ses troupes du feu ennemi, de la faim et de l’épuisement. Le Brexit est un signal clair, qui en dit plus long que toutes les déclarations du N°2 du FMI.

    1. Ach, si seulement Papa Schultz soutenait un accord de libre-échange avec le Vénez de Maduro ! Au moins aurait-il la bénédiction du PTB wallon…

      1. Comme dit Schuschltz, pensez-vous donc que les juges vietnamiens soient plus dignes de confiance que leurs homologues canadiens ? Et les vénézuéliens? Je ne PENSE pas.

      2. Contrairement à Lamy, je n’ai pas plus confiance en l’indépendance des juges français quand la raison d’État est de la partie qu’en celle des juges vietnamiens ou vénézuéliens.

    2. Qu’est-ce qu’ils foutent les branleurs putinophiles de chez Wikileaks ? On attend toujours de connaitre les conditions imposées par notre Carlos Ghosn national à la pauvre Miss May pour satisfaire les actionnaires néoimpérialistes de Renault-Nissan et ne pas voir disparaitre leur méga-usine du trou de Sunderland, Sunderland dont les citoyens éclairés ont réussi à voter à plus de 60% à la fois pour le Brexit (1) et (2) pour faire payer leur p’tit plaisir de rageux brexiteurs et leur job eurodépendant par le citoyen anglais, gallois, irlandais, écossais lambda.

      1. Rien, car produire chez les anglais, c’est payé pas cher les ouvriers anglais. Ce n’est que de la pub gratuite pour CG. Fo pa tombé dans le pano !

      2. T’as raison, May a dû lui promettre qu’il pourrait tailler encore plus dans les salaires des Nissan-brexitteurs de Sunderland…

  3. http://www.institutdelors.eu/media/discours-tps-louvainlaneuve-25.02.2010.pdf?pdf=ok

    […] L’ombre de Bancor.
    Assassiné il y a 67 ans à Bretton Woods (la forêt de Bretton), Bancor est de retour parmi nous pour réclamer ses droits. On lui avait présagé, à lui ainsi qu’à son ancêtre Banquo dans Macbeth, que sa descendance serait montée sur le trône, à défaut d’y accéder lui-même. Comme son ancêtre, il a ainsi succombé, victime de l’envie et de la crainte d’un autre aspirant à la couronne. Certains critiques de Shakespeare en arrivent à considérer que Banquo – dont la dynastie des Stuart, qui a régné par la suite sur les Iles britanniques, est en effet issue – était partisan d’une union fondée sur la justice et sur l’équilibre, ce que les économistes appellent aujourd’hui un système symétrique.

    Nous ne savons pas si ces analogies ont inspiré Keynes dans le choix du nom de l’embryon de monnaie mondiale qu’il a proposé à Bretton Woods. Un quart de siècle plus tard, au moment où le descendant de Bancor a été baptisé avec un aride acronyme (DSP), la poésie des noms avait désormais été, perdue et les fonctionnaires avaient repris le devant de la scène.

    Dans le contexte de l’époque, il aurait été relativement facile de contenter les aspirations de Bancor. Le système en construction, qui prévoyait des changes fixes et des capitaux immobiles, nécessitait uniquement un instrument qui donne vie à un mécanisme multilatéral d’échanges et de paiements, véritable objectif de la réforme des années 1940. Bancor, la monnaie mondiale dite artificielle parce que « conçue par l’homme », n’avait pas besoin de circuler, elle ne nécessitait pas un marché propre et elle n’était pas menacée par le marché. Elle se présentait dans la posture modeste de serviteur du véritable roi, l’or, qui demeurait l’élément central de l’ordre monétaire. Mais, il faut le dire, « serviteur », steward, est l’origine du nom Stuart. Et Keynes prévoyait l’accession au trône pour la descendance de Bancor, à l’instar des trois sorcières de Macbeth pour Banquo.

    Aujourd’hui, nous sommes déjà en présence d’un système multilatéral d’échanges et de paiements. Il ne s’agit pas de le reconstruire, mais de le défendre des menaces récurrentes et mortelles auxquelles l’expose un désordre monétaire insoutenable. Ce désordre est à l’origine de la crise et aucune réforme de la finance ne pourra donner de bases solides à la stabilité si elle omet d’y apporter remède. Ce qui contribue à la persistance du désordre, ce sont de solides intérêts économiques et politiques, mais aussi, et surtout, l’inertie des pratiques en vigueur et celle des esprits.
    Les réflexions de ce soir sont une invitation à vaincre cette inertie.

  4. Paul est dans l’allégorie.
    il ne faut pas lui en vouloir.
    Paul, pourquoi ne retounes-tu pas sur la côte, vers Houat pour comprendre que l’UE détruit tout ce qui n’est pas financièrable.
    Et tu dis que quoi? qu’on va réformer l’UE…………..

    1. « « Le CETA est le meilleur accord de libre-échange jamais négocié par la Commission européenne », s’est félicité Jean-Claude Juncker après la signature de l’accord le 30 octobre à Bruxelles.

      INCROYABLE MAIS VRAI, tout simplement, ils disent la même chose, facile de gagner avec les plus forts. Il faut être défaitiste pour en arriver à ce niveau d’optimisme.

  5. Concernant le CETA, je me pose une question, et ne suis sans doute pas le seul…Espérons qu’un juriste pourrait nous éclairer dans un commentaire.
    La désignation de tribunaux d’arbitrage, et notamment celui fonctionnant sous l’égide de la BM, n’a rien de nouveau. C’est au contraire une disposition de milliers de traités d’investissement bilatéraux.

    La Commission fera tout pour berner la souveraineté de la Belgique, comme elle a berné celles d’autres peuples avec le TCE. Mais admettons que la campagne anti CETA et TAFTA continue et que les tribunaux d’arbitrage soient enterrés, une majorité de députés dans quelques pays résistant aux charmes trébuchant du lobby patronal et de son exécutif la Commission. Les entreprises ne pourraient-elles invoquer ces traités d’investissement bilatéraux, avec le Canada et les Etats-Unis, pour imposer les dits tribunaux d’arbitrage ?

    Paul évoque un autre scandale: les propos du Commissaire européen Günther Oettinger sur la Wallonie. Mais ce Commissaire a fait pire, avec des propos racistes et homophobes lors d’un discours devant un parterre d’entrepreneurs. Pas de chance pour lui, la plupart riaient gras, comme de vrais beaufs, mais l’un d’eux, a eu un sursaut d’humanité et a pris son téléphone pour le piéger. Regardez et écoutez le Commissaire européen au Numérique, à la mesure de la racaille patronale qui nous gouverne: http://wp.me/p5oNrG-sWv

  6. Une évolution remarquable du journaliste Jean QUATREMER , compétent europhile assumé et trop souvent inconditionnel des résultats du fonctionnement de la machine européenne.
    Une série d’articles de première ligne et de qualité sur le CETA sans pitié pour le « système » qui pourtant le fait vivre.!
    Naïveté ? Idéalisme trompé dont il deviendrait conscient ? Ça vaut la peine de lire ( et on apprend beaucoup ) .
    Entre autres :
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2016/10/24/ceta-le-refus-wallon-nest-pas-la-catastrophe-annoncee/
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2016/10/26/ceta-lenjeu-cest-la-facon-dont-va-faconner-la-mondialisation-au-xxieme-siecle/
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2016/10/28/ceta-la-wallonie-donne-son-accord-sous-reserve/
    et enfin la charge anti-OETTINGER , mais pas que..!
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2016/10/31/oettinger-barroso-il-y-quelque-chose-de-pourri-au-royaume-de-la-commission-europeenne/
    A saluer.

    1. Faut vraiment, mais VRAIMENT n’avoir jamais lu Quatremer pour y voir une salve contre Barroso comme une « évolution remarquable ».

      Juste pour l’anecdote, au risque de faire tomber des montagnes de certitude acquises par une abstention consciencieuse de toute lecture, Quatremer a été boycotté par Barroso pendant la totalité du mandat de ce dernier à la tête de la Commission, à cause des papiers assassins que Quatremer signait à jet continu à son sujet…

      1. Julien Alexandre :.. »n’avoir jamais lu Quatremer pour y voir une salve contre Barroso comme une « évolution remarquable »
        Pardonnez-moi.. mais il n’est nullement question de Barroso(sauf une allusion dans le dernier lien) dans les liens proposés!
        Le fait que Quatremer prenne non seulement très très tôt position argumentaire globalement pro-wallonne dans l’affaire du CETA , mais aussi interviewe et décode clairement les différentes séquences , quand on regarde ce qui s’écrit dans le marécage médiatique francophone non belge..!.. est pour moi une agréable surprise , mais inattendue.
        D’où mon sentiment d' »évolution favorable »..que vous pouvez ne pas partager bien sûr. Aux lecteurs du blog de P.J. de se faire leur opinion.

  7. Revenons un instant à Sunzi, pas si inventé que ça du tout par Paul.

    Le Sunzi commence ainsi :

    « Maître Sun dit : La guerre est la grande affaire d’un pays, c’est le terrain où il en va de la vie et de la mort, le chemin qui mène à la survie ou à la disparition (d’un pays), on ne peut pas ne pas la considérer.
    Si l’on y met cinq choses, et qu’à cette aune on évalue les stratégies, on parvient à déterminer la situation. La première c’est la voie, la seconde ce sont les circonstances, la troisième c’est le terrain, la quatrième le commandement, et la cinquième l’organisation. » (traduction libre)

    NB. pour le commandement cela concerne les qualités du général

    孫子曰 :兵者,國之大事,死生之地,存亡之道,不可不察也。故經之以五事,校之以計,而索其情:一曰道,二曰天,三曰地,四曰將,五曰法

    Au niveau des instances dirigeantes de l’Union, la voie, ou le fil d’une histoire, a été perdu, au sens où il n’y a plus d’histoire, dans la trame des évènements européens, du monde ; ils ne sont plus capables de dégager une direction, un sens, crédible pour le plus grand nombre. Ils perdent donc l’assentiment des peuples. Qui plus est la tendance globale joue contre eux, car le système qu’il soutiennent à bouts de bras est à l’agonie. Bref, ils perdent de vue la première chose dont parle Sunzi, qui est pourtant la plus essentielle. Et ainsi ils en viennent à nommer compétitivité ce qui en réalité est la guerre.

    L’union n’est pas en cause. Une autre idéologie, ou plutôt une authentique philosophie, en ferait d’elle un formidable instrument de paix. Il faut donc d’abord s’employer à vaincre cette idéologie et ceux qui la portent pour créer les conditions d’une paix durable, dans l’Union, et au delà.
    Notons aussi que dans la liste des cinq choses de Sunzi qu’il faut prendre en considération dans l’art de la guerre, l’organisation vient en dernière position. L’institution européenne, son mode de fonctionnement, d’une certaine façon, c’est l’organisation. Elle a ses faiblesses, ses tares même, mais là n’est pas le point crucial pour oeuvrer à la transformation de notre monde.

    1. Et ainsi ils en viennent à nommer compétitivité ce qui en réalité est la guerre.

      Avec la différence pour l’UE que dans cette guerre intérieure les plus faibles reçoivent en subventions nettes des plus forts l’équivalent d’un gros à très gros budget militaire (par exemple plus de 5% du PIB pour la Hongrie et 3% pour la Grèce en 2014)…

      1. Le capitalisme a sorti des milliards de gens de la pauvreté et l’Europe a permis d’éviter la guerre sur notre vieux continent, cause à effet, le reste est littérature. Il faut donc de la croissance pour ne pas s’entretuer, sinon quoi, tout s’effondre?Poutine en sort gagnant??

      2. « Le capitalisme a sorti des milliards de gens de la pauvreté et l’Europe a permis d’éviter la guerre sur notre vieux continent, cause à effet, le reste est littérature. Il faut donc de la croissance pour ne pas s’entretuer, sinon quoi, tout s’effondre?Poutine en sort gagnant?? »

        Réponse à Rico :

        Ce n’est pas le capitalisme qui a permis à des gens de sortir pauvreté ou d’éviter des guerres (les guerres profitent à la logique capitaliste : des groupes comme Ford ou Loréal ont en fait leur beurre avec la seconde guerre mondiale). Un pays ou une civilisation « sort de la misère » lorsqu’elle coopère en exploitant les ressources naturelles, ce qui veut dire qu’il y a une organisation sociale derrière ça (et un imaginaire). Ce n’est pas le propre du capitalisme, voyons ! Les Mayas ou les Grecs faisaient ça bien avant ce système de capitalisme.

        Pour aller plus loin, le capitalisme favorise même les conflits armées, de mon point de vue. La concentration de la richesse amène des conflits sociaux, les conflits sociaux amènent du ressentiment, surtout lorsque le Politique se déconnecte des citoyens et que la corruption s’installe, enfin le ressentiment est une condition de la guerre.

        Ce sont des structures d’entraide, la coopération et la répartition des ressources qui assurent une stabilité psychologique des foules, si l’on peut parler ainsi, et économique. Ca n’a rien avoir avec le capitalisme qui concentre les richesses, ce qui veut dire qu’il est production d’inégalités… Votre raisonnement est trop réducteur.

      3. Cyril T.,

        C’est vrai cette corrélation « Union européenne-paix Capitalisme-paix et Poutine-guerre » est simpliste, souvent les mêmes qui en usent et abusent. Pourtant elle est en partie vraie car les faits ne le contredisent pas et aussi fausse car elle se veut Verité seule et implacable alors qu’on aurait pu éviter les guerres sans UE et ne pas nourrir de faim sans le capitalisme.
        Merci pour la retranscription et la justesse de votre raisonnement.

    2. L’organisation ne serait pas cruciale pour oeuvrer et transformer le monde?
      Le premier est la voie, quel accueil du socialisme en 3 axes de Paul Jorion auprès du groupe de gauche radicale et du forum Spinelli?

      1. Pour rentrer en Europe ça va, mais pour en sortir n’y comptez pas hahaha
        Et parlez tout bas si vous ne pouvez penser tout haut: Art de la paix, Maître généralissime Tchin Zen, dernier précepte écrit avant de disparaître il y a très très longtemps.

      2. rico
        Tous les facteurs sont importants, mais certains le sont plus que les autres.
        Il faut comprendre que suivant le mode d’expression des raisonnements des penseurs chinois, l’ordre dans lequel les facteurs sont énumérés est primordial. Si je prends par exemple les circonstances et le terrain, les circonstances comptent plus que le terrain. Le terrain ne change guère ou peu, tandis que les circonstances, par définition, changent et peuvent être imprévisibles, créer la surprise, ce qui dans un combat peut être décisif. L’organisation vient en dernier, car d’une certaine façon sa qualité plus ou moins bonne découle de la qualité des facteurs précédents. C’est la hiérarchie, la disposition des troupes, l’intendance etc.. On a beau avoir une organisation, si l’on n’a pas une perception, une intelligence des autres facteurs en amont, et surtout si certains des facteurs ne sont pas objectivement favorables dans le rapport de force dans une situation donnée, cela ne marche pas.

    3. @Juanessy
      « leur analyse du présent et du futur proche , et qu’ils suivront avec d’autant plus de courage et de créativité que le but de la bataille sera le leur , et qu’ils sont les seuls à pouvoir y apporter des forces . »

      Oui, par vos propos Juan, vous êtes , amha, totalement en accord avec l’esprit , autant que la lettre, d’inspiration taoïste, du traité de Sun-Tzu.

      L’art de la guerre ne permet pas de remporter les batailles

      « L’art de la guerre comme un système complet et indissociable dont la cohérence globale reposerait sur la mise en œuvre de la totalité des règles, excluant tout picorement de préceptes.
      En réalité, le débat ne se situe pas à ce niveau du pour ou contre l’indivisibilité du système. En effet, la pensée stratégique ne doit pas nécessairement produire des dogmes, ni rechercher des vérités immuables et transcendantes. Elle doit plutôt chercher à mettre l’esprit en mouvement. Les principes qu’elle dégage n’ont rien d’immuables. Pour éviter le piège de la confusion entre « principe » et « dogme », rappelons les propos du professeur et stratégiste Hervé Coutau-Bégarie : « En réalité, les principes à la guerre n’ont la valeur féconde d’un principe que pour ceux qui les ont dégagés, ou retrouvés eux-mêmes au cours de leur travail personnel. » Le stratégiste revient en effet à de très nombreuses reprises dans son Traité de stratégie sur les limites à fixer aux recettes fournies par tous les traités militaires. Dans son chapitre (de près de 100 pages) « La stratégie en tant que méthode », il indique que la notion de système complet, si elle peut effectivement avoir du sens, ne peut être réellement appliquée. Aucun stratège n’a en effet jamais strictement mis en œuvre un système qu’on lui aurait enseigné : il recrée toujours son propre système à partir de ses enseignements, ses lectures, ses expériences, son génie et de multiples autres facteurs sans rapport direct. En définitive l’essentiel n’est pas de trouver des principes mais bien de les chercher. Ainsi, nier la possibilité de disséquer Sun Tzu, c’est refuser aux générations actuelles et futures le droit de mettre l’esprit en mouvement afin justement de dégager de nouveaux principes ou d’en redécouvrir. Il n’est pas ici question de se soumettre à une école de pensée qui n’aurait pas de sens aujourd’hui car totalement anachronique, mais d’aller chercher chez Sun Tzu comme chez les autres matière à réflexion. »
      http://suntzufrance.fr/lart-de-la-guerre-ne-permet-pas-de-remporter-les-batailles/#more-3727

  8. Wah comment comment ? Faut faire Tao ?
    « Parce qu’une armée victorieuse remporte l’avantage, avant d’avoir cherché la bataille » ?
    On lâche les vannes M’sieur Jorion car l’eau est préférable à la pierre ?
    Un général, des soldats-paysans, des armes qui ne doivent pas avoir le temps de rouiller, ne pas endormir les troupes, etc.
    Bin dites donc mazette !

  9. P.J. » »Pourquoi ? Eh bien, parce que ce n’est pas véritablement un système fédéral. Il faut en faire un système véritablement fédéral, on n’a pas le choix comme je le dis : ce n’est pas que c’est génial mais un retour en arrière est impossible, ça coûte beaucoup trop cher. » »

    Halloween n’est pas terminé, c’est le retour du mort-vivant UE et TINA revit ! Il n’ y a pas d’alternative on vous dit, cela serait trop cher. Cette europe-là ne me convient pas, et je ne peux l’accepter telle qu’elle est. Lorsque j’étais jeune, il y avait un mouvement (Jeune Europe) qui proposait bien autre chose, et qui était social avant d’être commercial. Tout a été mis en oeuvre pour le couler parce qu’il dérangeait les gens en place. Je viens de voir le film de Ken Loach, et à la sortie, je suis encore plus en colère envers cette pseudo élite qui nous dirige, nous citoyens européens. Dans le journal d’aujourd’hui, notre adorable Mr. Juncker et sa commission exonèrent Barroso et Oettinger. TINA !

  10. @Jducac:
    Si vous êtes fédéraliste , j’en conclus que vous n’aimez le fédéralisme que s’il est  » libéral ».
    Mais vous avez raison ,il faut préciser de quel libéralisme on parle .Paul Jorion dit ultra-libéralisme pour celui que je vise plus clairement . Quand il dit libéralisme simple , il en donne la définition dans son billet capitalisme/économie de marché/ libéralisme . Le bras à tordre c’est celui de l’ultra , et de la part du libéralisme simple qui donne la « primauté » de l’individu sur l’organisation sociale collective .
    Pour moi , le libéralisme philosophique a beaucoup de vertus , mais une tare qui a le gros défaut d’être la seule clé de voûte de tout l’édifice , vertueux dans les principes et mortifère dans les pratiques : la propriété sacralisée et non véritablement définie , comme dans notre Constitution , et qui a perverti le libéralisme, comme elle a perverti la démocratie .

    Vive le libéralisme…sans la propriété sanctifiée.
    J’ai ainsi trouvé un antonyme à Jducac : Juannessy .

    @Armelle :
    Décentralisation ( et plus encore déconcentration) n’est pas vraiment fédération .Mais tous ces systèmes qui tentent d’articuler des niveaux de rang distinct sont intéressants à scruter . C’est pourquoi j’avais noté plus haut que l’on ne fait structures efficaces, hiérarchiquement articulées , que lorsqu’on part des problèmes à résoudre ( pourvu qu’on soit d’accord sur leur énoncé), que l’on fait le tour des moyens et process à mobiliser et de leur meilleure assise de mise en œuvre, de la façon de mesurer les impacts , de planifier les actions , de les contrôler , de les infléchir si nécessaire , d’en rendre compte .
    Mais , je ne suis ainsi pas loin d’être le disciple de maître Sun .

    1. @Juannessy dit : 4 novembre 2016 à 20 h 17 min

      « Vive le libéralisme…sans la propriété sanctifiée. »

      Une telle déclaration est une pure vue de l’esprit qui ne tient pas la route si l’on reste les pieds sur terre.

      Chacun de nous n’existe que parce qu’il « s’approprie » nécessairement des matières. Il en ingère certaines pour en extraire l’énergie nécessaire à l’entretien de sa vie et à la perpétuation de son espèce. Pour cela, il puise ces matières dans son environnement, très souvent de manière indirecte, en procédant à des échanges au sein de nos diverses communautés spécialisées.
      Les matières que l’être humain n’ingère pas il se les approprie pour suppléer à ce qui lui manque en tant qu’espèce défavorisée par rapport à certaines autres (vêtements, stockage d’énergie in vivo, moyens de déplacements lointains sur terre, sur mer, dans les airs etc…)
      Toutes ces matières ne sont pas totalement recyclables de sorte que la vie que l’on extrait d’elles, ne permettra plus un jour, la survie de la totalité des espèces et notamment de la nôtre.
      Elle s’éteindra alors progressivement (à moins de suicide collectif ou de cataclysme exterminateur généralisé).
      Notre terre s’use inexorablement et deviendra un jour stérile, sans aucune trace de vie vivante. La répartition de ces matières, même si elle était parfaitement égalitaire, ne peut empêcher leur destruction, du fait même de la vie.
      Au bout du bout, une pénurie adviendra et, à ce moment là, même si le dernier à survivre n’éteint pas la lumière, la vie humaine s’éteindra. A moins qu’afin de durer un peu plus, l’humanité réussisse à se miniaturiser tout en restant consciente d’être encore une ou des collections d’êtres humains.

      http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/machines_et_moteurs_moleculaires_de_la_biologie_au_molecules_de_synthese.1474

      Je vous souhaite un excellent week-end

      1. Pour le fun :

        Si on n’a pas les pieds sur terre , on ne tient pas la route non plus .

        Moralité :

        Soit il est impossible de tenir la route ,

        soit il ne faut pas se soucier de ses pieds .

  11. @Juannessy
    Non la déconcentration, bien sûr, non.
    Frédéric Rouvillois pose la question suivante (cf. droit constitutionnel : fondements et pratiques) :
    « Ce qu’on appelle désormais communément l' »Etat régional » manifeste en effet une décentralisation poussée à son paroxysme, et suscite une certaine perplexité : s’agit-il d’un Etat unitaire, ou d’une forme nouvelle d’Etat, d’une forme transitoire, assimilable à une quasi-fédération ? »

    D’autres auteurs pensent que l’Etat unitaire est appelé à disparaître. Evidemment, les questions sont nombreuses… mais on sent que ça tremble dans les fondements.

    D’accord sur votre « méthode projet ». Il me semble que pour entraver l’ingérence des lobbys par exemple et les acteurs désignés passant entre les mailles du filet démocratique, un changement institutionnel serait un bon moyen. C’est ainsi qu’avec tout le respect que je porte à Maître Sun, néanmoins, je ne placerais pas l’organisation en dernier.

    Sans aucun doute ne suis-je pas au clair avec « la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la discipline » à propos desquels sun affirme : « Ces mêmes connaissances vous feront prévoir les moments les plus favorables, le temps et l’espace étant conjugués, pour ordonner le mouvement des troupes et les itinéraires qu’elles devront suivre, et dont vous réglerez à propos toutes les marches. »

    1. Le changement institutionnel est certainement une bataille en soi, mais si on ne sait pas pourquoi on la livre , la perdre est pire que tout , et la gagner n’a pas d’objet ou laisse place à l’aventure.

      A tout relire , je m’aperçois que maître Sun et Tolstoï auraient pu prendre le thé ensemble .Mais l’un et l’autre nous diraient sans doute qu’il n’y a de bon généraux que poussés par les faits et la tragédie du réel ,enfin perçus et préparés en riposte par la grande masse .

  12. Dans son mode d’emploi européen , le principe de subsidiarité , sympathique dans son énoncé, ambigu et biaisé dans son application , n’est il pas la trace de cette absence d’analyse commune des enjeux du monde ( débat à porter lors des élections européennes et pouvoirs renforcés du parlement européen) et d’une répartition claire des responsabilités entre « Europe » et états membres ? La délégation à la carte , qui se veut souplesse gage d’efficacité , est en fait un aveu de désunion avant même la bataille . A l’emploi , on y trouve actuellement aussi la traduction d’une Europe réduite aux marchands .

    Le mécano institutionnel européen est un camouflage du même ordre ; il « organise » l’irresponsabilité dans l’analyse des problèmes et dans la charge d’y faire face .

    1. Est ce que le nouveau bicamérisme à l’européenne , mis en avant par Thomas Piketty pour sortir du mécano actuel , est une réponse suffisante à cette nécessaire transformation du cadre , en vue surtout de traiter vraiment les enjeux que j’énonce sans modestie ailleurs ?

      1. Le Brexit poussera-t-il plutôt vers l’Europe à deux vitesses à clivage monétaire et fiscale de Macron ?

    1. « Nous » , si , mais ce seul nous là , combien vaut-il d’électeurs ?

      A vérifier dans les programme (leurs attendus) , les media , les discussions en ville ou à domicile , les espaces de travail là où il en reste , les urnes …

      Parmi le « nous » de masse , ces fameux 99%, je vois encore plus de plaintes et gémissements que de diagnostic clair et global. Les potentiels soldats sont encore davantage dans l’attente béate d’un général de carrière , que dans le désir d’en adouber un conforme à leur analyse du présent et du futur proche , et qu’ils suivront avec d’autant plus de courage et de créativité que le but de la bataille sera le leur , et qu’ils sont les seuls à pouvoir y apporter des forces .

      1. Pour le moment, il est vrai, les citoyens se sentent tellement dépossédés face aux sept institutions européennes, incompréhensibles, que le camp de sortie de l’Union grossit à vue d’œil. Et celui-ci est chauffé à blanc. D’autant plus qu’ils ne votent que pour les eurodéputés. Jorion et d’autres, auront beau marteler qu’il est préférable de rester au sein de l’Europe, on sent les crispations et les rejets atteindre des sommets, jusqu’à dire que la sortie est la seule solution à nos problèmes. Il est vrai qu’on entrevoit néanmoins une « faille » possible depuis l’histoire des wallons, et que l’on n’évaluait pas avant (en tout cas, pas moi). Peut-être en existent-ils d’autres que l’on ne perçoit pas tant la complexité et l’opacité ont gagné le fonctionnement institutionnel de l’Union. Les talons d’Achille seraient-ils plus nombreux qu’on ne pense ?

      2. @Armelle :

        Les péripéties du CETA et la preuve par l’exemple wallon , sont effectivement des évènements significatifs dans la perception de ce que pourrait être l’Europe , et les mois de ratifications à venir peuvent être une sacrée école de regain démocratique et de brouillon de la mutation européenne . Les enseignements apportés par les tribulations du Brexit seront aussi parties prenantes dans cette pédagogie de conviction supra nationale .

        Les évènements de grand large entre grandes zones d’influence mondiale seront aussi au rendez vous .

        Si l’on ajoute environnement ( pour faire court) , réseaux hors la loi violents ou pas, mouvements de population et transports , inadéquation du système financier international , égalité homme-femme , maîtrise éthique de la créativité ( dont numérique) et de la place du travail ,

        on doit presque avoir , selon ma proposition , le cadre de l’énoncé des enjeux pour lesquels il faudrait se mettre en ordre de bataille .

        Au moins ceux là.

      3. Que voulez-vous dire par « Les évènements de grand large entre grandes zones d’influence  » ?

        – environnement (dont l’énergie)
        – finance
        – fiscalité en intégrant les critères sociaux et environnementaux
        – travail et protection sociale
        – ….
        ne pourront trouver d’impulsions humanistes sans un système européen avec des organes réellement démocratiques, dans lesquels les peuples retrouvent leur souveraineté. Le niveau supra-national correspondant au niveau où sont désormais placés les enjeux nous conduit à faire évoluer nos états unitaires qui montrent leur impuissance grandissante à répondre aux besoins des citoyens. Un repli vers l’état unitaire ne ferait que renforcer la concurrence meurtrière et développer un instinct de survie basé sur la peur de l’autre en lieu et place d’une mobilisation solidaire. L’article sur les murs de F. Leclerc était on ne peut plus limpide sur ce dernier point (j’ai oublié le titre).
        Redonner le pouvoir au peuple sur les grands enjeux de notre temps au niveau européen rétablirait une confiance et son pouvoir d’agir tandis qu’il reste désormais dans un immobilisme qui ne devrait pas nous surprendre vue la situation auquel il fait face : inégalités, disparition du travail, menace de disparition de la protection sociale, diktats de la finance, des grands groupes, des paradis fiscaux, saccage planétaire des ressources naturelles, de notre environnement et affaiblissement systématique voire détournement du pouvoir des élus par la corruption et les tenants de l’idéologie ultralibérale, la disparition du politique.

        Comment ne pas être paralysés, démunis, face au rapt des votes des peuples, semant la peur au plus profond, détruisant toute humanité, ce qu’il en reste ?

        Hors billet-ci : les Suruis ont quelque chose de commun avec les Kogis de Colombie. Les associations de défense de ces peuples (et de l’environnement) agissent-elles en synergie ?

      4. Je classe dans les événements de grand large , par exemple, ce qui se passe entre Russie/Iran/Turquie , ce qui se passe entre Indonésie et Chine ( sans parler de Formose , ce qui se joue entre chiites et sunnites, le décollage ou pas de l’Afrique , la gestion ou pas des ressources sub maritimes ou sous la calotte glaciaire , ce qui peut se passer en Corée , ce qui peut dégénérer en Amérique du sud, un affolement brutal de la crise du système financier …

        Bref, tout ce qui au delà du fond des enjeux de l’humanité , fait qu’un dérapage , pour des motifs passionnels et de courte vue , peut générer un engrenage de violences hors raison et hors contrôle . Et sans issue .

      5. @Armelle :

        Que vise votre dernière question ?

        – si c’est « l’engrenage » , la réponse est dans la question .

        – si c’est Macron , je voulais simplement vous faire préciser si vous pensez qu’une Europe démocratique fraternelle est possible dans le social-libéralisme à la Macron .

      6. Je ne vous suis pas juanessy, je crains ne pas vous comprendre. Pensez que vous vous adressez à quelqu’un qui n’a ni votre culture ni votre forme d’esprit, et j’ai besoin de plus de clarté dans vos propos. J’en suis désolée.

        Ce qui me parait intéressant sont les conditions pour retrouver une réelle reprise en main des peuples sur leur destin via des institutions plus adaptées, soit réellement démocratiques, avec superposition des pouvoirs et coopération entre les niveaux de pouvoir, participation aux décisions. Les thèmes qui posent problèmes sont nombreux et j’en citais quelques uns, pas des moindres, et qui font l’objet de billet sur ce blog.
        Comment parler d’engrenage alors que si peu est dit…. et tant est à définir.

  13. Hors billet , pour chasser la tristesse de ce jour de pluie ( bien qu’elle soit bienvenue ) :

    – Sur le match Hilary/ Trump , bien aimé cette blague qui court le net . Pourquoi l’élection sera-telle une première quel que soit le vainqueur ?
    Si Hilary l’emporte , c’est la première fois que deux présidents américains coucheront ensemble .
    Si Trump l’emporte , c’est la première fois qu’un milliardaire américain quittera son palace pour emménager dans un appartement public abandonné par un couple de noirs .

    – Sur la block-chain mode PSDJ : la chaine pour marier l’être et l’avoir ?

  14. @Armelle écrit:
     » Les talons d’Achille seraient-ils plus nombreux qu’on ne pense ? « 

    Vous percevez quelque faille (les Wallons), et il y en a d’autres de visibles. En réalité, c’est le papier peint qui tient les murs ! Que l’on remette une couche de peinture ou qu’on arrache le papier pour envisager des travaux plus sérieux, cela ne change rien à l’état de décomposition avancée.
    Il me semble que les « grands événements » prévisibles, ne seront pas décidés, mais subis… autant que subits.
    Sauf à fermer les yeux, chacun, dans son environnement, ne peut que voir un aspect de la situation de « danger imminent ».
    L’exception qui confirme la règle serait portée par nos « politiques ».
    Mais ils sont « croyants » comme les grands prêtres !

      1. Malheureusement !
        Que nous reste-t-il comme leviers pour éviter la guerre ?
        Aux US, il n’y aura pas de « Piketty »… et en France, cela reste un très faible espoir…
        Reste à parier sur une extinction, non pas de l’humanité, mais de la structure qui l’a dévoyée.
        Il n’est pas impossible que cet effondrement ne suive pas les scénarios les plus catastrophistes !

        On se raccroche à ce qu’on peut, tant qu’à faire, pourquoi pas ?
        Ça n’est peut-être pas si idiot…

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