L’actualité de la crise : LE SYSTÈME MARCHE SUR LA TÊTE, par François Leclerc

Billet invité

Dans la série, l’argent ne se trouve pas là où il devrait être, les mégabanques américaines, britanniques et de la zone euro ont considérablement augmenté leurs dépôts auprès de leurs banques centrales respectives.

Comme le décrit de manière imagée le Financial Times qui consacre un article à la question, les grandes banques « planquent leur argent sous le matelas ». Les incertitudes du moment liées à la zone euro se conjuguent avec le difficile atterrissage de l’économie chinoise et le ralentissement de celle du Brésil. Les exigences en termes de liquidités de Bâle III y concourent également, imposant prochainement aux banques des normes de détention de cash ou d’une liste limitée d’actifs liquides alors que cela était auparavant laissé à leur discrétion.

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WALL STREET JOURNAL, LE 31 JUILLET 2012

 

La pression monte sur les banques centrales

Tests critiques pour la Fed américaine et pour la Banque centrale européenne qui se réunissent cette semaine alors que l’on attend d’elles qu’elles prennent les mesures innovantes que réclame la fragilité de l’économie mondiale.

 

Une firme de Day-trading dans la ligne de mire des régulateurs

Un règlement à l’amiable envisagé par la Finra avec l’ancien propriétaire de la firme de Day-trading Swift Trade fait apparaître à quel point la mondialisation des opérations rend problématique la capacité des régulateurs à assurer la police des marchés.

 

Royal Bank of Scotland s’apprête à affronter la tempête dans l’affaire du LIBOR

Un accord à l’amiable dans l’enquête qui se poursuit des deux côtés de l’Atlantique pourrait remettre en question le P-DG de la banque, Stephen Hester, qui a su élaguer son bilan toxique et jusque-là hors de contrôle et amortir ses pertes. L’indignation du public pourrait cependant lui coûter son poste.

 

Les bénéfices de HSBC entamés par les scandales

HSBC Holdings rapporte que son bénéfice net a baissé de 9% au cours du premier semestre, en raison de provisionnements à hauteur de 2 milliards de dollars visant à couvrir les retombées d’une enquête d’argent sale et de ventes inappropriées de produits financiers.

© Dow Jones

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L’actualité de la crise : L’INCONSÉQUENCE N’EST PAS NON PLUS UNE STRATÉGIE, par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement espagnol persiste : « Il n’est pas prévu que l’Espagne demande de l’aide au fonds [pour qu’il achète de sa dette]. Cela ne s’est pas produit et ne se produira jamais ». Outre son caractère imprudent, cette affirmation péremptoire de Inigo Fernandez de Mesa, le secrétaire général du Trésor, a une signification : cette obstination revient à continuer d’emprunter sur le marché à des taux très élevés, à enchérir le coût de la dette et à accroître la peine des Espagnols en la rallongeant sans savoir jusqu’à quand. Pour démontrer quoi ?

Il y a quelques jours, David Cameron avait pris moins de gants – mettant sur les dos de pronostiqueurs défaillants son insuccès sans pour autant dévoiler son propre pronostic – en annonçant non sans désinvolture : « Il ne me semble pas que le relâchement de la pression soit pour bientôt ». Devant bientôt être suivie par la Grèce, le Portugal et l’Irlande, l’Espagne a déjà bénéficié d’une année de grâce pour revenir dans les clous. Partout l’étalement dans le temps du désendettement et le renforcement de l’austérité qui l’accompagne sont les seules promesses qui restent disponibles, à condition qu’il n’y ait pas d’accident de parcours comme ceux que l’on tente d’éviter un ce moment.

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LA DIFFÉRENCE ENTRE UN BON FILM DE SÉRIE B ET LE MONDE QUI NOUS EST OFFERT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai commencé à regarder hier soir un autre de ces films d’époque de la RKO, que rééditent les Éditions Montparnasse. Celui-ci s’appelle Five Came Back : « Il y eut cinq survivants » (1939). C’est l’ancêtre des films catastrophe : un avion s’abîme dans la jungle, ils étaient douze au départ et il ne sont déjà plus que onze parce que le steward est malencontreusement tombé par la portière en plein vol.

Je ne sais pas encore comment ça se termine, si ce n’est le nombre des survivants, qui nous est donné par le titre, mais je sais que j’ai repensé ce matin à la partie que j’ai vue, une fois lues les nouvelles économiques et financières. M. Juncker dit : « Faisons un feu contre les bêtes sauvages ! », M. Monti ajoute : « Construisons une hutte, il fait trop chaud dans la carlingue éventrée ! », M. van Rompuy fait observer : « En tapant fort, il y a peut-être moyen de redresser l’hélice ! », M. Draghi, lyrique, s’écrie : « Dégageons la jungle pour faire une piste d’envol ! » L’important, n’est-ce pas, c’est de garder le moral.

Dommage qu’il n’y ait pas à Washington ou à Bruxelles, comme dans le film, une call-girl au grand cœur qui a compris comment ça marche la vie, ni un anarchiste ayant une vue d’ensemble, en route vers son pays d’origine pour y être pendu. C’est qu’à Washington ou à Bruxelles, on n’a pas comme dans Five Came Back, Nathanael West et Dalton Trumbo, aux commandes du scénario.

La différence est claire du coup entre un film de série B absolument fauché et le monde qui nous est offert : dans le premier, on emploie des scénaristes de génie parce qu’ils ne coûtent pas cher et dans le second, des scénaristes de luxe quant à leurs émoluments, mais manifestement de série B sur le plan intellectuel.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : ON ATTEND LA BCE, AURONS-NOUS LA FED ? par François Leclerc

Billet invité

Le comité monétaire de la banque centrale américaine va se réunir mardi et mercredi, dans le contexte d’un nouveau ralentissement de la croissance du pays – +1,5% au second trimestre – qui se poursuit depuis le début de l’année. Que va-t-il bien pouvoir décider cette fois-ci ?

Deux opérations successives de quantitative easing (assouplissement quantitatif) baptisées QE1 et QE2 ont déjà permis à la Fed d’injecter 2.300 milliards de dollars en achetant des obligations du Trésor ou des titres émis par des organismes de refinancement hypothécaires. Une troisième opération de création monétaire est depuis pendante, au vu des résultats mitigés des deux précédentes.

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WHAT PRICE HOLLYWOOD ? (1932) de George Cukor

Un jour, ma mère est revenue d’avoir passé quelques jours en Hollande, et nous a trouvés ma sœur et moi, défaits, les yeux rougis. J’avais huit ans, ma sœur, sept. Elle s’est écriée : « Mais qu’est-ce qui s’est passé ? » et mon père, un peu penaud, a dit : « Ben… euh… nous sommes allés voir Une étoile est née… »

On était en 1954 et le film que nous venions de voir était la troisième version filmographique de la même histoire : A Star Is Born : « une étoile est née », avec cette fois-là Judy Garland et James Mason dans les principaux rôles, et George Cukor à la mise en scène, comme il l’avait déjà été dans la toute première version, celle qui date de 1932 et qui est celle dont je parle ici.

L’histoire commune, c’est celle-ci : un homme, une authentique vedette, triomphant mais peu sûr de lui, découvre une jeune artiste dont il fait une star. La jeune femme est sur la pente ascendante, l’homme vieillissant et passablement imbibé, sur la pente descendante.

L’histoire finit très mal dans toutes les versions, sauf dans la plus récente : The Artist (2011) de Michel Hazanavicius, où tout finit par s’arranger. Curieusement donc, c’est la seule version non-hollywoodienne qui se termine par un « happy ending » supposé hollywoodien. N.B. ceux qui ont aimé ce film chaleureux aimeront dans What Price Hollywood ? la scène de l’arrivée des stars pour une avant-première quelconque que The Artist s’est simplement contenté de décalquer (voir la vidéo ci-dessus à partir de 5m25).

Les Éditions Montparnasse, dont j’ai déjà rendu compte d’un documentaire de Gérard Miller sur Lacan, et du remarquable Chronique d’un été (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin, me font parvenir six films des studios RKO, dont What Price Hollywood ? est le premier que j’ai sorti de la pile.

What Price Hollywood ? est donc la première version de l’histoire de la femme qui réussit tandis que son mentor tourne à l’épave, et c’est peut-être la plus intelligente du lot, parce que – comme le titre le suggère d’ailleurs – il ne s’agit pas simplement d’un mélodrame psychologique mais aussi d’un témoignage sur la logique terre-à-terre de la mécanique hollywoodienne, de sa « cheapness », de son côté « camelote », de sa participation délibérée et éhontée à la société du spectacle comme on dit aujourd’hui.

Quelques morceaux de bravoure dans ce film de 1932 qui, primo, conserve encore – et ce n’est pas le moindre de ses charmes – certains traits touchants du cinéma muet : une expressivité qui permet d’économiser sur le dialogue, propose secundo, une scène de séduction dont la brutalité, la manière dont l’homme impose son point de vue, même si c’est la femme qui a rédigé le scénario du comportement qu’il aura, fera froncer plus d’un sourcil « féministe », montre tertio, un débordement de la foule lors du mariage, dont la spontanéité chaotique n’a probablement pas échappé à l’œil attentif d’un Jean Vigo, enfin, nous offre quarto, la performance de l’actrice principale, Constance Bennett, chantant sans faille Plaisir d’amour, après avoir annoncé, à titre de précaution : « Le français, ça me rend folle ! »

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What Price Hollywood ? (1932), de George Cukor, avec Constance Bennett, Lowell Sherman et Neal Hamilton, Éditions Montparnasse, 10 €, en vente le 4 septembre.

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Fukushima : LE DÉMANTÈLEMENT… DES CERTITUDES, par François Leclerc

Billet invité.

Annoncé au doigt mouillé comme allant durer quarante ans et nécessiter la résolution de problèmes jamais rencontrés, le démantèlement de la centrale de Fukushima n’est pas seulement un défi à l’imagination dont on se serait bien passé, il est aussi un pari contraint sur la capacité de son opérateur à les résoudre, comme l’industrie électro-nucléaire en est coutumière. Vu la durée de vie de certains déchets longue durée de l’exploitation des centrales, cela laisse effectivement du temps pour leur trouver un stockage définitif ! L’électronucléaire, avons-nous déjà remarqué, n’est pas à notre échelle de nombreux points de vue, et c’est bien là le problème.

Alors qu’une chape que l’on voudrait de plomb continue de peser sur la question la plus épineuse – celle des trois coriums, de leur localisation et de comment s’en débarrasser – les préparatifs du démantèlement de la centrale donnent une idée de l’immensité des tâches à régler. D’ores et déjà, cela suggère qu’il ne pourra pas être conduit à son terme – rendre un terrain vierge de toute contamination – et qu’une solution de type sarcophage de Tchernobyl devra être à un moment donné adoptée, en plus pharaonique encore. Difficile de le reconnaître au moment même où le gouvernement tente de rendre crédible une autre tâche herculéenne : la décontamination d’immenses étendues autour de la centrale, prélude au retour d’une partie des habitants évacués. Avec comme problème non résolu le stockage des masses de terre et de végétaux contaminés, dont personne ne veut dans sa proximité.

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MARIO DRAGHI : ET S’IL S’AGISSAIT D’UN ABOMINABLE MALENTENDU ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

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Je faisais la sieste tout à l’heure, assoupi du sommeil du juste, quand je me suis réveillé en sursaut, mon cœur battant la chamade, et le front couvert de sueur, en proie à une vive émotion : et si nous n’avions rien compris aux propos de Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, avant-hier : et s’il avait dit tout autre chose que ce que nous l’avons entendu dire ?

C’est très loin d’être impossible : durant la période 1997-2006, j’ai lu consciencieusement chacun des discours que prononçait M. Alan Greenspan, alors à la tête de la Fed, et je l’ai très souvent entendu dire des choses dont je ne trouvais aucune trace ensuite dans la presse qui imaginait cependant résumer consciencieusement ses propos. Vous trouverez des exemples de cela dans mon livre La crise du capitalisme américain (2007).

Chacun a cru entendre dire jeudi par Mario Draghi que la BCE achèterait autant de dette espagnole et italienne qu’il serait nécessaire pour que le taux exigé sur leurs emprunts par le marché des capitaux revienne à un niveau raisonnable.

C’est ce que j’avais cru l’entendre dire moi-même, et j’avais ânonné dans ma vidéo d’hier, à l’unisson de la presse internationale, que M. Draghi ferait tourner la planche à billets européenne autant qu’il serait nécessaire.

Mais cela n’avait aucun sens si l’on songe que jamais M. Jens Weidmann, à la tête de la Bundesbank, n’accepterait une telle hérésie monétaire.

Bien sûr, le prédécesseur de Weidmann à la tête de la vénérable institution, Axel Weber avait démissionné en avril 2011 plutôt que d’avaler davantage de couleuvres en ce sens, et Jürgen Stark, économiste en chef de la Bundesbank, avait lui aussi démissionné pour la même raison et ceci en septembre de l’année dernière.

D’où certainement mon réveil en sursaut et en sueur : ce n’est pas de planche à billets que Draghi parlait mais de convertibilité, il a prononcé le mot : « Ces primes ont à voir, comme je l’ai dit, avec la liquidité, mais elles ont à voir aussi, et de plus en plus, avec la convertibilité, avec le risque de convertibilité » !

De convertibilité ! Du fait que les taux invraisemblables que le marché des capitaux exigeait de l’Espagne et de l’Italie jusqu’à ce qu’il énonçât ses propos rassurants jeudi, n’étaient pas dus à une prime de risque de non-remboursement mais à une prime de convertibilité : à la perte qu’essuieraient les prêteurs du fait d’un retour à la peseta et à la lire !

Pour empêcher cela, il suffisait que Draghi déclare : « Tout sera fait pour préserver l’euro ! » (ce qu’il fit) et que l’on croie alors à ce qu’il affirme en raison de la fermeté de sa voix. Foin d’achats par la BCE de dette italienne et espagnole ! Foin de Jens Weidmann et son orthodoxie monétaire ! Foin de la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe, réfléchissant sur les plages jusqu’en septembre à la constitutionalité du MES !

Personne n’avait entendu ce que Mario Draghi avait effectivement dit : « Faites-moi confiance : on ne laissera pas tomber l’euro –  et ce que je dis-là devrait suffire amplement à ce que la prime de convertibilité tombe à zéro, puisqu’un retour à la peseta et à la lire est hors de question, foi de président de la BCE ! ».

« On ne laissera pas tomber l’euro ! ». « On » ? J’espère seulement qu’il ne s’agit pas de la même « bande de ons » qu’évoquait le poète ! Sans quoi la dette à 10 ans espagnole repassera rapidement la barre des 7%, dès qu’on se rendra compte qu’il s’agissait bien malheureusement des même « ons ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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« KHAOS ou les visages humains de la crise grecque », par Panagiotis Grigoriou

Billet invité.

Poursuivant depuis plusieurs mois son écriture à travers les pages numériques du blog greekcrisisnow (« Carnet de notes d’un anthropologue en Grèce »), et partageant le quotidien accablant sous la « Troïka », Panagiotis Grigoriou s’est également associé à la réalisation du film documentaire d’Ana Dumitrescu « KHAOS ou les visages humains de la crise grecque » d’une durée de 90 minutes, traitant du vécu de la crise par l’intermédiaire de différents témoignages. À travers ce « road movie », Panagiotis Grigoriou, blogueur de guerre économique, anthropologue et historien, devient le fil conducteur du film dont la sortie cinéma dans les salles en France est prévue en octobre 2012. À travers ces visages de la crise, on découvre une Grèce loin des clichés véhiculés, loin de l’image qu’on s’en imagine, un voyage à travers l’âme d’un pays et qui emmène dans une réflexion sur la situation critique de la crise actuelle.

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L’actualité de la crise : L’EUROSYSTÈME DE LA DERNIÈRE CHANCE, par François Leclerc

Billet invité

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Pendant que les partis du gouvernement de coalition grecque tentent de se mettre d’accord sur un plan d’économies de 11,6 milliards d’euros pour les deux ans à venir, qui va faire mal mais qu’ils doivent présenter comme gage de bonne volonté, les experts européens travaillent à un nouveau plan de sauvetage, appelé de la dernière chance. Reprenant la question sous un angle déjà abordé, une nouvelle restructuration de la dette grecque est à l’étude, politiquement plus vendable que de nouveaux prêts.

Cette fois-ci, la remise de peine ne serait pas supportée par les banques privées, mais par la BCE et les banques centrales de l’Eurosystème qui y avaient échappé. L’ensemble détient en effet de grandes quantités de titres de la dette grecque, acquis dans le cadre du programme d’achat d’obligations souveraines sur le second marché. L’objectif serait de réduire ainsi l’endettement du pays, une tâche que les gouvernements successifs ne parviennent pas à accomplir en dépit de toutes les mesures de rigueur adoptées.

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L’actualité de la crise : TOUT FAIRE, MAIS QUOI ? par François Leclerc

Billet invité

L’attention est focalisée sur l’Espagne, en raison d’un contraste saisissant entre la détérioration de sa situation économique et sociale et le refus réaffirmé du gouvernement de ne pas demander à bénéficier d’un sauvetage financier. Le parallèle avec la Grèce s’impose : il est difficilement concevable d’augmenter la pression par de nouvelles mesures de rigueur et c’est pourtant ce qui est réclamé. On comprend que le gouvernement espagnol tente malgré tout de l’éviter : on apprend aujourd’hui que le pays comptait fin juin près de 5,7 millions de chômeurs, soit un taux de 24,6 % (et de 53 % pour les plus jeunes). Dans le rapport qu’il vient de publier, le FMI contemple l’étendue des dégâts, prévoit l’aggravation de la récession et constate que les nouveaux objectifs de réduction du déficit ne seront pas atteints.

Du côté des autorités européennes, les choses ne sont pas plus claires. Le communiqué franco-allemand publié à la suite de l’entretien téléphonique d’Angela Merkel et de François Hollande martèle que les deux pays sont « déterminés à tout faire pour protéger » la zone euro, ce qui n’apporte pas les éclaircissements attendus sur les mesures qui pourraient être prises ! Comme Mario Draghi hier, les deux principaux dirigeants européens se réfugient dans les généralités, permettant de supposer… que la discussion continue.

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ASSURER L’EXISTENCE PAR LE NOMBRE, LA MONNAIE NUMÉRIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Un projet de mise en application pratique d’une monnaie pacifique.

Le crédit non régulable

Cinq ans après l’accident des subprimes, la crédibilité du système financier mondial se révèle irrécupérable. Les banques et les États s’entraînent réciproquement dans le défaut de crédit. Ce défaut a son origine dans le système en vigueur accordant la liberté à quelques emprunteurs internationaux souverains et aux banques d’émettre des titres sans régler l’intégralité de leur prime de crédit. L’obligation de faire évaluer son crédit par ses créanciers véritables n’est pas la même pour tout le monde. Il en résulte que la masse mondiale des dettes est explicitement déconnectée de la mesure réelle de la solvabilité financière de l’économie. Tous les emprunteurs ne peuvent pas rembourser leurs dettes et il est impossible d’identifier les débiteurs publics et bancaires véritablement en défaut.

La monnaie virtualisée

L’émission monétaire des banques centrales ne peut plus restaurer objectivement le crédit bancaire : les pertes indéfinies des épargnants sur les États et les banques sont mutualisées par le bilan des banques centrales qui font la propriété commune de la monnaie. Les banques centrales se protègent juridiquement en absorbant tout le collatéral crédible issu de l’économie réelle. Les créances théoriquement les plus sûres de l’économie réelle sont déposées dans les comptes centraux afin de certifier le pouvoir d’achat de la monnaie centrale. Par contrecoup les créances de l’économie réelle sur lesquelles les banques adossent leurs propres crédits et leur propre liquidité sont de plus en plus douteuses. Au lieu de prêter à l’économie réelle, les banques doivent prêter aux banques centrales afin de conserver une liquidité qui prouve qu’elles ne sont pas en défaut. L’économie réelle ne dispose plus pour se financer que d’une fraction toujours plus minime de la valeur ajoutée qu’elle produit. La masse monétaire est stérilisée dans les bilans bancaires où le prix réel des actifs de crédit et d’investissement est explicitement inférieur à la masse des passifs dus à l’économie réelle.
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L’actualité de la crise : DEUS EX MACHINA ! par François Leclerc

Billet invité.

« La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro » a hier annoncé Mario Draghi, le président de la BCE, et le monde entier en a aussitôt soupiré d’aise. Qu’importe ce que la BCE va bien pouvoir mettre sur la table, car elle dispose encore d’une crédibilité perdue par les autorités politiques. Il lui suffira seulement de joindre le geste à la parole, et nul ne doute que cela sera exécuté.

Cet immense soulagement intervient alors que les choses semblaient fort compromises et que les réactions des autorités n’étaient plus même anticipées. Tout juste comprenait-on qu’elles jouaient leur dernière carte en espérant des renforts. Tout peut bien désormais arriver de ce qui était redouté ! Ni l’ampleur du plan de sauvetage espagnol, ni une sortie de la Grèce de la zone euro ne pèsent plus si l’engrenage infernal est enfin stoppé et l’Italie préservée.

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