« KHAOS ou les visages humains de la crise grecque », par Panagiotis Grigoriou

Billet invité.

Poursuivant depuis plusieurs mois son écriture à travers les pages numériques du blog greekcrisisnow (« Carnet de notes d’un anthropologue en Grèce »), et partageant le quotidien accablant sous la « Troïka », Panagiotis Grigoriou s’est également associé à la réalisation du film documentaire d’Ana Dumitrescu « KHAOS ou les visages humains de la crise grecque » d’une durée de 90 minutes, traitant du vécu de la crise par l’intermédiaire de différents témoignages. À travers ce « road movie », Panagiotis Grigoriou, blogueur de guerre économique, anthropologue et historien, devient le fil conducteur du film dont la sortie cinéma dans les salles en France est prévue en octobre 2012. À travers ces visages de la crise, on découvre une Grèce loin des clichés véhiculés, loin de l’image qu’on s’en imagine, un voyage à travers l’âme d’un pays et qui emmène dans une réflexion sur la situation critique de la crise actuelle.

Certes, la Grèce au lendemain des élections de juin 2012, n’est plus d’actualité journalistique, comme en mai ou en début juin, si ce n’est que l’univers quotidien s’assombrit de jour en jour dans toute sa géographie humaine, et dans toute sa géographie tout court. Les partisans de SYRIZA (Gauche Radicale, devenue le principal parti anti-mémorandum, arrivé en deuxième position) se sont certes dit satisfaits des résultats « encourageants », néanmoins, on peut considérer que le « moment opportun », cette ouverture du temps historique entre mai 2011 (« Indignés ») et juin 2012 est clos, et le prochain épisode de l’histoire immédiate se fait attendre… dans un « partage accru »… de tous ces moments « sociologiquement assez étroits », entre habitants de la petite Hellade, et cela peut devenir pénible à la longue !

Le film « KHAOS », propose une vision de la crise, issue justement de ce « moment opportun » débouchant à sa troisième temporalité, « inaugurée » en juin 2012 (sa première temporalité c’est la période allant de mai 2010 lors de la signature du premier Mémorandum à mai 2011).

Installé en Grèce depuis 2008, Panagiotis Grigoriou porte sur le temps présent du pays, un regard qui se veut à la fois ethnographique et de l’intérieur. Depuis 2008 et « par une temporalité de crise, vécue et pratiquée », il a parcouru une bonne partie de la Grèce continentale ainsi que les îles, touchant les fractures qui se multiplient tant au niveau des « syllogismes collectifs », qu’à celui des relations interpersonnelles dans un contexte où même la culture dite « de proximité », traverse également un temps de mutations.

Suite à l’interruption de l’ensemble de ses contrats de recherche en cours en 2010 (conséquence directe des mesures d’austérité frappant d’abord le domaine culturel et la recherche), et restant ouvert à toute proposition de collaboration dans ses domaines de spécialisation, il se réoriente vers une ethnographie de la crise grecque par une démarche « de terrain engagé », notamment à travers son blog, ainsi que par son premier essai sur ce thème : « Le Cheval des Troïkans » (Fayard, parution à l’automne 2012).

 

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54 réflexions sur « « KHAOS ou les visages humains de la crise grecque », par Panagiotis Grigoriou »

  1. Merci Paul, de nous reparler de la Grèce oubliée désormais par les médias traditionnels.
    Un film à ne pas manquer, car il nous permettra certainement de visionner notre futur proche avec la continuation des schémas de fonctionnement de cet ultra-libéralisme.
    Peut-être permettra-t’il une prise de conscience de tous les citoyens européens et les réveiller de leur léthargie ou fatalisme.

  2. 50% de chomeurs en espagne
    cessation des vaccinations infantiles en grèce
    retour de la polyo
    de diverses épidémies infantiles
    ( déjà….
    ça va très vite)
    épidémie violente de choléra partout en afrique et amérique latine
    mais on ne décompte qu’en fin d’année à l’heure des bilans
    pour être sur que ce fut réellement grave.

    à croire que certains ont un intérêt à organiser le chaos

    et pour l’instant ce n’est que le chaos social
    qu’est ce que ce sera quand commencera le chaos écologique?

    on va rester spectateur?

    1. @ Rahane

      En Espagne c’est pas (encore?) 50% de chômeurs, mais 50% de chômeurs parmi les actifs de moins de 26 ans.
      Si le reste de votre liste est du même tonneau, vous avez tendance à l’exagération. Sinon, merci pour vos sources.

    2. tout à fait d’accord avec renard

      quelle utilité de véhiculer des nombres faux ; c’est une pratique coutumière du management de la création de valeurs.

      nous n’avons pas besoin de noircir le propos : la vie que fait mener à la planète entière le capitalisme devrait suffir ……

      Espagne : 24% de chomage, dont 50% chez les jeunes ……

      question : les jeunes étant le fer de lance des révolutions ( on n’a pas encore vu de révolution des tempes grises ) pourquoi ça bouge si peu en espagne, en grèce : le calme avant la tempete ?

      1. si les chiffres du chomage la bas sont ce qu’ils sont ici…
        autant dire beaucoup
        et ne plus croire à rien tellement les infos sont manipulées dans un sens ou un autre
        parlons donc du temps qu’il fait
        au moins chacun peut vérifier de sa fenêtre
        le reste est hors de notre portée

      2. Faut pas exagérer les chiffres on est d’accord.

        Mais vous savez très bien que les chiffres officiels sont bidonnés.

        24% officiel, ça veut dire quoi? c’est les inscrits dans les agences pour l’emploi?
        Combien se sont fait radier, combien ne sont pas représentés dans ces chiffres?

      3. @ Renard & J.Gorban
        L’éxagération des chiffres du chômage se situe précisément dans les versions officielles, nettement sous-évaluées. En France, garder sa carte Pole Emploi tient de la gageure car ses employés ont la mission d’en radier le plus possible sous n’importe quel prétexte. En Angleterre, les chômeurs ne vont même plus au Job Center, et refusent donc leur allocation de peur d’être muté de force dans un emploi à l’opposé de leur qualifications et de leur lieu de résidence. On pourrait continuer la liste…

      4. @ un naïf,

        c’est pourquoi en France le taux de chômage n’est pas calculé à partir du nombre d’inscrits chez Popol mais de l’enquête emploi de l’ Insee, elle même régulièrement réévaluée pas les experts européens.
        De plus une statistique n’a pas vraiment de sens à un instant T, mais dans son évolution « toute truande égale par ailleurs ».
        Ce qui, j’en conviens, fait une belle jambe aux jeunes chômeurs.

      5. De nombreux économistes, et par exemple l’OCDE, estiment que le taux d’emploi est une mesure plus pertinente que le taux de chômage pour évaluer la situation du marché du travail d’un pays. En effet, le taux de chômage, même défini selon la norme internationale du BIT, peut être modifié par différentes manipulations comptables (chômeurs catégorisés à tort comme handicapés, incitation au renoncement pour les demandeurs d’emploi en fin de droits,…) et particularismes locaux (faible participation des femmes,…).

        La part des chômeurs découragés, qui ne sont plus décomptés comme chômeurs, très variable selon les pays, fausse également le niveau du taux de chômage. source

      6. @ noux,
        tout à fait exact et la même chose en France: 2 950 000 chômeurs qu’ils disent, alors que le chiffre réel se situe au delà des 5 000 000.

      7. Parce qu’il y a encore des resources. La rue espagnole se porte encore bien. Les millions de petite bourgeois de l’euro ont encore de la réserve. Les rues allemandes semblent porter plus de miséreux (souvent des petites vieilles) que les rues espagnoles, c’est là tout le paradoxe de la situation actuelle. Je connais bien les 2 pays.

      8. Pourquoi ça bouge si peu en Espagne ?

        Voici une compilation des 85 jours de manifestations qui ont eu lieu en Espagne de mai 2011 à mai 2012

        http://es.wikipedia.org/wiki/Protestas_en_Espa%C3%B1a_de_2011-2012

        Sans compter la relève par les fonctionnaires depuis mai dernier, dont, fait notable, la participation de la police, Pompiers, guardia civil et l’armée aux revendications…

        Sans compter les 65 jours de grève des mineurs du nord Espagne (Asturies, Aragon…)
        Sans compter la marche noire des mineurs jusqu’à madrid
        Sans compter les manifestations policières

        Quasiment CHAQUE JOUR, il y a au moins une manifestation dans au moins une ville espagnole… Ce n’est que peu relayé par la presse étrangère, dommage…

        Ceci dit, vous entendrez probablement aussi beaucoup de bruit à partir de septembre…

  3. Grâce au combat mené par Grigoriou et le peuple grec en général, la Grèce ne deviendra pas la République rêvée par Platon dans « Les lois » , avec son fameux « Conseil nocturne » (les hommes en noir de la « Troïka ») et ses magistrats élus (les parlementaires grecs) qui ne sont que des marionnettes manipulées par ledit Conseil.

  4. La Grèce et nous , par Henri Wilno
    http://www.npa2009.org/content/tean-la-revue-juillet-ao%C3%BBt-est-parue
    Conclusion:

    Au-delà de la solidarité nécessaire qui est un des aspects de la lutte contre l’austérité, chez nous, à domicile, nous devons étudier avec sérieux et sans conclusions hâtives la situation grecque. S’y entrecroisent de multiples questions : devenir de la crise économique et financière, difficultés des mobilisations générales même si existent des actions locales résolues, recomposition politique, tactiques d’alliance, montée de l’extrême-droite… La Grèce antique est souvent présentée comme le berceau de l’Europe ; c’est bien dans la Grèce actuelle que se dessine en partie la trajectoire future de l’Union européenne.

    Ici analyse intégrale:

  5. Il est certain que lorsque l’on tire sur la corde du peuple… le problème est que le peuple n’est, pour sa grande majorité, pas conscient de la gravité de la crise, donc sa mobilisation ne peut être que partielle et mineure (mise à part les grecs, les espagnols, les irlandais et les italiens, et encore, sont-ils réellement conscients du niveau de la crise ?)… je fais partie des lecteurs niveau CM2 (cf. billet de El Jem ) et je l’assume, je ne renie pas mes origines très modestes, qui me permettent malgré tout de passer outre le message médiatique voulu par nos dirigeants… que l’on ne viennent plus me dire que les médias sont libres, ici, en France, ou ailleurs, à part, peut-être, le Canard… je fais le parallèle avec Fukushima Daichi, s’il n’y avait pas internet, je ne serai au courant de rien (ce qui me donne un nouvel éclairage sur l’histoire politique passée), tout comme la majorité des pauvres japonais à qui l’on demande de retourner vivre dans leur villages « ensievertés »… comme la majorité européenne ne lit que peu les blogs et/ou n’y accorde que peu de crédit, aider en cela par certains, la mobilisation est endormie, les anti-nucléaires recevant l’étiquette de « anti-progrés », les indignés recevant l’étiquette de « néo-écolo-hippies »… la mobilisation du peuple est également étouffée sous le bonheur de voir arriver enfin cette année olympique… bolt arrivera à faire oublier la crise et les radiations… nos dirigeants savent qu’internet est un danger pour leur tranquille incompétence (http://www.lefigaro.fr/medias/2011/05/24/04002-20110524ARTFIG00709-nicolas-sarkozy-appelle-a-moraliser-internet.php)… donc encore merci et longue vie médiatique à ce blog salvateur.

  6. Espagne : 24% de chomage, dont 50% chez les jeunes

    encore faudrait-il savoir si ces 50% sont en rapport aux jeunes susceptibles de travailler.
    parce que entre 18 et 26 ans, on fait souvent des études et alors on est pas vraiment en situation de travail, même si l’on fait partie de la classe.

    Manipulez les chiffres avec précautions, car on peut leur faire raconter tout et son contraire

    1. En Espagne, comme en France, les chiffres du chômage sont calculés sur les actifs, c.a.d. hors femmes au foyer, étudiants, …


  7. La Grèce et nous, l’Espagne et nous, la Syrie et nous !
    Autant de « facettes humaines » de cette crise, Khaos.

    Le rêve, fait de Brume de Bachar

    Si la moitié de son cœur est Docteur
    L’autre moitié, elle est bien Dictateur
    Quand l’armée descend dans la rue
    D’autres rêves d’enfants, sûr elle tue

    Sous le fusil, la torture coupant les fils
    Tirant sur tout c’qui est devenu hostile
    Chaque nuit à el Assad le rêve revient
    Celui où, il veut être juste, un médecin

    Mais au matin noir, réveillé des crimes
    De la nuit, salie du cri de sang victimes
    Il efface sa moitié et la mémoire relime
    Sous la pluie blanchie, toutes les rimes

    Rien du vent ni de la mer n’arracheront
    De sa poitrine ce secret battu en prison
    Car si la moitié du cœur reste Dictateur
    C’est qu’une autre moitié reste Docteur

    Au coeur, la politique de la terre brûlée.

  8. Lorsqu » un pauvre tend la main , ….crachez lui a la gueule …la prochaine fis il tendra un couteau ! …..Boris Vian .

  9. Nous avons tous intérêt à ce que des films et des témoignages sur la situation en Grèce soient largement diffusés…

    Dommage qu’une bande annonce aussi moche et médiocre tienne lieu d’invitation…

  10. Je lisais dans un commentaire produit à la suite d’un journal datant de mai qui titrait sur l’inquiétude des touristes allemands face à la crise grecque, les termes suivants de : « xénophobie grecque ».

    Eh oui ! Parmi les formes contemporaines que prend la rencontre entre les peuples, il y a… le tourisme 😉

    Il y a le tourisme, il y a le touriste : cachez ce touriste que je suis et que je ne saurais voir.

    « xénophobie grecque » donc.

    Ces mots était ceux d’une touriste, vraisemblablement française, revenant d’un séjour en Grèce et qui y pointait une xénophobie anti-Albanais pour dire qu’à celle-ci s’était substituée en Grèce la xénophobie anti-Allemand.

    Le touriste, lui, qui est sans frontières, ne souffre d’aucun comportement xénophobe bien sûr. Par exemple, non, il n’est pas vrai de dire que parler de xénophobie « grecque » reviendrait à faire soi-même dans la xénophobie. Identifier tous les Grecs aux comportements de certains d’entre eux et ne pas chercher à comprendre les événements au-delà de la forme qu’ils prennent, non, ce n’est pas trébucher sur sa peur de l’autre. Non. Ni sur l’ignorance qui nourrit bien souvent la xénophobie. Non.

    Je me pose alors cette question de savoir de quel rapport à l’altérité le tourisme est-il capable ou incapable ? Quelle est la place faite à l’autre dans le comportement touristique ? On peut se pencher pour y répondre sur les fondements historiques, culturels, sociologiques, économiques, politiques, géographiques du tourisme. J’en ai le tournis et laisse la tâche éventuelle à plus hardi mais vois déjà moult angles d’approche.

    Et me dis que parmi les actions concrètes à engager, le tourisme de cet été peut constituer l’opportunité matérielle de la rencontre avec la crise. Et de la rencontre tout court.

    La Grèce fait moins l’actualité journalistique mais fait encore l’actualité touristique !

    Il faudrait pouvoir appréhender « le touriste » sur les plages de « ses » vacances, avec la ferme intention de ne pas lui rendre, tel un miroir, les images qui correspondent en tous points à celles que son imaginaire touristique attend mais au contraire de lui laisser entrapercevoir autre chose de la réalité.

    Surtout le touriste qui croit pouvoir laisser la crise au vestiaire en prenant le chemin de ses vacances. Surtout le touriste qui aura échappé aux « Cassandre » des départs. Et qui serait ainsi bordé par les « Cassandres » des arrivées. Et qui à son retour, vers le mois d’octobre par exemple, sera gentiment invité à aller voir ce film documentaire d’Ana Dumitrescu auquel s’est associé Panagiotis Grigoriou.

    Du moins est-il important de viser les interstices des représentations pour y glisser un peu de ces grains de sable si salutaires à la rencontre ; frustrants à l’endroit des horizons d’attente touristiques, mais potentiellement riches de découvertes et donc de connaissance de l’autre et donc je le souhaite, de prises de conscience.

    Comment ? Avec intelligence, avec humanité, avec simplicité. Par le filtre des échanges ?

    Montrer, donner à voir, (se)raconter, (s’)expliquer…

    Quel sens surgit alors de la rencontre ainsi matérialisée ? Sans doute qu’à chaque rencontre ses réponses.

    Mais au cœur de celles-ci tracer les chemins vers la connaissance des logiques qui fondent nos chaos. C’est comme ça que j’envisage les visages humains de la crise grecque, autant de visages dont les sillons tracés sur la peau nous ramènent vers nous tous, plutôt que d’enfermer les Grecs dans une vision circonscrite à eux-seuls qui rendrait aveugles les angles de notre réalité commune.

    Touristes de tous les pays, décollez votre nez de la toile cirée ! Faites-lui prendre un peu de hauteur, humer les embruns au-delà des pics, des caps et des péninsules. Voyez que les dents du chaos ravinent ailleurs. Par exemple, chez vous.

    Merci pour ce documentaire, merci pour nous !

    1. hum….des amis allaient au Portugal…je leur ai dit « vous pourrez me donner des infos »….ils m’ont répondu… »ah non ce sont nos vacances »…..(y a du soleil et des nanas…dadadiradadada)

  11. La bonne nouvelle pour nos amis indignés espagnoles c’est que, comme disait une femme en grève au patronat à la fin du Cd « La trève » de Mickey 3D :
    « Notre mouvement, tant qu’on a pas obtenu ce qu’on a voulu, ça s’arrêtera pas,
    vous avez du fric, et bien nous ont a du temps » ! (Pas de lien dailymotion malheureusement)

    Plein de bon sens, cette petite dame, et quel courage !

  12. Je ne sais pas si c’est d’accès libre ou réservé aux abonnés, mais si vous le pouvez, lisez et écoutez ce qu’a à dire Michel Feher. Michel est un ami de toujours, même si une des premières fois que nous nous sommes vus il m’a asséné délibérément un bon coup de pied dans les tibias. À sa décharge, il avait huit ou neuf ans et j’expliquerai un jour ce qui s’était passé, un jour quand nous vivrons dans un monde qui ressemblera davantage à ce que nous appelons lui et moi de nos voeux.

    1. J’ai posté un extrait (significatif) de son entretien sur un autre fil…
      Je n’avais jamais entendu parler de lui avant de lire l’article de Médiapart mais j’ai grandement apprécié.
      Vous avez des amis très recommandables…

      1. Je viens de visionner la première partie.
        Il réfléchit bien Michel Feher, c’est sûr. Mais concernant l’immigration, faudrait déjà se mettre d’accord sur le constat à faire. Lorsqu’il dit, en gros, qu’il n’y a pas de grosse vague d’immigration, qu’elle n’est pas visible, on se demande où il vit. En France, les statistiques disent qu’il y a 25% de la population qui est soit immigré, soit enfant d’immigré.
        Alors question de base avant de commencer la réflexion: l’immigration est-elle forte? Si oui, Michel Feher doit revoir sa copie car quelque chose (qui ne me semble pas essentiel, en fait) cloche dans son raisonnement. Si non, sur quoi se base ce constat? Quels chiffres? 25% d’une population d’un pays de 60 millions, ce n’est pas assez pour parler d’une vague migratoire?

        Mon opinion: l’immigration est un faux problème bien utile au pouvoir mais ce n’est pas en niant la réalité qu’on évacuera ce faux problème. Car si le fait que l’immigration soit forte ou pas ne change pas grand chose au raisonnement de Michel Feher (étant donné qu’il s’agit bien d’un faux problème), par contre c’est rédhibitoire, stratégiquement parlant, sur le plan du débat politique et en vue d’attirer à soi ces classes moyennes fourvoyées. Michel Feher pose la question « pourquoi les gens ne votent-ils pas pour la gauche radicale? » et il n’y répond qu’à moitié, de manière insuffisante, par « le coût du changement ». L’autre moitié est la réalité des épouvantails agités par le pouvoir (certes ce ne sont que des épouvantails, mais ils existent et ils font très peur).

      2. Il pense et parle bien ce gus ….Son analyse est correcte , mais il ne semble pas conscient du fait que la démarche « futur proche » est conséquente de la meme dynamique que la globalisation et que , cette perversité structurelle hérite d’une forte inertie ….Forte inertie non équilibrable par des décisions de groupe …..
        Seul des prises de positions , et choix personnels peuvent induire un effet de groupe ( conjonction du plaisir réenchanté par un mode de vie et d’ un abandon du troupeau /bifurcation) ..
        Il faut prendre le maquis sans attendre l’ alloc et le stage .

  13. c’est dommage le rap à la fin.
    le rap n’est pas du tout anticapitaliste, il en est la quintessence même.

    le rappeur veut avoir accès à tous les standards de la société de consommation, voire plus si possible dans sa version blingbling-berlines-poulesdeluxe. rien de révolutionnaire dans le rap, ou si peu… au plus grand discrédit des monteurs branchés des chaines dites culturelles. au plus grand profit de la radicalisation politique.

    pour se rallier autant utiliser la bonne musique,

    1. Methode, c’est faux. Tu confonds l’exploitation par les maisons de disque d’un phénomène musical (ce qu’on appelle communément la « récupération ») avec l’expression d’une certaine culture urbaine qu’est le hip hop (et dont le rap ou mc’ing, au même titre que le dj’ing, le graphiti et la breakdance, est un des piliers) et qui véhicule des valeurs bien différentes du capitalisme. Tout cela parce que tu n’aimes pas. Même discours que les conservateurs vis-à-vis du rock 50 ans plus tôt.

  14. julien non, c’est pas que j’aime pas, c’est que je n’aime plus trop.
    j’aimais bien les vieux trucs genre cypress hill ou kery james/ideal j (hardcore, je mets pas le lien) mais depuis le rap s’est comme tu le dis largement fourvoyé et, il me semble, est devenu symboliquement contre-productif, bon pour des effets chébrans et voilà.

      1. julien,

        je réfléxionnais sur le reggae difficilement récupérable par rapport au rap. ama c’est parce qu’il y a une différence entre chanter la justice et parler d’injustice: une différence positive. les aspirations sont nettes, non-négociables et subversives: amour, spiritualité, justice. sinon ce n’est pas du reggae.

      2. Je ne crois pas que ce soit l’essence revendicative de la musique qui détermine le potentiel de récupération, mais plus prosaïquement le potentiel commercial. Le reggae, à part Bob Marley, n’a jamais transcendé une génération entière comme le hip hop a pu le faire (du moins sous nos contrées, on met de côté la Jamaïque et les West Indies, of course). D’ailleurs, regarde ce qu’est devenu le ragga en Jamaïque. Même destinée que le rap commercial qu’on entend à la radio.

        Un petit clin d’oeil pour terminer. Le jour où tu entends ceci à la radio, c’est que la fin du monde est proche 😉 Le son s’appelle « Sad day for investors ». He, on est sur le blog de Paul Jorion ou bien ?!?

    1. bien longtemps que je ne me fais plus d’illusion sur les ‘élites’ et leurs fréquentations, malheureusement c’est loin d’être le cas de tout le monde et pour tout dire ça ne m’a pas vraiment rendu service.

  15. Pas compris comment sur ce fil on est passé de Feher au rap mais merci à Julien pour le son!
    L’air du temps… le dernier Johnnie To vient de sortir: les effets de la crise financière sur la vie quotidienne à Hong Kong.
    Les ordinateurs ont remplacé les guns…
    « La vie sans principe »: c’est le titre.

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