Fukushima : LE DÉMANTÈLEMENT… DES CERTITUDES, par François Leclerc

Billet invité.

Annoncé au doigt mouillé comme allant durer quarante ans et nécessiter la résolution de problèmes jamais rencontrés, le démantèlement de la centrale de Fukushima n’est pas seulement un défi à l’imagination dont on se serait bien passé, il est aussi un pari contraint sur la capacité de son opérateur à les résoudre, comme l’industrie électro-nucléaire en est coutumière. Vu la durée de vie de certains déchets longue durée de l’exploitation des centrales, cela laisse effectivement du temps pour leur trouver un stockage définitif ! L’électronucléaire, avons-nous déjà remarqué, n’est pas à notre échelle de nombreux points de vue, et c’est bien là le problème.

Alors qu’une chape que l’on voudrait de plomb continue de peser sur la question la plus épineuse – celle des trois coriums, de leur localisation et de comment s’en débarrasser – les préparatifs du démantèlement de la centrale donnent une idée de l’immensité des tâches à régler. D’ores et déjà, cela suggère qu’il ne pourra pas être conduit à son terme – rendre un terrain vierge de toute contamination – et qu’une solution de type sarcophage de Tchernobyl devra être à un moment donné adoptée, en plus pharaonique encore. Difficile de le reconnaître au moment même où le gouvernement tente de rendre crédible une autre tâche herculéenne : la décontamination d’immenses étendues autour de la centrale, prélude au retour d’une partie des habitants évacués. Avec comme problème non résolu le stockage des masses de terre et de végétaux contaminés, dont personne ne veut dans sa proximité.

Toutefois, il sera impossible de s’y engager tant que le refroidissement des réacteurs et piscines sera indispensable au maintien de l'”arrêt à froid” officiel. En théorie, celui-ci ne prévoit d’ailleurs pas la présence de coriums que l’on préfère taire : Fukushima est sous soins palliatifs qui ne peuvent même pas être débranchés.

En dépit des travaux déjà effectués, la centrale continue de fuir par tous les bouts, dans l’atmosphère, dans les sous-sols et dans la mer. Elle est devenue une machine à produire de l’eau contaminée en très grandes quantités, une fois celle-ci utilisée pour refroidir trois réacteurs, qui de bouilloires sont devenus passoires. On est très loin du circuit fermé. Des forages ont été effectués afin de sonder et surveiller les sous-sols dans le périmètre de la centrale et une digue a été construite devant elle dans la mer pour contenir la pollution, mais le containement est délimité par des pointillés. La géologie du sous-sol permet de penser que, tel un égout, des couches imperméables et en pente dirigent l’eau contaminée dans la mer.

Les capacités de stockage de cette eau, une fois partiellement décontaminée, s’étendent désormais à perte de vue autour de la centrale (228.000 tonnes d’eau sont déjà stockés dans des réservoirs) et la tentation est grande pour l’opérateur, après plusieurs demandes d’autorisation refusées, de la déverser dans la mer. Une nouvelle usine de décontamination est présentée comme allant le permettre, une affaire à suivre. Mais il est apparu que les installations de traitement elles-mêmes, à force de fonctionnement, sont devenues radioactives et qu’il est de plus en plus dangereux de s’en approcher, bien qu’elles réclament une maintenance constante…

Ces masses d’eau servent à refroidir les installations et leur débit est réglé grâce aux thermomètres qui mesurent l’élévation de la température à des endroits inaccessibles. Il a déjà été constaté des mesures aberrantes, signe que certains d’entre eux étaient devenus défectueux : il semble que les câbles qui les connectent aux salles de contrôle connaissent une corrosion qui n’est pas sans rapport avec le sel de l’eau de mer injectée en désespoir de cause dans un premier temps. Les paramètres de température sont indispensables à la surveillance et au pilotage des installations de refroidissement improvisées ; dans le réacteur n°2, seulement à peine plus de la moitié des 36 thermomètres existants donnent des mesures considérées comme fiables. Les remplacer est hors de portée.

S’agissant des mesures, une autre et non des moindres vient de faire scandale. Une entreprise sous-traitante qui fournit des bras à Tepco, l’exploitant de la centrale, a donné comme consigne à ses ouvriers d’enfermer dans un boitier de plomb leurs dosimètres, afin de pouvoir travailler plus longtemps et ne pas dépasser trop rapidement la limite de l’exposition cumulée autorisée (100 mSv/an). Cette révélation de la presse renvoie à la sous-traitance généralisée et à ses dangers, au suivi médical très approximatif des travailleurs qui se sont succédés au fil des semaines et des mois dans la centrale, ainsi qu’aux problèmes posés par leur renouvellement. Car les salaires ne sont pas si mirobolants, une fois que la chaîne des intermédiaires s’est servie au passage.

Il n’est pourtant pas question de s’affranchir de leur présence. Spectaculaire, la solution des robots permet de belles images abondamment diffusées. Petit à petit, ceux-ci sont perfectionnés et peuvent s’aventurer dans certaines zones des réacteurs, là où les humains ne peuvent pas pénétrer. Mais, capables de gravir des escaliers et même d’ouvrir certaines portes, pas toutes, ils sont en dépit de leur agilité incapables de franchir les obstacles résultant des destructions occasionnées par les explosions d’hydrogène. Et même eux ne peuvent affronter la radioactivité par trop intense dans certaines zones, malgré le blindage de leur électronique.

Cela n’a pas manqué, l’un de ces robots n’est pas revenu de l’une de ses explorations dans le réacteurs n°3 ! Il est possible que le câble qui le reliait à l’extérieur (seul moyen de télécommande possible dans un environnement hautement contaminé) ait été rompu lors d’une manœuvre intempestive. Cet aléa est certes secondaire bien qu’inquiétant pour la suite, car si le robot peut toujours être remplacé, il ne peut pas être récupéré, étant devenu trop contaminé. Par contre, ces engins sont lilliputiens par rapport aux installations et strictement incapables d’opérer les travaux de démantèlement proprement dit, restant cantonnés à des mesures et à des explorations, qui plus est hasardeuses.

La simple exploration de l’intérieur des réacteurs se heurte à d’autres difficultés insurmontables. Leur bas est inondé par plusieurs mètres d’eau hautement contaminée qui rendent l’accès et même l’observation impossibles. Là où l’on s’approche des coriums. Pomper cette eau pour la transvaser, à condition encore que cela soit possible, aurait comme conséquence de supprimer la source contribuant à leur refroidissement, pouvant aboutir à la hausse de leur température et à des dégagements radioactifs encore plus intenses…

Il n’est certes pas besoin de forcer la dose. Des niveaux records de radioactivité ont été enregistrés dans le sous-sol du réacteur n°1, dix fois supérieurs à ceux des réacteurs n°2 et 3. Des instruments de mesure y ont été introduits par un trou et indiquent jusqu’à 10.300 millisieverts/heure, une contamination qui dépasse les limites annuelles permises aux ouvriers en vingt secondes d’exposition.

Une opération-test de démantèlement a été effectuée par Tepco, qui a consisté à extraire de la piscine n°4, ou elles sont entreposées et maintenues à faible température, 2 des 1.231 barres de combustibles. Utilisant des moyens de fortune, puisque le système d’extraction a été détruit, Tepco a choisi deux assemblages de combustible neuf, c’est à dire non irradié, pour effectuer une opération de propagande télévisée, devant l’ampleur de la réaction internationale suscitée par la contamination monstrueuse qui résulterait de l’écroulement de cette piscine et de l’exposition du combustible qu’elle contient à l’air libre. Les images diffusées montrent toutefois que des ouvriers ont du manipuler à la main les paniers, une fois ceux-ci soulevés par une grue, ce qui serait exclu s’ils avaient contenu du combustible auparavant extrait du réacteur.

L’attention s’est à juste titre déplacée vers les protestations inédites et massives de la population japonaise, ainsi que vers toutes les questions soulevées par une contamination de l’environnement et de la nourriture dont les mesures officielles continuent de soulever inquiétudes et interrogations. Les détecteurs et l’affichage de leurs mesures sont devenus partie intégrante de la vie courante de nombreux Japonais. Deux réacteurs ont finalement été remis en service, tout le parc nucléaire ayant été auparavant arrêté, et le gouvernement tente d’autoriser la relance d’autres, en dépit des manifestations qui s’enchaînent. Cette obstination vaut à elle seule condamnation de l’électronucléaire, en ce sens qu’elle souligne la toute-puissance de son lobby.

La violence du rejet de l’électronucléaire qui anime dorénavant les Japonais ne fait pas mystère. L’ignorer c’est pour les dirigeants du pays s’exposer à un autre danger que celui dont ils persistent de les menacer.

Toutes les semaines, un rendez-vous de mobilisation est reconduit et rassemble des dizaines de milliers de personnes à Tokyo, souvent venues de tout le pays. Dimanche soir, le Parlement japonais a été symboliquement encerclé par une chaîne humaine, tandis que les mêmes slogans retentissaient dans la foule : « Rendez-nous Fukushima ! », « Arrêtons l’énergie nucléaire » et « Protégeons les enfants! ».

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169 réflexions sur « Fukushima : LE DÉMANTÈLEMENT… DES CERTITUDES, par François Leclerc »

  1. “Une entreprise sous-traitante qui fournit des bras à Tepco, l’exploitant de la centrale, a donné comme consigne à ses ouvriers d’enfermer dans un boitier de plomb leurs dosimètres, afin de pouvoir travailler plus longtemps et ne pas dépasser trop rapidement la limite de l’exposition cumulée autorisée (100 mSv/an).”

    Dingue. Il y a donc des gars à qui on peut demander de se suicider pour un peu d’argent et qui acceptent. Peut-on en savoir plus sur ces ouvriers sous-traitants? Ils sont si pauvres que c’est ça qu’ils doivent accepter ce job ou mourir de faim, ou quoi? Ou alors ils sont inconscients du danger? Je comprends pas…

    1. Mal renseignés sur le danger… Tepco offre des salaires mirobolants dans un zone sinistrée par le tsunami… La mafia japonaise recrute également (les autorités ferment les yeux ?)… Et puis certainement une minorité consciente d’oeuvrer pour le salut de leur pays, au début de la crise, des retraités s’étaient proposés pour travailler sur le site nucléaire, argumentant leur âge avancé… Malgré tout difficile de trouver de la main-d’oeuvre je pense… surtout s’il s’agit de sortir des barres de combustibles à mains nues…

    2. “Dingue. Il y a donc des gars à qui on peut demander de se suicider pour un peu d’argent et qui acceptent.”

      Non, ça correspond à un comportement assez ordinaire qui consiste à préférer ne pas savoir. Pour ce qui est des dangers auxquels on a l’habitude d’être exposé (habiter dans une pinède ou près d’un volcan, fumer ou conduire une automobile, la règle est plutôt celle d’un comportement irrationnel (même les précautions prises sont en général irrationnelles.)

      Pour ce qui est de la radioactivité on ne voit rien, on ne ressent rien, exactement comme quand on passe une radio ou un scanner.
      Les doses permises par les normes sont arbitraires: qu’elles soient trop élevées, trop faibles ou à côté de la plaque, personne n’en sait trop rien. Il y a là aussi pas mal d’analogie avec les radios et scanners qu’on accepte puisque “c’est pour notre bien” (alors qu’on a pendant des années continué à faire en France des radios des poumons, dans le cadre de la lutte contre la tuberculose qui avait disparue, par simple inertie bureaucratique et/ou lobbying des intéressés.)

      D’après le journal Asahi l’ordre a été donné à 10 personnes de couvrir leur dosimètre, 3 on refusé et ont dénoncé l’entreprise concernée.

      1. Les doses permises par les normes sont arbitraires: qu’elles soient trop élevées, trop faibles ou à côté de la plaque, personne n’en sait trop rien

        Incroyable de penser ça !!!! Certains savent et savent très bien !!!

        Des études ont été menées sur les irradiés japonais d’Hiroshima et Nagasaki et ce pendant des dizaines d’années. Recherchez le terme “Life Span Study”

        Des études ont été menées sur la population biélorusse et ukrainienne, études minimisées par l’OMS car il existe un pacte de non-agression à propos du nucléaire entre l’OMS / ONU et l’AIEA / UNSCEAR. L’OMS affirme que Chernobyl n’a causé que… 50 morts d’irradiations aiguës et 4000 cas de cancers… Accord OMS/AIEA qui empêche aussi la diffusion des informations concernant les enfants de Fukushima… et toute autre information sur la radioactivité planétaire…

        http://www.criirad.org/actualites/dossiers%202007/accord_oms-aiea/Accord%20OMS-AIEA.pdf

        http://www.lemonde.fr/planete/article/2006/04/07/les-chiffres-de-l-onu-sur-les-victimes-de-tchernobyl-auraient-ete-sous-estimes_759215_3244.html

        http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/07/des-enfants-sont-toujours-contamines-a-220-km-de-fukushima_1653568_3244.html

        http://www.universcience.fr/fr/science-actualites/enquete-as/wl/1248100292211/-/

        Les vrais chiffres de Tchernobyl sont là :
        http://www.strahlentelex.de/Yablokov%20Chernobyl%20book.pdf

      2. @GL : “D’après le journal Asahi l’ordre a été donné à 10 personnes de couvrir leur dosimètre, 3 on refusé et ont dénoncé l’entreprise concernée.”

        Merci pour l’info.

        Une interview datant d’il y a 1 an ici sur l’huma: http://www.humanite.fr/05_04_2011-pour-travailler-%C3%A0-fukushima-il-faut-%C3%AAtre-pr%C3%AAt-%C3%A0-mourir-469314

        Extrait de l’interview: “Tepco a dû mobiliser son réseau de sous-traitants pour recruter en urgence dans la région, voire plus loin. D’après les annonces qui circulent sur SMS et qui sont relayées sur Twitter, les salaires offerts tournent autour de 10 000 yens par jour (soit 84 euros), ce qui représente environ le double d’un salaire moyen pour un jeune intérimaire, mais ne présente pas une offre exceptionnelle non plus. Ce qui signifierait que, malgré le sacrifice consenti par ceux qui acceptent de s’y rendre, Tepco continue de ratiociner sur les salaires. La semaine dernière, le Tokyo Shimbun a publié des témoignages de gens qui ont refusé de venir travailler dans la centrale. Un homme de vingt-sept ans avait reçu un SMS avec un salaire intéressant, mais comme il a un petit garçon de trois ans et une femme de vingt-six ans, et il n’a pas eu envie de les laisser tomber, devinant qu’il s’exposerait à un risque élevé de mort prématurée. Témoignait également un homme de cinquantehuit ans qui vit à 40 kilomètres de la centrale et qu’on a appelé en disant : « On cherche des personnes de plus de cinquante ans qui pourraient intervenir dans le réacteur, la paie est beaucoup plus élevée que d’habitude. Tu ne veux pas venir ? » La formulation « plus de cinquante ans » laisse entendre que pour venir travailler sur le site, il faut être prêt à mourir… “

      3. @moi : autant pour moi (le moi de moi-même 🙂 ), les salaires n’ont en effet pas l’air si mirobolants que ça…

      4. Exemple à propos des normes:

        “Eighteen human test subjects were injected with plutonium without informed consent. The tests were used to create diagnostic tools to determine the uptake of plutonium in the body in order to develop safety standards for working with plutonium.

        The episode is now considered to be a serious breach of medical ethics and of the Hippocratic Oath. More sympathetic commentators have noted that while it was definitely a breach in trust and ethics, the effects of the plutonium injections were not as damaging to the subjects as the early news stories painted, nor were they so inconsequential as many scientists, then and now, believe.”

        en.wikipedia.org/wiki/Plutonium#Medical_experimentation

        “L’isotope le plus dangereux est le Pu 238, utilisé dans des générateurs thermoélectriques à radioisotope : un millionième de gramme (microgramme) ingéré et fixé dans l’organisme suffit à délivrer une dose équivalente calculée de quelques sievert. Cependant, cette dose est délivrée sur toute une vie, et correspond à un débit de dose relativement faible (de l’ordre de quelques dizaines de µSv/h) dont les effets sont très mal connus. Les isotopes utilisés dans l’industrie électronucléaire sont dix à cent fois moins radiotoxiques.

        On estime qu’une quantité de l’ordre d’une dizaine de milligrammes provoque le décès d’une personne ayant inhalé en une seule fois des oxydes de plutonium. En effet les test sur babouins et chiens montrent une mortalité de 50 % : au bout de 30 jours avec 9 mg, au bout d’un an avec 0,9 mg et trois ans avec 0,4 mg25.

        L’apparition de tumeurs pulmonaires a été mise en évidence chez le chien et le rat après inhalation de composés peu solubles tels que les oxydes de plutonium : la relation dose-effet mise en évidence comporte un seuil d’apparition des tumeurs pour une dose au poumon autour de 1 Gy22,7. Ce seuil d’apparition des tumeurs correspondrait chez l’homme à un dépôt pulmonaire d’environ 200 000 Bq (soit 87 μg) d’oxyde de Pu 2397.”

        fr.wikipedia.org/wiki/Plutonium#Toxicocinétique

  2. La terre a mis 4 milliard d’année pour se débarrasser de la radioactivité et ainsi permettre la vie.Je ne vois aucune intelligence de l’être humain a le redécouvrir Les forces de la nature resteront les plus fortes nous sommes des éléphants dans un magasin de porcelaine, mais a chaque assiettes qui cassent nous le paieront au centuple.

      1. Oui, oui Rutily et sans la biosphère il n’y aurait pas d’électronucléaire et donc pas d’armes nucléaires non plus (et non inversement…).

      2. @quelqu’un
        “Le manteau terrestre étant chaud, la croûte terrestre laisse filtrer un peu de cette chaleur, cependant la plus grande partie de la puissance géothermique obtenue en surface (87 %) est produite par la radioactivité des roches qui constituent la croûte terrestre (désintégration naturelle de l’uranium, du thorium et du potassium)”
        http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9othermie

      3. Lorsque les poules auront des dents !

        Heu… mince non… vu la radioactivité de certaines régions, elles risquent d’en avoir bientôt au gré d’une mutation…

        Il n’est pas question dans mes propos de certitude ou d’incertitude, je ne fais que relater et relayer des faits. Voir les liens dans mes réponses…

  3. Japon, à la fois patrie de Masanobu Fukuoka et champion technologique et industriel après avoir réceptionné les bombes de Nagasaki et Hiroshima… S’il y avait une intelligence humaine, cosmique ou divine il y a longtemps qu’elle aurait arrêté le massacre. Nous avons déchaîné des forces si puissantes (forces de la matière et forces de l’égotisme) que nous sommes maintenant comme des enfants laissés sans surveillance au poste de commande d’un vaisseau dont tous les feux clignotent au rouge. Malgré de fortes personnalités ou des organisations bien organisées, il semble que les catastrophes écologiques/sanitaires/alimentaires ne sont pas plus évitables que celles financières/économiques.
    Ben non: il semble qu’il n’y a pas de pilote dans le cosmos, et personne pour en faire fonction. A tel point qu’en humant l’odeur des sous-bois on n’en devine même plus le sens et la raison.
    Notre faute, qui a été la raison de l’échec de cette utopie que s’est permise le cosmos avec le genre humain, c’était bien notre égotisme. Du minéral au vivant, de l’ondulatoire au corpusculaire, de la matière à la vie, de la vie animale à l’apothéose humaine, jamais on n’a pu mettre en évidence une forme d’émancipation des lois naturelles. Ce qui n’a pas empêché le genre humain de vouloir façonner selon à sa façon un univers qui ne lui appartient pas mais dont il est redevable.
    Il est peu de nouvelles rassurantes. Le monde de la finance n’a évidemment aucune prédisposition à se montrer raisonnable mais tout compte fait nous pourrions très bien survivre sans lui. Les lobbies industriels (énergie, agriculture, pharmacie) ne renonceront pas si facilement, peu enclins qu’ils sont à envisager l’avenir et le bien-être commun) et pour tout dire le mal qu’il ont déjà perpétré prendra du temps à être réparé.
    Par contre le BOOM de Fukushima et ses développements nous prouvent qu’à présent 1 seule entreprise à elle seule a acquis le pouvoir de détruire la vie non seulement dans son pays mais sur la planète entière. Si auparavant vous aviez des craintes concernant les crevettes tigres du Bengladesh, peut-être dans peu d’années prendrez-vous des bains de mer contrôlés par dosimètres en Bretagne.
    Mais quelle importance si nous sommes incapables de prendre en compte nos interdépendances?

    1. BRAVO !
      Masanobu Fukuoka un grand sage , et scientifique de surcroit !
      On devrait toujours avoir “la révolution d’un seul brin de paille” sur sa table de chevet.
      Dommage qu’il ne soit plus parmi nous pour continuer la lutte contre cette société décadente .

  4. Moi je ne trouve pas que ce soit ridicule d’enlever 2 barres de cette piscine. Cela démontre qu’on sait enlever les barres non irradiés. Sur les 1500 barres contenues dans cette piscine il y a 300 barres non irradiées. Je trouve que si on les retirait cela allègerait d’autant les contraintes que doit subir la piscine (l’uranium est dense) et comme la piscine a été fragilisée cela ne devrait pas faire de mal.

    1. Enlever des barres à la main… malheureusement le ridicule ne tue pas le nucléaire… et si il y a eu reprise de criticité dans la SFP du R4, les barres sont irradiées…

      1. Les barres sont dans un contenaire (appelé panier dans l’article) qui doit contenir de l’eau afin que le refroidissement ne cesse pas. C’est ce “panier” qui a été manipulé. De plus ce n’est pas à mains nues: les opérateurs ont des combinaisons de protection contre les radiations et des gants.

        1. Permettez-moi de vous suggérer de prendre leur place. De quel niveau de contamination et de quels radio-éléments ces combinaisons et gants protègent-ils ? Vous n’êtes pas sérieux ! Quand aux paniers, je maintiens. Ils sont placés dans un container après avoir été extraits de la piscine.

      2. Panier d’assemblage (fuel assembly) :
        http://fukushima-informations.fr/?p=2323

        Maintenant photo du “bidule” sorti par les “ouvriers” de la SFP du R4 de Daïchi :
        http://gen4.fr/wp-content/uploads/2012/07/Ashampoo_Snap_2012.07.20_14h57m41s_001_-1024×682.png

        A vous de voir…

        Seules les radiations alpha sont arrêtées par les gants en caoutchouc ou par les combinaisons blanches des “ouvriers”, pas les autres…

        Les paniers de combustibles usagés (ou neufs irradiés…) ne sont jamais remis à l’air libre, ils voyagent entre les 2 piscines et le réacteur grâce au pont suspendu via un “canal” rempli d’eau lui aussi, ils doivent toujours rester dans l’eau, sous peine de les voir chauffer et irradier… méthodes totalement inutilisables dans les R3 et R4 car les bâtiments et les équipements sont bien trop endommagés… surtout le R3 où le pont roulant est… tombé dans la piscine (il pèse plusieurs dizaines de tonnes)…
        http://gen4.fr/2012/07/pourquoi-tepco-voulait-recuperer-rapidement-quelques-assemblages-neufs-de-la-piscine-n-4.html

      3. @ François Leclerc
        Autant pour moi, je n’imaginais pas que l’on puisse retirer une barre de combustible sans lui assurer un environnement liquide en permanence, c’est en tous cas ce que j’aurais préconisé. Il est vrai qu’il s’agit de barres non irradiées donc normalement très peu radioactives, mais si on a un doute sur l’activité des autres éléments et leur influence sur ces barres ce n’est pas conforme de les sortir de cette manière.

        Vous me proposez de prendre la place de ces travailleurs, je ne comprend pas votre réaction. Si c’était moi qui avait demandé à ces personnes de faire ce travail, je comprendrais votre remarque. Je suis un observateur extérieur, ce que je dis ne peut aucunement influencer ce qui se passe là bas, et me faire ce genre de remarque c’est exercer une sorte de censure moralisante.

        Ceci dit ces travailleurs ont été soumis à une dose de radioactivité de l’ordre de 1 milisievert, j’ai subit des doses de cet ordre au cours de ma carrière (pas en une fois il est vrai) et si je pouvais faire un travail utile pour améliorer la situation de Fukushima en contre partie d’une dose de ce genre je le ferais volontier.

      4. @Learch

        “Seules les radiations alpha sont arrêtées par les gants en caoutchouc ou par les combinaisons blanches des « ouvriers », pas les autres”

        Les barres sont constitués d’Uranium légèrement enrichi, cet uranium émet principalement du rayonnement alpha et du rayonnement gamma à très faible niveau. c’est une des raisons qui font que l’uranium est même utilisé comme bouclier contre les radiations:

        238U is also used as a radiation shield – its alpha radiation is easily stopped by the non-radioactive casing of the shielding and the uranium’s high atomic weight and high number of electrons are highly effective in absorbing gamma rays and x-rays. It is not as effective as ordinary water for stopping fast neutrons. Both metallic depleted uranium and depleted uranium dioxide are used for radiation shielding. Uranium is about five times better as a gamma ray shield than lead, so a shield with the same effectiveness can be packed into a thinner layer.

        http://en.wikipedia.org/wiki/Uranium-238

        L’uranium présente peu de risques du fait de sa radioactivité. Sa toxicité radioactive ne représente qu’un centième de sa toxicité physicochimique, elle-même comparable à celle d’un élément lourd comme le plomb.

      5. Ce que vous rappelez est juste… mais, comme je le sous-entends un petit peu plus haut, et je pense que vous faite semblant de ne pas avoir compris, je vous rappelle que nous parlons là d’unités nucléaires qui ont été gravement endommagées par un tremblement de terre, un tsunami et une explosion.

        Explosion du réacteur 4 très étonnante puisqu’il n’y avait pas, d’après Tepco, contrairement aux autres réacteurs, de barres de combustibles à l’intérieur de ce dernier. Par contre il y avait, et il y a toujours, dans la piscine de désactivation 1535 assemblages de combustibles, pour un poids total de 264 tonnes (1534 puisqu’ils en ont sortie une). Dont un gros pourcentage de barres utilisées (radioactives).

        Donc l’explosion du R4 n’était pas une explosion d’hydrogène (réacteur vide en position “off-maintenance”). Si rien ne pouvait provoquer une explosion dans le réacteur, d’où venait-elle ? Elle a quand même détruite le toit du bâtiment du R4, elle a déformée les murs extérieurs et surtout elle s’est terminée par plusieurs incendies. Pas besoin de sortir de Saint-Cyr : seules les combustibles des piscines ont pu générer une réaction explosive.

        Et maintenant vous pensez encore que les barres de combustibles neuves sorties par les pauvres gars ne sont pas sources de radiations ? Je suis certain que vous êtes plus intelligent que ça.

        D’ailleurs, un indice me semble le prouver… Tepco a tenu à filmer l’ensemble de l’opération sauf la sortie proprement dite… bizarre, non ?

      6. @Learch
        J’ai bien dit qu’effectivement la procédure employée n’était pas correcte, et j’ai indiqué que c’était surtout parce qu’on pouvait avoir des doutes sur l’activité des autre éléments et sur leur influence sur les barres neuves.

        Cela veut dire qu’il a fallu une dérogation pour cette procédure et j’ose espérer que la procédure dérogatoire prévoyait une mesure de la radio activité des barres, une fois celles ci sorties de l’eau avec la grue et avant qu’on les manipule à la main.

        Les travailleurs ont reçu une dose de 1 milisievert qui est 100 fois supérieure à la dose qu’ils auraient du recevoir avec de l’uranium non irradié. Donc il y a bien eu de l’activité ou des barres de combustible usées qui se sont détèriorées. Mais la dose qu’ils ont reçu reste une dose faible.

      7. @ Rutily, Reiichido

        Alors les Dupont Dupond en service bénévole ca va ? Sont impayables ces deux la. Alors tu ne veux pas prendre tes gants et ton joli tablier blanc pour aller nettoyer toute cette merde ? Tsssss !

        ce que je dis ne peut aucunement influencer ce qui se passe là bas, et me faire ce genre de remarque c’est exercer une sorte de censure moralisante.

        Si mon grand, le monsieur y te parle comme il veut, et il a bien raison de t’inviter à mouiller un peu le maillot, vu qu’en contre partie il te laisse tranquillement répandre tes propos ahurissants qui sont selon moi de véritables insultes à tous les êtres humains qui sont engagés dans ce nettoyage de ce truc débile pour chauffer de l’eau qui pue la mort, tu sais comme elle : invisible, sans odeur, méticuleux, qui prend tout son temps si besoin, la mort quoi, c’est marqué dessus en plus en jaune et noir. Y a que les gogos irradiés du caisson qui ne comprennent pas ce genre de dessin destiné à être assimilé facilement par des enfants de 7 ans, c’est te dire hein.

        Une censure moralisante avec des gars comme vous les Dupont Dupond ? Elle est bonne celle là ! Cette bonne blague, y a longtemps que ça vous passe au dessus de la tête. Depuis le temps qu’on essaye de vous ouvrir les yeux sur le sujet, c’est risible. A la revoyure les neutrinos.

      8. Mais la dose qu’ils ont reçu reste une dose faible.

        Passez moi la cuvette, faut que je vomisse.

      9. En France, 1 mSv correspond à la dose maximale ANNUELLE admissible pour le public en général.

        http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/LimitesDoses.htm

        La dose maximale perçue pour un travailleur du nucléaire français est de 20 mSv/annuel avec un maximum de 1,5 mSv par mois…

        Vous dites que ces ouvrier japonais ont reçu 1mSv, d’après le blog Gen4, la barre retirée mordait à 2 ou 3 mSv/h… mSv par HEURE.

        A vous de voir si la dose reçu par ces ouvrier japonais est faible…

        Ceci en omettant volontairement de dire que le Sievert est une unité à utiliser avec des coefficients suivant le type de rayonnement reçus et le type de tissus cellulaire qui reçoit…

        Si nous conservons l’hypothèse d’une reprise de criticité au sein de la SFP du R4, les rayonnements doivent être de différentes natures et pas tous détectables avec les appareils que les ouvriers de Fukushima ont sur eux (d’autant plus s’ils utilisent des cachent en plomb mais passons)…

      10. @Learch
        Je dis qu’ils ont reçus une dose de 1 msievert et vous dites que la barre retirée avait une radio activité de 2 ou 3 msieverts par heure.
        Je ne vois pas de contradiction, vous avez une dose totale et une fenêtre de taux d’irradiation, vous pouvez même calculer une fenêtre de temps d’exposition et vous arriverez à des temps crédibles surtout si on considère que l’on peut faire touner les intervenants pour limiter leur exposition.

      11. Et bla bla bla… mais bien sûr Rutily, les doses émises par ces barres sont minimes, les doses reçues par les ouvriers aussi, tout va bien, Tepco a été nationalisé maintenant ils gèrent mieux les problèmes, les coriums en fusion vont être bientôt récupérés à mains nues par des plombiers polonais, l’eau radioactive ne s’accumule pas dans des cuves ou au fond de la centrale, ne va pas dans l’océan, le total de Bq rejetés par Fukushima depuis mars 2011 c’est de la roupie de sansonet et ce n’est pas plus dangereux que les pets de ma grand-mère, Tepco a été nationalisé maintenant les japonais payent pour être irradiés mais très peu n’est-ce pas Rutily pas de quoi se faire retourner Mme Curie dans sa tombe, Fukushima n’est pas une catastrophe mais un accident voir un incident, la preuve c’est écrit dans le Figaro, la preuve Besson et Sarkozy l’ont dit, tout va bien dans le meilleur des mondes, dormez sur vos deux oreilles, le nucléaire c’est nécessaire, le nucléaire c’est un honneur pour la France, le nucléaire nous protège des envahisseurs avec ses têtes d’ogives, le nucléaire c’est l’avenir d’ailleurs la preuve tout devient électrique, c’est merveilleux… malheureusement ces imbéciles d’écolos et d’amoureux de la vie tout court n’y comprennent rien, ils veulent revenir au moyen-âge, ils sont tous d’extrême-gauche, ils veulent mettre des milliers de personnes au chômage… et bla bla bla…

    2. @ Rutily

      Quelque soit votre expertise proféssionnelle, les commentaires irrités de François Leclercq que nous lui pardonnons , il n’en demeure pas moins que cet accident crucial ajouté à d’autres pépins sérieux pose légitimement la question de cette filiaire, de son maintien, à terme et de sa sécurité pour les populations civiles.
      Le bon sens interdit tout de mème de justifier un risque pris par une impasse technologique, dont l’aspect économique fut décisif; au Japon comme ailleurs.
      On ne peut, hélas, objectivement dire que la transparence soit la règle en ce domaine, tant sur les couts de démentélement, les risques, les déchets, leur recyclage …………….on le voit bien au sujet de Fessenheim.

      1. Bonjour bernard laget
        Il est évident que cet accident est une catastrophe, il est évident qu’il a été mal géré par TEPCO, par le gouvernement Japonais, par le Japon. Je l’ai dit ici même au bout de 48 h et c’était loin d’être évident à l’époque, au moins pour les lecteurs du blog qui pensaient que les japonais faisaient ce qu’ils pouvaient. Il est clair que les responsabilités sont à la direction et pas aux travailleurs qui font ce qu’on leur dit de faire.

        Cela n’empêche pas que des propos du genre: “il suffit de quelques micro gramme de plutonium pour tuer un homme et il y a plusieurs tonnes de plutonium à Fukushima donc l’ensemble de l’humanité est en danger” sont des propos malhonnête qui visent à faire d’un accident local un accident planétaire et qui joue sur la méconnaissance pour faire peur.

        Tous les propos du genre ne sont pas aussi extrèmes que celui que j’ai mis en exergue pour faciliter la compréhension de mon point de vue, mais ils existent à des degrés divers et sont parfois répété par des personnes de bonne foi. Si j’estime pouvoir rectifier des exagérations je le fais, et si je me trompe, on me corrigera. Vous ne ferez pas une bonne évaluation de la situation en exagérant certaines menaces.

        La piscine n°4 est certainement la menace la plus grande du site de Fukushima, mon propos initial était simplement de dire que si on pouvait enlever les barres de combustibles neufs, cela me semblait réduire la menace. Si on exagère la menace de la radio activité de ces barres et qu’on ne le fait pas, on risque de le regretter amèrement lors du prochain seïsme un peu sévère.

      2. L’ensemble de l’humanité, non… mais l’ensemble des humains habitant dans l’hémisphère nord de cette belle planète vont devoir apprendre à vivre avec les sieverts (pas uniquement à cause du plutonium) si jamais le R4 s’écroule… et verront certainement leur espérance vie diminuer… si je devais placer mon argent, j’achèterai les actions des firmes qui fabriquent des médicaments pour les problèmes cardiaques ou les cancers des poumons, de l’estomac et de la peau (humour noir désespéré car je suis certain qu’il y en a au moins un dans une banque quelque part qui pense sérieusement cela)…

        Et ce sera encore pire que ça si jamais les 3 coriums (ou seulement un des 3) ont percés le radier les isolant du sol sous les centrales ou les isolants de l’océan…

      3. @Rutily
        Vos propos sont exsangue d’émotion. C’est un exercice ardu. Méfiez-vous de la raison, trop concentrée elle devient instable.

      4. “Il est évident que cet accident est une catastrophe, il est évident qu’il a été mal géré par TEPCO, par le gouvernement Japonais, par le Japon.”

        Cette catastrophe démontre deux choses:
        1) Bien que ce soit extrêmement rare il se produit des catastrophes qu’on ne sait pas prévoir ou dont ceux qui sont chargés de les prévoir acceptent le risque pour nous
        2) Même quand ces catastrophes se produisent on n’arrête pas les centrales où les même causes vont – un jour ou l’autre mais sans qu’on sache quand – produire les mêmes effets et éventuellement des effets encore plus graves.

        On aboutit donc à des règles de sécurité très nombreuses et très tatillonnes donc très coûteuses qui peuvent donner à certains le sentiment d’une grande sécurité mais qui ne prennent pas en compte les catastrophes les plus graves parce que ça coûterait trop cher. Ceci s’applique à tous les pays, quels qu’en soient les moyens techniques et financiers, quel qu’en soit le type de gouvernement, etc.

      5. @Rutily
        Sur le fond de mon intérrogation vous n’avez pas répondu
        elle se résume en clair : ” Peut t’on faire confiance aux hommes et femmes de l’art du nucleaire ? ”
        J’ai ajouté : “Femmes” en pensant aux premières déclarations de madame Lauvergeon à propos de Fukushima, la patronne d’Areva ( multinationale de la filière nuclueaire) ayant loupé une bonne occasion de se taire.
        Il y a une quinzaine d’années, le naif que je suis, épaté par la modernité, le besoin d’électricité, la pollution des centrales au charbon, les postes de commandes futuristes des centrales nucléaires, l’ignorance économique de cette filiaire, aurait probablement défendu l’électronucleaire. Cet aveuglement entretenu par une technocratie de spécialistes en cols blanc a été mis à mal depuis, et je crois aupres du grand public en terme de capital confiance.
        Il ne s’agit donc pas de compter les fautes de Tepco dans la conception des centrales, la gestion parfois héroique de l’accident, polemiquer sur les doses irradiantes, mais bien de réflechir à la concentration et délégations de prises de risques.
        Apres tout, l’ensemble financier, construction, exploitation, démentelement, traitement des déchets est financé via les états par les utilisateurs-contribuables. La délégation de risques aussi concentés est désormais au coeur des débats citoyens, tout en mesurant le besoin d’énergie électrique qui devient un moyen de préssion politique du ” lobby” nucléaire.

        Il me semble, qu’il existe un champ de réflexion concernant la concentration-monopolisation de la production distribution d’énergie électrique. Il est probable qu’une production-distribution locale ( comme celle de l’eau) repose ipso facto l’existence dans un réseau non maillé de grosses unités de production ………..Concentrer la production ne concentre t’il pas fatalement les risques, les hommes étant ce qu’ils sont………………comme disait l’autre.

      6. @ bernard laget
        Je n’avais pas envie de répondre à votre question, car je n’ai aucune compétence particulière pour y répondre. J’ai mon opinion personnelle qui résulte de mon histoire et de mon interaction avec quelques personnes, mais cette opinion ne vaut pas plus que celle d’un Dr Georges Clownet c’est dire. Mais j’ai décidé de vous la livrer.

        Je pense qu’il n’y a pas de problème de confiance particulier pour le nucléaire et les personnes que j’ai rencontrées étaient plutôt au top niveau de ce point de vue là. Mais dans toute organisation il peut y avoir des exeptions et il faut alors que celle-ci puisse résister à ces cas particulier. Le nucléaire Français me semble remplir ces conditions.

        Mais une activité comme le nucléaire doit être plongée dans un environnement sociétale d’un niveau suffisant, il faut que la société “en général” qui est autours atteigne un certain standard.

        Ce standard on l’a encore en France mais il se dégrade. Je peux donner quelques indices de cette dégradation : EDF était un service public, c’est ce qui a permis une gestion admirable de la sécurité et de la transparence dans le nucléaire en France et c’est ce qui explique qu’il a été mieux accepté qu’ailleurs. Mais l’influence anglo saxonne relayée par la communauté européenne a exigé qu’elle soit privatisée et soumise à une concurrence pure et parfaite. Depuis la mission d’EDF est devenue plus complexe et la sécurité rentre en conflit avec le profit. L’affaire des sous traitants n’aurait pas eu lieu avec EDF service public.

        Si on regarde de manière plus large, on constate avec stupeur que des résultats établis en suivant l’approche scientifique, c’est à dire avec une publication dans une revue qui nomme des référés avant d’accepter l’article, ces résultats donc, sont mis en balance avec de simples opinions! c’est comme si on décidait de voter les théorèmes au lieu de les démontrer. C’est pour moi un indice fort de dégradation de la société.

        Dans le même genre d’idée vous pouvez constater que les professeurs ne sont plus respecté par les élèves, que l’ont fait des procès aux médecin ou pour quelque mobile que ce soit car il faut toujours qu’il y ait un responsable lorsqu’il nous arrive quelque chose de désagréable.
        Or on a plus besoin d’ouvriers, de techniciens, de paysans et d’ingénieurs que de juges de financier de traders et d’avocats.

        Je ne dénigre pas ces dernières fonctions, les avocats, par exemple, sont très utiles: les budgets de la justice devraient êttre augmentées, l’état des prisons en France est une honte, quand on est condamné à perdre sa liberté, on est pas condamné à perdre sa dignité. Mais si on a besoin de tant d’avocats c’est que la société se dégrade.

        Si la société continue à se dégrader, si on arrive pas à maintenir une certaine vertue, alors oui il faudra arrêter le nucléaire. Mais j’espère que d’ici là on aura développé des réacteurs hybrides, au thorium et aux sels fondus, intrinsèquement sûr. C’est une sorte de course contre la montre!

      7. @ Rutily !

        Alléluia, Hosanna au plus des cieux, qu’importe la route, car elles mènent toutes à Rome, et la lumière fut (il aura fallu un gros générateur quand même…) . Malgré vos chemins de traverses, et vos raisonnement spécieux et retors vous venez, et c’est bien l’essentiel, je vous bénis mon fils, à la raison des irradiés. Amen !

        alors oui il faudra arrêter le nucléaire

        Je vous le confirme, bienvenu mon frère 😀

      8. “c’est ce qui a permis une gestion admirable de la sécurité et de la transparence dans le nucléaire en France”

        Ouarfff !!! lol

        ” il faut que la société « en général » qui est autours atteigne un certain standard”

        Donc pour éviter un problème dans une centrale, il faut qu’elle soit dans un pays ou la société à atteint un certain standard… il y a des réacteurs en Chine, en Iran, au Congo, en Libye, à Cuba, au Bangladesh, en corée du Nord, au Kazakhstan, en Syrie… mais tout va bien mme la marquise… d’un autre côté c’est quand même bizarre que ce soit dans les pays ou la société avait un certains standard que soient arrivés les accidents majeurs (USA, Russie, Japon), ce qui prouve que votre constatation est très juste.

        “Mais j’espère que d’ici là on aura développé des réacteurs hybrides, au thorium et aux sels fondus, intrinsèquement sûrs

        Ouarf !! Non là je crois que vous avez oublié de vous protéger du soleil estival en vous munissant d’un couvre-chef, maintenant c’est malin vos deux hémisphéres se sont ramollis et vous pensez à la vitesse d’un macaca fuscata, animal que j’apprécie par ailleurs, ayant bu de l’eau dans une fontaine tokyoite.
        Oser affirmer que l’espérance est dans les surgénérateurs !!! Alors que certains éléments constitutifs n’ont même pas été modélisés, que les ingénieurs américains travaillent dessus depuis des lustres sans jamais avoir réussi à mettre le bazar au point, alors qu’un surgénérateur utilise des tonnes de Plutonium, alors que les surgénérateurs construits ont fait des flops retentissant (Superphénix en phase de désassemblage, Monju accidenté au bout de quelques mois et arrété depuis 15 ans etc…), alors que certains nobélisés ont émis des réserves sur ce procédé (Charrpak, De Gennes) , alors que le refroidissement est assuré par des produits hautement inflammables (sodium, gaz…), alors qu’un surgénérateur accidenté explosera comme chernobyl mais avec des conséquences bien plus grandes et plus graves… pffff … Dire que les chinois vont se lancer la dedans 🙁 vu le niveau de la société chinoise, ils vont faire ça à l’emporte pièce, du genre “on verra bien, testons sur le terrain”, ça risque d’exploser et vu l’extrême transparence qui ne manquera pas d’être appliqué dans ce pays, nous saurons tout !!! Merci Rutily pour ces mots d’espoir…

      1. @ Rutily

        Je remercie l’ancien éleve de De Broglie d’avoir tenté une réponse, alors que je le “provoquais” sur la sécurité nucléaire et l’avenir de cette filiaire, filiaire dont nous savons votre expertise; et que vous vous exposez à défendre avec courage sur le Blog.

        Si je vous entends bien vous méttez l’accent “sociétal” sur la dégradation des compétences du personnel recruté ( en France) dans l’ingénerie nucléaire. Argument de plus à ceux qui font valoir que cette filiaire ne supporte pas les moindres impasses (techniques, humaines) au titre de la rentabilité, mais vous en convenez aussi.

        Nous aurions pu aussi convenir, que l’énergie tapie dans les noyaux pour produire ( en l’état de la technologie) de la chaleur n’en est qu’à ces débuts et savourer la réflexion d’Einstein sur la fission servant de bouilloire à la dite filiaire. J’ai constaté chez des proches qui travaillent dans l’électro nucléaire, (Marcoule) y gagnent donc leur vie, une fierté qui les poussent avec bien des arguments à considerer Tchernobyl, F.M.Islands, et Fukushima comme des “hocquets”, des péchés de jeunesse de la dite filiaire.

        Je ne sais ce qui poussa le sympathique G.Charpack a bouder les éfforts de recherche consentis pour la fusion, séduisante domestication terrestre de ce qui se passe au coeur des étoiles, sans limitation de principe tenant aux minerais ?

        Il n’est pas impossible que la technologie atomique arrive, sans l’effet photoélectrique à faire circuler les électrons; …………….ou autres hypotheses à venir ou existantes, je pense aux piles à combustibles tributaires pour l’instant du cout de la production d’hydrogene.

        Toutes pistes qui à ceux qui connaissent et apprécient les qualités de l’énergie électrique pourraient un jour rendre préhistoriques les “Bouilloires” en service dans le monde.

      2. Je n’ai jamais dit que j’étais un ancien élève de De Broglie : Il avait remarqué ma thèse parce que j’avais fait une publication dans les annales de la fondation L. de Broglie. Je ne savais pas qu’il avait classé ma thèse dans ses papiers importants avant de le découvrir par hasard sur internet.

        Je met l’accent “sociétal” mais pas sur la dégradation des compétences, celle ci même si elle existe peut être corrigée par de la formation. Ce serait plutôt une propension à ne pas se mettre la barre assez haut, à ne pas être assez exigeant vis à vis des autres et vis à vis de soi, à avoir le caractère de résister aux demandes des patrons, même si son emploi est en jeu… etc. Une société qui est laxiste en général ne favorise pas ce type de comportement.

        Je ne suis pas un expert de la filière nucléaire. Je suis un expert de la sécurité, n’importe quelle sécurité : J’ai travaillé aussi bien dans le militaire, pour la sécurité des jeux Olympiques de Pékin, pour la sécurité du signal gouvernemental des satellites Galileo qu’avec le CEA pour Laser Mégajoule et une foultitude d’autres projets plus petits.

        Je pense que Charpack avait raison de critiquer ITER : si nos ressources étaient infinies aucun problème. Mais si on doit faire une affectation de ressources rares, il est trop tôt pour faire des dépenses à ce niveau. C’est aussi un signe de la dégradation de nos sociétés, on passe à la réalisation avant d’avoir fini la mise au point (les américains par exemple produisent en série le F35 avant d’avoir fini les essais en vol) on croit qu’on va pouvoir faire mieux que les méthodologies les plus éprouvées.
        Mettre au point des surgénérateurs est à peu près 100 fois plus facile que mettre au point ITER.

      1. A.Gundersen, dernières nouvelles de Fukushima, interview par H.Caldicott 27.07.2012
        Extraits;
        – Une rupture du confinement primaire de l’unité 2 a permis à des particules de combustible nucléaire de s’échapper par une brèche entre le drywell et la chambre torique de suppression, emportées par l’eau injectée en grande quantité pour tenter de refroidir le corium, le combustible en fusion.
        Ces particules reposent sur le sol de béton, dans l’enceinte qui abrite le tore, dégageant une radioactivité des dizaines de fois supérieure au seuil mortel pour l’homme, rendant la décontamination et le démantèlement de la structure impossible avant des dizaines voir des centaines d’années.

        – Du fait que les quatre réacteurs (ou la piscine pour le 4) contiennent du combustible ayant été irradié, chacun recèle (recelait..) environ 1 TONNE de plutonium 239, en plus des 30 assemblages de MOX présents dans le réacteur 3.

        – La contamination radioactive de l’air continue, principalement par les unités 2 & 3, bien que beaucoup plus faibles que les niveaux des premières semaines et mois. Voir par exemple les fumées dégagées le 27 Juillet.
        Mais le plus inquiétant reste la contamination liquide par les bâtiments qui continuent de fuir dans la nappe phréatique et dans l’océan.
        Des poissons d’eau douce montrent des niveaux de contamination très élevés, et que ce soit dans le milieu marin ou dans les rivières, cette situation va durer des années.

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