Archives de catégorie : « Défense et illustration du genre humain »

« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (VI), en librairie le 16 mai

Nous organisons notre vie autour d’une idée de « la personne que je suis », qui s’articule tout entière autour d’un cœur qui est ce discours autobiographique que nous bâtissons à partir de la lecture que nous faisons, avec toujours un temps de retard, de nos propres actes. Un discours qui, pour qu’il ait valeur convaincante auprès d’autrui, est réorganisé en fonction des exigences de cette raison qui nous aide à y mettre un peu d’ordre et à y lire la cohérence qui aurait présidé, en principe, aux décisions que nous affirmons prendre, à partir d’une image très floue en réalité de la véritable identité du « nous » en question.

Faudrait-il, à l’instar des transhumanistes, prendre au sérieux les hautes aspirations que lalangue et la rationalité combinées nous ont soufflées à l’oreille et nous débarrasser de ce corps indigent que la biologie, façonnée au fil des générations par la sélection darwinienne, nous a légué et qui, bien plus encore qu’un handicap, constituerait le véritable obstacle à leur réalisation ?

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« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (V), en librairie le 16 mai

Nous nous trouvons jetés à la naissance au sein du chaos de la comédie humaine, dont nous découvrons sans tarder qu’elle s’apparente souvent à une très mauvaise farce. Nos efforts ensuite sont à proprement parler héroïques pour lui trouver du sens alors que, plus les données s’accumulent, plus elle se révèle au fil des années, n’avoir en réalité ni queue ni tête. Lacan dit en son temps que « le Moi est paranoïaque » et rien n’est plus vrai : notre tendance naturelle est d’attribuer telle ou telle intention ou responsabilité à tel ou tel personnage ou force naturelle qui n’y sont strictement pour rien, de découvrir de la signification au sein du monde bien au-delà de celle qui s’avère être effectivement là.

Nous y tenons mordicus : tout cela s’explique, et si cela ne s’explique pas, c’est qu’on nous le cache soigneusement. Cette prédisposition à croire que tout s’articule selon un plan qu’il ne nous reste qu’à faire émerger en surface appartient sans conteste à ces traits de notre nature qui font que notre espèce est, au moment où j’écris, toujours présente. Ce qui faisait sens, nous l’avons découvert, mais c’est parce que nous ratissions large : le filet de la rationalité capture pas mal de poisson, mais bien moins que nous ne l’imaginons dans nos rêves les plus fous de signification profonde.

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« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (IV), en librairie le 16 mai 2018

Face à cela, qu’ai-je proposé quant à moi ici ? Notre sort passé et futur déterminé par six axes-clés et treize personnages qui les mirent à jour et qui en furent l’incarnation. Par ordre chronologique : Confucius, Socrate, Aristote, Paul de Tarse, Machiavel, Shakespeare, Hegel, Victor Hugo, Nietzsche, Freud, Mao, Taubes et Xi Jinping et de six axes-clés :

1° la déchirure qui traverse le sujet humain, entre ce qu’il entend faire et les tâches et les entraves que lui imposent d’une part la reproduction de l’espèce, et d’autre part son propre instinct de survie, qui s’assimile à vivre suffisamment longtemps pour s’être acquitté de ses devoirs envers la reproduction de l’espèce,

2° la Raison comme guide du comportement, petite voix intérieure autonome par rapport aux exigences des dieux que nous nous sommes inventés,

3° le devenir inéluctable, moteur constitutif de l’Histoire, mêlant les grandes forces naturelles et les actes des hommes dont ils imaginent qu’ils sont le produit de leur volonté, alors qu’ils viennent de beaucoup plus loin,

4° la capacité individuelle à infléchir le cours de l’Histoire,

5° le parcours global du genre humain qu’est l’Histoire, résultant des effets collectifs et spécifiques de l’extraordinaire éventail des particularités individuelles que l’on observe chez ses représentants, soit ce que l’on peut caractériser comme la Raison dans l’Histoire,

6° la possibilité de coordonner les comportements humains grâce à des injonctions : des rites, de la morale, des lois.

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« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (III), en librairie le 16 mai 2018

Passons maintenant à Harari. L’historien nous dit dans Homo Deus que notre sort était jusqu’à récemment déterminé par la combinaison de trois fléaux : la famine, les épidémies et la guerre. Ils ont tous trois disparu mais nous continuons de nous comporter comme si leur menace planait encore sur nous. Réveillons-nous alors au monde tel qu’il est vraiment et qui est véritablement le nôtre !

Soit, mais rien, absolument rien, n’interdit à ces fléaux d’être de retour demain. Quant à l’argent, dont Harari nous assure qu’il s’agit de simples paroles auxquelles nous accordons foi, de la même nature mais sans plus que ces récits autobiographiques dont nous régalons autrui à notre propre sujet, s’il peut avancer cela, c’est seulement parce que nos monnaies sont aujourd’hui fiduciaires : fondées sur la confiance, or si la famine, les épidémies et la guerre devaient revenir en force, gageons que la confiance s’évanouirait aussitôt et que seul l’or sonnant et trébuchant vaudrait encore, renvoyant aux oubliettes les anciennes monnaies qui ne se fondaient sur rien de plus que des mots prononcés.

(à suivre…)

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« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (II), en librairie le 16 mai 2018

Je commence par les thèses de Todd. Les comportements humains, dit-il, s’expliquent en première instance par les formes familiales, en deuxième instance par les religions, en troisième instance par l’éducation, et en quatrième instance, par l’économie ; il mentionne aussi quelquefois la nation dans ces déterminations (Todd 2017 : 12). Il insiste souvent sur le fait que l’opinion commune dans nos sociétés est que l’économique constitue la détermination première, alors qu’il la place lui, en dernier.

Entrons dans les détails du mécanisme. Une attitude, une conception du monde, un comportement, s’expliquent par la forme familiale qui prévaut. Les religions sont venues se déposer sur cette fondation, elles viennent s’associer à la détermination simple par la famille, les deux « co-évoluent », affirme Todd : « parler d’une coévolution de la famille et de la religion est sans doute la bonne formulation » (Todd 2017 : 21). Tout être humain est par ailleurs plus ou moins éduqué. Les circonstances économiques, de leur côté, évoluent.

Les déterminations les plus fondamentales sont aussi les plus anciennes : cinq mille ans pour les formes familiales, quelques milliers d’années pour nos grandes religions monothéistes. Quant à l’économie, elle change au rythme plus rapide de la cinquantaine d’années : « En arrondissant, disons que le conscient économique fonctionne à l’échelle de 50 ans, le subconscient éducatif de 500 ans, l’inconscient familial de 5 .000 ans » (ibid. 23).

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« Défense et illustration du genre humain », Conclusion (I), en librairie le 16 mai

Le moment de conclure est aussi celui où l’on répare sa négligence éventuelle dans les pages qui ont précédé : ai-je tout dit, et ce que j’ai dit, l’ai-je dit aussi clairement qu’il aurait fallu le faire ? Et pour éviter tout malentendu – et pour faciliter la tâche de ceux qui lisent les essais comme s’ils étaient des romans policiers, en commençant par la fin – redire l’essentiel de manière explicite, en mettant tous les points sur tous les « i ».

Mais comme un préalable, j’examinerai les différences qui existent entre Défense et illustration du genre humain et deux ouvrages dont les propos sont à première vue apparentés aux miens ici.

Dans Où en sommes-nous ? Emmanuel Todd met en évidence les déterminations sociologiques (formes familiales, religions, niveau et type d’éducation) qui sont les nôtres, dans le but de faciliter les projets de réforme ambitieux qui demandent que soient levées de telles barrières, ou pour prouver peut-être qu’elles demeureront malheureusement à jamais baissées.

Yuval Noah Harari interroge lui, dans Homo Deus, l’histoire de notre espèce pour dénoncer les pièges dans lesquels elle a déjà eu l’occasion de tomber et risque de retomber.

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« Défense et illustration du genre humain », sortie le 16 mai


Oups ! il s’est passé quelque chose de tellement stupide que je n’ose même pas vous dire ce que c’est (rien à voir avec moi heureusement !), toujours est-il que le livre paraîtra une semaine plus tard qu’initialement prévu : report du 9 au 16 mai. (Pourvu que ça ne fasse pas la différence entre pas-extinction et extinction 😉 )

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