Archives de catégorie : Éthique

Rencontre avec Paul Jorion : « L’extrême-droite économique, une menace pour la démocratie », Foire du Livre Politique de Liège, le 8 novembre 2014

Un entretien avec Steve Bottacin. Cela date d’il y a quelques mois, mais ce n’est peut-être pas tout à fait 😀 sans lien avec l’actualité.

Rencontre avec Paul Jorion :
« L’extrême-droite économique, une menace pour la démocratie »,
Foire du Livre Politique de Liège, (8 novembre 2014),
à l’initiative des Territoires de la Mémoire

STEVE : En Belgique, avant-hier, [le 6 novembre 2014], une grande manifestation a réuni à Bruxelles 120.000 personnes contre les propositions du nouveau gouvernement. Celui-ci a annoncé qu’il était ouvert au dialogue mais qu’il importait de maintenir son programme. Ça m’a rappelé quelques souvenirs de manifestations monstres et de grèves générales en Grèce, notamment entre 2009 et 2011 : 13 grèves générales à ce moment-là… et une austérité qui est maintenue contre vents et marées par le gouvernement. Est-ce que j’ai raison de faire ce parallèle entre l’austérité à la grecque et, maintenant, l’austérité à la belge ?

PAUL : Oui, parce qu’il faut savoir que l’austérité, c’est un programme politique davantage qu’économique. C’est une façon de situer le politique comme étant par nécessité dicté par une logique économique, qui ferait qu’il n’y a qu’une seule approche possible des problèmes. C’est le fameux « There is no alternative » de Madame Thatcher (je prends même son accent involontairement en le disant)…

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Devenir des robots pour ne plus souffrir de la condition humaine, par Pascal

Billet invité

Tiré du documentaire d’Arte de 2012.

Pierre Dardot, professeur de philosophie (retranscription en italique)

« On construit la fiction d’un individu-cerveau, c’est-à-dire d’un individu qui est son cerveau et qui dans la mesure où il est son cerveau, doit faire attention au fonctionnement de ce cerveau. Donc, il doit faire attention pour éviter tout dérèglement de ce fonctionnement, et ne doit pas hésiter à recourir à des artifices pour améliorer le fonctionnement du cerveau. Parce que, bien évidemment, ce qui est en jeu ce sont les avantages compétitifs. Ce qui veut dire que les rapports entre les individus sont remodelés de manière à faire prévaloir la norme de la concurrence entre les individus conçus chacun comme étant une entreprise de soi ».

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Tragédie ordinaire de l’existence, par Cédric Chevalier

Billet invité

Je suis peut-être un indécrottable romantique, mais ce genre de nouvelle m’inspire une profonde tristesse :
Le dernier rhinocéros blanc a ses propres gardes du corps.

Même chose pour le dauphin de l’Amazone, qui n’en est pas encore là mais dont je ne donnerais pas cher au cours des 10 prochaines années. Le dauphin d’eau douce chinois a lui disparu corps et âme en 2006. La liste est longue. L’extinction massive des espèces n’est pas une fiction.

Alors ? Difficulté à lâcher prise ? A faire le deuil ? A accepter la tragédie de l’existence ? Ou saine colère face à un événement (la disparition d’une espèce magnifique) qui n’a rien de nécessaire, qui est une aberration éthique et un échec collectif de toute l’Humanité ?

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Corruption : LE LAIT DÉBORDE DE PARTOUT, par François Leclerc

Billet invité.

L’exemple doit venir d’en haut, et les dirigeants espagnols n’y faillissent pas. Il n’y a que du beau linge impliqué dans le nouveau scandale qui secoue la société espagnole, dont un ancien directeur général du FMI, Rodrigo Rato. Précédemment ministre de l’économie et pilier du Partido Popular de Mariano Rajoy dont il avait failli prendre la place, il est présentement conseiller de plusieurs grandes entreprises.

Avec quatre vingt-six personnalités du monde politique et syndical et des milieux d’affaires, membres des conseils d’administration des caisses d’épargne espagnoles – les Cajas – Rodrigo Rato a été pris la main dans le pot à confiture pour avoir bénéficié de l’octroi de cartes de crédit émises par ces dernières. Tous les ont utilisées pour des achats personnels à discrétion, et sans bourse délier : voyages, hôtels et restaurants, bijoux et oeuvres d’art… Dans certains cas, cela a été jusqu’à des retraits de liquide, pour des montants atteignant des centaines de milliers d’euros.

Des inculpations pour infraction au droit des sociétés et détournement de fonds par l’Audience nationale, la juridiction en charge des affaires financières, sont attendues. Mais les révélations ne sont pas toutes finies, d’autres Cajas susceptibles d’avoir suivi l’exemple et distribué le même type de largesses. Devant le Congrès, Mariano Rajoy a affirmé que le gouvernement allait être inflexible.

Vous avez dit corruption ? vous avez dit oligarchie…

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Humble proposition pour contribuer à un petit progrès dans une grande civilisation, par Jacques Seignan

Billet invité. P.J. : Il faut rappeler que même si la peine de mort existe au niveau fédéral, elle n’est pas d’application dans tous les États aux États-Unis.

Dans les échanges transatlantiques, l’uniformisation culturelle pourrait être vue comme un objectif indirect. Des esprits chagrins qui y sont opposées refusent de voir l’avantage que représentera l’adoption parachevée de la grande « Civilisation » sur la Terre : celle des États-Unis d’Amérique. Ce fut ainsi pour les habitants des parties, même reculées, de l’Empire romain qui avaient le désir de se romaniser ; il est vrai que de nos jours, des peuples appartenant à des empires sont devenus ingrats : les Tchétchènes qui oublient toujours les efforts inlassables faits pour les russifier ou les Tibétains pour les siniser.

Déjà la majorité de nos contemporains en Occident sont reliés entre eux grâce aux merveilleuses entreprises américaines qui nous fournissent des réseaux sociaux, des machines avec écran pour se connecter en permanence, des contenus, et en outre, gratuitement, un parfait contrôle de tout ce qui s’échange pour nous protéger (y compris de nous-mêmes) et nous aider à être mieux connus de toutes ces bienveillantes firmes qui nous vendent nos indispensables besoins en consommation. La culture de masse, malgré quelques poches de résistance ou plutôt d’impertinence et d’arriération, est donc « globalement » américaine. Il faut avancer dans toujours plus de civilisation, que diable !

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Technologies de pointe : « Si une attention suffisante est portée aux questions éthiques et aux besoins sociétaux… », par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

En juin 2002 un rapport intitulé  Converging Technologies for Improving Human Performance:  Nanotechnology, Biotechnology, Information Technology and Cognitive Science fut publié par World Technology Evaluation Center, Inc. et sponsorisé par la très officielle National Science Foundation américaine (NSF). Ce rapport explorait les immenses possibilités ouvertes par la « convergence » de ces quatre domaines scientifiques relativement nouveaux.

Ce document a été complété l’an dernier par un rapport sur le stade suivante de la grande convergence, entre savoir, technologie et société (Convergence of Knowledge, Technology, and Society: Beyond Convergence of Nano-Bio-Info-Cognitive Technologies), qui outre la NSF, était  cette fois sponsorisé par une prestigieuse brochette d’organismes publics américains incluant le NIH (santé), la NASA (espace), l’ EPA (environnement), le DOD (Pentagone), et l’USDA (agriculture et alimentation)

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Keynes : La fin du laisser-faire (I) Comment les girafes nous font mieux comprendre l’esprit du capitalisme

La fin du laisser-faire est un pamphlet incisif que John Maynard Keynes publia en 1926 aux Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, surtout connues aujourd’hui pour leur première édition des œuvres complètes de Freud en anglais.

Keynes y caractérise de manière caustique l’idéologie que ses collègues économistes offrent au capitalisme, comme une version délirante du darwinisme. Il écrit que pour « les darwiniens […] c’est la libre concurrence qui a bâti l’homme. L’œil humain a cessé d’être la manifestation d’un dessein ayant miraculeusement conçu toute chose du mieux possible ; il s’agit de la réussite suprême du hasard opérant dans un contexte de libre concurrence et de laisser-faire » (Keynes [1926] 1931 : 276).

Keynes explique ainsi l’évolution des girafes dans le « meilleur des mondes » du laisser-faire où sont simultanément optimisés le bonheur de ces sympathiques ruminants et l’usage des feuilles qu’ils broutent. La démonstration mérite d’être suivie pas à pas.

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