Archives de catégorie : Éthique

Le Grand retournement : quelques chiffres

La réaction du public n’avait pas été immédiate à la révélation par un lanceur d’alerte du chantage exercé par Trump sur l’Ukraine, l’aide militaire US étant subordonnée par lui à l’obtention de données compromettantes sur son rival Démocrate à la présidentielle de 2020, Joe Biden et sur Hunter Biden son fils. Mon sentiment – que je vous avais communiqué – est qu’il était encore possible d’émettre des doutes sur la véracité des informations, même si Trump s’était empressé de faire circuler une retranscription de sa conversation avec le président ukrainien, convaincu que tout s’était passé « le mieux du monde ». Mon sentiment est aussi que tout doute avait été dissipé quand Trump – en remettant une couche comme à son habitude – avait déclaré, dans une vidéo rapidement devenue virale, qu’il demandait également à la Chine de découvrir des informations compromettantes sur Biden.

Pas plus que la carte n’est le pays, un sondage comme celui-ci ne montre que l’opinion de 1.007 adultes « représentatifs ». Il révèle en tout cas des tendances puisqu’il peut être comparé aux sondages précédents du même institut.

Donc 58% des Américains approuvent désormais la procédure d’impeachment, contre 38% qui la désapprouvent. 49% sur ces 58% approuvent l’éventualité d’une destitution effective de Trump.

L’évolution entre juillet – quand une majorité s’opposait à l’impeachment – et aujourd’hui est due à un glissement de 20% à 25% parmi l’ensemble des électeurs, y compris ceux se disant Républicains et ceux s’affirmant indépendants : 3 Républicains sur 10 sont maintenant en faveur de l’impeachment, alors qu’ils n’étaient qu’1 sur 10 en juillet. Les indépendants, avec 57% en faveur de l’impeachment sont dans la moyenne nationale, un gain de 21% pour eux par rapport à juillet.

Sur la question de savoir si Trump respecte les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir, 60% des Américains disent Non (contre 35% affirmant Oui). La même question posée à propos de son rival Démocrate Joe Biden révèle que 38% considèrent que Biden ne respecterait pas les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir (contre 47% qui considèrent que Oui). Soit une marge de 22% en faveur de Biden sur cette question d’une incapacité éventuelle à respecter les principes éthiques en matière de gouvernement,

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Trends-Tendances, L’éthique seule, peut-elle nous sauver ?, le 25 juillet 2019

L’éthique seule, peut-elle nous sauver ?

Vous avez peut-être gardé le souvenir du cri du cœur à la une des journaux au lendemain de l’effondrement des marchés financiers en 2008 : « Moralisons la finance ! » Un appel était fait à l’éthique là où la réglementation avait manifestement trahi son impuissance. Or on reparle beaucoup d’éthique parce qu’en des temps aussi troublés que les nôtres, en appeler à la vertu des citoyens ordinaires apparaît comme une éventuelle alternative au désarroi de la classe politique.

Mais qu’est-ce que l’éthique ? Rien de plus que le fait que chacun adopte ce que l’on appelait autrefois un comportement « vertueux ».

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La presse : « Après l’affaire de Rugy, une exigence de moralisation de la vie politique »

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Le Monde : « Après l’affaire de Rugy, une exigence de moralisation de la vie politique », le 17 juillet 2019

On trouve décidément dans l’Éthique à Nicomaque tout ce dont on a besoin pour juger de l’affaire de Rugy. Je citais le passage suivant il y a trois jours :

Les distractions agréables font partie des choses désirables en soi ; elles sont cependant d’habitude plus nuisibles qu’utiles car elles nous incitent à négliger et notre santé, et nos finances. Les adeptes de ce genre d’amusements sont très appréciés à la cour des princes car ils offrent à ceux-ci le moyen de se rendre populaires auprès de leurs obligés en leur procurant les distractions qu’ils désirent (X, vi, 3-4).

Or, pour commenter l’actualité d’aujourd’hui, il suffit de se souvenir qu’Aristote, pensant à ceux à qui les notions d’« exemplarité » et de « moralisation » demeureront toujours étrangères, disait également ceci :

Alors que l’homme vertueux, qui guide sa vie par des idéaux éthiques obéira à la raison, la base, dont les désirs sont déterminés par le plaisir, doit être punie par la douleur, comme pour une bête de somme. […] La souffrance et les châtiments pour les contrevenants doivent être les plus opposés à leur plaisirs favoris (X, ix, 10).

À ceux qui ne peuvent comprendre, parce que la vertu exige la sagesse et l’usage de la raison, dont ils sont privés, on ne peut qu’imposer l’empire de la loi.

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Affaire de Rugy – Ce que j’en pense

Vous me demandez ce que j’en pense. Je vous dirai donc ce qui suit.

Les distractions agréables font partie des choses désirables en soi ; elles sont cependant d’habitude plus nuisibles qu’utiles car elles nous incitent à négliger et notre santé, et nos finances. Les adeptes de ce genre d’amusements sont très appréciés à la cour des princes car ils offrent à ceux-ci le moyen de se rendre populaires auprès de leurs obligés en leur procurant les distractions qu’ils désirent.

Si l’on pense ordinairement que les amusements contribuent au bonheur du fait que les princes et les puissants de ce monde y consacrent leurs loisirs, il se peut cependant que ni les princes, ni les potentats, n’offrent le genre de confirmation que l’on attendrait. Car la vertu et l’intelligence, qui sont à l’origine des actes les plus élevés, ne dépendent aucunement du degré de pouvoir dont chacun dispose… 

Oups ! j’ai oublié les guillemets (je ne serais pas le premier !), bon, d’accord, j’ai trouvé ça ici : Éthique à Nicomaque (X, vi, 3-4), d’un certain Aristote (le prénom n’est pas indiqué).

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BTIA, Interview, « Plus les machines sont intelligentes, plus nous perdons du pouvoir », N° 171 mars 2019

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, auteur de nombreux ouvrages et entretiens, tient une chronique quotidienne d’observation du monde et des événements sur son blog. Un regard atypique et bienveillant, en surplomb de l’activité socio-économique dont il ne cesse pourtant de documenter les illusions et la chute annoncée. L’Intelligence Artificielle est-elle le signe que la civilisation est en train de dépasser les limites en matière de développement ? Il se pourrait bien, selon Paul Jorion.

Le btia.- En décembre dernier, un groupe de contestataires a fait irruption dans un forum de robotique agricole à Toulouse dénonçant l’emprise grandissante des technologies sur un homme, je cite, « coupé de la réalité sensible et vivante ». Qu’en pensez-vous ?

Paul Jorion.- Il s’est toujours trouvé des voix pour formuler une telle alerte depuis que les hommes créent des machines et vivent dans un processus – appelons cela comme on veut – de progrès, d’auto-perfectionnement ou de domestication de l’espèce par elle-même. Et cela soulève toujours des questions d’ordre éthique essentielles. J’ai moi-même été invité à aborder l’ensemble de ces questions au sein du comité d’éthique de la plateforme d’échanges de données Applifarm *. La contestation comme celle formulée à Toulouse est légitime en soi. De fait, l’attitude de la salle a été – à ce que j’ai pu lire – celle qui convenait (le groupe a pu lire l’intégralité de son communiqué pendant 45 minutes et les organisateurs n’ont pas refusé un débat improvisé, rapporte la revue en ligne Terrestres faisant état de l’incident ndlr). Ceux qui mènent ce type d’actions viennent poser le problème éthique, ils ne devraient pas se présenter comme étant les ennemis de quiconque. Avec le recul de quelques années on observe cependant généralement que ce type d’actions n’a pas véritablement eu d’impact sur le processus dénoncé.

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Société du spectacle : une dame se paie la gueule du monde

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Une dame, accompagnée d’un monsieur, décident d’escalader une des montagnes les plus hautes du monde, en s’abstenant délibérément de prendre les précautions élémentaires (teneur en oxygène à ces altitudes et tutti quanti) – pour décupler la qualité de leur « exploit ». Ils se trouvent en difficulté, aboutissement dont la probabilité était extrêmement élevée vu les circonstances.

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Pierre Giorgini, La tentation d’Eugénie, Bayard 2018

Pierre Giorgini – La tentation d’Eugénie

Préface de Paul Jorion

Que nous propose Pierre Giorgini dans La tentation d’Eugénie. Technosciences : l’indispensable nouvelle alliance éthique ? Plusieurs choses, dont la tentation larvée depuis plusieurs siècles, de l’eugénisme, dont Stanislas Deprez nous offre l’historique dans son « Contrepoint » clôturant l’ouvrage, mais aussi, et peut-être surtout, de substituer dans nos sociétés, comme principe directeur de nos comportements et de nos prises de décision, l’éthique à l’économique. Programme admirable, mais aussi très vaste programme.

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Penser le monde à l’heure du grand changement…, par Valentin Przyluski

Billet invité. Autoriser les commentaires.

Penser le monde à l’heure du grand changement… celui de la fermeture imminente du blog.

Il y a peu d’exemples de mise en avant plus exigeante de la démocratie libérale que ne l’a été Paul Jorion à la fois dans ses écrits et vidéos sur ce blog, et dans l’acte même de créer et piloter ce centre de réflexion ouvert pendant onze années. Continuer la lecture de Penser le monde à l’heure du grand changement…, par Valentin Przyluski

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Le temps qu’il fait le 15 décembre 2017

La fin du Blog de Paul Jorion
« À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? »
Le scénario Interstellar

Sur mon interprétation de la névrose et de la psychose en termes de théorie des graphes : Principes des systèmes intelligents (1989 / 2012), pages 114-118.

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Le train-train de l’indécence ordinaire, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

En ce jour de grève où des fainéants travaillant à la SNCF vont prendre en otage ceux et celles qui ne sont rien et qui hantent nos quais de gare, il est du devoir de tout citoyen d’expliquer la pensée subtile des demi-dieux qui nous gouvernent.

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Trends – Tendances, La technologie nous rendra immortels ou nous tuera tous, le 29 juin 2017

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La technologie nous rendra immortels ou nous tuera tous

Quand un nouvel appareil ou une nouvelle technique sont inventés, ou qu’un progrès majeur est réalisé sur un appareil ou une technique existant déjà, ce n’est qu’exceptionnellement qu’il y ait en place dans le secteur où cette innovation intervient, un comité d’éthique qui décidera si elle aura le droit d’être diffusée ou non. Sur un plan pratique, dans le domaine civil, ce sont les entreprises, et dans le domaine militaire, l’armée, qui décideront de la suite de sa carrière.

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Bayrou, Ferrand, Goulard, etc. en France, Mayeur, Peraïta, etc. en Belgique

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Bayrou, Ferrand, Goulard, etc. en France, Mayeur, Peraïta, etc. en Belgique, pourquoi soudain tant d’affaires ? L’économiste américain John Kenneth Galbraith (1908 – 2006) connaissait la réponse.

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Richard Ferrand : milieux hostiles, et milieux favorables à l’enrichissement familial, par Vincent Rey

Billet invité.

Qu’il y ait ou non quelque chose d’illégal dans ce que l’on reproche à Richard Ferrand, c’est ce que déterminera la justice. En attendant, on ne peut qu’être atterré par les actes de M. Ferrand lorsqu’il était Directeur Général des Mutuelles de Bretagne. La Société Civile Immobilière SACA, dont M. Ferrand semble avoir favorisé l’émergence, a incontestablement fleuri sur un terreau très fertile. Les gens qui sont dans les affaires ne sont pas dupes : lorsqu’elles sont aussi faciles, aussi bénéfiques, c’est que les conditions de concurrence ont été faussées, ou que l’on en détenait les deux bouts.

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