Archives de catégorie : Éthique

7ème rencontre franco-chinoise du droit et de la justice de l’Ambassade de France en Chine, L’esprit d’Asilomar 1975 résistera-t-il à la conquête des étoiles ?

La vidéo de mon intervention, le mois dernier.

Le texte de mon intervention a été publié ici.

Vous vous demanderez sans doute : « Mais qui est donc Didier Cœurnelle ? », vous trouverez l’explication ici.

Partager :

« L’Europe propose des règles pour l’intelligence artificielle »

L’un d’entre vous me signale l’article « L’Europe propose des règles pour l’intelligence artificielle » qui fait le bilan des mesures prises récemment à Bruxelles. Il serait à la fois cruel et inutile de souligner le décalage entre mesures législatives et état de la technologie puisqu’il en va toujours ainsi : la seconde progresse toujours dix fois plus vite que la première, c’est la règle !

Je réponds à mon correspondant ce qui suit :

Je lis dans le texte bruxellois : « La proposition n’a pas pour effet de remettre en cause la directive eCommerce.

Ah bon ? Beaucoup de bruit, d’énergies, d’efforts, pour rien alors ? LoL ! (= « pisser dans un violon »).

P.S. Tous les codes éthiques portant sur le transhumanisme, neutralisés d’avance par les dérogations à l’éthique médicale qui ont été introduites au fil des années pour autoriser, puis promouvoir, … la chirurgie esthétique, et cela au nom de … (vous avez droit à 3 réponses…) … la « défense du consommateur » (sic).

Continuer la lecture de « L’Europe propose des règles pour l’intelligence artificielle »

Partager :

7ème rencontre franco-chinoise du droit et de la justice de l’Ambassade de France en Chine, L’esprit d’Asilomar 1975 résistera-t-il à la conquête des étoiles ?

La communication que je présenterai cet après-midi.

En 1975, lors d’un colloque à Asilomar en Californie, une résolution fut adoptée visant à l’interdiction de toute altération de la lignée germinale humaine. 

L’esprit d’Asilomar a tenu bon jusqu’ici. Il a ainsi permis que la révélation en 2018 d’une manipulation génétique affectant la lignée germinale de plusieurs foetus soulève un tollé ; un médecin chinois, le Dr. He Jiankui, l’avait effectuée pour empêcher qu’un père séropositif ne transmette le virus du VIH à sa progéniture. 

Continuer la lecture de 7ème rencontre franco-chinoise du droit et de la justice de l’Ambassade de France en Chine, L’esprit d’Asilomar 1975 résistera-t-il à la conquête des étoiles ?

Partager :

Trends-Tendances – Le sens du bien et du mal, et McKinsey, le 25 février 2021

Le sens du bien et du mal, et McKinsey

McKinsey & Co. est, avec 130 bureaux et 30.000 employés, l’une des principales consultances au monde. Elle fut la première à nous offrir des chiffres fiables sur la régression de l’emploi due à l’Intelligence Artificielle. Elle doit sa réputation à un coup de maître en 1975. Un bref rappel du problème qu’il s’agissait de résoudre. Il y a trois parties prenantes à l’entreprise : la direction, les actionnaires et les salariés. Souvent dans les négociations, les salariés l’emportaient parce qu’ils trouvaient à s’allier à l’une des deux autres parties. Comment faire pour que les intérêts du patronat et de la Bourse s’alignent et que les salariés soient une fois pour toutes mis sur la touche ? McKinsey inventa les stock options : la rémunération de la direction serait indexée de fait sur le cours de l’action en Bourse. Le résultat dépassa toute attente. Au lieu d’être distraite par les objectifs à long terme de la firme, la direction aurait désormais les yeux rivés au bilan de résultats trimestriel, et s’efforcerait d’y dissimuler à chaque fois la « divine surprise » qui ferait bondir la cotation en Bourse.

Continuer la lecture de Trends-Tendances – Le sens du bien et du mal, et McKinsey, le 25 février 2021

Partager :

Autres temps, autres mœurs…

J’ai acheté un coffret de films de Gabin. J’ai fait allusion l’autre jour au fait que j’avais revu le French Cancan (1955) de Jean Renoir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’un patron de revues (Jean Gabin) qui couche avec toutes les jeunes filles qu’il recrute et quand il y en a une qui se plaint d’être remplacée (François Arnoul), il lui dit : « Mais qu’est-ce que tu crois, poulette ? etc. », et tout le monde autour de lui de s’esclaffer. Je suppose que tout le monde dans la salle s’esclaffait aussi.

Dans le bonus making of de French Cancan, quelqu’un vous explique que Jean Renoir trouvait lui-même la formule très drôle, et il ajoute que le père de Jean Renoir, Auguste, y recourait abondamment lui-même. Comme il n’était pas patron de revues mais peintre, je suppose qu’il est question de la relation de « l’artiste » avec ses modèles…

Mais il y a pire encore !

Hier j’ai regardé, avec le même Gabin, complété de Jean-Paul Belmondo, Un singe en hiver (1962) d’Henri Verneuil, d’après le roman éponyme (1959) d’Antoine Blondin.
Continuer la lecture de Autres temps, autres mœurs…

Partager :

Covid-19 – L’être humain et la limite (la mort), par Cédric Chevalier

Les autorités belges font un état des lieux de la situation épidémique sur leur territoire.

Je ne peux m’empêcher de penser que notre imaginaire actuel a mis progressivement et complètement sous le tapis la notion de fatalité, de destin fatal qui frappe au hasard, le sentiment de finitude, de la mort. On se refuse à concevoir que parfois (en fait toujours), rien ne se termine bien, que tout empire et que la souffrance individuelle et collective peut augmenter inexorablement à certaines époques, et que c’est la mort qui est bout du chemin pour beaucoup d’entre nous (pour tous en fait in fine).
Continuer la lecture de Covid-19 – L’être humain et la limite (la mort), par Cédric Chevalier

Partager :

Quand un ami meurt du COVID-19 et autres futilités…, par J-P C

Ouvert aux commentaires.

On m’a appris hier soir qu’un ami est décédé chez lui des suites du Coronavirus. Il est parti bien trop tôt, et nous n’aurions jamais suspecté que la maladie soit si proche de nous. Son épouse est également malade, elle qui avait tant besoin de lui.

Toute la soirée, ma femme et moi sommes restés abasourdis par cette nouvelle, entre larmes, incrédulité et colère. Il n’est plus question d’un événement lointain, mais d’une catastrophe qui prend un tour personnel. Un ami, ce n’est plus une statistique…

Continuer la lecture de Quand un ami meurt du COVID-19 et autres futilités…, par J-P C

Partager :

Éthique et Intelligence artificielle

Je participe aujourd’hui (par Skype interposé) à deux comités d’éthique et intelligence artificielle (finance et assurance). Très intéressant et très insoluble, parce que des exigences totalement contradictoires sont mobilisées et entrent en conflit. En gros « Le monde tel qu’il devrait être, face à tel qu’il est ». J’y reviendrai, longuement.

Partager :

Les attitudes possibles devant la menace d’extinction (IV) Le progrès l’emportera

Ouvert aux commentaires. Rappel : acceptation ; frugalité ; eugénisme et exterminisme. IV. Le progrès l’emportera  Quatrième option : IV.…

Vous devez être connecté pour lire le contenu complet de l'article. Vous pouvez vous abonner ici

Partager :

Le Grand retournement : quelques chiffres

La réaction du public n’avait pas été immédiate à la révélation par un lanceur d’alerte du chantage exercé par Trump sur l’Ukraine, l’aide militaire US étant subordonnée par lui à l’obtention de données compromettantes sur son rival Démocrate à la présidentielle de 2020, Joe Biden et sur Hunter Biden son fils. Mon sentiment – que je vous avais communiqué – est qu’il était encore possible d’émettre des doutes sur la véracité des informations, même si Trump s’était empressé de faire circuler une retranscription de sa conversation avec le président ukrainien, convaincu que tout s’était passé « le mieux du monde ». Mon sentiment est aussi que tout doute avait été dissipé quand Trump – en remettant une couche comme à son habitude – avait déclaré, dans une vidéo rapidement devenue virale, qu’il demandait également à la Chine de découvrir des informations compromettantes sur Biden.

Pas plus que la carte n’est le pays, un sondage comme celui-ci ne montre que l’opinion de 1.007 adultes « représentatifs ». Il révèle en tout cas des tendances puisqu’il peut être comparé aux sondages précédents du même institut.

Donc 58% des Américains approuvent désormais la procédure d’impeachment, contre 38% qui la désapprouvent. 49% sur ces 58% approuvent l’éventualité d’une destitution effective de Trump.

L’évolution entre juillet – quand une majorité s’opposait à l’impeachment – et aujourd’hui est due à un glissement de 20% à 25% parmi l’ensemble des électeurs, y compris ceux se disant Républicains et ceux s’affirmant indépendants : 3 Républicains sur 10 sont maintenant en faveur de l’impeachment, alors qu’ils n’étaient qu’1 sur 10 en juillet. Les indépendants, avec 57% en faveur de l’impeachment sont dans la moyenne nationale, un gain de 21% pour eux par rapport à juillet.

Sur la question de savoir si Trump respecte les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir, 60% des Américains disent Non (contre 35% affirmant Oui). La même question posée à propos de son rival Démocrate Joe Biden révèle que 38% considèrent que Biden ne respecterait pas les principes éthiques qui conviennent à l’exercice du pouvoir (contre 47% qui considèrent que Oui). Soit une marge de 22% en faveur de Biden sur cette question d’une incapacité éventuelle à respecter les principes éthiques en matière de gouvernement,

Partager :

Trends-Tendances, L’éthique seule, peut-elle nous sauver ?, le 25 juillet 2019

L’éthique seule, peut-elle nous sauver ?

Vous avez peut-être gardé le souvenir du cri du cœur à la une des journaux au lendemain de l’effondrement des marchés financiers en 2008 : « Moralisons la finance ! » Un appel était fait à l’éthique là où la réglementation avait manifestement trahi son impuissance. Or on reparle beaucoup d’éthique parce qu’en des temps aussi troublés que les nôtres, en appeler à la vertu des citoyens ordinaires apparaît comme une éventuelle alternative au désarroi de la classe politique.

Mais qu’est-ce que l’éthique ? Rien de plus que le fait que chacun adopte ce que l’on appelait autrefois un comportement « vertueux ».

Continuer la lecture de Trends-Tendances, L’éthique seule, peut-elle nous sauver ?, le 25 juillet 2019

Partager :

La presse : « Après l’affaire de Rugy, une exigence de moralisation de la vie politique »

Ouvert aux commentaires.

Le Monde : « Après l’affaire de Rugy, une exigence de moralisation de la vie politique », le 17 juillet 2019

On trouve décidément dans l’Éthique à Nicomaque tout ce dont on a besoin pour juger de l’affaire de Rugy. Je citais le passage suivant il y a trois jours :

Les distractions agréables font partie des choses désirables en soi ; elles sont cependant d’habitude plus nuisibles qu’utiles car elles nous incitent à négliger et notre santé, et nos finances. Les adeptes de ce genre d’amusements sont très appréciés à la cour des princes car ils offrent à ceux-ci le moyen de se rendre populaires auprès de leurs obligés en leur procurant les distractions qu’ils désirent (X, vi, 3-4).

Or, pour commenter l’actualité d’aujourd’hui, il suffit de se souvenir qu’Aristote, pensant à ceux à qui les notions d’« exemplarité » et de « moralisation » demeureront toujours étrangères, disait également ceci :

Alors que l’homme vertueux, qui guide sa vie par des idéaux éthiques obéira à la raison, la base, dont les désirs sont déterminés par le plaisir, doit être punie par la douleur, comme pour une bête de somme. […] La souffrance et les châtiments pour les contrevenants doivent être les plus opposés à leur plaisirs favoris (X, ix, 10).

À ceux qui ne peuvent comprendre, parce que la vertu exige la sagesse et l’usage de la raison, dont ils sont privés, on ne peut qu’imposer l’empire de la loi.

Partager :

Affaire de Rugy – Ce que j’en pense

Vous me demandez ce que j’en pense. Je vous dirai donc ce qui suit.

Les distractions agréables font partie des choses désirables en soi ; elles sont cependant d’habitude plus nuisibles qu’utiles car elles nous incitent à négliger et notre santé, et nos finances. Les adeptes de ce genre d’amusements sont très appréciés à la cour des princes car ils offrent à ceux-ci le moyen de se rendre populaires auprès de leurs obligés en leur procurant les distractions qu’ils désirent.

Si l’on pense ordinairement que les amusements contribuent au bonheur du fait que les princes et les puissants de ce monde y consacrent leurs loisirs, il se peut cependant que ni les princes, ni les potentats, n’offrent le genre de confirmation que l’on attendrait. Car la vertu et l’intelligence, qui sont à l’origine des actes les plus élevés, ne dépendent aucunement du degré de pouvoir dont chacun dispose… 

Oups ! j’ai oublié les guillemets (je ne serais pas le premier !), bon, d’accord, j’ai trouvé ça ici : Éthique à Nicomaque (X, vi, 3-4), d’un certain Aristote (le prénom n’est pas indiqué).

Partager :