Si les gouvernements ne se préoccupent pas du maintien de la civilisation et de la survie de l’espèce, quelle éthique devrait adopter l’honnête citoyen ? par Cédric Chevalier

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Récemment dans The Guardian[1], George Monbiot, un des journalistes spécialistes de l’environnement parmi les plus réputés de la presse anglo-saxonne, a mis en évidence un paradoxe qui serait seulement curieux s’il n’avait pas pour enjeu la civilisation et l’espèce humaine.[2]

Une conclusion logique et un curieux paradoxe

Le journaliste nous fait d’abord part d’une conclusion logique : faute de solution crédible aujourd’hui et à terme pour la capture et le stockage des gaz à effet de serre, on ne peut pas imaginer rationnellement sauver l’Humanité du péril climatique sans stopper le plus vite possible l’extraction et la consommation des stocks restants de combustibles fossiles.[3] Dans la pratique, il constate que les Etats, y compris parmi les plus importants[4], ont commencé à ratifier l’accord de Paris, qui implique de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Mais il remarque un détail gênant : ces Etats pleins de bonnes intentions continuent par ailleurs, comme ils le font depuis des décennies, à subsidier lourdement l’industrie extractive fossile et même souvent la consommation des combustibles qui en sont issus, bien plus lourdement qu’ils ne le font pour les énergies renouvelables.[5] Selon les chiffres de l’industrie du pétrole elle-même, brûler le pétrole, le gaz et le charbon dans les champs et mines déjà en production ou en développement, amènera vraisemblablement à dépasser la hausse de température globale de 2°C. L’idée que nous pourrions exploiter en sus de nouvelles réserves, sans préjudice pour les engagements de Paris, est donc encore plus aberrante scientifiquement. Cherchez l’erreur, s’exclame Monbiot ! Les gouvernements comprennent-ils l’accord qu’ils ratifient ? Selon Monbiot la réponse est claire : non ! Les gouvernements n’auraient pas la plus petite idée de ce que ça signifie, ou bien pire, n’auraient aucune intention d’honorer cet accord.[6] Il y a donc un paradoxe quelque peu inquiétant dans la manière qu’ont les gouvernements de traiter le risque climatique.

Une conclusion qui repose sur deux prémisses

Examinons un peu les choses. Comme toutes les conclusions logiques, celle de George Monbiot repose sur deux prémisses : 1) brûler les stocks existants de combustibles fossiles avec la technologie existante mènerait mécaniquement à un dérèglement climatique insupportable pour la civilisation humaine[7] et 2) il n’existe pas de solution de capture et de stockage rapidement déployable aujourd’hui ou à terme prévisible, qui permettrait de brûler les stocks de combustibles fossiles sans émettre de gaz à effet de serre. Dès lors la conclusion est automatique : pour épargner la civilisation humaine, on ne peut pas brûler les stocks existants de combustibles fossiles. Détaillons la deuxième prémisse. Monbiot explique qu’ « Il existe une seule forme de capture et de stockage des gaz à effet de serre qui est scientifiquement prouvée et qui peut être déployée immédiatement : laisser les combustibles fossiles dans le sol. » On peine en effet à observer aujourd’hui – c’est un euphémisme – un déploiement à grande échelle de réelles technologies de capture et de stockage. Le dérèglement climatique étant déjà en cours depuis des décennies, on peut sans se tromper estimer qu’il est déjà partiellement trop tard pour investir ces technologies du statut de « solution ». Un certain mal est déjà fait, irréversible à l’échelle de temps humaine, étant donné une inertie des effets climatiques se comptant en milliers d’années, notamment au niveau océanique. Faute d’indications d’une percée décisive dans ces technologies dans un futur prévisible, on pourrait raisonnablement prolonger ce verdict d’absence de solution aux prochaines décennies. Bien entendu, l’honnêteté intellectuelle et scientifique requiert de ne pas écarter que des technologies de capture et de stockage viables des gaz à effet de serre finissent par émerger dans les décennies à venir, mais, au rythme actuel d’extraction et de consommation de combustible fossile, et sans moratoire sur cette extraction et cette consommation, on aura alors émis dans l’atmosphère l’essentiel des gaz à effet de serre contenus dans les stocks géologiques actuels et prévisibles, avec des effets irréversibles sur la biosphère et donc la civilisation. Enfin, pour être complet, un jour peut-être, une technologie permettra de recapturer massivement le carbone déjà présent dans l’atmosphère pour en diminuer le stock et tenter de rétablir une atmosphère plus agréable (à condition toutefois que cette technologie soit certifiée sans effet pervers sur la biosphère, ce qui n’est pas une condition triviale). On parle là du concept de géo-ingénierie : la modification volontaire et contrôlée de processus naturels d’ampleur biosphérique. Mais l’espoir dans la géo-ingénierie est caduc dans la situation qui nous préoccupe. Il n’est pas rationnel de placer aujourd’hui ses espoirs dans ce scénario de « cavalerie qui arrive à la fin pour sauver les cow-boys cernés par les indiens ». La philosophie, le droit et les usages ont consacré aujourd’hui une exigence de précaution qui est totalement incompatible avec une aventure aussi hasardeuse. Si chacun est libre de s’exposer au risque qu’il accepte à titre individuel, il est également inscrit dans le droit le plus courant qu’on ne peut exposer autrui à un risque vital contre son gré. Ce principe fondamental du droit s’étend évidemment avec davantage de force lorsqu’il porte sur une société voire l’Humanité tout entière. Une exception étant que, comme en médecine, on accepte d’exposer un individu à un risque incertain dans le cas où il est confronté à une menace vitale quasi certaine, dans l’espoir de lui éviter cette menace quasi certaine. Etant donné que nous sommes dans une situation où une solution à risque minimal existe encore (laisser dormir les stocks de combustibles fossiles) pour conjurer le risque climatique, il n’est pas rationnel de la laisser de côté pour lui préférer une solution future dont la faisabilité est incertaine. Enfin, toujours sur la géo-ingénierie, une fois les arguments philosophico-juridiques épuisés, il reste encore la pure volonté démocratique : en tant qu’honnête citoyen[8], je peux légitimement refuser que ma vie, celle de mes proches et de mes congénères soit soumise à une telle roulette russe et me battre pour que mon opinion soit celle de la majorité.

Un paradoxe logique qu’il faut tenter d’expliquer, et qui engendre un paradoxe politique

A première vue, trois phénomènes pourraient expliquer le comportement paradoxal des chefs d’Etat et des gouvernements : l’ignorance crasse de la biophysique du monde, un mépris absolu pour la vie humaine sur Terre ou, plus subtilement, un échec total de la rationalité de la pensée et de l’action humaines.

Mais un autre paradoxe apparaît immédiatement : pourquoi l’exposé logique exemplaire de George Monbiot ne conduit-il pas immédiatement Theresa May à la démission ? Si le citoyen britannique était rationnel, jamais il n’accepterait de son gouvernement une ignorance crasse de la biophysique du monde, un mépris absolu pour la vie humaine sur Terre ou un échec total de la rationalité de la pensée et de l’action. Si l’espèce humaine était elle-même rationnelle, partout dans le monde, les chefs d’Etat et de gouvernement qui tolèrent voire encouragent ce « petit arrangement paradoxal avec le principe de réalité » devraient être poussés à la démission ou démis par une révolution citoyenne.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Au paradoxe logique, il faut donc ajouter un paradoxe politique. Paradoxe dans lequel nous sommes tous impliqués, en tant que citoyens représentants de notre espèce.

Que peut faire l’honnête citoyen face à ces paradoxes ? Trois scénarios possibles qui se réduisent en une seule éthique. Comment vivre dans le paradoxe philosophique ?

Si ni les gouvernements ni les citoyens ne sont rationnels, si donc la majeure partie de l’espèce humaine semble ignorer superbement la biophysique du monde, mépriser la vie humaine sur Terre (y compris sa propre vie et celle de ses descendants directs) ou échouer à combiner de manière cohérente sa pensée et son action, alors que peut faire l’honnête citoyen ?

L’observation de la marche du monde, la profonde souffrance que l’on peut ressentir à constater régulièrement sa destruction, la nôtre et celle de nos enfants par la main de nos ancêtres et notre propre main, incline l’honnête citoyen à ce réflexe immémorial : philosopher.

Et parmi les questions éternelles de la philosophie, il y a celle du « que faire ? » Que faire de sa vie, de son existence ? Que faire ensemble, collectivement, politiquement ?

On peut distinguer plusieurs scénarios théoriques pour la marche future du monde.

Un premier scénario qui annule tous les paradoxes. Dans ce scénario, nous serions en fait tous victimes d’une hallucination collective. Nos angoisses pour la civilisation et l’espèce humaine n’auraient aucune raison d’être. La situation n’aurait pas du tout la gravité que les scientifiques lui confèrent. Nous manquerions de foi en nos capacités alors que nous nous dirigerions vers une période de prospérité sans précédent.

Existe-t-il vraiment des gens qui croient en ce scénario aujourd’hui ? Apparemment oui : les thuriféraires du progrès que rien n’arrête, de la croissance illimitée, de la science et de la technologie salvatrices, et certains transhumanistes prétendent s’extraire de la conclusion logique et des deux paradoxes que nous avons évoqués.

On aimerait partager leur optimisme à toute épreuve. Est-ce un vieux résidu de principe de réalité qui nous en empêche ?

Un deuxième scénario sonne la fin de la partie pour l’Humanité. Nous franchirions tellement de seuils biophysiques que l’effondrement, voire l’extinction de l’espèce, deviendraient inévitables à cause de l’évolution inertielle de notre civilisation et de la biosphère. La civilisation voire l’espèce vivraient leurs dernières années, siècles peut-être, et nous le saurions à l’avance.

Ce scénario génère un effroi compréhensible. Malheureusement, on doit rendre leur vérité aux chiffres qui le rendent plausible. Il devient vraiment difficile de nos jours de trouver des variables du système biosphérique qui fluctuent et évoluent dans une direction tendancielle rassurante. Même obtenir la preuve d’un simple ralentissement de certaines tendances délétères devient rare.

Enfin, il existe un troisième scénario, celui de la Métamorphose, dans lequel l’espèce humaine franchit avec succès les épreuves actuelles bien réelles. Dans ce scénario, l’inquiétude scientifique actuelle sur l’évolution générale des tendances serait totalement fondée mais nous pourrions réussir à éviter la concrétisation des pires tendances et à maintenir la civilisation et l’espèce pour une durée significative (disons supérieure à plusieurs siècles). Parmi l’ensemble des scénarios envisageables pour l’espèce humaine, personne n’a encore réussi, malgré ses efforts, à démontrer qu’il n’en existe pas au moins un dans lequel nous sauverions en grosse partie notre peau ! Ce scénario reste donc encore ouvert, faute de démonstration de son impossibilité.

Examinons ces trois scénarios. Ecartons dès à présent de la discussion le premier scénario, d’autorité. Il est déjà suffisamment discrédité. Au surplus comme nous l’avons vu, nul être raisonnable ne doit attacher son sort à des solutions plus incertaine que celles dont il dispose déjà pour contrer une incertitude néfaste. Cherchons ensuite à simplifier notre angoisse existentielle en usant de notre raison et notre intuition. Examinons de cette manière les deux scénarios restant. Se pourrait-il que l’éthique de l’honnête citoyen n’y soit pas fondamentalement différente ?

Dans le deuxième scénario, l’effondrement est déjà irréversible et l’on acquiert la certitude scientifique de l’extinction de l’espèce dans un avenir prévisible. Que ferions-nous en cas d’effondrement voire d’extinction avérée à terme ?

Comme le vieillard, l’individu se sachant proche de la fin pense et agit un peu différemment. Il met en ordre ses papiers, fait le bilan de son existence, dit au revoir à ses semblables, à la Vie et à l’Univers, en fait son deuil, et éventuellement tente de laisser un héritage pour quiconque saura s’en saisir. Qui sait ce qui nous survivra et ce qui nous suivra sur cette planète ? Je doute que nous en éradiquions toute vie et la rendions réellement inhabitable pour moins exigeant que nous.

Mais outre son deuil, la civilisation ou l’Humanité condamnée, aurait encore bien des choses à penser et à faire. On n’arrête pas de vivre à 80 ans !

Un argument suffit pour moi pour justifier ce jusqu’au-boutisme indécrottable de la pensée et de l’action : comme la vie individuelle qui a une fin ne justifie pas aux yeux de nombreuses personnes le désespoir et le découragement, l’évasion dans des univers parallèles ni encore moins le suicide, un ni effondrement civilisationnel ni la fin certaine de l’Humanité ne devraient nous incliner à ne plus penser ni agir. Finalement, tout est impermanence et, même condamnés dès la naissance, nous tolérons le pragmatisme qu’il y a à vivre, à exister malgré tout.[9] Donc il faudrait tolérer le pragmatisme de la civilisation ou de l’espèce qui, se sachant condamnées, persévèrerait à penser et à agir encore.

Cette posture serait donc une éthique minimale pour l’honnête citoyen qu’on peut vouloir être dans notre temps.

On peut ajouter à cette éthique minimale un niveau supplémentaire.

Dans le troisième scénario, on parvient à éviter effondrement et extinction, et on stabilise la civilisation et l’espèce pour les nombreux siècles à venir. Sachant qu’on ne peut exclure cette probabilité que l’espèce survive voire qu’une civilisation métamorphosée émerge, on devrait peut-être conserver la foi, le pari fou, le devoir de penser et d’agir ? Comment justifier en effet que, confronté à une mince chance de succès, nous n’ayons pas tout tenté pour y parvenir ? Rien n’indique encore de façon certaine qu’il n’y ait pas en nous la solution à nos problèmes gigantesques. Certaines occurrences concrètes, même localisées, sont légitimement porteuses d’espoir quant à la possibilité d’une civilisation métamorphosée.[10]

Oser une nouvelle Renaissance

Il est impossible de savoir aujourd’hui vers quel scénario nous nous dirigeons. Peut-être est-il déjà trop tard pour l’un de ces deux scénarios, ou peut-être avons-nous encore une marge de manœuvre pour infléchir le cours de l’Histoire ? Dans tous les cas, un paradoxe philosophique pourrait nous sortir d’embarras : même si les tendances actuelles continuées semblent nous mener inexorablement à l’effondrement[11], quel que soit le scénario qui se produirait, la pensée et l’action, l’engagement et la politique, auraient encore toute leur place. Faute de certitude dans le sens du deuxième ou du troisième scénario, nous voyons en tout cas qu’ils ne diffèrent pas fondamentalement sur la nécessité de la pensée et de l’action. Ne serait-il pas rationnel de nous engager dans tous les cas ? Au pire pour un dernier baroud d’honneur, au mieux pour être peut-être la génération la plus importante de l’histoire de l’Humanité ?

Nous savons déjà qu’une Humanité durable, en harmonie interne et externe avec sa Biosphère est tout à fait possible. Avant l’Anthropocène, nos ancêtres ont vécu plusieurs dizaines de milliers d’années sans interférer significativement avec la biosphère. Il n’y a aucune loi de la physique qui imposait jusqu’ici a priori notre extinction à terme rapproché. Il n’est pas certain que les tendances actuelles ne soient pas réversibles.

Dès lors les honnêtes citoyens ne pourraient-ils pas rêver grand ? Songer à leurs illustres ancêtres, à une nouvelle époque de Renaissance, une véritable Métamorphose de la pensée et de l’action humaines ?

Comme lors de la Renaissance, ils pourraient dépasser les simples constats de l’époque, pour devenir réellement radicaux, c’est-à-dire retourner aux racines de l’espèce humaine, de l’Humanité et de l’individu, pour y trouver de nouvelles manières d’exprimer ce que nous sommes : racines génétiques, neurologiques, psychologiques, éthologiques, philosophiques, politiques, culturelles. Explorant ces racines, les honnêtes citoyens pourraient revenir aux bifurcations précédentes, comme le propose Paul Jorion, en créer de nouvelles, pour essayer autre chose. Convaincus que la fin n’est pas écrite d’avance, ils pourraient se révolter contre le sort.

L’urgence pratique serait alors la suivante : comment les honnêtes citoyens pourraient-ils accélérer au plus vite, en touchant le plus grand nombre, cette nouvelle Renaissance, la Métamorphose de notre civilisation et de notre espèce ? Comment repenser notre pensée et notre action ? Comment agir pour mettre en œuvre notre pensée ?

Penser et agir !

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[1] L’édition en ligne du Guardian était la 5e la plus lue dans le monde en date d’octobre 2014, avec plus de 42,6 millions de lecteurs. Le journal est constitué selon une forme de société qui préserve au maximum la liberté éditoriale et journalistique, et ne verse aucun dividende, les profits étant réinvestis dans le journalisme plutôt que récupérés par des actionnaires. C’est donc un des journaux généralistes parmi les plus fiables au monde.

[2] https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/sep/27/fracking-digging-drilling-paris-agreement-fossil-fuels

[3] C’est-à-dire l’extraction et la consommation de pétrole, de charbon et de gaz mais aussi des formes fossiles issues de gisements peu denses comme le pétrole et gaz de schiste et les sables bitumeux.

[4] Comme les USA, la Chine, qui ont ratifié l’accord le 3 septembre 2016. Et L’Inde, qui vient de le ratifier. Etant donné sa structure politique, l’UE ne l’a pas encore ratifié mais les Etats membres l’ont récemment autorisée à le faire en leur nom.

[5] Et George Monbiot d’illustrer son propos : « Globalement, environ 14.000 milliards de dollars [14.000.000.000.000 dollars] sont réunis pour l’extraction et le transport de nouveau combustible fossile durant les 20 prochaines années. […] En Grande-Bretagne par exemple, les déductions fiscales pour les compagnies pétrolières et gazières de la Mer du Nord sont tellement généreuses qu’au cours des 5 prochaines années le gouvernement va probablement leur donner environ 5 milliards de livres de plus qu’il n’en reçoit en recettes fiscales. Il existe des déductions fiscales similaires pour les sociétés qui pratiquent la fracturation hydraulique mais pas, bien entendu, pour l’énergie renouvelable.

Alors que les citoyens se sont vu octroyé un véto spécial sur les éoliennes au niveau local, le gouvernement s’est arrogé lui-même des pouvoirs spéciaux pour renverser les décisions locales sur la fracturation hydraulique, afin de s’assurer qu’elle puisse se développer. Et si la force brute est insuffisante, elle est renforcée par la corruption : le Premier Ministre, Theresa May, a offert aux citoyens des paiements en cash s’élevant jusqu’à 10.000 livres sterling par ménage en provenance des recettes fiscales (s’il y en a jamais) qu’on attend que la fracturation hydraulique génère. Il n’existe pas de tel encouragement pour partager les revenus de l’énergie éolienne : nous ne voudrions pas souhaiter qu’on l’encourage. »

[6] « Donc quand May annonça la semaine passée à l’ONU qu’elle ratifierait l’accord de Paris, peut-être voulait-elle dire qu’elle allait renverser la politique énergétique de son gouvernement. Ou peut-être ne s’agissait-il pas de ça. Peut-être voulait-elle dire qu’elle n’avait pas l’intention de faire quoi que ce soit à part signer ce morceau de papier. A-t-elle seulement considéré les implications de ce choix ? J’en doute. Après tout, c’est seulement le futur de la vie sur Terre qui est en jeu. »

[7] Nous ne perdrons pas de temps à discuter cette prémisse. A part pour quelques hurluberlus, les conséquences gravissimes d’un tel scénario sont amplement documentées dans les divers rapports du GIEC. Il faut également noter que, vu le stock de combustible fossile qu’il reste à brûler, il ne faut pas compter sur le dépassement déjà effectif ou l’imminence éventuelle du pic pétrolier pour éviter la catastrophe climatique.

[8] Je neutralise l’expression consacrée d’honnête homme pour mieux rassembler les femmes et les hommes de notre époque.

[9] Il y a même un auteur qui estimait que, si nous étions condamnés à pousser chaque jour une lourde pierre au sommet d’une colline, pour la voir ensuite chuter à son pied à chaque fin de journée, et à recommencer ainsi pour l’éternité, il resterait un sens à le faire. Cet auteur s’appelait Albert Camus (Le mythe de Sysiphe).

[10] Voir notamment le film Demain mais aussi tous les penseurs de la Métamorphose comme Edgar Morin.

[11] Faute d’inflexion constatable.

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124 thoughts on “Si les gouvernements ne se préoccupent pas du maintien de la civilisation et de la survie de l’espèce, quelle éthique devrait adopter l’honnête citoyen ? par Cédric Chevalier”

  1. L’éthique est justement l’élément mis à toutes les sauces dans notre société individualiste, or il me semble que c’est plutôt au niveau du groupe, de sa façon de prendre ses décisions, de sélectionner ses leaders que réside la puissance de transformation de la société. Je crois que c’est en améliorant pas à pas notre savoir faire en intelligence collective dans tous les groupes auxquels nous participons que nous pouvons participer à la renaissance dont parle si savamment Idriss Aberkane. Mais il ne suffit pas de se réclamer d’intelligence collective pour y parvenir. Il existe déjà une assez importante base d’expérience et de connaissance relatives à la mise en œuvre de l’intelligence collective, mais il me semble indispensable d’être assez prudent pour ne pas se griller les ailes. Olivier Zara me semble être un des meilleurs promoteurs, initiateurs et disséminateur de pratiques améliorant l’intelligence collective, ne serait-ce que parce qu’il est très attentif à ne pas brutaliser les structures dans lesquelles il intervient. C’est une des clés du succès, être radical sans pour autant faire preuve de brutalité.

    1. @Michel M. – L’intelligence se construit notamment par l’expérience des (très minoritaires) qui osent se lancer dans une vie différente de celle imposée par le productivisme. Mais il importe, aussi, de faire dialoguer ces expérimentateurs et, comme vous le dites, la collectivisation de ces enseignements est en effet essentielle. Il faut aussi espérer que le système ne décidera pas de détruire ces îlots de vertu s’ils le dérangent trop.
      Devisant l’autre soir, lors d’une réunion (festive) des collaborateurs du journal des décroissants belges « Kairos » (www.kairospresse.be), avec Raphael Stevens (qui, Paul l’a dit, avec son livre « Comment tout peut s’effondrer… », a inspiré à notre hôte l’écriture du « Dernier qui s’en va… »), nous nous étonnions aussi de l’aveuglement ou du déni des décideurs et de la passivité des citoyens face aux évidences catastrophiques qui se précisent. Nous avons constaté qu’avoir fait son deuil des illusions croissancistes n’empêche pas d’agir (ni de réfléchir), que du contraire. Mais le deuil réussi est une épreuve longue et douloureuse et la plupart ne se doutent pas que l’on se sent mieux après l’avoir affrontée. Nous avions, comme Cédric, évoqué le fait que de se savoir individuellement mortel n’empêche – en général – pas de vivre ni de construire (il faut se dépêcher de planter un arbre quand on sait que l’on va mourir…) en adoptant le bonheur possible du Sisyphe camusien.

      Personnellement, observant comment évoluent les choses, je ne crois pas à une terrible catastrophe environnementale mais bien à une barbarie sociale épouvantable. Les puissants, fort de leur pouvoir totalement dominant, sont prêts à laisser disparaître assez d’humains pour que leur survie (sur une île du Pacifique comme le dit Paul ? ou sous un dôme isolé comme dans le Globalia de Jean-Christophe Rufin ?). Cela me fait toujours sourire (jaune) quand je lis tous ces textes qui disent qu’il faudrait 6 planètes Terre pour que tout le monde vive comme les Etats-uniens. Mais les privilégiés ne veulent pas que tout le monde vive comme eux, ils se réserveront les ressources devenues de plus en plus rares.

      Un petit regret dans le texte de Cédric : ne pas rejeter plus radicalement les illusions perfides de la géo-ingénierie. Au-delà des menaces environnementales de ces Dr Folamour, comment imaginer qu’on pourra les mettre en œuvre dans un monde aux réserves énergétiques épuisées ?

    2. Pour  » radical mais pas brutal » , j’ai trouvé effectivement une citation tirée d’un entretien avec Nicolas Hulot , mais aussi , au féminin , l’Alfa Romeo 4C , ce qui est un peu contradictoire .

      Mais je reconnais que l’équilibre est difficile à trouver . Tous les pères et mères de famille le savent bien .

      1. @Michel M. – En 2005, Jean Zin ne pouvait être au courant des études récentes qui montrent que le développement des énergies renouvelables à des niveaux suffisants pour remplacer les fosiles, se heurtera à trois obstacles majeurs: plus assez d’énergies fossiles pour produire la base matérielle de renouvelables (aujourd’hui à 3% des énergie primaires sans l’hydroélectricité , pas assez de métaux spécifiques pour une généralisation des appareils (voir Philippe Bihouix), taux trop faible du ROE (Return on Energy: trop d’énergie entrante dans le processus pour l’énergie sortante).
        Les économies restent la seule issue pratiquable.

      2. Depuis 2005, JZ a réaffirmé de nombreuses fois et tout récemment que l’énergie ne sera pas le pb et je suis d’accord avec ça. La ressource est là, les matériaux et les techno alternatives sont très nombreuses, donc je ne crois pas pertinent de construire des scenarios sur la pénurie d’énergie.

      3. D’accord avec Alain A
        Nous ne sommes pas au-dessus de la physique, nous dépendons du principe de Carnot.
        On ne peut obtenir de l’énergie utile que par des cycles de transformation qui extraient de l’énergie d’une source chaude pour en renvoyer une partie dans une source froide. Le rendement de l’opération ne dépendant que de la différence de température entre les deux sources.
        La pression des puits de pétrole diminue et devient même nulle, la source chaude se tarit, le rendement diminue, c’est ce que dit Alain A.
        Il nous faut copier la nature, ce qui est rendu à la source froide est utilisé malgré que tout fini en chaleur vers la nuit à 3°K.
        L’homme dissipent l’énergie fossile en renvoyant tout dans l’environnement ce qui se traduit par la pollution, la nature recycle tout.

      4. @Michel Lambotte,
        C’est hors sujet du billet et de mon commentaire. Mais bon…
        Le second principe de la thermo joue bien sûr dans la dégradation de l’énergie en chaleur. Mais la terre reçoit un flux d’énergie du soleil et elle en émet un aussi, globalement le même, sans quoi, en effet la T° de la terre s’élève par effet de serre. Bien entendu, nous avons tout intérêt à dégrader le moins possible l’énergie que nous utilisons en chaleur, c’est un principe d’efficacité. Ce sont les GES qui accompagnent cette dégradation et aussi la pollution qui sont les pb à résoudre. Mais nous ne sommes pas pour cette raison contraints par une limite de la ressource énergétique, parce qu’il faut le redire, la ressource énergétique est plus qu’abondante.

  2. Dans le premier scenario , « on » agit vite et on pense après … qu’il faut en remettre une couche , même si c’est une couche de cadavres . La nouveauté , que ses partisans n’ont pas encore compris ( normal quand on ne pense pas ), c’est que la couche les englobe dorénavant.

    Dans le troisième , « on » pense d’abord et l’on peine à agir .

    Dans le second , que j’ai quelquefois « pratiqué » par procuration , il m’a semblé que , dans la dernière ligne droite , « on » n’agissait ni ne pensait , car la nature ( ou la morphine) bonne mère, nous prive de la conscience à l’instant où l’on met le genou à terre .En tous cas , même un mois avant une disparition « naturelle » , je vous jure qu’on ne pense pas à l’éthique citoyenne .

    Le véritable enjeu est donc dans l’agir , celui qui pille ou celui qui transforme .

    Agir social , culture et « esprit ».
    Agir technique .
    Agir « besoins ».
    Agir  » satisfaction des besoins ».
    Agir  » parler et écouter ».
    Agir en sous système biologique vivant .

    Agir « pourquoi ? » .

    Quand « le plus grand nombre » aura répondu à cette dernière question , de façon à peu près commune , la Renaissance sera là , et les forces déjà présentes dans chacun des trois scenarii , tourneront à l’avantage des tenants du troisième .

    Pas avant , s’il doit y avoir un après .

    Avec ou sans robots .

  3. Encore un brillant article de Cédric Chevalier.

    Juste une précision : Aucune technique déjà inventée ou restant à inventer ne permettra, jamais, de stocker du C02 sans consommer préalablement de l’énergie fossile, soit directement, soit par énergie grise intégrée aux machines chargées de le faire.

    Les seuls moyens disponibles capables de stocker du CO2 sans consommer du fossile sont :
    – des océans en bonne santé et pas chauds ;
    – des sols vivants ;
    – les arbres.

    Nous pouvons agir sur les deux derniers moyens.
    Il faut juste interdire Monsanto, IG Farben (BASF + Bayer) et consorts pour favoriser la vraie agro-écologie et, en même temps, planter des arbres, ces merveilleuses « machines » thermodynamiques ultra rentables à long terme, fruits de 400 millions d’année de mise au point.
    Après avoir agit avec ces deux moyens, nous verrons une amélioration du coté de la régulation océanique.

    Bien évidemment, il est impératif d’arrêter les subventions au pétrole et charbon. Il est aussi impératif de favoriser l’économie d’énergie tout comme il est indispensable de virer tous les ministres sans cerveau qui vont au salon de l’auto ; comme la Ségo qui, non contente d’y être allée, s’est réjouie de la saine compétition qui sévit dans ce secteur, aussi nuisible pour l’Humanité que l’est celui de la finance.
    Nous avons besoin de rationalisation énergétique et non pas de rationalisation financière : Un joule est réalité ; un euro une vue d’esprit défectueux ; un dollar une monnaie de singe.

    http://ecodouble.farmserv.org/index.php?post/2016/08/14/400-ppm-%3A-On-y-est-%21

    Vive Notre-Dame-des-Landes ! Un premier pas pour sauver la planète. Samedi prochain sur place à partir de 10H00.

    http://zad.nadir.org/spip.php?article3968

    1. Je crois de moins en moins au réchauffement climatique par le CO2, par contre je crois à 100% à ceci:
      http://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/tcs_84-climat-eau.pdf
      Ceci est de loin à mes yeux le principal facteur de perturbation climatique.
      Son règlement nous demande encore plus une réflexion sur la diminution drastique de notre consommation d’énergie fossile.
      Nous n’avons pas le choix, nous devons passer d’une économie fossile à une économie solaire.
      Mais qu’il est difficile de décoloniser l’esprit, au jardin potager communautaire j’ai commencer par travailler à la grelinette.
      Aérer le sol sans le retourner était déjà une idée à faire passer.
      Ensuite par un ami de Nature et Progrès, j’ai adopter le principe que c’était la vie du sol qui travaillait celui-ci.
      On soutraite le travail aux animaux et aux racines qui le peuplent.
      Là, c’en est déjà trop pour certains qui m’ont dit, je travaille comme on me l’a apprit.
      J’en arrive à transformer des prairies en jardin rien qu’avec des semis de couverture.
      Là c’est purement il faut vous purger avec quatre grains d’hellébore.
      Sage ou non je parie encore.
      Et ça fonctionne très bien.

      Ceci dit, je suis bien d’accord avec votre commentaire.

      1. Merci vigneron
        Tiens j’ai trouvé ceci
        http://cornandsoybeandigest.com/issues/philanthropist-and-cornsoybean-farmer-howard-buffett-shifts-his-focus-soil-conservation

        Traduit par google
        « «Je suis en grande fer et je l’aime d’exploitation de grands équipements, high-tech», admet Howard G. Buffett, agriculteur, écologiste et philanthrope. « Mais grand fer peut être un obstacle au travail de conservation. Cependant, vous pouvez obtenir ce correctif grand-fer avec la technologie d’aujourd’hui, l’agriculture plus durable « .

        La conservation des sols est l’une de ses plus grandes préoccupations, car les sols cultivés érodent assez lentement pour être ignorés dans une seule vie, mais assez vite au fil des siècles pour limiter des civilisations entières. »
        Il a tout pigé, avec la technologie on peut faire tout ce qu’on veut, le tout est de savoir ce qu’il faut faire ou ce qu’on peut faire (tout dépend des cas).

      2. @Lito :

        Vous pouvez toujours le faire si ça vous parait nécessaire, mais en fait , je me contentais de donner suite à votre propre écrit ( » Non , c’est pour ça que j’invente »), afin de savoir de quoi vous parliez .

        PS : il n’y a pas que la robote Gudule qui merdoie dans les lignes  » REPONDRE » .

    2. « Aucune technique déjà inventée ou restant à inventer ne permettra, jamais, de stocker du C02 sans consommer préalablement de l’énergie fossile »

      Ah bon, vous avez une boule de cristal vous permettant de savoir ce qui sera ou pas inventé ? En fait, vous êtes Dieu…

      1. Avant de raconter n’importe quoi, il faudrait lire la suite.
        J’approuve ce qu’écrit écodouble, il n’y a que les sols et les océans qui soient capable de stocker le CO2 le reste n’est que littérature.

      2. « Vous avez une boule de cristal pour savoir ce qui va être inventé ? »

        Non, c’est pour ça que j’invente. Les gus qui prétendent connaitre l’avenir en termes d’inventions sont des fats.

        « il n’y a que les sols et les océans qui soient capable de stocker le CO2 le reste n’est que littérature. »

        Non, vous êtes ignorant, et par ailleurs c’est bien l’activité humaine qui a produit le C02 en excès avec des machines, donc pourquoi donc elle serait forcément incapable de le recapter avec des machines ?

        Par ailleurs, les sols font déjà partie de l’ingénierie agricole technique humaine depuis des millénaires.

        Vous êtes créationniste ?

      3. @ Lito
        Je ne suis certainement pas Dieu et encore moins créationniste : se serait un comble pour un géologue.
        J’essaie seulement de guider mes raisonnements en me référant aux Lois de la Physique. Et si vous voulez voir Dieu dans les Lois de la Physique, vous le pouvez.
        En tout cas, le pire est d’être scientiste ! Vous êtes scientiste ? Vous le partisan des bonnes machines qui fonctionnent sans énergie et sans externalités négatives pour réparer les dégâts causés par les mauvaises machines qui polluent. BOUUUUH.
        Regardez les Lois de la Physique (avec majuscules car ces Lois ne sont pas modifiables, il faut faire avec !) et vous réviserez naturellement votre jugement ; à moins que vous ayez une pièce de charpente plus grosse qu’un liteau dans chaque œil, au point de ne rien pouvoir voir, jamais.
        Entropiquement vôtre.

      1. Quand un ingénieur avoue ne plus croire plus en la technologie je me sens conforté dans mon sentiment qu’il y a plus à espérer de la technologie que des hommes.

    1. Le complément à l’usage des mal comprenant :
      http://pubs.giss.nasa.gov/abs/kh05000e.html
      C’est bien connue Hansen donc la NASA dit toujours la vérité : Le nucléaire c’est bien. Puisque ces génies connaissent l’optimum météorologique pour sapiens sapiens, ils nous informe de la nécessité du tout nucléaire pour le conserver. On comprend alors pourquoi les agitateurs du climat en France viennent tous du CEA.

      1. @Julien Alexandre:

        Ha bon … Ils font aussi ça au CEA ?

        Il faut rattacher cette activité à quel scenario ?

      1. Merci du lien très riche si on va chercher dans les dossiers .

        C’est au moins l’avantage avec des scientifiques , même retraités qui ne veulent pas dételer, c’est qu’ils acceptent de ne pas trop camoufler où sont leurs points de divergence avec autrui , en ne dénaturant pas ses arguments.

        Au passage , c’est le terme  » agitateur » , qui est un peu dans la polémique et dévalorisation de  » l’adversaire » , qui m’a fait réagir .

        Peut on en déduire que le travail du scenario 3 est , s’agissant d’énergie , dans le débat sur le « mix » énergétique ?

  4. Les citoyens et citoyennes peuvent agir d’ores et déjà dans leur jardin s’ils en on un. Il suffit de :
    – faire un tas de compost ;
    – jardiner un petit potager, même symbolique ;
    – aménager des toilettes sèches ;
    – bannir les plantes exotiques ;
    – planter des végétaux et arbres locaux, variés, quand il s’agit de faire une haie (suivant le sol, chèvrefeuille des bois, ronce, aubépine, liseron des haies, prunelier, sureau, frêne, chêne, érable, châtaignier, merisier, houx, if, charme, fusain, néflier, lierre, bourdaine, alisier, cormier, sorbier, fruitiers divers, saule blanc, etc, la plupart des arbres cités pouvant être taillés en têtard).

    1. Pour les toilettes sèches , prenant en compte les revendications des plus de soixante ans , des malades et opérés , des dames avant la ménopause , des maladroits et quelques autres catégories , je revendique cependant une solution hybride qui épargne à ces catégories de se soumettre péniblement à la dictature du tout ou rien .

  5. Il y a depuis toujours des gens qui racontent que la fin est proche, les Chrétiens depuis 2000ans, pour qui le célibat des prêtres est justifié par la fin du monde qui doit être spirituelle et sans procréation. Que se passerait-il si tout le monde cède aux scénarios 2 et 3? Chute des naissances avant extinction, donc il faut des optimistes même si c’est mal vu de leur donner le prix Nobel. Si la fin est prévue dans 3 générations on peut ne pas faire d’enfants pour minimiser la souffrance et exercer sa citoyenneté tout en profitant allègrement de la vie. L’humain se fait douloureusement à l’idée qu’il va mourir, les religions ne l’ont pas calmé, il avait besoin d’honneur dans la mort (pour une patrie, un chef, un groupe…) ce que notre époque n’accorde plus de cette façon là. Pour philosopher, se former aux sciences il faut satisfaire les premiers besoins économiques. On peut se révolter contre le sort même s’il est certain, peut-être est-il inscrit quelque part que nous ne subirons pas ce que le sort devrait nous réserver.

    1. L’humain , dans sa douleur , vous remercie de votre prêche , mais s’étonne un peu que vous soyez persuadé que seuls les tenants du premier scenario ont envie d’avoir des enfants et qu’ils leur survivent un peu .

      1. Non bien sûr tous les tenants peuvent avoir leurs aboutissants pour quelque scenario que ce soit. Parfois dans des couples mixtes d’ailleurs. Faut être un peu optimiste quand même pour avoir des enfants, au moins estimer l’avenir viable mais on sait que les générations futures auront des ennuis.

      2. Oh , pour ma part je crois plutôt que la nature a prévu qu’en laissant à notre tête le soin d’assurer notre survie , nous n’irions pas bien loin , et qu’elle a préféré faire elle même ce qu’il fallait pour nous inciter à trouver les bonnes solutions .

        Tout les toubibs vous diront que l’on est tout de suite plus joyeux quand les organes et le métabolisme sont d’équerre .

        Il n’y a que dans la « vieille France » que Monsieur disait à Madame  » c’est pour la France! » .

        Quand ça se complique pour le corps et la nature , « l’optimisme » devient « sérénité » dans le meilleur des cas .

      3. Les toubibs ne sont pas tous d’accords, le principe de précaution dépend d’un diagnostic. Pour le nucléaire, des scientifiques ont des avis tellement différents que nous aurions besoin pour nous y référer de connaître tout leur cheminement intellectuel selon leur propre vision du monde et ils peuvent changer d’avis. J’aimerais avoir un avis clair sur le nucléaire, le discours scientifique et ses contradictions invite à la précaution.

        Il faut des personnes qualifiées pour se faire lifter, remodeler, affermir, et on est plus joyeux, on garde bon teint, le corps sain et l’esprit sain ont besoin d’une certaine discipline que chacun peut selon ses orientations plus propices à la constructions ou la destruction participer à édifier, il y a besoin d’éthique et d’esthetisme.
        La nature corps et esprit, la France aussi!

      4. @Rocaube :

        Je n’ai pas réussi à suivre votre salmigondis . J’ai bien fait de m’éclipser avant 23 heures , tenter de dénouer les fils m’aurait empêché de dormir .

      5. À vous de gérer votre sommeil, je ne suis pas là pour vous empêcher de dormir mais pour vous éveiller. Bonne nuit

    2. les Chrétiens depuis 2000ans, pour qui le célibat des prêtres est justifié par la fin du monde qui doit être spirituelle et sans procréation

      Je subodore que le célibat des prêtres (récent, moins de 900 ans…) ait eu alors plus à voir avec des affaires diablement sublunaires – de type héritage des prêtres (legs) récupéré plus aisément par l’église en l’absence d’enfants – qu’avec de quelconques considérations eschatologiques, fussent-elles cosmiques, humaines ou même simplement personnelles.

      1. Je crois que c’est dans Le royaume de Carrère que j’ai lu ça, les premiers chrétiens pensaient que la fin était là, c’était le moment du recueillement. Avec l’Église les considérations eschatologiques ont laissé place à une organisation plus soucieuse de sa puissance dans la société (famille, ordre moral, aujourd’hui pas de contraception ou d’avortement…).

    3. Bonsoir,

      Il n’est pas question de sort ni de fatalité.
      Si, comme vous le proposez chacun « profite allègrement de la vie », on sort de l’éthique et l’on s’en remet aux Dieux.

      Comme des bactéries dans une boîte de pétri.

      1. Qui est ce « on », je ne m’y reconnais pas. Les bactéries sont en nous, c’est un équilibre.
        Il peut y avoir de la fatalité dans l’allégresse, par la force des choses nous sommes heureux au présent quand la mort est notre sort commun, ce qui nous unit est ce qui nous sépare.
        Les dieux sont fous, on ne peut combler le ciel, Montaigne et Schopenhauer ont mieux saisi le bonheur terrestre.

  6. A propos de « subside » ( je n’avais pas immédiatement traduit par  » subvention ») , bien que n’ayant pas facilement trouvé les masses financières en jeu , comment pourrait on dispatcher les aides consenties actuellement par l’UE ? Même question pour le budget franco français . Le Brexit peut ( doit?) il faire évoluer cette répartition ?

    http://ec.europa.eu/grants/beneficiaries_fr.htm

  7. « Avant l’Anthropocène, nos ancêtres ont vécu plusieurs dizaines de milliers d’années sans interférer significativement avec la biosphère. »

    Ils étaient combien sur la planète à cette époque nos grands anciens ? ^^ Si on acceptait de revenir à un chiffre (au hasard) d’un milliard d’habitants*, pas sûr qu’on doive se préoccuper tant que ça de notre empreinte écologique personnelle…

    (*) sans tuer son prochain ; ça va de soi mais, je vois déjà les HMF (Hommes de mauvaise foi) crier haro sur le matou 😉 …

    1. Au rythme actuel de la mortalité, moins de 1% y-compris mortalité infantile, sans plus aucune naissance, on n’est pas rendu à un milliards de bienheureux retraités résiduels avant un siècle.
      Faut aussi subventionner/détaxer le tabac, l’alcool, la charcutaille et interdire l’activité physique, les fruits et légumes frais, les limitations de vitesse et les priorités aux carrefours, épibinsur distribuer le Suicide Mode d’Emploi du bon père Guillon dans les collèges, pôles emploi, CMP, hôpitaux, Ehpad, etc.

      1. Sauf que ce n’est pas ici qu’on va laisser disparaître les humains. En Irak, en Syrie, en Afghanistan, au Yémen, on a déjà fait du bon boulot. Au nord Nigeria, on va utiliser la méthode la plus efficace : la famine (tout comme en Erythrée…). Le plus énervant, c’est qu’il n’y a même pas de responsable clair à cibler. C’est le système, la disparition des ressources (comme au Rwanda où le génocide a commencé lorsque les collines eurent été cultivées jusqu’au sommet). En Russie, après la chute du collectivisme, y sont quand même arrivés à faire chuter l’espérance de vie de quelques bonnes années…

      2. Du bricolage tout cela! Les traîneurs de sabres nous concoctent des choses plus efficaces pour réduire la population mondiale: aux U.S. la NNSA estime que la nouvelle petite bombe nucléaire B61-12 (4x Hiroshima) peut être lancée en fabrication, les budgets sont votés et fin 2019 les premiers exemplaires seront livrés, elle sera parfaite pour une ‘première frappe’ selon la nouvelle doctrine adoptée par le Pentagone. Par ailleurs, les russes arrêtent la conversion de leurs ogives en combustible civil, se gardant ainsi de quoi riposter en masse le cas venant à échoir d’une première frappe visant leur territoire.
        L’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, n’arrêtent pas de se houspiller en ce moment sur les sommets du Cachemire, cela pourrait également dégénérer……

    2. On pourrait réduire l’humanité à un milliard de chinois .

      Mais comme Schizosophie est ma référence pour Marx , ma référence en matière d’anthropocène est Arkao.

    3. Bonsoir,

      Que nous soyons 1 milliard ou 8 ne change pas grand chose dans un monde qui fonde son fonctionnement sur la croissance du PIB.
      Car, avec 3% de croissance par An durant 3 x 23 ans, soit la vie d’un Homme, vous multipliez par 8 la consommation du monde entre la naissance et la mort de cet Homme.
      La croissance, est fondée sur l’exponentielle, qui fonce vers l’infini, et au delà!

      Pour vous en convaincre scientifiquement, je vous engage à visionner cette vidéo qui vous relâchera dans ce monde, avec de nouveaux yeux.
      Vidéo de 8 x 10 minutes, à interrompre quand on le désire!

      Bon visionnage
      https://www.youtube.com/watch?v=vqBTkxX7hVE

  8. A qui parlez-vous ? A qui parlons-nous ? Il faut s’adresser aux enfants. Aux jeunes enfants avant qu’ils ne soient happés par les machines à décerveler, à croire au progrès et à la croissance. Avant qu’à leur tour, la peur au ventre, ils ne se mettent en route vers la mort.

  9. Tout a une fin.
    Les êtres vivants, notamment les humains, au fur et à mesure qu’ils prennent de l’âge, finissent par se faire à l’idée de leur propre fin et de ne plus exister en tant qu’individus.

    Pourquoi un ensemble d’individus constituant une espèce ne pourrait-il pas, comme chaque être humain, se faire à l’idée que sa propre fin adviendra ?

    Même le soleil et la terre qui nous permettent de vivre auront aussi leur fin.

    http://www.notre-planete.info/terre/fin_du_monde/mort_soleil.php#terre-soleil

    Alors pourquoi lutter jusqu’à s’entretuer entre individus ou communautés d’individus, en vue d’atteindre l’impossible ?

    Ne vaudrait-il pas mieux se contenter de vivre dans la tempérance pour préserver l’avenir qui, de toute façon, aura lui aussi une fin.

    1. Non
      Rien n’a une fin, tout est cycle même l’univers.
      L’économie aussi http://www.francois-roddier.fr/?p=471
      Malgré tout, dans son entêtement déterministe, l’espèce humaine constitue un problème. Je dirai même un problème d’adolescence, fini la croissance nous entrons dans l’âge adulte.
      Avec le capitaliste industriel financiarisé fonctionnant aux énergies fossiles nous sommes dans la logique du deuxième principe de la thermodynamique appliqué à un système fermé.
      Alors là oui, lorsque les températures seront équilibrées, ce sera la fin du système et de tout ce qui le compose.
      Si on passe à l’énergie solaire, on se trouve dans la logique du deuxième principe de la thermodynamique appliqué à des systèmes ouverts autrement dit les structures dissipatives d’énergie solaire.
      L’énergie solaire n’a rien à voir avec les fossiles, elle est diluée et distribuée au départ, il faut la capté et l’utiliser sur place dans une économie relocalisée près du citoyen.
      Ma mort ne sera rien d’autre que mon recyclage que j’espère comme ceci sur le plan biologique. http://www.humusation.org/
      En espérant également que mes descendants auront la bonne idée de recycler toutes les infos que j’aurai laissé traîner un peu partout.

      1. @ Michel Lambotte dit : 3 octobre 2016 à 19 h 54 min

        « Rien n’a une fin, tout est cycle même l’univers. »

        Votre esprit de contradiction vous égare Michel. Vous le savez bien puisque même un cycle a une fin.

        Il suffit qu’au point « mort » d’enchainement des cycles, les forces qui génèrent le mouvement d’ensemble soient plus faibles que celles qui s’y opposent en freinant et provocant la détérioration de la matière, pour que l’enchaînement s’arrête et que la mort advienne.

        Cela se passe au niveau de chaque fonction élémentaire, mais aussi au niveau de l’ensemble des fonctions de chacun des individus vivants, ou au niveau d’ensembles d’individus comme le sont chacune des espèces vivantes.

      2. Mon cher jducac
        Avant de vous en prendre à mon esprit de contradiction, sachez que ce que je dis est recoupé de différentes manières.
        L’expérimentation aux raz des pâquerettes fait partie de mon bagage, ce qui vous apprend la modestie quand vous vous brûlez les ailes. Ben oui, cela arrive.

      1. @Michel Lambotte :

        Son propos à connotation testamentaire n’est pas récent .

        A l’approche de la fin , et dans le scenario 2 , Jacques Brel avait eu une magnifique chanson qui n’avait pas trop retenu l’attention, comme tous les propos qui font un peu peur . Il y retrace toute la désespérance qu’il évoquait sous une forme rebelle dans « la quête » . Et la chute n’en est que plus inattendue . Animus se dépasse par anima :

        https://www.youtube.com/watch?v=_rrQbl8AZBs

      2. @ Juannessy dit : 3 octobre 2016 à 20 h 12 min
        « Ouf !ça n’était pas la fin de Jducac comme je l’avais avancé !… »
        Merci pour le « ouf » !

        @ Michel Lambotte dit : 3 octobre 2016 à 20 h 38 min

        « vu la teneur du commentaire le moral ne doit pas être bien haut. »

        Détrompez-vous ! La lucidité libère même quand elle conduit à l’implacable. Elle soulage bien plus que les croyances non validées expérimentalement.

    2. @ jducac, l’ami du CAC40. Bon retour à bord, non que ça manquait, si mon avis vaut quelque chose.
      Ch’uis déçu, comme un manque; une baisse de moral, c’est comme baisser sa garde. L’ennemi est en embuscade , faut pas lui donner loisir à exploiter une lacune ou un oubli.

      Bref, je pense que vous avez oublié l’indispensable commandement, d’essence doloristo-pétainiste : se serrer la ceinture pour les rejetons à venir. Dans ce monde concurrentiel, si vaillamment darwiniste: Tu Économiseras pour l’Avenir ( en petit; sans égard pour le présent) .

      1. Par pitié, Darwin n’a jamais décrit un monde de compétition.

        Prêter à l’interprétation des suppôts de l’école de Chicago, la pensée d’un Homme qui a su voir les symbioses et les boucles de recyclage et de rétroaction du Monde est un supplice.

      2. @ daniel dit : 3 octobre 2016 à 22 h 41 min

        « L’ennemi est en embuscade, faut pas lui donner loisir à exploiter une lacune ou un oubli. »

        Notre environnement est notre capital.
        La sagesse voudrait que nous l’économisions et le préservions alors que les anticapitalistes n’aspirent qu’à le consommer au lieu de le renouveler grâce à l’investissement.

        C’est pourtant simple à comprendre. Comme toutes les autres l’espèce, l’espèce humaine n’aura qu’une vie, puisqu’elle aura une fin. Plus elle consommera, plus elle abrègera sa vie alors que d’autres espèces porteront au plus loin leur existence, donc celle de leur descendants.

      3. @Bouddha vert :

        Il ya effectivement deux grands malentendus dans les jugements portés sur ce « géant » qu’a été Darwin , que j’ai d’ailleurs surtout appris à connaître au travers des émissions que lui a consacrées Jean Claude Ameisen .
        Le premier sur la réduction de son travail à la seule théorie de l’évolution , en zappant tous ses travaux d’anthropologue.
        Le second sur une lecture tronquée de la « sélection naturelle » réduite à la seule compétition de rapports violents .

        De mon côté , j’en suis plutôt à reconnaître que la « sélection » et les « bifurcations » sont le produit de deux inclinations « naturelles « : la compétition et la coopération .

        Les forts en gueule ,donc forts en rien , ont bien sur seulement considéré la compétition pour justifier de la « légitimité » du statut social qu’on leur  » devait » . Le « chef » – capitis – capital , est alors le plus fort en gueule …..jusqu’à ce que le corps social qui en meurt s’en débarrasse pacifiquement ou pas.

        Les vrais chefs sont ceux et celles qui ont constamment en qualité propre et en faculté d’agir , les deux fers au feu « coopération ET compétition » pour s’adapter à l’environnement , cultiver les acquis , POUR le bien public et la survie du groupe .

        Ils sont aussi rares que Darwin .

        Ou Tolstoï qui écrivait que le pouvoir véritable , c’était l’état de plus grande  » dépendance » où l’on se trouvait à l’égard d’autrui .

      4. @ Bouddha Vert: vous êtes nouveau sans doute, ce qui n’est pas un crime . Le privilège de l’ancienneté est de pouvoir dire que vous êtes entièrement de mon avis concernant cette horrible chose qu’est le darwinisme social… Y’a des degrés parfois, à commencer par le second.

        @ jducac, l’ami du CAC40:
        « C’est pourtant simple à comprendre. », délicieux. Merci.
        Pouvez-vous préciser qu’elles sont les « autres espèces [qui] porteront au plus loin leur existence », les veinardes qui ont tout compris dans ce monde de brut ? Votre texte suppose nettement qu’elles ne sont pas humaines. A tout hasard, pourrions-nous compter sur leur aide ? Ou bien la compétitivité, élevée au rang des « espèces », s’oppose-t-elle à la moindre coopération dans ce monde sans pitié ?
        Je vous rappelle que « C’est pourtant simple à comprendre. »
        Merci.

      5. Pas d’accord Juan, dans votre citation vous avez d’abord écrit coopération, donc c’est lui qui vient en premier dans la contraction des deux mots. Par esprit de contradiction.

      6. @Michel Lambotte :

        Par esprit de conciliation sinon de coopération , va pour coopétition .

        Mais je me demande si François Leclerc imagine ce que pourrait être une  » coopétition-rative » .

        Sur Jean Marie Pelt , certaines de ses assertions ont fait bondir , et je me demande ce qu’il serait devenu s’il était encore vivant .

        Il vaut mieux mourir jeune comme Jésus Christ et Blaise Pascal , pour ne pas être pris en flagrant délit de connerie .

      7. @ daniel dit : 5 octobre 2016 à 1 h 09 min

        « Ou bien la compétitivité, élevée au rang des « espèces », s’oppose-t-elle à la moindre coopération dans ce monde sans pitié ? »

        Tout a une fin, y compris la coopération.

        Elle ne dure qu’un temps pour laisser place à l’élimination du plus faible par le plus fort lorsqu’apparait le danger de mort et que chacun cherche à sauver sa peau.
        Dans notre monde fini qui finira lui aussi par finir, le problème est de survivre le plus longtemps possible même quand on sait que tout a une fin.
        Voyez ce qui se passe quand pour survivre une entreprise se sépare de certains de ses collaborateurs.

  10. Je sais pas ce que vous en penserez, mais je trouve que ces deux pages sont ce que j’ai trouver de mieux pour dire le vertige moral qu’implique le constat d’une fin du monde (enfin celle de la biosphère actuelle).
    Le psychanalyste Pierre-Henri Castel conclut un essai consacré à Sade en en reproduisant le style, si fatal et si impitoyable.
    Intuitivement, on pressent que si nous sommes incapables de nous préserver, c’est que nous sommes incapables de dire dans l’élément du langage, la violence dont nous sommes l’exclusive origine.

    http://alexlechti.over-blog.com/2014/12/pervers-analyse-d-un-concept-suivi-de-sade-a-rome-2014-de-pierre-henri-castel.html

  11. « Comment les honnêtes citoyens pourraient-ils accélérer au plus vite, en touchant le plus grand nombre, cette nouvelle Renaissance, la Métamorphose de notre civilisation et de notre espèce ?  » : voilà, tout à fait, une très belle question à laquelle Michel Serres aimerait avec plaisir répondre.

  12. « Bien entendu, l’honnêteté intellectuelle et scientifique requiert de ne pas écarter que des technologies de capture et de stockage viables des gaz à effet de serre finissent par émerger dans les décennies à venir »
    Elles sont déjà là:
    http://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/4pour1000-tcs-88.pdf
    Bien sûr ce n’est pas suffisant, mais le fait d’engendrer une telle initiative à grande échelle voudra dire que les responsables auront compris la globalité du problème.
    Le préalable étant que les citoyens doivent porter cette solution en haut lieu.

  13. A l’échelle locale et à partir de prémisses faux (théorie du « dérèglement climatique »), il faut partir d’une théorie de comptoir robuste pour réellement dans les faits changer le monde : Tout écologiste qui n’est pas végétarien strict est un charlatan.
    Tout buveur de lait est un tueur de veau, tout mangeur de fromage ne fait rien pour le bien être animal. Vous êtes ce que vous mangez, et rien d’autre. Les théories écologistes émises par un carnivore sont automatiquement à rejeter dans les poubelles de l’écologie politique. Soit tout le discours de gens qui n’appliquent pas ce qu’ils disent.
    Etre Vegan n’est pas un parti, mais un fait qui change son rapport au monde et à la bouffe triste, fût-elle estampillée « bio », et à la fin, c’est ce qui comptera dans votre vie et dans votre emprunte écologique. Emprunte écologique que Monbiot et Hansen aimerait voir nucléaire, les salauds, eux, n’ont pas de limite au nom de la climatologie conçue sur ordinateur.
    Monbiot expose un faux combat, c’est juste une dissertation pour se faire mousser, qu’il change le contenu de son assiette et nous en fasse part, il en paraîtra plus radical.

      1. La viande est mauvaise pour le compost. Donc la poubelle est mieux, sauf que l’humusation est idéale ou, comme les Indiens, sa faire manger par les vautours et autres bouffeurs de cadavres…

      2. Je crois finalement que je vais signer mon papelard pour le don d’organes . Tant pis pour ceux qui hériteront de mes pièces de rechange .

        PS : si on continue à se faire enterrer en bon ordre dans les cimetières , je me demande combien de temps il restera assez de place sur terre pour se faire ….

      3. @ Juannessy:
        Simple: retourner les cimetières à la culture. Je ne suis pas un spécialiste des engrais mais il me semble que la viande morte en fait un bon. ( Pas très loin de chez moi, il y avait un fabricant d’engrais à base de déchets d’abatoirs. Odeur sous le vent pestilentielle…). Précautions: plus de béton pour la dalle, pas de cercueil imputrescible et accessoires plastiques etc… . Anonymité à long terme obligatoire, tous égaux et la gueuse trompée. Rien d’inhumain.

      4. @Daniel:

        L’humusation pour ceux qui en sont les tenants , est un peu plus compliquée qu’un enfouissement sans béton , et nous avons déjà eu un cours circonstancié ici . Ça ne m’avait pas complètement convaincu ,car il faut malgré tout y dépenser de l’énergie pour se débarrasser des os , car je vous rappelle que cette foutue carcasse est méchamment résistante , sans compter les prothèses de la hanche qui se multiplient .

        Donc votre solution ne résout pas ce problème osseux ( c’est d’ailleurs là que se trouve les minéraux-engrais ). On pourrait juste gagner un peu de place en enfouissant , plutôt que des allongés en cercueil , des squelettes décomposés en chacun de ses legos gentiment classés dans une petite caisse 60x60x50 comme on le fait dans les cas de  » réduction de corps ».

        C’est comme ça que j’ai vu mon père occuper 6 fois moins de place dans le cimetière familial .

        Mais pour le moment , si la science en veut , je crois que je vais rester sur l’option don d’organes , mais il faut que je m’assure qu’on ne brulera pas ce qui reste en contradiction avec la préservation de l’énergie .

    1. « Tout écologiste qui n’est pas végétarien strict est un charlatan.
      Tout buveur de lait est un tueur de veau, tout mangeur de fromage ne fait rien pour le bien être animal. Vous êtes ce que vous mangez, et rien d’autre. Les théories écologistes émises par un carnivore sont automatiquement à rejeter dans les poubelles de l’écologie politique. Soit tout le discours de gens qui n’appliquent pas ce qu’ils disent. »

      Avec ce que vous nous égrenez là je pense qu’on a plus qu’à redevenir chasseur-cueilleur oui, mais dans quelle forêt?

      1. Et ben , déjà que les menus en maison de retraite ne sont pas trop alléchants , autant crever tout de suite quand on est jeune .

        Ceci étant , il est exact que lorsque des européens carnivores ont débarqué aux States , les indiens étaient pour la plupart végétariens , et ils repéraient  » l’homme blanc » parce qu’il sentait le cadavre , de l’odeur de la viande consommée .

      2. Surtout les Inuits Juan, grands vegans chasseurs de courgettes et de batavias. Parait qu’ils les élevaient sous serres-igloos chauffées aux sables bitumineux.

  14. Ecouté Touraine à l’instant sur FI.
    Du bon sens, des conneries , des limites .
    Noté que, comme moi, il pense que les « politiques » seront meilleurs quand les citoyens seront meilleurs .

    La question devient donc , comment ramener ,ou amener, le citoyen à son job de base .

    Envoyer propositions à « BDPJ » qui fera suivre.

    1. Juannessy , vous avez abordé le sujet de la gestion des carcasses humaines. Il faudra développer ce sujet: s’il n’est plus envisageable d’avoir un lopin de terre pour s’y fondre, qu’évaporer nos corps aux énergies fossiles condamne nos descendants et que nos organes n’intéressent pas forcément grand monde… alors même la mort va devenir compliquée! Y’a plus qu’à tenir le coup en attendant le soleil vert… zut!

  15. Bien sûr qu’il va sans doute falloir devenir végétarien (je suis moi-même en transition) et changer notre civilisation bien au delà (passer de l’avoir à l’être).

    Mais cela ne servira à rien sans briser la machine productiviste qu’est le capitalisme. Ce texte de Daniel Tanuro l’explique fort bien: http://wp.me/p5oNrG-m4D

    1. Je mes suis mis récemment au régime ruminant, pour la préservation des prairies fleuries : 80% foin (RGI+ trèfle + luzerne) et 20% orge.
      J’envisage d’acheter une maison de garde-barrière, pour faciliter mes ruminations, pasque là j’ai un peu de mal.
      Je désespère un peu quoi.
      Mais comme disait ma grand-mère, mieux vaut ruminer son désespoir que sa mauvaise conscience.

  16. Oui, le billet est pertinent par les trois scénarios (hihi) abordés, mais il souffre, à mon avis, d’un postulat erroné dans le titre.
    Effectivement, si j’ai bien lu et compris un article de P. Jorion sur ce même blog (moins d’un mois… mais lequel ? ), dans les civilisations occidentales, il y a le reflet de l’individu dans l’Etat, alors qu’en Chine, c’est l’Etat qui forge l’individu (est-ce bien cela, monsieur Jorion ? ). Partant de là, le m’enfoutisme de l’Etat vient, entre autres choses, de la douche chaude que nous rechignons à abandonner tous les matins, comme de tout ce confort que « l’on » nous doit parce que nous le valons bien!!! Et hop, je jette mon mégot à la Vilette en passant…
    Peut-être que ce que les États, tout comme les individus, ont comme obligation… dépasse tout simplement ce qu’il leur est envisageable, idiosyncrasiquement, de faire.
    [10] Pour moi, le film « Demain » n’a été que l’avant goût de ce qui nous attend hélas : le grand « Sauve-qui-peut »… et son chapelet de désenchantements. Pas joyeuse, la fin…

      1. Non, je ne fume pas. Je faisais reference aux 25000 megots ramassés ce jour à la Vilette. Signe qu’il y a un gros travail pour changer les mentalités avant de pouvoir esperer changer le monde. Partout des canettes, bouteilles, taches d’huiles de vidange…

  17. Peut on coupler une démarche éthique avec une démarche scientifique , l’une combinant des « valeurs » et l’autre des « faits » ?

    En quoi tout ce qui suit « oser une nouvelle renaissance  » ,dans ce billet , est une démarche éthique ?

    1. Bon courage à Cédric Chevalier pour trouver des matériaux d’approfondissement de son questionnement ,et si possible des éléments de réponses , dans ces commentaires !

      Bonne nuit .

  18. @Juannessy : navré de vous décevoir. C’est sans doute que la réponse au « comment …/… accélérer au plus vite …/… la Métamorphose de notre civilisation et de notre espèce » , ne s’entrevoie que par le truchement d’un choc. Quand je vois la résilience de l’industrie nucléaire après celui (choc) de Fukushima, je ne sais ce qu’il est envisageable d’imaginer d’autre que la prise de conscience de l’honnête citoyen par une détérioration catastrophique et rapide de son paradi(gme). Ce n’est pas souhaitable comme traitement, néanmoins envisagé dans les scénarios… et il n’y a aucune raison que les consciences évoluent sans motif sérieux autre que la dégradation très profonde de l’environnement de vie. Pour un changement rapide, s’entend. S’asseoir sur un tas de sciure ne suffira pas. Sinon, l’éducation peut faire avancer les choses si le calendrier le permet… mais cette solution idéale et pacifique, je n’y crois plus: il faudrait aussi renvoyer les (grands) parents à l’école, comme Mao a pu le faire en son temps. Non merci!
    A noter: Cédric Chevalier a bien creusé son sujet, mais calé aussi sur les réponses, qui n’existent peut-être plus… ou seraient inavouables aujourd’hui. Quoique dans certaines réponses, on lève parfois le coin d’un suaire… tissé d’immoralité (presque anagramme d’immortalité).
    Mais je serais heureux de lire une piste… Sincèrement. Ça fait bien longtemps que je cale sur cette équation aussi: fin des ressources, pollution, surpopulation, mondialisation, plus climat depuis peu. Je viens sur ce blog pour la deviner, comme beaucoup, je pense. Ce n’est pas scientifique, je sais.

    1. Partager le problème en s’assurant que tout le monde comprend ce qui est dit ou écrit , c’est déjà un bon début qu’un blog peut plus surement assurer qu’une ou plusieurs solutions .

      Lesquelles se manifesteront sous la contrainte externe .

      Le malheur  » à venir » n’est pas encore assez « présent » dans les corps et les consciences . On est comme ça ….

  19. Nous sommes tous à cran car privés de moyens d’actions civiles. Le pognon a d’ores et déjà tué nos démocraties et aucun vote ne permettra de renverser la vapeur. Vivants tous dans des soft-dictatures qui se donnent des airs de paradis sur terre, il faut accepter cette réalité politique et comprendre qu’aucune dictature ne tombe jamais sans que les peuples entrent en insurrection. Si une majorité le fait, on évite la violence, mais comme aucune majorité ne semble vouloir comprendre la situation (puisque le système use de tous les moyens technologique pour abrutir et diviser les populations) , l’insurrection si elle a lieu devra être le fait d’une minorité qui devra s’imposer violemment. Avec quel résultat ? Je n’en sais rien.

    1. La condition de la dictature , c’est la peur .

      La fin d’une dictature , c’est avoir le courage de risquer sa peau pour reprendre sa vie ( au moins la vie de celles et ceux qui survivront ) en charge propre .

      Encore faut il que le monde ne préfère pas l’illusion d’une paix seulement éthique , plus motivée par le confort conservateur que par le partage de valeurs .

  20. Oui, on peut tenter d’expliquer tout cela avec ce postulat que les gens ont de la bonne volonté. Qu’étant donné cela ils sont victime de quelques paradoxes et dilemmes.

    On peut aussi tenter de constater la médiocrité ambiante et conclure que nous sommes victimes de cécité à la lecture de nos contemporains.

    Les politiques ne font rien car les gens ne font rien, les gens ne font rien car les politiques ne font rien. C’est de la médiocrité à base de ‘je refuse de faire un effort puisque les autres n’en font pas’, et ce constat fonctionne pour les deux bords politiques et citoyens.

    Je crois plus certainement au postulat suivant, les gens dont éduqués face à ces questions de changement climatique, des conséquences que cela à (il n’est plus nécessaire d’y employer le futur), et les moyens de s’en prémunir.
    Étant donné cela, pourquoi n’agissent ils pas ? Parce qu’ils sont médiocre, ils se vautrent la dedans depuis toujours, ils ne pensent pas, n’y même s’imaginent pouvoir s’élever dans l’échelle de la dignité. Et puis plus simplement, c’est bien beau de s’élever dans l’effort pour la préservation, mais est ce que cela me donne à manger ? Est ce que cela me permet de connaître l’amour ? Est ce que cela me donne une vie meilleure ? Serais je plus épanoui ? A toutes ces questions le quidam moyen répondra que non.
    Il faut alors constater l’énergie qu’ils dépensent chaque jour pour se procurer plaisir instantanés et autres divertissements de sa qualité d’intelligence pour admettre que franchement, il n’en a rien à foutre.
    Et pendant ce temps d’autres, tout aussi médiocre, mais n’ayant d’autres espérances que de sortir de cette m** ambiante, théorisent sur le quoi, le comment, oubliant que le réflexe de survie impose d’agir immédiatement avec une force à minima proportionnée au danger de la menace.
    Hors, le danger de la menace est l’impossibilité de la filiation par l’impossibilité d’exploiter mon environnement, la mort.

    Si nous étions dans un monde rationnel j’aurais déjà attaqué en justice tous les propriétaires de voitures pour pollution de mes ressources vitales et destruction de mon environnement futur.. M’enfin on va pas se mettre à parler de rationalité, TOUT serait bien trop simple à résoudre….

  21. Bonjour à tous,
    Je n’ intervient sur le blog que pour pointer le travail de François Roddier :

    « Thermodynamique de l’évolution »

    Son essai scientifique donne une base cohérente à toutes les thématiques que vous abordez avec talent.
    Longue vie au blog

  22. La réponse est à trouver dans la nature elle-même. Il existe en effet une technologie naturelle, efficace et compatible avec des échelles de temps plus ou moins long en phase avec les cycles naturels: ce sont les arbres. Alors plantez des arbres, de préférence des feuillus, partout ou vous pouvez. En bonus, vous aurez des fruits (pour les arbres fruitiers) et du bois pour la construction, l’artisanat, le chauffage, la permaculture (bois rameau fragmenté).

    1. Les résineux pompent plus de carbone jusqu’à 50/70 ans. Les abattre donc à 50 ans au plus tard et resemer ou replanter. Mais pas pour le chauffage le bois please, aberrant, se chauffer au gaz plutôt, ou mieux, au nucléaire.

  23. J’imagine avec effarement un débat entre Piketty , Jducac , Schizosophie sur le thème :

    Capital , patrimoine et environnement .

    Avec Vigneron comme chargé de faire le compte rendu .et dégager les éléments nourrissant chacun des trois scenarii ( Ave Caesar ! ) décrits par Cédric Chevalier .

  24. A vous lire, j’établis un parallèle entre notre situation d’honnête citoyen, et celle du « pari de Blaise Pascal ».
    Ici « Croire en un future ou la civilisation existe » c’est chez Pascal « Croire en Dieu ». Et l’action en découle de même: « vivre vertueusement pour sauver l’espèce » et « vivre vertueusement pour accéder au Paradis »

    Les critiques qu’on oppose au raisonnement de Pascal sont du mêmes ordres que celles qu’on pourrait apporter à votre raisonnement: l’infini du paradis ou le néant de son inexistance, contre le gain de la vie libertine ou la perte de la vie vertueuse…

    Je vous renvoie à l’article wikipedia, qui est assez clair
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pari_de_Pascal

    Une petite citation de Malraux pour la fin: « ce siècle sera spirituel ou ne sera pas »

    1. C’est bien vu.

      Ceci dit ,les seuls paris interdits sur le blog de Paul Jorion sont les paris spéculatifs .

      Pour le siècle, il a déjà 16 ans et pas terriblement spirituels .

  25. Pour avoir réfléchi à l’écologie du citoyen depuis près d’un demi-siècle, il paraît indispensable de souligner la nouvelle donne à laquelle nous sommes confrontés, pour qu’elle ne soit pas occultée en 2017

     » En d’autres termes, nous devons revisiter notre fonctionnement économique et montrer comment des comportements modifiés, tirés en particulier des circuits courts et de l’économie circulaire sont de nature à forger un autre ADN à la notion de valeur. Il s’agit simplement d’admettre et de dire qu’une économie empreinte de la conscience de la terre est indispensable, souhaitable et surtout possible, sans nuire à la croissance et aux emplois. »

    « Cela va conduire à de nouvelles formes de solidarités de proximité, au collaboratif et au partage et donner aux entreprises une occasion formidable de montrer que la RSE n’est pas qu’un sigle à la mode. L’indispensable croissance passe en effet par des entreprises actrices dans leur cercle qui mériteront la confiance accordée. »

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-160110-conscience-de-la-terre-2024901.php

    Neuroplanète : « Plus on aura de robots, plus il faudra apprendre à être humain »
    http://www.lepoint.fr/sciences-nature/neuroplanete-plus-on-aura-de-robots-plus-il-faudra-apprendre-a-etre-humain-06-10-2016-2073992_1924.php?google_editors_picks=true

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