Les principes Volkswagen I, II et III

J’ignore s’il existe un nom pour le principe suivant : « Aussi stupide que soit quelqu’un, il n’en pensera pas moins qu’il est entouré seulement d’imbéciles ». S’il n’a pas encore de nom, je propose de l’appeler « Principe Volkswagen I ». Et si je l’ai numéroté « I », c’est qu’il faut le compléter aussitôt du « Principe Volkswagen II » dont l’énoncé est celui-ci : « Un idiot grassement payé ne devinera jamais qu’il l’est ».

Pour ce qui est de ce second principe, je ne suis pas sûr pourtant que l’appellation de « principe » lui convienne parfaitement puisqu’elle suggère qu’il ne s’agit là que d’un postulat, c’est-à-dire d’une proposition supposée vraie sans pour autant être irréfutablement tenue pour telle, comme le serait un axiome, ou ayant été démontrée, à l’instar d’un théorème, alors qu’« Un idiot grassement payé ne devinera jamais qu’il l’est » n’est en réalité que le corollaire d’un théorème qui a été prouvé, sans la moindre contestation possible, par la « science » économique, et dont l’énoncé est celui-ci : « Toute rémunération scandaleuse récompense un talent strictement proportionnel ».

La mésaventure de M. Martin Winterkorn, PDG de Volkswagen jusqu’à très récemment, suggère cependant un troisième « Principe Volkswagen », que voici : « Quel que soit le montant du bonus, il est souhaitable qu’il soit supérieur à l’amende punissant la malversation l’ayant permis ».

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