Catégorie : Sciences cognitives

  • Qu’est-ce que penser ?

    Il y a à première vue deux types de penser distincts : l’« association libre » et le « calcul ». L’« association libre » caractériserait le fonctionnement de cerveau en roue libre, le « calcul », son fonctionnement dirigé.

    1. Dans l’« association libre », c’est la configuration du réseau de nos éléments de mémoire, de nos traces mnésiques, qui détermine comment la pensée se constitue dans ses séquences. Le rêve parcourt sans contraintes le réseau des traces mnésiques connectées dans notre cerveau. L’émotion, qui dans la veille inhibe certains parcours possibles, est ici déconnectée : il n’y a pas dans le rêve de « dynamique d’affect » qui dirigerait la pensée.… Lire la suite…

  • L’homme qui n’en revenait pas

    J’ai un projet de livre en tête (*). C’est l’histoire d’un type qui est amnésique mais qui souffre d’une amnésie d’un genre très particulier. Dans le cas ordinaire, le malade a perdu la mémoire de son histoire personnelle mais le contexte général lui demeure familier. Mon héros au contraire se souvient parfaitement de qui il est et de tout ce qui lui est arrivé, mais il n’a plus le souvenir du monde au sein duquel toute cette histoire s’est déroulée et ce qu’il vit lui est étranger. Du coup, tout l’étonne, et le plus souvent lui déplaît, voire même l’écoeure ou lui répugne carrément.… Lire la suite…

  • Se souvenir de sa naissance

    On dit des Esquimaux qu’ils prétendent se souvenir de leur naissance et l’on présente cela comme une curiosité culturelle. En fait il est possible de se souvenir de sa naissance : cela relève de l’anamnèse dans la cure psychanalytique. Cela ne fait pas partie des buts recherchés, cela s’obtient en sus : en prime !

    Une psychanalyse permet de remonter dans son histoire personnelle, d’étape en étape, et dans les stades finaux, de jour en jour. Ce chemin à rebrousse-poil peut se parcourir sur l’entièreté du trajet. J’imaginais la chose impossible, mais non : il est possible de parvenir jusqu’aux minutes qui précèdent la naissance.… Lire la suite…

  • Bloguer en deux langues

    Je suis « né » bilingue. J’entends dire par là que j’ai entendu parler concurremment – et j’ai parlé moi–même – deux langues dans mon univers familial, du moment de ma naissance jusqu’à la mort de mon grand–père alors que j’avais seize ans. Mon père parlait français et c’est en français que je suis allé à l’école ; ma mère et mon grand–père – qui habitait un autre appartement du même immeuble – parlaient le hollandais : le néerlandais. On parlait français à la maison quand mon père était là et hollandais quand il était au bureau.

    L’anglais, je l’ai appris plus tard.… Lire la suite…

  • L’énigme de la chambre chinoise

    Jean–Luce Morlie s’était montré chagriné de ce que je disais de la conscience dans « Apprendre en se lisant » et il revient à la charge dans un commentaire sur mon billet suivant, « Ce que le chat de Schrödinger en pense, lui ».

    Comme j’ai un jour consacré un article entier à la conscience (1), je suis allé le relire pour me remettre en mémoire ce que j’y disais exactement.

    Le texte s’intitule « Le secret de la chambre chinoise » parce que je visais à y résoudre une expérience mentale, proposée par John Searle sous la forme de l’énigme de « la chambre chinoise ».… Lire la suite…

  • Apprendre en se lisant

    J’ignore si d’autres qui écrivent ont partagé cette expérience qui fut souvent la mienne : avoir le sentiment d’apprendre quelque chose alors que l’on lit un texte que l’on a soi-même rédigé.

    Il y a plusieurs explications possibles, l’une, banale, serait que l’on en a oublié le contenu. Fervent de la psychanalyse, je ne pense pas personnellement que l’on oublie ce que l’on a su un jour. Il me paraît plus probable que l’on change, que l’on évolue, et qu’ayant cessé d’être la même exacte personne, on puisse apprendre en se lisant soi–même.

    J’ai eu l’occasion hier de raffiner cette explication.… Lire la suite…

  • Le robot lacanien

    Marvin Minsky vient de publier un ouvrage intitulé The Emotional Machine (Simon & Schuster 2007) où il réclame un nouveau statut pour l’Intelligence Artificielle qui devra désormais s’appuyer sur l’émotion si elle veut parvenir à reproduire l’homme ou la femme dans la machine. L’idée est excellente, d’autant qu’elle rappelle l’ambition d’un chercheur aujourd’hui injustement négligé qui, il y a vingt ans déjà, mettait au point ANELLA (Associative Network with Emergent Logical and Learning Abilities), réseau associatif aux propriétés logique et d’apprentissage émergentes. Contrairement aux logiciels conçus à l’époque, ANELLA n’appliquait pas de règles pour raisonner logiquement, elle se contentait de suivre les émotions comptabilisées par sa dynamique d’affect.… Lire la suite…