Archives de catégorie : Sciences cognitives

LE PISTOLET ET LA PIOCHE #15, « DEVENONS-NOUS DES MACHINES ? » PAUL JORION RÉPOND, LE 29 MAI 2018 – Retranscription

Retranscription de « DEVENONS-NOUS DES MACHINES ? », le 29 mai 2012. Merci à Olivier Brouwer ! Ouvert aux commentaires.

Interviewer (Pascal Hérard) – Les algorithmes d’apprentissage automatisé, ceux qui sont basés sur les réseaux de neurones, la question qu’on se pose, parce que ça va être en lien avec ce dont on va parler, est-ce qu’ils sont proches des processus mentaux du cerveau humain ? Ou est-ce que c’est totalement différent ? Est-ce que le cerveau humain travaille d’une manière similaire, parallèle, à ces réseaux de neurones et ces algorithmes d’apprentissage, ou est-ce qu’on est vraiment sur quelque chose qui n’a rien à voir ?

Paul Jorion – Mais je crois qu’on ne connaît pas la réponse. Ce qu’il y a, c’est que, dans les toutes premières techniques d’intelligence artificielle, on a mis l’accent sur des méthodes mathématiques qu’on connaissait, des tentatives de formaliser la logique, des choses de cet ordre-là, et on avait misé [sur le fait] que l’intelligence artificielle allait fonctionner en fonction de ce que nous pensions, de manière générale, sur le calcul. Continuer la lecture de LE PISTOLET ET LA PIOCHE #15, « DEVENONS-NOUS DES MACHINES ? » PAUL JORION RÉPOND, LE 29 MAI 2018 – Retranscription

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The Chinese Room’s Secret, L’Homme 150, 1999 : 177-202

Paul Jorion, Le secret de la chambre chinoise, L’Homme 150, 1999 : 177-202

Désormais également en anglais ici.

À partir d’une observation de Jean Pouillon, il est montré, à la fois de manière déductive et en se fondant sur des données expérimentales, que la conscience ne dispose pas d’un pouvoir décisionnel. Son rôle se cantonne à transmettre des instructions au corps en fonction de l’affect qu’engendre et qu’évoque la perception. L’existence du langage permet aux sujets humains de produire un discours d’auto-justification de leurs faits et gestes. Celui-ci ne reflète cependant en aucune manière les mécanismes psychiques effectivement à l’oeuvre, son seul impact consiste à influencer l’affect de celui qui le tient (en tant que parole ou que « parole intérieure »), comme celui de ceux qui l’écoutent. Le couple « corps » et « âme » se trouve ainsi validé, mais les responsabilités qui leur sont traditionnellement reconnues doivent être réattribuées entre un corps qui décide et agit et une âme qui rétro-agit sur le mode de l’affect simplement.

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Le (non-)rôle de la conscience

Ouvert aux commentaires.

Timiota me signale un article récent (14 novembre 2017) en anglais intitulé Chasing the Rainbow: The Non-conscious Nature of Being, par David A. Oakley et Peter W. Halligan. Dans cet article est défendue la même thèse que celle que j’avais développée dans un article publié en 1999 dans la revue L’Homme intitulé Le secret de la chambre chinoise : du rôle non-causal de la conscience, et dont j’avais résumé l’argument dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016 : 143-150).

J’avais consacré un billet à ce sujet, au tout début du blog (14 avril 2007). Je le reproduis ici.

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« Effects of LSD on music-evoked brain activity », bioRxiv, Jun. 25, 2017

© Matti Klarwein (1932 – 2002)

« Effects of LSD on music-evoked brain activity » par Mendel Kaelen, Romy Lorenz, Frederick S. Barrett, Leor Roseman, Csaba Orban, Andre Santos-Ribeiro, Matthew B. Wall, Amanda Feilding, David Nutt, Suresh Muthukumaraswamy, Robin Carhart-Harris, Robert Leech, bioRxiv, Jun. 25, 2017

The Moody Blues : « Om » (1968)

The Trip (1967), film de Roger Corman, musique par The Electric Flag, featuring Mike Bloomfield (1943 – 1981)

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Je (après-demain) est un autre

Si vous avez lu Le dernier qui s’en va éteint la lumière, vous avez vu l’importance que j’attache pour expliquer notre paralysie devant la perspective d’extinction du genre humain au fait, bien connu des psychanalystes, que nous sommes incapables de nous représenter – et d’avoir peur – d’un avenir quelque peu lointain.

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Être honnête n’est bon ni pour vos finances, ni pour votre santé !

Certaines données obligent à mettre en perspective les affirmations péremptoires du type « Le capitalisme nous a tous enrichis » ou « Le capitalisme fait que nous vivons plus longtemps ». Le Financial Times, rassemblant des statistiques américaines, montre sur un graphique que si l’espérance de vie des plus riches s’est allongée aux États-Unis au cours des trente dernières années, elle a diminué pour les plus pauvres.

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Qu’est-ce qui fait de nous qui nous sommes ? Nos penchants ou les impondérables ?

D’un événement, on peut dire, quelle que soit sa nature, qu’il est possible ou impossible, nécessaire ou contingent. La certitude s’attache au nécessaire (ce qui arrivera toujours) et à l’impossible (ce qui ne peut pas arriver), l’incertitude, au contingent (ce qui arrivera ou non) et au possible (ce qui peut arriver).

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La liberté de choisir ou de vivre sa préférence pour le mot « choisir » ou le mot « vivre »

J’ai choisi dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière, de développer un modèle de la conscience que j’ai proposé pour la première fois dans un article publié en 1999 dans la revue L’Homme, intitulé « Le secret de la chambre chinoise ». Dans cet article, je tire les conséquences de la découverte par le psychologue Benjamin Libet que ce que nous appelons notre « intention » de poser un acte n’intervient qu’après que cet acte a été posé. Le retard avait été calculé par Libet comme étant d’une demi-seconde mais des études récentes ont montré que le délai pouvait se monter jusqu’à dix secondes. Des mots comme « volonté » ou « intention » perdent du coup le sens que nous leur attribuons habituellement ; la question se pose même s’il convient encore de les utiliser.

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Krishnamurti et « Le dernier qui s’en va éteint la lumière », par Patrick Outil

Billet invité.

La lecture du livre de Paul Jorion « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » m’a inspiré cette réflexion.

Selon des recherches récentes sur le fonctionnent du cerveau, l’action échappe à la volonté, je ne maîtrise rien. C’est une illusion de mon conscient qui croit que le moi contrôle tout alors qu’il n’est en fait qu’une caisse enregistreuse. La réalité ne me parvenant qu’après avoir agi (1\2 seconde à 10 secondes) sous-entend que je ne maîtrise pas la décision de cette action. Il arrive que nous ayons la perception d’une action à venir (intuition) celle-ci survient très peu de temps avant que nous n’agissions, c’est une image un peu floue qui en fait est la perception fugace du vrai présent et qui nous semble être un futur. Il est donc possible de court-circuiter l’action de l’inconscient. Devons nous entendre qu’il faut percevoir tout ce que nous sommes, conscient et inconscient, et pour quelle fin ?

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Les machines, leur évolution, et nous, par Mathieu Van Vyve

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Mise à jour, 13/3/16 : J’ai rédigé le billet ci-dessous avant que l’on apprenne ce matin que Lee Sedol a gagné la quatrième manche. Le programme a mal évalué la qualité de la position à un moment donné et ne s’est « rendu compte » qu’il était mal embarqué que 4 coups plus tard. Ceci démontre qu’AlphaGo n’est sans doute pas « largement supérieur » ou au moins qu’il évalue mal certaines configurations. Mais cela ne change pas grand-chose à la discussion ci-dessous : le saut qualitatif reste à mon sens réel et inattendu, et nous autres humains semblons mal équipés pour anticiper ces évolutions.

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Le temps qu’il fait le 13 novembre 2015

La conscience

Paul Jorion : Le secret de la chambre chinoise, L’Homme 1999 Volume 39 Numéro 150 pp. 177-202

Le « gold plating » des directives européennes

Claude Lévi-Strauss : Race et histoire, Unesco 1952

Mauro Guillén : The Architecture of Collapse, Oxford University Press 2015

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E pluribus unum*. Vraiment ?, par Roberto Boulant

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Après une longue diaspora de plus de 80.000 ans et plusieurs vagues de migrations, nous, hommes modernes, sommes en passe, au-delà de nos langues, de nos cultures et de la variété de nos morphotypes, de retrouver l’unité qui était celle de nos ancêtres dans leur berceau africain.

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Snow-Therapy à Macro-Therapy : de l’être primitif au peuple debout, par Annie Fortems

Billet invité. À propos de Paul Jorion pense tout haut le dimanche 15 février 2015.

Le dernier opus du suédois Ruben Ostlund, Snow-Therapy, n’est pas qu’un thrilleur psychologique, intimiste. Il esquisse aussi une vision de macro-Therapy politique et sociale. Passer une semaine de sports d’hiver dans les alpes françaises en compagnie de cette famille de bobos scandinaves n’est pas de tout repos. On ne revient pas indemne de cette luxueuse station, posée dans un écrin blanc en haut d’un pic rocheux. Amphithéâtre féerique de lumière et de blancheur scintillante où l’on se prend à rêver de feux d’artifices accompagnant les coups de canons à neige. On verra que ce sera plutôt le lieu des artifices qui partent en fumée.

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