Archives par mot-clé : Amérindiens

Ce que le « bon sauvage » aurait eu à nous dire sur la propriété, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

Faisons notre Proudhon de comptoir. Le mal se loge dans la propriété. J’en veux pour preuve ceci que la propriété a résisté à des millénaires de stigmatisation acharnée par les philosophes, les prêtres et les moralistes coalisés, dont certains étaient eux-mêmes propriétaires, comme si, par quelque ruse ultime, elle les avait possédés. Il faut désancrer l’homme des profondeurs du sol pour qu’il évolue à sa surface en l’endommageant le moins possible. Les agriculteurs, qui travaillent le sol, sont précisément les dernières personnes que nous devions instituer propriétaires. J’ai déjà évoqué cet argument démiurgique du « j’ai façonné ce pays » avancé par le colon des Paravents de Genet en guise de justification des abus qu’il y commet. L’agriculture est déjà en soi une violence faite à la terre nourricière, que réactive sans cesse dans le discours érotique la métaphore inusable et omniprésente du sexe de la femme labouré par le soc viril. C’est aussi une violence faite aux sociétés (Abel vs Caïn, Rousseau et la délimitation du champ comme origine de l’inégalité entre les hommes). Un jardinier de l’Éden a-t-il besoin de se sentir propriétaire pour bien faire son travail de sélection, d’amendement et d’embellissement ? Si oui, c’est que quelque chose d’autre l’anime, qui a nom « cupidité ».

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DES VAGUES MIGRATOIRES PRÉHISTORIQUES CHINOISES DANS LES AMÉRIQUES

David Reich, généticien de l’université de Harvard, vient de publier dans la revue Nature, un article où il apporte la preuve de trois vagues migratoires en provenance d’Asie dans les Amériques : Reconstructing Native American Population History. La première serait d’origine sibérienne, la deuxième et la troisième, chinoises.

L’hypothèse d’une origine chinoise des populations amérindiennes a été proposée au fil des ans par différents chercheurs à partir d’indices linguistiques et picturaux. Cette hypothèse a le plus souvent été tournée en ridicule. La moindre des choses est alors de saluer aujourd’hui la sûreté de l’intuition de Grafton Elliot Smith (1871-1937) en Grande-Bretagne et de Claude Lévi-Strauss (1908-2009) en France.

 

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